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août 30, 2003

Commérage de circonstance

Mon appareil photo numérique Nikon s’est cassé il y a quelques jours — il va falloir que je le renvoie à Nikon la semaine prochaine — je suis donc retourné au fidèle Olympus où j’ai trouvé des photos mystérieuses de macadam sur le mini-disque. C’est comme fouiller dans les tiroirs d’un bureau — on ne sait pas ce qu’on va y trouver.

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Une route anonyme

On a passé le début de l’après-midi chez ma mère, où Betty s’est amusée à faire le retriever avec le frisbee canin dans la piscine. Le copain est allé faire de la voile avec son équipage pour la régate toutes classes de demain (ils iront dans un voilier JY22), tandis que moi je me suis amusé à faire la vieille commère de village avec les voisins.

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Betty l'heureuse (à la David Hockney)

J’ai trouvé par hasard ce carnet écrit par un Canadien francophone et qui s’adresse spécifiquement aux Américains. Pourquoi pas ?

août 29, 2003

Bientôt il va falloir faire un choix

« Trusting in the sanity and the restraint of the United States is not a strategy and it is not an option. »

Voilà la conclusion époustouflante, applaudie du Congrès, du discours « vrai » (c’est-à-dire énormément retravaillé) de l’état de l’Union prononcé en février dernier par celui qu’on commence à désigner « Whistle Ass » ( « siffle-cul ? ») depuis la publication d’une nécrologie dans l’état de Wisconsin, à la fin de laquelle la famille de la défunte a ajouté « Memorials in her honor can be made to any organization working for the removal of President Bush » (des dons en sa mémoire pourront se faire à toute organisation qui cherche le renvoi du président Bush). Pour ceux qui entendent l'anglais à la texane et qui apprécient ce qu'on arrive à faire actuellement avec des clips vidéo, et qui ont une connexion haut débit.

L’explosion aujourd’hui en Irak devant la mosquée semble avoir tué environ 80 personnes, tous des Irakiens. Cela va de mal en pire. Certains carnetiers politiques américains commencent à se demander quel chemin devraient suivre les Etats-Unis maintenant. Quitter le pays ou rester là pour le réparer (dans le contexte du dicton boutiquier « You broke it, you own it » ( « vous le cassez, vous l'avez acheté ») qu’on trouve souvent sur les pancartes manuscrites dans les petites boutiques d’antiquités. « Quitter le pays » voudrait dire seulement qu’on le remette officiellement à l’ONU, par exemple. Problème difficile et intéressant. Mais il n’y aura, je crois, comme au Liban à l’époque Reagan, de véritables pressions politiques pour quitter l’Irak que s’il y aurait un attentat terrible comme celui du 13 octobre 1983 à Beyrouth, où 241 militaires américains sont morts (avec 88 Français) suite à l’explosion d’une voiture piégée devant le siège des forces multinationales. Les troupes américaines sont parties du Liban en février 1984.

Le dîner d’hier soir était un succès (au moins je crois.) L’amie écrivain nous a parlé d’un article dans le New Yorker de cette semaine (l'article s'intitule « The Anti-Anti-Americans » du francophile Adam Gropnik et cela m'intéresserait de savoir comment un Français réagirait à quelques unes de ses conclusions sur la vie actuelle en France, ou plus correctement, à Paris) où l’on parle de Bernard-Heni Lévy et de son nouveau livre sur le meurtre du journaliste Daniel Pearl. Mes connaissances de ce monsieur sont, je l’avoue, assez limitées mais il me paraît surtout un personnage hypermédiatisé du genre « connu pour être connu » surtout après avoir lu cet article sur lui un tout petit peu méchant trouvé dans les pages de « The Guardian » (Londres).

A propos des foules éclair, j’ai l’impression que Laurent a raison quand il écrit dans un commentaire à ce billet : « Les FlashMobs passeront vite aux oubliettes de l'histoire, à moins de prendre une dimension soit politique soit clairement artistique ». C’est ce que pensent également, semble-t-il, les gens hautement tendance de Gawker.com du phénomène qui a débuté à New-York, dans ce billet daté le 21 août 2003.

« On the Short Lifespan of Hip

Why, this party was over as soon as it began! Three emails signifying the demise of flash mobs from the Flashmobs Yahoo! Group:

Message 252 : "Flash Mobs seem to have 'dissappeared' as fast as they appeared! Are you guys finding this too?"
Message 253 : "Well, there hasn't been a New York one in a while, and the New York ones have pretty much driven the whole phenomenon [...]"
Message 254 : "Maybe they're just not getting a lot of media attention and that's why it seems as if they've 'disappeared.' Lots of people all over the world are still 'mobbing', planning, and organizing mobs. We [non New Yorkers] don't have to stop & wait for New York to do something..we have to get out there and do something bigger & better!! ;-) GO MOBS!!! (hahahaa! I hope I sounded like a coach, that's kinda what I was going for at thee end LOL)"

Yahoo! Groups: Flashmobs [Yahoo!] »

août 28, 2003

L'avenir du mariage

« Gay marriage should be between a man and a woman. » Ah ? Et qui l’aurait deviné sans le témoignage du grand Arnold, dont on peut écouter les sages paroles aux sonorités teutonnes ici (via Atrios).

C’est Noël Coward qui a écrit ces paroles (bien plus profondes et intelligentes) pour une chanson de revue ( « Poor Little Rich Girl » )dans les années 20 :

« Cocktails and laughter,
But what comes after ?
Nobody knows. 
»

Je fais un dîner ce soir pour l’amie écrivain, qui a connu Coward à New-York et à Paris.

août 27, 2003

L'exigeante

Il devient de plus en plus difficile à mener une vie tranquille ici à la campagne — un des ouvriers qui refont le toit de la maison d’à côté vient de laisser tomber son cloueur pneumatique avec un bruit assez impressionnant. L’outil est tombé dans le jardin, parmi des roses et des marguerites. Le garçon, torse nu, musclé et bronzé à merveille, a regardé en bas de l’échafaudage qui entoure la maison voisine et n’a toujours rien fait. Il le récupérera plus tard quand il descendra des « hauteurs ».

Cet article m’a attiré l’attention : une taxe sur le gras proposée en Irlande. Pas sur les gens obèses, comme le voudrait le copain, mais sur l’alimentation ayant un excès de matière grasse (donc le fromage, je suppose.)

C’est Betty la chienne qui me pousse à de nouvelles explorations littéraires : il fait beau ici en ce moment et elle insiste à ce que je la sorte pour qu’elle puisse ramasser les pierres dans la mer. Ce que je fais, ne résistant pas à ses yeux suppliants et aux petits coups de nez froid qu’elle me donne aux jambes lorsque je suis assis devant l’ordinateur. Le jeu est simple: je jette une grosse pierre, elle la trouve et la ramène sur le sable. Voilà. J’ai donc pris l’habitude de prendre avec moi ou un livret de grilles de mots croisés ou un bouquin à lire. Les deux derniers jours j’ai emporté à la plage (suivant l’élégant exemple du très-cultivé Karl de Montréal) des livres de poésie : le premier, une collection de poèmes d’Adrienne Rich intitulée « An Atlas of the Difficult World ». Impressionnant. Je connais le poète de nom depuis longtemps, mais jusqu’à hier je n’avais rien lu d’elle.

