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juillet 31, 2004

On n'a jamais assez de temps

Je suis, somme toute, très content de la façon dont la convention démocrate s’est déroulée cette semaine. Il est évident que l’écrasante majorité des délégués présents l’ont trouvé préférable de ne pas souligner les différends intestins du parti pour se concentrer sur la chose la plus importante pour tous — chasser l’imposteur de la Maison blanche. « Anyone but Bush » était le sentiment prédominant au début de l’assemblée, mais j’ai l’impression qu’on trouve que M. Kerry a finalement bien réussi son discours d’acceptation et qu’il a gagné par là pas mal de gens qui auparavant le supportaient plutôt à défaut d’alternative réaliste. Il n’y a pas eu de manifestations « intéressantes », la ville de Boston semble l’avoir survécu convenablement, tout était rangé pour battre l’ennemi principal — le petit Bush.

En ce qui concerne la convention républicaine, on commence par contre à entendre des bruits de tactiques pour le moins insolites pour accueillir les délégués. En voici un qu’on vient de me rapporter hier — il est suggéré d’aller tirer un pistolet ou de faire quelque chose ayant affaire aux produits chimiques du tir et ensuite de se rendre devant le Madison Square Garden, où il y aura plein de chiens entraînés à détecter ces substances-là. L’odeur des traces est supposée les rendre tous fous, il y aura donc une sorte de mêlée embrouillée de chiens et de piétons « innocents », et l’on pourra alors entrer dans la convention pour y semer le désordre. C’est fou, c’est probablement une blague, mais on ne sait pas tout à fait…

Plus de temps pour taper à l’ordinateur — il faut que je commence à préparer le dîner : salade de tomates à l’ail, blancs de volaille marinés qu’on va cuire sur le gril, ainsi que des épis de maïs dit doux, avec des tartes aux framboises et aux cerises pour le dessert. C’est la salade qui va prendre le plus de temps. Le tout arrosé de plusieurs bouteilles de Sancerre rouge et de rosé Côtes de Provence (je noterai les marques précises demain, wam).

En bon bourgeois fin-de-semainier qu’il est, bêtement fier de sa petite pelouse, le copain est en train d’emmerder tous nos voisins avec le bruit horrible du « weed wacker », instrument de torture sonore qui ne sert qu’aux paresseux qui n’ont pas envie de couper les mauvaises herbes à la main et en silence.

En plus, on n’a pas finalement vu le film A Touch of Pink mais le documentaire « Control Room » sur la chaîne Al-Jazeera pendant l’invasion « alliée » de l’Irak. Fort et émouvant. Et plus triste aussi, parce que plus cynique et impuissant, que « Fahrenheit 9/11 ». J’en reparlerai quand j’ai plus de temps.

juillet 30, 2004

À la hâte

J'ai une journée assez chargée, donc je propose à la hâte ces deux liens :

Le premier dans lequel le comédien Will farrell joue Doubelyou (merci à Defamer (version angelène du Gawker newyorkais).

Le second s’appelle « The Case against George W. Bush », dont l’auteur n’est autre que le fils d’un autre président. Une critique bien écrite et extraordinaire du ursurpateur actuel à la Maison blanche, à ne pas manquer.

juillet 29, 2004

Hier, en partie

On n’a regardé hier soir que quelques minutes du reportage sur la convention démocrate — le copain et son ami informaticien de l’ancienne boîte (et ex-marine) sont partis faire un peu de course à pied le long du Hudson, où il faisait beau, mais très humide. L’ami est allé ensuite prendre une douche dans une filiale de son club de sport tandis que le copain s’est nettoyé ici dans l’appartement — on a finalement pu sortir pour trouver un endroit pour manger — pour changer un peu d’air on a décidé de faire un tour dans le Village « touristique », cette « vieille ville » mal lavée et pleine de boutiques et de restaurants estudiantins et pas chers pour tous les goûts (l’université de New-York est tout autour).

On a finalement choisi un petit resto italien où la belle serveuse s’est révélée Russe et où l’on a mangé des spaghettis puttanesca avec quelques bouteilles d’orvieto (il faisait assez lourd et j’ai voulu boire quelque chose de frais et de léger).

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En route vers le bar, on passe cet extraterrestre assis dans la vitrine d'un magasin de verreries branché — The End of History — dans la rue Hudson

Plus tard, on s’est promené en direction de l’appartement mais aussi à la recherche d’un autre endroit pour boire quelque chose — un digestif, quoi — et l’on a finalement décidé d’aller dans un bar lesbien accueillant aux hommes, The Cubby Hole. Là j’ai pris une vodka avec des glaçons, le copain une bière et l’ami informaticien et ex-marine une vodka orange avec de l’eau gazeuse et des glaçons. Il n’y avait presque personne dans le bar — deux femmes jouaient aux dames à l’autre bout du zinc. Le barman préparait du pop-corn dans le micro-ondes. On écoutait des chansons jouées par un juke-box satellitisé (la première fois que j’en aie vu un) où on met son argent, on fait sa sélection et la musique est téléchargée de quelque part par satellite !

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Un cauchemar qui pend du plafond du bar — photo sans flash

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Ah, le voilà, le petit malin, photo avec flash — c'est un sosie de W, non ?

Deux jeunes lesbiennes sont venues s’installer tout près de nous et elles ont acheté quelques chansons au juke-box. L’ami ex-marine, archihétéro, se demandait si la blonde du couple lesbien serait lesbienne pure et dure ou seulement de circonstance — le copain et moi, on était prêt à rentrer, mais l’ami ex-marine a commencé à faire cul sec avec la blonde, qui le concurrençait dans le jeu. Ah la la. On a souri et les a laissés à leur intempérance !

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Vue de l'intérieur de la galerie Plane-Space où j'ai vu une excellente expo de dessins, abstraits pour la plupart

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La vraie maison de Carrie Bradshaw, aussi connue comme Sarah Jessica Parker, qui habite, avec son enfant et son mari Matthew Broderick, cette maison au milieu dans la rue Charles, à quelques pas de la galerie ci-haut

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L'entrée à la librairie d'occasion Strand dans Broadway à l'angle de la 12e rue est

Il fait beau aujourd’hui. Je suis allé acheter des livres à la libraire d’occasion Strand sur l’architecte Philip Johnson. C’est lui qui a conçu le projet de la nouvelle caserne de pompiers à la campagne, l’unique caserne de sa carrière longue et curieuse. On espère pouvoir avoir la crémaillère vers la fin août (et avant les élections) pour pouvoir fêter le maire (et candidat au sénat de l’état) qui a dirigé le projet de son approbation publique à son financement jusqu’à sa réalisation.

