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février 29, 2004

Un dimanche après-midi à New-York

Cela fait drôle de passer un dimanche à New-York — rentré vers 18h de l’aéroport JFK après un vol presque parfait (aucune turbulence, le 747 bourré de monde, pas un siège libre et avec un minimum de place pour les jambes), on est sorti hier soir avec l’amie marchande de tableaux qui avait très gentiment gardé Betty chez elle.

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Betty s'amuse dans un terrain de basket dans un petit parc dans le quartier de Chelsea

Il fait bien plus chaud ici qu’à Londres.

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Dans le jardin intérieur de l'immeuble à Londres, les jonquilles sont déjà en fleur malgré les températures assez froides

Ici on est à 14º aujourd’hui, c’est le printemps (sauf pour les fleurs, dont il n'y en a point), tout le monde est dans la rue, à faire de la bicyclette, de la course à pied, et même le hockey sur rollers aux quais de Chelsea. On s’est promené dans la 8e avenue jusqu’à la 23e rue avec Betty et on est rentré par le parc de la rive du fleuve Hudson.

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Vue du West Side Highway vers le sud, avec les voies cycliste, piétonne, coureur

Ce soir, ce sera la cuisine chinoise livrée chez nous et on essaiera de regarder au moins le début de l’émission des Oscar (ça commence à 17 heures à Hollywood, 20 heures à New-York).

Voici quelques photos prises lors de notre promenade de cet après-midi.

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Vue de l'Empire State Building des quais de Chelsea

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Le bateau-pompier John Harvey à quai

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Un taxi aquatique dans le Hudson

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L'énorme champ de pratique du golf dans les quais de Chelsea

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Caserne de marins-pompiers délabrée dans le fleuve Hudson

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On a nous aussi nos bateaux-mouches, avec une toute petite Tour Eiffel derrière, quelque part au New-Jersey !

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On n'est pas toujours gentil aux chiens sur les quais !

février 28, 2004

Le retour au pays

Dans quelques heures on quittera l’appartement à Knightsbridge pour l’aéroport de Heathrow où l’on prendra l’avion pour New-York. Betty sera en principe chez nous à nous recevoir, avec l’amie marchande de tableaux. J’emmène avec moi dans l’avion toute une sélection de livres à faire passer le temps du voyage, dont un, assez « trash », qui s’appelle « Dancing with the Devil » et dans lequel il s’agit de l’histoire sordide d’une affaire menée par la duchesse de Windsor et un héritier pédé Johnny Donahue à Paris et ailleurs dans le monde. J’avais vaguement entendu parler du rôle un peu troublant qu’avait ce M. Donahue dans le ménage royal des Windsor exilés mais quand j’ai vu le bouquin sur une des grandes tables de la section biographie de la librairie Waterstones de Piccadilly, je n’ai pas pu résister.

Je n’ai pas acheté que de la porno mondaine — bien que… J’ai trouvé un petit livre de poèmes de John Betjeman dans une librairie ancienne, ainsi que le brouillon d’un livre (jamais terminé) par l’écrivain très curieux Ronald Firbank qui a lieu dans un New-York mythique des années folles peuplé d’héritières et de domestiques bizarres. Le livre s’appelle « The New Rhythum » (orthographe correcte) et c’est plein de vieilles photos de l’auteur et de sa chambre à l’université d’Oxford.

Bon, il faut que je commence la lessive — ces machines à laver anglaises me semblent trop compliquées ! Et le séchoir, c’est une vraie centrale nucléaire ! Je n’y comprends presque rien !

février 27, 2004

Le dernier soir à Londres

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Le rond-point de Piccadilly avec la statue d'Éros

Ça fait deux jours qu’on n’a pas eu de connexion internet sans fil dans l’appartement — le réseau n’est pas le nôtre mais appartient, on le croit, à quelqu’un qui habite dans l’appartement voisin — et je n’ai donc pas pu publier mes billets quotidiens hier et avant-hier. Ou le voisin mystérieux a compris qu’on lui piquait sa bande passante ou son routeur était en panne — mais c’est de retour cet après-midi ! Merci, voisin ! (Je n'arrive pas à faire marcher AOL.)

C’est notre dernier soir à Londres et on est trop crevé pour sortir — on va rester ici à manger et à regarder la télévision anglaise (bien plus intéressante et variée que l’américaine).

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Je ne savais pas que Cartman avait un appartement à Londres — je suis très jaloux

Hier soir on est sorti avec de bons amis — un Anglais que je connais depuis bien des années et son copain (le troisième de ma connaissance), un jeune Américain qui arrive à s’angliciser de plus en plus malgré ses origines dans la banlieue de Long Island à New-York. (Oui, je sais, je suis méchant.) On est allé dîner avec eux dans un restaurant assez chic dans Soho qui s’appelle Sheekeys. Là j’ai mangé un filet de sole excellent. Ensuite on est allé à un club souterrain dont j’ai oublié le nom pour bavarder parmi de jeunes Londoniens branchés. On est rentré assez tard (et très saoul) chez nous hier soir à Ennismore Gardens — voilà pourquoi on veut être sage ce soir.

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Une statue de Napoléon par Canova, offerte par le gouvernement britannique au duc de Wellington et qui se trouve dans l'hôtel Apsley

Nous avons déjeuné aujourd’hui dans un pub du quartier — le Swag and Tails — où il n’y avait pas de plats de pub traditionnels mais où on offrait une sorte de cuisine « francophile » très bonne. Il y avait aussi énormément de monde, on a dû manger au bar, et la clientèle buvait beaucoup de vin, de gin et de bière — on voit moins à New-York ce niveau de consommation d’alcool au déjeuner.

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Vue de l'escalier central et la coupole dans l'hôtel Apsley à Londres

On a acheté quelques cadeaux — du parfum tubérose chez Jo Malone dans la rue Sloane pour l’amie marchande de tableaux qui garde Betty pour nous, une jolie veste pour le copain chez Hackett (et j'adore les grandes photos du beau rugbyman Jonny Wilkinson un peu partout dans le magasin).

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La Royal Academy dans Piccadilly

Hier j’ai passé des heures à flâner dans les grandes librairies neuves (Blackwells, Foyles, Borders) et ancienes de la rue Charing Cross pendant que le copain a fait ses quatorze miles de course à pied (un circuit des parcs Hyde, Green et St James’s répété trois fois — c’est fou).

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On est allé hier à la gare St-Pancras pour chercher un café Internet (sans y réussir — on en a trouvé un plus tard à Bloomsbury

Mercredi on est allé voir deux pièces — une matinée de la comédie musicale « Bombay Dreams » dans le théâtre style déco de l’Apollo Victoria, juste devant la gare Victoria et le soir une représentation d’une pièce anti-guerre de 1928 au nom de « Journey’s End », sentimentale et dure, qui était aussi très bien jouée par de jeunes acteurs et qui a fait pleurer une bonne partie de l’assistance, dont moi et le copain. Il n’y avait pas beaucoup de pièces nouvelles en ce moment dans le West End — pas mal de comédies musicales originaires de Broadway comme l’idiot « Thoroughly Modern Millie ».

« Jerry Springer — The Opera » qu’on a vu lundi soir était, comme prévu, d’une vulgarité spectaculaire mais la musique était intéressante et très amusante. À voir — c’est un peu South Park sur scène.