Pour compenser un peu le mauvais goût télévisuel que je me suis permis avant hier soir (avec le faux lubrique « OC »), hier soir j’ai regardé le film « Les Moissons du ciel » sorti en 1978 aux États-Unis avec un tout jeune Richard Gere. (J'ai trouvé la cassette vidéo enfouie dans la bibliothèque, je ne sais pas d'où ça vient, le copain non plus.) Écrit et mis en scène par le mystérieux Terence Malick (pour lire une version intéressante — et non pas celle filmée — du scénario, c’est ici) et filmé par le Cubain Nestor Almendros, qui a gagné un Oscar pour son travail, le film a l’air un peu irréel, trop beau, d’ un poème filmé. L’arrivée des sauterelles, c’est comme la vengeance divine et terrible. Très, très beau film.

Aujourd’hui c’était le tour à Rainer Maria Rilke, poète allemand que j’avais lu en classe il y a des années et dont je ne me rappelais plus rien, à part les titres de ses collections les plus connues, comme « Les élégies de Duino », « Les sonnets à Orphée », « Lettres à un jeune poète ». En rangeant la bibliothèque en bas j’ai retrouvé un exemplaire des « Sonnets à Orphée » et ce sont ceux-là que j’ai lus cet après-midi en jetant des pierres pour la bête exigeante. Intéressants dans sa traduction anglaise, ces poèmes sont nettement plus élégants dans leurs originaux allemands rimés (c'était une collection bilingue.)

Ce soir c'est un dîner avec ma Tante Cécile à moi — c’est-à-dire, ma mère. On ira à un restaurant près de chez elle et je vais faire un effort pour me rappeller tout ce qu'on prend pour pouvoir le publier ici demain.

Pour ceux qui ne l'ont déjà pas fait, ça vaut le coup de faire un tour immédiatement chez Monsavissurtout (surtout pour ses trois derniers billets, ici, ici et ici) et Mesaventures. Ces dames brillantes font preuve du fait qu'il existe autres (et considérables) raisons pour apprécier les carnets à part les débats politiques.

août 26, 2003

Ça fait du bruit

On vit ces derniers jours au milieu d'un chantier — pas chez nous (on a besoin de refaire le revêtement de la maison mais on n’a pas l’argent qu’il faut, donc on attend) — mais on travaille sur les maisons qui nous entourent. Ça commence à 7 h 30, les bruits de marteau. Côté positif : on n’a aucun besoin de réveil.

Au lieu de ranger ma vie pendant cette dernière semaine de vacances, je fais le ménage. J’ai failli me tuer sur l’escalier du sous-sol, où se trouvent les machines à laver et à sécher, en descendant le linge sale. Il n’y restait qu’une seule petite ampoule en vie qui avait du mal à éclairer cette grotte humide drapée de toiles d’araignées et j’ai manqué une marche. Rien de grave, la plante du pied gauche me fait un peu mal, c’est tout.

L’amie écrivain est déprimée. Elle se demande pourquoi elle vit encore quand tous ses amis sont déjà morts. On a cité son nom dans un article du Times la semaine dernière, ce qui lui a fait un petit plaisir. On dînera ensemble jeudi soir. Son fils et sa bru arrivent vendredi soir pour le week-end de Labor Day, l’ancienne fête du travail qui ne signifie plus rien que la fin de l’été et le retour au boulot.

Ce matin je suis allé visiter le site de la Comédie-Française pour voir s'ils allaient jouer Phèdre (autrefois en ligne mais le site cnam ne répond pas et vient de faire planter l'ordi) cette saison, mais non. C'est une pièce que j'ai toujours voulu voir sur scène. En plus, cela aurait fait une bonne raison pour une visite éclair à Paris en automne, mais elle ne figure pas sur le calendrier de la saison. Dommage.

Via le toujours-excellent Atrios j’apprends ce matin que nous (les Américains) avons demandé aux Israéliens des renseignements sur la possibilité de rouvrir un ancien oléoduc qui va de Kirkouk, en Irak, jusqu’à Haïfa, en Israël, en traversant la Jordanie. C'est fantastique. Déjà on n’arrive pas à protéger l’oléoduc qui va du nord de l'Irak en Turquie — et on est assez bête de croire que les populations arabes seront ravies de voir leur pétrole passer par l’Israël. On a du culot, non ?

Il y a une nouvelle série, aussi débile qu’irrésistible, sur la chaîne Fox, qui s’appelle « The OC » — les initiales, (sans points dans le générique, avec dans les textes), signifieraient « Orange County », le grand comté, réactionnaire à merveille, au sud de Los-Angeles connu surtout pour avoir accueilli, à Anaheim, l'emplacement du premier Disneyland. Tout comme « 90210 » et « Melrose Place », le comté d’Orange fantasmé dans la série n’a que peu à voir avec le vrai (qui a dû déposer son bilan en 1994), mais on s’en foutra entièrement bien sûr, pourvu qu’il y ait de beaux jeunes gens et de belles filles — et il y en a ! L’histoire est tout ce qu’il y a de plus banal, de plus cliché — le nouveau venu (joué par l'acteur Benjamin McKenzie) jeune et pauvre (mais heureusement très beau, à la Russell Crowe) fait son apparition dans un monde de riches (la fille des voisins, jouée par Mischa Barton, censée avoir 16 ans, a l’air d’en avoir au moins 22, mais elle est superbe !) Son petit ami à elle, un certain Chris Carmack (censé, lui, être capitaine de l’équipe de polo aquatique du lycée  — vous voyez l'originalité !), n’est pas hideux non plus. Donc, c’est de la niaiserie télévisuelle la plus pure et ça n'agite pas trop les neurones, ce qui rend le sommeil encore plus facile.

août 25, 2003

La vie de meute

Ce billet récent de Laurent de navire.net donne énormément à réfléchir sur la politique des liens dans un carnet. Dans le billet il accuse la carnetière Emmanuelle Richard de emmanuelle.net d’avoir négligé, consciemment ou pas, de faire des clarifications ou avertissements sur la nature d’un carnet qu’elle avait « recommandé » et lié. J’avoue que, lecteur quotidien d’Emmanuelle, j’ai eu un petit froncement de sourcils à la comparaison du carnetier de Blogorhée.net (site que j’avais déjà visité) à celui d’Instapundit, l’avocat bavard du Tennessee et apologiste de plus en plus discrédité de l’administration républicaine au pouvoir. Pour moi, au moins, une telle comparaison n’était pas flatteuse, sauf si l’on croyait qu’un nombre élevé de visites prouve l’excellence, intellectuelle ou autre, d’un carnet. Je suis passé voir le site de Blogorhée que j’ai trouvé agréable d’apparence mais (pour moi) sans grand intérêt — ces sites « mous » d’un soi-disant « libéralisme » qui n’est en effet que du conservatisme « lite » rendu propre et presque sortable, m’intéressent moins que les sites d’enragés de droite, viscéralement réactionnaires, dans lesquels se révèlent les vrais fondements de leurs passions politiques.

Je connais beaucoup de gens qui se diraient volontiers et fièrement « conservateurs » — d’autres pourraient les définir bien moins poliment, et ils n’auraient probablement pas tort. Étant homosexuel, vivant dans un couple d’homosexuels très banal mais pas du tout caché, je n’ai pas trop souvent besoin d’afficher le libéralisme (ici dans le sens plutôt américain du mot) « de gauche » auquel je crois. Je n’en parle que s’il en y a besoin. Il m’est de temps en temps arrivé de faire des reproches publics à quelqu’un d’avoir dit quelque chose de faux ou de malveillant. Je n’aime pas le faire, je suis plutôt timide en société, mais en fin de compte je sais qu’il faut que je le fasse, sinon on pourrait accepter ces « inexactitudes » et ces « versions » sans discussion. Là, en parlant tout haut, je force le débat.

