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novembre 30, 2003

Faut savoir se mettre en avant

Dans la carnetosphere politique americaine (par exemple, ici et ici) on parle de plus en plus d’un effort de la part de l’entourage du « Resident » Bush de detourner l’attention mediatique du voyage de la senatrice Clinton a Kaboul (ou elle a rencontre Hamid Karzai avant d’aller a la base aerienne de Bagram pour le diner de Thanksgiving avec des soldats americains) et a Bagdad (ou elle a eu le culot meme de rencontrer quelques Irakiens) par la visite eclair du Simplet lui-meme a Bagdad le jeudi dernier. On dit que la Maison blanche avait ete averti du voyage de Mme Clinton en fin septembre et que c’etait le fameux Andrew Card, secretaire general de l’administration et l’homme qui avait avise Bush de l’attaque sur les Tours jumelles dans la salle de classe en Floride – sans pour autant obtenir une reaction d’inquietude de la part du chef d’etat (on a bien vu le film de ce jour-la), qui avait suggere a Bush l’utilite mediatique d’une courte etape en Irak pour contrer l’effet Clinton. Que c’est typique.

La poule au pot d’hier soir a ete assez reussie – de toute facon c’etait nettement meilleur que la premiere fois qu’on l’ait essaye, meme sans les pieds de veau (qu’on ne trouvera jamais ici – ah la la, une cochonnerie bien francaise, ca – je ne vous decrirai pas la tete du boucher dans le supermarche quand je lui ai demande hier s’il avait des pieds de veau) pour lesquels on a substitue un morceau d’ « osso bucco »).

Je m'excuse pour le manque d'accents mais je tape ce billet sur l'ordinateur (quelle horreur, je sais) PC du copain et il est tout simplement bien trop difficile de trouver comment faire pour ajouter les accents.

novembre 29, 2003

Je suis malheureux sans mon ordinateur

Mon gentil ordinateur à moi s’ayant donné de jolies vacances en Californie, je suis obligé de me servir du petit Mac placé dans la section « Kids » de la petite bibliothèque du village. (J’avais essayé d’utiliser le PC du copain — il y en a trois en effet, d’âges variés, chez nous — mais c’est tellement anglocentrique, le Word pour PC, on n’arrivait pas à trouver un moyen de mettre des accents — donc, déplacement vers la bibliothèque où je me suis installé dans le sous-sol avec plein de petits enfants bruyants autour.)

L’orage prévu hier soir est arrivé vers 2 heures du matin avec un vent terrible qui secouait la maison avec tant de bruit qu’on s’est levé finalement vers 6h30, ne pouvant plus dormir. Le copain est allé faire de la course à pied avec sa partenaire, malgré le vent qui allait jusqu’à 70 km/h (j’ai des photos de la mer fouettée par le vent que j’espère publier dès que je pourrai). Nos amis viennent dîner chez nous ce soir — le copain a insisté que je fasse encore une poule au pot — c’est facile à préparer et il l’a aimé, tant mieux. On est allé acheter des échalotes et des poireaux, ainsi que quelques bouteilles de Beaujolais-Villages, le vin recommandé pour ce plat dans l’Encyclopédie Larousse. On avait trouvé hier une tarte aux poires dans une pâtisserie à New-York pour le dessert.

Je viens de passer une heure au téléphone à bavarder avec l’amie écrivain sur tout et n’importe quoi — elle était toujours au lit à midi, elle déteste le vent. Elle se demande si elle devrait aller aux funérailles qui auront lieu ce mercredi à 10 heures d’une femme qu’elle a connue pour plus d’un demi-siècle mais qu’elle n’aimait pas. Assister à la cérémonie lui semble tout ce qu’il y a de plus hypocrite, mais d’autres amis lui conseillent d’y aller, lui disant que le nombre d’années d’une connaissance et une reconnaissance de la réalité sociale dans un petit village prévalent sur des questions purement personnelles d’aimer ou de ne pas aimer quelqu’un. Je dîne chez elle demain (je lui apporte des saucissons à l’ail du Jefferson Market tout près de chez nous à New-York qu’elle ne trouve pas ici à la campagne.)

Excellents épisodes de « South Park » hier soir — il y avait une version tout particulière de la pièce sur Helen Keller, « The Miracle Worker » mis en scène par Cartman, d’un mauvais goût délicieux, ainsi que celui de Satan obligé de faire un choix de petit copain entre le très mauvais Saddam en cuir et le très chiant Chris tout gentil, tout niais.

novembre 28, 2003

Acheter ou ne pas acheter, voilà une question

Demain, le 29 novembre, c’est la Journée sans achat. Je me demande si on peut aller au marché pour acheter de quoi manger — on n’a rien dans le garde-manger à la campagne (on y va dans quelques minutes.)

On a mangé notre dîner de Thanksgiving dans la salle à manger élégante d’un club féminin dans la Park Avenue — du saumon fumé, de la dinde rôtie, une tarte aux pecans, le tout avec un Sancerre acceptable. La belle-mère du copain ne se sentait pas bien donc on ne s’est pas attardé après le café.
Le soir le copain et moi nous sommes allés à pied au cinéma Sunshine dans la rue Houston est pour voir Les triplettes de Belleville qui vient de sortir ici. Est-ce méchant que les habitants de Belleville soient tous aussi gros? Cela m’a fait sourire de voir le gratte-ciel impressionnant du French Wine Center comme centre criminel de Belleville. Pour le reste, j’ai adoré les numéros des triplettes, j’ai pas tout à fait compris l’histoire du cycliste, personnage curieusement plat, pathétique. La salle était pleine à deux tiers, pas mal pour une soirée de Thanksgiving. Les rues étaient plutôt désertes. Le copain et moi, nous avons fait tout le trajet de la rue Bleecker, de son début au Bowery jusqu’à chez nous, la rue Perry, où l’empire de Ralph Lauren continue à s’établir. Hier soir j’ai remarqué qu’on était en train d’aménager un ancien restaurant en boutique Polo. Ah, le faux chic, on a dû mal à y résister, paraît-il.

novembre 27, 2003

Désolé pour la pause inattendue

C’était la deuxième fois que le portable avait planté dans la même heure — mardi soir, lorsque je travaillais sur un document GoLive. Comme d’habitude j’ai essayé de le remettre en marche en poussant sur le petit bouton à droite — en général ça marche très bien, mais cette fois, rien. Le copain s’y est appliqué. Toujours rien.

Le mercredi matin, la veille de Thanksgiving, je me suis donc rendu à 9 heures moins le quart devant la porte du magasin Tekserve dans la 23e rue à attendre l’ouverture à 9 heures. Une Brésilienne à l’allure intense (cheveux châtains longs, lunettes austères, sans maquillage) m’a dévancé à la section service. De toute façon, la jeune assistante avec qui j’ai finalement parlé m’a expliqué que la plaquette électronique avait sauté — mon petit portable fait le voyage actuellement vers la Californie pour se faire soigner. J’avais oublié bien sûr comment me retrouver dans le menu MovableType, mais le copain m’a fait rappeler mon mot de passe, et voilà, j’arrive à publier, depuis un ordinateur étranger.

