Pacem expectamus

La 42e rue brille, mais en général New-York attend sobrement la fin du régime Bush
C’est à pas de loup et goutte à goutte qu’avance cette transformation néfaste des États-Unis en – ben, on ne sait trop en quoi, en fait. On regarde tout ce qui se passe comme s’il s’agissait d’un accident filmé au ralenti qu’on passe à la télé. Ça attire l’attention, mais au fond cela ne nous concerne vraiment pas, c’est « ailleurs », tout cela se passe dans un irréel bien vague composé de ouï-dire, d’anecdotes d’apparence douteuse, d’alarmes qu’on passe sous le silence le plus entier dans les journaux papier ainsi qu’aux journaux télévisés. Sans confirmation médiatique, il n’y pas de vérité – et l’on peut alors se demander si l’on a bien compris les faits. Est-ce que l’agent a vraiment fait ceci, ou est-ce le voyageur a exagéré son traitement ?

Du café au lait et des croissants au café French Roast dans la 6e avenue dimanche dernier avant de commencer notre shopping
On n’arrive pas à déterminer et donc on quitte la maison pour faire un peu de shopping de dernière heure en n’y plus pensant de trop près, puisque c’est inutile. Et en plus, ce n’est pas aux États-Unis où ces choses-là se passent, et les desaparecidos à Guantanamo, ben, ce sont sûrement des hommes méchants même s’ils ne sont pas définitivement des terroristes et il n’y a pas d’Américains parmi eux. Personne ne proteste.

La promenade dans le Centre Rockefeller
On se plaint bien doucement de Bush dans des dîners mondains new-yorkais mais ici il y a toujours quelqu’un qui dira qu’on ne doit pas critiquer Bush car il est contre les « islamofascistes », ce qui est le terme injurieux créé par les néo-cons pour signifier tout Arabe qui n’accepterait automatiquement pas la tutelle économique, militaire et culturelle de l’Occident et de son avant-poste en Palestine. J’ai entendu un exemple de cette pensée ce matin à la radio publique : une femme se plaignait de notre « préoccupation » excessive pour les droits de ces « terroristes » (« innocent until proven guilty » ? Pas dans ces cas-ci, où l’on n’a pas besoin de procès, puisque « tout le monde » reconnaît déjà leur culpabilité a priori) qui de toute façon voulaient « évidemment égorger nos enfants » dans un quartier de Queens (où elle habitait).

Les patineurs au Centre Rockefeller
C’est démoralisant et franchement je ne sais pas où et quand l’on va en finir avec ce genre d’hystérie raciste qui promeut effectivement tout ce qu’elle craint – cette tant discutée « lutte des cultures » qui, je l’espère avec tout mon cœur, disparaîtra une fois pour toutes quand il y aura des magasins Apple un peu partout et au lieu de penser futilement à l’aménagement éventuel de tel ou tel Paradis, on se plaira tous à nous communiquer avec nos iPhones Internet sur des sujets aussi inutiles mais délicieux que les derniers concurrents chez Pop Idol, Star Ac’, American Idol et cetera.

Moi je veux un iLife – le nouveau magasin Apple dans la 14e rue ouest
Cela ne plaira pas aux intellos, ni aux ultras, ni aux jusqu'au-boutistes, je sais, mais je trouve que ce sera énormément plus sain pour toute la planète.

