Loci diversi

Il ne faut jamais oublier de faire les abdos !
Je rêve de Venise et du bel Adonis.
(Traduction : je viens de commencer ce petit livre de Mary McCarthy sur la Sérénissime et je retourne à la salle de sports après une courte période de convalescence pour l’épaule droite.)

Dans le temps, ce genre de panneau au néon étaient partout à New-York, mais ils deviennent de nos jours de plus en plus rares, hélas
Fiat lux.
(Traduction : Où chercher un cadeau d’invité avant de partir pour Brooklyn par le train F ? On a finalement choisi deux bouteilles de Brouilly.)

Mardi soir on est allé chez un ami à Brooklyn – il a fallu descendre à la station de la rue Bergen

L'appartement se trouve dans la place Boerum – voici la vue vers le centre-ville de Brooklyn

Deux vins sud-africains qu'on apprécie, il paraît, particulièrement là-bas
In vino loquacitas nisi veritas.
(Traduction : en bavardant ivre sur de nombreux sujets il est probable qu’on dise au moins une ou deux vérités, mais ce n’est pas donné. Notre hôte avait prévu des vins sudafricains pour commémorer son récent voyage en Afrique du Sud avec son copain à lui, jeune médecin qui vient de faire un stage d’assistance à Durban.)

D'anciens hôtels particuliers de la place Washington nord par une lumière dorée d'après-midi

On est au cœur de l'université dans la petite rue de la place Washington à l'est du parc
Beatius est magis dare quam accipere.
(Traduction: On a pris rendez-vous mercredi soir avec une amie à la Galerie Grey, ouverte tard les mercredis, de l'université de New-York pour voir l'expo New York Cool, où l'on peut voir une sélection d'œuvres d’art des années 60 qui ont été données à l’université de New-York. Ce n'est pas mal, et l'entrée « suggérée » n'est que 2,50 $ !!)

Après la visite de l'expo, on est allé dîner au Café Loup, dans la 13e rue ouest, une excellente brasserie pas chère et pas innondée non plus de gens qui se croient, à tort, hypes et branchés – c'est agréable
De alienis
(Traduction: jeudi soir on est allé voir Les excentricités d’un rossignol de Tennessee Williams au théâtre Clurman – une pièce triste et poétique. Production adéquate. C'est drôle, j'ai eu la chance de rencontrer M. Clurman un après-midi de printemps. Quel charmeur ! Il avait la langue bien pendue et il nous a raconté de longues histoires hilarantes sur sa vie personnelle et sur sa vie au théâtre. Je suis heureux qu'on ait nommé l'un des six théâtres du Theatre Row le Clurman en sa mémoire.)

L'un des immeubles résidentiels de la place Manhattan, ensemble urbain dans la 42e rue ouest construit en partie pour loger les acteurs – les artistes ne paient pour le loyer qu'un quart de leur revenu mensuel – pourcentage aujourd'hui bien bas pour les nouveaux arrivés à Manhattan

La place Manhattan est faite de deux grandes tours avec une grande et belle salle de sport au milieu qui les relie

La façade de Theatre Row, qui consiste en cinq salles de théâtre de tailles différentes, dans la 42e rue ouest, un projet de rénovation urbaine effectuée par la ville il y a plusieurs années
« And now what shall become of us without any barbarians?
Those people were some kind of solution. »
Constantin Cavafy, Waiting for the Barbarians, 1904
(Traduction : vendredi soir on est sorti avec l’oncle du copain – oui, le monsignor catho qui aime s'habiller en prêtre-ouvrier plutôt néo-jersiais – qui était accompagné d’un couple californien à la fois abstinent et républicain ! Quelle barbarie ! Et c’était l’horreur d’être à table avec de tels monstres qui nous a fait boire deux bouteilles d’un délicieux sangiovese. Il n’y avait rien d’autre à faire.)

