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décembre 31, 2003

Bonne année à tous !

Je me suis réveillé ce matin à 7h15, non pas parce que j’avais quelque chose de bien nécessaire à accomplir mais plutôt pour essayer de rétablir un rythme normal au quotidien — je voulais surtout rentrer au gym, abandonné depuis quelque temps, afin de chasser cette lassitude morale qui m’avait envahi. Donc à 7h30 je buvais ma première tasse de café au lait en lisant les sites des journaux. Je suis parti pour le gymnase une demi-heure plus tard. Hé oui, ça m’a fait du bien. La salle de sport était pleine de monde (tous les jeunes, lycéens et étudients, sonten vacances). J’ai fait qu’il me fallait faire avant de passer au simulateur d’escalier (c’est bien lourd comme phrase — y en aurait-il un autre plus courte ?) pour une bonne demi-heure d’« ascension » .

On est allé voir « Peter Pan » hier soir dans un centre commercial à 25 minutes en voiture de chez nous — un peu loin, à mon avis — et le cinéma était l’un des pires qu’on ait jamais vus : laid, sale et mal arrangé. En plus ils n’ont pas su ou voulu mettre le son stéréo correctement. La salle était assez grande, l’écran l’était aussi, mais les haut-parleurs montés sur les murs ne fonctionnaient pas, donc il nous manquait quelque chose à l’expérience cinématique complète. Mais bon, c’est pas mal, le film (produit par Mohammed Al-Fayed, le propriétaire de Harrod’s !). C’est plein d’éléments sexuels et freudiens un peu troublants — l’histoire du baiser unique, les « garçons perdus » à la recherche d’une mère qui leur racontera des histoires, la fée jalouse Tinkerbell, et finalement l’éphèbe Peter Pan qui refuse non pas de vieillir exactement mais plutôt de devenir adulte et d’accepter « les sentiments ». Les crochets multiples du capitaine Hook (ou Crochet) font des symboles à la fois drôles et un peu déconcertants surtout quand il s’agit de suborner la demoiselle Wendy, qui a envie de devenir pirate comme lui.

Le moment le plus beau (et c’est vraiment spectaculaire) du film, pour moi, c’est l’envolée du bateau de pirate qui part de Neverland pour ramener les enfants à Londres — les fées ont réparé les voiles endommagées dans la lutte (œdipale ! et combien !) entre Hook et Peter— et l’arrivée au-dessus des nuages dans la capitale britannique.

Ce soir on ne fait pas grand’chose. On a invité l’amie écrivain de venir dîner chez nous — cela porte la chance, je trouve, d’avoir les gens chez soi pour le Réveillon. Je vais faire une poule au riz, donc rien de très difficile. Quelques jeunes du village font un grand feu ce soir sur le bout de la pointe de terre où se trouve notre hameau et ils y ont installé une sorte de balle illuminée qui descendra du mât à minuit à l’imitation de celle de Times Square à New-York. On se couchera tôt.

La carnetosphère politique américaine de gauche s’étouffe de rire et de mépris en parlant d’un nouvel « appel à l’action » publié par ces deux débiles MM Perle et Frum dans lequel on montre pourquoi « France and Saudi Arabia have to be treated as adversaries, not allies, in the war on terror ». Plus loin ils disent : « We should force European governments to choose between Paris and Washington. » Parmi les commentaires ou cyniques ou drôles, voici un qui m’a fait sourire :

« I think Perle is trying to drive down real estate prices in France so he can get that chateau he's had his eye on.

Considering that the man vacations there, and probably already owns a darling little cottage in Provence, I can think of no other reason for the belligerence. »

C’est peut-être ça ! Égoïste mais au fond compréhensible.

Bonne année à tous !

décembre 30, 2003

Un peu de tout et de rien

Il fait mauvais dehors, ce qui sape toute envie de sortir ou de faire quelque chose d’utile. Une légère dépression post-fêtes peut-être ? C’est possible. Plus probablement une sensation de ne pas vouloir faire tout ce que je devrais faire, de manque de résponsabilités. Me sentant donc bien lourd, lent et bête, je suis resté chez nous à lire et à surfer. J’ai commencé à lire la nouvelle transcription du procès de diffamation d’Oscar Wilde conte le marquis de Queensbury, le père de son ami Lord Alfred Douglas (un vrai salaud, en fin de compte).

Dans l’après-midi on a eu la nouvelle intéressante que le Procureur général Ashcroft s’était retiré de l’investigation de l’affaire Plame (espionne CIA dont l’identité a été révélée par le journaliste Robert Novak par une fuite orchestrée, on le dit, depuis la Maison blanche).

Le dollar baisse encore — cela pèse un peu, il est vrai, sur notre projet de voyage à Paris le printemps prochain, comme pour ces Américains qui aiment passer des vacances sur la Côte d’Azur. Les économistes nous disent que ce n’est pas grave en principe, cette baisse du taux, mais pour moi, personnellement, ça ne m’arrange point !

Comme un grondement de tonnerre qu’on entend de loin, le « bruit » de complot ou d’efforts de vouloir cacher ce qui est arrivé autour des attaques du 11 septembre augmente tout doucement de jour en jour. Voici un site qui m’a fait froid au dos — je ne crois pas en général aux complots, mais c’est quand même curieux combien de choses l’adminstration Bush a refusées à la commission d’enquête (dirigée par un Républicain « vieille école » de New-Jersey, l’ex-gouverneur Kean, dédaigné par les néo-cons ultras au pouvoir).

Je suis allé voir et voter pour les spots publicitaires soumis pour le concours organisé par Moveon.org. Les spots choisis passeront ensuite devant un jury très intéressant dont les membres comptent, entre autres, le cinéaste Gus Van Sant, la comédienne Margaret Cho (dont le carnet web est à lire absolument), l’incontournable Michael Moore, et le chanteur principal de REM Michael Stipe. Ce jury chosira un spot qu’on passera en principe sur les chaînes nationales (reste à savoir si elles accepteront de le passer, même payé) la semaine du discours sur l’état de l’Union en janvier prochain. J’ai regardé et voté pour le maximum permis de 20 candidats — il y en avait qui étaient pas mal, d’autres à peine des « home movies », mais tous intéressants.

Avec toute l’hystérie médiatique fomentée par l’administration Bush en bloquant les vols internationaux et en élevant le fameux niveau d’alerte, le carnetier politique Orcinus nous rappelle combien il est facile (ou délibéré ?) d’oublier, comme l’a fait la majorité des organes de la presse américaine, que les menaces les plus persistantes et dangereuses de terrorisme pour les Etats-Unis proviennent de sources pas du tout internationales ou islamistes mais bien de chez nous, du genre des groupuscules ultra-droite de l’« Amérique d’en-bas », comme les Aryan Nations et l’Armée de Dieu (attention, des photos pas jolies du tout sur la page d’accueil) et l’Alliance nationale). Lui, Orcinus, il a été interviewé par la chaîne Fox à propos de la découverte au Texas (quelle surprise !) d’armes de destruction massive (une bombe dite de « cyanure de sodium » — j'avoue que je ne sais pas de quoi il s'agit mais ça a l'air méchant) par le FBI, dont on parle dans cet article du Christian Science Monitor. Mais c’est sûr, comme remarque Orcinus, que s’il avait été question d’une cellule islamiste, on en aurait entendu parler beaucoup plus, surtout par Ashcroft et ses mignons. Un des problèmes pour les média, c’est qu’on ne veut pas parler de terroristes « chrétiens » — cela confondra trop les gens.

Pour offrir un côté plus comique de cette droite américaine lunatique, voici le site du « gouvernement provisoire de la République du Texas », qui possède aussi un office de radiodiffusion officiel au nom de Radio Free Texas où l’on peut essayer de déchiffrer les forts accents texans (ou « texiens » selon l’usage du pays avant son annexation aux Etats-Unis) difficiles (la mauvaise qualité sono y serait pour quelque chose aussi, je suppose).

On va essayer de voir « Peter Pan » ce soir — il faut que je sorte de chez moi au moins une fois par jour !

décembre 29, 2003

Le ménage

Lundi, c’est le jour de lessive traditionnel (on me l’a dit un jour à la radio) et c’est ce que j’ai fait ce matin. Pas drôle mais pas vraiment pénible non plus (la machine à laver se trouve dans le sous-sol, donc ce n'est pas loin). Cette petite corvée domestique terminée, je me suis remis à la lecture de ce qu’on devrait appeler « la porno mondaine » — spécifiquement le journal intime de Cecil Beaton (1970-1980) dans lequel il s’agit de déjeuners avec la Reine Mère, de séjours en Argentine et au Brésil chez des ploutocrates indigènes (qui avaient pourtant tous des appartements de luxe à Paris), de passages à New-York où il descend toujours à l’hôtel St Regis et tout et tout — peu profond, je sais, mais divertissant, un manga littéraire occidental peut-être ?

L’affaire Michael Jackson continue à obséder toutes les chaînes nationales. Lui déclare avoir été malmené par la police de Santa Barbara, ce qui est fort possible, bien sûr. Sans doute il a fait preuve de toutes les pires caractéristiques de la célébrité médiatique actuelle mais je crois qu’à la fin on le déclarera innocent des accusations.

Suite à mes réflexions urbanistes du week-end, je me suis souvenu de cet article paru dans le Washington Monthly en mai 2002 du sociologue américain Richard Florida, professeur à Carnegie Mellon University à Pittsbourg. Le professeur Florida (qui a aussi un site web personnel assez drôle) a écrit le livre « The Rise of the Creative Class » dans lequel il montre que cette nouvelle classe, définie comme fournisseurs de « créativité » — mode, publicité, universitaires, scientifiques, écrivains, et cetera, cherche surtout la diversité d’expérience (voire, une population gay) qu’on trouve plus dans certaines villes que dans d’autres. (Les cartes des États-Unis trouvées au site du professeur Florida sont très intéressantes.)

décembre 28, 2003

Mais c'est un vrai scandale !

