« septembre 2003 | Main | novembre 2003 »

octobre 31, 2003

Gare aux recettes pour citrouille

Happy Halloween — en fait, ce n’est pas une « fête » très appréciée chez le copain et moi. Lui, il s’est fait agresser un soir de Halloween il y a plusieurs années dans l’East Village; il en résulte qu’on s’enfermera dans l’appartement ce soir à regarder quelques épisodes de « Six Feet Under » dont on loue les cassettes vidéo puisqu’on n’a pas le HBO. Et à manger des pâtes — oui, c’est le week-end du marathon de New-York. Hier soir on se trouvait à Times Square qui était plein de gens, des Européens et des Nord-Américains, en tenue de course à pied. Il faisait doux et il y avait énormément de monde dans les rues, on se bousculait gentiment, cela me rappelait un peu la ville d’avant les attentats, quand tout le monde se préoccupait de superficialités anodines comme où il fallait manger, chez où il fallait s’habiller, et ainsi de suite.

Article « important » (bon, je mens, c’est tout ce qu’il y a de plus trivial, mais j’avoue l’avoir lu avec intérêt) chez sfgate.com qui note la diminution de la fête importée de Halloween en France. Une directrice de marketing chez Flunch avait remarqué qu’elle s’en était rendue compte l’année dernière. « En outre » a-t-elle dit « il n’y a qu’un nombre limité de choses qu’on peut faire avec la citrouille. » Elle a raison. Je déteste la citrouille (comme aliment), et surtout la tarte à la citrouille que je trouve immonde par son goût, par sa couleur et par sa texture. La guimauve n’ajoute rien de bien mangeable à cette horreur culinaire.

Le plus choquant c’est que cela ne nous choque point : les véritables profiteurs de l’invasion de l’Irak sont les mêmes sociétés qui ont versé de l’argent aux coffres de l’imposteur Bush. Rien de plus à dire.

Voici pourquoi j’ai vraiment du mal à me fier jamais aux soi-disant « serviteurs de la chose publique » qui occupent pour le moment les places privilégiées à Washington. C’est une histoire assez drôle révélée en toute sa splendeur imbécile par le site « The Memory Hole » dont on parle beaucoup dans la carnetosphère américaine et ce matin dans un article à la une du Times. Mettons à part les évidences peu flatteuses sur les conditions de travail pour les avocats de minorités visibles, c’est-à-dire les femmes, les noirs, les asiatiques) que les employés d’Ashcroft ont essayées de supprimer du rapport préparé par la firme KPMG. Ils ont publié le texte du rapport en format pdf avec presque la moitié censurée par des rayures noires — moyen utilisé pour protéger des soi-disant secrets d’état dans les documents officiels rendus publics. Mais le type qui fait le Memory Hole savait que le texte entier restait « en dessous » de ces rayures — il l’a retrouvé et l’a publié en entier sur son site avec les rayures marquées en jaune. Alors, les minables automates du département de la Justice insistent que le document n’était jamais prévu à être lu par le public mais tout le monde voit très bien que les parties rayées ne consistent que de critiques du département et surtout de ces chefs. Il ne s’agit donc pas de la protection de secrets d’état mais seulement de la protection de leurs emplois. Et de ce côté c’est tellement pathétique, il n’y a plus rien à dire. Mais cela nous montre aussi le haut niveau technologique de ces fonctionnaires censés de nous protéger contre les terroristes malins. (Insérer soupir cynique).

La foire s’est bien passée hier et on a même réussi à vendre quelques tableaux. Le copain m’avait dit de le retrouver au kiosque TKTS dans le Times Square après avoir quitté la foire à 18 h 15 — ce que j’ai fait, en partenaire loyal. Je le trouvais dans la queue pour acheter des billets de théâtre au rabais — il voulait voir « The Boy from Oz » avec l’Australien Hugh Jackman (Wolverine de « X-Men ») mais moi j’ai préféré une nouvelle pièce anglaise qui s’appelle « The Retreat from Moscow » par le scénariste William Nicholson (qui s’est sûrement farci le porte-feuille de l’argent en écrivant le scénario du film « Gladiator » parmi plusieurs productions de la BBC — il tient aussi un « online diary »). Les personnages de la pièce étaient joués par l’Américain John Lithgow (son accent anglais n’était pas terrible), l’Anglaise Eileen Atkins et l’Anglais Ben Chaplin. Très très anglaise, la pièce présente des aspects difficiles et contradictoires d’un mariage qui se défait devant les yeux de « l’enfant » de 32 ans impuissant de changer les vies malheureuses de ses parents. Pas parfait, mais émouvant, et mieux que la télévision.

On a emmené la chienne Betty chez le nouveau vétérinaire aujourd'hui — elle avait un peu de fièvre (et il faut que le copain prenne sa température ce soir — je sors dans un instant chercher un thermomètre rectal chez le pharmacien !) On lui a donné une piqûre contre la maladie de Lyme et on lui a pris du sang pour le tester. Nous aurons les résultats lundi.

octobre 30, 2003

Avec des amis comme ça ...

Le vernissage d’hier soir (photos à suivre, peut-être) s’est assez bien passé — le copain est venu avec un ancien collègue de la banque et l’amie marchande detableaux, qui ont tous les deux achetés des entrées au vernissage au profit de l’association caritative Friends in Deed qui offre une aide gratuite aux gens atteints d’une maladie mortelle et à leurs familles (surtout pour le SIDA et les cancers) — cette organisation a été fondée par l’actrice Cynthia O’Neal (dont je n’ai pas réussi à trouver une photographie, mais elle habite dans l’immeuble célèbre le Dakota avec Yoko Ono, l’actrice Lauren Bacall et d’autres célébrités, qui se trouve au coin de la 72e rue ouest et Central Park West) et je connais (pas très bien) quelques uns des membres du conseil d’administration. Le directeur du conseil d’administration, le metteur en scène Mike Nichols, est venu avec sa femme, journaliste de la chaîne ABC, la très belle Diane Sawyer, mais je ne les ai pas vus — un jeune photographe très mignon d’aspect hispanique, assistant du photographe mondain Patrick McMullen (défiler en bas pour une photo de lui avec l’écrivain Tama Jamowitz) nous a expliqué comment il avait essayé de les photographier avant qu’ils ne partent mais en vain. On a vendu quelques tableaux pas chers. L’expo a fermé à 20 heures et on a pris un taxi pour rentrer chez nous. Le copain avait toujours faim et on est allé manger quelque chose au restaurant Florent, où on a bavardé avec le propriétaire éponyme (j’adore ce mot et j’ai rarement l’occasion de m’en servir) que je connais depuis des siècles. Je ne voulais pas tellement y aller parce qu’on s’est un peu brouillé il y a deux ans mais le copain a insisté, m’assurant (à tort) qu’il ne serait sûrement pas là — l’hôtesse sympa en coiffure chignon des années 60 (très groupe B-52) m’a accueilli en s’écriant « Mais c’est une réunion des vieux de la vieille ce soir » et en effet il était assis à deux tables de nous. Mais en fait c’était une bonne chose, on s’est dit bonjour tout poliment, il nous a prié sincèrement de venir prendre un pot chez lui, ce que j’ai accepté. Après un peu de pâté de campagne et une petite salade de lentilles — et de l’eau pétillante, toujours rien que de l’eau pour moi, tandis qu’autour de moi tout le monde se saoule gaiement. Il y a beaucoup d’« enablers » (mot de jargon psychiatrique de la toxicomanie à l'emploi souvent ironique et qui veut dire « ceux qui vous encouragent à faire ou à prendre des choses qu'on ne devrait ou qu'on ne veut pas ») dans mon monde actuel.

