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avril 30, 2004

Un début de printemps

Une belle journée de printemps à la campagne, qui contraste vivement avec ce qui se passe ailleurs. N’ayant pas vu les photos des prisonniers irakiens maltraités à la télé, j’ai finalement pu les voir sur Internet. Je me demande surtout comment on va trouver, dans le monde arabe et ailleurs, les photos de la fille, riante et habillée, qui fait des gestes drôles en direction du bas-ventre d’un Irakien nu. On se demande toujours pourquoi cette nouvelle n’est pas parue à la une du Times (à présent on y présente, dans la version Internet, le « dégoût » de Bush, qui avait été au courant pourtant, et depuis au moins deux semaines, de ce qui s’était passé dans cette prison infâme.) On discute aussi la présence importante de mercenaires dans cette même prison, des employés voyous de sociétés abominables telles Caci.

J’avais un rendez-vous hier avec le charpentier qui va s’occuper de la restauration de notre maison pourrissante. Les travaux vont commencer lundi matin, à 7h30. J’ai dîné hier soir avec l’amie écrivain, qui vient de découvrir la radio « libérale » d’Air America, qui pour elle commence à prendre un peu le rôle qu'ont pour moi les carnets politiques. On était tous les deux horrifiés par les révélations en Irak. « Mais, il semble qu'on n’est finalement que des brutes » elle s’est écriée avec une vraie angoisse.

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Le forsythia en fleur

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Betty se met dans la mer...

Aujourd’hui j’ai accompagné Betty à la plage, où elle était heureuse d’aller se baigner pour la première fois cette année. C’était un plaisir pour moi de la voir aussi heureuse et contente de jouer dans l’eau quasi glaciale. Les branches de forsythia sont couvertes de petites fleurs jaunes, l’herbe a retrouvé sa verdeur.

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...où elle adore aller à la chasse aux pierres submergées

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La proie trouvée !

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Notre chasseuse (ou chasseresse, comme Diane) se sèche dans la pelouse du phare à côté de la plage

On parle beaucoup aussi de l’OPA de Google (évalué à 30 milliards $), qui embête fort, il paraît, les banquiers de Wall Street par les demandes peu habituelles des propriétaires de cette société jusqu’ici privée. On va vendre les actions aux enchères sur Internet, ce qui effectivement éliminera l’avantage financier des banques d’investissement et de leurs clients favoris.

La retraite — car c’est de cela qu’il s’agit, évidemment — de troupes américaines de Fallouja agite les milieux de droite de la carnetosphère américaine. Le carnetier Tacitus se déclare « trop en colère pour publier ». Tant pis pour lui. Pour nous autres, cette tactique semble une reconnaissance d’un problème énorme qui n’a toujours pas de résolution. Ah, qu’elles sont compliquées, les guerres culturelles !

avril 29, 2004

« Home Sweet Home »

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Un peu de brouillard commence à envahir la ville autour des Pics Jumeaux

Il faisait heureusement plus frais hier matin lorsque nous sommes allés au quartier du Castro, où le grand drapeau arc-en-ciel flotte bien en évidence en dessus du carrefour des rues Castro et du Marché.

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Le drapeau arc-en-ciel qui domine le quartier du Castro à San-Francisco

Après un court passage chez A Different Light (on a fermé la succursale de New-York il y a quelques années) dans la rue Castro, on a eu le temps de prendre un café au lait (ou, comme on l’appelle ici, un « caffè latte » ou un « latte » tout court) dans la terrasse du café Flore, où il y avait des tablées d’écrivains et d’éditeurs qui révisaient des manuscrits sous un soleil chaud (mais pas trop). C’est en fin de compte très civilisé, San-Francisco (voir ce billet de la Montréalaise Martine Pagé).

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Le café Flore vu de la rue du Marché

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La rue Castro vers le nord

Du Castro on a pris le chemin pour l’aéroport d’Oakland — il fallait prendre le pont de la Baie et ensuite l’autoroute 880, qui m’a rappelé la I-95, à plusieurs voies et pleine de poids lourds.

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Notre Mustang de location

On a vite déposé la voiture de location — la Mustang idiote — avant de continuer en car vers l’aéroport.

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L'aéroport d'Oakland vu de notre avion

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Les Pics Jumeaux vus de l'avion au départ d'Oakland

L’avion (un Airbus) n’était pas complet. On a eu un peu de turbulence au dessus de l’Utah mais après c’était plutôt calme. Nous sommes arrivés à JFK à 21h10, en avance de l’heure prévue. Un taxi nous a emmenés chez nous (il conduisait comme un fou furieux, tout le contraire du style californien — tout calme, tout poli) où l’amie marchande de tableaux nous attendait avec la Betty, heureuse de nous revoir (au moins je le crois).

Il fait superbe aujourd’hui — je suis content d’être de retour. Il faut que j’aille à la campagne où l’on commence la « reconstruction » de notre maison pourrissante (si, si, c’est les planches de bois de l’extérieur qui tombent en morceaux, à cause de l’eau ou de quelque chose, on ne sait pas très bien quoi). Betty m’accompagnera, le copain viendra demain soir.

Bush et Cheney sont en train de « témoigner » devant la commission d’enquête. C’est risible. La Cour suprême délibère le droit de l’exécutif à désigner qui que ce soit « combattant ennemi ». Je viens d’apprendre le reportage par la chaîne CBS sur le mauvais traitement de prisonniers irakiens dans une prison bagdadienne. Pour le reste, il me semble que les forces américaines ont trouvé un moyen de quitter Fallouja sans pour cela accepter une défaite (ou au moins une impasse).

avril 28, 2004

Le monde vu de loin

Ici à San-Francisco, les batailles autour de Fallouja semblent bien loin — il fait doux et beau, c’est un climat vraiment extraordinaire. On suit les événements en Irak par les chaînes d’info CNN et MSN/CNBC. Et par Internet. On regarde les images de bombardement un peu comme si on regardait des poissons dans un aquarium — c'est intéressant mais au fond cela ne vous concerne pas trop.

En bons fidèles de la « gaîté », on va faire un tour du quartier du Castro avant de nous en aller pour l’aéroport d’Oakland. On est présumé (vous voyez combine je n’aime pas voyager par avion) arriver à New-York à 21h30.

La Cour suprême est en train de délibérer sur le cas de M. Padilla, citoyen américain arrêté à l’aéroport de Chicago et désigné « combattant ennemi » par l’exécutif à lui seul et donc incarcéré sans les droits légaux normaux. À suivre de très près.

avril 27, 2004

L'ancien étudiant

Notre dîner d’hier soir s’est assez bien passé — je n’ai attaqué le frère du copain qu’une seule fois, en lui demandant pourquoi il avait pris (j’ai dit « volé » exprès, en fait) l’argent que le copain avait offert à une de ses nièces comme cadeau de Noël. Le frère m’a répondu que sa fille « s’était comportée mal » (il n’a pas dit comment) et pour cela, en tant que bon parent, il lui avait pris son argent. Je lui a dit alors que le comportement de sa fille vis-à-vis de son père n’avait rien à voir avec le cadeau offert par le copain, son oncle, et j’ai ajouté que si mes parents avaient pensé à faire pareil, je les aurais foutus en prison tout de suite ! (D'ailleurs, mes parents n’auraient jamais fait quelque chose d’aussi injuste et mesquin.) Je souriais, mais en vérité je disais vrai.