On va au cinéma ce soir, question de profiter un peu du choix de films à l’affiche ici. On pense aller voir « A Touch of Pink » où, selon iFilm, le sujet est le suivant: « A hip, gay man living the life in London gets his knickers in a twist when his very religious Muslim mama comes to stay with him. Her agenda: to find him a girl to marry. » Rien de trop intello, c’est clair, mais avec Kyle MacLachlan, que depuis Dune le copain trouve très beau.

juillet 28, 2004

La naissance d'une vedette politique

On avait prévu des déluges toute la journée d’hier, mais en l’occurrence il n’a fait que bruiner avec de courtes périodes de pluie entrecoupées. Betty, qui, n'ayant pas de cabinet tout confort à sa disposition, n’apprécie pas le mauvais temps, n’a pas voulu quitter son coin de canapé, d’où elle regarde tout ce qui se passe dans la rue, de l’autre côté des stores vénitiens mi-ouverts (pour laisser passer un peu d’air dans ces salles non climatisées de l'appartement !)

Le stagiaire du copain est parti — le jeune diplômé aux goûts musicaux des plus effrayants par sa vétusté accablante (« But I love the Grateful Dead, they are soooo cooool, man ») a été engagé par une société anglaise d’immobilier où il va s’occuper d’un logiciel graphique quelconque — et l’appartement a l’air un peu vide, mais cela me va.

Je n’ai toujours pas mis à jour le logiciel MT du carnet (l’ami péruvien qui s’occupe tout gentiment de mes problèmes en « formatique » a dû s’en aller au Pérou à cause de la mort imprévue de son petit frère d’un cancer, donc j'attends son retour — et j’apprends par Padawan qu’on verra bientôt la sortie d’un logiciel MT tout nouveau, tout frais (bon, c'est possible que j'exagère un peu) — peut-être vaudrait-il mieux attendre ?), mais je vois avec intérêt combien de gens qui se débarrassent tout à fait de leurs commentaires, comme l’a fait Olivier de C’est chez nous. J’avais pourtant apprécié les commentaires qu'on trouvait là, et c’est dommage, à mon avis, de ne pas pouvoir lire des réactions aux billets intéressants d’Olivier. Mais avec le pourriel que je reçois tous les jours à présent (un certain Dan serait le nom d’un des délinquants les plus récents) je comprends un peu sa décision.

On est allé voir la belle-mère du copain hier soir, de retour de l’hôpital où elle s’est fait opérer pour enlever un nouveau cancer dans l’autre poumon le mercredi dernier (ça fait au total deux opérations chirurgicales en un mois — ouf !). Elle avait l’air assez bien, mais elle était un peu faible et beaucoup trop maigre. On a parlé politique, bien sûr — ils s’en iront chez nous à la campagne pendant la convention républicaine, tandis que le copain et moi, nous préférons rester dans le soi-disant ventre de la bête. On leur a dû expliquer que nous n’avons aucune envie de nous faire arrêter par la police — il faut penser à Betty surtout. En tout cas, la première manifestation se déroulera dimanche, avant le début de l’assemblée républicaine le lundi. Après, on verra. On n’a toujours pas désigné une zone de libre parole ici — sans doute ça va venir, aussi grotesque et anti-américain que celle de Boston.

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Barack Obama — la nouvelle vedette politique américaine, née hier soir à Boston

De retour à la maison, on a regardé la convention sur la chaîne publique (les grandes chaînes nationales ont décliné d’émettre la convention en live — il faut donc regarder la PBS ou la C-SPAN). Tandis que le discours de Dean était plutôt décevant, celui fait par Barack Obama a vraiment ravi les spectateurs dans la salle et ailleurs — avec son sourire énorme et accueillant, l’absence d’un accent stéréotypé ou rebutant (c’est-à-dire que M. Obama n’a rien d’un rappeur de ghetto qui ferait automatiquement peur à tant de blancs), sa façon de parler naturelle et sympathique, son humour (il s’est décrit comme « a skinny kid with a funny name »), c’est la grande vedette de la soirée. Les commentateurs à la télé, libéral et conservateur, l’ont tous les deux trouvé historique, ce discours de débutant. On n’a qu’à lire les commentaires envoyés aux billets d’Atrios (dévoilé — ou déculotté ? — il y a quelques jours et dont les photos sont publiées dans tous les carnets), de Dkos ou de Political Animal (où il y a une carnetière invitée) pour en déduire que le candidat au Sénat a réussi un coup important.

Si le discours de Mme Kerry n’était pas aussi enthousiasmant, je l’ai trouvé quand même pas mal. Se disant immigrée africaine, elle a commencé son discours en souhaitant la bienvenue aux citoyens américains d’origines hispanophone, francophone, italienne et lusophone (les Portugais et les Brésiliens, spécifiquement) dans leurs langues maternelles. En la regardant tout chic dans son tailleur rouge, je me suis souvenu des moments assez fréquents où elle est venue s’installer par terre dans les bureaux où je travaillais, à bavarder en prenant un café — elle a toujours refusé une chaise, en disant « Non, non, ne vous dérangez pas à cause de moi — j’attends seulement le prochain Metroliner pour Washington et j’ai besoin d’un endroit où je peux me reposer un peu avant d’aller à la gare. » Son mari est mort d’un accident d’hélicoptère un jour avant la mort de mon père dans un accident d’avion. Mon patron avait fait partie du cortège d’honneur au mariage de Mme Kerry avec son premier mari, le sénateur John Heinz, et c’est une raison pour laquelle, je crois, elle se sentait si à l’aise dans notre bureau. (Situé à l’angle de l’avenue Madison et de la 60e rue, en dessus de ce qui est devenu depuis la boutique Calvin Klein, le bureau était en plus bien commode par sa centralité.) Elle a ensuite épousé le sénateur Kerry.

juillet 27, 2004

Une promenade à l'East Village

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Les feux de Broadway

Je suis rentré à New-York hier après-midi après une matinée de réunions plus ou moins divertissantes (les réunions de conseils d’administrations, ce sont le monde en petit — on y est divisé en deux camps exactement comme dans le monde extérieur — on le sait, mais il faut avoir le bon goût de ne pas le dire ouvertement). Cette fois-ci, le camp des « bons » (c’est-à-dire le mien !) a gagné un vote, en dépit de la demande mesquine de la perdante pour savoir s’il y avait assez de personnes présentes pour en faire un quorum requis par nos statuts d’association. Ah la la, faut le faire !

C’était bondé, l’autoroute, comme toujours en été, des embouteillages inexplicables un peu partout. Il faisait tellement beau hier soir qu’on est allé, le copain et moi, nous promener dans le East Village. Le copain a voulu faire la place St-Marc (nom de la 8e rue est à l’est de la 3e avenue), plein de jeunes Japonais piercés et aux cheveux blonds. Il y a aussi beaucoup de boutiques de tatouages depuis sa légalisation à New-York il y a quelques années.

