Hier soir, vers 2h30, on a été réveillé par un coup de tonnerre tellement fort qu’on se demandait si une bombe avait explosé. On restait dans le lit à attendre les sirènes, les hurlements, mais rien n’est venu. Betty s’était déjà réfugiée en dessous du lit, ses oreilles supérieures avaient capté des bruits qui ne lui plaisaient pas du tout. Nous, on était en retard.

On voit la fumée qui sort de l'appartement du cinquième étage
Il a fait beau aujourd’hui — un temps de t-shirt pour la première fois. Les sirènes qu’on avait attendues hier soir sont venues ce matin — il y a eu un incendie dans un immeuble pas très loin de nous. Les sapeurs-pompiers sont montés dans l’appartement par l’échelle. On a éteint les flammes en quelques minutes.

Le sapeur-pompier monte l'échelle

Les autres sapeurs-pompiers restent en bas...

Il y en avait même en short
Quelques minutes après j’ai pris le métro pour me rendre à Bloomingdales où il me fallait acheter un cadeau de noces avant qu’on aille au déjeuner de noces à midi. Tout s’est passé avec une efficacité peu usuelle — à dix heures 20 il n’y avait presque personne au 6e étage où se trouve le service des listes de mariage. Le type m’a vite fait imprimer une liste de cadeaux désirés par le couple et j’ai choisi un jeu de couteaux de cuisine qu’ils avaient signalé. On l’achète et on l’amène au comptoir d’emballage, où une grosse femme l’a emballé d’une façon lente et méthodique et, finalement, pas trop mauvaise, mais j’étais pressé — il fallait rentrer, prendre une deuxième douche, me raser, m’habiller avant d’aller au restaurant où l’on s’assemblait. Je suis rentré chez nous à 11h20, et on était de nouveau dans le métro, en direction de la rue Franklin, à midi moins le quart.

L'extérieur du restaurant Chanterelle dans la rue Harrison
Tellement on était efficace qu’on était tôt, et le copain a donc voulu faire un tour à pied du quartier, transformé ces jours-ci pour le festival de cinéma de Tribeca fondé par M. deNiro. Le guichet pour les séances se trouvait à quelques pas du restaurant.

Le guichet du festival du film de Tribeca

La toute petite rue Staple
Les mariés sont finalement arrivés de la mairie (ils ont choisi de se marier devant un fonctionnaire au lieu d’avoir un service religieux) — des flûtes de champagne, on les pose pour des photos. Et puis on mange. Le menu est fait de sept ou huit plats, chacun avec un vin spécifique. On commence avec un pâté de saumon qu’on accompagne avec un tokaï blanc assez sucré (même trop pour certains qui en ont demandé un autre plus sec). Un vin blanc sec avec le poisson grillé, et ainsi de suite, le tout terminé par un morceau de gâteau au chocolat et du champagne.

Au restaurant
Le père de la mariée, d’origine grecque, a souligné le côté cosmopolite de l’affaire, en disant qu’il y avait du sang macédonien, grec, turc, bulgare, slave et sépharde dans leurs veines, le tout apprivoisé par les efforts d’une vielle Française qui était resté quinze ou vingt ans comme hôte de la famille. Elle était là et tout le monde lui adressait la parole en français. En effet, tout le déjeuner brillait d’un charme naturel et attrayant. Dans ce milieu civilisé, on détestait Bush — le copain était assis à côté d’une femme amusante de 78 ans qui est la belle-sœur de l’ancien gouverneur du New-Jersey Kean, choisi par Bush pour présider la commission d’enquête du 11 septembre — c’est Kean, le républicain modéré, qui a vraiment obligé la Condoleezza de témoigner en public.

Le gâteau
On est rentré chez nous à pied — on a hésité un peu sur l’idée d’aller tout de suite à la campagne ce soir. C’est le copain qui a finalement décidé qu’on devrait y aller, et donc nous voici.
Je n’ai entendu que quelques sélections du témoignage de Rumsfeld devant les sénateurs, qui ne lui ont pas posé, à mon avis, de questions très difficiles. Mais bon, c’est un début.