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La cathédrale du culte Apple à San-Francisco

J’ai profité du petit déjeuner compris dans le prix de la chambre pour m’offrir toutes sortes de friandises culinaires comme les œufs brouillés, du bacon, des croissants que je ne mange que bien rarement. Ensuite on est descendu vers le square Union et le magasin mère d’Apple, une jolie boîte revêtue en acier inox avec le même escalier en verre translucide qu’au magasin à New-York.

Après un tour chez Virgin (pas grand chose d’intérêt) on est allé voir une exposition de Pop Art dans les collections locales qui est au Musée d’art moderne de San-Francisco, dans le nouveau quartier branché de SoMa, ou « south of Market ». Il y avait aussi une exposition intéressante du peintre Romare Bearden, connu surtout pour ses collages un peu surréalistes.

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On a pris le métro à la station Powell pour aller à Berkeley, où se trouve l’Université de Californie à Berkeley — c’est là où le copain a fait ses études en maths appliquées avant de venir à New-York.

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La tour Sather à l'Université de Californie à Berkeley

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Le campus verdoyant de Berkeley

Il faisait toujours chaud (on a atteint une chaleur record hier — 32,7º) mais le campus est beau et on s’est amusé à déjeuner dans un restaurant toujours populaire chez les étudiants de Berkeley où on a pris d’énormes salades fraîches et délicieuses. Un peu de promenade, achat de quelques t-shirts athlétiques marqués « California » (appréciés surtout à New-York), et puis on est rentré en ville par le métro, où il y a même de la moquette dans les wagons. (Il est strictement interdit de manger ou de boire dans le métro de la Région de la Baie.)

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L'esprit contestataire de Berkeley continue dans cette publicité pour MacDonald's « modifiée » dans l'entrée de la station de métro

Ce soir on prend un verre à l’hôtel avec un ex du copain, qui est avocat et tout à fait pompeux. Ensuite on passera notre dernière soirée sanfranciscaine avec le frère du copain et ses trois filles (il est divorcé et remarié, mais sa nouvelle femme n’est pas venue nous joindre hier soir — d’après le frère du copain, elle se trouve trop grosse et aurait honte de sortir avec des gens qu’elle ne connaît pas. Pour ce soir, on verra.

Et puis demain, vers midi, on repart d’Oakland pour New-York. J’ai hâte de revoir Betty, je l’avoue, et j’ai envie aussi d’aller au gym, sinon je ne vais plus pouvoir mettre aucun de mes vêtements. Ce qui serait embêtant.

avril 26, 2004

Le tourisme effréné

Une journée, belle et chaude, de tourisme — on s’est réveillé assez tôt ce matin et on a pris le petit déjeuner dans une salle formidable qui se trouve tout en haut de l’hôtel avec des vues imprenables, dont voici quelques-unes.

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Vers le nord

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Vers l'est

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Vers le centre-ville

Ensuite le copain et moi nous sommes descendus la rue du Marché vers la gare des ferries, un beau bâtiment restauré depuis l’enlèvement de l’autoroute à deux étages Embarcadero qui avait été gravement endommagée par un tremblement de terre en 1989.

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La cathédrale Grace, sur la colline Nob, devant laquelle on faisait du taï-chi

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La tour de la gare des ferries dans le port de San-Francisco

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Le début de la rue du Marché au port

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Vue de la colline du Télégraphe et la tour Coit du port

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L'intérieur un peu désuet d'une fameuse et touristique voiture câblée

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En voilà une qui monte la rue de Californie

On a ensuite rejoint nos amis et on a commencé à découvrir les quartiers variés de la ville, à commencer avec la colline du Télégraphe, joli quartier marqué par la tour Coit.

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La tour Coit qui surmonte la colline du Télégraphe

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La colline Russe, autre colline résidentielle très désirable

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Le pont de la Porte d'Or vu de la colline du Télégraphe

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Détails des muraux de l'intérieur de la tour

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Le hold-up

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Une maison perchée

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Une roseraie cachée

Ensuite on est allé par le pont Golden Gate vers le promontoire de Marin, une réserve naturelle.

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Le pont de la Porte d'Or vu du promontoire de Marin

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Le hauts de Marin au nord de San-Francisco

De retour en ville, on a visité le quartier chic des Hauts du Pacifique et ensuite on est allé déjeuner dans un restaurant très BCBG à la façade déroutante — le Balboa Café.

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Les « ruines » du palais des Beaux-Arts

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On habite avec style dans les Hauts du Pacifique

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Les coquelicots

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Une maison rose fleurie

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Le Balboa Café

On a continué notre visite en passant par le Presidio, le parc de la Porte d’Or, les quartiers de Sea-Cliff et de Sunset, pour terminer au sommet d’un des Pics Jumeaux qui dominent la ville. Une brève escale au Café Flore, un des centres de la vie pédé du Castro, et puis retour à l’hôtel.

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Une sculpture de Mark di Suvero devant le Palais de la Légion d'Honneur de Californie

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La ville de San-Francisco vue d'un des Pics Jumeaux

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Le centre-ville

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L'intérieur du Café Flore dans le Castro

avril 25, 2004

On monte la côte

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Le printemps en Californie, comme la flore, est spectaculaire (j'ignore le nom de cette fleur, que je n'ai jamais vue avant)

Ça y est — c’est couru, le marathon de Big Sur, malgré une chaleur hors de saison et une organisation un peu trop, disons, hippie ou « Nouvel âge ». On s’est couché de bonne heure hier soir après un autre dîner délicieux au restaurant de l’hôtel qui se trouve penché sur la falaise et d’où on a regardé le coucher de soleil.

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Le brouillard flotte en dessus de l'océan

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Une vue partielle du restaurant Sierra Mar à Big Sur

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Le coucher de soleil d'hier soir

Ce matin, comme je l’ai déjà écrit, on s’est levé vers quatre heures et demie — on avait rendez-vous avec la partenaire et son mari à la réception de l’hôtel. Là on offrait aux coureurs du yaourt, des bagels et des bananes — il y avait au moins une douzaine de coureurs à l’hôtel, et l’hôtel faisait avec leurs gros VTT Lexus gris perle la navette entre l’hôtel et le début de la course. Le mari de la partenaire, dans une grosse Jaguar rouge louée, et moi, dans l’idiote Mustang blanche, nous sommes partis ensuite vers sept heures pour nous joindre à la « caravane », une file de voitures menée par un flic qui passait bizarrement à côté des coureurs.