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Un immeuble en construction dans la place Astor

On a bu une bière à Urge où l’on passait un DVD de Buffy, l’épisode dans lequel elle couche avec Spike — c’est quand même un peu triste de se trouver dans un bar obscur où tout le monde regarde la télé en silence dévoué. On n’y est pas resté trop longtemps, et on a pris de l’indien pour manger chez nous en regardant quelques-uns des discours de la convention démocrate à Boston. On avait enregistré celui de Carter, qui avait l’air vieux (il l’est, il va avoir 81 ans en quelques mois), et de Gore, qui avait grossi. Le Bill était en forme. J’ai surtout apprécié les (en fin de compte, assez douces) réprimandes faites par Carter envers Bush. Par exemple:

« We cannot lead if our leaders mislead » et « Without truth, without trust, America cannot flourish. Trust is at the very heart of our democracy, the sacred covenant between a president and the people. When that trust is violated, the bonds that hold our republic together begin to weaken. »

On vient de publier l’itinéraire de la manifestation anti-Bush qui va avoir lieu le dimanche 29 août, la veille de la convention républicaine. Ça va vraiment nous entourer !

juillet 24, 2004

La langue de Jenna

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Sans titre

Quand une des filles Bush a tiré la langue, à partir d’une grosse limousine noire, aux journalistes et aux photographes qui suivaient son père à Saint-Louis, il est clair qu’elle n’avait pas pensé aux répercussions possibles de son geste d’humeur. C’est déjà quelque chose que la photo la montre comme une petite salope gâtée de riche (en quoi d’ailleurs elle ressemble tout à fait à son père). Aujourd’hui on en parle dans un article pas trop méchant dans le Times (que je n'arrive plus à retrouver, désolé). Ailleurs c’est différent. Chez Jesus’ General (où en plus on trouvera le fameux « inner Frenchman » refoulé — c’est-à-dire, la bonne conscience anti-républicaine qui sort de temps en temps malgré tout), on prend une position presque philosophique. Chez le Rude Pundit on trouvera un point de vue nettement plus grossier, qui termine avec cette remarque cinglante : « that tongue that said, "This is all just a fuckin' game," that little sneer that said, "You can't fuckin' touch me," that face that said everything you need to know about this family, the father, the daughter. » Je trouve qu’il a tout à fait raison.

C’est dommage (mais pas inattendu) qu’on ait forcé l’association United for Peace and Justice d’accepter la proposition de la police pour l’itinéraire de la grande manifestation prévue pour le 29 août contre les républicains à New-York. La manifestation, où l’on attend la participation de plus de 250.000 personnes, passera devant le Madison Square Garden, QG de la convention républicaine qui se trouve dans la 7e avenue à l’angle de la 34e rue, avant de terminer dans un rassemblement sur la « grand-route du côté ouest » — connue aussi comme le West Side Highway — vers la rue Chambers (à deux pas, en effet, de l’ancien World Trade Center, dont la destruction terroriste est la cause principale de toutes ces histoires à peine croyables).

juillet 23, 2004

Faisons la fête ce week-end

Trois heures de papotage avec le curé du village hier soir. Il n’a bu que deux canettes de Coca Light, moi quelques verres de vin blanc.

Avez-vous entendu parler des fêtes à câlins ? Moi non plus, mais ce site vous en dira plus (merci à Suburban Guerrilla).

juillet 22, 2004

Les affaires sont les affaires

Ça fait du bien de rire un peu — voici le Paris Business Review, dans un anglais francisé à faire gémir Hapax de douleur linguistique, trouvé ici chez le grand Atrios.

J’offre un apéritif ce soir au curé de l’église catholique du coin — lui, c’est un véritable personnage sorti tout entier du livre Le vent dans les saules — Taupe, par exemple.

Il fait chaud, même ici. New-York, c’est l’enfer. Le copain a de nouveaux clients (hourra !) et je n’ai plus de réunions officielles cette semaine.

Le nombre de commentaires s'élève actuellement à presque 3.000. Je vais essayer de passer au MT3.01D ce soir ou demain — avec un peu de chance je vais pouvoir bientôt bloquer tous ces pourriels emmerdants.

juillet 21, 2004

Une vie ordonnée

Dès aujourd’hui on compte plus de 900 soldats américains morts en Irak. Quel gaspillage. Quelle honte. Pour promouvoir un ordre du jour vraiment pathétique.

Je continue à travailler sur un projet ici à la campagne où je mène une vie très planifiée : le matin je travaille, de midi à 13h30 je joue avec Betty dans la mer, ensuite je vais faire un peu de muscu. Je dîne très tôt et je parle au téléphone avec le copain une dernière fois avant d’éteindre la lumière. Voilà.

Pendant que je lançais une pierre pour Betty sur la petite plage au bout de notre rue, un type est venu qui m’a dit bonjour avant de plonger dans l’eau et de nager jusqu’à une bouée de mouillage à une centaine de mètres de la plage, d’où il est revenu. Il avait un accent un peu curieux — canadien, j’ai appris — et habite Londres avec sa « partenaire ». C’est drôle, quand on dit « my partner » ici, ça veut dire en général un partenaire homosexuel (on n’a pas bien sûr en anglais les indications de genre pour nous aider à deviner le sexe éventuel de l’autre personne). Très vite il a prononcé son nom — un nom de femme très très anglaise, comme Philippa ou Philomela (il n’y a que des Anglaises qui puissent s’appeler ainsi) et j’ai souri. Lui et sa partenaire habitent Hampstead et ils ont loué une petite maison pour un mois. J’ai envie de voir la partenaire, qui était allée à New-York pour la journée avec une amie.

juillet 20, 2004

Le week-end dernier

Dans la soirée du 19 juillet on a assailli ce pauvre carnet dépourvu d'aucun intérêt commercial de plus de 3.000 pourriels, dont la plupart avaient (et l’ont toujours) des adresses IP introuvables (avec des messages de félicitation (si, si) dans un mélange d’allemand et d’anglais, genre : « Gute Webseite. I like it much. ») par Geobytes mais certains messages m’avaient été envoyés de Croatie. N’étant pas fort en « formatique » (pour reprendre l’usage du super spirituel PaCa), je ne sais pas comment bloquer une attaque de pourriel pareille — et surtout de cette taille en dépit du fait que le très-gentil Padawan avait essayé il y a quelques mois de m’expliquer comment cela pourrait se faire avec des carnets formatés en MovableType (j’ai toujours ce courriel) — mais comme les envois de pourriel se sont plus ou moins arrêtés depuis quelque temps (une dizaine toutes les deux semaines), je pouvais les supprimer manuellement sans trop de peine. Mais 3.000 en moins de deux heures, c’est trop. J’ai déjà passé deux heures à fouiller dans les archives où l’on a laissé en général huit pourriels par billet — à thèmes « mature sex » (horrible idée, non ?) et « pills » ou souvent « pils » (comme la bière ?), des médicaments pour combattre une sélection de maux et de faire grossir un tas d'organes. Ouf. C’est décourageant. Je suis arrivé à en supprimer peut-être cinq cents. C’est dire qu’il m’en reste à faire.