Demain c’est le retour à New-York — on part de Heathrow vers 14 heures et on arrive à Newark vers 17h. J’ai surtout envie de voir Betty.

février 24, 2004

Sous une pluie londonienne

Une pluie fine et froide est redescendue sur Londres ce matin — malgré cela, le copain est allé courir à travers les parcs de la ville — Hyde, Green et St James’s. Moi je suis resté dans la chaleur confortable de l’appartement à boire du café et à continuer ma lecture du livre que j’avais acheté avant hier chez la librairie Blackwells dans la Tottenham Court Road. C’est une histoire sociale de Londres, dont l'auteur est un certain Roy Porter. À trois heures du matin je suis arrivé à la conquête de Guillaume de Normandie, qui a sagement refusé d’attaquer la ville, préférant la faire mourir de faim en dévastant la campagne autour.

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De belles demeures dans Ennismore Gardens dans le quartier de Knightsbridge

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Les tours de l'entrée à la gare de Liverpool

Le copain a couru les neuf kilomètres qu’il lui fallait et ensuite on est allé déjeuner au 5e étage du magasin Harvey Nichols. De là, l’exposition de photographies de Cecil Beaton à la National Portrait Gallery et une tournée rapide au musée Victoria et Albert pour voir l’expo « Brilliant » sur de nouvelles formes de lumières parce qu’on dîne ce soir avec une des conservatrices du musée.

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D'énormes colonnes romaines dans une salle au musée Victoria et Albert

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Buste en marbre d'un Vénitien riant au musée Victoria et Albert

février 23, 2004

Un début de tourisme

Hier on s’est levé assez tard — moi j’avais mal dormi à cause du décalage d’heure. Le copain a fait sa course matinale dans le Hyde Park et dans le Green Park et on a ensuite décidé d’aller d’abord au Speaker’s Corner dans le Hyde Park pour voir et écouter des « orateurs » gais qui devraient être là à une certaine heure. Le temps s’étant détérioré (du vent, de la pluie fine), on s’est réfugié dans une sorte de caféteria dans le parc où on a déjeuné. Le déjeuner terminé, on s’est rendu au Speaker’s Corner où il n’y avait en fait que quelques Jamaïcains qui gueulaient pour et contre le Christianisme évangélique.

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Dieu — on est pour et contre à Hyde Park

Sans y attendre trop longtemps on a pris le métro pour aller à la station Rotherhithe dans la rive sud de la Tamise, pas du tout facile ou directement accessible de notre station de départ de Marblearch. L’ami qui nous accompagne ici s’intéresse beaucoup au génie civil — c’est lui qui nous a suggéré d’aller voir un petit musée qui n’est ouvert que le dimanche à Rotherhithe — le Brunel Engine House. M. Brunel est un personnage intéressant. Né en France, il quitte le pays après la révolution pour se rendre à New-York, où il devient l’ingénieur en chef de la ville de New-York. Il va ensuite à Londres pour les affaires, où l’on lui demande de construire le premier tunnel sous un grand fleuve — dans une gravure anglaise de l’époque avec un texte en langue française on emploie le joli terme « une tonnelle » pour ce passage souterrain. Après pas mal de problèmes on a réussi à construire ce tunnel en 1843. Intentionné d’abord pour les piétons, le tunnel a été ensuite transformé en tunnel ferroviaire dont on s’en sert toujours.

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Dans le tunnel de la station de métro Shadwell

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Vue d'anciens entrepôts de Wapping maintenant aménagés en lofts de luxe

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Une vue d'une partie du complexe Canary Wharf

On a dormi assez tard aujourd’hui — on a finalement réussi à quitter l’appartement vers 11h15 — un bref passage chez Harrods avant de descendre à l’Underground pour nous rendre à la gare de Liverpool où, devant le MacDo, on avait rendez-vous avec un ami et ancien collègue du copain qui s’est installé à Londres depuis 18 mois. On a déjeuné dans un restaurant thaï plein de jeunes de la City en costumes rayés.

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Une petite rue de Soho près du théâtre où on va ce soir
Ce soir on va voir l’opéra « vulgaire » « Jerry Springer » au théâtre Cambridge après avoir passé dire bonjour à un ami australien chez lui à Earl’s Court. On est allé voir une exposition excellente de tableaux et de dessins d’Édouard Vuillard à la Royal Academy dans Piccadilly.

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Notre chambre, c'est tout à fait en haut, à gauche

Demain au British Museum, peut-être. Et un peu de shopping, malgré le taux de change inouï !

février 22, 2004

Londres

Voilà, une photo prise quelque part au-dessus de l'Atlantique hier après-midi.

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février 20, 2004

La cuisine mexicaine

Après des heures passées debout à bavarder, à marchander, à espérer et à être déçu, finalement on n’a presque rien vendu. On verra ce que ça donne aujourd’hui.

L’ami galeriste, l’assistante, le copain et moi nous sommes tous allés dîner au restaurant mexicain censé être un des meilleurs de New-York — Rosa Mexicano, et c’était vraiment excellent !

Il faut que j’aille à la banque chercher des livres sterling — on part demain pour Londres sur Virgin Atlantic à 8h25 de l’aéroport de Newark (dans l’état exécrable du New-Jersey, je sais) — mon prochain billet viendra de Knightsbridge (si dieu le veut).

février 19, 2004

Le commerce de l'art

Saisi de la folie qu’est une foire d’art, l’ami galeriste m’avait téléphoné assez tôt hier matin pour me demander de passer d’abord à la galerie avant de me rendre dans la Park Avenue — typiquement je n’avais pas un sou comptant, donc j’ai dû passer à un distributeur pour pouvoir prendre un taxi. L’ami galeriste m’attendait au rez-de-chaussée de l’immeuble dans lequel se trouve sa galerie avec une grande orchidée et un autre tableau emballé en carton, un atomiseur (pour déplisser les rideaux achetés chez Ikea qui nous servent de porte pour un petit recoin du stand transformé en placard), et cetera.

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Notre couloir rendu présentable quelques minute avant le gala (il y a un joli tableau de Dubuffet à droite)

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L'extérieur de l'armurerie de l'avenue du Parc (non, ce n'est pas de la fumée dans la photo — il y avait trop de soleil pour l'appareil

La réception-presse était assez ennuyeuse — il n’y avait que ces parasites qu’on voit se saouler partout aux réceptions d’artiste, le critique du Times ayant déjà fait son tour la veille. Le gala a commencé vers 17h30 et il y avait du monde, mais cette fois peu de célébrités. Mais on a vendu des tableaux — pour un total d’à peu près $75.000, ce qui a rendu heureux (ou, plus correctement, moins nerveux) l’ami galeriste. On y est resté, avec son assistante adorable, une jeune fille d’origine libanaise, à emballer les tableaux vendus et à reposer de nouveaux sur les trois murs du stand, jusqu’à 22h30. Tania, l’assistante, et moi, on a vaguement dragué les serveurs — il y en avait un qu’on trouvait pas mal (comme moi, elle a un copain avec qui elle vit dans l’East Village mais bon, ça traîne dans ces foires et je trouve que les riches sont en général pas tellement beaux). Il y en avait un, un beau jeune homme aux cheveux foncés, que Tania a fait revenir à notre stand avec trois flûtes de champagne. « Mais » elle nous a assuré en souriant « je ne pouvais pas les porter toute seule. »

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Vue des deux tours du nouvel immeuble Time-Warner dans Columbus Circle de l'avenue Madison — c'est la meilleure des perspectives — de derrière, l'immeuble a l'air plutôt insignifiant, qui est dommage

Ça recommence aujourd’hui, avec une visite de directeurs de musée. Il faut que je m’habille.

février 18, 2004

Les croisades diverses

Le copain vient de me téléphoner de devant les bureaux de la campagne électorale de Dean où depuis quelques semaines il donne une journée de travail bénévole par semaine : les portes sont fermées. Mauvais signe.