On est rentré chez nous et nous nous sommes couchés très vite. J’ai continué ma lecture du roman « The Folding Star » pour quelques pages avant de m’endormir. Ça recommence demain (c’est-à-dire aujourd’hui).

Selon la radio ce matin, l’économie américaine semble avoir fait un grand bond en avant, à un taux annuel de 7,2 %, ce qui rendra très heureux les Bushistes. Il paraît aussi, dans un article lié par Atrios, qu’il y aurait des mercenaires (américains et de d’autres pays aussi) en Afghanistan et en Irak. Je me souviens des mercenaires que j’ai rencontrés en Afrique — de jeunes Britanniques aux pommettes toutes roses en tenue de militaires d’aucun pays spécifique qui glandaient à boire des bières dans les bars des hôtels de Kinshasa avant de partir pour l’Angola. Curieux monde.

octobre 29, 2003

La bruyante rousse

Alerte Vedette Niveau B — en sortant avec Betty il y a une demi-heure j'ai failli être renversé sur le trottoir par la comédienne un peu spéciale Sandra Bernhardt qui traversait en hâte devant moi pour descendre l'escalier qui mène au bureau souterrain du dermatologue d'à côté. Elle m'a jeté un coup d'œil irrité ou surpris et j'ai tout de suite reconnu ce visage de jolie-laide aux cheveux rousses.

Ne criez pas, s'il vous plaît.

Ce n’est pas facile, la sobriété, et ce qui est pire, ce n’est pas très convivial — vérité confirmée hier soir quand nous sommes allés, le copain, l’amie marchande de tableaux, et moi, d’abord au vernissage à la Galerie Richard Feigen dans la 69e est, ensuite au restaurant Nello dans l’avenue Madison.

Le vernissage était pour une exposition d’une vingtaine d’assemblages en boîtes de l’artiste Joseph Cornell qui viennent du Robert Lehrman Art Trust. Je me demandais en effet d’où venaient ces œuvres puisque la succession Cornell est dans les mais de la galerie Pace Wildenstein — c’est l’amie marchande qui me l’a expliqué, en notant que l’exposition fera vendre le livre sur Cornell écrit par M. Lehrman ainsi que hausser la valeur des œuvres collectionnées. En plus, M. Lehrman, grand collectionneur d’art, a probablement fait les affaires avec le galeriste Feigen, qui lui rend alors quelque chose en faisant cette expo. C’est bien comme ça que ça marche. En l’occurrence j’y ai croisé quelques connaissances avec qui j’ai bavardé sur des riens.

Ensuite on est allé dîner au restaurant italien Nello, dans l’avenue Madison juste devant le magasin Hermès — c’était la première fois pour moi d’y entrer — moi je préfère dans ce quartier le restaurant La Goulue, situé à à peu près deux blocs plus au nord, mais bon, on était invité et on n'allait pas se plaindre. Mais j’ai eu des doutes quand le jeune Italien en complet gris m’a tout de suite demandé qu’est-ce que je voulais comme vin ? « Mais je n’ai pas encore vu la carte, » lui ai-je répondu un peu surpris. Ça avait l'air de l'ennuyer. L’amie marchande voulait boire — elle a commandé un vodka martini (avec de la Ketel One spécifié) et le copain un gin tonic. Rien que de l’eau gazeuse pour moi. Le type revient à la table insister encore pour le vin, mais je souris et l’ignore. De plus en plus de gens arrivent, ils ont plutôt l’air de faire partie de la mafia — des types en manteaux de cuirs, d’autres en cols roulés tout noirs, un peu sinistres à la Sopranos, les jeunes femmes trop blondes, trop maquillées, aux yeux avides de trouver quelqu’un qui leur payerait la vie qu’elles cherchent. La cuisine n’était pas mal, en fait, mais horriblement trop chère, $22 pour une entrée (très bonne) de carpaccio aux artichauts et cœurs de palmier et $39 pour le plat principal (très bon aussi) de filet de vivaneau à la sauce tomate aux olives. L’amie et le copain ont continué à boire — l’amie marchande parle de théories d’énergie cosmique et de karma quand elle est saoule. Le copain, lui, parle trop fort quand il est bourré — pourtant tout le monde criait dans le restaurant, c’était assourdissant dans la salle. Après les desserts, que j’ai refusés — je n’étais pas, je l’avoue, de très bonne compagnie ce soir — j’étais bien content de partir et de trouver un taxi dans la 5e avenue pour renter chez nous au Village. Une pluie fine crachait. On a sorti la pauve Betty, qui déteste la pluie.

Heureusement elle va un peu mieux aujourd'hui mais j’ai tout de même pris rendez-vous avec un vétérinaire dont la clinique n’est pas loin de chez nous et qui avait été recommandé par une voisine de quartier très attachée aux chiens. On y va le vendredi matin — il n’est pas là le jeudi — et il lui fera un examen complet.

octobre 28, 2003

Quand les bêtes souffrent

Ce n’est pas trop mal passé, la pose de tableaux pour la foire, à part une petite querelle assez brève entre un directeur de la galerie et une employée intérimaire. Je n’ai remarqué qu’une seule galerie française parmi les participants.

Betty la chienne ne se sent pas bien et malheureusement elle ne peut pas nous dire pourquoi. Depuis une promenade en pleine forêt qu’on a faite avec elle il y a quelques semaines on trouve sur elle des tiques des bois toutes pleines de sang. Ici on a toujours peur d’attraper ce qu’on appelle ici la maladie des tiques de Lyme — un village à 30 minutes de chez nous en voiture (et qu’on appelle en France la maladie de Lyme tout court). Cette maladie se manifeste surtout par des inflammations arthritiques pénibles, chez les chiens comme chez les hommes. Elle avait déjà été vaccinée contre cette maladie endémique chez nous mais les vaccinations ne protègent pas toujours contre l’infection. Ce qui est le plus embêtant c’est que son vétérinaire depuis 10 ans vient de fermer les portes de sa clinique ce mois. Il se trouvait au Tribeca et il était toujours très doux avec Betty qui a horreur des vétérinaires, bien sûr. Maintenant on ne sait plus chez qui aller — des amis nous ont recommandé un vétérinaire qui habite pourtant tout loin de chez nous dans le Upper East Side, pas du tout commode. Mais si Betty continue à sembler souffrir (en silence, mais elle n’a pas faim, même pas pour un biscuit) on va l’emmener chez le vétérinaire dans la rue Hudson, qu’on ne connaît pas.

Ce soir on va, le copain et moi et l’amie marchande de tableaux, à un vernissage à la Galerie Richard Feigen où l’on fête le centenaire de l’anniversaire de l’artiste Joseph Cornell. Après le vernissage l’amie marchande nous invite à dîner pour fêter le nouveau travail du copain.

octobre 27, 2003

Alors, vous pesez combien ?