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Le guitariste classique embauché par l'amie écrivain pour jouer pendant la réception — on ne l'entendait pas beaucoup, en fait

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On écoute le candidat

Dimanche on a eu la visite inattendue d’un ami galeriste avec son copain à lui et un ami — le galeriste ouvre une nouvelle galerie à Los-Angeles en septembre, il s’est déjà acheté en solde des fringues Versace pour époustoufler les Angélènes (il se croit divinement attrayant, en effet, ce mec, qui n’est pas du tout accablé d’aucune modestie, fausse ou autre). Il se croit en plus tout à fait calme et charmant tout en nous décrivant un tas de procès qu’il avait intentés contre tel et tel (dont son propriétaire de sa galerie et un artiste qui l’avait harcelé pour avoir une exposition). On en a bien ri en dînant dans un petit resto « fruits de mer » et ils sont rentrés tôt chez eux et crevés nous nous sommes couchés de très bonne heure. Lundi matin j’ai conduit l’amie marchande de tableaux et le copain à la gare où ils ont pris le train de 7h50 pour New-York.

Hier soir j’ai dîné avec l’amie partenaire de course du copain et une vieille architecte (87 ans) qui, juive, avait émigré d’Autriche en Angleterre en 1938. Elle a fait ses études à Oxford et a travaillé à Paris dans le bureau de Le Corbusier avant de s’installer avec son mari américain à New-York. Veuve, elle a failli s’installer à Paris — elle y a passé deux mois, nous a-t-elle dit hier soir, sans parler à personne, ses anciens amis qui travaillaient à l’Unesco ou pour l’ONU ne passaient plus que quelques semaines en France, elle n’a pas pu supporter la solitude. Elle est donc rentrée en Amérique. Mais elle retourne en Europe tous les ans. Cet automne elle fait une croisière dans l’Adriatique avec une amie. « J’ai envie de me mettre en pleine place Saint-Marc et à ne rien faire à part regarder tout le monde pendant plusieurs heures. »

En sortant du club où l’on avait dîné j’ai remarqué cet autocollant sur une voiture dans le parking. (Même les républicains commencent à en avoir marre.)

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Un autocollant intéressant

J'apprends que l’obésité devient maintenant un problème non pas seulement aux États-Unis. C’est pourquoi je tiens à lier ce site, à des fins purement instructives, bien sûr, que j’ai trouvé chez The Greater Nomadic Council il y a quelques jours. Je le considère une sorte d'avertissement aux dangers réels des desserts.

juillet 16, 2004

Un jardin insolite

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De grands tournesols dans la rue Perry

Non, on n'est pas à la campagne en dépit de ces grandes plantes peu communes à Manhattan qu'on a croisées lorsqu'on allait chercher la voiture au garage.

Demain c'est la grande garden-party démocrate chez l'amie écrivain — on attend 135 personnes, peut-être plus. Elle a peur qu'il ne pleuve — elle m'a dit qu'en ce cas elle allait s'enfermer dans sa chambre à se piquer à l'héroïne. Je lui a répondu qu'alors j'allais inviter tout le monde à monter lui dire bonjour spécialement.

Ah, les nerfs...

juillet 15, 2004

Un appel à l'action, euh, culinaire

Bon, ils n’ont même pas eu une majorité simple pour arriver à continuer la discussion sur l’amendement contre le mariage gai. Certains disent que cela marque le point haut (ou bas, si l’on veut) du débat sur l’égalité légale des homos, puisque les sondages montrent que les gens se montrent chaque année progressivement plus tolérants vis-à-vis des droits des homosexuels. Je ne sais pas. L’histoire humaine montre aussi des virements aussi radicaux qu’inattendus dans l’opinion publique, ce qui me conseille plutôt la prudence dans ce genre d’hypothèse heureuse. Mais je reste très content quand même du résultat, un échec de plus pour ces petits Bushistes malveillants.

Le copain et moi, on reste à New-York pour la convention républicaine qui commence le lundi 30 août et continue jusqu’au 2 septembre 2004. On ne sait pas ce qu’on va faire, exactement — on a envie bien sûr de protester publiquement les politiques de Bush et de son parti et on compte participer dans quelques manifestations dans les rues de Manhattan, mais lesquelles, on ne sait toujours pas. On suit ce qu’on écrit dans les carnets RNCWatch, Not in Our Name et United for Peace and Justice. On a pas mal d’amis qui vont quitter New-York pendant ces quelques jours-là. Les uns disent ne pas avoir envie de rencontrer les troupeaux de républicains du Midwest, gros et malhabillés, qui bloqueront les trottoirs déjà encombrés (c'est là la tendance Gawker et The Simple Life 2 : Road Trip avec les incontournables Paris Hilton et Nicole Richie). Les autres ont franchement peur d’un attentat terroriste ou autre. Il y a tant d’inconnu dans tout ce qui va se passer, tant de rumeurs alarmistes et non confirmées, de feintes politiques de la part du maire Bloomberg (lui-même donateur au Comité national républicain de la somme de cinq millions de dollars) et des policiers municipaux. Il y en a qui prône une grève générale le 1er septembre — leur site web est www.shutitdownnyc.com — c’est une idée intéressante (et non-violente) mais gagnera-t-elle assez de partisans pour se faire remarquer ? Et les anars ? Toujours aussi mystérieux — de nécessité, on le comprend bien.

Ceux-là (les anars) apprécient surtout le site RNC Not Welcome, où l’on trouvera cette page sur l’action directe dont une des tactiques serait le « pieing » ou l’ « entartement » — j’utilise une dérivation du mot « Entarteur » qui serait le nom de plume (de tarte ?) de celui qui a « entarté » Bill Gates à Paris qu’on trouve tout entarté dans une photo à cette page, ainsi qu’une chouette recette pour une bonne tarte à entartement ! Bon appétit !

juillet 14, 2004

Bonne fête

Bonne fête du 14 juillet !

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(Je sais que c'est plutôt débile de mettre ce drapeau flottant aux vents tout cybériens du carnetosphère mais je n'ai pas pu résister. En plus, j'avoue que je ne me rappelle plus où je l'ai piqué, donc je ne peux même pas l'attribuer à la partie qui l'a créé. Désolé.)

juillet 13, 2004

On a tous droit à nos goûts de midinette, non ?