Je ne sais pas si j'arriverai à publier des photos de Thanksgiving, mais on verra. Demain à la campagne.

novembre 25, 2003

Une chanson-madeleine

Trop de travail aujourd’hui, surtout trop de choses un peu désagréables parce que fastidieuses, quand je n’avais pas tellement envie de m’y appliquer. Manque d’air, peut-être. Je ne suis sorti qu’une fois. J’ai téléchargé trois chansons d’iTunes — c’est fou comme c’est commode et facile, même pour le dinosaure que je suis. C’est surtout les connexions imprévues qui me donnent l’idée d’aller voir si iTunes a une chanson particulière. Aujourd’hui j’écoutais la radio publique où il y avait une émission sur un film tourné par un Irlandais dont je ne me suis pas souvenu du nom — mais il avait mis une petite fille irlandaise dans le film et à un certain moment elle a commencé à chanter la chanson mélancolique « Desperado » écrite par Don Henley et chanté d’abord par les Eagles et ensuite par beaucoup d’autres chanteurs. En écoutant la belle voix de la fille qui chantait, je me suis rappelé un moment curieux qui m’est arrivé il y a longtemps, quand j’étais étudiant à Paris. Il faisait tard, et je suis entré seul dans un magasin de disques dans les Champs-Elysées. Là tout était vif et brillant, plein de monde, pressé, très urbain, un peu dur — tout d’un coup je me suis rendu compte que j’écoutais « Desperado » chanté par une voix que je reconnaissais — une voix très américaine, douce, un peu country. C’était Linda Ronstadt, et je me rappelle combien sa voix m’a ému dans ce magasin de disques anonyme, dans un pays étranger, dans un monde où, jusque-là, je n’avais pas pu suivre la recommandation lyrique des paroles de la chanson : « You better let somebody love you, before it’s too late. » J’ai finalement acheté la version de Linda Ronstadt et la version originale des Eagles. Est-ce peut-être trop facile ?

novembre 24, 2003

Je ne sais pas trop comment réagir à la nouvelle de la fermeture de navire.net. Je trouve d’abord que c’est une perte considérable pour le monde de carnets francophones, encore assez restreint. Le site qu’a créé Laurent il y a à peu près un an avait un accent bien particulier : c’était intelligent, engagé, souvent provocateur. Son auteur n’a pas eu peur d’incommoder les bons sentiments de la carnetosphère bien-pensante, dont il a à plusieurs reprises critiqué, quelquefois assez sévèrement, des habitants très connus. Navire.net s’est érigé fièrement en refus carnetier à ceux qui auraient voulu s’accaparer à grands cris le discours politique francophone dans le nouveau moyen de communication que sont les carnets web. En plus, il n’était pas ennuyeux. On ne savait pas ce qu’on allait y trouver en passant chez navire.net, c’est pourquoi pour moi c’était un toujours plaisir de cliquer sur l’hyperlien pour découvrir quel point de vue insolite il aurait signalé — à l’heure du petit déjeuner new-yorkais ou montréalais (pour ne pas dire san-diégain) Laurent aurait déjà pondu à l’heure de Paris un billet plein d’humour, de sensibilité et de substance. Égoïstement, je sais que cela va me manquer beaucoup.

En effet, tout ce que j’écris ici est complètement égoïste, je le reconnais. Laurent a bien le droit de cesser la vraie corvée qu’est maintenir presque quotidiennement un carnet en dépit des obligations de travail et de famille, des changements d’humeur personnelle. Je comprends tout cela et cependant je ne peux pas dire que je sois content que navire ferme — il n’y a toujours pas un excès de voix lucides, originales et élégantes. En perdre même une est plutôt grave.

Pourtant, je le savais — depuis le grand billet de retour de sa croisière, j’ai senti, comme bien d’autres l’ont fait aussi, un mécontentement nouveau, une sorte de frustration et un manque de plaisir dans l’acte d’écrire un billet dans le carnet. Il y avait aussi le problème à peine résolu du Petit Lapin obligé de rentrer chez lui.

Quand Laurent remarque son carnet n’était plus lui, il a tort. C’était seulement un autre lui, aussi réel que celui qui avait commencé le carnet, mais différent par les effets du temps. Un « lui » qui était beaucoup apprécié. (On peut bien se moquer du blogomat de Weblogues.com mais c’est une donnée imparfaite comme une autre et malgré les « tricheries » de classement éventuelles signalées par Mediatic on voit bien que navire.net est placé très haut dans la liste — une place qu’il mérite tout à fait, à mon avis.)

Quand j’ai lu le billet de Laurent qui annonçait la fermeture de navire.net, j’ai tout de suite pensé au début du poème extraordinaire « East Coker » de T S Eliot : « In my beginning is my end. » Le début de chaque chose, de chaque tâche, de chaque individu, contient sa fin. Je pense que c’est une idée empruntée de la religion hindoue, mais je ne suis pas certain. C’est tellement simple qu’il serait facile d’oublier que c’est bien vrai : quand on commence, il y aura invariablement une fin. Même pour les carnets.

Mais le poète termine son œuvre avec l’inverse, vraie aussi. « In the end is my beginning. » Voici la dernière strophe du poème.

« Home is where one starts from. As we grow older
The world becomes stranger, the pattern more complicated
Of dead and living. Not the intense moment
Isolated, with no before and after,
But a lifetime burning in every moment
And not the lifetime of one man only
But of old stones that cannot be deciphered.
There is a time for the evening under starlight,
A time for the evening under lamplight
(The evening with the photograph album).
Love is most nearly itself
When here and now cease to matter.
Old men ought to be explorers
Here or there does not matter
We must be still and still moving
Into another intensity
For a further union, a deeper communion
Through the dark cold and the empty desolation,
The wave cry, the wind cry, the vast waters
Of the petrel and the porpoise. In my end is my beginning.
»

Navire est mort. Vive navire.

novembre 23, 2003

Une nouvelle triste

J’ai oublié de dire combien ça m’a donné le froid au dos quand j’ai lu le reportage sur ce qui est arrivé aux corps des militaires américains à Mosoul. C’est la Somalie de nouveau. Je me demande comment on va le « traduire » dans les journaux de demain.

