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août 31, 2004

Au jour le jour

Depuis 7 heures ce matin les hélicoptères nous assaillent d’en haut — c’est un peu comme si l’on préparait une opération militaire à Nadjaf. La convention n’est pas bonne pour les affaires selon un client du copain qui tient une boutique de vêtements dans la rue Bleecker. La femme du gouverneur de Californie, l'ancienne présentatrice télé et membre de la famille Kennedy Maria Shriver, est venue deux fois avec quatre adolescentes à visiter la boutique de vêtements féminins de l’autre côté, toutes accompagnées de voitures blindées d’agents du Service secret. C’est comme ça maintenant, on est passé presque imperceptiblement d’une démocratie à une sorte de royauté de célébrité politique, dans laquelle les grands seigneurs de la Cour impériale (échos de la Guerre des Étoiles, non ?) sont au-dessus des petits embêtements comme, par exemple, les feux rouges, que les caravanes de voitures de police leur permettent de brûler à volonté. (Je sais que c’est plus normal à Paris, où les grands présument des droits disons historiques de supériorité sur la plèbe, mais ici, à New-York, ça se faisait plus rarement, mais la tendance impérialiste est définitivement en hausse.)

Mes amis qui habitent Chelsea se plaignent de la présence (omniprésence) dite sécuritaire dans leur quartier juste au sud de Madison Square Garden. M. Wagner, qui habite la 23e rue comme l’ami galeriste, en parle ici dans ce billet où il se demande contre qui la police est supposée nous protéger ?

Il fait beau et j’ai hâte d’aller au gym pour pouvoir passer voir ce qui va se passer dans la place Madison à 18h, heure à laquelle les anars de www.a31.org sont censés commencer leurs manifestations à plusieurs endroits dans le Manhattan. Il est fort probable que la police ne leur permettra pas de bouger d’un pas dans la direction du site de la convention. Plus tard on compte dîner au resto d’un ami franco-américain (il nous a accompagnés pendant la manifestation) qui donne chaque soir de la convention une part de ses recettes quotidiennes à une cause anti-Bush — celle de ce soir, c’est la séparation complète de l’église et de l’état, à laquelle le copain tient énormément, étant lui-même sorti d’une famille catholique un peu célèbre qui a fondé des couvents et des chapelles dans la région new-yorkaise.

Pour le reste, toute la famille est allée au premier rendez-vous avec la nouvelle vétérinaire, diplômée de l’école de médecine vétérinaire Cornell, qui est considérée comme le Harvard des écoles vétérinaires. Elle n’est pas belle, la vétérinaire, mais douce et charmante, ce qui est bien plus important, et elle s’est comportée à merveille avec une Betty peureuse qui, comme moi, n’aime pas du tout les examens médicaux. En l'occurrence, Betty se trouve en parfaite santé, elle n’est même pas trop grosse.

Je note aujourd’hui avec grand plaisir le début d’un nouveau carnet web de la famille Chryde, une marque d’excellence déjà reconnue dans la carnetosphère. Cela s’appelle Journalistes sur toile et si j’ai bien compris sa raison d’être, c’est un peu un outil d’enseignement pour les étudiants en journalisme qu’ont la bonne chance d’avoir Chryde comme prof. Mais je parie que le sujet de l’influence de l’Internet sur les pratiques journalistiques traditionnelles n’intéressera que des étudiants. À cet égard, je signale la démission hier d’un représentant républicain (détestable et hypocrite, mais là, je sais que j’ai oublié toute prétention d’équité morale ou journalistique, tout comme mes modèles de chez Fox) à cause d’un déculottage (merci, Hapax) fait sur un carnet il y a à peu près une semaine. Comme le remarque le carnetier d'Americablog, « This is a huge success for bloggers… » ainsi que le célèbre Kos de chez dKos, qui a écrit : And for a moment of triumphalism -- a blog brought this guy down. Amazing. » Je trouve qu’il a raison.

août 30, 2004

La suite (y en aura-t-il ?)

Comme toujours il y a beaucoup d’estimations sur le nombre de manifestants dans la 7e avenue hier après-midi. La chaîne Fox parle de 100.000 manifestants, tandis que la Voix de l’Amérique parle de « dizaines de milliers ». Le Times pourtant a estimé qu’il y avait probablement à peu près 500.000 personnes à défiler devant le Madison Square Garden. Le Monde m'a déçu un peu aussi, en se repliant sans trop de réflexion aux estimations « officielles » des autorités. Voilà l’attention et les soins que donnent certains médias à la vérité. Non, je ne suis pas tout à fait naïf — et je suis plutôt content
de la couverture par le Times.