Hier il a plu toute la journée et à la fin j’ai eu envie d’aller au cinéma voir quelque chose de pas américain — heureusement que le cinéma Quad se trouve pas trop loin de chez nous. On y trouvera toujours quelque chose hors du commun. Je vois donc à l’affiche en ligne « À cause d’un garçon » qu’on passe à 18h20. Connais pas du tout, mais bon... Je regarde l'horloge dans la cuisine: il nous reste assez de temps pour donner à manger à Betty (qui s’ennuie, la pauvre, ces jours de pluie à New-York), de passer au distributeur pour en retirer quelques sous, et de nous rendre alors au cinéma. On sort tous les deux en shorts et mocassins bateau (mignon, non) sous nos parapluies différents (Dieu merci — cette tendance souvent inconsciente de s’habiller en jumeaux, c’est la vraie malédiction du couple gay, surtout quand on commence déjà à se ressembler physiquement — ma mère n’arrive plus à distinguer nos voix au téléphone !) Dans la salle on ne retrouve que trois autres spectateurs qui s’intéressent aux tribulations d'un coming-out en banlieue parisienne — ça ne va pas faire de la concurrence à Spiderman2, c’est clair. Bon, tous comptes faits, c’est pas extra comme film — ou plus proprement téléfilm. Le copain l’a appelé un « after-school special », ce genre de téléfilms maintenant disparus (grâce aux efforts de déréglementation de l’industrie télévisuelle de Reagan) dans lesquels on essayerait d’enseigner une morale très évidente et souvent débile aux jeunes téléspectateurs dans la tranche horaire de 16 à 17 heures. Ouais, ouais, d'accord, c’était pas grand-chose, en effet, et c’était bête combien le petit a été choqué — mais choqué ! — par quelques pédés habitués de bars au Marais et je pensais que des lycéens à seulement 40 km de Paris se seraient comportés avec plus de sophistication sur ce sujet sûrement un peu fatigué.

Pourtant… j’avoue que je suis, depuis hier, président du François Comar Fan-Club de New-York qu’on vient de constituer, le copain et moi. Le copain, lui, s’est promu Secrétaire général du même. On suivra sa carrière avec beaucoup d’intérêt. (Il faudrait l'encourager à parler anglais — il pourrait devenir le nouvel Antonio Banderas.)

Embêtez vos amis américains à Paris ou ailleurs et encouragez-les à voter pour Kerry en visitant ce site. (C'est un moyen d'influencer l'Empire.)

juillet 12, 2004

Un assortiment de liens exquis (en guise de billet correct)

On est rentré à Manhattan hier soir — beaucoup de circulation, bien sûr, on est en plein été — mais on a réussi à faire le trajet en un peu plus de trois heures.

La carnetosphère politique américaine de gauche (par exemple, seeing the forest, atrios, billmon, jesus’ general dans ce billet savoureusement ironique, et ailleurs) est tout agitée par la discussion maintenant officielle d’une annulation ou d’un report éventuel des élections en novembre. Newsweek en parle ici, ainsi que le porte-parole de la Maison blanche ici. (Et savoir que je n'ai toujours pas reçu mon passeport renouvelé...)

J’ai découvert sur www.nycbloggers.com ce carnet Web NYC à Paris d’un new-yorkais installé à Paris. (Il a de la chance, je trouve, et il cherche du travail avec son mec mi-Français — ils se sont tous les deux décidés un jour d'aller faire leur vie en commun en Europe — voire, à Paris. Ça fait très « années folles » — y en aura-t-il de nouvelles bientôt ?)

Et je salue et félicite les organisateurs de Paname ensemble. Excellent début. Les Parisiens, ne manquez pas de vous y inscrire, c'est amusant pour nous les étrangers de voir dans quel quartier on habite ou travaille (le choix de station est à vous selon les critères que vous voudrez.) Notez en plus: pour nous non-Parisiens, Michel Bizot vaut autant que Philippe Auguste — exotiquement inconnaissable la différence.

Ceci n’a aucune importance véritable mais j’ai trouvé intéressant le fait que l’étude et la pratique du français viennent en quatrième position dans la liste des réunions proposées à New-York sur le site texte proprement académique et qui est intitulé « Promiscuous Fictions » ou « Les fictions de mœurs légères » sur les carnets Web qui pourrait intéresser certaines grosses têtes carnetières. Amusez-vous bien.

juillet 10, 2004

De la condition homo, ici et ailleurs

On sait très bien déjà que je ne peux pas sentir ces pédés qui applaudissent en public les actions antihomos de la droite tout en continuant à vivre confortablement leurs vies de lopettes hypocrites en costume foncé grâce aux protections gagnées par leurs confrères et consœurs moins collabo. C’est pour cela que je suis avec grand intérêt les menaces de révélation publique (ma traduction inélégante de « outing ») qui ont abouti cette semaine à une publicité parue dans le journal gai de Washington, The Washington Blade, (qui a publié cet article sur quelques efforts récents de révélation publique dans la classe politique à Washington), et payée par le site web DearMary.com (qui fait référence à la fille du vice-président Cheney, ouvertement lesbienne — elle travaille actuellement pour la campagne de réélection de son père). Appelée « un dernier appel à la conscience » la pub (qu’on peut lire en grand en pdf à partir du site, où on trouvera aussi une délicieuse sélection de courriels charmants reçus par le site, sous le lien « Friends of Bush-Cheney ») lui reproche d’avoir refusé de parler ouvertement contre les diverses politiques antihomosexuelles du parti républicain (il est presque certain que Cheney lui-même se fout tout à fait de l’homosexualité comme sujet de moralité, mais en public il répétera la liturgie attendue). Et on note dans le texte qui suit :

But you are not alone, Mary. Far too many gays and lesbians in Washington, DC choose like you to be fence sitters and sell-outs -- anti-gay by day and queer by night. We can no longer afford your silence. You can no longer expect our own.

La menace est énoncée plus loin en lettres majuscules :

FOR YEARS OUR SILENCE HAS PROTECTED YOU.TODAY THAT PROTECTION ENDS.

La polémique a réussi en plus à quitter le monde restreint (ghetto ?) de la presse gaie. Hier le Washington Post a publié cet article (dans la section « Style » quand même).

Un des fondateurs de DearMary.com a un carnet politique Americablog avec le slogan « A great nation deserves the truth ». Amen. Un autre carnet politique intéressant appartient à un certain Michael Rogers qui s'occuperait de « révéler » les noms de personnel gai qui travaillerait pour des hommes et des femmes politiques en faveur du projet de loi sur la « défense » du mariage.

Une chose est à rappeler dans tout ce débat : la tactique marche. Après des mois d'indécision pusillanime, la sénatrice Barbara Mikulski « célibataire » (hi hi hi), démocrate du Maryland, vient d’annoncer sa position contre le projet de loi.

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Pour wam — malheureusement on ne l'a pas bu, on nous a offert un blanc très ordinaire pas très frais non plus

Je réfléchis à tout ceci après une soirée drôle et un peu compliquée qui a commencé par un apéro à bord d’un bateau à voile avec de vieux amis de la belle-mère du copain. Il faisait tellement beau dans le port, on a papoté avec le jeune chauffeur de vedette qui nous avait déposés et puis repris au bateau.