Quand le petit copain fait des choses qu’il ne dit pas

Non, non, c’est pas de ça qu’il s’agit ici, mais seulement qu’on découvre que le petit copain, énormément supérieur à moi en connaissances technologiques, a oublié de dire qu’il s’est servi de ton adresse de courriel et d’un mot de passe qu’il a depuis longtemps oublié pour se faire télécharger une chanson d’iTunes de la boutique Apple. Moi je suis très vieux jeu — j’ai longtemps résisté au passage de disques en vinyle aux disques compacts et je n’avais aucun intérêt à télécharger des chansons pour les remettre dans mon vieil iPod (cadeau du petit copain, dont mon manque d’enthousiasme pour l’appareil l’a assez vexé). Donc je n’ai jamais eu de raison pour me balader chez iTunes

Ce matin pourtant il m’était arrivé de bien vouloir passer chez iTunes voir s’ils avaient une chanson particulière. On s’était levé assez tard — moi j’étais en bas, à côté de la cuisine, à boire mon café matinal et à lire des carnets et des sites d’actualités, et lui, il s’était retourné au lit d’où il regardait, confortablement installé sous la couette, les bandes animées (telle Futurama et SouthPark — l’épisode sur les Mormons est à ne pas manquer, c’est tellement politiquement incorrect !). Moi j’écoutais en même temps France Inter où il y avait une Américaine qui racontait (dans un français pas mauvais du tout) quelque chose de pas trop intéressant, à vrai dire, mais alors, tout d’un coup, on a commencé à jouer une chanson country qui m’a beaucoup plu — « I’m movin’ on » était le refrain, je ne connaissais ni le chanteur ni la chanson. Je me suis donc décidé d’aller voir si je ne pouvais pas retrouver la chanson chez Apple. J’ai tapé mon nom, mon adresse courriel, j’ai utilisé un mot de passe dont je me sers souvent — voilà qu’on m’informe que mon non et mon courriel ont déjà été pris ! J’essaie de nouveau de les faire passer dans le formulaire d’inscription. Non, non, ils ne sont pas disponsibles. Un tout petit peu soupçonneux, j’appelle au copain « Hé, tu t’es pas servi de mon nom pour commander des trucs chez i-Tunes ? » Silence de quelques instants, puis j’entends la réponse langoureuse d’en haut. « Peut-êêêêtre. » Ah, voilà ! « Et alors, qu’est-ce que t’as mis comme mot de passe alors ? » Pause. « Chais plus » me répond-il. « Va te faire envoyer le mot de passe par Apple. » Merci bien pour la suggestion obligeante ! Je le fais, pourtant, et je « rectifie » alors mes coordonnés chez iTunes, où j’arrive à retrouver la chanson que je voulais. Je l’ai même achetée (pour 99 centimes) — je me sens comme si je suis enfin entré dans le 21e siècle aujourd’hui. Le copain cependant me considère toujours aussi arriéré en dépit de mon progrès technologique.

Ses parents ne sont toujours pas arrivés chez nous — je ne serais pas du tout surpris d’un coup de téléphone pour annuler la visite. On s’est assez bien amusé hier soir — pas extra. On est allé prendre un dernier verre (dans mon cas, de la vodka) dans notre restaurant préféré où l’on connaît le barman et la propriétaire — il y avait pas trop de monde, dont un grand jeune qu’on connaît et qui nous a expliqué son projet d’obtenir un passeport irlandais (il a, ou avait, un grand-père né en Irlande) pour pourvoir obtenir ensuite un permis de travail européen. Il en a marre de Bush et a envie aussi de voyager et de vivre à l’étranger. Je connais un autre type, originaire de Long-Island, qui a réussi lui aussi à obtenir un passeport irlandais à cause de ses origines.

novembre 22, 2003

La vie au ralenti

Il fait doux et beau aujourd’hui, tout le monde en parle comme de quelque chose d’extraordinaire. Il l’est peut-être, je ne me rappelle plus.

On est arrivé hier soir, la circulation du week-end commence à diminuer et on n’a pas eu de problèmes. Ce matin j’ai dû me lever un peu tôt pour aller chez la présidente du comité d’activités publique de notre petite société historique locale. On était convoqué pour une réunion chez elle à 9 heures précises. Heureusement elle avait préparé du café et il y avait un grand plat de pâtisseries sur la table du salon. On était quatre. On m’a confié la tâche pas énorme de me renseigner sur combien il coûterait de louer un petit car touristique pour faire une visite organisée de, par exemple, cimetières dans le coin, ou un tour de lieux d’intérêt dans l’histoire de l’immigration portugaise à la région.

Plus tard on a déjeuné avec la partenaire en course à pied du copain venue exprès au village pour la réunion de ce matin. Elle nous a dit qu’on avait accepté leur offre d’achat de l’appartement à Manhattan. Maintenant il leur faudra passer devant le comité de l’immeuble pour approbation — chose facile pour eux mais gênant pour le mari, qui n’apprécie pas ce genre de critique personnelle.

Activités mondaines ce soir — d’abord un cocktail chez une voisine divorcée (et réfugiée temporaire de Manhattan, où son ex habite toujours) et ensuite un dîner entre amis et sans cérémonie chez une amie. Demain les parents du copain arrivent ; ils vont voir une maison — la belle-mère du copain a toujours la fièvre de l’immobilier.

(C'est pas gai en Géorgie, paraît-il. Qu'est-ce qu'il va faire, M. Poutine?)

novembre 21, 2003

Une photo oubliée

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Ce type habillé en militaire tenait tout seul sa pancarte anti-guerre au milieu du West Side Highway. Non, ce n'est pas beaucoup, mais c'est bien un début, et cela m'a fait plaisir.

Marchons à pied

On a marché à pied hier soir jusqu’à la rue Harrison, où se trouve le restaurant Chanterelle. Il faisait beau et il ne nous a fallu qu’une demi-heure pour y aller. Sobre sans être particulièrement chic, le restaurant se veut un des meilleurs restaurants de New-York. Le personnel y est très soucieux, mais le service m’a paru un peu faux, un peu trop soigné — quand les entrées nous ont été présentées, tous les serveurs se sont assemblés derrière les chaises pour pouvoir mettre les plats devant nous au même moment. Une chorégraphie excessive, à mon avis. La cuisine était bonne — moi j’ai commencé avec une mousse de pigeonneau au genévrier et aux grains de poivre verts suivie d’un jarret de veau rôti délicieux avec des tout-petits choux de Bruxelles et des carottes. Notre hôte avait commandé un très bon Bandol pour accompagner mon jarret. Lui et sa femme, la partenaire en course à pied du copain, sont en train d’acheter un appartement à New-York — nous les avons encouragés à regarder dans le quartier des rues 60 aux environs de l’avenue Park mais finalement ils n’ont pas tenu compte de nos suggestions de domicile (pourtant correctes) et ils ont fait une offre d’achat pour un appartement dans la 87e rue et l’avenue Madison, au 23e étage. Si l’offre est acceptée, ils devront passer devant les membres du conseil d’administration de l’immeuble (dans les « co-ops » ce sont les habitants eux-mêmes qui déterminent ceux qui sont permis d’acheter un appartement dans l’immeuble) pour une approbation (il n’y aura sûrement aucun problème, mais c’est comme faire une visite chez le dentiste : l’imaginer est bien pire que le faire.