Le mensonge total n’est qu’une arme parmi d’autres dans la guerre culturelle — cette guerre réelle de valeurs réelles — qui a recommencé et dont le billet de Laurent ne représente qu’un accrochage probablement passager. Dans cette guerre de valeurs, l’omission sélective est aussi une arme, d’ailleurs très efficace. C’est pourquoi Laurent a raison, à mon avis, de reprocher à la carnetière californienne l’absence de contexte dans sa présentation du carnet dont elle avait écrit — elle aurait pu noter, par exemple, que ce carnet ne représenterait pas en toute probabilité la perspective de tout le monde, ou même que ce carnet se trouvait dans la même lignée politique que le fameux Merde in France (pas envie de lier), cela aurait suffi à avertir les lecteurs et, plus important, de marquer une certaine distance critique entre le carnet de Mme Richard et celui auquel elle nous dirigeait. Elle ne l’a pas fait, par choix ou par inadvertance, on ne sait pas. Il en résulte que le lien semble une recommandation favorable.

(On aurait pu aussi deviner assez facilement le point de vue politique du carnet, vu qu’il avait été signalé par Roger Simon, dont le carnet est lié par plusieurs carnetiers israéliens que je lis.)

La carnetière de Los-Angeles, que je ne connais qu’à travers son carnet, s’est excusée en écrivant « I'm not an intellectual. I have a hard time articulating my thoughts on politics: I love reading people who are very good at it. » Là, j’ai quand même dû sourire, pour plusieurs raisons : primo, Mme Richard est une intellectuelle de par sa profession même de journaliste ; secundo, elle est évidemment très intelligente; tertio elle s’exprime merveilleusement bien. C’est pour ces raisons-là que ses excuses ne m’ont pas convaincu de son « innocence ».

Elle continue : « But my attitude is, link to good blogs, even if you disagree with them, and let people choose for themselves. » Ouais, mais…qui se couche avec des chiens…Je suis allé voir le site de M. Simon, auquel elle lie. Bon, c’est vraiment de l’auto-pub, mais dans sa liste de liens on retrouve des sites plutôt douteux, dont certains sont franchement dégueulasses. Voici un billet récent pris chez Amish Tech Support, lié par M. Simon :

« In honor of the 4 Hamas scumbags being blown off the Roadmap tonight and Misha's "Pop a Pali for Pizza programme, I ordered a Pizza for IDF .

May they use Yasser's bloody kaffiyeh as a picnic spread, the Oslo Accords to wipe their mouths, and the Roadmap to wipe their asses with. »

(Ce bonhomme charmant vient d'ajouter un billet dans lequel, devant les hésitations du Quai d'Orsay de suivre bêtement les recommendations des plus politiques et tendencieuses du gouvernement américain sur les organisations Hamas et Jihad islamique, il remarque: « May the sun roast every damned bastard in Paris » — que le soleil rôtisse chaque salaud maudit à Paris.)

Dans « The Anti-Idiotarian Rottweiler », lié aussi, on peut lire ceci :

« BAGHDAD, Iraq - A car bomb collapsed the hotel housing the U.N. headquarters on Tuesday , killing at least two people and wounding dozens, including the chief U.N. official in Iraq (news - web sites), who was trapped in the rubble.

[Son commentaire à la nouvelle] I heard this on the news this morning and had almost popped the cork off of a bottle of sparkly when I heard that it was the U.N. HQ in Baghdad .

Oh well, it's a start, I suppose

(Ce charmant billet a tellement consterné même ses lecteurs réguliers qu’il a été obligé à publier un billet d’excuse.)

La promenade à carnets continue avec la « sagesse » venimeuse de Little Green Footballs et du Volokh Conspiracy (également chez emmanuelle.net), les âneries promotionnelles du pathétique Andrew Sullivan (également chez Blogorhée), et tout le reste. On commence à voir les traces d’une communauté …d’intérêts ? Qui sait ? Voilà un aspect important du problème : les liens en effet cautionnent ces sites. Je comprends donc pourquoi Laurent a décidé de se distancer d’un site qui faisait preuve sinon d’enthousiasme alors d’une indulgence curieuse vis-à-vis des sites dont les valeurs sont profondément antipathiques aux siennes. Ce qui est le plus surprenant (et surtout pour un lâche comme moi) et ce qui fait encore plus d’honneur à Laurent dans cette affaire c’est qu’il s’est exprimé publiquement, sans craindre les remarques disons désobligeantes qui viendraient — il a dû les attendre avec un certain plaisir — s’accumuler dans sa boîte à commentaire. Pour cela je dis bravo à Laurent. C’est le silence qui tue.

août 24, 2003

Jeux de hasard

Hier soir, à la suggestion un peu ivre du copain avant hier, on est allé manger, le copain et moi avec deux amis, au restaurant « Rain » qui se trouve dans un des deux casinos indiens du coin, celui au nom du « Soleil de Mohégan ». C’est en effet assez bizarre de voir ces tours de verre qui sortent comme des extraterrestres au milieu des arbres, mais bon, c’est un des casinos les plus lucratifs du monde et ce samedi soir c’était bien sûr plein de monde, (dont une bonne partie habillée en tee-shirt et en short — non, le public ne fait pas du tout genre Casino de Monte-Carlo où le port d’une veste est obligatoire.) Le restaurant n’était pas extra — cuisine médiocre bien trop chère — et les serveurs étaient ou dingues ou maussades. Mais on avait du bon vin (pourtant de Californie, c’est comme ça que le copain me punit). Après avoir mangé on est allé explorer les salles de jeux — le copain voulait jouer au craps ou au vingt-et-un mais le craps est assez difficile à maîtriser dans une courte soirée donc lui et l’ami financier sont allés trouver une table de vingt-et-un avec une mise minimum de$25 (la plupart des tables ont des minima de $50 ou $100 !). La femme du financier et moi sommes allés trouver un bar pour nous munir de deux verres de vin rouge. Une heure après le copain n’a ni gagné ni perdu un dollar et l’ami financier a réalisé un profit de $100 dont il donne un jeton de $25 à la croupière. On rentre content chez nous.

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L'hôtel du casino vu du parking (5e étage)

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L'intérieur du casino, devant des machines à sou

Le copain s’entraîne pour le marathon de New-York en novembre, comme ce carnetier qui se prépare pour le marathon de Paris en 2004, et il a couru 19 miles ce matin. On reste ce soir à la campagne et je conduirai le copain à la gare (très tôt) demain matin.

août 23, 2003

La guerre culturelle

Vraiment, on ne peut plus feindre de l’ignorer — on se trouve actuellement en pleine guerre culturelle dans ce pays. Prenons par exemple l’effort fait par un membre distingué de notre taliban à nous en Alabama, où le juge président de la haute cour refuse toujours de faire bouger le « monument » des Dix Commandements qu’il a fait installer dans l’entrée de son tribunal à Montgomery, capitale de l’état. Les autorités légales de l’Alabama l’ont suspendu du poste et on va probablement le renvoyer bientôt, mais cette action résultera sûrement en sa « martyrisation » pour une grande partie du public, qui l’a élu au poste en 2000. Cette histoire rappelle un peu la situation des islamistes en Algérie en face du gouvernement de tendence plutôt laïque — faut-il permettre aux extrémistes religieux (peut-être majoritaires) le droit démocratique d’éliminer la séparation légale de l’église et de l'état ? Heureusement je ne crois pas qu’on soit tout à fait là à présent, même en Alabama. Mais plus tard, quand on va ré-élire ce type-là, même incarcéré ?