Le paysage qui brûle en Californie du sud (gardez-vous bien, Monsieur Carion — ah, bon, il s’est réfugié à Paris, le malin) et la chaussée ensanglantée à Bagdad — c’est bien agréable, les nouvelles aujourd’hui.

Tout s’est bien passé aux réunions auxquelles j’ai participé ce matin — j’étais assis à côté d’une femme anglaise très élégante qui déteste Bush et tout ce qui se passe en Irak. On a parlé de la Révolution américaine et de la prohibition (« Ah, vous, les Américains, mais qu’est-ce qui vous prend avec de telles idées invraisemblables ? » m’a-t-elle dit en riant.)

Il a plu toute la journée. J’ai quitté la campagne vers 2 heures de l’après-midi — la pluie tombait à verse, surtout pendant que je conduisais sur le Merritt Parkway, où les égouts étaient souvent débordés. Tout le monde roulait lentement.

Le copain est en train de commander du papier à lettres avec l’en-tête qu’il s’est fait stylé par son ami graphiste. Il me demande mon opinion sur tout (par exemple « C’est pas la peine de mettre « web » avant l’adresse internet. Tout le monde sait c’que c’est. » et « C’est mieux de mettre « tel » comme abréviation que « phone ». »), mais je préfère me taire — c’est son truc, il doit faire les choix qui lui plaisent.

Demain je suis au Affordable Art Fair toute la journée pour la pose de tableaux dans le stand de la galerie. Le vernissage aura lieu mercredi soir.

On est en train de regarder une émission sur les ados obèses — le copain me menace de trouver mon indice de masse corporelle à moi. En plus il m'informe que son comptable le trouve trop « jeune » et il me demande s'il ne devrait pas mettre un peu de gris dans les cheveux « pour faire plus vieux ». Il est bien méchant, non ?

octobre 26, 2003

Un, deux, trois, quatre ...

J’avoue que j’aime bien le changement d’heure en automne — le « fall forward » qui nous donne une heure de plus au lit ou pour nous rendre au gym un peu plus tôt ou pour ranger une maison en désordre total parce qu’il y a des gens qui viennent chez nous pour une réunion du comité des publications d’une association bénévole dont je suis membre. Plus tard dans le salon remis en ordre on contemple la publication d’une série de journaux intimes d’une jeune femme qui datent de 1840 — la littérature féminine est très à la mode, surtout les rares témoignages de vie de femme du 19e siècle, qu’on a souvent négligés en faveur d’écrits d’hommes. Puis le copain doit présenter, pas chez nous mais dans la grande salle de l’hôtel de ville du village, le candidat démocrate pour maire de la ville où nous habitons (pas le village, mais la ville, oui, c’est compliqué en Nouvelle-Angleterre, où ces divisions politiques un peu illogiques qui datent du 17e et du 18e siècles abondent) — il n’est pas extra, à l’avis du copain, mais le candidat républicain n’est pas mieux. Le copain a pris le train ce soir. Moi je rentre demain.

L’attaque sur l’hôtel Al-Rachid à Bagdad ce matin semble avoir énormément surpris les autorités de l’occupation américaine. Mais on nous dit qu’il s’agissait ou de 29 roquettes de gros calibre selon Le Monde (et Al-Jazeera) ou de 8 selon le Telegraph de Londres ou de 8 à 10 selon le New York Times. Alors, les journalistes professionnels n’arrivent-ils plus à compter ?

octobre 25, 2003

Une stratégie qui réussira ?

Journée efficace mais sans grand intérêt du point de vue d’activités — une longue séance au gym, un peu de bavardage sur la politique locale, un épisode inconnu de « Farscape ». Je lis dans les carnets politiques (comme celui-ci ) que les Républicains comptent donner au mariage « gay » une part importante dans leur campagne présidentielle, surtout parce qu’ils ne peuvent pas compter sur une relance de l’économie ou sur une solution militaire ou politique en Irak. On va donc effrayer tout le monde en criant au blasphème et au manque de respect pour la religion et les valeurs traditionnelles. Tout ça me déprime assez, en fait. J’ai moi-même vu comment cela marche avec l’essor des Républicains dans le sud. Ils se sont constitués comme le parti de la réaction blanche contre les Démocrates, sous l’emprise, disait-on, des noirs et des juifs du nord. Et voilà que les votes électoraux des anciens états confédérés ont tous été donnés à M. Bush. Je sens que ça ne va pas être très édifiant, cette campagne à venir.

octobre 24, 2003

Tourisme de circonstance

Aujourd'hui j’avais une course à faire à Midtown, où j’ai pris ces photos, à l'exception de la première.

sixthavenue.jpg
Vue vers le sud (au fond se trouvaient les tours jumelles) de la 6e avenue

Il fait froid depuis quelques jours — un ciel d’hiver au-dessus de la Sixième Avenue hier après-midi.

bryantparkgrill.jpg
Aucune idée si la cuisine y est bonne ou pas, mais c'est beau de l'extérieur

En marchant vers l’est, j’ai passé ce restaurant, le Bryant Park Grill, qui se trouve dans le parc Bryant (espace WiFi) derrière l'édifice style Beaux-Arts de la Bibliothèque publique de New-York. Cela rappelle un peu des impasses perdues de Montparnasse, non ?

nypl.jpg
L'entrée principale de la Bibliothèque publique dans la 5e avenue

vuedela5eavenue.jpg
Vue vers le nord de la 5e avenue

promrockcenter.jpg
La Promenade du Rockefeller Center décoré avec des fleurs jaunes (ce sont des touristes français qui se font photographier au premier plan)

Ma course terminée, je suis retourné à la 5e avenue que j’ai montée pour aller vers la 51e rue. J’ai voulu faire un tour chez la Librairie de France, qui se trouve dans la Maison française du Rockefeller Center. Rien de très intéressant, tout y est trop cher, par exemple, le guide Hachette des vins 2004 coûte $79 (taxe non incluse) et on le trouve à 24,70 € chez Alapage (les frais de port non inclus). En plus il y avait une sorte de gros flic à l’allure désapprobatrice à surveiller les clients — très accueillant.

skatingrink.jpg
La patinoire

marcherockcenter.jpg
Le marché du Rockefeller Center

En rentrant vers la station de métro de la ligne 1 dans la 50e rue et Broadway j’ai passé la patinoire et le marché Rockefeller Center.

Ce soir c'est l'exode à la campagne comme d'habitude.

octobre 23, 2003

Y a-t-il un avenir pour le français ? Et lequel ?

Vu ma position linguistique un peu particulière dans ce petit coin de la francophonie je n’ai pas vraiment eu envie de me jeter dans les flammes ardentes des guerres de langue qu’on rencontre souvent dans la carnetosphère francophone, mais j’avoue qu’elles m’intéressent beaucoup. Je ne sais pas de quel côté je me pencherais si je devais choisir entre écrire dans ma langue natale pour un public un peu restreint (et alors attendre à ce que mes paroles de génie soient traduites en langues étrangères pour pouvoir être lues par le monde entier) et écrire directement dans la langue la plus répandue dans le monde actuel pour faire passer directement mes pensées géniales à tous ceux qui posséderaient des « notions » de cette langue. Par un hasard de naissance, je n’ai pas à faire ce choix. Mais pour le francophone de naissance, qui se sentirait plus à l’aise dans sa langue maternelle, doit-il laisser tomber sa langue en faveur de l’anglais ou doit-il insister à faire connaître son travail dans sa langue à lui qui aurait cependant une portée plus limitée dans les milieux où il désirait être lu ?