La revue The Atlantic vient de publier un article très intéressant écrit par le financier George Soros où il exprime à mon avis une opinion très sensible sur l’actualité politique américaine. Il doit bien faire peur aux néo-cons dans la Maison blanche — il est intelligent et il est riche.

Il a fait très beau aujourd’hui — vers la fin de l’après-midi le copain, Betty et moi, nous nous sommes promenés un peu dans le quartier. Quelques photos de notre promenade :

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Voici un café dans la 7e avenue où il n’y a jamais personne. À l’autre côté de l’avenue il y a des cafés qui sont pleins de monde.

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La 7e avenue avec l'hôpital St-Vincent à droite

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Deux façades ensoleillées dans la rue Perry au Village

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La rue Washington

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L'entrée élégante à une colonne conçue par l'architecte Richard Meier pour un des deux immeubles de la rue Perry et le West Side Highway

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Au bord du fleuve Hudson depuis le parc des berges

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Vue du sud de l'île de Manhattan — l'ancien emplacement du World Trade Center — le World Financial Center est sur la droite

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L'énorme immeuble Westbeth — logements pour artistes (et la chanteuse Grace Jones) — à gauche, et une ancienne usine aménagée en lofts en dessous de la tour de l'Empire State Building, où habite le scénariste Paul Rudnick

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Le parc à chiens de la rue Morton dans le parc littoral du fleuve Hudson

novembre 20, 2003

La ronde du quartier

C’est la faute de l’amie marchande de tableaux, c’est bien elle qui m’a mené à l’excès dans lequel je me suis gaîment sombré. On a commencé à Agave, un restaurant mexicain où l’on nous a servi des margaritas bleues. Ensuite on est passé au bar de Hué, restaurant franco-viêtnamien branché dans la rue Bleecker (on a passé une grande partie de la panne d’électricité en août dernier à table sur le trottoir devant ce restaurant à côté d’un des patrons, Karim Amatullah) — tout le monde y était trop jeune, trop beau, trop hétéro. De là on s’est rendu à Tangerine, restaurant thaï autrefois un cabaret, pour terminer nos pérégrinations nocturnes à Marie’s Crisis, envahi on ne savait pas trop pourquoi par de vieux hétéros en couples qui ne connaissaient pas les paroles même des chansons les plus fatiguées de Broadway telle « Maria » de West Side Story mais qui insistaient tout de même à hurler ensemble une version péniblement atonale.

Ce soir on est invité à fêter l’anniversaire de la partenaire du copain en course à pied dans un restaurant très connu (et très cher) où je n’ai jamais mangé : Chanterelle.

Tout ceci me semble de bien peu d’importance vu ce qui s’est passé aujourd’hui à Istamboul — je suis content qu’il y ait eu autant de manifestants à Londres. L’histoire sordide de Michael Jackson me rend triste — pour lui, pour les enfants, pour un pays qui prête une trop grande attention à de tels sujets misérables.

novembre 19, 2003

De tout et de rien

De retour à Manhattan, où il fait gris mais chaud — à la radio on donnait des avertissements de « possibilités de tornades » en New-Jersey. Si seulement ça arriverait… il y aurait alors moins de ces grosses bagnoles aux plaques jaune pipi (avec la fausse devise : « New Jersey — The Garden State ») qui se garent gratuitement dans les rues du Village. J’ai passé une bonne heure à parler sites web avec la femme du nouveau médecin du village qui est elle-même créatrice de sites web (elle utilise Dreamweaver) — elle s’occupe d’un site pour une association bénévole avec laquelle je me suis brouillé (oui, ça m’arrive) inscrit chez register.com toujours à mon nom et pour lequel j’ai le mot de passe (oublié depuis longtemps puisqu’il y avait un autre type, un vrai geek des geeks, qui s’occupait de la mise à jour du site tandis que c’était moi qui lui donnais le texte et les images.) Mais elle était charmante et on s’est bien amusé à se raconter des histoires sur les véritables connaissances technologiques des habitants du village.

On vient d’appeler l’amie marchande de tableaux pour lui demander si elle voulait sortir avec nous ce soir. (Elle nous a téléphoné pour accepter l'invitation.)

J’ai terminé lundi soir le livre sur la faillite d’Enron « The Smartest Guys in the Room ». Dans l’épilogue, les auteurs notent qu’aucun des personnages décrits dans le livre ne se considère coupable d’avoir triché.

La décision prise hier par la Cour suprême du Massachusetts sur la question du mariage homosexuel semble avoir surpris tout le monde. On n’est toujours pas sûr de ce que cela pourra donner dans le domaine social, mais c’est clair que les républicains vont s’en servir pour souligner « l’immoralité » des démocrates dans les élections à venir.

Et qu’est-ce qui arrive au dollar ? Il n’y aura plus de visites éclair à Paris, c’est sûr — ah, je me souviens bien des jours où l’euro valait seulement $0,81 — quand tout semblait une bonne affaire !

Le beaujolais nouveau arrive chez nous demain — le Times est plein de pubs pour le vin, dont ce site présenté par l'importateur Georges Dubœuf.

novembre 18, 2003

Quand les bobos se révèlent

Une journée occupée de devoirs sans grand intérêt mais nécessaire — le dîner hier soir avec l’amie écrivain était un succès, on est resté dans sa cuisine à bavarder jusqu’à 23 h. Elle avait préparé une sorte de sauce mayonnaise un peu piquante pour les petites crevettes rose foncé du coin, qu’on ne trouve ici qu’en automne, et cependant pas n’importe quand — on les pêche, on nous dit, en eaux profondes et très froides — mais c’est peut-être aussi une histoire fabriquée par nos pêcheurs locaux mythomanes pour se faire payer plus cher ces crevettes, mais de toute façon, elles sont très bonnes. Ensuite on a eu le poulet rôti que j’avais apporté chez elle où je l'ai découpé (madame ne prend que des morceaux de blanc de volaille). On l’a mangé avec la mayonnaise et une salade de frisée cultivée dans son jardin. Pour terminer ce repas familier elle a sorti du frigo un grand pot de glace au café qu'elle adore. On s’est amusé à parler de l’art, d’artistes qu’elle avait connus (Gorki, Duchamp, Eugène Berman, Tchelitchew) à New-York dans les années 40. On s’est même révélé quelques traits personnels secrets, tel son peu de goût pour Pollock, mon ennui devant la peinture de Matisse, sa préférence en fin de compte pour la représentation et son aversion simultanée pour les partisans de ce goût souvent réactionnaires, mon indulgence personnelle pour certains tableaux de Puvis de Chavanne.

Ce soir j’assiste à la réunion mensuelle de la commission d’aménagement urbain du village — après tout, c’est du spectacle gratuit — qui commence à 19h30. Ça les gêne souvent quand il y a des gens dans la salle à suivre leurs délibérations, mais c’est exactement ça, mon rôle de citoyen (ils ne savent pas ou ont oublié cependant que je vote à New-York, donc je n’ai aucun pouvoir réel que moral ici — mais on n’a pas besoin de le souligner.) J’écoute, je fais quelques notes, ils s’inquiètent, on rentre chez soi.