Ailleurs, c’était peut-être une véritable « folie de grandeur » légale de croire, comme l’ont fait les chefs de la chaîne d’« information » Fox de réclamer un droit de marque sur la phrase « Fair and Balanced », à la fois profondément banale et particulièrement pleine d’ironie dans le cas de « Faux » News (autre slogan détourné de la chaîne : « We report, you deride » au lieu de « We report, you decide »). Cette phrase faisait partie du titre du nouveau livre du comique Al Franken, dont le titre en entier est « Lies and the Lying Liars Who Tell Them : A Fair and Balanced Look at the Right », que les brillants avocats de la chaîne de télévision ont essayé vainement de faire arrêter la publication. Le juge (à New-York) a remarqué que la poursuite contre l’auteur était « entièrement sans valeur, d’un point de vue basé et sur les faits et sur les lois » (« wholly without merit, both factually and legally »). Comme le carnetier Pierre Carion (qui bientôt changera d'adresse internet — va falloir remettre à jour la liste de liens) a noté avec plaisir, le livre est de nouveau en première position chez le libraire Amazon.

Le charabia officiel sur ce qui se passe en Irak continue — cet idiot de Bush qui annonce tout bêtement à Seattle que « L'Irak se révèle être une bataille continue dans la guerre contre le terrorisme. » (Mais je croyais que l'invasion de l'Irak allait faire cesser le terrorisme ? C'est bien ça, n'est-ce pas, que tu nous a dit !) L’ONU dit non merci à la suggestion du secrétaire d’état américain Powell d’envoyer des troupes et de l’argent en Irak sous le contrôle de la coalition anglo-américaine. Quelle surprise ! Trois soldats tués de plus (britanniques, ceux-là) aujourd’hui. Les Japonais « hésitent » d’envoyer des soldats et en tout cas ils ne seront pas envoyés en Irak avant l’année prochaine. Et on commence à gueuler en Espagne qui a déjà envoyé 744 soldats en Irak d’un contingent promis de 1 300.

« The French were right » est la phrase par laquelle commence cet article d'un certain Don Williams à Knoxville, dans le Tennessee, dans lequel il dénonce, un par un, les mensonges de l’administration Bush sur la guerre en Irak. Et la semaine prochaine ce sera le tour du « canichon » Tony Blair devant la commission d'enquête de Lord Hutton où il essayera de s'expliquer l'exaggération politique des menaces réelles de l'Irak d'avant l'invasion.

Et finalement, pour accompagner le terrorisme international, nous avons aussi le terrorisme domestique témoigné par l’attaque vendredi soir (voir l'article d'un Fox News plutôt outragé ici ou celui-ci, plus calme, de l'excellent journal londonien The Guardian sur des VTT dans des magasins de voitures en Californie du sud. Des militants du Front de libération de la Terre (ELF) ont brûlé ou endommagé une vingtaine de Hummers, de VTT Mercedes et Mitsubishi sur lesquels ont été peints des slogans tels : « Fat, Lazy Americans » et « I (heart) Pollution ».

Et dire que dans cette guerre culturelle, on n’est qu’au début.

août 20, 2003

Souvenirs d'été

Par une soirée chaude d'été il n’y a rien de plus efficace pour chasser une douce gueule de bois qu’une grosse margarita bien frappée. C’est ce que me prépare le copain en bas pendant je regarde ce qu’on a enregistré sur Tivo. La soirée d’anniversaire d’hier s’est bien passée — je n’ai pas assez mangé et j’ai probablement trop bu — un problème bien connu des hôtes, je crois. Tous nos invités partis chez eux, on a regardé avec la partenaire de course un vidéo filmé par le copain lorsqu’on était sur la Côte d’Azur il y dix ans — images de la maison qu’on avait louée à Ste-Maxime, des ruelles de St-Tropez, de la plage de Pamplonne. Il y avait aussi un dîner auquel se trouvaient des amis français, argentins, italiens, anglais, tous complètement bourrés de vin rosé de pays qu’on achetait à une sorte de station-service à vin (avec de vraies pompes à vin — on n’avait jamais vu ça). On aimerait bien y retrourner un jour.

août 19, 2003

Faire la fête

Aujourd’hui c’est l’anniversaire du copain. C’est aussi l’anniversaire du coup d’état raté en Union soviétique en 1991 — je viens de lire une histoire d’Estonie que j’avais achetée à Tallinn et c’est impressionnant combien cette date-ci compte dans la lutte pour l’indépendance de l’Estonie.

Ce soir à 18 heures on va faire une course de 5 km, dont le parcours traverse le village — j’y participe moi-même, bien que je ne sois pas coureur attitré du tout — je serai content de fermer la marche. (Et non, c’est pas beau comme spectacle !) Ensuite on rentre à la maison pour une douche rapide avant d’accueillir quelques amis qui vont fêter l’anniversaire avec des « chiens chauds » et des « hambourgeois » (oui, j’essaie tout de même de faire un petit effort en français) au gril, avec du Coca Light, du sancerre rouge et blanc, et de la bière. Je lui ai donné comme cadeau ce matin un lecteur MP3 avec radio FM sportif (c’est-à-dire, avec un brassard) que lui a plu moyennement bien (il est très exigeant en matière de trucs électroniques). On verra ça plus tard.

On parle beaucoup (du moins à la radio) de l’explosion à Bagdad. C’est le gouffre qui s’ouvre encore un peu plus large. Bush a quitté le terrain de golf à cette nouvelle — c’est déjà quelque chose, vu qu’il n’a rien fait pendant cinq minutes lorsqu’on lui avait dit que la tour sud du WTC avait été frappée d’un autre aussi et qu’il n’a rien dit pendant cinq heures de la panne d’électricité dans le Nord-est du pays.

Je signale en passant l’intéressant billet de Manu sur son séjour récent à New-York, ainsi que cette collection de photos prises pendant la panne de courant dans un quartier autre que le mien (qui était plus calme et où il y avait moins de monde, c’est sûr).

août 17, 2003

Le dîner éclair

On a dû écourter notre dîner au resto (très touristique, mais bon, on y va une fois par an) d'un port voisin où l’on vous donne à manger des homards à la vapeur qu’on mange dehors sur des bancs en métal — on était sept en tout, trois couples et un enfant de cinq ou six ans, très intelligent et plein d’énergie, qui nous a éblouis tous avec sa technique perfectionnée pour faire remonter à la surface des poissons vraiment énormes, voire démesurés (un de nos compagnons, grand amateur de pêche, a dit que c’étaient des bars de mer) — il leur jetait des chips ! Mais l’orage prévu est finalement arrivé au moment où l’on dégustait les derniers morceaux de homard trempés dans le beurre — accompagné d’éclairs assez impressionnants. On s’est vite reparti en bateau pour notre petit port d’attache à 20 minutes à peu près de route maritime du restaurant. N’étant pas marin expérimenté (bien loin de là), je n’ai pas calculé le risque réel d’être en mer pendant les orages violents de fin d’été, comme on en a régulièrement ici sur la côte est de l’Amérique du nord, mais le capitaine, lui, avait l’air nerveux. Moi je tenais dans la main droite une bouteille à moitié vidée (ou pleine, selon les goûts) d’un sancerre rouge que j’adore, donc je me suis senti peut-être plus rassuré à cause de cela. On est arrivé dans le port avant l’orage, qui nous suivait bruyamment, et on a pu filer chez des amis où l’on a continué à boire, jusqu’au moment où le petit est descendu de sa chambre montrer son petit animal domestique, une couleuvre des blés, à la garde de sa classe à New-York et dont la famille avait consenti de s’occuper pendant les vacances d’été. Pour moi, quand les serpents arrivent dans le salon, c’est bien le signal de partir ! Ce que j’ai fait tout de suite. Le copain par contre, lui qui est plutôt indifférent aux ophidiens, est resté là à boire et bavarder.

