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Verbosus ego

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Ceci n'est pas un bordel ! – Panneau marrant photographié dans le Soho à Londres

Je sais que j’ai bien un côté pessimiste assez prononcé dû, je crois, à un cynisme qui s’accentue pendant que je vieillis. Ou ose-t-on l’appeler du « réalisme » ? N’importe, je reconnais que j’ai une nette tendance à relever tout ce qui ne va pas ou, plus précisément, n’a pas l’air de marcher dans ce pays que de me remonter le moral en constatant tout ce qui marche plus ou moins correctement ici. Mais je pense ne pas exagérer en faisant état d’un malaise spirituel, vague mais profond, qui afflige à présent, et de plus en plus lourdement, une importante partie des citoyens des États-Unis.

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Quand je dors, je ne pense plus à Bush – une scène d'attente, de bonne heure, à l'aéroport de Newark

À propos des écoutes illégales effectuées par Bush & Cie et les efforts de protéger les sociétés de télécommunication qui les ont aidés à contrevenir à un tas de lois toujours en vigueur contre des procès, dans un article intitulé « Another Milestone on the Road to Serfdom », Scott Horton écrit : « This is not the America we used to live in. It is not a nation that stood as a bulwark for civil liberties. It is a nation with an executive who is drunk on power. An executive who refuses to respect the legal constraints established by the Constitution, and even the criminal law. »

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Notez bien l'auréole qui entoure l'ombre de l'avion – est-ce un voyage béni ?

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Tout d'un coup je remarque un autre avion Virgin qui surgit au-dessous de nous

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Passant de l'ouest à l'est, on va vers la nuit

On torture tout en le niant. Tout le monde sait très bien que les vidéos de séances d’interrogation ont été détruites par la CIA dans un effort de se protéger contre d’éventuelles mises en accusation pour crimes contre l’humanité. (Et il paraîtrait aussi que la Maison blanche y aurait participé – naturellement.) La petite victoire tout à fait temporaire de ce lundi dernier au Sénat, où le sénateur Dodd a forcé son chef le sénateur Reid de « reporter » le vote sur le projet de loi jusqu’en janvier, est encourageant, mais malgré les avis de M. Greenwald contre le « défaitisme », je trouve qu’il est bien difficile à rester confiant dans les vrais motifs de la majorité de nos législateurs.

En ce qui concerne les sursauts récents dans les marchés financiers, on a bien l’impression que les efforts gouvernementaux pour minimiser au possible les effets des prêts « sous-prime » visent surtout à secourir les banquiers et les managers de hedge-funds (je n’arrive toujours pas à trouver une traduction française adéquate pour ce genre de fonds spéculatif si populaire) qui ont eu tort (c’est le marché qui le dit) mais qui n’auront en toute probabilité à subir rien de très désagréable (il s’agit ici de ce célèbre marché « libre » si cher aux républicains).

Ici à New-York, on ne trouve plus d’appartement à un loyer abordable (les prix du logement à Manhattan n’ont pas cessé d’augmenter) et les jeunes s’en vont inévitablement. Les artistes parlent de s’installer à Berlin.

On nous assaille sans cesse d’articles et de reportages TV sur les multiples candidats présidentiels (une bonne quinzaine, il me semble) – tous plus ou moins débiles mais tout de même instructifs, sur des sujets comme la couleur d’une maison. Pour le superchrétien Huckabee, on se pose des questions sur les actions de son fils, alors scout, avec un pauvre chien – le meurtre et la torture, pour les républicains, c’est toujours pour les autres. (Voir Blackwater, dont les employés aiment aussi tuer les chiens).

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Dans la rue du Régent

Bon, assez de ces noirceurs politiques. On vient de rentrer d’un court séjour dans la capitale britannique, où l’on n’a pas manqué de noter le contraste entre les états d’âme des deux grandes villes anglophones. New-York hésite, retient son haleine, tandis que Londres, c’est la fête, on se soûle, on s’achète des bijoux chez les joailliers de l’Old Bond Street. Voici un article que je n’avais pas pu publier depuis l’appartement à Knightsbridge.

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Il y avait bien sûr un monde fou dans les « Halles » de Harrods

Bon, on est à Londres où il fait froid et tout est cher (au moins pour nous, pauvres coloniaux). Les amis qui voyagent avec nous ne se lèvent qu’à onze heures – ah, que les habitudes sont personnelles ! (Moi, par exemple, je ne supporte pas la télévision le matin.) Pour certains, pour pouvoir sortir, il leur faut des heures de toilette – si, si, des heures ! On bouge donc à vitesse d’escargot (handicapé).

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Devant le restaurant Le Caprice

Dimanche on a déjeuné au http://www.le-caprice.co.uk/ Caprice, dans la rue Arlington – trop chic pour en faire une habitude quotidienne mais assez marrant pour passer quelques heures agréables en compagnie d’amis. Du sancerre, des œufs brouillés et du saumon fumé. On s’est promené un peu dans le http://en.wikipedia.org/wiki/St._James's quartier de St-James et on a terminé la soirée dans le Soho, un verre au vidéobar http://www.allinlondon.co.uk/clubs_bars/venue-2541.php G.A.Y-Bar dans la très-gaie http://www.igougo.com/entertainment-reviews-b102203-London-Old_Compton_Street.html rue Old Compton suivi d’un bon dîner libano-marocain dans la rue Firth.

