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C'est le « Mud Truck » ou Camion de boue, stationné à côté de la station de métro de la rue Christopher, et qui vend du café aux passants

J’avais déjà rédigé quelques remarques à propos de l’amie marchande de tableaux et samedi matin je les ai revues encore une fois, rayant certaines phrases, replaçant d’autres. À quatre heures on s’est rendu au loft dans le marché Chelsea où la commémoration allait avoir lieu. Il y avait, je crois, une soixantaine de personnes, peut-être plus. On a commencé à dix-sept heures: j’étais la troisième personne à parler, après le frère et une ancienne amie tout à fait folle du Nouveau-Jersey. Il y en avait quatre qui m’ont suivi.

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Le marché en plein air de la 4e rue ouest, où j'ai trouvé des petites chaussettes noires tout à fait est-allemandes fabriquées au Pakistan ainsi que deux foulards cachemire « Made in England » pour 10 $ (il doit avoir une région chinoise qui s'appelle « England »)

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Le marchand de cannoli, pâtisseries siciliennes très appréciées aux États-Unis

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Les fleurs et le buffet dans le loft pour la commémoration de l'amie marchande de tableaux

Voici un passage de ce que j'ai dit qui a fait rire l’assistance :

« Katherine had, as we know, many remarkable traits but one I am especially amazed by is the fact that Katherine never really complained. This always made me a bit crazy, because personally I’m very fond of extravagant and self-centered tantrums, especially my own. Maybe she felt having a fit simply wasn’t worth the effort, and that a nice, big, well-chilled cosmopolitan would work just as well. Long before her illness, she would shrug at disappointments – a sale that didn’t go through, a dealer who had cut her out – events that would have had me in a strait-jacket for weeks but which Katherine seemed to be able to file away somewhere inside her as she tactfully suggested another round. She didn’t forget, but she did not whine. »

J’ai failli pleurer au dernier paragraphe mais j’ai réussi à avaler un petit sanglot et à continuer jusqu'à la fin.

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Un costume de Halloween dans une vitrine de Broadway – le plus drôle, c'est la grande bosse qu'on voit à l'entrecuisse et que la photo n'a pas pu prendre

Vers dix-huit heures on a porté un toast à l’amie marchande et puis nous sommes partis, nous cinq, dont le copain et moi, l’amie partenaire en course, l’ami ex-Marine et l’ami galeriste, qui avons tous connu l’amie marchande de tableaux. Il fallait surtout boire des cosmopolitans en l’honneur de notre amie disparue, et avec l’aide de l’ami galeriste, qui s’occupe de tout ce qui est mode et branché, on a trouvé des places dans le petit bar au 1er étage d’une soi-disant auberge gastropub canadienne (si, si !), qui s’appelle The Inn LW12 – une auberge gastropub canadienne dans la petite 12e rue ouest (oui, la rue s’appelle comme ça).

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Dans la salle du 1er étage, les murs étaient couverts de tableaux « canadiens » d'un goût assez pervers, de faux « lodge » ou de je ne sais plus quoi, puisque je ne m'y connais pas en look d'auberge rustique canadienne

Le barman était sympa mais il ne savait pas faire un cosmo correct – le goût n'était pas mauvais, mais il n’avait pas la couleur rose qu’il fallait, donc c’était comme si l’on buvait un martini trouble. On a donc traversé la 9e avenue pour aller en haut de l’hôtel Gansevoort où se trouve le bar Plunge, qui se trouve tout naturellement à côté de la piscine, fermée à cette heure.

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Vue du nouvel hôtel Standard de l'hôtelier branché André Balasz, conçu (je crois) par le Parisien Jean Nouvel

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Le coucher de soleil au-dessus du Nouveau-Jersey

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L'une des terrasses du bar Plunge à l'hôtel Gansevoort

Là, les cosmos avaient trop de jus de citron vert (je l’ai bu quand même, on m’a toujours appris qu’il ne faut pas gaspiller !) Sorti de ce bar aux vues extravagantes, on s’est payé une voiture de « car service » pour aller à Centro Vinoteca, dans la rue Barrow, un restaurant branché où l’on a pu trouver une table pour cinq sans avoir réservé à cause des efforts de l’ami galeriste qui lui sait séduire les maîtres d'hôtel.

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Dans le restaurant Centro Vinoteca

On a porté de nouveau un toast à la mémoire de l’amie marchande de tableaux. Elle aurait été contente. Le serveur était un jeune cinéaste qui s’appelait Joe. On a terminé la soirée avec des petits gâteaux, et encore du vin, à Sant Ambrœus, tout près de chez nous. J’étais assez bourré, mais content aussi d’avoir vraiment fêté la mémoire de l’amie marchande de tableaux. Elle aurait été très fière de nous.

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La Cinquième Avenue, vers le nord

Le dimanche matin, le copain et moi, on ne s’est pas réveillé tout frais, tout reposé, mais c’était pour une bonne cause. On a regardé le film The Family Stone, qu’on avait enregistré. Très sentimental, même mièvre, la mère meurt d’un cancer, tout est complètement évident, et l’on a tous les deux pleuré, allongés ensemble sur le canapé rouge, bêtement, dans le noir de notre petit salon. Vers midi, le soleil brillant dehors, on est allé faire une promenade un peu au hasard, dans les rues 20 de l’est, quartier qu’on ne connaît que très peu. On a pris un brunch bien médiocre dans un petit restaurant de quartier dans la 3e avenue, mais on n’est pas difficile, nous. On est ensuite descendu vers le Village de l’est, où j’ai voulu chercher en principe pour un livre dont l’auteur avait parlé avec intelligence à la radio il y a quelques jours – mais je ne connaissais ni le titre ni le nom de l’auteur, ce qui a, naturellement, compliqué un peu ma recherche (il s'agit, en l'occurrence, de l'auteur Charlie Savage et de son dernier livre Takeover: the Return of the Imperial Presidency and the Subversion of American Democracy). N’importe, il est toujours agréable de flâner dans les librairies. On a acheté finalement un roman en livre de poche, The Sluts, par l’écrivain américain Dennis Cooper, qui habite Paris et Los-Angeles et qui a même son propre carnet Web ici.

Comments

j'ai bien pensé à vous samedi. mais je suis content que vous avez fait cette célébration comme elle aurait aimé.

Je crois que le projet de Jean Nouvel pour le Standard a été abandonné et que c’est une firme new-yorkaise, Polshek, qui s’en occupe finalement. Nouvel conçoit un autre projet pour Balasz, le “40 Mercer”.

Merci, Hub.

Laurent, vous avez tout à fait raison – voici un lien qui confirme vos infos. Jean Nouvel a deux projets à New-York, dont 40 Mercer à Soho et la Vision Machine à Chelsea. Merci de me l'avoir signalé. Oh, j'ai rencontré une « star » de Xanadu hier soir - l'incontournable Jackie Hoffman.

Encore désolée pour cette perte. très belles photos, j'adore l'ambiance des fêtes dans les rues avec canoli à volonté!

décidément vous êtes un "type bien", vous avez rendu un bel hommage à votre amie, et pleurer en regardant "family stone" ne peut faire que du bien, le hasard des programmations me l'a fait voir en juin j'ai aussi beaucoup pleuré même si c'est très "téléphoné"depuis le début. buvons à la Vie et à l'Amitié

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