Pour changer un peu de thème, c’est quand même ridicule d'essayer de suggérer que tout va bien actuellement en Irak, surtout après les attentats multiples de ce week-end. Un soldat danois tué près Basra — le Danemark, ça fait partie de la nouvelle Europe, n’est-ce pas ? Quelle chance pour les Danois, et pour leurs soldats. L’oléoduc en flammes et Bremer, ce petit prince nommé par Bush, qui se plaint que ce genre de sabotage va nuire à la remise en état de l’économie irakienne. Si le chaos continue, je parie qu’il ne restera pas longtemps dans son poste de satrape de Bagdad.

août 16, 2003

La dictature du physique

Je viens d’apprendre la mort de l’Ougandais Idi Amin en Arabie saoudite. C’est curieux, je l’ai vu une fois, lors d’un défilé militaire à Kinshasa, debout à côté du Président à vie Mobutu Sese Seko. Il était énorme et luisant.

Ce soir dîner de homard dans un village voisin — on y ira en bateau (à moteur), on prévoit des orages ce soir — quelle joie !

La vie des pionniers (pas drôle du tout)

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L'heure fatidique marquée sur l'horloge de l'ancien bâtiment de la cour de Jefferson Market dans le village

Naturellement je croyais que c’était ma faute. Vers 16h8 il y a eu un premier vacillement du courant, quand la lumière a baissé et la climatisation dans la chambre à coucher a failli s’arrêter, puis, peu de minutes plus tard, à 16h11, ça s’est arrivé de nouveau, et cette fois pour de bon — tout s’est éteint. Je croyais que la climatisation — l’appareil chez nous et ceux dans les autres appartement , en principe interdite dans l’immeuble à cause de l’état vraiment lamentable des installations électriques archaïques, avait fait sauter les fusibles. Puis l’amie marchande de tableaux me téléphone pour me demander si j’ai du courant — c’est en panne chez elle aussi. Quelques secondes après les parents du copain me téléphonent pour me demander la même chose — il n’y a plus de courant chez eux, dans l’Upper East Side. Le copain se trouvait à Wall Street, dans un immeuble équipé d’un générateur autonome, donc après la coupure, on a pu restaurer le courant assez vite — mais pas assez vite pour une collègue à lui qu’il a entendu crier « God damn it ! God damn it ! God damn it ! » de devant son ordinateur où elle venait de perdre un gros document sur lequel elle travaillait depuis des heures.

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On passe dehors pour continuer la coupe

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La longue marche à la maison commence (ici au West Side Highway)

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Tout le monde est dehors, même sur les échaffaudages

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La Sixième Avenue vide de voitures jeudi

L’amie marchande de tableaux est venue chez moi et on a ensuite fait un tour du quartier — il y avait des groupes de gens assemblés sur tous les paliers d’immeubles à écouter les radios à transistors qu’on avait sorties du fond des placards — c’est comme ça qu’on a appris que la panne s’étendait de Hartford, au Connecticut, jusqu’à Détroit, dans le Michigan, et au nord jusqu’à Toronto et Ottawa,d ans l’Ontario. Les hystériques parlaient de terrorisme ; plus cynique, moi je me disais qu’on se trouvait bien probablement dans un merdier à la Homer Simpson — quelqu’un avait appuyé sur le mauvais bouton.

On est rentré chez nous pour attendre le copain, qui rentrait de Wall Street à pied — tout à fait trempé quand il est arrivé. Après s’être rhabillé en short, il est sorti avec nous voir ce qui se passait dans le Village. Il n’y avait que très peu de voitures dans les rues qui osaient circuler sans feux. On est passé devant un nouveau restaurant dans la rue Bleecker où l’on servait à boire sur le trottoir et là on a vu un ami du copain qui buvait un vodka martini — il travaille pour l’État de New-York et a déménagé de Manhattan à la capitale de l’état, qui se trouve à Albany, 3 heures de route au nord. C’était un plaisir de le revoir et après avoir accompagné l’amie marchande de tableaux chez elle, on est rentré au restaurant changé en café boire un coup avec lui. Le Village était plein de jolies filles et beaux jeunes gens, tous plus ou moins déshabillés à cause de la chaleur, qu’on a pu apprécier en sirotant nos boissons à côté du propriétaire, qui s’est présenté à nous, avec son amie, tous assis à la table d’à côté. L’ami du copain, originaire du Texas, a téléphoné de son portable à sa meilleure amie à Dallas pour lui demander ce qui se passait avec le courant. Elle lui a demandé s’il y avait du pillage. « Non, non, non, » on lui a répondu, « ça ne se fait pas comme ça. Il faut d’abord boire, ensuite on pille. » A 22h il n’y avait que la lumière faible et jaune de bougies dans quelques appartements et les phares des voitures qui descendaient la rue. Il n’y avait rien à manger, donc on buvait. L’ami du copain n’est pas parvenu à téléphoner à l’hôtel à Chinatown où il avait fait faire une réservation — les circuits téléphoniques étaient surchargés — donc il a accepté notre invitation de passer la nuit chez nous sur le canapé du salon. Ce qu’il a fait, à la lumière d’une bougie Diptyque et d’une lampe de poche — il faisait toujours bien chaud dans la maison — j’ai pris un somnifère avant de m’allonger tout nu sur le lit et c’est drôle mais j’ai bien dormi.

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On fait la queue pour du café dans la rue Hudson vendredi matin

On a fait du thé le matin suivant — je n’aime pas trop le thé le matin mais la cafetière électronique ne marchait pas et on avait toujours du gaz, donc je pouvais faire bouillir de l’eau. L’ami du copain a pris une douche (froide, le chauffe-eau de l’immeuble ne marchant plus) et a décidé de se rendre à la gare de Pennsylvanie dans l’espoir de pouvoir rentrer chez lui par le train. Il faisait toujours beau — j’ai connecté à Internet depuis un ancien compte AOL — Sale bête ne marchait toujours pas, pas surprenant, après tout, le serveur se trouvant dans le Westchester. L’amie marchande de tableaux est repassée chez nous et pendant que le copain travaillait au téléphone (qui marchait toujours, avec de vieux modèles branchés directement dans le module téléphonique, tandis que le nouveau ne marchait pas, faute de courant), nous sommes allés au marché de la place de l’Union, où l’on s’est procuré de délicieuses tomates mûres, des oignons « doux » et des longs oignons verts avec lesquels j’ai préparé pour notre déjeuner une salade de tomates à la vinaigrette et des pâtes au thon (en boîte) et des oignons verts, le tout assez réussi ! Il y avait plein de monde dans la rue, puisque le métro ne marchait pas (mais les bus fonctionnaient toujours) et le maire avait recommandé aux gens « non-cruciaux » de ne pas venir au travail aujourd’hui.