Franchement je ne sais pas si ça sert à grand-chose de se promener tout poliment dans les rues devant un immeuble désert entouré de milliers de flics importés de la banlieue, mais tout en reconnaissant l’inutilité très probable de ce genre de manifestation, je me sens obligé comme citoyen d’y participer. En plus, qui sait l’effet que l’événement pourrait éventuellement produire chez les gens ciblés? Matt Welch, qui écrit ici sur la convention républicaine pour le magazine Reason, de tendance libérale (dans le sens français du mot, je crois), à noté dans ce billet que : « Republicans tried to laugh it off (and surely the procession did not lack for people and placards to snicker at), but the mood on the steppe was mixed with some awe and much nervous laughter. Oh, these people — these 200,000 furious people marching for hours in the miserable heat and humidity — they sure are foolish, ho-ho! ». Les photos qu’il lie sont intéressantes surtout parce qu’elles ont été prises de l’autre côté de la barrière — le côté de chez Bush, disons.

Le carnetier new-yorkais James Wagner, que je continue à apprécier pour ses goûts cosmopolites et raffinés, son énergie incroyable pour les arts plastiques surtout à New-York mais aussi ailleurs, et pour l’honnête ardeur de son engagement politique, a lui aussi participé à la manifestation d’hier et là il en a pris d’excellentes photos qui offre un point de vue supplémentaire sur ce qu’il s’est passé à New-York, ainsi que ce billet intéressant du carnetier.

août 29, 2004

Quand il fait chaud...

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On porte les cercueils représentant les 1000 morts américains en Irak avec l'Empire State Building au fond

Il faisait plus que 29º, sans aucune trace d’ombre, pendant quatre heures, pour marcher à peine 1,7 km — mais il fallait bien le faire. Voici quelques photos de la manifestation à New-York contre le régime Bush.

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Les ingrédients du brunch — des croissants, des bagels, du fromage blanc, des raisins et des bananes, du jus d'orange, et les fleurs « patriotiques »

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On commence à s'assembler dans la 7e avenue

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On approche le point de commencement de la manifestation

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Le sentiment du jour

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À la 14e rue, où l'on ne bouge pas pendant une heure

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L'un du duo — Dick, avec une partie de son compagnon Buisson visible à gauche

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La police laisse passer les voitures dans la 14e rue

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Affiche dans la fenêtre d'un appartement dans la 14e rue

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Les cercueils drapés de la bannière étoilée entrent par la 15e rue

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Il y en a 1000...

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On nous encourage des toits — « Go team » !

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Les folles au balcon — des sœurs de la Perpétuelle Indulgence

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« Terrorized by Bush »

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« Darn Good Liar » — ben, pas aussi bon que ça, après tout

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Un peu plus au nord (quelques rues seulement)

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Aïe, des gros mots !

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On avance, mais pas vite vite

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Le grand panneau anti-Bush monté par un syndicat

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« Friends don't let friends vote GOP » — référence à un slogan connu dans une campagne contre l'abus de l'alcool

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Un sonneur de cloche contre Bush

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Un pantin de Bush vomissant la haine, la peur et les mensonges

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On nous jette des confetti d'un bureau tout en haut

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Un insigne francophile sur le sac-à-dos d'une protestataire

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On approche le hall où la convention aura lieu à partir de demain

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Devant un hôtel avec un panneau de bienvenue aux délégués républicains — on leur a crié « Go home ! Go home ! »

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Sur les murs du Madison Square Garden

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Devant le Madison Square Garden

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Des flics surveillent la foule des toits de l'entrée à la gare

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Les installateurs et l'avant-garde républicains regardent les manifestants qui passent devant eux

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Une poupée Bush au nez de Pinnochio

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Une rangée de flics devant l'entrée

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Le drapeau italien de « Pace » repris par les organisateurs de cette manifestation, avec l'Empire State Building au fond

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Une banderole multilingue dans la 34e rue

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Désolé, mai je n'y résiste jamais

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Dans la 34e rue en allant vers l'est et la 5e avenue

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Le repos du pantin sur le trottoir de la 5e avenue

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On descend la 5e avenue vers le sud

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Des flics en réserve

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L'immeuble célèbre du Flat Iron et l'omniprésent zeppelin Fujifilm

Ouf, on a mal aux pieds !

août 28, 2004

Un samedi à New-York

Ce n’est pas souvent qu’on reste en ville le vendredi soir et le copain et moi, on n’avait prévu rien de spécial — une petite promenade dans l’East Village, peut-être, dîner dans un resto végétarien (le copain aime bien manger végétarien, surtout parce que ça lui rappelle la période de ses études à Berkeley). Ah, la nostalgie culinaire. Mais l’ami galeriste nous a téléphoné pour nous inviter à dîner chez lui, sur sa terrasse. On a dit oui et on a pris notre route de Campostelle de La Foi apostolique (c’est par l’imposition des mains que nous nous reproduisons, vous voyez), notre Champs-Élysées de l’inversion, c’est-à-dire la 8e avenue, qui traverse la Terre Sainte du sud au nord. Il n’y avait que très peu de circulation — l’avenue n’était pas bloquée mais on n’était pas tenté à la prendre non plus.