Les jeunes soldats wii au magasin Nintendo dans le Centre Rockefeller – c'est bien ça qui me fait réfléchir sur l'utilité de ces jeux vidéo violents – on apprend à tuer sans avoir pourtant aucune idée de la vraie laideur de la mort violente
Des articles comme celui-ci font de la peine à moi et à mes amis américains, qui avons honte de ce genre de bienvenue. Je ne sais pas quoi dire – le copain et moi, on n’a pas eu de difficultés, ni à l’immigration anglaise ni à l’américaine à notre retour (l’aéroport de Newark avait l’air plus calme que l’aéroport JFK, moins de monde, je suppose) mais l’ami bangladeshi a dû expliquer son « document de voyage » émis par Washington à l’agent américain, qui n’en avait jamais vu, pendant trente minutes dans une chambre à part. L’expérience de cette Islandaise n’a pas été justifiée – c’est probablement la faute d’un agent con qui voulait se faire voir, mais en tout cas, cela ne va pas encourager le tourisme local, malgré les efforts de notre maire (et candidat présidentiel possible) M. Bloomberg (qui, lui, n’est pas bête, qui voyage beaucoup et qui est cosmopolite dans le bon sens du terme).

Une veste curieuse chez J. Press dans l'avenue Madison
Bon, pour retourner aux sujets plus agréables, je suis arrivé presque au bout de mes achats pour Noël (fête chrétienne que j’accepte à cause du milieu culturel dans lequel je vis à présent – comme je fêterais aussi bien Eid ou Songkran si j’habitais en Égypte ou en Thaïlande).

L'intérieur démodé mais charmant du rez-de-chaussée du grand magasin Lord & Taylors, un peu délaissé depuis quelques années
Il me reste à trouver un machin PlayStation 3 (ou tout simplement PS3 pour les initiés) pour le copain qui veut pouvoir jouer avec le Blu-ray (pour moi, tout cela, c’est du chinois). Je lui ai déjà acheté (avec lui) un beau manteau d’hiver superchic (à mon avis) style Chesterfield. Pour les autres, j’ai acheté un joli nœud papillon vert rayé pour le père du copain et hier soir on est allé au nouveau magasin Apple dans la 14e rue ouest pour trouver un sac pour ordinateur pour le Mac de sa belle-mère.

Lundi après-midi j'ai accompagné l'ami galeriste, qui passe les fêtes au Brésil, au Concours des Tziganes de Broadway en faveur de l'action contre le sida – spectacle tout à fait adorable, spirituel, jeune et émouvant à la fois

Un moment merveilleux – la distribution originale de la comédie musicale West Side Story se joint aux jeunes comédiens dans le même numéro – il y avait en plus Rita Moreno et Carol Lawrence, toutes les deux mythiques – une ovation folle a suivi

L'avenue du Parc par un temps grisâtre – j'allais au musée Whitney voir l'expo Kara Walker – fascinante
Aujourd’hui je suis allé chez le chocolatier Teuscher dans la 61e rue est pour acheter plusieurs paquets de truffes champagne qu’on va offrir demain à l’amie écrivain et à l’amie du copain. Un bouquin d’un goût quelque peu « douteux » acheté au musée Tate moderne pour l’amie partenaire en course – le titre est « Ants have sex in your beer » – afin de lui proposer une autre idée de l’Angleterre de celle qui se limite au Ritz et à l’Académie royale de peinture (je suis méchant !) – et un stylo à encre nouveau pour son mari, fanatique comme moi des stylos. On va déjeuner avec eux tous à Noël.

Le Musée Nouveau – en effet, tout nouveau – dans le Bowery

Une installation un peu spéciale de l'artiste Urs Fischer chez Gavin Brown Enterprises

Chez Michelle Maccarone, on fait des Santas au chocolat avec un butt-plug à la main – l'idée de l'artiste provocateur Paul McCarthy

La moule à Santas obscènes – ça tourne et tourne
Et sur cette petite note vulgaire, je souhaite de New-York d'excellentes fêtes à toutes et à tous, et une très bonne année 2008 !
Comments
J'adorerais offrir à ma famille des pères-noël avec un plug à la main en chocolat !!! Je suis certain qu'ils n'y verraient que du feu !!! ;)))
Posted by: Matoo | décembre 22, 2007 01:59 PM
Moi aussi ! lol
Trés bonnes fêtes à vous aussi!
Et c'est toujours un plaisir de vous lire.
A bientot.
Posted by: clément fabre | décembre 23, 2007 01:30 AM