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Le marché de la place de l'Union

Juste après deux heures de l’après-midi on a entendu des craquements un peu bizarres — le courant est revenu, les gens applaudissaient et criaient dehors dans la rue et un peu partout. C’était curieux de voir la lumière de nouveau dans le couloir très sombre de l’immeuble.

On est parti à la campagne à 6 heures — l’ascenseur au garage a finalement pu monter notre voiture, qui vit avec les autres modèles pas chers dans la cave du bâtiment.

Cet article amusant est paru hier matin dans le San Francisco Chronicle dans lequel des Irakiens conseillent aux Américains comment vivre sans courant. Le Times a noté hier et ce matin que Bush n’a fait de remarques sur la panne que 4 heures après en avoir été notifié. Il est intéressant de voir ici la comparaison de deux photos prises de l’espace au-dessus de New-York.

août 13, 2003

Saint-Pétersbourg ou la ville mirage

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Le palais Stroganov à Saint-Pétersbourg

Je suis toujours surpris par combien Saint-Pétersbourg m’a impressionné — on y est allé, le copain et moi, le lundi après le marathon, par le train finlandais de 7h40. L’agente de voyages nous avait recommandé de prendre des billets de première classe, ce qui nous a valu des places dans une sorte de salon aux sièges confortables occupés, à part les nôtres et ceux de deux Américaines âgées de Chicago, par un groupe de Coréens en voyage organisé de la Scandinavie et des pays baltes. Le trajet a pris cinq heures, avec un décalage d’une heure entre Helsinki et Saint-Pétersbourg, donc on est arrivé à la gare de Finlande vers 14h45.

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Sur les quais de la gare à Helsinki

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Le panneau électronique

D’abord c’est frappant combien le paysage est différent des deux côtés de la frontière : la Finlande, c’est les États-Unis en (beaucoup) plus propre, plus moderne, plus rangé. La Russie, c’est (en grande partie) le délabrement et la décomposition — les rails sont rouillés, le béton des quais des gares de banlieue se désintègrent, on voit des wagons en bois abandonnés à côté. Le manque d’entretien devient de plus en plus évident en passant par la banlieue industrielle soviétique jusqu’à la fameuse gare de Finlande, qui se trouve dans un quartier qui n’a visiblement pas encore bénéficié des sommes d’argent importantes octroyées à la municipalité par le gouvernement national pour le nettoyage et la restauration de bâtiments.

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Vue d'une partie de la place Saint-Isaac de la fenêtre de notre chambre d'hôtel

Saint-Pétersbourg, c’est le Las Vegas du XVIIIe siècle. C’est une folie de grandeur qu’on a en quelque sorte réussie. L’idée est devenue ville qui est ensuite devenue une véritable ville d’importance. C’est l’urbanisme à coup de baguette magique (ou totalitaire, pour être plus juste) et c’est curieux combien il manque une base organique à tous ces palais et ces cathédrales immenses.

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L'église St-Nicolas-des-Marins

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Le clocher de St-Nicolas-des-Marins

Ce matin j’ai dû laisser la voiture chez le garagiste dans la 11e avenue à la 50e rue — quartier industriel et plutôt populaire, où j’ai passé, en route vers la station de métro de la 8e avenue et la 50e rue, une variété impressionnante de bâtiments : écoles des années 50, maisons des années 1900, quelques gratte-ciel des années 70 et 80, une église de 15 — toute une gamme d’édifices qui témoigne l’histoire et le développement du quartier au cours des années. Rien (ou bien peu) de ça à St-Pétersbourg, où tout paraît bâti d’un seul coup. Ce n’est pas vraiment désagréable, d’un certain côté, car les styles baroque et néo-classique ne sont pas laids, mais on a toutefois un peu l’impression de voir, comme l’a dit l’amie écrivain, « un décor de théâtre ».

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Le palais d'hiver vu de la Strelka

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L'église Saint-Sauveur-sur-le-Sang-versé (beau nom, n'est-ce pas ?), bâti sur le lieu de l'assassinat du tsar Alexandre II par son fils

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Un palais quelconque pétersbourgeois tout près de l'église St-Sauveur

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La cathédrale Saint-Isaac (et oui, j'ai des problèmes d'encadrement des images avec l'appareil nouveau — ce que je vois n'est pas ce qui sort !)

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L'Amirauté

On s’est bien amusé. L’hôtel était luxueux, on a loué une voiture avec un chauffeur et une guide qui s’appelait Elvira, étudiante en langues étrangères, et on a vite fait un tour de la ville, de la place St Isaac à la belle église Saint-Nicolas-des-Marins. On nous a conduit à la Strelka, la « Flèche » de l’île Basile avec la Bourse et les étranges « colonnes rostrales » qui, phares, donnent sur la partie la plus large du fleuve Néva.


Lundi soir on a mangé du caviar et bu de la vodka dans le restaurant de l’hôtel — cuisine superbe. Le mardi matin on s’est dirigé vers le musée Ermitage (à cinq minutes à pied de l’hôtel) avec un jeune guide sympathique au nom de Nicolas, diplômé en sciences économiques, qui nous a fait entrer dans le musée sans avoir à attendre dans les files énormes (groupes et individus) — je ne sais pas comment ça marche, mais c’était bon pour nous. Bien sûr on n’a pu voir qu’une partie de ce musée extraordinaire, mais une bonne partie — six tableaux de Poussin, que je n’ai vus qu’en reproduction photographique, de très beaux paysages de Le Lorrain, d’extraordinaires Rembrandt aussi. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans les salles des Impressionnistes, où l’on a pu circuler facilement — les Matisse et les Gauguin sont incroyables, mais tous ne sont pas en parfaite condition physique — il n’y avait pas de climatisation dans toutes les salles et j’ai vu des tableaux avec des châssis gauchis.

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La place du palais

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La façade sud du palais d'hiver

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Presque un « parc à thème » 18e siècle — une vue très typique à St-Pétersbourg

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Le canal d'hiver dans l'Ermitage, vers la Néva

Sortant du musée, on a marché le long du fleuve pour rejoindre, par le pont de la Trinité, l’île de Pétrograd et ensuite l’île aux Lièves, où se trouvent la forteresse Pierre-et-Paul ainsi que la cathédrale du même nom. C’est là où sont les dépouilles de tous les tsars russes, à l’exception d’un seul, qui a été enterré à Moscou. On y a même transféré les restes du dernier tsar Nicolas et sa femme Alexandre, tous les deux assassinés, avec la famille et les domestiques, à Yekaterinbourg.

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Vue de la forteresse Pierre-et-Paul

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Le clocher de la cathédrale Pierre-et-Paul

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La petite coupole

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L'entrée de la cathédrale Pierre-et-Paul

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Une partie de l'autel principal dans la cathédrale

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Le pavillon du bateau de Pierre le Grand

On voit ici et là quelques signes de restauration d’immeubles, surtout dans le quartier de Pétrograd. On nous a expliqué que les problèmes de propriété n’ont pas été tout à fait résolus — l’état reste de loin le plus grand propriétaire, mais cela change un petit peu.