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La caravane se forme sur la route 1

Je pensais pouvoir prendre des photos quand on nous arrêterait, mais en fait on circulait lentement mais sans arrêter, donc je m’excuse d’avance de la qualité des photos prises sur le vif quand il fallait aussi conduire et essayer de ne pas écraser ni la Jaguar de devant ni les coureurs sur ma gauche.

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Je passe la première table d'eau

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Vue de la route de la voiture

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Un grand pré ouvert au bord de l'océan

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Il y a toujours un peu de brouillard maritime

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Une vue du paysage typique de Big Sur

Il a fallu attendre encore deux heures à la fin pour l’arrivée de nos compagnes coureuses — j’aimais bien regarder la foule et applaudir tous les participants. Il y avait une Française à côté de moi qui disait à ses deux jeunes filles blondes et mignonnes, dont une s’appelait Charlotte, « Il faut chercher Papa, et on va lui dire Bravo, bravo, bravo, Papa ! ».

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À l'arrivée à Carmel

On s’est décidé d’aller directement à San-Francisco par la 101 et la 280.

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Notre salle de bain à l'hôtel à San-Francisco — un luxe qu'on apprécie, le copain et moi, surtout vu l'état vraiment déplorable du nôtre à New-York

Il y a des choses qui se passent en Irak, mais cela semble, je l’avoue, très, très loin de la Californie.

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Un passe-temps bien californien

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Les kayakers dans la baie de Monterrey avec les phoques qui aboient

On se dépêche

Ayant fait la fête un peu trop tard hier soir, on s’est réveillé quand même à huit heures et après un bon petit déjeuner mangé sur la terrasse qui donne sur le Pacifique couvert d’un brouillard blanc et épais, on est allé retrouver les numéros de coureur pour le copain et sa partenaire au centre de congrès de la jolie petite ville de Monterrey.

Demain on doit se lever à cinq heures pour pouvoir aller à la fin de course avant qu’on ne ferme la route, ce qu’on va faire à six heures. La course commence à 7 heures et la route restera fermée jusqu’à 13h30, donc pas moyen pour les coureurs de rentrer à l’hôtel pour prendre une douche.

Dimanche matin à six heures — il fait beau, doux, et j’entends les voix des présentateurs qui m'arrivent d'au-delà de la petite vallée de Big Sur, où le marathon commencera en trois quarts d’heure. Ça se termine à Carmel, au nord. On va suivre les coureurs en voiture dans une sorte de convoi lent. Ce soir, San-Francisco.

avril 23, 2004

California Dreamin'

Un peu de turbulence au dessus du Midwest. On est passé par Toronto, au nord de Chicago, par Minneapolis, à travers le Dakota du sud et le Wyoming et le nord de l’Utah et du Nevada — où il n’y a rien que des chaînes de montagnes enneigées et le désert.

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Des chaînes de montagnes à ne pas en finir

Pas une route, pas un signe d’habitation, rien. (J’ai des photos pour le prouver, que j’espère publier demain.) Oakland, au moins autour de l’aéroport, c’est très laid. On a retrouvé la voiture de location — une Mustang blanche automatique et impuissante — et on a pris l’autoroute I-880 pour descendre vers Big Sur. Une fois sur la côte, c’est hallucinant. Voici quelques photos.

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La vue de notre chambre

D’autres suivront si possible (l’hôtel est fabuleux, mais c’est « dial-up » pour connecter à Internet et, à l’horreur du copain, il n’y a pas de télé dans les chambres ! ).

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Et de l'autre côté de la petite route — étonnant pour un pauvre type de l'Est comme moi habitué à la petite côte de Connecticut (et il y a des mafiosi russes ici aussi !)

À l'aéroport

Bon, on se trouve dans le terminal de JetBlue dans un café wifi — je viens d’avoir gaspillé dix minutes à commander un simple café au lait double et un cappuccino dans un endroit tellement imbécile qu’on se demande comment on va vraiment faire en Irak, où les sourires débiles n’arrêteront pas de balles de fusil. On ne peut pas acheter de la bière avant 8 heures non plus (elles sont bien spéciales, nos lois sur la consommation d’alcool.) C’est plein de portables Dell et IBM, j’ai le seul Mac. La plupart des gens vont en Floride — les billets de JetBlue pour la Floride sont tellement peu chers. C’est curieux aussi, on est habillé en toutes sortes de tenues de sport comme si on sortait justement de la salle de musculation.

avril 22, 2004

La débutante

Le réveil a sonné à six heures : on voulait se réveiller à cette heure pour pouvoir voir l’escale inaugurale du Queen Mary II, le plus grand paquebot du monde (et construit en France), à New-York. Il faisait beau, il y avait un peu de brouillard. On a pris Betty et ensemble on s’est dirigé vers les rives du fleuve Hudson. Voilà un photoreportage fait sur le vif de ce qu’on a vu à partir du West Side Highway.

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On voit du monde aux bouts des quais (ou sont-ils des jetées ?)

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Vue vers le sud et le quartier financier

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On choisit la jetée de la rue Christopher

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La trompettiste de quartier — elle répondra à la belle sirène baryton du navire

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Il sort du brouillard

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Ça y est, c'est proche !

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Encore plus proche

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C'est presque devant nous

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Tout le monde le regarde passer (le capitaine nous salue en faisant sonner la sirène)

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Un peu d'anglophilie

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Une suite de remorqueurs new-yorkais salue la nouvelle reine des mers

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Tout comme ce bateau-pompier des sapeurs-pompiers de New-York

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Avec cet autre bateau-pompier rehabilité par un groupe de privés, dont plusieurs sont des amis

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Un arc en ciel — ça porte bonheur, non ?

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Les deux bateaux-pompiers avec leurs jets d'eau en forme

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Y a du trafic dans le fleuve — les bateaux-pompiers croisent un ferry

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On rentre chez nous, le copain s'arrête ici pour acheter des pâtisseries — Taylor's, dans la rue Hudson

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Devant chez nous, un joli jardin (de riche), tout nouvellement planté de tulipes blanches (ça prendrait trop de temps de les laisser pousser n'importe comment)

Demain c'est la Californie — on part pour Big Sur et le marathon. Départ JFK à 9h20, arrivée à Oakland prévue pour 12h40. Je m'attends à un vol « difficile », c'est-à-dire turbulent, à cause des tornades qu'on a eues en Illinois — les pilotes appellent le centre du pays « Tornado Alley » et même quand on passe à plusieurs milles mètres au-dessus, on le sent (malheureusement). C'est la faute des Rocheuses, on me dit, et je veux bien le croire. Reste à savoir si je vais pouvoir publier de la chambre d'hôtel.

avril 21, 2004

Au cœur de la ville

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L'entrée de Christie's dans le Rockefeller Center

Hier soir le copain et moi nous nous sommes dirigés vers le Rockefeller Center où se trouvent les salles de vente de la société de commissaires-priseurs Christie’s pour voir une exposition de tableaux et de sculptures du 19e siècle dont une partie sera vendue aux enchères ce jeudi ici et une autre partie en mai à Londres. Comme souvent dans ce genre de sortie mondaine, les serveurs en smoking étaient de loin les gens les plus agréables (surtout pour les yeux !). Il y avait quelques couples d’hispanophones et quelques Anglais — il faut noter que cette vente est plutôt pour les spécialistes et les amateurs de cette période — il y avait quelques Corot, Blanche, Bougereau, mais la plupart des tableaux exposés étaient par des peintres peu connus.

