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Speranda

Si les sondages au Nouveau-Hampshire sont justes, on aura bel et bien descendu la campagne de Mme Clinton aujourd’hui. On parle d’une fuite d’argent jusqu’alors clintonien vers Obama. Et sans une victoire que personne n’attend, il sera presque impossible pour M. Edwards de continuer son chemin vers la Maison blanche. Le candidat démocrate sera donc M. Obama. Non, je ne suis pas du tout insensible à l’attrait que représente la candidature du sénateur Obama, mais j’avoue que je me méfie de ceux qui font trop de beaux discours chaleureux pleins de clichés confortables mais qui ne visent en rien les réalités pressentes. Ces réalités politiques qui ne se résoudront pas avec de doux appels, même très bien intentionnés, à la collégialité bipartisane et aux « intérêts en commun » quand en fait il n’en existe aucun. Et quoi alors ? Qu’est-ce qu’on fait si l’expérience ne marche pas ? Quand les marchés financiers s’effondrent de crainte que les hommes politiques des États-Unis n’aient toujours pas le courage de révéler la crise qu’on n’a pas osé attaquer de face ? Quand les républicains se décident à ne plus « jouer » gentiment avec le président démocrate, quand ils cherchent tout à fait normalement à retenir pour eux et pour leurs donateurs tous les avantages fiscaux acquis avant ? Paul Krugman le dit très clairement dans son édito d’hier : « But there’s a powerful political faction in this country that understands very well that any real change will create losers as well as winners. » Que va-t-on faire donc avec toutes ces invitations à la collaboration politique ? D’autres que moi ont beaucoup mieux exprimé cette inquiétude. Ce qui me pousse à me poser cette question : au lieu d’apaiser les tensions partisanes dans la société américaine actuelle, ce que souhaitent de toute évidence les électeurs en Iowa comme au Nouveau-Hampshire, M. Obama ne risque-t-il à la longue de les exacerber ?

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