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L'île Basile

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Restauration d'immeubles au long de la Néva

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Les deux colonnes rostrales sur la « Flèche » de l'île Basile

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Détail d'une des colonnes rostrales

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L'académie des sciences et le cabinet des curiosités (à droite)

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Le bâtiment des Douze Collèges à droite

Le copain m’a forcé d’aller voir le métro, heureusement, parce que c’est incroyable — des escaliers roulants qui semblent descendre jusqu’aux enfers ! Le double ou le triple de longueur de ceux dans le Tube à Londres, par exemple. A cause du sol marécageux, on nous a dit. La perspective Nevski est fascinante - on est allé dans la Maison du livre, bel exemplaire de l’Art Nouveau bâti par la compagnie Singer avant la Révolution.

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La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (détail)

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L'église arménienne, à quelques pas de la perspective Nevski

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Un bâtiment typique dans le quartier autour de la perspective Nevski

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Le palais Biélosselski-Biélozierski

Mardi soir on est allé au ballet au Théâtre Marie, vraiment très beau, où l’on a vu le New York City Ballet dans un programme très bien dansé (de longs applaudissements des spectateurs russes). Puis on a prix un taxi (350 roubles) au Grand Hôtel Europe où on a pris le menu de dégustation de caviar et de vodka — quatre sortes de caviar, six marques de vodka. Excellent.

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La Maison du livre avec l'église Saint-Sauveur au fond

Mercredi matin on rôdait sur les trottoirs de la perspective Nevski avant de reprendre le train pour Helsinki, d’où on est rentré à New-York (via Charles de Gaulle) jeudi matin.

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Le nouveau terminal E (je crois) à Charles de Gaulle. On y travaillait encore.

Quelques aspects « aimables » de la Finlande :

Le « Jugendstil » à la finlandaise

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L'entrée décorative du Lord Hotel à Helsinki

De belles statues publiques

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Ces gars-ci sont en forme, n'est-ce pas ? C'est bien ça, le bon travail physique.

De beaux jeunes hommes (comme celui-ci, désolé pour la mauvaise photo, mais il bougeait) qui se promènent torse nu

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Dommage qu'il fume

La robinetterie finlandaise

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Pratique et efficace !

août 12, 2003

Identifier le « Faux »

La chaîne d’ « information » Fox, communément connue sous le nom de « Faux » dans les carnets américains anti-Bush, vient d’intenter un procès pour diffamation et violation de droit de copie contre le comique Al Franzen, dont le livre « Lies and the Lying Liars Who Tell Them : A Fair and Balanced Look at the Right » (« Les mensonges et les menteurs mentant qui les disent : un regard juste et équilibré sur la droite ») vient de sortir dans les librairies. Les avocats de Fox se plaignent e la phrase du sous-titre : « Fair and Balanced » — un des mots d’ordre de la chaîne conservatrice du néo-Américain Rupert Murdoch, grand ami de Bush — et l’accusent de vouloir de servir de cette phrase pour « ternir la réputation » de la chaîne. Tout ceci n’a eu pour résultat que de propulser les ventes du livre au numéro 4 des livres les plus vendus chez Amazon.com. Et il y a plein de carnetiers politiques qui ont ajouté « Fair and Balanced » aux noms de leurs carnets. C’est le ridicule comme arme de guerre. Efficace ? On verra.

Comme si l’on n’avait pas assez d’ennuis ici (gentil missile sol-air trouvé il y a quelques heures par la FBI au New-Jersey, par exemple), on se retrouve devant une nouvelle menace, celle de la petite monnaie canadienne, surtout ici dans le nord-est du pays, où l’infiltration numismatique canadienne est particulièrement forte. Comme si les Canadiens ne nous embêtaient pas assez déjà avec ces histoires de mariage gay et leur hésitation marquée pour la bonne guerre en Irak.

Finalement, je publie les photos du marathon — il faisait horriblement chaud (surtout pour courir), la course a commencé seulement à 15 heures, le moment le plus chaud de la journée. Il a fallu au copain et à la partenaire 4 heures 50 minutes pour compléter la course. Sur les 6 000 coureurs inscrits, seulement 4 900 sont arrivés au stade Olympique.

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Le début de course

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On attend le début dans l'ombre

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Un coureur italien que tout le monde connaissait, sauf moi et le copain

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En position de tête à la mi-course

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Dans le parc de l'Esplanade en centre-ville

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L'entrée des coureurs dans le stade Olympique

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Notre lieu de rendez-vous, la tour Olympique

Moi je vais faire une course, de 5 km seulement, à la campagne mardi prochain — je suis sorti faire un peu d'entraînement cet après-midi au long du fleuve Hudson — on a aménagé les bords du fleuve et maintenant on y trouve des choses insolites, telle une école de trapèze, un mini-golf, un terrain de planche à roulettes, un musée de l'estuaire Hudson. J'ai « couru » (écrire « courir », c'est exagérer un peu, je l'avoue, puisqu'il s'agissait plutôt d'une progression lente et haletante à pied sous un soleil de plomb accompagné de l'humdité écrasante et toute particulière de New-York en août, jusqu'à la rue Rector, au sud de l'ex-World Trade Center, où je me suis retourné pour retourner au Village, trempé de sueur et sûrement pas très appétissant. (Mais il fait, je crois, moins chaud qu'à Paris !)

août 10, 2003

Une partie de tennis ?

M’étant couché de très bonne heure hier soir, je me suis réveillé assez tôt ce matin. Il fait toujours chaud, mais pas aussi chaud qu’à Paris, heureusement. On est allé au gym ce matin, la deuxième fois depuis notre retour d’Europe, où j’ai typiquement trop bu et trop mangé, donc il faut maintenant prendre les choses en main et faire preuve d’un minimum de discipline — c’est dans cet état d’esprit que je me suis efforcé à faire un peu d’exercice.

Le copain et moi nous avons été invité à déjeuner avec une amie qui était allée elle aussi à St-Pétersbourg il y deux ans — on a parlé de la Russie et des voyages en avion, qu’on n’apprécie pas trop. Je vais jouer au tennis cet après-midi — ça fait un an que je n’ai pas frappé de balle, ça va être plutôt pathétique mais mon adversaire est une femme professeur de droit bien plus âgée que moi, donc j’espère pouvoir maintenir mon honneur d’ancien tennisman pendant une heure.

Puis ce soir l’amie écrivain va nous joindre pour dîner chez nous — je compte faire une sorte de salade niçoise « modifiée », c’est-à-dire avec n’importe quoi. Les photos du marathon devront attendre jusqu’à demain (on a probablement marre de mes photos de toute façon).

août 09, 2003

Tallinn

Humidité à 100 pour cent, température à 22º (à 7 heures du matin), sommeil passager, on ne pouvait pas ouvrir la porte de notre chambre puisque les parents du copain dormaient dans la chambre en bas, leur porte ouverte, leur chien Twinkie (détesté de notre Betty, qui n’aime pas du tout partager son domaine) dans son coin. Même avec le bruit d’un camion déménageur qui vient de stationner à côté de chez nous et des gouttes de pluie qui tombent dehors, il y a une sorte de silence qui me permet d’écrire. J’ai préparé le café (j’avais sagement acheté du lait en boîte avant de partir en Europe) et je continue le récit de voyage commencé hier.

