Reditus

Vue touristique de la tour One Penn Plaza
Bon, c’est la rentrée officielle depuis mardi mais le copain et moi, nous avons écourté notre dernier ouiquende de l’été pour des raisons de travail. Tout s’est passé agréablement à Pierreville, à part une brouille idiote en y allant (causée par le copain) au sujet de ma façon de conduire qu’il a qualifiée d’agressive sur l’autoroute, comme toujours bondée de touristes – j’ai tendance, il est vrai, à gueuler très fort à propos de conducteurs qui conduisent trop lentement ou trop bêtement (« Oh la, j’ai peur, on roule trop vite, il y a trop de poids lourds, c’est pourquoi je dois bloquer la voie de gauche pendant des milles, tout en bavardant au portable ») et le copain m’accuse de souffrir de la rage au volant naissante quand je clignote mes feux derrière un traînard dans la voie dite rapide – mais bon il fait du bien quelquefois de ne pas se parler pendant une journée entière, on accumule des choses à se dire plus tard.

Vue du bâtiment de l'État-Empire à partir de la 33e rue ouest et la 8e avenue
On est allé d’abord samedi soir à un cocktail des plus wasps, c’est-à-dire un peu négligent, sans barman ni serveur, avec en amuse-gueule des chips et des coquilles St-Jacques cuites au four et enveloppées dans des tranches de bacon (oui, c’est tout à fait sorti des années 50), et des alcools exclusivement bas de gamme – tout cet Ancien Régime de « bonnes familles » discrètes et de mœurs surannées qui a précédé l’actuelle Oligarchie de l’Argent, où il faut surtout faire voir sa richesse en s’offrant une maison de campagne gigantesque sur une plage des Hamptons (ou, en l’occurrence, de L’île à l’abri, juste au nord des Hamptons), des soirées à 10 millions de dollars, et une consommation constante des derniers jouets à la mode (des Maybach, par exemple, ou un Gulfstream G550 qui ne coûte qu’environ 59,9 $ millions.)

La ligne des toits à Pierreville, depuis une terrasse

On est plutôt pauve à Pierreville – cet appartement est en vente pour seulement $ 1,5 million
Ensuite on est allé dîner chez l’amie écrivain en compagnie de son fils, sa belle-fille, et un couple de diplomates retraités – le mari a choqué la tablée en excusant l’argument de « guerre préemptive » offert si souvent par les Bushistes et qui justifierait une attaque éventuelle contre l’Iran, éventualité dont on parle, encore une fois, de plus en plus ces derniers jours (ici, ici et ici, pour ne citer que ces exemples particulièrement bien écrits et bien raisonnés).

Étranges couleurs illuminent la tour du Bâtiment de l'État-Empire
On a beaucoup parlé de l’anti-américanisme européen (la belle-fille charmante avait vu l’émission « The Anti-Americans » à la télé la semaine précédente, dont j’avais moi-même regardé une bonne partie) – moi, j’avais trouvé que les réalisateurs avaient leurs partis pris (et très simplistes) à propos des « résultats » de cette « investigation », et j’ai remarqué qu’ayant passé tout récemment plusieurs semaines en Italie et en France cet été, je n’avais pas ressenti un soupçon d’anti-américanisme primaire – on nous savait Américains, bien sûr, dans les restaurants et dans les magasins (on ne parlait pas italien et le copain et nos hôtes américains ne parlaient qu’un français basique à Vence), mais on s’est toujours comporté comme des visiteurs corrects, pas hurlants, pas difficiles, pas impossibles, et les Français et les Italiens nous ont traités de même, tout poliment et souvent avec beaucoup d’humour. Les Européens comprennent très bien que tout le pays n’est pas fier de Bush, on n’a pas tous voté pour lui et l’on n’aime pas du tout ce qu’il fait ou fait faire dans le monde.
Dimanche soir on a dîné chez un inventeur réussi et sa femme, avec un avocat homo (son partenaire se trouvait à Tucson, dans l’Arizona), un autre avocat et sa femme psychothérapeute qui habitent New-York et qui venaient à Pierreville de Berlin où ils avaient passés quelques semaines. Un rassemblement de personnes intéressantes qui m’a beaucoup plu – on parlait politique, politique de musée (la femme avait fait partie pendant des années du conseil d’administration pour un grand musée de Hartford), politique de marché, la crise financière chez les prêteurs d’hypothèques à risque, etc.