Êtes-vous un néo-conservateur ? Voici un test d’opinions politiques, d’une perspective américaine, dans le Christian Science Moniteur, et trouvé chez le Rittenhouse Review, un carnet politique depuis Philadelphie. (On m'a classé « libéral » — mais attention, pas dans le sens « français » du mot.)

Le scandale Parmalat m’attriste énormément (si, si, vraiment) parce que je compte absolument sur leur lait écrémé « longue conservation » en carton qu’on trouve au Gourmet Garage et qu’on emmène avec nous à la campagne le vendredi soir, où notre épicier ferme à 17 h et il n’y a plus de lait buvable dans le frigo pour mon café matinal le lendemain. (L’épicier ouvre le matin à 5h30 mais j’avoue que je préfère ne jamais sortir en public sans avoir bu une première tasse de café au lait — voilà l’inconvénient).

décembre 27, 2003

Un week-end réparateur

Notre soirée d’hier s’est bien passée — même très bien. Il n’y avait pas trop de monde et on a pu parler avec les gens qu’on connaissait et faire la connaissances d’autres qu’on ne connaissait pas. Je n’ai pas trop bu, on a mangé tout le saumon fumé et la plupart des deux pâtés et des crevettes. Le copain et moi, on n’avait pas tellement envie de sortir (il y a très peu de choix dans notre bourg, de toute façon) donc on a grignoté ce qu’il nous restait à manger en regardant la télé. On a essayé de regarder « Black Hawk Down » avec le très-charmant Josh Hartnett mais finalement il est devenu trop difficile de ne pas hurler contre les bêtises du film, dont tous personnages américains ressemblent à de beauxmannequins pour Armani ou Calvin Klein aux coiffures (sexy, j’en conviens) de militaires — il n’y avait par contre aucun des ces militaires qu’on voit souvent en groupe circulant dans le Times Square, pas très grands, les visages couverts de boutons peu appétissants, aux yeux apeurés et méfiantsde provinciaux en visite et aux coiffures nettement moins réussies que celles qu’on remarque chez les militaires de cinéma. Mais bon, s’il s’agissait seulement de mater de beaux mecs, ça pourrait aller mais souffrir ce dialogue d’abrutis composé de poncifs et de banalités « tough guy » complètement idiots, c’était comme passer deux heures en compagnie de Donale Rumsfeld, alors là, ce n’était plus possible ! On a donc quitté les champs de bataille de la Somalie et les jolis visages d’Orlando Bloom et de Sam Shepard (il devrait avoir honte d’avoir joué dans ce film de propagande dans lequel on n’a même pas osé suivre les événements historiques narrés dans le reportage du journaliste de Philadelphie Mark Bowden sur lequel le film est basé) pour quelques épisodes de l’ancienne comédie canadienne « The Kids in the Hall », ce qui a vite rétabli pour nous une perspective plus réelle et moins hypocrite du monde.

Aujourd’hui on n’a presque rien fait — le copain a joué à quelques jeux vidéos. Moi j’ai commencer à rédiger quelques lignes en réponse à la question de Netlexblogger (dans les commentaires) sur la ville qui pourrait devenir, du point de vue spécifique des arts, le prochain Paris ou New-York. Il aurait mieux fallu probablement que je lui réponde tout simplement : Berlin, mais cela manque, je trouve, un peu de profondeur réfléchie (et pour Netlexblogger surtout, qui me semble presque omniscient, c’est fou ce qu’il est érudit, non ?) et je me suis donc amusé à me perdre dans internet (merci, connexion câble) à suivre les vies de poètes et d’artistes à Paris et à New-York à la recherche de ressemblances de conditions urbaine, politiques, sociales, et économiques a priori. (C’est une façon comme une autre de passer une journée.)

On était interrompu dans nos poursuites respectives par un coup de fil de ma mère, qui se plaignait qu’on avait changé la taille de la police dans son portable Mac à elle (c’était ma faute, hier j’ai voulu jouer au Shanghaï et j’ai dû changer quelque chose) — on a dû faire un tour chez elle pour le réparer.
J’ai finalement acheté, sur la chaude recommandation de la Grande Rousse, prêtresse absolue dans ce domaine, le logiciel Antidote Prisme chez le magasin de commerce électronique Camelot.ca — on va me l’envoyer ici à la campagne. J’ai besoin depuis bien longtemps qu’on me corrige mes fautes de frappe et de français.

C’est inconcevable pour moi le temblement de terre en Iran — tant de morts, tant de blessés. J’ai cherché Bam dans l’atlas — c’est assez loin de tout, en effet. Et puis les Bulgares et les Thais tués en Irak — cela ne semble pas s’améliorer.

décembre 26, 2003

Ça y est

Ça y est, le pire est terminé. Non, mais, franchement, c’est souvent ça, les fêtes. Je me suis soûlé trois soirées de suite cette semaine, à commencer le lundi avec l’ex-marine. On a terminé la soirée à boire des margaritas dans un bar gay aussi démodé que sympathique avec de jeunes acteurs hommes et femmes, hétéros pour la plupart, qui insistaient tous à nous déclarer leur soutien absolu pour le mariage gay (question que personne d’entre nous n’avait soulevée). Le mardi j’ai fait mes derniers achats et j'avais envie de passer la soirée tranquillement à la maison mais vers 18 heures l’amie marchande de tableaux nous a appelés pour nous inviter à la rejoindre dans un restaurant mexicain du quartier (hé oui, encore des margaritas). Une forte pluie a commencé le lendemain, la veille de Noël — on a dû charger le coffre de la voiture sous des torrents. On a finalement quitté Manhattan vers midi — il nous a fallu quatre heures de route pour arriver à notre maison, mais la pluie au moins avait cessé. On a distribué nos petits cadeaux aux amis du village et puis on s’est préparé pour notre réveillon chez les amis, le financier et sa femme, la partenaire en course à pied du copain. Une amie à nous tous nous a rejoints plus tard dans la soirée et on s’est finalement décidé d’assister à la messe de minuit dans l’église catholique du village — le père y est très simple, très sympathique mais il faut dire que la politique de l’église est follement compliqué, d’après ce que je lisais dans un magazine « officiel » trouvé dans le banc — un long article sur (et vivement contre) le mariage des homosexuels, un autre sur (et contre, mais d’une façon moins nette) la pédophilie chez les prêtres, et tout et tout. Évidemment il n’est pas facile d’être catholique, d’après ce que je lisais.

Le Noël on s’est levé tard et avec, je l’avoue, un peu de difficulté. Le copain et moi, nous avons ouvert nos cadeaux dont on en était bien contents. Betty a reçu un nouveau jouet, un petit hérisson en peluche, qu’elle a porté dans sa bouche toute la matinée. Vers 14h30 on est allé chez ma mère où l’on s’est encore offertde petits cadeaux avant de repartir chez l’amie écrivain. Elle était plutôt de mauvaise humeur — les fêtes bousculent trop ses habitudes — elle se plaignait de son fils (« mais il n’a jamais su s’occuper correctement des apéritifs » ) et le fameux chapon s’est révélé un pauvre dindon (on m’a eu au Jefferson Market) mais finalement le dîner s’est bien passé, on a parlé insectes désagréables (si, si, la bru de l’amie écrivain est biologiste) . On a reconduit ma mère chez elle dans le Rhode Island et, crevés, nous nous sommes rentrés pour nous mettre au lit à regarder les deux premiers épisodes de la nouvelle version de « Battleship Galactica » avec Edward Olmos qu’on avait enregistrés. Le copain s’est endormi vers 21 heures, tandis que moi j’ai éteint la télé vers minuit.

On a invité des gens à passer prendre un verre chez nous ce soir — c’est la dernière de nos obligations mondaines de cette période. Demain je retournerai au gym pour essayer de perdre les livres et les onces ajoutées.

(Il y a encore Safari qui plante à plusieurs reprises pour des raisons toujours mystérieuses — le copain pense que c'est de la mauvaise mémoire dans l'ordinateur. Je n'ai vraiment pas envie de déposer la nouvelle machine chez le réparateur Apple. Hmm, que faire ?)

décembre 22, 2003

Alerte orange

(Ça fait trois fois de suite que Safari plante pendant que j’essaie de publier ce billet. Je ne sais pas ce qui se passe, le copain me dit de passer à IE pour voir ce qui arrive.)

On est maintenant au code orangedans l’échelle d’alertes terroristes — mais pour nous à New-York, cela ne change rien puisqu’on est orange depuis le 11 septembre 2001. Mais c’est un orange un peu relevé, avec de nouveaux barrages routiers autour des ponts et des tunnels et des flics dans les stations de métro. On en a passé un hier soir devant le pont Triborough en revenant du Connecticut. On a dû prier la Betty de ne pas faire savoir ses opinions politiques radicales aux flics, mais ceux-là sont restés dans leurs voitures à boire leurs cafés et ne s’intéressaient pas à nous.

Il faut avouer que pour moi c’est très commode que le Noël tombe sur un jeudi — ça me donne trois jours supplémentaires pour ne pas me dépêcher de terminer mes achats de Noël. Cet après-midi j’ai profité du beau temps (il fait très doux aujourd’hui) pour aller à Midtown où j’ai acheté des cadeaux pour le copain et pour ma mère. J’étais curieux de voir comment les autorités municipales allaient réagir à l’alerte orange. Il yavait des flics dans la Grand Central Station qui draguaient des filles (« she’s smokin’ » — compliment un peu rap que j’ai entendu dire un flic à un autre en regardant passer une jeune Portoricaine en jeans moulants.)