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Au crépuscule dans le port

De retour sur terre, on a rencontré le copain du maire qui nous a invités alors à dire bonjour au candidat démocrate à la Chambre de représentants, dont le chef de campagne est gai. Bon, d’accord, on y va, je commande un punch des planteurs (c’est bien la saison du rhum, n’est-ce pas ?) et on bavarde avec la barmaid. On dit vite bonjour au candidat, assis à une table ronde avec le maire et deux ou trois autres hommes — il est plutôt petit, un peu gros, la tête grande et ronde au teint rougeâtre qui confirme ses origines irlandaises. Il est aussi complètement bourré. Hmm. La bande à nous se décide d’aller manger dans notre resto favori à quelques pas de celui-ci — allez, hop, on est parti pour nous installer avec le propriétaire du second restaurant sur un banc qui donne sur la rue principale du village. On commande du vin, on bavarde avec lui (il se plaint de ses impôts, les deux salles du restaurant sont pleines à craquer, il y a plein de gens qui attendent pour s’asseoir — ah la la, on n’est jamais content). À deux pas de nous des gens quittaient une sorte de salon de thé où un couple de lesbiennes, toutes jeunes et belles, fêtaient la veille de leur mariage, qui aura lieu — officiellement et légalement — ce lundi à Vancouver, en Colombie britannique. Tout le monde les félicitait dans la rue, on s'embrassait, c’était très touchant.

Attaqué aux chevilles par les moustiques affamés, je me sauve dans le restaurant où je m'installe sur un tabouret au bar entre un type qui ressemblait à Paul Wolfowitz en moins beau et un couple australien qui habitent la ville de banlieue hyperriche de Greenwich. Finalement, on a pu nous asseoir à une table — mais les invités changeaient pendant la soirée, dont le beau serveur aux cheveux ras qui va faire le droit, le jeune aide-serveur timide et adorable, neveu d’un des dîneurs homos à notre table qui lui avait arrangé ce boulot d’été, une fille élégante de je ne sais pas où et son mec, un beau Grec tout petit (mais ça ne se voyait pas du tout quand il était assis).

Le maire est venu nous rejoindre (son copain à lui, 1,95 m, instituteur d’école, faisait la maîtresse de maison en présentant tout le monde aux nouveaux venus) avec le candidat saoul et son chef de campagne assez folle. Le candidat répétait à chacun de nous, d’un ton super grave (et fatalement comique), « I need your support ». D’accord, je me suis dit, mais je ne sais pas si j’ai envie de te le prêter tout de suite. Mais bon…

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Un coin vide dans le restaurant, en fin de soirée — avec un drôle d'abat-jour en plus

Les locaux (car ici nous, les New-Yorkais, nous sommes les péquenauds) insistent à ce qu’on aille prendre un verre dans un nouveau bar qui se trouve pas trop loin — mais à la campagne tout se fait en voiture, donc on monte dans une jolie Audi argent qui nous mène, aux sonorités arabisantes de Dimitri de Paris jouées très fort, à un établissement qui me paraît abandonné. En effet, il l’est — la boîte célèbre de la semaine dernière n’est pas ouverte, on ne sait pas pourquoi. Bon, on continue nos fredaines en nous dirigeant vers un autre endroit, tout petit, où il y a un groupe qui joue du reggae, pas formidable mais qui fait bouger quelques jeunes athlètes devant leurs amies souriantes (le côté simiesque de ce rituel mondain m’amuse toujours). Moi je sirote une boisson au nom évocateur de « Dark and stormy » ou « foncé et ombrageux », mais cette traduction n'explique pas la référence en anglais aux débuts d’histoires de fantômes cliché qui commencent « It was a dark and stormy night… ». La boisson est un mélange de rhum foncé (de préférence Gosling’s de Bermude) avec une boisson gazeuse de gingembre appelée « ginger beer » importée de Jamaïque — c’est bon ! On n’a pas fait grand-chose là, les locaux se connaissaient tous, moi je suis resté acculé au mur à mater les gens dans l’obscurité.

Quand je suis rentré le copain et Betty dormaient, chacun dans son lit, les bras et les jambes dans tous les sens. Un verre d’eau et hop au lit !

Le copain fait une régate aujourd’hui. On est censé aller à un barbeque cet après-midi, mais je ne sais pas si on va finalement y aller. Il fait chaud, je suis fatigué, n’ayant dormi que cinq heures —pour moi pas assez, j’erre tout agréablement dans le cyberespace tout en restant couché sur le lit (merci le sans fil). Y a pire, c’est certain.

juillet 09, 2004

Dites-moi, il faut qu'on s'attende à quoi, exactement ?

Ah la la, ça commence ! J’avais espéré qu’on ne nous ferait pas subir ces menaces floues d’attaques terroristes mais ça leur a été trop tentant — on parle de l’arrestation imminente d’un « HVT » (c’est-à-dire, un « high value target » ou cible à haute valeur, ou pour traduire de la langue bureaucratique politico-militaire particulièrement spécieuse, quelqu’un qui fera beaucoup de bien aux républicains dans les médias juste avant les élections) pendant la convention démocrate en fin juillet. Et ensuite, le type responsable de la « sécurité de la patrie » (quelle expression débile de dictature surannée — « homeland security », pffff, on va nous armer tous pour nous défendre contre les masses en keffieh qui vont venir du … ben, du Canada ou du Mexique, bien sûr !) nous prévient d’une attaque éventuelle (mais apparemment probable) « à l’espagnole », comme les attentats de Madrid, où il est sous-entendu que les Espagnols se sont rendus aux « terroristes » en votant contre le gouvernement menteur de droite. On se demande aussi depuis quelques jours quelles conditions seraient suffisantes pour annuler (ou reporter) les élections — c’est justement le scénario qu’ont suggéré les… euh, anti-Bushistes paranoïaques il y a quelques mois.

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C'est là où on va mettre un des deux bars

On a dîné hier soir avec l’amie écrivain, chez qui on donne une garden-party le samedi suivant en faveur de notre maire, candidat démocrate au sénat de l’état. On s’attend à recevoir environ 110 à 125 personnes, qui auront payé au moins 40 $ chacune pour venir se promener dans le jardin de l’amie écrivain. On a levé jusqu’à présent 4.850 $ pour la campagne — que certaines gens sont lents à répondre !

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On va se promener parmi les arbustes-bêtes comme ceux-ci

Il nous faut aussi un peu de pluie pour faire fleurir les lis multicolores. On va servir des beignets de crabe (qu’adore surtout l’amie écrivain), des œufs à la diable (très démodés, donc à retenir absolument), des morceaux de filet mignon sur du pain grillé, et un autre canapé que j’ai oublié . (Miam, tout ça me donne faim.)

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Une partie du jardin potager de l'amie écrivain

juillet 08, 2004

On récolte ce qu'on sème

Enfin !

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Ceci m’a bien fait sourire :

Bush, at an appearance [hier] in Waterford, Michigan, was asked by reporters about the indictment [de son grand ami et donateur Kenneth Lay] but walked away without answering.

Il se dégonfle un peu, non, le petit Buisson !