Pour ceux qui ne l'ont pas encore visité, le photocarnet de Laurent à biogue.com vaut le clic pour ses photos drôles, belles, parisiennes, franciliennes, gastronomes, paysagistes, urbaines et tout le reste. Comme on le devine de son carnet navire.net (lié par la quasi-totalité des carnets francophones), il a la sensibilité fine, raffinée et ouverte au monde, trait reflété dans son regard photographique.

novembre 17, 2003

Un œil pour un œil, et d'autres poncifs

Malgré toutes les précautions, on a déjà réussi à s’infiltrer dans l'enceinte du château de Buckingham (trouvé chez Steve Gilliard). Discrète, elle portait en plus une veste fluo (bien sûr pour ne pas se faire remarquer en surmontant un mur de 6 mètres).

Toujours à Londres on va s’amuser à faire du « moblogging » pour s’informer sur les pérégrinations exactes de Bush (qui essayera de se cacher de manifestations contre sa politique). Un essai qui se promet d’intérêt sur de nombreux aspects technologiques autant que politiques. Voici le site « Chasing Bush ».

Ce petit film nous rappelle des raisons pour ne pas oublier ce qui s’est passé en Floride en 2000. Ah, que c'est beau, la démocratie à la bushienne (merci à la Suburban Guerilla).

C’est peut-être bien un peu mesquin mais je ne vois pas pourquoi l’Union européenne devrait se porter en adulte dans ces histoires de revanche méritée. Bush se dit partisan du libre-échange, mais ça ne l’empêche pas de taxer les importations européennes quand cela lui gagnera des voix. Les Européens devraient le lui rappeler (et vous savez, ils réagissent, ces Bushistes, à des preuves de pouvoir de ce genre).

Je dîne ce soir avec l’amie écrivain. Le copain est rentré à New-York après la cérémonie religieuse et le déjeuner de noces auxquels on a assisté aujourd’hui. La mariée a 75 ans, le mari 83. Profondément amoureux l’un de l’autre, ils se sont portés des toasts tournés en déclarations d’amour si tendres et douces qui ont failli faire pleurer de joie tous les quarante invités.

novembre 16, 2003

La bienséance de famille

Hier soir le copain et moi nous sommes allés dîner chez ma mère mais comme elle déteste faire la cuisine, c’est nous qui avons apporté de quoi faire un petit repas — des lentilles vertes « du Puy » (sauf qu’elles ne viennent probablement pas de pays-là et donc sont en infraction au décret du 23 septembre 1999 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Lentille verte du Puy ») mais bon, des carottes, des oignons verts, de grosses saucisses cacher, de la salade et comme dessert du tapioca au lait en boîte (hé oui, et c’était pas facile du tout à trouver au supermarché), que je croyais que ma mère en avait parlé favorablement. Ma mère avait son whisky, le copain buvait son gin tonic — il est ensuite monté installer Panther sur l’ordinateur qui fait peur à ma mère — plus tard dans la soirée elle admettra qu’elle n’ose pas l’allumer — et moi je prépare les légumes. Ne buvant pas d’alcool, je me trouvais moins enclin à me bagarrer avec ma mère sur les sujets conventionnels : Bush, les républicains, la guerre en Irak, et ainsi de suite. Le repas était mangeable (déjà quelque chose), on était poli, ma mère a indiqué qu’elle allait faire le dîner de Thanksgiving avec ma sœur et des membres de la famille de son gendre (insérer ici un grand soupir de soulagement) dont un est un Marine retourné de… Viêt-Nam, a-t-elle dit. « Vous voulez dire retourné de l’Irak, n'est-ce pas, maman ? » lui ai-je dit, souriant méchamment. « Ah, oui, oui, de l’Irak » elle se hâte de se corriger. « Vous n’êtes pas la seule à faire cette erreur » je lui fais remarquer avec plaisir. Mais voilà, c’était tout, je n’étais pas plus méchant que ça. Plus tard elle a révélé qu'elle déteste le tapioca au lait, un dessert qui lui fait remonter des souvenires désagréables de ses années en pension en Virginie.

Ce matin j’ai lu avec une certaine résignation impuissante ce même article dont Olivier a fait le sujet de ce billet. J’espère bien que ça apprendra à la Reine de se faire forcer par le Canichon d’inviter chez elle des gens d’une telle impopularité. Je serais menteur si je ne l’avouais pas que j’espère qu’il y aura des manifestations immenses et perturbatrices à Londres contre le Simplet™ (nom pris à c'est chez nous) dans la semaine à venir. Qu’on ne me déçoive pas !

novembre 15, 2003

On veut croire que c'est vrai, c'est tout

« It’s not as if Enron employees were laughing at the gullibility of the outside world. Certainly there were executives who worried about the company’s financial maneuvers, but the vast majority of people who worked for Enron simply assumed that the Global Finance team and Enron’s accountants at Arthur Andersen — not to mention the stock analysts and credit analysts — knew what they were doing and that there was nothing for them to worry about. Some skeptics in individual units, like EES, saw that their own part of the company was struggling. But even they assumed that elsewhere at Enron things were humming along nicely. »

The Smartest Guys in the Room, p 239

« Does it need to be said that there was almost nothing to back up the hype ? »

Ibid, p 292

« A majority of Americans believes that the Bush administration went to war precipitously on the basis of incorrect assumptions. An overwhelming majority believes that the administration portrayed Iraq as an imminent threat, while a majority believes that the administration did not have evidence for this and that it was not in fact the case. »

Lire la suite chez Whiskey Bar.

Triste répétition d’un trait national de crédulité mal placée. (Et mes sincères excuses pour tout l’anglais que je n’ai pas le temps d’essayer de traduire.)

novembre 14, 2003

On ne peut pas avoir tort

Il est évident que l’administration Bush craint surtout les effets électoraux d’une débâcle militaire prolongée en Irak. Il n’y a chez eux aucun souci pour le bien-être du peuple irakien, aucun regret pour la pagaille qu’ils ont faite dans les vies de millions de gens, aux États-Unis comme au Proche Orient, et ailleurs. Ils ne pensent qu’à se sauver la peau, et à cette fin bien définie ils se serviront de tout moyen qui leur semblera utile : le mensonge, le fameux révisionnisme genre « Mais, que dites-vous, on n’a jamais dit ça ! Vous l’avez mal compris, c’est tout » en dépit des preuves dans les documents », le changement de but genre « Nous avons envahi l’Irak pour sauver le peuple tyrannisé par Saddam. Alors, quoi, vous aimez les tyrans, vous ? », les excuses à peine croyables genre « Les Irakiens nous aiment bien, ce sont seulement des hommes à Saddam qui nous tirent dessus » ou bien « C’est la faute d’étrangers venus en Irak nous combattre ». Comme l’a déjà remarqué dans ce billet très à propos de la carnetière de Bagdad Riverbend, la plupart des membres du soi-disant Conseil intérimaire de gouvernement irakien, choisi par nous Américains, n’assistent même pas aux réunions convoquées par l’administrateur américain, car ils se trouvent souvent à l’étranger. Alors, on va finalement transférer le pouvoir en Irak à qui ?

