Frustratio

La belle piscine chez les amis à Vence
Vexations politiques habituelles : je le trouve bien curieux que, ce matin, à six heures heure d’été de l’Est, sur les unes des sites de la BBC et du Monde, on trouve de grands articles sur la hausse importante de vingt-cinq pour cent de l’aide militaire américaine à Israël, et pas un mot à ce sujet sur la une du New York Times.

C'est la première fois que je voie un citron dans la nature
Qui parmi nous a lu en entier le texte de cet « ordre exécutif » promulgué le 17 juillet 2007 unilatéralement par l’empereur Bush ? Ben, moi, je l’ai fait, et j’étais bien étonné (ben, pas vraiment, mais c'est tout de même énervant) de trouver que Bush et Cie se donnent le droit de « geler » (ou saisir, si vous préférez), sans préavis et sans recours en justice, les biens de toute personne physique ou morale qui chercherait à nuire à la « paix ou à la stabilité de l’Irak ou du gouvernement irakien » ou à « saper les efforts de promouvoir la reconstruction économique et la réforme politique [ndlr : ce qui signifierait pour la Maison blanche, selon toute apparence, la création d’un état néo-con soumis à cent pour cent à Washington]ou à fournir de l’assistance humanitaire au peuple irakien (texte en anglais : undermining efforts to promote economic reconstruction and political reform in Iraq or to provide humanitarian assistance to the Iraqi people).

La jolie place des Arcades dans le vieux village de Biot

On a très bien déjeuné au restaurant Le Jarrier – notez les verres bleus de Biot sur la table
Donc, toute personne qui proteste contre l’invasion et l’occupation illégale de ce pays ou contre son régime fantoche installé par les envahisseurs pourrait en principe, si les Bushistes et le ministère de la Justice, sous la main complaisante du laquais de famille et menteur Alberto Gonzales, se trouver la cible de redoutables actions « en justice » contre lesquelles il n’y aurait aucun recours. Charmant, non ? L’auteur dramatique Christopher Durang en parle avec son talent usuel dans cet article publié au Huffington Post – le silence des médias sur ces usurpations quotidiennes de pouvoir comme celui-ci par Bush n’est plus choquant, c’est la règle chez ces putes de la presse grand public qui sont évidemment plus fidèles aux actionnaires des sociétés qui les ont embauchés à de confortables salaires qu’à une vérité qui inquiéterait et les masses et les hommes politiques qui profitent du statu quo.

On est allé visiter la verrerie

Il faisait une de ces chaleurs, et il n'a pas dû faire bien frais à côté du four

L'artisan verrier finit un verre à vin

Le musée Fernand Léger est toujours (et cela depuis deux ans déjà) en cours de travaux de restauration, au grand déplaisir de beaucoup d'habitants du « Grand Biot » qui voudraient accueillir plus de touristes chez eux
Le peuple américain est devenu un peuple lâche, lent, béat, incurieux, désinformé, peureux, désorienté – pourtant, si les mandarins de l’économie américaine n’arrivent pas à régler le déséquilibre monétaire dont on a vu les conséquences initiales jeudi et vendredi derniers (histoire d’un taux d’intérêt trop bas au Japon et d’un dollar qui chute, en partie), le public américain pourrait se réveiller sur le désastre que Bush a permis et laissé dégénérer pour ne pas troubler ses chefs d’entreprises républicains si bien payés. Avec une dégringolade boursière, ajoutée à la débâcle en Irak – pour la sauvegarde de la République (ou, du moins, pour la sauvegarde de partisans républicains et de leur désir de rester au pouvoir (la volonté de Dieu, après tout, il ne faut pas l'oublier), il serait peut-être temps qu’il y ait un nouvel attentat terroriste pour fixer l’attention d’un public qui « s’égarerait » du bon chemin ?
Comments
Edouard, il y aurait tant à en dire ! Et je ne crois pas que ton magnifique blog, si apaisant par sa beauté, celle de tes photos, et celle de l'élégance stylée de ta prose, invite au débat polémique (je suis tellement au diapason de ce que tu écris !).
La manipulation médiatique est toujours la meilleure indication de la déliquescence politique. Où est la presse américaine si subversive, si active, si mature des années 70 ? L'histoire du journalisme américain nous en dirait beaucoup, j'en suis sûre.
La presse n'est pas exempte de critiques en France non plus (je ne jugerai pas la presse britannique que je ne suis pas). Le pouvoir récemment arrivé en place au Palais de l'Elysée est en train de verrouiller bien des choses aussi.
Beaucoup de Français ont crié au loup en 2001, dont j'ai fait partie, d'où j'étais, pour tenter d'ouvrir les yeux sur l'empereur américain et ses généraux. Je n'étais pas en position de me faire déporter, jamais je n'aurais pris la parole plus fort que les timides mises en garde inquiètes que j'essayais de formuler à mes amis... dont certains que j'ai bien failli perdre. Il n'est pas question pour moi aujourd'hui de dire "on vous avait prévenus !"
Mais je suis triste, et j'ai vraiment, vraiment hâte du sursaut. Car il va venir.
Posted by: Otir | juillet 29, 2007 10:44 AM
mais où sont les touristes?
Posted by: mab | juillet 31, 2007 12:58 AM