Je ne crois pas que j’aurai le temps de publier un billet aujourd’hui — on a d’abord la réception-presse et ensuite le gala, qui va jusqu’à 21 heures ou à peu près. Cette photo du San Francisco Chronicle m’a impressionné.

ba_gaymarriage136pc.jpgRien à dire

Évidemment, ces deux types-là, ce sont des « pécheurs », des « hors-la-loi » qui se moquent de la tradition et de la « sainteté » (merci, Pierre) du mariage et des lois inviolables de l’état et de la Bible. Regardez de près leurs expressions vicieuses, qui montrent très bien leur manque de sérieux. C'est inouï ce qu'ils demandent, ces gens-là!

février 17, 2004

Les forains de l'art

La téléréalité se raffine — le tout dernier exemple du genre serait « Playing it Straight » dans lequel une femme essaie de déterminer lesquels de ses beaux soupirants seraient gais. Si la femme réussit à choisir l’hétéro, elle gagnera $1 million. Si elle choisit un homo, l’homo gagnera le million de dollars. Ce spectacle supérieurement intellectuel débutera le 12 mars sur la chaîne Fox (impossible, vraiment, à l'imaginer ailleurs).

Je n’ai pas beaucoup réfléchi d’une manière personnelle à la question du mariage gay. Mais je ne peux pas nier que les événements récents à San-Francisco m’aient touché. Voici une description de l’ambiance qui règne à l’hôtel de ville selon un journaliste dans cet article, dont je citerai cette phrase : « Infectious, unadulterated joy, sparked by this unprecedented five-day run of gay-marriage ceremonies that was part civil disobedience, part political statement, part Woodstock Nation. » . Les opposants de mariage gay se plaignent à haute voix de « l’anarchie municipale » des autorités de San-Francisco. À mon avis, c’est plutôt une première (et bien rare) victoire de l’amour et du bien.

Pendant qu’on fête les noces à San-Francisco, ici sur la côte est les « milliardaires pour Bush » préparent des actions pour accueillir le conseiller politique Karl Rove demain à New-York (via Tom Tomorrow).

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Les travaux d'installation dans le stand — la galerie se spécialise dans les paysages et les natures mortes

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De tout nouveaux tableaux du peintre Kenneth Noland dans le stand en face du nôtre

J’ai passé toute la journée à aider l’ami galeriste à monter son stand pour l’Art Show, la grande foire de la société des galeries d’art américaines ADAA qui a lieu dans l’armurerie de l’avenue du Parc — il y aura une réception de presse demain après-midi. Le grand gala de luxe qui marque traditionnellement le début de la saison mondaine new-yorkaise de printemps sera pour demain soir.

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Le travail de dernière minute dans notre couloir à la foire

février 16, 2004

Les jours de mauvais augure (tant pis si cela ne se reconnaît pas)

Ce matin tout semblait en ordre — le copain a sorti Betty en dépit du froid qu’il faisait, moi je me fortifiais contre le destin avec plusieurs tasses de café. On a rangé la maison dans un temps record et on est passé ensuite chez un ami villageois pour qui on fait un site web. Cela s’est bien passé, il est content. Il y avait du soleil. Le pneu n’était pas tout à fait crevé — on est allé à la station-service pour le regonfler encore une fois, le temps de conduire à Manhattan et remettre la voiture aux bons soins des garagistes de Martin Honda dans la 11e avenue. Pas mal de monde sur l’autoroute, en dépit de la « fête » — le jour des Présidents, autrefois l’anniversaire du premier président George Washington (le 22 février), maintenant fixé au troisième lundi du mois de février. Mais ça roulait vite, quelques petits embouteillages dus à des travaux routiers (journée non fériée pour eux), et on est entré à New-York vers 13 heures. On s’est arrêté devant l’immeuble pour décharger la voiture — Betty restait à l’intérieur — et le copain a téléphoné au garage pour savoir s’ils accepteraient la voiture dans l’après-midi. On est dans l’appartement pour quatre minutes au maximum. Je ressors et je vois un flic de la6e préfecture de police en train de m’écrire une contravention pour stationnement en double file. Je lui dis, en essayant de m’expliquer, « Mais je ne faisais que décharger la voiture. » « Votre voiture bloquait la rue. » Je regarde autour de nous, aucune voiture, aucun camion bloqué — « Mais vous, vous avez réussi à vous mettre devant moi » je note. Il n’est pas content, refuse de me regarder, en me tendant seulement le morceau de papier qui indique que je dois payer une amende de $115 !

Le copain prend la voiture pour aller au garage, où on va se payer quatre pneus nouveaux. Je reste chez nous et j’allume l’ordinateur sur la table à manger qui me sert de bureau. Le téléphone sonne. C’est le copain qui m’appelle pour me dire qu’un flic est en train de lui écrire une contravention pour avoir négligé de mettre sa ceinture de sécurité — ça lui vaut une amende de $95. On a du bol, n’est-ce pas ? Bon, je ne sors plus aujourd’hui, c’est trop dangereux (et cher), du moins avant 19 heures — on va dîner avec l’ami galeriste. On y va à pied, pour être certain de ne plus vexer « New York's Finest ».

février 15, 2004

Beau comme un dieu grec (en plâtre)

C’est le copain qui a suggéré hier qu’on devrait aller faire un tour dans la ville de Norwich, qui se trouve à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de chez nous. On a décidé de prendre les petites routes de campagne au lieu de l’autoroute — ce n’est pas, il faut avouer, la belle saison pour une promenade en voiture à travers les forêts d’arbres sans feuilles — les arbres ici sont presque tous à feuilles caduques, donc il n’en reste, en hiver, que branches et troncs gris et irréguliers et finalement assez sinistres. On passait des marécages gelés et des champs de maïs nivelés. On a aussi passé le parking des employés du casino Foxwoods, l’employeur le plus important dans cette partie de l’état de Connecticut.

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Le Doryphore (merci, Alexandre), qui a l'air de demander une boisson dans un bar gay — (il faut lutter carrément contre le bon goût dont on nous accuse !)

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Aristogeiton et Harmodius, les amants pédés et tyrannicides (mais on ne parle que peu du premier trait, bien sûr)

La ville de Norwich présente au visiteur le triste exemple d’un urbanisme égaré — autrefois riche à cause de ses usines, de son industrie textile, elle est maintenant une ville oubliée, perdue dans sa vallée au bord du fleuve. Le centre ville n’a plus de boutiques ni de magasins — ces locaux sont occupés aujourd’hui par des organisations communautaires contre l’abus des drogues, etc. L'ancien cinéma présente des soirées de musiciens locaux — on passe les films dans les multiplexes des centres commerciaux situés en dehors de la ville. Dans le quartier des anciens patrons on voit de grandes et belles maisons « à l’italienne » construites à la fin du 19e siècle pour la haute bourgeoisie norwichienne. C’est bien de cette époque que date le musée Slater qui fait partie de la Norwich Free Academy.