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Un panneau électronique dans la 8e avenue à la 14e rue

Un peu plus loin on voit des bandes de flics à bicyclette — dont la plupart n’étaient pas du tout du genre de l’émission tant regrettée de Pacific Blue avec ses beaux agents en short moulant tel Rick Rossovich, mais bon, ils étaient au moins tous en uniforme, ce qui est un début.

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Les flics cyclistes dans la 8e avenue

Qu’allaient-ils faire ? Ben, c’est pas sûr. On est arrivé chez l’ami galeriste et on remarque qu’il y a des hélicoptères un peu partout dans le ciel. Ça bourdonne, c’est assez énervant. Puis on voit un zeppelin Fuji Films que la police new-yorkaise a « emprunté » pour la convention. La 8e avenue reste curieusement vide.

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Le zeppelin espion

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La 8e avenue presque déserte à 19h30

On entend de temps en temps des sirènes — on voit une cinquantaine de cyclistes flics qui foncent tout d’un coup vers le nord. Plus tard on apprendra qu’il s’agit de l’action des cyclistes de Critical Mass, un « groupe » qui se dit « non organisé », qui ont circulé, dans les rues de Manhattan à crier des slogans anti-Bush. Il y en avait 5000 à pédaler devant le Madison Square Garden, et la police, irritée par tant de monde, en a arrêté 260 (chiffre à la télé, non dans le Times) pour faire preuve de force.

Aujourd’hui il fait très chaud. Le copain est allé courir, moi je suis allé au gymnase — vers onze heures on a pris le métro pour descendre jusqu’à la station South Ferry d’où l’on a marché vers la gare maritime pour le ferry-boat qui lie l’île du Gouverneur et l’île de Manhattan. Ce n’est que depuis quelques mois que l’île du Gouverneur n’est ouvert au public, les samedis seulement jusqu'à la fin de septembre. J'ai toujours voulu y aller donc j'ai profité de ce week-end en ville pour le faire. On paie $5 pour le billet de ferry, le voyage ne dure que quelques minutes, puis on est déposé sur l’ancienne base militaire.

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Les gratte-ciel dans le quartier de Bas Manhattan

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Vue vers Wall Street

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Une piste d'atterissage pour hélicoptères le East River

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Vue du Bas Manhattan (à droite) et du Nouveau-Jersey (au fond, à gauche)

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Un couloir passager dans le ferry-boat

Il n’y a pas grand-chose à voir, malheureusement, parce que la grande partie de l’île est interdite au public. Ça donne un peu l’effet d’un village déserté de science-fiction.

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Des terrains de jeux abandonnés

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Partie du Fort Williams, terminé en 1811

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L'entrée au fort

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L'arrivée du ferry-boat qui nous ramènera à Manhattan

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Un ferry-boat du célèbre ferry de Staten Island

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Les ponts de Brooklyn et de Williamsburg

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Vue de Brooklyn

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Un paquebot quitte le port en croisière

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Quelques bâtiments abandonnés dans l'île du Gouverneur

De retour à Manhattan on est passé à pied par le très touristique South Street Seaport, où il y avait un concert gratuit d’une popstar latina organisé par le « 5th Annual Latin Grammy Awards » (on nous a donné de jolies casquettes oranges en plus).

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Quelques anciens voiliers au South Street Seaport

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Une Britney Spears hispanique...

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...accompagnée de ses danseurs

J’avoue que j’aime bien la musique pop latino — « Baila conmigo » elle nous a exhortés.

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La rue haute du quartier maritime, avec des boutiques et des restaurants

Le copain avait un peu mal aux pieds (ça se comprenait, vu qu’il avait déjà couru 13 kilomètres ce matin, sans compter notre promenade sur l’île du Gouverneur), donc il a insisté pour que l'on prenne un taxi (merci, maître) jusqu’à Dave’s Army & Navy Store où je voulais acheter un short avec beaucoup de poches, ainsi qu'une chemise à manches courtes, pour la manifestation demain. Les voilà trouvés et achetés.