On parle de ce sujet dans cette interview intéressante dans le magazine Québec Science, par un lien trouvé chez World New York, qui avait noté le faible pourcentage (13,3% seulement) d’articles scientifiques en français publiés dans les revues de science en France.

Voici un extrait de cette interview avec le professeur Denis Monière de l’Université de Montréal :

— QS: La suprématie de l'anglais en science pourrait-elle s'expliquer par d'autres facteurs ?

— DM: Le choix de publier en anglais semble traduire une espèce de complexe d'infériorité culturelle. Derrière une apparente rationalité se cache l'effet d'un snobisme intellectuel par lequel on se donne l'illusion d'être admis au club de l'excellence mondiale... La culture anglo-saxonne dévalorise ce qui n'est pas en anglais et, sans trop d'états d'âme, le chercheur novice qui veut entrer dans la danse s'arrange pour maîtriser cette seconde langue.

Le professeur avait noté un peu plus haut dans l'article qu’« Avant la Deuxième Guerre mondiale, les grands savants - Pasteur, Poincaré, Einstein et les époux Curie - ont tous travaillé et exposé leurs résultats dans leur langue maternelle. La diversité linguistique n'était pas un obstacle au progrès des sciences. »

A-t-il raison ?

Sur un autre sujet, le copain et moi, nous sommes allés voir le film documentaire « Être et avoir » qui passe au Cinema Village dans la 12e rue est. Sympa, un peu lent. Moi j'ai aimé, le copain moins. Ce soir on va voir, avec l’ami galeriste, « Porn Theater » (mauvaise traduction, je trouve, du jeu de mots du titre « La chatte à deux têtes » — hé oui, on est tous les trois des vicieux) qu’on passe au Quad Cinema, tout près de chez nous. On dînera après — le galeriste m'a dit qu'il a perdu 6 kilos en suivant son régime « déalcoolisé ».

octobre 22, 2003

L'invisible, peut-on le combattre ?

C’est lamentablement prévisible, la mentalité chez certains politiciens disons zélés, aucunement pour la vérité mais seulement pour la réussite de leur programme politique, coûte que coûte. Je suis passé ce matin faire un tour au site de la BBC où j’ai trouvé cet article sur la parution en Allemagne d’une collection de photographies de victimes des bombardements alliés des villes allemandes pendant la Deuxième Guerre Mondiale. On a cité l’auteur de ce livre, l’historien Jörg Friedrich, qui a expliqué que Goebbels avait « interdit ces photos de nos victimes de paraître dans les journaux allemands. »

Cette remarque m’a rappelé (malheureusement) l’interdiction récente par l’administration Bush de permettre aux journalistes de photographier ou de filmer l’arrivée à la base aérienne de Ramstein en Allemagne ou à celle de Dover, dans le Delaware, de cercueils de soldats morts en Irak. Les faucons de la Maison Blanche seraient-ils en fait des cœurs sensibles ? Hélas, non. Voici une phrase révélatrice tirée de cet article : « The Pentagon has previously acknowledged the effect on public opinion of the grim tableau of caskets being carried from transport planes to hangars or hearses. » Donc, le plus important, c’est de ne pas laisser les gens voir à la télé ou dans les unes des journaux la vérité qui pourrait embarrasser les Bushistes.

Les habitués du gymnase à New-York sont assez différents de ceux de la campagne. Voici un petit exemple de cette différence. Ce matin à New-York j’ai vu un type qui faisait ses exercices avec un livre de poche, qu’il reprenait pendant les pauses entre séries pour le lire attentivement. Qu’est-ce qu’il lisait ? J’ai fait un effort discret de lire la couverture du bouquin sans vouloir, bien sûr, sembler draguer le lecteur (jeune hétéro, au moins je le crois, pas mal, mince, genre coureur intense) — c’était « Too Far to Go » de John Updike, un recueil de nouvelles apparentées que je n’ai jamais lu. A la campagne, par contre, on parle motos et pièces de rechange pour voitures. Et on ne lit mais jamais jamais !

octobre 20, 2003

Le devoir du citoyen (avec larmes de rire)

Très bonne séance au gym ce matin — j’ai fait attention à ne pas faire du mal à l’épaule droite en faisant des mouvements trop rapides. Il n’y avait que très peu de monde, donc pas de distraction.

J’ai faxé à Calgary les dernières ordonnances de l’amie écrivain pour ses yeux — son fils a fait des arrangements pour qu’elle achète dès maintenant ses médicaments au Canada, puisqu’ils coûtent la moitié qu’on les paye ici — cela va lui épargner des milliers de dollars. Les médecins, eux, s’en foutent où on cherche à remplir les ordonnances. Voilà le « miracle » du système de services médicaux dans un pays « libéral » dont les représentants sont dans les poches des grandes sociétés pharmaceutiques, qui essayaient en plus d’interdire aux Américains d’acheter leurs médicaments à l’étranger.

Ce soir j’assiste à la réunion régulière du Conseil municipal du village — c’est toujours très ennuyeux au début, c’est à la fin de la séance, quand tout le monde est crevé et a envie de rentrer chez eux, qu’on sort des choses intéressantes. À ce niveau, il s’agit plutôt de personnalités que de strictes lignes politiques — le maire est gay, jeune, très intelligent et démocrate et le village a voté pour lui à 95% — les Républicains n’ont même pas osé présenter un candidat contre lui dans les élections municipales. Il y a une conseillère républicaine (d’après la petite constitution du village, le parti gagnant n’a droit qu’à quatre des six sièges au conseil — les deux autres sont réservés aux candidats de partis différents qui ont obtenu le plus de voix après ceux qui ont gagné — donc, cette année, le Conseil municipal compte un maire et quatre conseillers démocrates (le maximum permis par la loi) et deux conseillers républicains) — cette conseillère républicaine doit avoir au moins 80 ans, elle est au conseil depuis vingt ans, elle n’a aucune patience, son point de vue habituel, prononcée dans sa voix exaspérée de grande dame yankee, c’est-à-dire, de la Nouvelle-Angleterre très spécifiquement, c’est « Damn it, it’s late, let’s get on with it and just do something » ce qui pourrait se traduire par « Nom d’un nom, c’est tard, dépêchez-vous enfin, on décide quelque chose et puis c’est fini. » Tout le monde rigole et on continue à suivre l’ordre du jour. Le conseiller responsable de la voirie est un beau gars très sympa mais pas du tout brillant. Il y a aussi un ex-restaurateur qui suit à peine les discussions, un directeur de l'infrastructure d'une université, qui fait, lui, très attention aux détails souvents pas très importants, et une infirmière qui n'habite plus dans le village. Les personnages de comédie légère, quoi ! Souvent il n’y a que moi dans la salle à écouter leurs délibérations et on me demande quelquefois mon opinion ou des éclaircissements. Voilà une sorte de démocratie à l’amiable.

octobre 19, 2003

La visite d'état (en cachette)

C'est bien décevant pour la Maison Blanche, mais il n’y aura pas de défilé triomphal pour M. Bush lors de sa première visite d’état à Londres en novembre prochain. Les autorités britanniques ont trouvé les risques de protestations massives trop grands pour permettre à l’imposteur et Sa Majesté la Reine le plaisir d’une procession officielle (dans le superbe carrosse doré ou dans une jolie Rolls Royce, je ne sais pas) dans le Mall du palais de Buckingham jusqu’à la résidence du premier ministre au numéro 10, Downing Street. Bush fera le trajet en hélicoptère. Nos alliés britanniques ne lui ont pas offert non plus l’honneur de faire un discours devant le Parlement, craignant un boycott de la part d’un nombre considérable de parlementaires.