Personnellement je ne crois pas qu’on peut ou doit quitter l’Irak comme ça — on n’avait pas le droit d’y aller, mais puisqu’on a dévasté le pays et ses organisations politiques et civiles, on a le devoir moral d’essayer de le reconstituer. Moi j’accepterais avec plaisir et soulagement un transfert de pouvoir temporaire à l’ONU, qui s’occuperait d’une éventuelle remise de pouvoir aux autorités irakiennes agréées et légitimées par l'ONU. Dans ce plan, tout le monde pourrait aider à reconstruire ce pays, et cela nous permettrait de sortir de ce bourbier à l’allure tout à fait impérialiste et égoïste. Mais franchement, je ne vois aucune possibilité que l’administration accepte une telle issue. L’opération Fer de marteau continuera à faire tomber les bombes dans les quartiers de Bagdad, les soldats se feront sauter par les mines, les Bagdadis se cacheront chez eux à attendre la fin des hostilités, et les politiciens américains essayeront de tout nier devant un public de plus en plus sceptique. Déprimant, car si inutile.

Ce soir à la campagne pour un week-end pas trop chargé.

novembre 13, 2003

Le dîner surprise

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La 5e avenue hier soir

Hier soir on a fait la foire un peu — j’avais organisé un dîner surprise pour fêter un anniversaire « important » du copain dont le vrai anniversaire est en août, période difficile pour faire réunir des gens — (je n’ai pas pu en parler ici parce qu’il lit ce carnet de temps en temps — en traduction Google.) Tout s’est assez bien passé et on est ressorti dans la 5e avenue vers 11 heures du soir à la recherche d’un bar gay dont l’ami galeriste avait entendu parler. On l’a trouvé dans la 58e rue est, on y jouait de la musique techno, il y avait au sous-sol un danseur musclé qui ondulait dans une sorte de cage devant une piste vide. On n’y est pas resté longtemps. Nos compagnons se sont alors décidés de rentrer chez eux, tandis que le copain et moi, nous sommes allés à l’Oak Room dans l’hôtel Plaza (ancien lieu de rencontre célèbre d’homosexuels dans les années jusqu’aux années 70, quand les femmes n'y étaient pas permises avant 15 h). On a terminé notre beuverie à XL, où l’on nous a taquinés pour nos cravates (pas grave).

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Dans les vitrines du magasin de mode Barneys le malin Simon Doonan crée des hommages visuels aux personnages de « Sex in the City » — voici la vitrine Carrie

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Hommage à Miranda

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Devant le magasin DKNY dans l'avenue Madison et la 60e rue

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L'avenue Madison la nuit — les buildings fantômes

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Les sacs de papier à recycler

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Travaux souterrains

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Le bar qu'on a visité

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Le bar de l'hôtel Maritime dans la 9e avenue (non, on n'y est pas entré — on passait devant en route pour XL)

Aujourd’hui on allait doucement doucement — on est allé à J&R acheter Panther suite à toutes les recommandations que j’ai lues dans les carnets. Il faisait beaucoup de vent — une bizarrerie météorologique dont on nous avertissait sans cesse à la radio. Ce soir on s’est fait livrer deux pizzas délicieuses (voici la carte — sur la mienne il y avait plein d'anchois, de jalapeños, d'oignons, d'ail et de pepperoni), le copain joue au WarCraftIII, on va regarder un peu de télé et on se couchera très tôt.

novembre 12, 2003

Ça commence, les réprésailles

On s’est réveillé ce matin à la nouvelle de l’attentat contre les policiers militaires italiens (on compte 17 Italiens morts à présent (chiffre qui s'est élevé depuis à 18 selon le Corriere della sera) dans le sud de l’Irak. Le vizir Bremer s’était précipité hier ou avant hier vers la grande maison blanche de son maître, où il s’est entretenu avec la grande concubine, le grand vizir et les chefs de la diplomatie et de l’armée (le hyperpuissant Calife pourtant était absent — va savoir ! — il ne s’intéressait peut-être pas autant que ça aux infidèles lointains ?) et tout d’un coup les bombardements américains (opération Marteau de fer) recommencent à Bagdad — c’est de nouveau la guerre ouverte en Irak. Les diplomates espagnols sont déjà partis. Les militaires italiens feront-ils de même, malgré les assurances de Berlusconi ? Le peuple italien demandera-t-il le retrait de leurs soldats, qui deviennent de plus en plus des « cibles de tir immobiles » (traduction bien maladroite de l'anglais « sitting ducks »), phrase qu’on commence à employer en parlant de nos propres soldats là-bas ? On dit que l’administration, qui craint la désaffection accrue du public américain sur tout ce qui se passe en Irak, aurait grand envie de transférer au moins une partie (mais dites-nous, laquelle vraiment) du pouvoir à des Irakiens — mais quels Irakiens ?? Ceux qu’ils ont choisis pour faire partie du conseil ne leur inspirent pas confiance, mais comment en trouver d’autres qui seraient plus, euh, convenables ? Un nouveau rapport de la CIA rendu public aujourd’hui ne fera pas plus de plaisir aux administrateurs américains : « ordinary Iraqis increasingly are siding with the insurgency » est sa conclusion désagréable, selon Reuters.

Moi je plains surtout les Irakiens qui ont cru (vainement ?) que les États-Unis et les autres alliés allaient vraiment pouvoir améliorer la vie dans ce pays. Il me paraît de plus en plus probable que tout Irakien aux sympathies un peu pro-américaines devrait être en train de chercher un asile hors du pays pour lui et sa famille, ou bien il ne fera absolument rien pour aider les autorités de l'occupation en attendant ce qui s’ensuivra finalement.

novembre 11, 2003

Les comédies ici et ailleurs

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La 42e rue près de la 7e avenue vers l'ouest

On est allé voir la comédie musicale Taboo ! hier soir — c’était intéressant de constater comment et combien on avait changé la pièce qu’on a vue à Londres en février dernier. Eh ben, on l’a drôlement modifié : d’abord, l’acteur et écrivain de théâtre culte Charles Busch, connu pour ses rôles travestis, a retravaillé le livret. Quelques personnages ont disparu. L’ordre des chansons et des numéros a changé aussi. Le théâtre Plymouth (où je suis tombé entièrement sous le charme de Nicholas Nickleby (durée : 8 heures et demi) joué par le Royal Shakespeare Company avec Roger Rees et David Threlfall, tous les deux extraordinaires, et mis en scène par Trevor Nunn) est à la fois plus grand et plus traditionnel que celui dans lequel on avait monté la pièce à Londres. La pièce est devenue par là plus « Broadway » vis-à-vis des spectateurs, tous rangés classiquement devant la scène. Les costumes dans cette production sont plus somptueux, mais manquent un peu d’originalité comique. Les acteurs chantent et dansent bien — mais dans la liste des chansons il figure, à mon avis, trop de ballades aux tonalités similaires Le type qui joue Boy George en jeune est excellent (il vient de Londres) ainsi que l’acteur qui joue le féroce Marilyn. Boy George — George O’Dowd — joue la célébrité des nuits londoniennes Leigh Bowery avec une légère distance. C’est un peu long. C’est un peu confus (par exemple, pourquoi veut-on qu’on se soucie spécialement du sort de Bowery, génie truculent et pourtant énormément difficile et égoïste ?). Cela m’a plus d’y avoir assisté, mais je suis très content de ne pas y avoir investi un sou — je ne m’attends pas à ce que Taboo ! devienne un succès fou (ou lucratif).