Et encore, voici une menace amusante faite contre ceux qui voteraient (le 12 juillet, donc c'est proche) pour le projet de loi pour la défense du mariage (c’est-à-dire, une loi débilement antihomo). À suivre.

juillet 07, 2004

De Blogger et des avocats

Heureusement que ce n’était pas que moi qui avais des ennuis avec les sites hébergés chez Blogger — hier j’avais beaucoup de mal à accéder à plusieurs favoris, tels Atrios, Suburban Guerilla, Jesus’ General, Rudepundit et BlondeSense. Surtout en me servant de Safari — avec Internet Explorer il n’y avait plus de problème (grrr). Mais les gens de chez Blogger en parlent aujourd’hui, il y avait quelque chose qui n’allait pas chez l’hébergeur, et ce matin tout semble de nouveau en ordre et je n’ai plus besoin de me promener dans Internet grâce aux outils (toujours, paraît-il) défectueux du Côté Obscur.

C’est déjà commencé, on s’en sera bien douté, la « déconstruction » républicaine de John Edwards. On choisit des phrases douteuses ou sans spécificité mais aux nuances suspectes pour l’asséner, telles « trial lawyer » — c’est-à-dire, un avocat qui s’occupe de procès devant un tribunal, rien de très spécial, mais il y a dans la phrase la suggestion de manœuvres légales mais amorales telles celles qu’a pratiquées l’équipe d’avocats défenseurs de OJ Simpson (dont les célèbres Johnnie Cochran et Barry Scheck). Il y a une nuance de tricherie (et d’enrichissement personnel) que les républicains vont essayer de souligner.

C’est drôle, tous les préjugés populaires contradictoires (ce site donne des « notes » aux représentations d’avocats dans les films faits depuis 1929 — très intéressant leur point de vue) sur le métier d’avocat qu’on a ici. On a deux archétypes presque dialectiques : l’avocat qui sauve les innocents d’une injustice (par exemple, l’inoubliable Atticus Finch joué dans le film « To Kill A Mockingbird » par Gregory Peck) ou l’avocat qui profite des malheurs des autres (personnage de comédie (par exemple Jim Carrey dans « Liar Liar ») ou de tragédie, selon les cas) — les « shysters », les « poursuiveurs d’ambulance ». A la télé et au théâtre on voit aussi toute la gamme d’éthiques d’avocats : Perry Mason (le bon), Ally McBeal (l’incertaine), Roy Cohn (le méchant, une personne réelle « transformée » — au moins un peu — par Tony Kushner dans sa pièce « Angels in America »).

Il est à noter aussi que la plupart des avocats, certainement ceux de ma connaissance, ne travaillent jamais devant un juge ou un jury, mais dans un cabinet (luxueux ou minimaliste), seul ou à plusieurs, à lire et à déchiffrer les textes de contrats et d’accords commerciaux, à conseiller les clients sur les éventualités légales d’un projet, à déterminer les risques et les avantages d’une proposition, à rédiger les testaments, à créer des instruments légaux pour payer légalement moins d’impôts — c’est-à-dire, beaucoup de paperasserie. Ce ne sont pas du tout les grands héros ou les infâmes scélérats de la littérature écrite ou visualisée. Mais le préjugé reste là, on est trop conditionné pour l’oublier tout à fait, mais c’est un préjugé à double tranchant — M. Edwards, va-t-on le prendre pour le bon vieux Perry Mason (joué par Raymond Burr) par ou le jeune et amoral Alan Shore de « The Practice » (joué par James Spader — ancien collégien d’Andover comme Bush et vedette aussi du film excellent « Sex, Lies and Videotape » de 1989 et plus tard (et bien plus important pour les fanatiques de la science-fiction comme le copain) de « Stargate » de 1994.)

juillet 06, 2004

La sélection de Kerry

On vient d’annoncer à la radio, que j’écoutais dans la voiture en rentrant de la gare où j’avais déposé le copain, la sélection de John Edwards comme candidat démocrate à la vice-présidence. J’ai appris la nouvelle avec un soulagement réel, non pas parce qu’Edwards serait un candidat tout à fait idéal (on va vite lui trouver des « problèmes » — après tout, c’est un avocat qui a gagné énormément d’argent), mais surtout parce qu’il est beaucoup plus intéressant comme candidat que Gephardt, par exemple, ou le gouverneur Vilsack qui n’auraient soulevé aucune excitation chez la base démocrate à mon avis. Gephardt, on le trouve tout à fait politicien, et pour le pauvre gouverneur d’un état réputé surtout pour ses vastes champs de maïs, personne ne le connaissait. Edwards, dont le père travaillait dans les usines à tissu du Piémont des Carolines, c’est un vrai « self-made-man » à l’opposé de Kerry et surtout à W, le plus pistonné des fistons. Il est plutôt beau gars (oui, oui, je sais, c’est superficiel de dire cela, mais il faut reconnaître l’importance de la physionomie télégénique sur une partie importante de l’électorat et se souvenir des débats télévisés entre Kennedy et Nixon, Reagan et Carter.) Il y a en plus l’accent, très méridional. Cela va contrer ce parler de faux vacher texan machiste que Bush a appris après ses années au collège d’élite Andover et aux universités Yale et Harvard, où il a dû parler comme le haut bourgeois du nord-est américain qu’il est. Les modérés du sud qui auraient peut-être des problèmes à voter pour un « hyperlibéral » du Massachusetts se sentiront plus à l’aise avec l’un des leurs. (La question d’accent est bien curieuse — les pilotes de ligne aérienne parlent presque tous avec un accent légèrement méridional ou de l’ouest (d’origines similaires, ils s’approchent en sonorités) — c’est censé « réconforter » les passagers qui penseront subconsciemment aux solides héros de western sûrs d’eux en tout cas d’urgence. Et ça marche ! Moi aussi j’ai irrationnellement moins peur dans un avion quand le pilote commence à nous souhaiter la bienvenue dans le tuyau d’acier volant dans ce doux accent rassurant…« G’mornin’, laydees ‘n gen’lmen, this iz Cap’n Pah-mer speakin’ to you t’day from th’ flightdeck » et ainsi de suite. Reste à savoir si les électeurs américains penseront de même !

juillet 05, 2004

La récupération

Week-end très chargé, mais je pense réussi. Notre fête d’anniversaire surprise pour la belle-mère du copain s’est bien passée, en dépit de quelques bévues (on a oublié de préparer le riz pour accompagner la blanquette de veau — je me suis servi d’une recette développée à partir de celles trouvées chez Guy Martin, Julia Childs et le Larousse de la Cuisine — et de servir le bordeaux (St-Georges-St-Émilion Château Calon 1999) à temps — on avait commencé avec un chablis (Champs Royaux William Fevre 2002) satisfaisant pour accompagner la crème de concombres (recette pas mauvaise entièrement Guy Martin).