La démission du président bolivien, M. Gonzalo Sanchez de Lozada, en faveur de son vice-président Carlos Mesa, n’a pas fait la une du « Times » d’aujourd’hui et j’ai l’impression que la plupart des Américains ne savent pas du tout de quoi il s’agit — c’est trop loin et l’Amérique du sud, c’est toujours la pagaille. Ce qui m’a surtout frappé dans cette histoire, que je ne me vanterai pas non plus de comprendre comme il faudrait, c’était la question du pétrole et du gaz naturel boliviens dont les champs ont été saisis en septembre dernier par les protestataires indiens. Les réserves boliviennes de gaz naturel viennent en deuxième position en importance dans toute l’Amérique latine, après le Vénézuela — un autre pays avec lequel les États-Unis ont eu des ennuis politiques récents et qui est aussi grand fournisseur de pétrole et de gaz aux É-U. Voilà une raison, dit-on, qu’il devient de plus en plus important de tenir sous la main le pétrole irakien. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est fascinant. En plus, après avoir démissionné, le président bolivien est parti pour les États-Unis, où il vivra, je le vois déjà, dans une grande résidence à Coral-Gables (une banlieue chic du Grand Miami) tout en complotant son retour victorieux (éventuellement assisté peut-être par ses bons amis à la CIA) au pays natal.

octobre 18, 2003

La vie en sursis

Ce matin je suis allé comme d’habitude au gymnase, où les dieux du lieu se sont assemblés un par un, habillés en vêtements d’entraînement A&F et American Eagle très amples (le moulant c’est pour les filles seulement). Je procède à mon programme d’exercices. Tout d’un coup je remarque un type qui entre dans l’énorme salle de muscu (en fait un hangar réaménagé, donc il y a beaucoup de place, même avec une panoplie de machines et les longs supports à haltères) — je le connais de vue. Il est bien bâti, porte un débardeur délavé et des écouteurs. Il a une coiffure beaucoup plus chic et soignée que celles portées par les autres, qui ont très souvent le crâne rasé ou les cheveux coupés ras à la façon des militaires ou des policiers. Et il est gay. C’est très intéressant de le regarder dans ce milieu particulier de la masculinité souvent exagérée — ici ce n’est pas du tout comme à New-York, où les hommes et les femmes gays sont souvent majoritaires dans les gymnases. Ce qui est curieux, c’est qu’il connaît tout le monde — et les autres le saluent aussi mais il s’entraîne toujours en solitaire, à part. Les autres s’échangent des plaisanteries, des histoires de copines ou de boulot — pas lui. Mais il n’est pas comme moi, qui suis un « étranger » de passage dont on ne tient aucun compte. Quelques-unes des rares femmes l’approchent pour lui dire quelques mots. Mais après quelques mots il retourne à ses exercices. C’est à ce moment-là que je l’ai reconnu comme un « pédé maison » — c'est le type que tout le monde connaît depuis très longtemps, qu’on sait qu’il a des « tendances » selon certains douteuses, mais qu'on aime bien parce qu’il est plutôt sympa, il n’a jamais fait du mal à personne, il sait se tenir dans la société « décente », il ne paraît pas « comme ça » ou bien, pas trop. C’est l’étranger qu'ils se permettent, les normaux, pour un certain temps dont la durée n’est pas fixe et qui peut être résiliée à tout moment. Cela m’a fait penser à deux cas un peu semblables : celui d’abord des Juifs de cour, utiles aux princes et donc permis de vivre exempts des lois discriminatoires de l’époque en Allemagne. Et ensuite celui de chez nous, du « house Negro », esclave domestique « privilégié » dans les plantations du Sud de l’Amérique, par opposition aux esclaves agricoles, les « field Negroes ». Cela me rappelait aussi les histoires des Juifs dans l’Allemagne d’avant la deuxième guerre mondiale — les habitants des villages ne voulaient pas qu’il arrive de mal à leurs « Juifs » à eux, qu’ils connaissaient depuis toujours, mais voulaient bien par contre qu’on les débarrasse des Juifs « méchants » des villes.

Le type du gym est parti pendant que je faisais le simulateur d’escalier.

octobre 17, 2003

Le mauvais goût

Irrité par la « victoire » gagnée par Bush et ses acolytes à l’ONU hier, j’ai oublié de dire combien notre visite au cabaret était pénible — l’artiste, un blond avec un embonpoint un tout petit peu trop bourgeois pour quelqu’un qui prétendrait chanter les blues, nous a divertis pendant une heure et demie avec des chansons originales, des chansons interprétées originalement par Nina Simone, des chansons pas originales un peu country (il a joué au banjo électrique). Il faisait en chantant et en jouant à la guitare des grimaces pleine d’une douleur exagérée. On a applaudi poliment les solos et les riffs qui n’avaient pourtant rien de spécial. Mais bon, je reconnais qu’il faut du courage pour se mettre devant des spectateurs à chanter et à jouer aux instruments. Et en plus il avait du talent — sa voix était agréable et il n’a jamais chanté faux — mais il était bien trop maniéré dans sa présentation. On s’est sauvé après quelques félicitations obligatoires pour dîner au restaurant Joe Allen (l’original), à deux pas du cabaret. Là j’ai pris une salade de poulet (toujours pas d’alcool, c’est sain mais c’est aussi très très ennuyeux) et j’ai dit bonjour à quelques acteurs pas très célèbres de ma connaissance qui dînaient là.

On s’est quitté, moi et le copain et les amis qui nous avaient invités au cabaret et qui rentraient à pied à leur appartement dans le Central Park South, vers 22h30. Le copain et moi, nous sommes allés à la 42e rue pour prendre le métro à la 7e avenue — en allant à la station on s’est arrêté à un grand kiosque à journaux où j’ai acheté le dernier numéro d’Elle à table et de Demeures et Châteaux. Ouais, ouais, je sais, c’est tout ce qu’il y a de plus déplorable dans un goût de pédé bourgeois très suspect — mais j’ai des amis parisiens qui fournissent des articles de table au magazine culinaire et cela me fait plaisir de voir le nom de leur boutique dans la rubrique « Nos Adresses ». Pour l’autre, c’est un plaisir quasi-interdit (c'est bien moi qui me l'interdis — très SM des deux côtés, n'est-ce pas?) de contempler les photos en couleur d’une « superbe propriété du début du XVIIIe siècle » en Normandie et de rêver de la vie qu'on pourrait y mener — de toute façon, on va le mettre sur la table de chevet dans la chambre d’amis à la campagne. La belle-mère du copain le dévorera (ses parents sont en Angleterre en ce moment, à visiter de belles demeures georgiennes dans la campagne autour de Londres.)

octobre 16, 2003

Ça va pas, non ?

