Vita brevis
L’amie marchande de tableaux a été transportée à l’hospice Cabrini, dans la 19e rue est, lundi après-midi, suite à une chute dans son appartement dont elle n’a pas pu se relever – les jambes n’ont plus de sensation. Elle ne ressent pas beaucoup de douleur, mais les médicaments qu’on lui donne la laissent éreintée et souvent désorientée. On se demande si l’on ne serait pas proche de la fin. Je vais la voir ce matin.
(Une heure et demie plus tard…)
Je suis rentré à pied de l’hôpital, où l’amie marchande de tableaux – Katherine, de son vrai prénom – a demandé la perfusion de morphine. Ses parents étaient là, à raconter bizarrement des choses, entrecoupées de larmes, à mon avis invraisemblables sur l’au-delà, mais K. ne les écoutait plus. Et puis elle a dit qu’elle allait revoir la chienne Betty, qu’elle a adorée. On s’est dit alors au revoir, tout doucement, tout bêtement.
Quelquefois je déteste vivre.