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Une vue d'une des salles d'exposition (sans flash, donc...)

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En voilà une autre, aussi mauvaise...

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La tour déco de l'immeuble General Electric (anciennement RCA)

Quittant Christie’s et comme il faisait extraordinairement beau hier soir, on a alors téléphone aux parents du copain pour leur inviter à nous rejoindre pour dîner, mais ils n’ont pas pu sortir.

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Quelques tours (à moi) nouvelles vues de la 5e avenue

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La cathédrale St-Patrick au milieu, la tour Trump au fond, la tour Olympic à gauche de l'église, et la façade bien élevée du magasin Saks Fifth Avenue avec des drapeaux américains (non, cette fois ce n'est pas du super-chauvinisme amerloque du moment, ça a été toujours comme cela)

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Un des restaurants les meilleurs et les plus beaux de New-York — la Grenouille dans la 52e rue — si j'étais millionnaire, j'y mangerais au moins trois fois pas semaine, peut-être plus

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A deux pas de La Grenouille, le Centre culturel autrichien de l'architecte Raimund Abraham

On s’est ensuite décidé d’aller au cinéma dans la 14e rue — on s’est dirigé donc vers l’entrée de métro de la 50e rue au coin de l’avenue Lexington d’où on est allé à la place de l’Union et les quatorze salles de cinéma du complexe Regal (anciennement United Artists) où l’on s’est payé des billets (10,50 $ chacun, un nouveau record) pour « http://www.sonypictures.com/movies/hellboy/ Hellboy ».

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L'avenue du Parc vers le nord (à gauche le Racquet Club)

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Le fameux et fabuleux Hôtel Waldorf-Astoria derrière l'église épiscopale Saint-Bartholomew bâtie dans un style néo-byzantin

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La tour de l'immeuble Chrysler au fond brille au soleil couchant pendant qu'on cherche l'entrée de métro dans l'avenue Lexington

Les cinémas Regal sont nettement inférieurs à ce qui les a précédés (en fait je viens de découvrir que les cinémas Regal ne sont qu'une succursale d'United Artists, mais en moins bons, moins propres) — il nous a fallu dix minutes de file d’attente pour acheter nos boîtes de popcorn et nos boissons tandis qu’il y avait au moins quatre personnes à glander de l’autre côté du comptoir.

Le film, par contre, n’était pas mal — très bd (mais n’étant pas amateur de bd, je ne la connaissais pas), assez drôle, avec des effets impressionnants et pas trop dégoûtants (par exemple, je ne supporte pas de longues prises de vue de corps démembrés et je n’aime pas voir les couteaux en train de découper ses victimes). J’ai surtout aimé le personnage d’Abe Sapien, homme-poisson supersensible.

Rentrés chez nous à pied, il faisait toujours délicieux, et il y avait beaucoup de monde dans les rues du Village.

avril 20, 2004

Alerte Vedette Niveau A

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Notre rue, où l'on stationne aujourd'hui sur l'autre côté

Encore une fois on nous bloque dans notre petite rue — on nous a prévenus hier soir que le tournage du film « The Last First Kiss » aurait lieu dans le quartier. Ce matin on a entendu ces voix pas douces du tout qui commandaient aux piétons de traverser la rue pour passer sur le trottoir d’en face.

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Les figurants aux sacs d'épicerie

En allant déposer nos chemises sales chez la teinturerie chinoise j’ai aussi pris mon appareil photo et voilà que j’ai réussi à capter l’acteur populaire Will Smith qu’on faisait promener sur le trottoir de la rue Bleecker. Une voisine que je connais est venue me dire combien elle le trouvait beau — c’est vrai, il est mince, il porte bien son costume foncé. Mais pour le reste, je me tais.

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M. Will Smith en costume foncé dans la rue Bleecker

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Il faut apprendre le scénario par cœur

On est en train d’interroger le salaud Wolfowitz sur les 700 millions de dollars détournés subrepticement de la guerre en Afghanistan pour payer les préparations de l’invasion de l’Irak — on le diffuse à la radio. Le sénateur Kennedy l’a eu sur les mensonges mais j’ai l’impression qu’on va finalement passer outre au tas de gros mensonges proférés par Wolfowitz et Cie. C’est déprimant mais il faut avouer qu’on commence à s’y habituer.

avril 19, 2004

Un billet assez impoli

Je me suis toujours demandé comment s’appelait la maîtresse de Bush père — cette question désespérément superficielle et pourtant digne d’une émission d’une demi-heure (au moins) sur la chaîne E! (où, au gym en faisant mes exercices aérobiques, j’ai regardé l’émission hyperprofonde « Starved » ou « Affamé » sur les multiples soucis physiques de vedettes de petite et moyenne célébrité) m’est revenue à l’esprit en lisant la bévue de Miss Condoleezza (alias Brown Sugar d’après la bd politique Doonesbury de Gary Trudeau) lors d’un dîner, quand la conseillère célibataire est censée avoir commencé un commentaire en disant « As I was telling my husb… » qu’elle a vite remplacé par « As I was telling President Bush— » (via Atrios). Et c’est vrai que la meurtrière (ado, elle a tué un ami dans un accident de voiture) Pickles Bush, femme de l’usurpateur, a bien l’air de préférer des comprimés Xanax aux ébats de boudoir. (Désolé de cette goujaterie gratuite — ben, en fait, pas désolé du tout, c’est bien elle qui a épousé le plus goujat de tous !)

Ben, la maîtresse supposée du premier George Bush s’appelait Jennifer Fitzgerald et on se demande toujours pourquoi la presse nationale, qui en était pourtant au courant, n’en a jamais voulu en parler, surtout vu qu’elle n’était pas du tout disposée à se taire sur les indiscrétions (réelles et imaginaires) de Clinton.

Je suis content d’être allé au gym — mon épaule droite me fait toujours mal mais je n’ai pas envie d’aller chez le médecin pour me la faire examiner — j’ai peur qu’on me dise qu’il faudrait l’opérer et j’ai horreur de toute intervention chirurgicale (je ne supporte pas de regarder les émissions populaires de chirurgie esthétique à la télé — le copain les adore — va savoir !).