Quelquefois c’est tout simplement la taille énorme du problème qui me désespère. Voici un général américain, tout récemment nommé secrétaire adjoint à la défense, qui se pose publiquement la question : « Why is this man [Bush] in the White House? The majority of Americans did not vote for him. Why is he there? And I tell you this morning that he’s in the White House because God put him there for a time such as this. » [Pourquoi est-ce que cet homme se trouve dans la Maison Blanche ? La majorité des Américains n’ont pas voté pour lui. Pourquoi est-il là ? Et je vous le dis ce matin qu’il est dans la Maison Blanche parce que Dieu lui a mis là, pour un moment tel que celui-ci.] Ce militaire s’occupe de la soi-disant guerre contre le terrorisme, qu’il catégorise comme une sorte de guerre de religion genre Ancien Testament — c’est mon dieu qui est le plus fort, vous verrez, et hop, « Élie répondit et dit au chef de cinquantaine : Si je suis un homme de Dieu, que le feu descende des cieux et te dévore, toi et ta cinquantaine ! Et le feu descendit des cieux, et le dévora, lui et sa cinquantaine » (du second livre des Rois, verset 10, chapitre 1) et tout le reste. C’est complètement dingue, bien sûr, mais il y en a sûrement beaucoup comme ce général-là, tous confortablement installés partout dans la société américaine. C'est la folie religieuse institutionnelle.

Ça fait deux semaines maintenant qu’on n’a plus les chaînes ABC et CNN aux téléviseurs du gymnase — je me suis finalement forcé à demander à une responsable pourquoi on ne les avait plus. « Oh, on les aura encore dans quelques jours, je crois. » « Combien de jours ? » « Désolée, je ne sais pas exactement. » Je fronce les sourcils. « J’en ai marre, » je lui dis alors, « d’avoir deux téléviseurs pleins de Fox devant moi. » Elle a l’air de ne rien comprendre. « Je vous en reparlerai demain, quand vous aurez la réponse, okay ? » je lui dis en quittant son bureau.

Mais les gens sont vraiment trop trop gros ! Dans un article provocateur et intéressant que je viens de lire dans le magazine du Times de dimanche dernier, l’auteur et professeur Michael Pollan explique que la crise d’obésité actuelle vient des subventions offertes aux grands producteurs de céréales aux É-U.

« Cheap corn […] is truly the building block of the ''fast-food nation.'' Cheap corn, transformed into high-fructose corn syrup, is what allowed Coca-Cola to move from the svelte 8-ounce bottle of soda ubiquitous in the 70's to the chubby 20-ounce bottle of today. Cheap corn, transformed into cheap beef, is what allowed McDonald's to supersize its burgers and still sell many of them for no more than a dollar. Cheap corn gave us a whole raft of new highly processed foods, including the world-beating chicken nugget, which, if you study its ingredients, you discover is really a most ingenious transubstantiation of corn, from the cornfed chicken it contains to the bulking and binding agents that hold it together. »

Un peu plus loin : « Such cheap raw materials also argue for devising more and more highly processed food, because the real money will never be in selling cheap corn (or soybeans or rice) but in ''adding value'' to that commodity. Which is one reason that in the years since the nation moved to a cheap-food farm policy, the number and variety of new snack foods in the supermarket have ballooned. The game is in figuring out how to transform a penny's worth of corn and additives into a $3 bag of ginkgo biloba-fortified brain-function-enhancing puffs… » Ah, les bienfaits du marketing, par McDonalds ou par Fox, dans une société qui se plaît à avaler de plus en plus de calories et de mensonges sans vouloir pourtant se rendre compte ou de l’ignorance ou de la corpulence qui en résultent automatiquement. Le rejet volontaire de la responsabilité personnelle — comment faut-il réagir à un pays où la majorité des citoyens rejettent la vérité et la maîtrise de leurs appétits ?

Il y a certains Européens qui profitent de l’absence de fermeté alimentaire chez nous — le pâtissier milanais Sant’Ambroeus ouvre sa nouvelle pâtisserie/confiserie/café à deux pas de chez nous — ils avaient fermé la succursale de la Madison Avenue il y a quelques années. C’est bien trop chic pour le quartier, il me semble, et ses voisins les plus proches seront les habitués de la réunion des Alcooliques Anonymes qui a la salle d’à-côté. Ça va nuire aussi à la petite épicerie palestinienne où les alcolos prennent leurs cafés avec quatre ou cinq sachets de sucre.

Et pour terminer ce billet de mauvaise humeur, je trouve que c'est quand même assez lâche des Français, des Allemands et des Russes de permettre le passage du projet de résolution américain à l'ONU ce matin. Cette résolution servira à l'administration de justification publique de son intervention. L'administration dira à qui l'écoutera que le monde entier a donné son appui à l'intervention militaire en Irak. À mon avis, ce genre d' « unanimité » faussée nuit beaucoup plus à l'importance réelle de l'ONU qu'une dispute véritable et justifiée basée sur des principes de loi internationale. Mais, bon, j'suis pas diplomate, moi.

octobre 15, 2003

Envolons-nous vers la lune

Bravo à l’astronaute chinois Yang Liwei pour son excellent voyage spatial !

Bravo à l’UE pour résister toujours aux pressions gouvernementales des producteurs nord-américains de bœuf aux hormones ajoutés (et encore avec les données scientifiques à l’appui.)

La réunion d’hier soir a eu lieu de 19h30 jusqu'à 23h45 — il y avait des gens qui gueulaient, des avocats qui hésitaient, des gens qui s’excusaient. Des moments de drame imprévus et des résolutions à l’aimable où l’on s’attendait à de grandes bagarres.

la42erueouest.jpg
Vers le bureau du comptable

J’ai dû aller chez le comptable pour signer des documents d’impôts — il se trouve à Midtown pas très loin de Times Square. Tout le monde se protégeait contre le gros vent qui est arrivé hier soir.

timessquare42ndst.jpg
La 42e rue et Broadway

vuedubureaucomptable.jpg
La vue de la salle de conférence du bureau du comptable, au 17e étage

timessquarenord.jpg
Je suis allé dans le Times Square pour chercher un distributeur Chase pour me payer une carte de métro

De retour à Manhattan, le copain a voulu passer chez Apple à Soho pour un de ses nouveaux clients qui pense changer de PC à Mac. En rentrant chez nous on a mangé quelques « rouleaux » indiens de poulet et de bœuf tikka.

salledeconferenceapple.jpg
La salle de conférence au 1er étage de la boutique Apple à Soho

Ce soir on va dans une véritable boîte de nuit pour écouter le fils d’un couple qu’on connaît un peu de la campagne. Ça s’appelle Danny’s Skylight Room dans la 46e rue ouest, en plein milieu du quartier des théâtres. Le type est chanteur jazz, je crois, et je n’ai aucune idée comment cela se passera. Je suis assez fatigué et j’espère que je ne m’endormirai pas à table.

octobre 14, 2003

De la beauté variable

Dans sa première journée de travail « personnel », j’ai laissé le copain s’affairer tout seul à la maison pendant que je suis allé au gym. J’avais un rendez-vous à 11 heures à discuter avec le président de l'association bénévole et un autre à propos du comité dont j’avais démissionné comme chef en juillet — le nouveau chef m’a demandé s’il avait eu tort d’accepter la fonction. Je lui ai souri : « Peut-être. » C’est un financier retraité, il a l’air raisonnable et intelligent. Mais je m’en fous, je lui ai expliqué tout à fait clairement pourquoi j’avais décidé à me retirer d’une situation où je ne voyais aucune résolution acceptable au conseil d’administration actuel et aussi aux grands donateurs.