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Le musée Slater à Norwich

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Représentation sculpturale d'une scène domestique fréquente — « Non, c'est moi qui veux le plateau-repas coq au vin minceur ce soir ! »

Dès son début le musée a collectionné des statues en plâtre, copies de grandes œuvres de l’antiquité grecque et romaine et de la renaissance italienne. C’est curieux d’entrer dans une grande salle à plafond haut pleine d’œuvres d’art qu’on connaît déjà, ayant vu les originales à Londres au British Museum, à Paris au Louvre, à Athènes et ailleurs. Heureusement qu’elle me plaît énormément, la sculpture classique — je pourrais m’installer dans ces salles sans aucun problème.

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Celui-là, il a l'air de faire un peu de muscu, tu crois pas ?

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C'est la lumière surtout qui m'a plu

De retour dans notre village on est allé dîner chez des amis. Il y avait dix personnes au total autour de la longue table de réfectoire. Moi j’étais placé à côté d’une femme qui s’est tout récemment installée avec son mari dans le village, dans une grande et belle maison néo-classique qui donne sur le parc central. Malheureusement elle était originaire de l’état exécrable du New-Jersey , ce qui expliquait suffisamment pour moi son côté vulgaire. J’ai fait un effort de ne pas être désagréable mais je n’ai pas envie de la revoir, ni son mari, qui m’avait demandé ce qu’il devrait faire pour vendre une sérigraphie quelconque qu’il n’aimait pas. « Allez voir sur eBay » je lui ai répondu. J’ai appris il y a longtemps que ce n’est pas la peine de gaspiller son temps en leur offrant une opinion instruite puisqu’ils n’écoutent rien de toute façon.

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Dans le rayon des congelés et des plateaux-repas du supermarché près de chez nous à la campagne

février 14, 2004

Le bordel

C'est fini, l'histoire de Janet, c'est maintenant Mlle Piggy qui scandalisera les bonnes gens des États-Unis ! Quel monde ! (J'ai piqué la photo chez Addaboy, le carnet d'un beau (pourtant je n'ai jamais vu de photo, donc c'est une beauté assumée) et jeune voyou new-yorkais homo qui travaille dans le showbusiness et qui habite le Staten Island (oui, j’y suis allé une fois — ça a l’air du New-Jersey Lite). Il paraît qu'on le drague dans le ferry tous les soirs.

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J'ai failli m'évanouir, moi, tellement j'étais choqué par la vue de cet organe

Un site très utile pour moi: Orthographe recommandée signalée par Everybody’s Weird. Mais je ne sais pas si je m'habituerai à écrire « parait » sans circonflexe — pour moi, cela a toujours donné un élément de caractère spécial au français. Comme tous les accents, d'ailleurs.

Hier soir j’ai découvert chez nycbloggers.com que le très parisien Merde in France se déclare « carnet new-yorkais ». Hmmm. Besoin d'audience, je suppose.

Un certain Phersu, dont je ne me rappelle plus comment j'ai trouvé son carnet, a publié aujourd'hui un billet vraiment délicieux intitulé « Saint Verdurin » qui m’a fait beaucoup rire — j’ai moi-même dû supporter plein de soirées pareilles. Pénible. Pour le reste, le carnetier semble s’intéresser à la politique et aux actualités US d’une façon nettement plus intelligente que beaucoup de mes compatriotes, hélas. J’ai aussi découvert, en parcourant plusieurs billets précédents, comme celui-ci du 26 décembre 2003, que « Phersu » veut dire « caractère » en… étrusque ! Ça y est, quand on commence à me parler en étrusque (langue rêvée de mes rêves archaïsants à dix ans, quand à la récré j’ai obligé mes amis d'école à jouer aux Troyens assiégés dans leur ville, aux Corinthiens (un peu irrésolus et décadents, va savoir), et aux Spartiates agressifs au lieu de faire des cowboys ou des Indiens comme tout le monde — voilà peut-être un début d’explication de ce qu’est devenue depuis ma vie), je ne résiste plus — voilà, c’est mis dans mes liens.

février 13, 2004

Les photos de famille

Il fait beau, presque doux, un soupçon de printemps dans l’air. Le copain arrive par le train de 18h19. Le lundi c’est férié (le « jour des présidents », anciennement les anniversaires des présidents Washington et Lincoln qui tombaient n’importe quand — c’est-à-dire très incommodément — on a donc échangé les dates réelles pour un lundi férié bien plus commode pour un week-end prolongé) mais je ne sais pas si on va rester ici tout le week-end. Demain c’est la St-Valentin. Heureusement on ne la fête pas, je n’ai rien acheté. (J’aurai toujours l'occasion de trouver un cadeau demain, s'il le faut.)

Voici quelques photos de famille — on est de fiers parents, quoi !

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Notre fille poilue

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Betty avec le saint palet (son jouet favori)

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Betty fait sa gymnastique à elle

février 12, 2004

« Taking care of the boss » ou on s'arrange pour le patron

En lisant les multiples reportages sur les documents effacés, les dossiers vidés, les chronologies discordantes de l’affaire du service militaire de George W Bush, on aurait raison, je crois, de hausser les épaules et de se dire tout bas : Ainsi va le monde. D’après ce que j’ai lu, je suis de plus en plus certain qu’il y a eu un problème d’abus de drogues ou d’alcool d’une importance suffisante pour lequel Bush jeune n’a pas voulu subir l’examen médical usuel pour les pilotes (on suppose qu’il a surtout voulu éviter l’urinalyse qui aurait pu montrer l’usage de cocaïne). Les supérieurs de Bush jeune savaient très bien qui était son père et ne cherchaient pas à avoir des ennuis avec ce VIP. Voilà donc les dossiers « nettoyés » de toute information nuisible à Bush jeune pour des raisons tout à fait compréhensibles, si peu admirables.

Et voilà précisément qu’on commence à salir M. Kerry, lui accusant d’avoir eu une affaire sentimentale avec une blonde inconnue. Je ne sais pas de quoi il s’agit, finalement. Ces histoires de liaisons jugées peu convenables me lassent. C’est comme le sacré sein de Janet, cela obscurcit les vrais intérêts et les vraies questions à poser.

Cet après-midi je faisais des courses en écoutant la BBC dans la voiture — on y présentait une interview assez drôle avec une journaliste canadienne de langue française qui s’intéressait surtout aux aspects francophones du candidat Kerry. C’est drôle, M. Kerry, qui a un cousin français assez connu (en France)— M. Brice Lalonde et qui a fait deux ans à l’école Le Rosey en Suisse avant de terminer ses études secondaires à l’école St Paul's au New-Hampshire, a passé plusieurs étés en Bretagne chez ses parents Forbes. Il parle, on dit, un français courant mais il a résisté aux efforts des reporters francophones du Canada et de France de parler publiquement en français — un des conseillers politiques invités sur l’émission a remarqué que tandis que le président Kerry pourrait bien un jour parler un français impeccable lors d’une réception à Paris (avec sa femme qui est censée parler le portugais (langue maternelle), l'anglais (avec un léger accent), le français, l'italien et l'espagnol), le candidat Kerry se garderait de faire preuve d’éventuels talents multilingues. Parler français ne gagne pas de voix ici.