Le copain a un rendez-vous ce soir avec le jeune prostitué latino au cul de dieu qu'on avait rencontré vendredi soir pour discuter avec lui sur son site porno éventuel. Le copain en est tout content. Demain on va à un cocktail chez Christies. Ah, les joies diverses du « networking » d’affaires !

avril 18, 2004

À table

Rentrant en voiture à Manhattan, on a écouté l’interview sur l'émission 60 Minutes du journaliste Bob Woodward, auteur du livre « Plan of Attack » sur les « préparations » d’une guerre en Irak qui sort demain. Dans l’interview, M. Woodward décrit un Bush qui ne demande pas de conseils à son père mais « à un père plus grand » (« There's a higher father that I appeal to.»). O cieux ! A ne pas parler des 700 $ millions d’argent détournées d’opérations militaires en Afghanistan approuvées pas le Congrès pour préparer l’aventure irakienne en silence.

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La table de fête

Notre brunch s’est assez bien passé — j’ai fait des œufs brouillés avec des oignons verts, du bacon, des saucisses piquantes, on avait aussi des croissants et une sorte de gâteau russe trop sucré à mon avis. On n’a parlé politique qu’à la fin du repas. Une invitée, femme d’un certain âge, nous a dit que ses amis républicains et conservateurs commencent à dire ouvertement qu’ils ne supportent plus Bush.

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Notre table de brunch

On ne s’est pas entretué, la famille, au dîner d’anniversaire de ma mère hier soir. (Le copain nous trouve déments !) On s’est plutôt bien comporté — mon neveu fainéant qui a abandonné ses études est allé fumer quelque chose avant de nous rejoindre à table — mon beau-frère n’a rien bu (il a eu des histoires à Londres et à Milan) et sa femme, une de mes sœurs, ne laisse rien échapper à ses yeux. Ma mère ne semble se rendre compte de rien de tout ça — tant mieux. On est rentré chez nous vers minuit.

avril 17, 2004

Une soirée imprévue

Il faisait tellement beau hier soir que le copain et moi nous avons décidé de rester en ville vendredi soir et de partir samedi matin. L’ami galeriste nous a proposé de venir chez lui boire des margaritas sur sa terrasse, donc on a pris le chemin de Saint-Jacques de Tequila vers le nord du pays, en passant par la 8e avenue. Le copain a envie de louer un bureau dans cet immeuble au fond (non, non, chéri, c’est trop cher, on n’est pas encore millionnaire dans la nouvelle entreprise).

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Le coucher de soleil sur la 8e avenue, avec l'immeuble où le copain aimerait avoir un bureau

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La vue sur la 8e avenue de la terrasse de l'ami galeriste

Chez l’ami galeriste on a trouvé une amie à lui, divorcée d’un Français et qui avait habité Paris pendant une dizaine d’années avant de rentrer aux États-Unis. Il y avait aussi le voisin, agent immobilier du New-Jersey, d’origine italienne, très beau et sexy, pas très BCBG — assez voyou même. D’autres amis arrivaient, y compris un beau prostitué chilien qui a demandé au copain de l’aider à faire un site web porno assez compliqué. Le copain en était tout content, bien sûr. Un avocat et sa copine ont commencé à danser, on écoutait de la musique plus ou moins techno, mixée à Berlin. Cela va sans dire qu’on a trop bu, tout en mangeant un guacamole délicieux avec des tortillas. Vers 22h30 j’ai dit au copain qu’il fallait rentrer chez nous, mais il a insisté qu’on passe d’abord au bar XL. On a eu du mal à nous réveiller ce matin. Ce soir c’est le dîner d’anniversaire de ma mère. Nous y apportons des fromages achetés ce matin, une bouteille de champagne, et quatre grands pains. Mes sœurs s’occupent du reste.

avril 16, 2004

Une belle journée de printemps

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Au coin de la 4e rue ouest et la 7e avenue

Une seconde journée impeccable dont je ne me suis pas tellement profité, mais bon, ça arrive. Je suis allé à la banque chercher une nouvelle carte bancaire ; l’ancienne je l’ai mise mercredi soir par erreur dans la fente du distributeur automatique par où sortent les relevés de compte et les reçus de transaction. Avec deux pièces d’identité avec photo (dont un permis de conduire périmé !) j’ai réussi à m’en faire octroyer une nouvelle temporaire.

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Les premières fleurs de la saison

J’ai écouté la très courte conférence de presse (trois questions posées) donnée par Bush et Blair. Ils me semblaient tous les deux nerveux et peu confiants — surtout en répondant à la question posée sur la Palestine.

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Un nouveau restaurant dans le quartier — Extra Virgin (c'est très spirituel comme nom, non ?)

Nous avons tous les deux mal dormi hier soir et je ne sais pas si on va finalement aller à la campagne ce soir — j’ai un peu plus envie d’aller au cinéma et puis y aller demain matin. On fête l’anniversaire de ma mère demain soir et puis on fait un brunch chez nous dimanche.

avril 15, 2004

Malaise

C’est dans l’air — la frustration, le choc, la bêtise, la fatigue. L’excellent carnetier Billmon se retire de la carnetosphère pour une pause indéfinie, dont le dernier billet, remarqué dans la carnetosphère francophone par le vigilant Netlexblogger, déplore l’accord donné par Bush aux souhaits de l’équipe Sharon. On s’inquiète toujours de ce qui se passe vraiment en Irak (deux carnetiers occidentaux viennent de quitter le pays). Les ressortissants américains sont priés de quitter l’Arabie saoudite immédiatement. Donald Rumsfeld vient d’annoncer que vingt mille soldats américains devront rester en Irak pour trois mois au-delà de leurs termes d’engagement d'un an. Pas de très heureuses nouvelles pour nous.

avril 14, 2004

Quelques réactions

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Un gros plan des fleurs du poirier Bradford, dans la 11e rue

Le printemps s’installe à pas de loup chez nous — les premiers poiriers Bradford, un arbre décoratif commun des rues de Manhattan, commencent à fleurir malgré le temps gris et humide (mais assez doux, c’est vrai) qu’il fait depuis trois jours.

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Un poirier Bradford en fleur dans la cour de récréation de la rue Bleecker

Il était impossible pour nous, le copain et moi, de regarder la conférence de presse de Bush hier soir sans hurler à la télé. Le discours avec lequel il avait commencé la séance n’avait rien d’extraordinaire (à part ses cheveux pas tellement coiffés et sa cravate hallucinatoire) — un amalgame travaillé d’assertions discutables et de prises de position déjà bien connues. Le fameux « smirk » ou « petit sourire suffisant » ne se voyait pas. Il avait l’air grave, sérieux. Et ensuite, aux questions ! Enfin le corps de journalistes accrédités à la Maison blanche n’a pas plié devant la majesté du chef ! C’est alors que Bush a commencé à s’embourber dans des explications vraiment folles, pleines de clichés, nerveuses. Il ne pouvait ou ne voulait pas répondre à la question de savoir pourquoi il allait se présenter en conversation devant la Commission d’enquête du 11 septembre en compagnie de Cheney, et pas seul, comme la Commission lui avait demandé de faire. Il a souri bizarrement, il a répondu à la première partie de la question (les journalistes en général posent deux questions différentes en même temps) — voici l’extrait du texte en entier:

Q. Mr. President, Why are you and the vice president insisting on appearing together before the 9/11 commission? And Mr. President, who will you be handing the Iraqi government over to on June 30? [Voilà, le truc des deux questions différentes !]