Je suis ensuite passé chez une amie pour bavarder un peu de tout — elle et son mari ont soumis un plan de rénovation de leur maison au village dont on va faire la critique officielle ce soir devant la commission de l’urbanisme et de l’aménagement du village. C’est toujours un des éléments les plus contentieux dans la vie quotidienne au village — le « droit » du propriétaire d’aménager la maison comme bon lui semble. Ici, ce droit est quelque peu restreint, ce qui rend les « libertairiens » et les républicains fous furieux. A Houston, par exemple, la réglementation urbaniste n’existe presque pas — tout le monde peut faire qu’il veut, et ça se voit. Ici, tout est « mignon mignon », dans le meilleur goût historique, avec nos petites maisons en bois du 18e et 19e siècles — l’architecte Frank Gehry ne serait sûrement pas le bienvenu chez nous !

maisonblanche.jpg
C'est bien ça, la bonne architecture correcte du pays !

Mais comme tout le monde le sait, la beauté se trouve dans l’œil de celui qui la regarde, donc les gens se livrent à des batailles incroyables dues aux idées variées de la beauté architecturale. D’où vient, bien sûr, le plaisir d’assister à ce genre de « théâtre vivant ».

octobre 13, 2003

A propos de, euh, rien

J’ai tenu bon : je n’ai pas bu une goutte chez l’amie écrivain malgré le fait que je m’ennuyais à mourir — je me suis bien rappelé alors combien l’alcool sert de moyen à supporter de longs moments d’ennui. On était tous des amis, il y avait pourtant quelque chose d’inhibé, de retenu dans les conversations, qui manquaient donc d’intérêt véritable. La cuisine était bonne — un potage à l’oseille de son jardin pour commencer, du porc rôti, des légumes, une salade de frisée et une compote de rhubarbe comme dessert, la frisée et la rhubarbe venant aussi de son jardin.

tableamieecrivain.jpg
La table dressée chez l'amie écrivain

Dimanche matin il pleuvait. Le copain est parti courir tandis que je suis allé m’exercer dans la salle de muscu du coin. De retour à la maison, la pluie cessée, on est allé tous les deux avec Betty la chienne à l’inauguration d’une nouvelle réserve naturelle de 25,5 ha dont le copain avait donné un peu d’argent pour l’établissement (il est trop bon, n’est-ce pas ?) C’était assez sympa et après quelques mots de remerciements de la part de la directrice de l’organisation on a fait avec Betty et une ancienne directrice d’école pour filles de New-York une courte promenade (bien boueuse) dans la petite forêt maintenant protégée.

A cinq heures je suis allé avec des amis à une représentation de Così Fan Tutte, chanté en anglais par une compagnie locale — je ne m’attendais pas à grand-chose mais c’était vraiment pas mal, surtout pour une petite compagnie qui ne donne qu’une représentation par an — ils « importent » les chanteurs pour les rôles principaux et ceux-là sont des professionnels de l’opéra régional ou quelquefois de l’Opéra de la ville de New-York. Le théâtre est une petite église convertie en salle de spectacle à l’acoustique admirable. C’était une surprise et un plaisir.

Aujourd’hui j’ai couru (oui, oui, j’ai attrapé un peu la maladie) pendant 45 minutes — très lentement, donc pas très loin. Mais bon, c’est un début. A midi on est allé chercher l’amie écrivain pour l’emmener à un « cocktail » donné à la mémoire d’un type mort il y a une semaine à l’âge de 95. C’était un des pédés historiques du village, un artiste avec un sacré caractère, en fin de compte assez désagréable, qui croyait qu’on le trouvait hétéro en dépit du manque de femme et de la présence pendant 48 ans d’un « petit ami » anglais avec qui il a vécu. Quand même. Quelqu’un a lu un beau passage du bhagavad-gita sur la mort et puis d’autres ont offert quelques souvenirs du défunt, le tout sous un ciel bleu extraordinaire. Il y avait beaucoup à manger et à boire, mais on n’est pas resté longtemps.

automnecommence.jpg
L'automne commence pour de vrai

L’entrepreneur général de bâtiment vient nous voir cet après-midi pour nous apporter le devis pour la restauration de notre hutte pourrie — ça va être la crise d’argent ! Mais il faut le faire.

J’ai appris aujourd’hui deux petites nouvelles économiques un peu inquiétantes (pour nous Américains) : dans la première, il s’agit d’une décision prise par la Russie de fixer le prix de son pétrole en euros — un changement qui ne fera certainement pas la joie à M. Bush ou à son secrétaire à la finance, je crois. Dans la seconde, j’ai lu que, malgré la hausse récente de valeurs boursières, les initiés ne semblent pas portés à acheter les valeurs de leurs propres sociétés. Au lieu d’acheter leurs valeurs, ils en vendent, à un taux assez remarquable. Pourquoi ?

octobre 12, 2003

Ah, les façons qu'on se permet des fois ...

Ce morceau m’a fait sourire en l’entendant dans la voiture où j’écoute les cassettes pendant le voyage :

— As-tu vu les façons que Swann se permet maintenant avec nous ? dit Mme Verdurin à son mari quand ils furent rentrés. […] Je dirai ma manière de penser à Odette, j’espère qu’elle comprendra.

Et elle ajouta encore un instant après, avec colère :

— Non, mais voyez-vous, cette sale bête ! employant sans s’en rendre compte, et peut-être en obéissant au même besoin obscur de se justifier — comme Françoise à Combray quand le poulet ne voulait pas mourir — les mots qu’arrachent les derniers sursauts d’un animal inoffensif qui agonise, au paysan qui est en train de l’écraser.

(Du côté de chez Swann, p. 285, Tome I, Pléiade)

Une méchanceté sublime de la part de l’auteur envers Mme Verdurin et qui me rapproche indirectement de l’élégant M. Swann. (Ça fait du bien surtout quand on est train de conduire une vieille Honda sur une autoroute pleine de BMW, de Mercedes, de Volvo — la voiture officielle de l'état de Connecticut, et de ces énormes VTT.)

octobre 11, 2003

La politique dessinée

eglisejudson.jpg
Vue de l'église Judson du square Washington

Hier soir, au lieu de nous mettre dans la voiture pour aller à la campagne, on s’est décidé à rester en ville vendredi soir pour pouvoir assister à une conférence donnée par un autre carnetier, le dessinateur de bandes dessinées politiques Tom Tomorrow, qui habite Brooklyn. La conférence, organisée par le groupe FAIR (Fairness And Accuracy In Reporting), avait lieu dans une petite salle de l’église Judson, qui se trouve au sud du square Washington, au milieu d’immeubles qui font partie de l’université de New-York. Il y avait une trentaine de personnes à se réunir dans la petite salle — le dessinateur n’est pas un conférencier « expert » — on se rend vite compte qu’il est un artiste qui préfère travailler dans la solitude et non pas parler publiquement de ses sources d’inspiration. A la fin de la conférence il a répondu à plusieurs questions techniques (il dessine à l’aide de Photoshop sur un écran spécial) et puis il a signé quelques exemplaires de sa nouvelle collection de bd « The Great Big Book of Tomorrow ».

tomtomorrow.jpg
Le carnetier Tom Tomorrow à la conférence d'hier soir (désolé pour la mauvaise qualité de la photo, mais je n'ai pas voulu me servir du flash)

On est rentré chez nous à pied en se promenant à travers le Village, où il y avait beaucoup de monde à circuler dans les rues et à manger dans les restaurants. Nous nous sommes arrêtés à un petit restaurant japonais dans la 7e avenue où nous avons commandé des shu mai, du negi maki, du rouleau californien (pour moi) et des nouilles (pour le copain). On a fait un court détour chez la boutique de vidéo pour louer une cassette de quatre épisodes de, hé oui, « Sex in the City » (le copain l’aime bien).