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Vue de l'intérieur du ferry

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Section « Affaires » du ferry

On a consacré le vendredi d’avant la course à une excursion à Tallinn, qui se trouve à 1 heure 40 minutes d’Helsinki par bateau. J’avais proposé le voyage parce que j’avais longtemps eu envie de visiter les pays baltes. Le bateau était un grand ferry-boat au nom du HSC Nordic Jet sous pavillon norvégien et basé à Tallinn. On a pris des billets classe affaires parce qu’on ne savait pas très bien comment cela allait marcher — il n’y avait qu’une douzaine de passagers dans la section, très confortable, où l’on nous offrait tout un buffet de petit déjeuner, d’œufs brouillés, du saumon fumé, du caviar rose d’esturgeon, des rondelles de concombre, des pommes frites, du bacon, des saucisses, du fromage — tout un petit déjeuner à la balte, avec du café, des jus de fruits, de la bière, du coca. Les passagers étaient pour la plupart des Finlandais — heureusement que tout le monde (ou presque) parle anglais, parce que le finnois, ça ne se comprend pas très facilement — une langue pleine de trémas côte à côte, à une sonorité un peu « claquante » (on s’amusait à se dire « mele kalikimaka » — ce qui veut dire « joyeux Noël » en hawaïen et qui était aussi le titre d’une chanson idiote et la raison pour laquelle on connaissait la phrase), dont le mot « ravintola » veut dire « restaurant » — impossible à deviner la signification d’un mot.

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L'arrivée à Tallinn

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Vue du port de Tallinn

Le golfe de Finlande était calme et notre traversée s’est effectuée sans difficulté. Après le contrôle des passeports on s’est dirigé vers la vieille ville, dont on voyait les tours du port. On a d’abord fait la visite d’un musée d’histoire maritime d’Estonie qui se trouve dans la tour médiévale dite « La Grosse Marguerite ». La ville est prise d’une fièvre de restauration — on est en train d’aménager des appartements dans les hôtels anciens. Il y avait aussi plein de monde, des foules d’Italiens, quelques Français, de jeunes Anglais un peu voyous qui se saoulaient dans les cafés, des hispanophones, etc.

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Le clocher de l'église St Olaf, dans le quartier « suédois »

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Une rue à Tallinn

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Un carrefour à Tallinn

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Dans la vieille ville

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La place Raekoja (place de l'Hôtel de ville) vers le nord

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La place de l'Hôtel de ville, côté ouest

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Immeuble de luxe aménagé dans la place de l'Hôtel de ville à Tallinn

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Le restaurant « Old Estonia » installé dans la place de l'Hôtel de ville

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Le siège de la représentation diplomatique russe à Tallinn

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L'église St Nicolas

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La cathédrale Alexandre Nevski à Tallinn

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Un bureau de poste élégant dans la vieille ville

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Un coin de rue typique à Tallinn

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Le Dôme à Tallinn

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La Chevalerie, maintenant le Musée des Beaux-Arts d'Estonie

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Vue de la vieille ville vers le nord

Nous avons déjeuné dans un restaurant (sans doute touristique vu son nom de « Old Estonia ») qui se trouvait dans la place de l’Hôtel de ville — le garçon aimable nous a apporté des verres d’une excellente bière locale, Saku. Après le déjeuner on a continué à marcher plus ou moins au hasard en nous arrêtant à des églises, dont on voyait les clochers de loin.

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L'ancien hôtel du comte von Unger-Sternberg, maintenant la Présidence de l'Académie des sciences

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La rue Pikk Jalg

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Vue du beffroi de l'Hôtel de ville (1402-1404)

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La vie de café à Tallinn

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Les tours de la « porte extérieure » et la rue Viru, au marché aux fleurs (et un MacDo tout près, aussi)

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Le ferry-boat Nordic Jet

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Départ de Tallinn après un après-midi réussi

On est tombé sur un concert d’orgue dans le Dôme, décoré d’armoiries-épitaphes de la noblesse balte allemande qui a dominé le pays jusqu’en 1917. Un peu plus loin on a trouvé un café internet avec quatre ordinateurs d’où le copain a pu lire son courriel du bureau tandis que la partenaire et moi nous sommes allés voir le marché aux fleurs et acheter des livres sur l’histoire du pays dans une excellente librairie. Nous sommes ensuite redescendus au port pour retrouver le ferry pour nous ramener à Helsinki vers 19 heures. La ville de Tallinn est très belle et les Estoniens sont charmants — visite recommandée !

C’était la veille du marathon et pour les coureurs il fallait bien sûr manger des pâtes. On a donc trouvé un restaurant italien pas trop loin de l’hôtel de la partenaire qui s’appellait Vespa. Au rez-de-chaussée il y avait un bar très fréquenté avec un groupe qui jouait des classiques pop (en anglais) ; le restaurant se trouvait au premier étage, d’où on avait une vue intéressante sur une bonne sélection de la jeunesse helsinkienne, blonde et bronzée.

Demain, la course ! (Il est maintenant 20 heures, on vient de rentrer d'un cocktail, et je suis crevé à cause du décalage horaire ! Un peu de télévision et puis dodo.)

août 08, 2003

Arrivée à Helsinki

Voilà, je me trouve à nouveau dans la même chambre, assis comme avant à la même petite table en bois où à sa place ordinaire j’ai ouvert mon ordinateur portable. Tout y est tellement en ordre, y compris le désordre, que cela ne me serait pas difficile de me convaincre qu’on n’ait effectivement pas bougé d’ici. Mais une preuve assez imprévue de notre voyage est arrivée chez nous ce matin à 5 heures quand le livreur d’Air France nous téléphone pour dire qu’il est devant chez nous avec nos deux valises qui ne nous ont pas accompagnés de Helsinki jusqu’à New-York via Paris Charles de Gaulle. Donc, un « happy ending » et la preuve d'être parti.

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Départ de JFK

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Escale à Charles de Gaulle quelques heures plus tard

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Survolant l'île de Bornholm (je crois) en direction d'Helsinki

Malgré sa réputation de modernité, énormément justifiée d’ailleurs, la Finlande n’offrait pas de moyens faciles de se connecter par ethernet à l'Internet. À notre hôtel, le Lord Hotel, ancien club d’ingénieurs bâti dans le Jugendstil à la mode dans le nord de l’Europe du début du XXe siècle, il n’avait qu’un grand ordinateur assez vieux sur une table à deux pas de la réception, où on demandait 5 euros pour 15 minutes d’usage. Il n’y avait pas non plus des « internet cafés » dans les rues du centre-ville. Et puis on n’avait pas énormément de temps, on a voulu découvrir la ville, toute vibrante en été avec le soleil qui ne couchait qu’à peine à 23 heures.

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Bar derrière le Théâtre suédois

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Le hall de l'Hôtel Lord

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Immeubles du centre-ville

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Vue du côté nord de l'Esplanade au centre d'Helsinki

Helsinki, ville d’un million d’habitants, organisée, propre, accueillante sans excès : facile de s’installer dans un café au bord de l’Esplanade pour boire une bonne bouteille de sancerre bien frais (un peu cher, mais bon, on est en vacances) avant d’aller dîner dans un restaurent très connu Havis Amanada, à quelques pas vers le port, dont le décor de style fonctionnaliste a été fait par Alvar Aalto en 1937 et où nous avons mangé un excellent dîner finlandais, avec une sélection de harengs et du poisson grillé (accompagné d’un Chablis 1er Cru délicieux). Ce premier soir on a refait nos pas vers l’Esplanade et l’hôtel Kämp, le Ritz d’Helsinki, où est descendue la partenaire en course du copain dans une suite très agréable, continuant notre promenade à travers le parc de l'Ancienne Église jusqu’à notre chambre d’hôtel, où il y avait du charme sinon le grand luxe.

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L'Ancienne Église

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Une partie du grand magasin Stockmann à Helsinki

Helsinki n'est pourtant préparé pour la chaleur — très peu de magasins avaient de la climatisat