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Une fête foraine occupe la place Leicester

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Une très belle photo de la princesse Diana par Mario Testino au centre d'une petite expo à la Galerie nationale de portraits

Lundi on a fêté mon anniversaire au restaurant Les Trois Garçons, dans le quartier de Shoreditch. On était passé prendre un apéritif chez un ami avocat qui a déménagé de Chelsea à un penthouse situé plus ou moins dans le quartier de Holborn, quartier d’affaires et d’espaces industriels réaménagés en lofts que je connais en effet très peu.

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Notre table aux Trois Garçons

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Les flambeaux devant l'entrée de Loungelover

Après un excellent dîner on est allé prendre un verre dans le bar-lounge d’à côté, Loungelover, où un type bourré est venu déclarer devant tout le monde qu'il me trouvait très beau (je lui ai remercié pour le compliment inattendu) et la belle serveuse blonde m’a ensuite expliqué qu’il s’était soûlé d’absinthe ! « Ah ! » elle m’a dit avec un soupir « il est impossible, il a bu deux verres. » (Deux verres seulement pour me trouver beau ! Ça doit être bien fort comme alcool ! J’en veux !)

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Il y a plein de Français dans les environs de la station de métro Kensington-Sud

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Entrée principale au musée Victoria et Albert dans la rue Brompton

On a visité le musée Victoria et Albert (ben, une partie – décoration anglaise, art islamique, argenterie, cartons de Raphaël et design moderne) et j’ai essayé de me trouver un agenda Quo Vadis 2008 en français dans la librairie française La Page de Kensington Sud (pas de chance, tous vendus). On avait un rendez-vous mardi soir avec une jeune Anglaise amie de notre compagnon de route bangladeshi près de chez elle à Soho – elle est charmante et espère rentrer avec son fiancé canadien à New-York, qui lui manque (elle y a travaillé pendant trois ans).

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En route vers notre rendez-vous, on a passé la rue Carnaby tout décorée

On a mangé portugais au restaurant Canela West End et le dîner terminé, on l’a raccompagné à sa porte, où le copain et moi nous les avons quittés pour les laisser tous bavarder en toute intimité chez elle.

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De belles maisons à la Colline de la Primevère, par où on est passé pour se rendre au zoo

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De grands oiseaux africains

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Ah ! C'est comme chez nous ! Les cafards font la fête dans l'évier de la Maison des Insectes

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« Que tu es beau ! » (Et il n'a même pas bu deux verres d'absinthe !)

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Des péniches sur le canal de Camden (je crois)

Mercredi on s'est promené un peu dans le quartier de Belgravia (dont les places Eaton et Cadogan) et l’abbaye de Westminster. On a fait aussi l’Œil de Londres, la cathédrale de St-Paul, le pont Millenium, et le Tate moderne, avant de rentrer à la place Leicester pour acheter des billets pour la pièce Shadowlands.

Comments

On trouve majoritairement fonds spéculatifs pour traduire hedge funds.

Merci, Giorgio – je pense qu'on cache l'aspect proprement spéculatif de ces fonds en utilisant le terme « hedge » qu'on trouve surtout dans la phrase « hedge one's bets », c'est-à-dire, se protéger contre un mise malchanceuse en pariant sur son contraire – à nos oreilles, tout cela a l'air assez anodin, tandis que « spéculatif », ça sonne mal, suggère l'imprudence. ; )

Gestion alternative ?

Je viens à New York la semaine prochaine. Je vous apporte un Quo Vadis ?

Merci, Laurent, mais après moult courriels (quelle juxtapostion de termes !) avec une femme très aimable de chez Gallimard Montréal, je pense avoir réussi à commander, sur le nouveau site de cette librairie, un Agenda Quo Vadis Ministre Prestige en similicuir noir pour l'année 2008 – j'avais failli me rendre après tant de difficultés et acheter un agenda Excompta tout à fait banal mais la responsable sympa du Customer Service chez Gallimard m'a remis sur le bon chemin.

Une recharge pour agenda Mulberry acheté sur New Bond Street eut été aussi une excellente idée...un brun snob, mais bon, quo vadis étant tellement commun.

Mais dites-moi, Greg, qu'est-ce que c'est que ce Mulberry qu'on voit partout – à Knightsbridge comme au Village (ils ont ouvert une boutique minuscule à deux pas de chez nous dans la rue Bleecker) – c'est une marque italienne ou quoi ? Vous avez sans doute raison, l'agenda Quo Vadis n'a rien d'exceptionnel en soi, mais ça fait des années maintenant que je les emploie et j'ai toute une collection d'anciens – et je suis très loyal, vous voyez. ; ) Et puis, pour les agendas de luxe, de chez Tiffany ou chez Smythson, par exemple, j'ai tendance à les perdre, tandis que pour les Quo Vadis, ils ne s'échappent pas.

Mulberry est une marque typiquement anglaise, typiquement londonienne aussi (vu les prix) assez ancienne je crois. Elle fait partie du quartet "obligatoire" made in England que sont Mulberry, Burberry, Barbour and "Fortnum & Mason", le genre estampillé par Sa Majesté "Lizzie" II, dixit un ami anglais. Mais bon à force d'être dits et répétés et copiés...ils sont aussi devenus tellement communs. Pour Tiffany là vous frappez fort...rassurez-vous les français sont des gens raisonnables et s'en tiennent en général à ce qui est banal, pas trop cher et qui peut être perdu sans trop de sanglots.

Je vous souhaite, à vous et vos proches une joyeuse fête de Noël...

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