De l’autre côté de l’Atlantique, où il existe toujours un humour moins plat, moins hypocrite, j’ai trouvé chez le Guardian (à quand l’édition américaine de ce journal intelligent ? On nous en promet une depuis quelques mois) ces versions « à la Hutton » de divers moments importants dans l’histoire de l’Angleterre. J’adore surtout le rapport « Huttonesque » de l’invasion normande, dont je citerai la conclusion délicieusement insolente : I find that Harold invited HRH to Hastings for a picnic, but chose to kill himself, along with his large catering staff, when the soufflés dropped. (Je trouve qu’Harold a invité SAR à Hastings pour un pique-nique mais il a choisi de se tuer, ainsi que sa grande équipe de traiteurs, quand les soufflés se sont dégonflés.)

Dîner ce soir chez ma mère. On va essayer de faire une soirée surprise pour l'anniversaire de ma sœur à Philadelphie le mois prochain — si son mari est d'accord. À suivre.

février 11, 2004

Une anxiété non spécifique

Les actualités me semblent de plus en plus tendues — il y a plusieurs choses qui ne vont pas très bien chez les Bushistes, et j’ai peur qu’ils ne se décident bientôt à répondre aux crises qu’ils subissent d’une façon violente. C’est probablement pourquoi Bush a déclaré aujourd’hui qu’il serait favorable à un amendement à la Constitution contre le mariage gay. La confusion avec les documents relatifs au service militaire du résident monte — et la Maison blanche refuse toujours d’ouvrir les placards complètement. Ou est-ce qu’on les a déjà rangés ? Une centaine de morts en Irak en une journée et le département de la Défense de plus en plus désireux de s’en aller (Rumsfeld remettra volontiers toute la pagaille aux gens du département d’État.) Ça semble craquer un peu partout, mais ils sont durs, ces gens, et ils feront tout pour se protéger — c’est ce « tout » que je redoute.

février 10, 2004

Ce soir il neige en enfer

Le titre de ce billet est dérivée de la phrase formule qui commence : « It’ll be a cold day in hell when … » et qui termine avec une improbabilité, telle, par exemple, « when George Bush voluntarily tells the truth about anything. » Voilà. Le dessinateur de bandes dessinées politiques et carnetier Tom Tomorrow a intitulé un billet récent : Apparently it is snowing in hell today. C’est parce que le présentateur droitiste du Fox (Faux) News Bill O’Reilly s’est déclaré « sceptique » des informations fournies par l’administration Bush sur les capacités militaires de l’Irak à l'émission Good Morning America de ce matin.

Le dossier militaire peu clair du « résident » à la Maison blanche George Bush est encore (et finalement) à la une des journaux télévisés des grandes chaînes nationales — les carnetiers démocrates s’en réjouissent. Le porte-parole de la Maison blanche a été assailli par des questions « inconvenantes » et « tranchantes » lors d’une conférence de presse aujourd’hui.

Actualités troublantes et curieuses : les autorités judiciaires fédérales dans l’état d’Iowa avaient assigné quatre personnes et les responsables d’une université à apparaître devant un tribunal pour activités qu’on n’avait tout de même pas spécifiées contre la guerre en Irak. Suite à une tornade de protestations de partout (mais surtout du sénateur de l’état Tom Harken), toutes les assignations ont été retirées avec des assurances qu’on ne cherchait pas (tu parles) à inhiber des protestations légales.

Personnellement je reste indécis sur l’interdiction du port « ostensible » de signes religieux à l’école publique. On commence à en parler ici, mais d’une façon un peu distante. C’est dommage pour les Sikhs, qui ne font du mal à personne, je crois. À New-York il y en a beaucoup qui travaillent comme chauffeurs de taxi. Et les kippas ne m’embêtent pas non plus. Pour les femmes voilées, pour moi ce sont les quelques filles d’origine arabe ou islamique qu’on voit dans les rues de Midtown, ou les femmes des Black Muslims, ou les religieuses en sari de la Mère Thérésa et elles ne me gênent pas. Et définir « ostensible » me semblerait un problème aussi — quand Madonna et Boy George se couvraient de toutes sortes de croix, ce n'était sûrement pas religieux, mais en seraient-ils exempts de cette prohibition ? Pour des raisons de mode tout à fait laïques ? Et si les filles islamiques portent des foulards Hermès à la Grace Kelly ? C'est la mode, ou pas ? À mon avis, tout cela va poser pas mal de problèmes très difficiles à résoudre.

Pourtant...l’année dernière le copain et moi nous sommes allés à Londres. À la douane anglaise il y avait une femme agente voilée qui a contrôlé nos passeports. Nous nous sommes présentés à deux devant elle — elle ne souriait pas, c’est sûr. Je ne me rappelle plus si c’était le copain qui a dit le premier qu’on voyageait ensemble. Elle nous a ensuite demandé quelle était la nature de nos rapports (relationship). « We're domestic partners » le copain lui a répondu sans gêne aucune. Elle n’a pas changé d’expression mais elle a vite fermé nos passeports pour nous les remettre tout de suite. Ce n’était pas agréable — j’avais l’impression de la choquer ou plutôt de la dégoûter à cause de notre sexualité, prohibée par sa religion « ostensible », mais je savais aussi qu’elle n’avait aucun droit de nous empêcher d’entrer — et elle le savait aussi. C’est un peu, je suppose, comme s’il fallait passer un contrôle frontalier pour aller au Utah, avec tous ces Mormons désapprobateurs. C’est un peu pareil en Israël, où j’ai dû aller plusieurs fois pour les affaires — à l’aéroport Ben-Gurion, où l’on portait pas mal de kippas, on me regardait toujours d’une façon assez suspecte parce que, je crois, je n’étais pas juif (et aussi parce que je venais de Milan). On me mettait chaque fois pour quelques minutes dans une petite salle vide sans mon passeport avant de me laisser passer à l'extérieur. Mais là, à vrai dire, ils avaient des raisons à être soupçonneux. Et j’ai aussi eu des histoires idiotes à l’aéroport de Kennedy, où une fois j’ai dû demander une pièce de monnaie à un agent du FBI pour faire un coup de téléphone aux parents qui m’attendaient déjà à Atlanta.

février 09, 2004

Du bruit

Tout le monde parle, dans un détail technique qui rappelle les reportages soigneux de Netlex, des chiffres sur l’économie et sur les emplois prévus par Bush dans son rapport économique et présentés au Congrès ce matin, ou plutôt par ses conseillers économiques. Les prévisions officielles sur le nombre d’emplois à venir ressemblent un peu à ces armes de destruction massives qu’on aurait dû retrouver en Irak ces derniers mois. Mais je laisse à d’autres bien plus intelligents que moi le plaisir et le devoir d’examiner et de vérifier si possible ces pronostics.

