Pas trop de surprises ce matin en lisant les résultats des dernières élections primaires. La montée de M. Kerry continue. Liebermann s’est retiré — enfin ! La situation ne semble pas brillante pour Clark. Moi je compte toujours voter pour M. Dean dans l’élection primaire de New-York, qui aura lieu le 2 mars. On verra ce que ça donne.
M. Kerry va probablement avoir des ennuis avec le rejet aujourd’hui par la Cour suprême du Massachusetts d’« unions civiles » à la vermontaise. Les guerres culturelles s’endurciront dans les jours à venir — de l’histoire débile (mais si significatif) du sein de Janet Jackson (elle s’est excusée par vidéo sur toutes les chaînes) au « mariage gay. » Cela ne va pas être joli.
Je viens d’écouter un rapport à la radio sur le rock français chrétien. Franchement, il laisse à désirer. Tout comme sa version américaine.
Hier en écoutant vaguement une émission à la radio publique, je me suis rendu compte peu à peu que je reconnaissais la voix du type que le présentateur était en train d’interviewer. Un ami de la campagne (qui, comme nous, habite aussi à New-York), il vient d’écrire un livre sur l’histoire de l’école de journalisme de l’Université Columbia — l’école de journalisme la plus célèbre aux États-Unis. C’est intéressant, le livre, sur lequel il a travaillé plusieurs années, et c’est aussi intéressant combien il trouve que le rôle des carnets Web s’approprie en quelque sorte celui des journalistes traditionnels, auxquels on ne peut plus se fier automatiquement par le fait qu’ils appartiennent à telle ou telle organisation médiatique connue. On en a parlé, lui et moi, devant nos maisons respectives, surtout à l’époque de l’invasion de l’Irak, quand on cherchait d’autres sources d’informations par Internet sur ce qui se passait là-bas. Le sabotage conscient des médias par l’administration Bush et leur prompt consentement l’ont atterré. C’est bien ce qu’il a dit hier à la radio aussi.
Voici ce que certains journalistes (dont quelques-uns de ma connaissance) ne comprennent pas et que je cite d’un commentaire chez Atrios écrit par un autre carnetier politique excellent au nom de David Neiwert (journaliste professionnel) à propos d’un article paru dans Salon (et curieusement révisé depuis) sur l’anonymat des carnets par un certain M. Farah (sans Fawcett). Pour un carnet Web, comme pour tout ce qu’il y a d’écrit sur la Toile, c’est la « crédibilité » — humour, actualité, politique, analyse, grossièreté, sexe, n’importe la qualité cherchée — qui compte. M. Neiwert écrit le suivant :
Ultimately your credibility comes not from your radio appearances or where your work is published (whether you're a journalist or not) but the quality of what you write.
This in reality is as true of published journalism as it is of blogging.
Unfortunately, the field of journalism is crowded with people who think that credibility is something you gain by who you are and who you write for. This means always treading carefully around the people who can help you get ahead.
Blogging -- honest, non-self-promotional blogging -- is risky for a journalist if he's worried about getting ahead, because inevitably you're going to piss someone off. I gave up worrying about that when I started blogging. And ya know what? My work has benefitted from it, IMHO.
I haven't gotten much in the way of publishing gigs (and hey, Mr. Farah, that includes Salon, where I used to write all the time; guess non-anonymous blogging isn't all that hot an idea) -- but I'm writing about the things that I think are important, and I'm publishing them, even if my audience is pretty limited. It's a good deal more satisfying.
But for guys like Sullivan -- and obviously, Chris Farah too -- the idea of any kind of journalism itself is inseparable from self-promotion. Which is why their work is so fundamentally dishonest and corrupt.
Sad to say, that attitude is endemic to the journalism profession these days.
Which is why blogs are becoming as important as they are -- traditionalist hissy fits notwithstanding.
(Pour les « hissy fits » c’est particulièrement difficile à traduire — la phrase veut dire un accès de colère pas très masculin aux sonorités sifflantes propres aux (stéréotypes de) femmes et aux (stéréotypes de) folles furieuses — un « hissy fit » fait sourire plus qu’il inquiète. Et c'est pourquoi on en voit à la télé — c'est un grand truc de sitcom)
Tout cela donne à réfléchir.