Je suis allé au magasin de vêtement hypertraditionnel Brooks Brothers dans l’avenue Madison où j’ai trouvé de belles choses (et les chemises ne sont pas chères du tout). La lumière de l’après-midi était très belle, mais j’ai découvert que les piles AA de l’appareil étaient (comme trop souvent) épuisées donc ça ne marchait pas.

Ce soir on va prendre un verre (seulement un ?) avec l’ex-marine.

(Cela semble marcher avec IE. Dommage.)

décembre 21, 2003

Lavé, nettoyé, prêt à utiliser

Le copain a terminé le « nettoyage » du disque dur et a réinstallé la plupart de mes logiciels, à part celui pour l’appareil Nikon. Je n’arrive toujours pas à manier les photos dans iPhoto d’une manière consistante et mon ancien logiciel Adobe (pour nuls) pour OS 9.2 me manque beaucoup. Je n’aime pas compter en pixels, mais bon, on s’y habituera.

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Interesting people on Christopher Street: paroles du chanson « Christopher Street » de la comédie musicale « Wonderful Town » de 1953, écrite par Betty Comden et Adolph Green et musique de Leonard Bernstein (Mlle Comden, toujours chic et élégante, était présente à la cérémonie de souvenir d'hier)

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Vers le Times Square, en route au restaurant italien hier

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La 8e avenue avec un vol de pigeons

Nos activités d’hier soir se sont assez bien passées — au cocktail il y avait un peu trop de monde et la maison, quoique grande, n’est pas vraiment disposée à accueillir plus de dix ou douze personnes. Il y avait par exemple des embouteillages dans les embrasures de porte entre les deux salons d’avant et la grande salle à manger au centre, et les canapés n’étaient pas extras non plus (chuis méchant, ma foi) — des petites boules de fromage frites, des morceaux de filet mignon minuscules posés sur un triangle de je ne sais pas quoi (mais ce n'était pas du pain). On est parti à 20h30 pour aller dîner chez une jeune femme célibataire qui ne reçoit presque jamais chez elle et qui a envie de sortir un peu plus. Elle nous a préparé une sorte de ragoût en cocotte avec de la dinde, des légumes et des pâtes et c’était très bon. Il y avait beaucoup de vin — du chardonnay californien buvable — ben, moi au moins j’en ai bu pas mal, ainsi que notre hôte à ma gauche et ma compagne de table à ma droite, que j’ai finalement raccompagnée chez elle, où l’on est resté à bavarder et à boire un Chassagne-Montrachet excellent jusqu’à deux heures et demi.

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Ils ont l'air légèrement démoniaque, ces gentils moutons de Noël

C’est en rentrant à pied chez nous, où le copain dormait comme un ange (ils dorment, les anges ? Ont-ils besoin de se reposer ? Et si oui, pourquoi ?) que j’ai passé le petit parc à moutons érigé devant l’église épiscopale du village comme une réponse vivante à la crèche en bois installée devant l’église catholique. (Il y en a un qui a l’air possédé, non ?)

Après avoir avalé deux aspirines protectrices je me suis installé auprès de lui où je me suis vite endormi.

J’ai réussi à dormir jusqu’à 9h30 quand le copain est revenu avec Betty, avec qui il a gentiment joué ce matin au bord de la mer. Moi j’avais besoin de plusieurs grandes tasses de café ce matin avant de pouvoir me mettre en marche.

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La tour de la WorldWide Plaza dans la 8e avenue, conçu par un des architectes du nouveau projet du site de l'ancien World Trade Center

Peu de monde, à part le promoteur-locataire du site du World Trade Center et les éditorialistes du Times, semble vraiment content du projet hybride pour la reconstruction du site annoncé par le gouverneur — l’architecte de M. Silverstein, David Childs, partenaire de la firme Skidmore Owings & Merrill, montre un goût pour des immeubles utilitaires aux éléments décoratifs des années 30, pour certains un âge d’or pour les gratte-ciel new-yorkais. Cela se voit dans la tour du WorldWide Plaza dans la 8e avenue. L’architecte Daniel Libeskind, par contre, fait beaucoup plus artiste mais il n’a pas pu garder qu’une partie de son project pour le site. (Le carnetier new-yorkais James Wagner explique la déception qu’il ressent pour ce qu’on propose de faire sur le terrain vague du World Trade Center beaucoup mieux que moi.)

Oui, j’étais content d’apprendre que deux tribunaux avaient rejetés les arguments de l’administration Bush pour emprisonner des « suspects » américains et étrangers pour une période indéfinie, mais je crains que ces décisions ne soient en toute probabilité renversées plus tard par la Cour suprême. On nous répète sans cesse que la plus haute responsabilité du président est la sécurité du pays — on est devenu vraiment un pays de névrosés effrayés par tout et n’importe quoi — et que pour faire cela il devrait avoir le droit de tout faire. La plupart des Américains se foutent tout à fait de ce que quelques agents du FBI ou de la police font par erreur ou inattention à quelques immigrés d’origine arabe — ces Américains du midwest ou du sud ne croient pas pour un instant qu’ils pourraient un jour devenir les cibles d’agents d’un département de la « justice » déchaîné. Pour eux, on n’a toujours pas assez fait contre les terroristes. Peu leur importent les moyens utilisés.

décembre 20, 2003

Un lavage du disque dur

Me voici de nouveau devant l’ordinateur pourri (Windows) et sans accent (à part l’accent grave, qui marche normalement) du copain parce qu’il est en train de nettoyer le mien qui continue à planter plusieurs fois par jour pour des raisons inconnues. On est rentre au magasin où je l’ai achete et où la fille nous a dit que la machine n’etait pas lisible, tant il y avait de fautes dans le « clavier ». J’avoue que j’ai des logiciels et des documents qui datent d’il y a trois ordinateurs et je comprends assez bien comment cela pourrait confondre la logique de la machine. Donc, j’ai sauve tout ce qu’il y avait d’important comme document sur des CDs, mais le copain a prefere acheter un disque dur externe chez J&R ce matin dans lequel il va jeter toute ma documentation. Cela va prendre des heures, il me dit. N’importe.

On est alle à la ceremonie de souvenir qui a eu lieu aujourd'hui à midi dans le joli restaurant italien Vice Versa dans le quartier de Clinton (que je reconnaissais, ayant connu l’architecte et y etant alle une fois pour une reception pour l’ouverture). C’etait bien fait, meme elegant, et tout à fait faux. Il n’y a pas que l’administration Bush qui n’a rien à faire avec la verite historique.

Une longue soiree commence – un grand cocktail d’abord (c’est bien la saison de se defaire de ses dettes mondaines en offrant une enorme fete assez depersonnalisee, mais en verite cela me va parfaitement bien aussi, on boit, on mange, on bavarde, on s’echappe) et ensuite un diner. Demain on rentre à New-York pour acheter les cadeaux qu’il nous manque encore.

décembre 19, 2003

À la dernière minute (toujours)

Une journée vouée au shopping-éclair intensif concentré dans l’axe de la 60e rue est et l’avenue Madison. J’ai dû d’abord passer chez Hermès acheter un cadeau-offrande pour l’amie écrivain avec qui je me suis un peu brouillé le week-end dernier (elle m’assurait que, d’un point de vue culturel, New-York ne compte plus pour rien, son apogée a été atteinte pendant les années 40, 50 et le début des années 60 — les mêmes décennies, non pas par hasard, qu’elle a habité la ville ; moi j’ai insisté que chaque époque possède ses qualités particulières qu’on ne peut pas vraiment comparer. « Alors, où sont les Tennessee Williams, les Jasper Johns, les Stephen Sondheim et les Bernstein, les Gore Vidal d’aujourd’hui ? » m’a-t-elle répondu en défi ? « Euh, il y a Tony Kushner » je lui ai dit, un peu hésitant. « Mais il n’est rien, mais rien » elle a soupiré).

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Le magasin Hermès dans l'avenue Madison

Ensuite on est descendu l’avenue Madison pour aller chez Sherry-Lehman acheter encore une fois quelques bouteilles de Chasse-Spleen comme cadeaux pour les gens qui nous invitent à leur réveillon de Noël — c’est vraiment le meilleur magasin de vins à New-York.

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La Park Avenue à la 57e rue

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Dans la Park Avenue en direction de la 56e rue

On a continué notre orgie de consommation en nous dirigeant vers la Park Avenue et la succursale de Fauchon qui s’y trouve à la 56e rue — on a acheté des tas de confitures (par exemple, « confiture des 4 saisons : L’été » et « confiture griotte de Montmorency », dans les petites boîtes qui font d’excellents cadeaux pas compliqués (tout le monde aimes de bonnes confitures, n’est-ce pas ?) et des bonbons. En rentrant à la station de métro on a fait un tour chez Tiffany (bourré de monde) et ensuite chez Bergdorf Men (presque vide) avant de rentrer chez nous. Ben, plus ou moins. On a déjeuné dans un coffee-shop dans la place de l’Université avant d’aller chez l’ancienne pharmacie Bigelow’s dans la 6e avenue où j’ai acheté un flacon d’Ysatis de Givenchy pour ma mère (elle a délaissé Chanel je ne sais pas pourquoi — avec tous nos achats français, il n’y a sûrement pas de boycott chez nous) et un truc idiot contre les gueules de bois — c’est fait en Suisse, et on le met dans le frigo pour qu’il soit frais pour soigner les yeux après une cuite. Finalement (presque) on a acheté des lumières de Noël en boules colorées (on en a pris une verte, deux blanches, deux rouges, et une bleue — ça fait un peu le drapeau arc-en-ciel sans le violet) qu’on va pendre demain devant nos fenêtres à la campagne pour essayer d’enjoliver la maison. Finalement, on est passé par la librairie Three Lives dans la 10e rue où j’ai acheté le nouveau compte-rendu du procès d’Oscar Wilde, préparé par son petit-fils, dont la critique récente dans le Times était excellente, et les journaux intimes de Cecil Beaton non-censurés — c’est-à-dire pleins de méchancetés et de révélations de son monde curieux. C’est une lecture trash qui me donnera du plaisir pendant les heures mornes de journées de fin de décembre.