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La table chartreuse

Mais bon, on a expliqué l’absence de riz en blaguant qu’il s’agissait d’un nouveau régime branché (oublier de manger fait maigrir !) et puis on a ouvert les bouteilles de rouge pour accompagner les fromages, qui étaient très bons. Un peu de champagne avec le dessert, des tartes aux fruits (on avait seize à dîner, et encore deux qui sont arrivés d’une autre soirée). La belle-mère était vraiment très surprise et très contente, et très touchée, aussi, n’ayant pas d’enfants elle-même.

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L'autre table, à côté de la bibliothèque en désordre

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Le début de la marche pour la fête de l'indépendance

Le quatre juillet, la fête de l’indépendance, on s’est levé tard. Après quelques bols de café restaurateurs (on s’était couché assez tard), nous sommes tous partis pour voir le début de la marche où j’ai pris pas mal de photos. La lecture traditionnelle de la déclaration de l’indépendance s’est accomplie par quatre immigrants originaires de Hongrie, du Portugal, d’Angleterre et des Pays-Bas.

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La présentatrice (de Norvège) et quatre des lecteurs immigrés (de Hongrie, des Pays-Bas et du Portugal) — l'Anglaise n'était pas encore arrivée

C’était très agréable d’écouter la déclaration lue dans toutes sortes d’accents.

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Une patriote chic qui fête l'indépendance américaine

Ma sœur, son mari et son fils sont venus chez nous (ils passaient le week-end chez ma mère) pour un déjeuner typiquement patriotique d’hambourgeois (hi hi) et de chiens chauds grillés. Vers quatre heures, un de nos hôtes, lui-même de Bangla Desh, a commencé à préparer son poulet tandoori célèbre qu’on allait offrir pour le grand pique-nique public du 4 juillet (une tradition qui a neuf ans) qui allait avoir lieu sur la pelouse d’un petit musée local.

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Le dîner sur l'herbe

Il y avait énormément de monde à cause du beau temps et aussi parce que les organisateurs bénévoles cette année (ça change d’année en année, le copain et moi, nous l’avons fait il y a six ans) étaient quatre couples d’homos, dont trois masculins et un féminin.

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Un Elvis Oncle Sam

Beaucoup de prix drôles gagnés par des foules d’enfants — des cerfs-volants multicolores, des chapeaux frivoles, des « kazoos ». Un ami est venu s’asseoir sur notre couverture — sa femme était allée à Chicago pour les funérailles de son beau-père — et il était accompagné de sa sœur, sa fille adoptée, et le fils d’un ami parisien mutuel qui venait de passer son bac — je lui ai invité de venir chez nous le lendemain confirmer ses résultats. (Il est venu ce matin, on est passé au Monde, il a eu une mention « très bien », on lui a imprimé la page comme souvenir.) Le coucher de soleil passé, toute une bande est allée s’installer sur une terrasse qui donne sur le port où l’on a bu des punchs de planteurs en regardant les feux d’artifices qu’on donnait dans les communautés voisines. Couché tard de nouveau (c’est mauvais pour la santé, je sais, je sais).

Matin gris et menaçant la pluie. On s’est finalement décidé d’aller chez ma mère qui connaît nos amis.

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Plein de verdure chez ma mère

Pas très gai, mais bon, je ne m’attendais pas à grand-chose. On rentre chez nous, les amis partent pour leur maison secondaire dans le New-York près de Hudson, et le copain et moi, on essaie de récupérer.

juillet 02, 2004

Début de week-end

M’enfin, ça va un peu mieux aujourd’hui. Non, non, j'suis pas tout à fait guéri, loin de là, mais j'ai le nez qui coule moins abondamment et des accès de toux violente qui ne me saisissent plus qu’une fois toutes les deux heures. Ça m’énerve d’être malade et cette fois j’ai gaspillé une semaine quand il a fait un temps vraiment formidable — hé bé, tant pis pour moi. C’est le week-end, un des grands chez nous — la fête nationale, qui cette année tombe un dimanche — donc on aura le lundi férié, mais la marche patriotique suivie de la lecture publique de la Déclaration de l’Indépendance américaine (dans une belle traduction française dite de Thomas Jefferson, francophile hors pair) aura lieu le dimanche, à onze heures. C’est une marche pas très organisée, ouverte à qui veut faire un petit tour du village à pied en brandissant une petite bannière étoilée (pas du tout obligatoire, mais les enfants l’aiment bien). On y aura la participation d’un joueur de cornemuse, d’un batteur ambulant, et d’une grosse vache laitière retraitée qui s’appelle Norma Jean, qui est, comme certains d’entre vous s’en souviendront sûrement, peut-être grâce à Elton John, est le vrai nom de Marilyn Monroe. Mais bon, les parents du copain viennent aussi passer le week-end dans notre hameau, mais pas (heureusement) chez nous, chez des amis à eux qui ont une grande maison où l’on peut s’installer bien plus confortablement que chez nous. Et on aura des invités chez nous aussi — un jeune médecin en 3e année d’internat hospitalier (je ne sais pas comment ça marche ailleurs pour les médecins) et son copain, ami d’université du copain qui comme lui est venu s’installer à New-York après avoir eu son diplôme. Lui il a des ennuis avec l’immigration. D’origine bengalie et installé en Californie avec sa mère il y a au moins vingt ans, il n’a pourtant jamais eu ses papiers américains — c’est la faute de la mère ou de la bureaucratie, on ne sait plus — mais depuis le 11 septembre il est beaucoup plus difficile de se régulariser, surtout pour un jeune homme d’un teint assez basané, avec un nom arabe, et de religion (officiellement) musulmane. Cela semble s’arranger, mais bien lentement — on lui avait même proposé de rentrer « pour quelques semaines seulement » au Bangladesh pour se faire faire de nouveaux papiers là-bas mais il ne parle plus que quelques phrases de bengali et son avocat trouve que c’est plus sûr de rester sur place. Nous, ses amis, on le croit aussi.

Il faut que j’aille chercher le copain à la gare — on entend des roulements de tonnerre qui nous viennent de loin. La Betty s’est déjà jetée, folle de terreur, sous le lit de notre chambre — j’ai entendu ses coups de griffe sur le plancher en bois. Mais elle adore m'accompagner en voiture.

juillet 01, 2004

En attendant d'aller mieux...

Je ne me sens pas très en forme ces derniers jours — le rhume que j’ai attrapé le week-end dernier est passé de la gorge aux poumons, qui maintenant ruissellent de flegme. Je suis quand même sorti hier soir pour prendre un apéro avec notre maire et candidat au sénat de l’état à un restaurant du port où son copain est serveur. Un des cuisiniers faisait de la pêche depuis une sorte de passerelle derrière le restaurant et il a réussi à prendre un gros bar.

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Le cuisinier pêcheur heureux de sa prise

Rentrés à notre table nous avons pu goûter les derniers rais du soleil couchant qui faisaient étinceler les vaguelettes dans le port à la fin d’une petite régate « toutes classes » qu’on fait tous les mercredis soirs pendant l’été.

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La fin de la régate