Turpis

On a quelquefois la sensation curieuse d’être au milieu d’un accident de voiture qui se déroule en toute lenteur, au ralenti – on regarde autour de soi et l’on se rend compte, avec un peu de concentration et d’étonnement, que le véhicule est en train de se renverser et l’on se demande si la ceinture de sécurité va tenir et comment ça va en finir. Les outrages continuent, goutte par goutte, on y est presque insensible, c’est l’érosion des principes, de l’honneur, de la justice, de la liberté. La décence minimale ne semble plus avoir cours chez nous. On n’ose même plus dire qu’on n’approuve pas la torture – et neuf sénateurs républicains vont sans doute détourner leurs regards de cette abomination publique, de cette dénaturation grotesque de tout ce que le pays qu’ils représentent a essayé d’être. L’abaissement continue. Ni Hillary ni Obama n’osent rien dire contre cette décadence, de peur d’irriter, on dirait, quelques électeurs arriérés et moralement déformés d’Iowa ou de Caroline du sud. Giuliani et Rommey en font leurs mots d’ordre.

Voici une phrase sournoise qui m’a attiré l’attention hier, et qui me semble à propos : « Some people are just on a charter flight to Hell. » Et il n’y a pas que moi qui sois agité. Dans le magazine New York de cette semaine, on trouve cet article intitulé La vue catastrophiste, avec, en sous-titre provocateur, ceci: What would it take to send the U.S. economy—and New York’s—into free fall? A doomsday primer. [NDLR - la bourse de New-York a été en baisse d'au moins 200 points ce matin.]
Je signale avec beaucoup de plaisir le retour d’Eldrakan à la carnétosphère mais je suis tout à fait désolé que ce soit à cause d'une agression homophobe contre lui qu’il a décidé à recommencer à nous faire partager sa vie.
Et félicitations à Laurent pour son ascension récente au rang de Star de la blogosphère française dans le dernier numéro de la revue Match, que j’irai chercher chez mon marchand de journaux indien dans la rue Hudson quand elle apparaîtra sur nos rives. Même si la photo est un peu... heu, intense ; )
Comments
Ce n'est qu'en lisant le mot torture que j'ai réalisé qu'il était question dans ce billet des USA et non de la France. Nous n'en sommes pas encore là, il nous manque encore une excuse pour rétablir la torture (mais j'ai de plus en plus l'impression que c'est tout ce qui nous manque).
Posted by: jb07 | novembre 1, 2007 01:56 PM