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Embouteillage typique dans l'avenue Madison à la 57e rue

On s’est impulsivement décidé d’essayer de voir « Le Retour du Roi » aux Cinémas Clearview de Chelsea — et on a réussi à commander des tickets pour la séance de 17h10. La salle était presque pleine, il y avait beaucoup d’enfants avec leurs parents. C’est long, c’est beau, c’est du cinéma vraiment épique. Bravo, les Néo-Zélandais !

décembre 18, 2003

L'infirmier malgré lui

Le copain a attrapé un rhume et je ne me sens pas disposé à jouer le rôle de Florence Nightingale. Je n’ai toujours acheté qu’un seul cadeau de Noël et je n’ai aucune envie d’aller à la 57e rue. On n’ira pas ce soir à un autre cocktail pour trois très bonnes raisons — le copain ne se sent pas en forme, il fait froid et ce n’est pas facile de se rendre aux rues 50 de l’extrême est, vers la 1e avenue, une adresse chic mais assez éloigné (au moins de nous, dans le village). Au lieu de cela j’irai chercher de la bonne soupe de poulet au Gourmet Garage et des vidéos chez le magasin de location vidéos dans l’avenue Greenwich et on s’installera tout bonnement devant la télé. Il faut absolument que je fasse tout mon shopping demain.

On allait partir pour la campagne vendredi soir mais je viens de recevoir un courriel d’un ancien chef à moi qui m’a averti de la mort de son petit ami — ils habitaient tous les deux à Key-West depuis bien des années, ayant d’abord quitté New-York pour la banlieue et ensuite ils ont quitté le nord-est tout-à-fait pour s’installer dans le paradis artificiel de Key-West. Architecte de formation, l’ami de mon ancien chef était même plus porté sur la boisson que moi (si, si) — il était devenu depuis bien longtemps un type assez pathétique qui ne pouvait plus se maintenir dans un poste quelconque — il y avait la boisson, bien sûr, mais il était sujet aussi à des crises épileptiques du type « petit mal » dans lesquelles il s’arrêterait tout d’un coup, par exemple, en levant une cuillère à sa bouche — sa main tremblerait en tenant la cuillère et l’épisode durerait 20 ou 30 secondes — et puis il se rattraperait. Mon chef (un ami aussi, et ses incidents se passaient chez eux ), à qui j’ai parlé à plusieurs reprises de ce que j’avais remarqué, n’en a pourtant pas voulu rien entendre — je n’ai jamais compris pourquoi. Il avait pas mal de problèmes, en effet, l'ami du chef.

Ils se sont installés en Floride et on s’est perdu de vue, malgré de fréquentes invitations au début à venir passer du temps chez eux. Et puis, il y a deux jours, je reçois un courriel laconique qui dit seulement que P… avait « manqué de gagner sa lutte contre l’alcoolisme » et qu’il était mort à Key-West il y a deux semaines. On réunit quelques amis et connaissances à New-York dans un restaurant italien ce samedi à midi. Je crois que je vais y passer, au moins pour quelques minutes, avant d’aller à la campagne. Ce matin j’ai appelé au téléphone un ami qui date de cette époque et qui reste plus lié que moi à ce monde que j’ai quitté — lui, qui part demain soir pour Vienne où il produit une émission de télévision, m’a dit qu’il avait reçu le même courriel, et qu’il ne savait pas si P… est mort de « causes naturelles » ou s’il s’est suicidé. Dans les deux cas, c’est triste pour son ex, mon ancien chef. Et c’est pour lui, surtout, que j’irai lui faire mes condoléances. C’est mélancolique mais peut-être utile de se rappeler que, parmi tous les « gagnants » qu’on voit, beaux et souriants, à la télévision, dans la rue, dans les fêtes, il y a aussi les « perdants », qui sont plutôt invisibles, car ils se cachent.

décembre 17, 2003

Encore des fêtes

Une sale journée de pluie froide. Les candidats démocrates continuent à s’attaquer à Howard Dean pour avoir dit (bien correctement à mon avis) que les États-Unis ne sont pas plus sûrs qu’avant la capture de Saddam (on oublie bien facilement que ce n’est pas Saddam qui a fait quoique ce soit sur le territoire américain, mais Oussama, mais puisqu’on sait bien que tous les Arabes se ressemblent, ce n’est pas la peine d'essayer de les distinguer l’un de l’autre, n’est-ce pas ?)

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Du monde dans l'appartement (comme l'autre soir, je ne connais personne dans ce photo — cela devient peut-être une habitude antisociale ou tout simplement embêtante ?)

On s’est habillé tout de même pour aller à une réception dans l’Upper East Side donnée par une petite boîte où j’avais travaillé — j’oblige le copain de m’accompagner dans ce genre de fêtes mondaines mêlées aux affaires, il faut qu’on sache ce qu’il fait dans son nouveau travail — un collègue du maire Giuliani lui a demandé sa carte de visite et l’a fait promettre de lui téléphoner. Moi j’ai bavardé avec des amis et d’anciens collègues que je ne vois que rarement, dont une jeune actrice. Il y avait un type — un professeur d’anglais — qui nous a narré une histoire invraisemblable — il est devenu un personnage désagréable dans une pièce écrite par un de ses protégés. Le prof est allé à la première représentation et a été profondément choqué de voir un personnage portant son nom sur scène. Selon l’ami du prof, c’était un acte de vengeance de la part de l’écrivain, qui l’avait aimé (selon l’ami du prof). La pièce a plus tard été montée par le Manhattan Theatre Club, producteur renommé de pièces de théâtre à New-York. Quelquefois on n’a vraiment pas de chance (mais l’histoire m’a fait sourire, je l’avoue.)

décembre 16, 2003

Les fêtes des fêtes

L’expérience enseigne que cela va presque toujours tourner mal quand on commence avec du champagne sans avoir rien mangé — on a commencé avec le Veuve Cliquot et avant d'aller à la fête d'hier soir on est d’abord descendu dans le hall de l’immeuble où l’on donnait un cocktail pour les résidents. Là il y avait un beau barman blond à qui tous les habitants gays (comme l’ami galeriste) s’intéressaient.

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Le beau barmen et, à gauche, un ami portoricain de l'ami galeriste qui, lui, est assistant pour un « top model » dont il ne m'a pas révélé le nom

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L'Empire State Building illuminé pour les fêtes en vert et en rouge

Ensuite on est allé à l’autre fête, dans un loft dans le Garment District, dans la 38e rue ouest. C’était bourré de monde, à ma surprisej’enconnaissais pas mal (et je ne sors plus dans le monde), on buvait un peu trop de vin blanc très ordinaire. C’est drôle de revoir des types auxquels on a autrefois fait la cour à Fire Island.

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L'intérieur du bar Hell

On est parti à une heure décente (Dieu merci) mais on s’est alors décidé d’aller faire un tour au bar Hell dans le quartier des bouchers en gros. Je ne sais pas comment j’ai osé prendre des photos dans le bar mais je l’ai fait. J’ai même capturé ce couple d’innocents.

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Des inconnus à Hell — qu'est-ce que j'ai pu leur dire ?

marchedenoel.JPGLe marché de Noël

Ce matin c’était, euh,un tout petit peu difficile de se réveiller. On a fait un tour au marché de Noël de la place Union avant d’aller voir le film « Something’s Gotta Give » — comédie sentimentale passablement amusante — Jack Nicholson et Diane Keaton sont bien, mais le scénario est plutôt banal. On aurait voulu voir « Le retour du roi » mais il n’ouvre que ce soir à minuit, bien trop tard pour nous. (Le beau monsieur Mortensen dont la photographie par Bruce Weber se trouve sur la couverture de http://www.condenet.com/mags/vanityfair/Vanity Fair de ce mois est passé par notre petit village au Connecticut il y a quelques semaines — les serveuses au restaurant et la propriétaire en étaient ravies.)

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Le clocher et l'immeuble de la société d'assurance Metropolitan Life dans la place Madison

décembre 15, 2003

Succès

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Sans titre

Un sapin de Noël porno ?

On nous invite ce soir à une soirée où il faut apporter un ornement pour décorer le sapin de Noël. Bon. Il y a plein de magasins dans le quartier qui vendent de jolies boules. On va y faire un tour efficace. Mais non, ce n’est jamais aussi facile que ça. On ne veut pas, on nous prévient, de décorations traditionnelles et familiales commes les beaux ornements qu’on voit ici. Non, on préfère quelque chose de « spécial » pour le sapin de ces deux artistes homos. Ah ? Genre quoi ? je demande à mon interlocuteur. Ben, n’importe quoi de pornographique serait le bienvenu ! Ah la la, maintenant ça pose quelques problèmes — mais on va tout de même essayer de les résoudre avec succès. On laisse tomber donc les magasins de bon ton pour les gentils petits sexshops (il y en a plein ici aussi, hmm) où on espérera trouver quelque chose d’exquis dans un goût, disons, moins traditionnel. (Je vais essayer d’en prendre une photo quand on l’aura acheté, ce joyau encore inconnu, pour la publier ici.)

décembre 14, 2003

Le temps qu'il fait

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Une des rues voisines dans le village — la maison jaune est celle du maire et de son ami prof d'école — c'est notre Delanoë, quoi !

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Betty enneigée qui essaie d'enlever la neige de ses pattes dans une rue près de chez nous

Et après ?