A. We'll find that out soon. That's what Mr. Brahimi is doing. He's figuring out the nature of the entity we'll be handing sovereignty over. And secondly, because the the 9/11 commission wants to ask us questions. That's why we're meeting, and I look forward to meeting with them and answering their questions.

Q. Mr. President, I was asking why you're appearing together rather than separately, which was their request. [Le journaliste insiste et souligne le fait que la Commission leur avait demandé de témoigner séparément.]

A. Because it's a good chance for both of us to answer questions that the 9/11 commission is looking forward to asking us, and I'm looking forward to answering them. [Pas de réponse à la question dérangeante. Il passe outre et reconnaît le journaliste du Washington Times, journal de droite qui appartient au culte Moon.]

Let's see. Hold on for a minute. Oh — I've got some must calls, I'm sorry.

D’autres que moi ont trouvé curieuse cette conférence de presse. Je note ici quelques-uns qui en parlent beaucoup mieux que moi.

This Can’t Be Reality TV; le commentaire du carnetier politique « modéré » Kevin Drum (ex Calpundit);
celui-ci
écrit par Publius de Lawandpolitics; et le professeur Juan Cole, dans un billet intitulé Arguing with Bush.

Quelques photos de la semaine dernière que j'avais oublié de publier:

Les fleurs du copain (il flirte avec le fleuriste pour les avoir moins chères, le salaud !)

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La table dressée chez la partenaire en course à pied du copain, où notre déjeuner pascal a eu lieu (c'est le faisan fumé sur les assiettes).

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avril 13, 2004

Une pause littéraire

Je viens de terminer ma lecture de 1939 : The Last Season d’Anne de Courcy, une histoire, rétrospectivement mélancolique, de la vie mondaine londonienne dans les derniers mois avant la déclaration de guerre le 3 septembre 1939. On y trouve ceux qui ont tout simplement préféré ne pas considérer ce qui se passait pourtant devant leurs yeux, et d’autres qui, comme le roi, craignaient le pire, tout en s’efforçant à vivre une vie « normale ».

Cela m’a amusé de lire ce billet de Wam dans lequel il parle du plaisir qu’il a eu en lisant (trois fois, si j’ai bien compris !) le livre « Tout va bien » du carnetier célèbre PaCa. Moi-même je pensais acheter les deux romans (Tout va bien et Tout m'énerve) de M. Pellerin quand j’étais à Paris, mais comme j’ai oublié de le faire, malgré de fréquentes visites chez plusieurs librairies du Quartier latin, je les ai commandés tous les deux la semaine dernière chez Alapage.com. Je les aurai en principe bientôt, peut-être même cette semaine, à la campagne.

Je continue ma lecture de « A History of Pagan Europe » de Prudence Jones et de Nigel Pennick. Saviez-vous qu'il y avait un temple païen à Uppsala, en Suède, jusqu’à circa 1100, quand il a été détruit par un roi chrétien.

Le nom de Maurice Sachs dont j’ai souvent vu les livres étalés sur des tables, surtout dans les librairies d’occasion, ne m’était pas inconnu, mais je ne le connaissais pas, ni ses œuvres. C’est grâce à ce billet d’Embruns que j’ai vraiment découvert cet écrivain complexe et complexé, un exemple un peu triste mais fascinant aussi de l’« humain, trop humain » dans nous tous. Je pense que je vais me procurer un exemplaire d’« Au temps du Bœuf sur le toit ».

Ailleurs, j’écoute les témoignages offerts à la Commission d’enquête du 11 septembre par l’ancien directeur du FBI Freeh (membre, paraît-il, « supernuméraire » d’Opus Dei !) et par l’ancienne avocate général Janet Reno. Hier j’ai trouvé un carnet très intéressant écrit par un Américain à Bagdad et qui s’appelle Empire Notes. Ce carnet complémente d’autres carnets, dont Baghdad Burning, The View from Baghdad, Raed in the Middle, tell me a secret et une-terrasse-sur-le-tigre qui viennent de la capitale irakienne et qui offrent des reportages d’incidents ainsi que des points de vue souvent beaucoup plus nuancés que ceux fournis dans les médias « officiels ».

avril 12, 2004

L'après-Pâques

Dans la salle à manger minuscule où je tape ce billet je peux entendre le sifflement du radiateur (hé oui, il fait toujours frais, il pleut, le printemps nous boude) et le bruit de voix et de rires d’un groupe de jeunes, des filles pour la plupart, qui prennent des photos de l’escalier du « brownstone » où se trouvait l’appartement de la célèbre Carrie Bradshaw. J’écoute aussi la radio publique, où les infos nous tiennent en haleine sur ce qui se passe en Irak. Bush donne une conférence de presse demain soir — des otages chinois ont été relâchés, bien heureusement. Le sort des trois Japonais et du routier américain du Mississippi reste inconnu.

Notre déjeuner de Pâques était agréable. Notre hôte n’est pas douée pour la cuisine, elle est avocate, trop intellectuelle, je crois et tout cuisinier véritable est plutôt sensuel (comme l’amie écrivain, qui était là). On a commencé avec du faisan fumé avec une petite salade. Il y avait de l’agneau farci pour le plat principal avec des haricots verts et du riz sauvage, ensuite un plateau de fromages, et plusieurs — même trop de — desserts, dont une tarte aux poires, un gâteau inconnu avec des fraises en dessus, des macarons, des pâtes de fruits et des bâtonnets de chocolat — j’avais apporté ces trois derniers de Paris. On a bu pas mal, naturellement, et on a parlé politique. Un des invités est le maire de notre village et il vient d’annoncer sa candidature pour un siège au Sénat de l’état de notre région. C’est le prochain niveau à atteindre. Il est gay, son partenaire est prof d’école (énormément populaire chez les parents de ses élèves), et il nous a raconté comment un de ses amis républicains, un bel ouvrier du bâtiment très hétéro, lui a promis de l’accompagner dans des circonscriptions « difficiles » pour faire preuve de son appui. Une ancienne adversaire républicaine lui a aussi offert de donner une réception chez elle pour ses amis républicains, ce qui est assez remarquable aussi. Le copain et moi, on lui a donné un peu d’argent pour financer sa campagne — il lui faut, selon les experts, environ 70.000 $ pour se présenter. L’amie écrivain a promis de donner une garden-party (elle a un des plus beaux jardins du village et comme elle est très difficile dans ses fréquentations, c’est un peu un jardin caché entouré d’un mur et donc même plus attirant pour le public).