Je suis allé au gym cet après-midi mais j’ai mal à l’épaule droite et je n’ai donc pas pu faire tout ce que je voulais. Trois quarts d’heure de récré avec Betty sur l’herbe morte. Quelques coups de téléphone, des rendez-vous à fixer, je me prépare des pâtes pour dîner tôt ce soir — j’étais réveillé à six heures et demie ce matin par le bruit de coups de machine qui venait du chantier de l’ancienne usine incendiée l’été dernier — on est en train d’y construire des appartements et on aura des bruits de chantier jusqu’à la fin de l’année, et probablement pour plus longtemps. Rien à faire.

Bon, je me dépêche d'aller lire les derniers billets de Netlex que j'ai seulement parcourus ce matin.

février 08, 2004

À la recherche de son « loup intérieur » et autres considérations sur la vie quotidienne

Le bruit incessant d’un vent de l’ouest qui assaillait les arbres m’a réveillé à cinq heures ce matin. Je m’étais couché à une heure, ayant regardé une émission de la Discovery Channel sur les origines des chiens « The Wolf Within »— Betty avait trop chaud et n’a pas voulu rester auprès de nous sur le lit, ce que je trouve assez vexant pour l’animal censé être le meilleur ami des hommes. Mais elle est souvent très égoïste, la Betty, et caractérielle aussi. Il faut la soudoyer avec des friandises pour qu’elle accepte de jouer son rôle d’animal de compagnie dûment reconnaissant en se mettant entre nous le temps d’avaler les morceaux qu’on lui offre. Tout ceci en guise d’explication de pourquoi je me sens crevé aujourd’hui.

Le dîner s’est bien passé. (Voici une photo du potage au début —on le cuit pendant une demi-heure avant d’en faire une purée à laquelle on ajoutera deux tasses de « bon lait » — mais chai pas ce que c’est, le bon lait).

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J'y ai mis trop de pommes de terre, je crois, et le cresson n'était pas extra, non plus — c'est l'hiver, quoi !

L’ambassadeur suit un cours de chimiothérapie pour un cancer du sein qui lui est revenu mais elle est forte et courageuse et ne se plaint de rien. Son mari et elle ont un chien — un terrier gallois qui a 19 ans et qui s’appelle Griffith — qui, sourd et presque aveugle, ne peut plus monter l’escalier chez eux. Donc ils le portent dans leurs bras — il dort avec eux aussi, dans le grand lit « extra grand » (on dit « king-size » en angliche) — à cet aveu inattendu l’amie écrivain, qui a toujours dormi seule, dans une chambre à part même quand elle était mariée, a frémi d’horreur. On a bien sûr, inévitablement parlé politique — l’ambassadeur, qui a travaillé, comme son mari, dans le Département d’État pour de longues années, connaît Colin Powell, qu’elle aime bien, et le premier George Bush, qu’elle a trouvé charmant — mais elle votera démocrate. L’amie écrivain n’a jamais été favorable à Dean — elle trouve Kerry tout à fait présidentiel — « il a une de ces têtes d’Américains du 19e siècle ». Tout le monde reconnaît que Dean a bien fait pour activer un parti politique désaxé depuis les attentats du World Trade Center. Sa défaite probable dans les primaires à venir sera néanmoins honorable.

Je ne supporte pas de regarder ou d’écouter Bush, donc je n’ai pas regardé l’interview qu’il a donnée ce matin au journaliste Tim Russert. Un tour rapide des carnets politiques m’a laissé croire qu’il n’a pas été brillant. Tant mieux.

Le copain est rentré à New-York à onze heures — il a quelques rendez-vous avec des clients demain matin, ce qui est bien, et il voulait avoir du temps pour se préparer. Moi je reste ici à la campagne où je vais essayer de débuter quelques projets que j’ai laissé traîner ici et là. Il fait péniblement froid, toujours avec un vent fort et glacial du nord-ouest. Quelqu’un vient de frapper à la porte pour me signaler que le pneu arrière gauche de ma voiture était dégonflé. Je venais de rentrer d’un petit jogging de 30 minutes (je suis énorme, il faut que je perde des kilos). Un peu surpris de cette sollicitude villageoise de la part de quelqu’un que je ne connaissais absolument pas, j’ai tout de même remis mon manteau pour aller voir — heureusement il a exagéré. Ouais, le pneu est un peu plat, mais certainement pas tout à fait, il m’a fait peur pour rien, ce Samaritain malin.

février 07, 2004

Ce qui a été, c'est ce qui sera (peut-être)

C'est bien connu : ce qui a été, c’est ce qui sera ; et ce qui a été fait, c’est ce qui se fera ; et il n’y a rien de nouveau sous le soleil (Écclésiaste 1.9).Les fameuses guerres du Golfe ne sont en réalité que des « guerres de succession texane » selon une phrase provocatrice repérée par l’économiste Paul Krugman dans sa critique, signalée par Atrios, de deux livres politiques sur la famille Bush dans le numéro actuel du New York Review of Books. Dans cet article M. Krugman note en passant et d’une manière assez ironique que « it's a lot easier to document links between the bin Laden family and the Bushes than it is to document links between the bin Ladens and Saddam Hussein. »

Nous avons maintenant notre commission de blanchiment aussi — un des co-chefs serait, selon ce billet dans Orcinus un juge réactionnaire qui a déjà poursuivi Clinton pour les républicains. L’autre chef, en principe un démocrate, serait aussi dans la poche des Bushistes. Voici une nouvelle version de la poupée Bush que j’ai trouvée chez Blogdex. Il s’appelle « Dishonest Dubya ». C’est la mort lente par les citations !

Il faut que je commence les préparations pour le dîner qu’on donne ce soir pour l’amie écrivain et une femme ambassadeur charmante retraitée dont le mari, lui aussi ambassadeur retraité, est en Hongrie. Comme guide, je me sers d’un livre de cuisine français La Bonne Cuisine dont l’auteur est Madame (sic) E. Saint-Ange et qui date de 1919. Je fais un potage au cresson pour commencer (et c’est la première fois que je le prépare — c’est dangereux, je sais), suivi d’un poulet rôti (facile) avec des choux de Bruxelles sautés (on verra). Ensuite on aura des fromages « importés » de Gourmet Garage à New-York et comme dessert une tarte aux fruits d’une pâtisserie française à Chelsea. Le tout arrosé d'un Meursault un peu cher mais j'avais envie de quelque chose d'un peu spécial. C’est le copain qui fera la vaisselle !

février 06, 2004

Du bon et du mauvais

Il fait un temps désagréable — froid et pluvieux — il y a un avis d’inondation à la radio donc on ne devra pas prendre le FDR Drive ce soir, c’est toujours inondé, pour aller à la campagne. (On a déjà annulé 150 vols à l’aéroport La Guardia avec des retards de 90 minutes pour ceux qui partent — heureusement qu’on ne vole nulle part ce soir).

De nouvelles questions (ben, pas vraiment nouvelles mais leur présence dans les grands médias est nouvelle) sur le dossier militaire de George W Bush continuent à paraître dans la presse écrite et à la radio.

Au gym ce matin j’ai porté le joli T-shirt XXL qui avait accompagné le logiciel Antidote Prisme que j’avais acheté par Internet chez l’attentat survenu ce matin dans le métro de Moscou — je prends le métro très souvent ici et je connais des gens qui ont peur de voyager par métro par crainte d’un attentat terroriste — mais c’est la possibilité d’une attaque chimique ou biologique qui leur fait peur le plus.

février 05, 2004

En direct de l'Empire vacher

L’Empire vacher — j’adore cette nomenclature que je n'ai jamais lue qu'employée chez Vox Latina.

