De pecunia

Enfin un soupçon de printemps, des jonquilles dans la 11e rue ouest
Chez nous il y a une boîte de café Bustelo où l’on met la monnaie qu’on sort de nos poches.

Notre Société Générale à nous !
Une fois tous les trois ou quatre mois, quand la boîte est pleine, on l’emmène chez la Commerce Bank (qui vient d’être achetée par l’énorme Banque Toronto Dominion) dans la Cinquième Avenue où il y a une machine maligne qui compte la monnaie pour rien (chez les supermarchés, par contre, les machines prennent souvent 8 % du total compté !)

À la campagne, les mouettes nous laissent des cadeaux sur la porte en verre de l'appartement
En signe de reconnaissance pour ce service public, le copain et moi, nous avons ouvert chez la Commerce Bank un compte d’épargne. Mais comme les comptes d’épargne ne paient que 0,25 % par an (non, je n’ai pas mal tapé le chiffre !), on a placé notre argent de poche dans un certificat de dépôt pour neuf mois, qui payait alors 4,89 %.

Trop de choses dans notre « unité de magasinage » à la campagne
Ah, mais les grands sages de la haute finance américaine, craignant de voir leurs amis banquiers fauchés à cause de la crise sub-prime, ont baissé les taux d’intérêts – et c’est curieux qu’on le voit chez les comptes d’épargne, mais qu’on ne le voit pas chez les cartes de crédit, où les taux d’intérêt restent usuraires grâce à l’influence de sénateurs de deux ou trois états (comme le Delaware) qui permettent des taux très variables sur les cartes de crédit. Donc, aujourd’hui, si l’on va sur le site de la Commerce Bank, on découvrira qu’on vous offre un rendement de 2,0 % pour un certificat de dépôt d'une durée de sept mois.

Vue d'une petite anse à la campagne depuis une colline sur laquelle se trouve un restaurant et un hôtel où j'ai dîné avec l'amie écrivain
Notons que le taux d’inflation « officiel » (et là on trouve énormément de discussion sur les chiffres publiés par les militants bushistes du Département du Travail, qui ont naturellement tout intérêt à les rendre moins alarmants) est à 0,9 % pour le mois de mars 2009, c’est-à-dire un taux d’inflation annuel éventuel de 10,8 %. Ce qui veut dire que mettre de l’argent dans un CD de sept mois à 2,0% vous fera perdre 8,8 % de la valeur de votre argent. Génial, non ? Donc, pour les petits épargnants comme nous, qui n’avons pas accès à d’autres investissements plus rémunérateurs (on n’a pas notre argent dans des paradis fiscaux d’où on peut acheter directement des bons en euros ou des titres en livres), on est plus ou moins obligé d’investir dans la Bourse, où il y a au moins la possibilité d’un rendement égal à l’inflation.

Certains commerces, comme celui-ci, aiment afficher leurs préférences politiques
Pour les vieux et les retraités qui comptent sur des rentes pour vivre, c’est devenu drôlement dur – notons que les impôts locaux ne figurent jamais – mais jamais ! – dans les indices d’inflation, mais ces impôts sur la valeur de la propriété augmentent en flèche (le contribuable moyen pourrait voir une augmentation de http://whtalk.blogspot.com/2008/04/robert-sisks-2008-2013-budget-forecast.html 44% du taux d’impôt actuel pour la propriété.) Ce qui oblige beaucoup à vendre et à déménager vers des domiciles moins onéreux.

Signes d'une fuite d'eau dans le plafond causée par nos voisins d'en haut qui avaient oublié de fermer le robinet dans la baignoire, ce qui m'a rendu, vous vous en douterez, fou de joie et de charité envers eux
Hier soir on est allé à l’avant-première de la comédie musicale A Catered Affair.

Photo de rigueur de la Place du Temps
Il est bien dommage d’être obligé de dire qu’on en était bien déçu, surtout vu les grands talents qu’on a mis sur scène. À mon humble avis, il s’agit en effet moins d’une comédie musicale que d’une pièce avec musique.

Devant le théâtre Walter Kerr dans la 48e rue ouest
La voix et la présence de la grande Faith Prince sont tout à fait gaspillées – il lui aurait fallu une chanson inoubliable, mais rien. Le livret, d’Harvey Fierstein, n’est pas top – c’est une histoire assez dépressive, en fait, et le dénouement est touchant (oui, oui, il y a eu des larmes chez le copain et moi – mais pas chez l’ami galeriste – et nous, nous pleurons sans coup férir) mais on ne se sent aucunement transporté.

Le canyon de la 48e rue ouest, avec la Lune qui monte
Le public, très new-yorkais avec les deux supports principaux du théâtre, à savoir les Juifs âgés et les pédés de tous les âges, espérait un énorme succès. Malheureusement, on ne l’a pas eu.

Plaque indiquant l'entrée des artistes – photo prise spécialement pour Paris-Broadway
On est allé dîner au restaurant Joe Allen's dans la 46e rue ouest – l'ami galeriste nous a parlé des premières fermetures de galeries à Chelsea.
Comments
C’est trop gentil, merci beaucoup. (J’aurais pu te prévenir que ce n’était pas une comédie musicale au sens habituel du terme.)
Posted by: Laurent | avril 17, 2008 04:44 PM
Pour information, Citibank a des comptes epargne (depot a vue) remuneres a plus de 3% encore aujourd'hui.
Jolies jonquilles :)
Posted by: Dolce | avril 18, 2008 12:14 PM
Il n'y a pas la possibilité d'ouvrir un compte courant en euros? Avec l'évolution du taux de change, ça deviendrait vite rentable, non?
Posted by: Olivier de Montréal | avril 24, 2008 10:26 AM