Les tours jumelles du Centre Time-Warner devant le Rond-Point Colomb

C'est l'ancienne tour Gulf + Western devenue ensuite après redorage d'extérieur la Trump International

L'ancien musée Huntingdon Hartford qui est en train d'être réaménagé en Musée des arts décoratifs et du design, qui ouvrira ses portes en septembre 2008
Pallida mors aequo pulsat pede pauperum tabernas regumque turres et je me suis vu enseveli dans un cercueil d’albâtre, lisse et reluisant, où l’on n’entendait que du Philip Glass.
(Traduction : samedi matin je suis allé me faire IRMisé dans une clinique tout près du Rond-Point Colomb. On m’a fait porter des bouchons antibruit mais on entend d’abord le basso continuo de la machine et ensuite les rythmes changeants des aimants qui tournent autour.)

Samedi il y avait une foire à la brocante dans la rue Perry – on essayait de vendre de vieilles ordures qu'on avait sorties du fond du placard

On a fermé les deux bouts de la rue, de la rue Bleecker à la 4e rue ouest, pour ce petit marché aux puces

Le copain étant allé chez un client, j'ai traîné dans les librairies du coin – voici une séance de yoga publique dans la place de l'Union
Tributum capitis
(Traduction : samedi soir on a dîné avec un ami galeriste et sa femme – lui est en train de découvrir les multiples problèmes associés à la réussite financière qui lui avait échappé jusqu’à maintenant, à savoir les impôts, les déclarations, les dossiers financiers mis à jour et vérifiés.)
« Give me the splendid silent Sun, with all his beams full-dazzling »
Walt Whitman, Drum-Taps, 1865
(Traduction : dimanche on est allé prendre un peu de soleil sur l’embarcadère aménagé en parc aux bords du Hudson à la hauteur de la 11e rue, mais il a fallu quand même supporter un vent assez fort (et froid). Plus tard on s’est rendu chez l’ami galeriste qui avait préparé, en dépit du temps assez frigide, un guacamole maison délicieux et des margaritas frozen, qui étaient bons mais qui nous ont fait frissonner de froid aussi. Après des hambourgois de dinde cuits au gril sur la terrasse, on est allé voir une pièce de Tony Kushner, qui est intitulée « Terminating, or Laß mein Schmerzen nicht verloren sein, or Ambivalence » basée sur le sonnet numéro 75 de Shakespeare. La mise en scène était d’un jeune ami de l’ami galeriste qui fait ses études de théâtre à l’université de New-York et elle était excellente – tout a eu lieu dans un tout petit espace au cinquième dans un immeuble à l’ouest de la 10e avenue, dans la 37e rue ouest. Distribution réussie. Le sujet de la pièce est tout ce qu’il y a de plus névrotiquement new-yorkais – l’impossibilité de l’amour quand on ne peut pas s’aimer.

Il y aurait dû avoir une sorte de rafle de la police, euh, hygiénique de la ville de New-York car on trouve sur les portes bien fermées de de nombreux restaurants de quartier ces avis de fermeture pour questions d'hygiène et de propreté des lieux !
Le copain s’est rendu ce matin au tribunal supérieur de New-York où on l’a convoqué pour faire son devoir de juré – je parie qu’on ne le choisira pas pour un procès, mais on ne sait jamais. Il y a le wifi dans la salle d’attente, donc il peut continuer à travailler « à distance ».
Comments
Bonsoir,
c'est amusant mais je crois que c'est bien la première fois que l'on devine votre reflet sur une photo... le début de la fin de l'incognito?
Bien cordialement
Posted by: Jérôme | mai 12, 2008 01:16 PM
eh, je cherche killme (yeah), ca fait un moment (yeah baby) qu il ne répond plus (yeah), j ai peur qu avec ses rhumatismes (roll over yeah baby) il soit rester coincé (yeah) dans sa chaise (yeah bab’) :)
Posted by: nom | mai 12, 2008 01:19 PM
Venise et Adonis: inénarrable!
Posted by: R J Keefe | mai 12, 2008 03:51 PM