On a été invité à dîner par l’oncle du copain, monseigneur catholique qui habite un presbytère pas très loin de chez nous. Il vient de rentrer d’Amérique centrale où il a visité plusieurs communautés catholiques au Guatémala, au Salvador et au Costa Rica (il travaille pour la Société pour la propagation de la foi) — il nous parlait du prix du café brut qui, ayant énormément baissé depuis 1990, a appauvri toute la population paysanne et indienne de ces pays. Faute de travail agricole rentable, les jeunes paysans s’entassent dans les taudis de banlieue qui encerclent les capitales et deviennent membres de bandes de délinquants tout tatoués au front. Il y a plein de boutiques spécialisées dans l’enlèvement de tatouages — une industrie en plein essor. Les ambassades américaines là-bas sont toutes entourées de hauts murs de béton et de soldats armés — quelques-uns des ennuis subis par l'Empire même dans son aire privilégié.

On est allé manger dans un resto italien de la rue Bleecker — l'endroit avait l’air à premier abord d’être tout à fait touristique, mais j’étais surpris de le découvrir plein de gens du quartier qui y mangeaient seuls ou en couples. Un plat de poulet cacciatore et une carafe de vin blanc italien très sec (mais je n'ai pas bu toute la carafe, voyons) m'a fait taire. Le copain et lui ont beaucoup discuté d’un frère/oncle à eux qui est mort assez jeune chez la mère/grand-mère en Californie, tout à fait alcoolique et bien probablement homo. « Mais enfin personne ne s’est rendu compte qu’il était gay, ton frère ? » lui a-t-il demandé le copain. « Ben non » son oncle lui a répondu avec un haussement d’épaules. « On ne parlait absolument pas de ce genre de choses. Cela ne nous serait jamais passé à l’esprit de le demander. » (Voilà le côté un peu Eugene O'Neill de sa famille).

Aujourd’hui je me suis fait couper les cheveux par le beau copain berlinois de l’ami galeriste — je lui ai porté bonheur, je crois. Son portable a sonné pendant qu’il me rasait la nuque (sensation aussi délicieuse qu’un massage à mon avis) — une amie styliste de Berlin l’a choisi pour coiffer et maquiller les mannequins lors d’une séance-photo de mode à Ibiza dans deux semaines — fauché parce qu’il veut se faire couturier et parce qu’il dépense donc tout ce qu’il gagne pour faire ses créations de mode féminine, il était super ravi d’avoir ce boulot qui lui paiera au moins € 550 par jour pour plusieurs jours, plus le voyage aller-retour. J'étais content de l’entendre répéter à son interlocutrice « Ich freue mich. Ja, das ist super etc ». Et comme il est très beau gars, c’est encore plus agréable de le voir si heureux.

En rentrant j’ai acheté un guide Access de Londres (on compte y passer une semaine à la fin de ce mois, si Ashcroft le veut) — j’aime beaucoup les guides Access dans lesquels on explore rue par rue une ville. On s’en est servi d’autres pour nous promener dans Rome, Venise et Florence il y a quelques années. Dans le guide Paris, on peut suivre par exemple la rue du Faubourg-St-Honoré et la rue St-Honoré avec des renseignements intéressants sur l’histoire et les spécialités des boutiques, des restaurants, et des hôtels qui les longent. J’ai offert celui de Manhattan à nos amis qui viennent d’acheter un appartement dans l’Upper East Side — un tout petit peu périmé (surtout pour les restaurants), mais utile quand même.

On a eu le plaisir d’une journée « tropicale » avant que le froid ne revienne — malgré les températures de nouveau glaciales on va ce soir à un vernissage dans la galerie d’un ami.

Pour le reste, le chef de la CIA nie avoir exagéré les renseignements fournis aux Bushistes, qui essayent un peu partout de se défendre de toutes sortes d’accusations (ha !) d’avoir menti sur les raisons de la guerre en Irak. Et on continue à parler beaucoup de la « carrière militaire » de Bush, par exemple ici et ici. Tant pis pour lui, il n’aurait pas dû vouloir se faire passer pour un grand héros.

février 04, 2004

Au jour le jour

Pas trop de surprises ce matin en lisant les résultats des dernières élections primaires. La montée de M. Kerry continue. Liebermann s’est retiré — enfin ! La situation ne semble pas brillante pour Clark. Moi je compte toujours voter pour M. Dean dans l’élection primaire de New-York, qui aura lieu le 2 mars. On verra ce que ça donne.

M. Kerry va probablement avoir des ennuis avec le rejet aujourd’hui par la Cour suprême du Massachusetts d’« unions civiles » à la vermontaise. Les guerres culturelles s’endurciront dans les jours à venir — de l’histoire débile (mais si significatif) du sein de Janet Jackson (elle s’est excusée par vidéo sur toutes les chaînes) au « mariage gay. » Cela ne va pas être joli.

Je viens d’écouter un rapport à la radio sur le rock français chrétien. Franchement, il laisse à désirer. Tout comme sa version américaine.

Hier en écoutant vaguement une émission à la radio publique, je me suis rendu compte peu à peu que je reconnaissais la voix du type que le présentateur était en train d’interviewer. Un ami de la campagne (qui, comme nous, habite aussi à New-York), il vient d’écrire un livre sur l’histoire de l’école de journalisme de l’Université Columbia — l’école de journalisme la plus célèbre aux États-Unis. C’est intéressant, le livre, sur lequel il a travaillé plusieurs années, et c’est aussi intéressant combien il trouve que le rôle des carnets Web s’approprie en quelque sorte celui des journalistes traditionnels, auxquels on ne peut plus se fier automatiquement par le fait qu’ils appartiennent à telle ou telle organisation médiatique connue. On en a parlé, lui et moi, devant nos maisons respectives, surtout à l’époque de l’invasion de l’Irak, quand on cherchait d’autres sources d’informations par Internet sur ce qui se passait là-bas. Le sabotage conscient des médias par l’administration Bush et leur prompt consentement l’ont atterré. C’est bien ce qu’il a dit hier à la radio aussi.

Voici ce que certains journalistes (dont quelques-uns de ma connaissance) ne comprennent pas et que je cite d’un commentaire chez Atrios écrit par un autre carnetier politique excellent au nom de David Neiwert (journaliste professionnel) à propos d’un article paru dans Salon (et curieusement révisé depuis) sur l’anonymat des carnets par un certain M. Farah (sans Fawcett). Pour un carnet Web, comme pour tout ce qu’il y a d’écrit sur la Toile, c’est la « crédibilité » — humour, actualité, politique, analyse, grossièreté, sexe, n’importe la qualité cherchée — qui compte. M. Neiwert écrit le suivant :

Ultimately your credibility comes not from your radio appearances or where your work is published (whether you're a journalist or not) but the quality of what you write.

This in reality is as true of published journalism as it is of blogging.

Unfortunately, the field of journalism is crowded with people who think that credibility is something you gain by who you are and who you write for. This means always treading carefully around the people who can help you get ahead.