La gare de Stamford
Lundi matin on s’est levé assez tôt pour nous mettre en route – moi j’allais être déposé à la gare de Stamford pour prendre le train de banlieue à destination de New-York, tandis que le copain allait continuer sa route vers le Nouveau-Jersey, où des clients-amis ont décidé de resituer, dans un petit village de banlieue, leur commerce d’importation et de distribution de meubles fabriqués en Chine. Le Nouveau-Jersey, vous vous en douterez déjà, c’est « cheap » (loyers moins chers, moins d'impôts), c’est la grande raison pour laquelle on s’y installe. Le copain a dû reconfigurer tout le système informatique dans le nouveau local (mises à jour de logiciels, serveur, imprimantes, scanneurs, etc).

Dans le hall de la Gare Grande Centrale
Mardi après-midi je suis passé chez l’amie marchande de tableaux pour qui on a établi une sorte de système de visites d’amis depuis le départ de son frère et de ses parents. Elle avait eu des histoires désagréables (et pénibles) avec l’orifice d’évacuation de bile et elle avait donc pris un rendez-vous avec son médecin pour le lendemain à 7 heures du matin – j’ai insisté à l’accompagner, elle a protesté, mais tant pis. Ce soir-là on est allé voir Death at a Funeral (l’actrice Jacqueline Bisset était assise à côté de nous !) du réalisateur Frank Oz, Anglais très drôle à mon avis. C'est une plaisanterie cinématique très anglaise et assez marrant, en fin de compte.

La pelouse bien verte mais tout à fait artificielle du quai réaménagé de la rue Charles
Mercredi matin j’ai rejoint l’amie marchande de tableaux pour aller à l’hôpital, qui se trouve à la 168e rue ouest, donc presque tout à fait « en haut » de l’île de Manhattan.

La rue Christopher à 6 h 20 – peu de circulation
Ça a pris des heures, il fait super froid dans cette section puisqu’il faut garder toutes les machines à une basse température, il y avait avec moi des gens qui parlaient une langue indienne et un dialecte chinois – et qui parlaient sans arrêt, entre eux, dans leurs portables, à eux-mêmes. Agaçant à la longue, surtout quand on ne comprend rien.

Un dirigeable flotte au-dessus de Manhattan – il y a, c'est bien vrai, plein d'aéronefs divers qui traversent à tout moment le ciel new-yorkais et ils font pas mal de bruit
Toute droguée, l’amie marchande de tableaux a été transférée à la salle de repos où elle a dû rester pendant plusieurs heures (moi, je pouvais y entrer et partir quand je voulais mais je voulais la laisser tranquille.) On est enfin rentré chez elle où elle s’est écroulée sur son lit pour se reposer après cette intervention après tout assez grande. Vers sept heures du soir, le copain et moi, nous sommes allés la voir chez elle, où l’on a commandé du thaï qu’on a mangé ensemble. De retour chez nous, on a regardé le film de Lindsay Anderson If… et je me suis souvenu de mon coup de cœur pour l’acteur Richard Warwick, qui a joué le rôle du beau Wallace (il est à gauche dans le groupe des trois élèves « indisciplinés » dans ce clip). Et la scène d’amour entre le jeune et blond Phillips et Wallace le beau gymnaste est toujours aussi émouvant.
Comments
Mon dieu ! Des chips pour un cocktail ! A NYC ! Au secour ! Peggy réveille toi, ils sont devenus fous !
Posted by: Grey Mondain | septembre 7, 2007 04:37 AM
Cher Grey, tout cela se passait à la campagne, mais il est certain qu'elle offrirait des chips chez elle à New-York, où elle habite un grand appartement dans les rues 50 est.
Posted by: Édouard | septembre 7, 2007 09:04 AM
Ah, si c'est la campagne, on peut se permettre quelques excentricités, mais pas trop quand même :-)
Posted by: Grey Mondain | septembre 7, 2007 12:46 PM
Bonjour
Quels sont avec le votre ,les meilleurs sites et forums d'informations sur l'immigration aux USA SVP ?
Je vous remercie
Luc (Immigrant français au Canada depuis 2005)
Laval ,QC
Canada
Posted by: Dumontier luc | septembre 10, 2007 05:46 PM
Bonjour Edouard, cela faisait bien longtemps que je n'étais pas venue sur ton blog, toujours les belles photos et les réflexions pleines d'esprit... cela m'a fait plaisir. Bon courage à toi pour la rentrée.
Posted by: fuligineuse | septembre 11, 2007 09:32 AM
salut je suis a New York
du 16 au 30 septembre à l'hotel 31 .Je serais ravie de prendre un café avec toi .
Frédérique Deleuze
06 62 37 67 42
Posted by: frederique deleuzedeleuze | septembre 11, 2007 11:15 AM