On part à la campagne dans une heure. Il y a un grand dîner chez l’amie écrivain, j’apporte le pain, qu’on va acheter chez Pastis et qui vient de la boulangerie Balthazar, annexe du restaurant sœur de Pastis tant apprécié par gVgVsse lors de sa récente visite à New-York.

octobre 10, 2003

L'ivrognerie in the City

Il y a Sarah Jessica Parker qui se promène ce matin devant chez nous dans un court manteau fleuri assez laid avec une drôle de coiffure, les cheveux dressés en forme de melon qui donne l’effet d’une sorte de crâne de plus. Certes elle est mince et aux traits fins. Elle descend (et redescend) l'escalier devant son « appartement ».

Le copain est rentré hier soir à 2 heures du matin, tout à fait bourré. On avait commencé à « célébrer » son départ au Bubble Lounge à Tribeca à 17 h 30. Il m’avait appelé des WC à 19 h 30 en disant qu’on allait lui faire une présentation. « Have fun » je lui ai répondu, installé comme je l’étais sagement devant le téléviseur à regarder un épisode un peu forcé (du point de vue humour) de « Will and Grace » (où le rôle de la mère divorcée de Will est joué par Blythe Danner, mère de Gwyneth Paltrow). Le copain me rappelle alors à 21h30 — il est audiblement saoul, je lui conseille de penser à rentrer, il est d’accord. A 23 heures c’est une voix de femme au téléphone — elle a un accent légèrement asiatique — elle me dit qu’elle travaille chez Morgan Stanley et m’explique qu’elle trouve le copain très beau, très sexy, qu’elle a envie de « faire quelque chose" avec lui. Elle est saoule aussi. Je lui dis « Bon, vas-y, mais renvoie-le chez lui quand tu en auras terminé, ok ? » Elle fait semblant de ne pas m’avoir compris. Je lui dis « Good night » et raccroche. Ça continue. A minuit et demi on m’appelle d’un bar à gouines apprécié par un des fêteurs — « Non, non, je suis au lit, je ne sors pas » j’insiste, ce qui est d’ailleurs vrai, la chienne couchée à mes côtés. C’est vers 2 heures que j’entends le son de la clé qui rentre dans la serrure — Betty, enfoncée sous le lit, aboie sourdement son alarme au bruit. Je me lève. Tout beau en costume foncé, il ne peut plus se tenir debout, il chancelle, il titube contre un mur, tout en tenant un gros sac bleu et rouge de la J&R. Il se dégringole vers le salon où il tombe sur le canapé. Mais qu’est-ce qu’il pue l’alcool ! Malgré sa condition — ou bien à cause d’elle — il a grande envie d’ouvrir le cadeau d’adieu qu’on lui a fait. Je le laisse dans le salon et la bête et moi, nous rentrons dans la chambre à coucher. Après quelques minutes, je n’entends plus rien — le voilà sur le sofa, qui fait tout à fait le faune Barberini à la Glyptothek à Munich, sauf en costume. Je le prends et l’emmène avec difficulté dans la chambre — c’est un poids mort qui gémit — où je le dépose sur la couette. J’enlève les chaussures et les pantalons — je laisse la chemise, les chaussettes et tout le reste. Il est inconscient et ronfle. Ah la la, la belle vie en couple !

barbfaun.gif
Tu n'veux pas venir te coucher dans le lit, chéri ?

Tout bêtement j’ai manqué l’émission « truth, war and consequences » de Frontline hier soir — je l’ai complètement oublié en regardant les niaiseries comme « Friends » et « Scrubs ». On pourra le voir en ligne à dès demain. J’ai aussi continué à lire le roman « The Folding Star » (1994) de l’auteur anglais Alan Hollinghurst, dont j’avais apprécié « The Swimming-Pool Library » (1988). Ça faisait des années que j’avais acheté ce bouquin qui traînait toujours dans la bibliothèque parce que Hollinghurst n’est pas un écrivain très facile d’abord. Il se sert d’un langage très châtié, à la fois contemporain et littéraire, qui peut rebuter. Des amis à Londres connaissaient un peu l’auteur qu’ils voyaient dans des milieux gays de la capitale — il travaillait au Times Literary Supplement pendant des années. « The Folding Star » a été considéré pour le prix Booker. L’écriture dans ce livre est vraiment très belle, impressionnante:

« It was dark on the stairs, dark in the room at the top, but the darkness there was like the darkness in films, where sleepers lie in blue shadow ; »

C’est l’ombre bleue des dormeurs qui m’a surtout frappé, la « nuit américaine » des cinéastes. L’histoire, qui se passe en Belgique (déjà chose curieuse, n’est-ce pas ?), dans une ville néerlandophone qui ressemble à Bruges ou à Gand, est assez curieuse. Conservateur par son style, moderne par ses sujets, M. Hollinghurst a plein de talent.

Mlle Parker est maintenant en train de se faire filmer dans la banquette arrière d'un taxi équippé de toutes sortes d'appareils photo avec l'amie salope (à la complexion un peu verdâtre, vraiment). Il faut que je sorte l'animal.

octobre 09, 2003

Il fait beau

Il fait un temps délicieux, ensoleillé mais pas trop chaud, idéal pour les déjeuners sur les terrasses de cafés au long de la 4e rue. Ce soir on offre au copain un « cocktail de départ » pour fêter sa démission. Je n’y irai pas. Je ne me suis presque jamais mêlé à sa vie d’affaires — je suis de temps en temps sorti avec lui en compagnie de quelques-uns de ses collègues pour prendre une bière mais pour les réunions officielles de la boîte, je n’ai jamais eu envie d’y participer. D’abord, ce sont de vrais geeks de bureau avec qui je trouve que je n’ai pas grand chose à dire. Si je leur disais par exemple que personnellement je n’aime pas tellement le courriel, ils me regarderaient avec une incompréhension aussi complète et confuse que comme si je leur informais que je cachais chez moi des martiens réfugiés, qui se sont fait un camp dans le placard, le mien, mais pas dans celui du copain, parce que lui il trouve que les martiens, ça fout la pagaille dans les étagères à chemises de monsieur. Bon, c’est un peu pour ça que je reste à la maison.

On tourne des épisodes de « Sex in the City » dans notre rue ce soir. Je croyais qu’ils avaient terminé tout ça. Je vais peut-être aller chercher une vidéo et quelque chose à manger.

M. Bush a fait un discours devant un public choisi de militaires et de familles de militaire au Nouveau-Hampshire —