Nous sommes rentrés à Manhattan vers 22h45 — il y avait beaucoup de circulation sur l'I-95, ce qui est toujours le cas des fins de week-ends. C'est une sale route de toute façon.

Un peu de gym cet après-midi. Je suis de mauvaise humeur. Le père du copain s’est fâché avec sa femme — ils ne se parlent plus (ça leur arrive de temps en temps) — et quand le copain leur a invité à dîner chez nous, le père a insisté à ce qu’il téléphone de nouveau à sa belle-mère. C’est bien commode, non ? Je m’amuse à jouer avec Betty, pour qui je cache des friandises dans les draps de notre lit — elle est destructrice, elle jette les oreillers par terre, elle fouine sous la couette, elle met son nez froid partout.

avril 10, 2004

Le fils dévoué (non, c'est pas moi !)

Il fait très beau dehors mais les débuts de rhume me font rester à la maison. Le copain est allé faire un peu de course à pied avec sa partenaire.

On a divulgué à l’AP une partie considérable du mémoire célèbre depuis jeudi mais encore officiellement secret préparé par les services de renseignement pour le président le 6 août 2001. (Ces mémoires sont connus surtout par l’abréviation anglaise de « pdb », prononcé « pidibi ».) Selon cet article paru dans le Times de ce matin, l’administration Bush aurait été averti d’éventuels attentats terroristes. Donc, la Condoleezza a menti. Sous serment.

On annonce aussi que le CGI est en pourparlers avec les représentants de M. Al-Sadr à Falloujah. Cette démarche donnera-t-elle un peu de légitimité au Conseil de gouvernement ?

On dîne ce soir chez ma mère – c’est le copain qui a insisté. Il est de loin meilleur fils que moi.

avril 09, 2004

Les guerres de civilisation (et de « Civilization »)

Cela m’arrive une fois tous les six ou huit mois — le copain, rangeant son bureau, m’avait remis le disque compact de Civilization III qui s’était caché dans une étagère chez lui et je l’ai donc mis comme ça dans mon portable sans m'inquiéter du tout — et ensuite je me suis couché vers quatre heures et demie, ayant finalement gagné la victoire (en 2050) sur les Chinois, les Japonais et les Anglais (tous les trois éliminés) et ayant tabassé les Allemands, les Grecs et les Romains, tous alliés contre mon pouvoir pourtant très très éclairé et sûrement bénéfique. C’est le son de la douche que prenait le copain qui m’a réveillé ce matin vers neuf heures. Ben, ce n’est pas moi qui serai derrière le volant ce soir !

À la radio on parle de l’anniversaire du renversement « faussé » de la statue de Saddam dans une place dans le centre de Bagdad — on note que cette place est aujourd’hui interdite aux Irakiens par crainte d’une grande manifestation éventuellement désobligeante pour la « Coalition ». Que c’est beau, la démocratie gérée ! On entend qu’al-Kout a été repris mais on ajoute que la capitale serait effectivement coupée du reste du pays. Deux membres du « gouvernement provisoire » ont démissionné — l’un des deux aurait été chassé par le grand patron Bremer. Riverbend décrit la situation à Bagdad d’une façon particulièrement émouvante et engagée, ainsi que le journaliste anglais Patrick Cockburn dans l’Independent. J’ai honte, je l'avoue : je ne peux pas regarder de près ces photographies prises par des journalistes d'al-Jazeera des morts et des blessés à Falloujah qu’on présente sur indymedia.portland et liées par Suburban Guerilla. Elles me font trop mal. Et j'ai toujours peur pour ces pauvres Japonais, qui seront bientôt libérés, j'espère.

Ici c'est le calme printanier — tout le contraire de l'angoisse ressentie à Bagdad. Il fait beau, pas trop chaud. On part ce soir pour le week-end à la campagne — dimanche on déjeune chez des amis (un repas traditionnel de Pâques, je suppose) et samedi il faut que je voie ma mère (j’ai pour elle une boîte de chocolats de chez Pierre Hermé — pas tout à fait frais, même gardés au frigo depuis dimanche dernier, je sais, mais comme on dit par ici, c’est d’y avoir pensé qui compte.)

avril 08, 2004

Peu convaincante

Nerveuse, pleine de redites, elle ne m’a pas convaincue, la Condoleezza. Elle n’a parlé que de « problèmes structuraux » dans les milieux du renseignement américains. Certains croient qu’elle a réussi à protéger l’administration tandis que d’autres pensent qu’elle a montré l’insuffisance des Bushistes à comprendre le vrai danger posé par Oussama ben Laden, malgré un avis assez spécifique donné à Bush le 6 août 2001 intitulé « Bin Laden Determined to Strike inside US ». Le lendemain Bush est parti pour des vacances d’un mois.

On ne sait pas beaucoup non plus de ce qui se passe en Irak, surtout à Falloujah, où les Marines attendent des renforts avant d’y pénétrer plus profondément. On a vu pour la première fois des images télévisées de sang américain versé — un soldat sortait d’un char atteint d’une roquette, l’avant-bras ensanglanté. On nous a montré aussi les « sacs à cadavre » vert foncé que l’administration essaie de cacher de vue en prohibant la photographie des cercueils retournant aux É-U.

La vidéo des otages japonais m’horrifie. Je n’arrive pas à imaginer combien ils doivent avoir peur.

Notre dîner s’est bien passé — du pâté de campagne pour commencer, du poulet aux câpres, quatre fromages, dont du Livarot bien odorant, et une tarte aux fruits. Du vin rouge argentin — pas mauvais. Tout le monde est parti vers minuit.

avril 07, 2004

Les contrastes qu'on vit

Les nouvelles de l’Irak sont de plus en plus inquiétantes. Je viens d’écouter un reportage d'un photographe américain coincé avec des Marines dans une petite ville hors de Bagdad. « Ils [les Marines] sont dans une situation impossible » a-t-il dit tout platement à la présentatrice à Washington.

Demain à 9 heures la Condoleezza paraîtra devant la commission d’enquête du 11 septembre. On remarque que Bush, lui, n’ose pas se présenter devant les commissionnaires sans être accompagné de son « entraîneur » Cheney. Dégoûtant mais tellement typique.

Dans un exemple de la schizophrénie dans laquelle on vit actuellement (les horreurs de la guerre en Irak, notre vie facile et paisible à New-York), le copain fait un dîner ce soir. On n’est pas du tout préparé. Il vient d’envoyer le devis pour le directeur du fonds spéculatif coréen (transfert de serveurs de Corée à New-York et cetera). Il va préparer des blancs de volailles aux câpres et aux tomates comme plat principal. Pour l’entrée et le dessert, on n’en sait toujours rien ! Nos invités arriveront à 19h30.