Voilà, on l’a capturé, le bourreau de Bagdad. Je me demande mainstent ce qu’on a l’intention d’en faire : on lui fait un procès ? À Bagdad ? À la Haye (pense pas) ? À Washington (non plus) ? Le « grand ayatollah » Ali Husaini Sistani, qui a son propre site web ici, aura sûrement une opinion importante là-dessus.

J’ai passé une heure avec Betty à jouer à la balle sur le gazon gelé du parc de l’ancien Phare, où il faisait assez froid, avec du vent. Betty l’adore, bien sûr, vêtue de sa fourrure « personnelle ». Il y a, paraît-il, une nouvelle tempête de neige ou de neige fondue ou de pluie avec un peu neige qui monte la côte est vers nous.

Hier soir on était devant nos ordinateurs dans la « salle de séjour » (ça fait un peu désuet, ce terme, non ?) et tout d’un coup je vois de côté quelque chose qui bouge sur le porche — ça marche lentement, ça a une large rayure blanche au dos — ah la la, c’est une mouffette, toute mignonnequi se dandine doucement devant les portes-fenêtres, ce qui rend, bien sûr, la Betty folle furieuse, sautant devant le verre , tandis que la mouffette, insouciante, continue à fureter sur le porche et sous le banc de jardin d’à côté.

La neige a commencé — les présentateurs de la météo à la télé deviennent de plus en plus hystériques en annonçant la progression inexorable de la tempête. Pour rentrer à New-York ce soir, on va voir.

décembre 13, 2003

Les obligations mondaines presque manquées

On vient de rentrer, le copain et moi, d’un cocktail qu’on avait (presque) oublié. Là j’ai parlé avec un Hollandais originaire de Groningue qui a (un peu secrètement) envie de rentrer chez lui (c’est un océanologue qui travaille pour la NASA et je le connais de vue depuis des années mais c’est la première fois que je lui aie pu lui dire plus qu’un bonjour ). Sa femme, dont je connais mieux la mère, ne veut pas quitter leur petit coin connecticutais — ils ont aussi deux enfants, donc ça peut se comprendre, et il y a en plus la mère qui partage son temps entre le village et Washington. On parlait de la planète Mars (où il est certain qu’il y a des formes de vie souterraines). Je lui ai dit que je voulais bien dépenser de l’argent pour l’exploration de l’espace. Lui il m’a répondu que ce serait en effet beaucoup moins cher que payer pour ce qui se passe actuellement en Irak. Je lui ai demandé s’il voudrait rentrer aux Pay-Bas. « Ah, tu sais, l’Europe va avoir dix ans de grandes difficultés sociales et politiques » m’a-t-il répondu. « Ce n’est peut-être pas le meilleur moment. Pourtant… » Il connaît les États-Unis probablement bien mieux que moi, ayant habité à Hawaï, à San-Francisco, et à Miami avant de s’installer au Connecticut.

L’amie écrivain nous a invité à dîner chez elle Noël. Son fils et sa bru viendront de Washington. Il y aura aussi ma mère. Je vais acheter à New-York le chapon qu’elle veut.

décembre 12, 2003

La perfection et d'autres sujets

On est bel et bien sorti hier soir avec l’amie marchande de tableaux — on a finalement choisi un restaurant un peu touristique mais pas trop loin de chez nous, Ye Waverly Inn où il ne serait pas nécessaire de s'habiller trop correctement (le copain était en jeans). Moi j’avais envie d’une sorte de ragoût non-spécifié, genre « comfort food » un peu lourd et rechauffant (c’est le temps qu'il fait, non ?) et on s’est décidé d’aller au Waverly Inn dans la rue Bank (pour une photo de l’extérieur, cliquez ici) qui est vaguement réputé pour être un endroit favorisé par les lesbiennes. Le restaurant, fondé en 1920, se trouve dans un immeuble qui date des années 1840, le décor d’intérieur est « de charme », assez vieillot, ainsi que les garçons (d’un certain âge) qui zézaient et vous appellent « darling » dans une phrase comme « And what are you going to have to thtart, darling ? ». En dépit de tout, il n’y avait pas de ragoût sur la carte, j’ai donc dû choisir le filet mignon saignant (à l’américaine, à point pour un Français) avec des champignons et de la purée de pommes de terre, accompagné d'une bouteille de shiraz australien qui n’était pas mauvais.

Notre conversation de table avait un côté curieusement schizophrène : on parlait de « South Park » et on se demandait qu’est-ce qui nous pousserait à quitter le pays dans les mois à venir, surtout si Bush gagne l’élection présidentielle l’année prochaine. Nous nous sommes rendu compte de l’absurdité (en apparence) de nos inquiétudes au milieu d’un restaurant plein de gens bien habillés et vraisemblablement raisonnables. Mais… Le copain a dit qu’il aurait peur si l’on arrêtait le présentateur de journal télévisé Peter Jennings de la chaîne ABC (il a l'air d'être le plus « éclairé » des présentateurs, c'est pour cela qu'il est détesté par les partisans de Bush). L’amie marchande de tableaux a répondu qu’on n’arrêterait jamais M. Jennings mais qu'on nous dirait qu’il était tombé malade et c’est comme ça qu’il disparaîtrait de nos écrans. Pour moi, une motivation de quitter New-York (et donc les USA) serait une suspension de la Constitution « pour raisons de sécurité nationale » — un scénario déjà contemplé par l’ancien général Tommy Franks dans une interview publiée dans le magazine Cigar Aficionado de décembre. Les plus cyniques parmi nous disent que l’administration aurait besoin d’un nouvel « événement » terroriste en Amérique pour pouvoir faire peur à l’électorat et se faire réélire.

Sur un autre sujet, le copain m’assure qu’il nous faut tous établir des buts spécifiques à réaliser dans la vie — lui, il a envie d’obtenir (achat , location, don — le moyen exact lui importe peu) un appartement dans un de ces deux immeubles où il aimerait beaucoup habiter. Vu mon inaptitude innée et bien démontrée pour les affaires, il va falloir me concentrer — ouf !

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Cet immeuble serait acceptable

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Mais voici l'immeuble parfait !

Dans le premier des deux immeubles habitaient (et habitent toujours peut-être) deux hommes que nous avons, avec une jalousie méprisante, nommés « le couple parfait ». Ce couple, tous les deux beaux, bien bâtis, à l'air organisé, passaient leurs week-ends d'été, comme nous, dans une maison aux Fire Island Pines et on les voyait qui rentraient le dimanche soir en même temps que nous de l'îlot magique à la Ville Émeraude (non, pas Seattle la pluvieuse, mais la vraie ville, là où habitait le Magicien d'Oz, c'est-à-dire New-York) — ils prenaient le car spécial où l'on nous servait des cocktails et qui nous déposait à l'angle de la 12e rue ouest et la place Abingdon (qu'on est en train de réaménager à présent). Ça coûtait un peu plus cher que le train de la LIRR mais nous avions avec nous la Betty, qui n'avait pas le droit de voyager en train. Donc on les voyait, le « couple parfait », presque tous les weekends et c'était vraiment le comble (du désespoir, de la jalousie, d'une triste compréhension de l'injustice foncière du monde) quand nous nous sommes rendu compte qu'ils habitaient dans l'immeuble parfait devant la place Abingdon. C'était trop juste, et trop injuste, à la fois. Cela l'est toujours, je pense.

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Le café-restaurant milanais Sant Ambroeus vient d'ouvrir ses portes ce lundi dernier à deux pas de chez nous

décembre 11, 2003

A la recherche d'une cafetière

On nous menaçait hier soir d’une pluie torentielle qui n’est pourtant jamais venue. Hier soir le copain et moi, tous les deux crevés après avoir mal dormi, nous avons loué la première partie (deux cassettes) d’une excellente série anglaise de la BBC au nom de « House of Cards » — c’est d’une méchanceté cynique délicieuse, surtout le rôle de l’homme politique ambitieux joué par l’acteur Ian Richardson.

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Mais qu'est-ce qu'ils font là ?

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Ah, ce sofa, ça va où, madame ?

Même sans les flots prévus, ce n’était pas une matinée à faire plaisir aux déménageurs ou surtout à leurs clients. On avait monté cette grue dans la pluie pour hisser un canapé par une fenêtre — ce n’est pourtant pas un immeuble de luxe, comme ça se voit, mais ça doit être atrocement cher de faire monter le mobilier à l’extérieur de l’immeuble.

Je vis depuis une semaine sans cafetière. C’est-à-dire qu’au lieu de m’asseoir devant le portable habillé en robe de chambre à sentir l’odeur exquise de mon café hispanique préféré en train d’être préparé, j’ai dû enfilerde vieux pantalons en velours côtelé, un sweat-shirt « aromatique », des moccassins nautiques et rendu ainsi plus ou moins décent, je vais chez les Palestiniens du délicatessen du coin pour acheter deux tasses de café au lait plutôt infectes que je ramène chez nous. (Le copain, lui, n’a jamais pris l’habitude du café.) Cet après-midi on est allé chercher une nouvelle cafetière au magasin Gracious Home (souvent désigné « Gracious Homo » pour sa clientèle ainsi que pour son personnel) — le copain s’est acheté deux oreillers (il se plaint depuis des mois de nos anciens oreillers en duvet et plumes d’oie qui sont, je l’avoue, presque plats — mais moi je les adore comme ça). Il lui fallait aussi un nouveau mini four électrique parce qu’il aime le toast. « Pourquoi pas un grille-pain alors ? » je lui ai demandé. « J’aime pas » il me répond. « Ça ne fait pas autant de choses. » Bon, il n’est jamais vraiment question de logique chez nous.