Blogging -- honest, non-self-promotional blogging -- is risky for a journalist if he's worried about getting ahead, because inevitably you're going to piss someone off. I gave up worrying about that when I started blogging. And ya know what? My work has benefitted from it, IMHO.

I haven't gotten much in the way of publishing gigs (and hey, Mr. Farah, that includes Salon, where I used to write all the time; guess non-anonymous blogging isn't all that hot an idea) -- but I'm writing about the things that I think are important, and I'm publishing them, even if my audience is pretty limited. It's a good deal more satisfying.

But for guys like Sullivan -- and obviously, Chris Farah too -- the idea of any kind of journalism itself is inseparable from self-promotion. Which is why their work is so fundamentally dishonest and corrupt.

Sad to say, that attitude is endemic to the journalism profession these days.

Which is why blogs are becoming as important as they are -- traditionalist hissy fits notwithstanding.

(Pour les « hissy fits » c’est particulièrement difficile à traduire — la phrase veut dire un accès de colère pas très masculin aux sonorités sifflantes propres aux (stéréotypes de) femmes et aux (stéréotypes de) folles furieuses — un « hissy fit » fait sourire plus qu’il inquiète. Et c'est pourquoi on en voit à la télé — c'est un grand truc de sitcom)

Tout cela donne à réfléchir.

février 03, 2004

Que faire ce soir ?

Il fait horrible ici (de la pluie glacée) et on doit sortir ce soir avec des amis de passage de Paris — on nous demande de choisir un restaurant « branché » mais nous, le copain et moi, nous ne sommes absolument pas branchés et sommes nuls dans ce genre de recherche. On préfère en général retourner aux restaurants qu’on connaît déjà — pas très aventureux, je l’avoue. On a essayé de réserver une table à un restaurant assez tendance au nom de Schiller’s Liquor Bar mais on pouvait nous recevoir qu’à 18 h 30 — bien trop tôt. Je pense que je vais suggérer qu’on fasse une escale au Campbell Apartment dans la gare Grand Central, un bar qu’apprécie le copain et que je n’ai jamais visité. Ensuite on pourrait aller manger à la nouvelle Brasserie dans la 53e rue — on n’y est pas allé depuis longtemps, on y mange bien, et ce n’est pas loin non plus de l’appartement où nos amis logent.

Ce carnet drôle d'un étudiant français au FIT à New-York me fait sentir bien vieux. Mais Ma vraie vie à New-York révèle un New-York assez (très ?) différent du mien (au moins un peu, car je connais quand même quelques-uns de ces endroits louches). Merci à mediaTIC pour le lien (il semble au courant de tout, ce mec-là !)

Finalement, ce truc passe partout dans la carnétosphère américaine (ou anglophone). Ce site vous permet de créer une carte du monde (ou des États-Unis) où les pays qu'on a visités sont colorés en rouge. Voici ma carte à moi.


février 02, 2004

Janet déshabillée

Une historie de nichon surpassera toujours une histoire d’avoir menti sur les armes de destruction massive. Typiquement je n’ai rien vu — ni les armes ni le nichon — on était dans la voiture en route vers Manhattan — il n’y avait presque pas de circulation sur l’autoroute, tout le monde était chez eux à regarder ce qui se passait à Houston.

On a dû quitter le FDR Drive (l’autoroute qui longe la côte est de l’île de Manhattan) à la 96e rue au lieu de descendre jusqu’à la 23e rue comme d’habitude à cause de « réparations d’urgence ( ? ) » pour lesquelles on avait fermé plusieurs voies de l’autoroute dans les deux sens aux environs de la 72e rue. On a donc emprunté la 2e avenue, à l’instant même de la fin du match. Les foules quittaient les bars pour essayer de trouver un taxi — il est quand même plus difficile que normal à rouler à Manhattan quand on est entouré de voitures du New-Jersey et de taxis conduits par des fous.

On reste assez douteux sur les vrais motifs qui ont forcé Bush à créer une commission pour examiner les renseignements sur l’Irak fournis par la CIA.

Voici un article assez drôle du carnet A Fistful of Euros sur les « Français perfides » dans le cinéma anglo-américain — dans le temps, les méchants parlaient avec un fort accent d’aristo anglais (les chefs des forces impériales dans la Guerre des étoiles par exemple — tous les rebelles par contre avaient des accent de GIs des films de la guerre de 40), mais maintenant c’est un peu le tour des Français pour que le personnage soit vraiment méchant.

février 01, 2004

Il faut de l'argent pour se faire élire

Hier après-midi nous sommes allés, le copain et moi, avec un couple ami, à une collecte de fonds au bénéfice de la campagne de Howard Dean qui a eu lieu dans la ville de New-London.

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Un soleil d'après-midi d'hiver à New-London

On y avait assemblé à peu près 200 personnes pour écouter quelques mots de la mère de M. Dean, son frère Jim Dean, le directeur de la campagne Dean au Connecticut et la directrice de la campagne locale — une grosse lesbienne ex-militaire et prêtresse (si, si) habillée en costume écossais (je n’ai aucune idée pourquoi, d’ailleurs) avec un couteau glissé dans la chaussette droite, pour compléter l’authentique du look. Il y avait dans l’assistance pas mal de gens de notre petit village auxquels j’ai dit bonjour.

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On bavarde, on attend

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Les invités spéciaux attendent la fin de la présentation — c'est le frère, un ami et la mère du candidat — photo prise sans flash

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La mère de Howard Dean nous parle de sa bru

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Le frère de Dean, un tout petit peu bouboule, non ?

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Un invité-surprise : le sénateur anciennement républicain et maintenant indépendant de l'état de Connecticut Lowell Weicker qui est supporteur de Dean (désolé, je n'ai pas osé prendre la photo avec le flash)

On est allé ensuite à Chester, un joli petit village dans la vallée du fleuve Connecticut, où on a bien mangé. On est rentré chez nous pas très tard et on s’est mis au lit tout en regardant quelques bandes animées japonaises tel le nouveau Astro Boy, qui me semble assez névrosé dans sa nouvelle version.

Aujourd’hui il fait beau et froid. Je me suis efforcé à aller au gymnase bien que je n’eus aucune envie. C’était plein de monde.

On rentre ce soir à New-York — ce soir c’est le Super Bowl, événement futile et surmédiatisé qui me laisse tout à fait froid (à l'exception du quarterback des Patriots de Boston, le beau Tom Brady, qui, lui, n'est pas mal du tout.)

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Tom Brady, quarterback des New England Patriots

M. Kay, l’ex-inspecteur américain en Irak pour les armes de destruction massive, se fait beaucoup parler de lui — et il parle aussi un peu partout à la télévision. Ça doit être assez vexant pour les Bushistes d’être forcés à écouter à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas d’armes en Irak. Selon certains, l’administration est en train d’essayer de faire croire que c’était seulement et uniquement la faute de la CIA et non pas des renseignements politisés de la bande à Wolfowitz que Bush ait cru qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak. Au Whiskey Bar, Billmon publie ce billet intitulé « The Essence of Journalism » dans lequel il parle du rapport de lord Hutton et de la BBC, ainsi que d’un article à ce sujet paru dans le Guardian par l’éditeur anglais Max Hastings. Mentir (ou au moins dissimuler), c’est le propre de tout gouvernement ; exposer la vérité, même imparfaite, c’est le devoir de tout journaliste décent.