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L'entrée du restaurant Joe Allen dans la 46e rue

Dans les carnets américains politiques que je parcours on parle beaucoup de la visite de Bush en Angleterre la semaine prochaine. Le Service secret américain voudrait bloquer tout le centre de Londres contre les marches de protestation qu’on est en train d’organiser là-bas. (On dit aussi que c’est un essai pour la convention républicaine en août 2004 ici à New-York.) Le maire de Londres Ken « le rouge » Livingstone a déjà fait un discours devant les centaines de milliers de protestataires anti-guerres en février 2002, donc on suppose qu’il serait peu disposé à agréer les « recommandations » du premier ministre Blair (qui d’ailleurs l’a fait expulser du parti travailliste) en faveur du confort sécuritaire et psychique (Bush n’aime pas voir les protestations du tout du tout) du visiteur impérial. Il est amusant de noter aussi que Bush n’ira pas devant le Parlement tellement on a peur d’une manifestation impolie de la part des parlementaires. Il va à Londres à l’invitation de la Reine Elisabeth, ce qui a donné des gros titres un peu gros comme celui-ci, plein de sous-entendus de « mauvais ton » sur les difficultés récentes de la famille Windsor: CHARLES LOVES COCK (AND THE QUEEN LOVES BUSH). Voici quelques site anglais qui préparent la visite de M. Bush chez les Rosbifs:

www.bloggerheads.com/

www.resistbush.org

www.stopwar.org.uk/

Un ami du copain est venu d’Albany, au nord de l’état (la capitale de l’état de New-York est Albany, une ville à 2h30 d’autoroute au nord de New-York), où il travaille comme fonctionnaire d’état en criminologie — oui, c’est presqu’un flic ! Le 11 novembre étant un jour férié pour les fonctionnaires, il est descendu à New-York avec un nouveau copain qu’il a voulu nous faire connaître. On est allé déjeuner ensemble. Le type, avec de beaux yeux bleu pâle, bien bâti, s’appelle B et c’est un pornographe — il écrit des romans pornographiques sous un nom de plume, R J March. Il habite seul dans un joli petit village à 30 minutes d’Albany où il n’y a aucune vie gay et où il écrit et travaille comme garçon dans un restaurant d’hôtel. Moi j’ai trouvé ça très, très bien.

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Quelques statues insolites en bronze du sculpteur Tom Otterness qui se trouvent éparpillées un peu partout dans la station de métro de la 14e rue et la 8e avenue à Manhattan.

Finalement, le financier américain d’origine hongroise George Soros a annoncé dans cet article publié hier dans le Washington Post que « [Defeating President Bush] is the central focus of my life. » Un peu plus loin on lit : « America, under Bush, is a danger to the world, » Soros said. Then he smiled: « And I'm willing to put my money where my mouth is. » En effet, il s’est engagé à verser $5 millions à l’organisation MoveOn.org, association « libérale [ndlr. sens spécifiquement américain du mot] et militante » qui cherche le renvoi de Bush de la Maison blanche. Il s’est trouvé soutenu dans cet effort par un autre milliardaire, Peter Lewis, homme d’affaires, grand patron du musée Guggenheim, qui s’est engagé lui aussi pour $5 millions. Quelquesfois il y a de petites lumières…

novembre 10, 2003

Le bourbier

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Une nouvelle forme de protestation qui se répandra ?

Voici un phénomène public, dans un certain sens nouveau pour moi, qui pourrait remplacer, avec un but précis et politique, les anciennes foules-éclair, autrefois si populaires. Ce n’est pas tout à fait nouveau, parce que depuis le 11 septembre 2001 on voit par ici toutes sortes de panneaux en tissu et de drapeaux américains suspendus des ponts et des viaducs qui surmontent les rues et les autoroutes de la région. Mais j’ai été content de voir cette photo prise en Californie du sud. C’est tellement facile de faire des panneaux comme ça et simple et rapide de les installer à la faveur de la nuit, cela ne me surprendrait pas de le voir devenir un passe-temps un peu chic, avec un tout petit élément de danger (pas énorme, c’est sûr, mais les flics, je parie, ne seront pas aussi contents de voir « Pentagon forbids photographs of returning soldiers » avec des cercueils qu’ils étaient de voir « Support Our Troops » et « 9/11-Always Remember ») C’est encore une fois chez le carnetier politique Billmon (que je trouve de plus en plus correct dans ses analyses de ce qui se passe vraiment chez nous ici) où j’ai appris l’existence de ces sites : www.freewayblogger.com/weblog.htm et www.freewayblogger.com/index.htm.

Sainte vache ! (Merci, François, pour la traduction géniale de l’exclamation bien de chez nous, sortie de l'évangile selon St Bart.) On vient d’annoncer à la radio que la Cour suprême a accepté de se prononcer sur le statut légal des prisonniers détenus par les forces armées américaines à la base de Guantánamo, au Cuba. C’est un échec important pour l’administration, qui a toujours insisté, se servant de l’hypocrisie infinie dont elle est dotée, que la juridiction américaine n’appliquait pas à Guantánamo, puisque la base militaire (octroyée à perpétuité, je crois, au gouvernement américain) se trouve sur le sol cubain. Ils entendront les arguments en début de 2004 et un jugement ne serait pas attendu avant l’été prochain. Mais c’est déjà quelque chose d’important qui risque à compliquer sérieusement la détention plus ou moins illégale de milliers de gens.

Ce soir on va à Broadway avec l’ami galeriste et son copain berlinois voir Taboo !, la comédie musicale de Boy George qu’on a déjà vue à Londres l’hiver passé. La production est toujours en avant-première (la première aura lieu ce jeudi) et il y a plein de rumeurs de désaccord parmi les acteurs et les producteurs (dont la comédienne Rosie O'Donnell), donc on verra ce que ça donne. On va dîner au restaurant Joe Allen dans la 46e rue avant le spectacle.