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La vue à partir de la station de métro vers le sud (au long de Broadway)

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La vieille station de métro de la 72e rue et Broadway

La succursale la plus proche de chez nous se trouve dans le Upper West Side. On a pris le métro jusqu’à la station express de la 72e rue et Broadway. Oh la la, c’est vraiment un quartier que je n’aime pas — et j’y ai vécu pendant des années, dans la 75e rue. Trop de monde, pas assez de caractère — y a rien à faire, je suis snob, j’adore le Village.

L’amie marchande de tableaux est de retour de la foire d’art de Bâle à Miami-Beach et elle repart pour Chicago à la recherche de quelques tableaux. Donc on va aller dîner avec elle ce soir.

Ici on se moque de la manière maladroite dont l’administration a interdit aux sociétés de pays qui ont refusé de participer à l’intervention militaire en Irak, tout en demandant à certains de ces mêmes pays de bien vouloir « pardonner » la dette contractée par le régime de Saddam Hussein. C’est incroyable.

Il n’est pas trop rassurant non plus d’apprendre que la moitié à peu près des recrues pour un nouveau bataillon irakien, à savoir 300 hommes, ont déjà quitté le service militaire. C’était bien sur eux qu’on comptait pour « irakiser » les forces d’ordre.

décembre 10, 2003

Envie de riz

Le gentil Tobias, jeune employé chez Tekserve aux piercings multiples, m’a téléphoné hier pour me dire que le nouveau portable était prêt — on avait transféré les données du disque dur de l’ancien au nouveau, avec toute la mémoire, mais on n’a pas pu y mettre le disque dur lui-même par qu’il y avait (cela va sans dire, je crois) des éléments corrompus.

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De la pub révisée sous un abri d'autobus dans la 23e rue ouest

On est allé à la 23e rue récupérer les deux machines. Là,un autre jeune homme dont le corps était tatoué un peu partout m’a remis les portables. Le copain a dû réinstaller tous les programmes que j’avais dans l’autre machine et on a donc dû retrouver les disques d’installation pour Word for Office et GoLive et tous les autres. Pas trop difficile mais pas trop drôle non plus.

On est sorti dîner avec l’ami péruvien qui part vendredi soir pour Lima, où il restera chez sa mère jusqu’au 2 janvier. J’avais envie de manger du riz et on est donc allé à un restaurant espagnol à un bloc de chez nous qui s’appelle Sevilla. À présent un peu touristique, le restaurant espagnol se trouve à l’intersection de la rue Charles et la 4e rue ouest depuis 1941. On a mangé une grande paëlla avec — ¿ como no ? —un grand pichet de sangria. Heureusement que je me suis traîné au gym ce matin.

Ce matin le copain a fait sa première réunion d’affaires avec quelqu’un d’inconnu (il a déjà quelques petits travaux qui viennent de gens qui le connaissent) — une femme qui s’occupe de la technologie pour une petite maison d’édition. Tout s’est bien passé et il est hypercontent. Je le suis aussi.

décembre 09, 2003

Broadway Baby

Voici un site (trouvé chez Politics in the Zeros, un carnet californien de Los-Angeles que je visite de plus en plus souvent) qui fait rêver (bien que la Californie m’intéresse plus qu’elle ne m’attire). Le billet qui m’a dirigé vers ce site parle d’un procès entamé par l’actrice Barbra Streisand qu’on qualifie dédaigneusement de « libérale de limousine ». Ceci me rappelle (inévitablement ?) cet épisode de « South Park » qu’on vient de regarder à la campagne (merci, Monsieur Tivo) dans lequel Mlle Streisand se transforme en monstre géant qui écrase le village coloradain jusqu’à l’arrivée heureuse de Robert Smith, du Cure, qui la défait. N’importe, les photos de la côte californienne sont extraordinaires et je me suis « promené » au dessus de Malibu, de Santa-Monica, de Venice, de Big-Sur, de Carmel-sur-Mer, de La-Jolla avec un plaisir inattendu.

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Le Times Square au crépuscule

« Je m’en fous si l’on me siffle de l’anthrax dans le cul avec une paille : je ne quitterai jamais New-York. » Voici le défi coloré prononcé sur scène devant une salle d'acteurs et d'amateurs de théâtre new-yorkais par le comédien Mario Cantone lors de la première représentation du spectacle de la remise des prix du « Gypsy of the Year 2003 » hier après-midi. Un « gypsy » dans la langue du théâtre new-yorkais, c’est l’artiste dont le nom ne paraît pas en vedette sur l’affiche. Les « gypsies », ce sont ces « inconnus » du spectacle, les danseurs, les figurants, qui vont de spectacle en spectacle, tout un monde qui se connaît des heures passées en attendant dans les couloirs de salles d’audition, dans les cours de danse jazz. Depuis 1989 les « gypsies » organisent un concours annuel au bénéfice de l’organisation « Broadway Cares/Equity Fights Aids » — (Equity, c’est le puissant syndicat des artistes du théâtre) et c’est un spectacle pas comme les autres ! Cette année le concours se passe au Palace, énorme théâtre où l’on joue actuellement l’Aïda d’Elton John et de Tim Rice (une production Disney). Nous sommes allés à la « première » du concours — il n’y a que deux représentations en tout, la seconde aura lieu aujourd’hui devant les « juges » qui choisiront le meilleur numéro « gypsy ». Moi j’avoue que je suis accro de théâtre. Je suis le plus content quand je me trouve assis dans le noir d’un théâtre à attendre le lever de rideau.

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Devant le Palace

Le concours des gypsies c’est troujours assez ironique — dans le premier numéro, on se moquait des « group sales » — les ventes en groupe — là il s'agit souvent des lycéens en premier voyage à New-York (qui ne s’arrêtent pas de bavarder en dépit de ce qui se passe sur scène), ou des vieux banlieusards (qui ne s’arrêtent de faire du bruit en ouvrant des bonbons). Dans les numéros qui ont suivi on se moquait de Melanie Griffith (à plusieurs reprises), de producteurs avares, de vedettes idiotes. Les troupes de gypsies d’« Aida » et du « Lion King » ont tous les deux offert des danses rythmiques énergiques. Il y avait plein de blagues disons osées (« Hugh Jackman gives me wood » prononcé par une marionnette) sur les appas de la vedette australienne du « Boy from Oz ». Un duo de la comédie musicale « Urinetown » (qui ferme en janvier parce qu’on rase leur théâtre pour y construire un nouveau gratte-ciel pour une banque) nous a offert un tour d’horizon acide sur la situation actuelle des productions à Broadway aux vifs applaudissements et hourras de l’assistance — dont une bonne partie étaient de jeunes acteurs qui en connaissent les vraies histoires. On est sorti du théâtre vers 18h30, tous les jeunes artistes qu’on venait de voir sur scène, les yeux (très) maquillés, le rouge aux lèvres, se rassemblaient avec leurs ami(e)s au long de l’extérieur du théâtre à allumer des cigarettes et à se parler de ce qu’ils venaient de voir. J’ai adoré, franchement. Un excellent moment qui me rappelle pourquoi j'habite toujours ici.

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Une autre vue de Times Square

De retour chez nous on apprend qu’Al Gore donnera son appui officiel à la candidature de Howard Dean pour la présidence. (Il l’a fait à Harlem ce matin.) C’est énorme. Et ça va sûrement couler la campagne présidentielle de Lieberman.

décembre 08, 2003

Moments parmi la HSH de Manhattan

Il fait -4º dehors (pas beaucoup plus chaud dans l’appartement non plus, brrr) et j’ai mal à la tête grâce, je le suppose, aux vodka-canneberge avalées hier soir lors d’une sorte de réception à laquelle on a assisté avec l’ami galeriste aux Quais de Chelsea.(dont le propriétaire partageait une chambre avec le « président » Bush à l'université Yale — « fait curieux sans application aucune »). Il s’agit d’une fête organisée par quelques membres de la « Haute Société Homosexuelle » de New-York où, pour y être admis, on a dû apporter un ou plusieurs jouets d’enfant qui seront distribués pour les fêtes à des familles nécessiteuses new-yorkaises. Je ne pourrais pas imaginer le nombre total d’heures de musculation et d’aérobique représentées dans cette énorme salle de réception au bord du fleuve Hudson bourrée de plusieurs centaines d’hommes (la plupart dans leur trentaine) qui regardaient et se regardaient. J’en connaissais quelques-uns de mon passé fire-islandais et du gymnase (« c'est comme le Pines ici, mais habillé » j'ai entendu en passant à côté d'un groupe), l’ami galeriste en connaissait un tas de visages nouveaux (les plus beaux, bien sûr), on a même croisé d’anciens collègues du copain qui, ayant délaissé leurs postes de « bonnes actions » chez GMHC, bossent maintenant chez HBO ou Time-Warner. J’ai reconnu un bel Allemand qui n’aime que les noirs, j’ai parlé avec quelques galeristes branchés trop heureux de me dire du mal de la foire de Bâle version floridienne qui s'est déroulé à Miami Beach le week-end dernier. Vers 19h45 il y a eu un exode vers les portes à cause de l’émission de « Angels in America » qui débutait hier soir sur HBO. A 20 heures il y a eu un frisson de surprise quand le maire de New-York, Michael Bloomberg, est entré. Il a d’abord remercié tout le monde d’être venu avec des cadeaux et ensuite il a plaisanté sur la réglementation anti-fumeur en vigueur.