Difficile à capter

C’est curieux — on a bien l’impression qu’on ne nous dit pas tout ce qui se passe actuellement en Irak. On ne dit mot, par exemple, de la situation actuelle à Najaf, dite la ville sainte, où al-Sadr s’est réfugié et où les moudjahidin ont la maîtrise de la rue. Je ne suis pas certainement le seul à imaginer une auto-censure de la part des médias américains sur les événements. Voici une citation d’un billet du carnet Daily Kos : « Expect good news from our cable news outlet, concentrating on battle successes in Fallujah and downplaying the Shia story as well as stories like Muslim Rivals Unite In Baghdad Uprising. But check all the news you can, especially from overseas, to get the big picture. Reports of American casualties will need to be matched with 'good news' stories as best as they can be found. For the next few days, it'll be tough to separate out fact from Don Senor fiction. »

À suivre, donc.

avril 06, 2004

Nous sommes tous névrosés ?

Je ne l’avais pas attendu mais Paris était plein d’Américains — on les entendait au Louvre, dans la rue du Faubourg Saint-Honoré, aux Puces, dans les bistrots et cafés du Quartier latin, le long de la rue des Saints-Pères, même dans la queue devant les caisses de la boutique Longchamp aux Galeries Lafayette dans laquelle, juste derrière ma sœur et moi, une Américaine parlait au portable avec son mari au Connecticut. En principe je ne suis pas ravi du tout d’être entouré de mes compatriotes à l’étranger, mais cette fois par contre c’était presque rassurant de découvrir qu’évidemment beaucoup d’Américains ne boudaient plus la France, malgré une politique internationale divergente et le taux relativement défavorable (pour nous, Américains) de l’euro.

Depuis ce matin la situation militaire et sécuritaire en Irak semble de plus en plus confuse, du moins d’ici. La journaliste Anne Garrels de la NPR vient de déclarer que personne n’est vraiment au courant de ce qui se passe dans le pays. Le carnetier de l’Agonist a intitulé un billet tout simplement « Anarchie à travers l’Irak » Le carnetier politique Juan Cole semble lui aussi assez pessimiste sur les événements actuels au pays.

Billmon, qui comme moi n’est toujours pas très optimiste sur les véritables valeurs politiques et morales de nos concitoyens, vient d’en sortir une belle. La voici en partie :

« But the picture of the average American voter that you get from these news items (à savoir, l'intérêt primordial qu'on porte au prix de l'essence et aux tarifs de télévision câblée) isn't very flattering. He, or she, appears to be not much more than a giant butt with a pair of eyeballs and some car keys attached to it.»

Il ne craint pas l'irritation des « patriotes » d'en bas, ce Billmon.

Le décalage d’heures m’accable toujours — aujourd’hui je me suis réveillé vers quatre heures ce matin mais j’ai pu me rendormir jusqu’à six heures. Le copain s’occupe furieusement à préparer un devis assez élaboré pour fournir l’infrastructure informatique d’un fonds spéculatif coréen qui vient d’ouvrir ses portes à Wall Street. Naturellement il est tout tendu et j’espère qu’il l’aura, mais ce n’est pas certain.

avril 05, 2004

Heureux qui comme Ulysse

Je m’excuse pour le manque de mises à jour du carnet depuis le début du mois d’avril — un train de vie tout à fait extraordinaire (c’est bien ça les vacances, non ?) et la douleur d’une connexion à à peine 50k depuis ma chambre d’hôtel m’ont empêché de publier. Et en tout cas, je n’étais pas là pour pontifier sur tous les maux du monde mais pour profiter de quelques jours passés dans ce Paris que j’aime et pour essayer de faire découvrir quelques aspects à ma sœur, qui n’est pas venue à Paris depuis longtemps.

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Dans le hall du terminal 1 à l'aéroport JFK à New-York — il n'y a personne parce qu'il est tard

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On me met toujours à côté de l'aile — on arrive en Europe

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Le beau temps dans le 1er arrondissement

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La nouvelle façade du Ministère de la culture

D’abord, il faut noter qu’il a fait un temps excellent (malgré toutes sortes de mauvaises prévisions météo venues des bouches de professionnels aussi bien que d’amateurs). On s’est beaucoup promené du côté de l’Opéra Garnier — j’ai eu le plaisir de montrer à ma sœur l’intérieur du siège social de la Société Générale du boulevard Haussmann avec son énorme rosace centrale (qu’on peut voir aussi dans le film « Absences répétées » de Guy Gilles) où j’ai maintenu un tout petit compte en banque pendant des années. On a exploré le nouveau Lafayette Maisons. Ma sœur était surtout à la recherche de sacs de chez Longchamp — on en a trouvé sans difficulté, mais avant d’en acheter un là il fallait à ma sœur, en bonne consommatrice bien avisée qu’elle est, comparer les prix et la sélection ailleurs — on a continué donc à la Samaritaine, au Printemps, ouf !

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Ah. le printemps ! Les épreuves de roller devant le Conseil d'état au Palais Royal.

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Les pigeons du Palais Royal

Ma sœur a apprécié le vin au déjeuner — habitude qu’on n’a pas chez nous, surtout à Philadelphie ! Qu’est-ce que c’est agréable de s’offrir un poulet rôti basquaise accompagné d’un Chinon frais au http://www.boulevard-des-gourmets.com/dossier/charme/terrasses.htmBistrot Mazarin dans la rue Mazarine? Plusieurs amis nous ont fait découvrir l’eau minérale légèrement gazeuse http://www.sooaf.com/chateldon.htmChateldon, qu’on ne trouve, paraît-il, ni en supermarché ni aux États-Unis. (Mais j’aime toujours la Badoit aussi, même si ça se trouve que c’est aujourd’hui un petit peu moins chic que la Chateldon. Et je n’aime pas tellement la San-Pellegrino, trop pétillante, comme l’eau Perrier.)

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La passerelle Solférino

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Un jardin de sculptures dans les Tuileries

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Dans le casbah du Quartier latin — la rue de Nevers

Une longue matinée au Louvre — les dessins d’Ingres, les tableaux de David, de Vermeer, de Géricault, de Rembrandt et de Giulio Romano m’ont fait le plus plaisir. On a vu aussi les appartements de Napoléon III, autrefois les bureaux du Ministère de la finance.

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Le grand salon de Napoléon III au Louvre

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Et si l'on y faisait le prochain Paris Carnet ?

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Encore le beau temps

Un dîner extraordinaire dans un restaurant classique de la cuisine française — j’y ai pris un pigeon rôti farci de truffe noire et de foie gras comme plat principal. Un dîner d’anniversaire pour ma sœur, qui l’a apprécié.

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La façade de l'hôtel

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Ma chambre (c'est le copain qui