J'ai reçu aujourd'hui (et effacé) cinq commentaires publicitaires pour le viagra qui venaient de Russie — ils se sont affichés dans d’anciens billets, dont je ne me serai pas rendu compte si ce n’était pour le menu MT qui me permet de voir une liste des nouveaux commentaires reçus. Cela commence à m’arriver de plus en plus souvent, ces commentaires publicitaires. Y a-t-il un moyen de les faire cesser?

novembre 09, 2003

On n'a plus honte de rien

Les coups d’humeur des troupes américaines à Tikrit provoqués par l’attaque sur l’hélicoptère Black Hawk qui a fait 6 morts ressemblent surtout aux stratégies israéliennes dans les zones occupées contre les militants palestiniens — et j’ai bien l’impression qu’ils en mériteront de résultats pareils, c’est-à-dire une hostilité accrue d’une partie importante (majoritaire ?) de la population de la ville, d’où naîtront inévitablement d’autres attentats meurtriers contre les forces de l’occupation. Le cercle vicieux classique.

Les nouvelles d’ici sont moins sanglantes mais aussi décevantes : le chef des républicains Bill Frist a hier annulé (via Billmon) toutes les séances futures du comité qui est en train d'examiner l’emploi correct ou abusif de l’intelligence avant l’invasion de l’Irak, suite à la découverte d’un mémorandum d’un assistant démocrate dans lequel on a proposé de faire remarquer les limitations de l’enquête imposées par les républicains et de démasquer les hauts responsables de l’administration qui ont « plaidoyé pour une guerre préemptive unilatérale. » Les républicains ne veulent bien sûr rien de ça, donc le travail du comité, c’est déclaré fini. On verra pourtant ce que ça donnera.

Ce soir on passera à la télévision la triste et fausse histoire de Jessica Lynch, « sauvée » d’un hôpital irakien par nos braves soldats (accompagnés — par simple hasard, bien sûr — de cameramen militaires qui ont heureusement pu filmer l’événement pour pouvoir le montrer au public). La Lynch elle-même se demande pourquoi on a dû faire un film sur ce qui lui est arrivé.

Notre dîner d’hier soir s’est bien passé — l’amie écrivain était en forme, la poule au pot mangeable, le vin buvable. Le copain et moi, une fois nos hôtes rentrés chez eux (on a conduit l’amie écrivain chez elle), nous sommes allés prendre un dernier coup de rouge au bar d’un des restos du village. Il faisait assez froid et il n’y avait que très peu de monde à cette heure-là. On a bavardé avec le jeune barman Brian, membre junior du petit clan gay du coin, et la fille de la propriétaire, avant de rentrer chez nous, pas trop tard. Cet après-midi on va à une représentation d’une vieille comédie montée par une troupe tout ce qu’il y a de plus locale — le théâtre amateur par excellence. On n’a payé que $8 le billet, donc ce n’est pas trop grave si c’est minable comme effort et comme on connaît un peu quelques-uns des comédiens, cela devrait être au moins divertissant du point de vue « spectacle gênant qui arrive aux autres. »

novembre 08, 2003

On fait ce qu'on peut dans les pays barbares

C’est moi qui fais la cuisine ce soir — c’est le copain qui a invité des amis à venir chez nous, et hop, visite éclair au supermarché pour trouver les ingrédients d’une poule au pot (Larousse de la cuisine, p. 599). La poule farcie (eh oui) est en train d’être « portée à ébullition » pour la première fois. Le copain a tronçonné les légumes (échalotes, céleri, navets, poireaux, oignons, carottes). La recette a demandé 100 g de jambon blanc mais je n’ai aucune idée de quoi il s’agit là, j’ai donc mis des morceaux de ce qu’on appelle ici « ham steak » (non, non, je ne sais pas ce que c’est non plus, c’est la première fois que je l’achète, mais c'est du jambon — et pour les pieds de veau, alors, ça, on n'en vend pas chez nous. J'y ai substitué un morceau de jarret de veau — j'espère que ça marchera ?? Ici il faut bien improviser avec les recettes françaises commencées tard dans l’après-midi.)

Lors d’une visite imprévue à l’Upper East Side la semaine passée je me suis arrêté faire un petit tour chez le célèbre marchand de vins new-yorkais Sherry-Lehmann dans l’avenue Madison. Là, après avoir inspecté les rayons de vins français, californiens, italiens, sud-américains etc j’ai demandé à une vendeuse si le magasin avait du Château Chasse-Spleen que j’avais beaucoup apprécié à deux occasions à Paris. « Mais bien sûr » m’a-t-elle répondu. « C’est délicieux. » Elle tape sur le clavier de l’ordi sur le comptoir. « Nous avons des 2000 ici et des 1999 dans l’entrepôt. » J’ai donc acheté deux bouteilles de 2000 qu’on va goûter ce soir. A l’entrée du magasin un des employés parlait en français (sa langue maternelle) de certains vins avec un vieux monsieur distingué et une jeune femme élégante. Je crois qu’ils essayaient de lui vendre du vin de leur château.

novembre 07, 2003

La vie domestique

Le beau temps (ensoleillé, un peu frais) est revenu et nous voilà de nouveau envahis dès 8 heures du matin par toute une équipe d’acteurs, d’assistants, de cameramen, de parasites — la compagnie de production de « Sex in the City » qui tourne des scènes d’extérieur devant l’appartement de Mlle Carrie Bradshaw et sur l’escalier qui y mène — juste devant chez nous. (Ça va nous compliquer le départ pour la campagne ce soir s’ils continuent.)

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La vue de la porte de notre immeuble ce matin, la petite Mlle Parker est au centre

Toute la famille se porte mieux, merci. Voici Betty sur le futon du salon.

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Betty, qui se demande ce que je fais

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Vue vers le nord-est du balcon de l'ami galeriste vers 4 heures de l'après-midi

Je me suis fait couper les cheveux sur le balcon de l’ami galeriste (à 17 étages au-dessus de la 8e avenue) par son beau copain berlinois lundi après-midi — la lumière est très belle à cette heure-là et il faisait bon d’être dehors à regarder venir le crépuscule. Ce soir, on doit faire face au cauchemar qu'est l'autoroute I-95, sur laquelle on continuera l'écoute de « Brave New World » d'Aldous Huxley, lu par l'acteur britannique Michael York.

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La fille assise sur l'escalier qui ne peut pas avoir d'enfant et qui en veut (je ne me rappelle ni le nom du personnage ni son nom à elle)

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Les caméramen — les jeunes assistants sont souvent assez beaux, en effet !

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On a dû déguiser pour le tournage le chantier de la nouvelle pâtisserie San Ambroeus, qui aurait dû ouvrir ses portes fin octobre mais qui n'est toujour pas prête.

novembre 06, 2003

Dans quelle réalité vis-je ?

Bon, je l'ai vu, je n'y ai rien (ou très peu) compris, mais il a des moments élégants.