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Un sapin de Noël bien du Village

L’ami galeriste, qui avait retrouvé un jeune ami « assistant personnel » d’un mannequin important (non, je ne lui ai pas demandé le nom de son patron, il avait l’air de garder cette info comme d’un secret d’état), le copain et moi, nous sommes allés, tous les quatre, dans la voiture de l’ami galeriste, au Lower East Side, où on a mangé des tacos de poisson-chat (si, si) vantés par le jeune assistant personnel. Lui, il se plaignait de vieux pédés qui « donnent de l’attitude » et qui se servent trop de « product » (un terme inclusif d’usage tout récent pour signifier toutes les substances qu’on met ou pourrait mettre dans les cheveux, ça se dit constamment chez les Fab Five de « Queer Eye for the Straight Guy » — émission que le copain aime bien mais moi je peux m'en passer sans problème) pour faire jeune. « Après 35 ans » il nous a expliqué avec emphase « il faut dire bonjour à tout le monde. »

J’ai finalement réussi à décharger l’appareil photo — voici quelques photos prises il y a deux semaines que je n’ai pas pu publier avant maintenant.

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A côté du magasin Tekserve dans la 23e rue ouest où j'ai apporté mon pauvre portable pour réparations

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Dans la 23e rue ouest, au coin de la 6e avenue, sous un ciel d'hiver la veille de Thanksgiving

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Une nouvelle discothèque Avalon remplace (enfin) l'ancien Limelight dans la 6e avenue

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C'est au 2e étage dans cet immeuble dans la Park Avenue qu'on a fait notre dîner de Thanksgiving, les invités de la belle-mère du copain

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L'après-midi de Thanksgiving, il y a peu de circulation dans l'avenue Madison

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La 5e avenue est désertée aussi

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Comme la Park Avenue

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La 60e rue vers l'ouest (avec les tours jumelles du nouveau siège social de AOL Time Warner au fond)

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La chaîne sportive ESPN faisait une émission spéciale devant l'immeuble de la General Motors dans la 5e avenue

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Une vitrine de fleuriste dans la rue Bleecker près de chez nous

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La mer bouillonne dans la tempête de la semaine dernière

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Une vue de la place Sheridan hier après-midi

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La rue Christopher, à l'air un peu triste après la tempête de neige du week-end dernier

décembre 07, 2003

La cheminée invisible

Notre tempête de neige s’est terminée tôt ce matin — ça a un côté romantique, surtout pour le copain qui adore la neige. Pourtant il nous manque (et bien malheureusement) une cheminée dans notre cabane pour nous rechauffer, pittoresquement allongés sur un tapis de peau d’ours en tenant entre les mains une boisson chaude et fortifiée, pendant les intempéries hivernales.

C’est peut-être typique. Il y a six ou sept ans, on se décide finalement d’acheter une maison quelque part en dehors de New-York. Nous nous disons que Betty la chienne en a besoin. On connaissait assez bien les Hamptons, les Pines au Fire Island, et ce qu’on appelle ici « upstate », c’est-à-dire la campagne au nord et au nord-ouest de Manhattan. On avait fait aussi quelques tours dans le comté de Litchfield dans l’ouest de Connecticut, ainsi que dans le comté de Bucks en Pennsylvanie, une région très jolie, dont la ville principale est New Hope, un village aux affinités gaies plein de gîtes, de restaurants et de boutiques, une sorte de Provincetown rural (mais à 1 heure de Philadelphie et à 2 heures de New-York). Mais on n’avait jamais vu de propriétés. On commence pour de vrai notre recherche lors d’une visite chez une de mes sœurs qui habite dans la partie orientale du Connecticut. C’est elle qui nous a demandé de bien vouloir accompagner une amie à elle qui venait de devenir agent immobilier agréé et qui avait besoin, selon ma sœur, d’acquérir de l’experience en faisant visiter les maison aux clients. On est d’accord d’aller avec cette jeune femme voir quatre ou cinq petites maisons dans le coin pour lui venir en aide. On lui explique d’abord combien d’argent on propose d’offrir et les caractéristiques qu’il nous faut, dont une cheminée (sentimentalisme pd oblige). Ce jour-là, en février, il fait un temps vraiment dégueulasse — froid, gris, pluvieux. Timide et gentille, elle nous fait visiter la première maison. Trop près de l’autoroute, on l’appelle vite la maison de Betty morte. Donc, non, cela ne va pas. La deuxième maison est meilleure, mais il n’y a pas de salon — ce qu’on nomme le salon n’est en vérité qu’un ancien porche large et peu profond converti en living inhospitalier. On continue, c’est agréable de regarder dans ces maisons, on n’a rien d’autre à faire. Bon, on arrive à la troisième maison — j’avoue que je la connaissais déjà de vue et que je l’avais signalée il y a un an au copain comme la sorte de maison modeste qui me plairait comme résidence secondaire. On entre — il y a là une autre agente, grande, mince, à l’air un peu hautain, qui commence à nous montrer le rez-de-chaussée. Moi je la quitte tout de suite pour monter au 1er, ce qui est en fait une sorte de grenier converti en loft. L'agente est vexée que je ne la suive pas. Tant pis. J'explore partout. Les plafonds sont très bas (c’était construit vers 1760, une maison d’ouvrier), le terrain est tout petit, juste assez de place pour un infime jardin de quelques roses et d’autres plantes et une bande étroite de gazon. La cuisine a été refaite par le propriétaire, on a aussi refait l’installation électrique partout, il y a une petite chambre d’ami avec salle de bain en bas — c’est parfait, quoi ! Ben non, pas tout à fait — ça possède un vrai charme, on se sent vraiment bien dans la maison, mais il n’y a pas de cheminée ! Que faire alors ? On s’en va, on rentre chez ma sœur, on discute assez fiévreusement le pour et le contre. Le pour : c’est joli, c’est petit, c’est pas trop cher, c’est dans le village donc je peux aller à pied acheter le Times et un demi-gallon de lait écrémé, il y a la mer à 50 mètres des deux côtés (on est sur une presqu’île). Le contre : il n’y a pas de cheminée. Mais on veut absolument une cheminée ! Finalement on se décide de faire une offre (très basse, d’ailleurs) pour la maison. Une surprise pour l’agente immobilière qui ne s’attendait pas à être obligée de compléter toute la paperasserie pour l’achat d’une propriété la première fois qu’elle fasse visiter des gens. Mais tant mieux pour elle, c’est de la bonne chance.

Après deux semaines de tourments variés (le copain a failli succomber à une crise de nerfs, tellement il n’aimait pas « négocier » sur le prix) dans lesquelles on avait d’abord laissé tomber la maison pour recevoir ensuite un coup de téléphone de notre agente pour nous dire que les propriétaires avaient « reconsidéré » notre offre et qu’ils étaient maintenant prêts à l’accepter. Et voilà, c’était fait — hé bé, pas tout à fait, il y avait ensuite la course à l’hypothèque, mais tout cela c’est une autre histoire dans notre vie de couple de faux adultes.

Donc, on aime bien notre petite maison, elle nous va à merveille. Mais elle n’a toujours pas de cheminée. C’est dommage, mais quelquefois il faut prendre les choses comme elles sont. (Reniflement — je n'ose pas employer « sniff » !)

décembre 06, 2003

Un temps de tempete

La balade de Noel d’hier soir etait finalement assez perturbee par la tempete de neige – de nombreux accidents de route sur l’autoroute I-95 ont retarde beaucoup de gens qui viennent regulierement passer les week-ends dans le village (une amie à nous a quitte Manhattan à 14h et est arrivee dans le village à 23h). On a quand meme chante des chants de Noel en buvant du cidre doux chauffe (ouais, ca a un cote assez mievre, je sais, mais les enfants semblent apprecier.) Comme à l’eglise je reste muet, surtout parce que j’ai une tres mauvaise voix. Ensuite on est alle faire un tour dans les boutiques. Chez des amies antiquaires charmantes j’ai achete un joli petit plat à petits gateaux que je donnerai en cadeau à la partenaire en course à pied du copain et son mari, qui sont partis à Londres hier soir pour faire de la chasse en Gloucestershire (le mari) et pour voir quelques expositions (la femme). Il y avait aussi une vente aux encheres « silencieuse » en faveur de notre petite bibliotheque locale dans laquelle le copain a « gagne » un dessous de bouteille argente pour $70.

On est rentre chez nous vers 8 heures du soir. J’ai prepare un diner rapide de lentilles et de saucisses et on a regarde la tele, ou il y avait une emission vraiment reversante sur le gaspillage d’argent incroyable effectue par les gens du Pentagone decrit par un agent qui y travaillait pendant 30 ans. C’est de la folie furieuse ! Plus d’un trillion de dollars se sont perdus depuis pas trop longtemps ! Les comptables du departement de la defense n’arrivent pas à les retrouver et il faut demander chaque annee au Congres la permission d’ignorer les problemes de comptabilite – une compabilite requise en principe par la loi federale – parce les comptes ne peuvent pas passer une verification de comptes reguliere. Et tout ceci est fait avec la complicite de nos chers representants. Le Pentagone, c’est un « self-licking ice cream cone » (une idee tellement insolite que je n’ose pas tenter de la traduire) selon la phase prononcee par l’interviewe Chuck Spinney, l’agent du Pentagone qui parlait avec Bill Moyers. (Des lundi on pourra regarder l’emission entiere en ligne, au www.pbs.org.) M. Spinney, tres intelligent, compare le cote depensier du Pentagone à celui de Louis XIV – il appelle, en riant, le Pentagone « Versailles on the Potomac ». Il avait ete invite à presenter un rapport sur les depenses du Pentagone devant une commission du Congres en juin 2002 – c’est tout à fait extraordinaire (et aussi deprimant) combien les grandes industries de la defense nous volent de l’argent, avec la connivence vraiment active des forces armees et des nos « representants ». Mais, voyez-vous, il est impossible d’etre « contre » la defense du pays – etre contre, c’est en fin de compte etre traitre, donc c’est bien facile de faire passer des autorisations de financement de projets militaires pour le moins douteux et qui font gagner beaucoup d’argent aux memes types qui donneront ensuite pas mal d’argent pour financer les campagnes electorales de ceux qui leur ont aide à s’enrichir.

Des nouvelles plus gaies : on attend la reouverture du theatre La Fenice à Venise la semaine prochaine. Dans le New York Times d’aujourd’hui on a publie une sorte de
vue d’ensemble
de notre quartier à New-York (attention, c’est une perspective nettement immobiliere).

Je ne me rappelle plus ou j’ai repere ce site amusant qui s’appelle Betty Bowers. Mme Bowers (qui se declare la meilleure chretienne de l'Amerique) se demande si Bush ne serait pas gay, vu son penchant curieux pour le mot typiquement gay de « fabulous ». Elle en parle longuement sur cette page.

La tempete de neige a recommence pour de bon – en principe on est invite à diner chez des amis ce soir. On a reussi à conduire (lentement) au gym ce matin (à cause du mauvais temps ils se sont decides à fermer à midi, heureusement que le copain et moi, on y est arrive à 10h30) sur des routes pas trop glissantes, mais maintenant, ca neige tres fort, et avec beaucoup de vent. La maison ou l’on va n’est qu’à quelques pas de chez nous, en effet, donc on s’habillera en Esquimaux pour nous y rendre. Le mari, avocat, est grand francophile – son pere scenariste habitait Paris pendant des annees d’abord avec la mere (un peu folle) de notre ami et ensuite, apres un divorce, avec sa deuxieme femme, une Franco-americaine (c’est-à-dire, Francaise avec une grand-mere americaine – histoire typique un peu à la Henry James). Lui, on l’avait mis comme pensionnaire avec son frere dans une ecole jesuite au Mans. Histoires droles de douches froides une fois par semaine et d’autres atrocites hilaires de ce genre.

décembre 05, 2003

Une balade de Noel

Il commence enfin à neiger (c’etait prevu pour hier soir, mais il ne s’est passe rien jusqu'à il y a une heure). Mais bon, le petit evenement local commencera à 17h30 avec l’allumage d’un arbre de Noel dans le parc au milieu du village. On y marmonnera ensuite quelques chants de Noel sous la direction du chef de chœur neo-zelandais de l’eglise episcopale. « Silent Night », « O Little Town of Bethlehem » et « Adeste Fideles » y feront surement partie de la selection. De la on passera aux boutiques – il y a un cote bien commercial dans tout ceci, vous vous en doutiez – ou on offrira à boire et à manger en esperant qu’on voudrait bien acheter quelque chose pour en faire un cadeau de Noel. On verra.

Après avoir quitte le gymnase vers 2 heures je suis alle au supermarche pour acheter de quoi manger chez nous si on est bloque a cause de la tempete – c’etait bourre de monde, toutes les memeres avaient la meme idee, dans les allees on faisait du « bumper car » avec les chariots. Ca ne cede pas, nom d'une pipe (expression delicieuse apprise en Bretagne). Elles sont vraiment dures, ces vieilles femmes ! (A bas l'agisme et le sexisme, a la fois !)

décembre 04, 2003

C'est toujours plus cher, n'est-ce pas ?

Ça fait quelques jours déjà que je n’ai pas pu trouver le temps de rédiger même un court billet (à vrai dire, cela me prend plus de temps d’écrire en français puisque je fais un effort, trop souvent insuffisant, d’écrire avec plus de soin que quand j’écris en anglais, mais bon…).

On m’a appelé aujourd’hui avec la triste nouvelle que la réparation éventuelle de mon portable actuellement quelquepart en Californie me coûtera sensiblement plus que le montant qu’on m’avait donné au début — on est donc passé de $400 (c’est déjà quelquechose, je trouve) à $1200. A ce point-là, ne vaut-il pas mieux acheter un ordinateur tout neuf ? Le type au téléphone, très gentil en passant, m’a alors signalé que le magasin avait toujours en stock 38 portables G4 titanium — des derniers de série pourtant avec un processeur plus rapide que le mien— qu’on pouvait avoir pour $1600, muni d’une garantie Apple valable pour un an. Ah la la, faire une décision. J’ai finalement pris le nouveau ; on va renvoyer l’ancien de l’usine (je paie pourtant unesomme (ou $85 ou $185, j’ai pas très bien compris lequel) à Apple pour avoir ouvert et inspecté l’ancien portable) et on va essayer ici de transférer les données de l’ancien disque dur au nouveau — je n’ai aucune idée, bien sûr, où se trouvent mes disques d’installation pour Microsoft Office donc j’espère que je n’en aurai pas besoin.

Ce soir on part à la campagne — histoire de participer dans une sorte d’événement local demain soir. On prévoit pour plus tard une tempête de neige, mais on sera déjà chez nous.

A la télévision j’ai regardé avec horreur un porte-parole du département du travail qui « expliquait » pourquoi notre cher « président » avait mis en place des « safeguards » pour protéger l’industrie de l’acier et pourquoi il n’était plus besoin de maintenir ces « safeguards » parce qu’ils avaient marché tellement bien — c’est quand même de la perversion linguistique la plus basse, la plus exécrable de parler d’impôts et de tarifs douaniers punitifs (et illégaux) comme des « safeguards. » C’est pour ça que je désteste cette administration — c’est malhonnête jusqu’au fond.

décembre 02, 2003

C'est trop tôt

L’hiver est arrivé. Il a neigé aujourd’hui, et c’était même assez fort pendant quelques minutes. Suivi par un soleil brillant sans aucune chaleur.

J’ai réussi à me traîner au gymnase ce matin — il n’y avait personne. Trop froid, peut-être.

Le Times a mis un long article (assez idiot, d’ailleurs) sur les relations américano-canadiennes sur la une du journal papier aujourd’hui. Dans l’article il y a quelqu’un qui se plaint en disant « You can be a social conservative in the U.S. without being a wacko. Not in Canada. » (On peut être un conservateur social aux E-U sans être un cinglé. Pas au Canada.) Comme s’il ne s’agissait là que d’un trait de caractère désagréable. « French-speaking Quebec » est censé être la source d'un courant de gauche mal défini qui serait en train d'« européaniser » le Canada sur des sujets comme le mariage gay, l'intervention militaire en Irak (où il n'y a pas de soldats canadiens), la drogue douce — tant mieux !

décembre 01, 2003

Le train-train quotidien

Le retour des accents — je suis rentré cet après-midi à Manhattan où j’ai retrouvé l’ancien « Big Mac » que j’avais avant que le copain ne m’ait donné le beau portable comme cadeau d’anniversaire il y a deux ans (oui, oui, je sais, il est très généreux et non, je ne le mérite pas — ni lui, ni le portable). Après une pause d’à peu près deux semaines je suis rentré ce matin à la salle de muscu — à la campagne, c’est souvent plein de flics (dont certains, oui, sont pas mal, mais d’autres nettement moins). C’est marrant, comment les gens s’habillent de façon différente. À la campagne on porte des t-shirts inscrits de logos (Adidas, Umbro), de courses à pied (Rhode Island State Police 10K Survival Run, par exemple) ou de marques un tout petit peu démodées, telle Abercrombie & Fitch (à Manhattan on voit des t-shirts « Aberzombie » pour souligner le côté clone et robotique de cette mode « gayisante »). Dans la salle de sports à New-York les gens les plus cools portent de préférence des t-shirts avec des pubs pour déménageurs, électriciens, plombiers — un look consciemment prolétaire — mais ces sportifs sont pour la plupart, comme moi, de pigistes, de scénaristes, d’acteurs, de mannequins, de marchands d’art.

De retour à la maison, j’ai dû vite faire le ménage, écrire quelques petites lettres de remerciement, plier le linge propre (d’abord ça sent bon et en plus cela me permet l’illusion d’avoir une vie ordonnée et raisonnable). J’ai ensuite chargé la voiture et on est parti vers 16h20.

Arrivée chez nous à 19h10 — ç’aurait été plus tôt mais il y avait un accident sur le West Side Highway dans le sens nord (presque bloqué, naturellement) et une ambulance s’était stationnée dans la voie gauche du sens sud. Cuisine chinoise un peu diététique — à part les beignets à la vapeur.

Sur un autre sujet, j’ai quand même dû sourire en apprenant que l’administration Bush allait céder sur les impôts sur les importations d’acier — ils avaient peur que les Européens ne leur imposent des impôts visant à vexer des états très importants pour la « ré-élection » de Bush. Donc, le chantage a marché !

D’un autre côté, c’est assez déprimant de lire qu’on va libérer quelques-uns des prisonniers de Guantánamo — on les avait arrêtés, on nous apprend maintenant, sur la parole de quelques chefs afghans qu’on avait payés pour trouver des « terroristes. »

On a des ennuis avec l’ADSL à la maison — on vient de téléphoner à Verizon pour gueuler un peu. J’espère pouvoir publier ce billet.

Je n'ai rien écrit sur le SIDA aujourd'hui. Ce n'est pas parce que je trouve que la crise soit terminée. J'ai eu trop d'amis qui en sont morts. Je connais toujours trop de gens qui en sont atteints (et qui survivent grâce aux médicaments chers et compliqués qu'on appelle ici des « cocktails »). Cela me fait mal que les jeunes se foutent de leur santé, mais je les comprends aussi — c'est bien lourd de penser tout le temps à la maladie. Moi je n'ai pas pu, même en passant des heures dans les chambres d'hôpital à regarder des gens mourir. J'ai fait aussi Act Up — le copain s'est même fait arrêter à la capitole à Albany — et je suis très content qu'on ait forcé l'establishment médical à revoir les traitements et à écouter les malades, qui en savaient souvent beaucoup plus sur leur maladie que les médecins. En ce qui concerne le SIDA lui-même, je me tais. Je n'ai rien de très intelligent à ajouter.