Demain on attend une douzaine de personnes chez nous vers 10h30 pour un brunch très fortifiant de bagels, fromage blanc, saumon fumé, oignons rouges, café, jus d’orange, et quelques croissants. Il va falloir faire le ménage ce soir !

août 27, 2004

Dans le quartier

Hier soir mes deux collègues dans l’industrie de l’art avec qui on a dîné ont révélé qu’ils comptaient tous les deux s’installer à Berlin (séparément) en cas de véritable élection de Bush cette fois — l’un a un copain berlinois et l’autre connaît plein d’artistes allemands à Berlin. Mon copain insiste à ce qu’on s’installe quelque part en France, afin qu’il puisse apprendre le français correctement (je lui ai payé un cours de français à l’Université de New-York il y a quelques années mais il n’a pas appris grand-chose, faute d’aller en classe régulièrement).

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Maisons dans la rue Grove

Je viens de rentrer du gymnase où j’ai regardé la chaîne CNN en faisant mon exercice aérobique — c’est désespérant combien c’est partial, son reportage.

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Les anciennes maisons d'ouvriers dans le Grove Court, maintenant très recherchées

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Une petite affiche faite à la main dans la fenêtre d'un appartement au 2e étage qui donne sur la rue Hudson

Finalement, ce site drôle, trouvé chez Melfrid et qu’il qualifie d’antiaméricain. Chais pas... Peut-être... Ça dépend... On verra ça plus tard...

août 26, 2004

Quand la logique manque

Bien qu’on habite, le copain et moi, un véritable taudis, notre quartier devient de plus en plus chic et l’actrice Gwyneth Paltrow, par exemple, a une petite maison à deux pas de chez nous où elle descend quand elle est à New-York. Des amis l’ont vue à plusieurs reprises dans la petite épicerie du coin, tenue par nos amis palestiniens . Hier soir il faisait tellement beau que le copain et moi nous avons décidé de faire un tour du quartier — c’est là, au coin de la 11e rue ouest, qu’on a remarqué ces deux paparazzi aux téléobjectifs fixés sur l’entrée chez Mlle Paltrow. Ce qui m’a le plus frappé c’était combien ils étaient laids tous les deux.

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Deux photographes de proie dans la 11e rue ouest

On a fait la promenade vespérale au long de la 8e avenue au Chelsea, le centre du monde gay de New-York— tout le monde profitait du beau temps pour se promener aussi et le trottoir était bourré de gars musclés en débardeur, les cafés et les restaurants étaient pleins, on souriait, on draguait. On est allé chercher de la cuisine mexicaine authentique chez Kitchen où l’on a commandé des burritos au poulet à la Sanfranciscaine qu’on allait remporter manger chez nous.

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On a rencontré un ami dans la 8e avenue qui nous a invités chez lui pour prendre un verre de rouge — voici une photo d'une partie du couloir dans son immeuble, typique d'un immeuble new-yorkais moyen bâti avant la IIe guerre mondiale

Ce matin j’ai dû passer chez l’ancienne clinique vétérinaire de Betty dans la rue Washington pour retrouver son dossier médical. Son ancien vétérinaire avait décidé de fermer boutique il y a un an, et l’on en avait trouvé un nouveau dans une clinique tout près de chez nous, donc commode — le nouveau véto a lui-même quitté la nouvelle clinique et j’ai donc, avec l’aide de la marchande de tableaux qui adore Betty, dû trouver un nouveau nouveau vétérinaire — une femme cette fois — et j’avais voulu lui remettre le dossier que j’avais toujours laissé à l’autre clinique. Je l’ai demandé à la réceptionniste. « Non, » m’a-t-elle répondu « il faut attendre. » « Pourquoi ? C’est seulement un dossier. » « Nous sommes très occupés en ce moment. » « Bon, j’attends. » Et je m’assois devant elle. Ça l’agace et elle commence à chercher le dossier tout en feignant de ne pas le faire. Puis elle m’annonce le suivant : « Non, on ne l’a pas, votre dossier. » « Quoi ? Mais je l’ai laissé ici quand on est venu voir le vétérinaire maintenant parti. » « Nous avons dû vous le remettre. » « Absolument pas, mademoiselle, vous ne me l’avez pas rendu, mon dossier. » « Ben, » elle a haussé les épaules, « le dossier n’est pas ici, donc on a dû vous l'avoir remis. » « Mais c’est quoi, votre logique ? » je lui demande alors. « Pourquoi garderais-je un dossier médical que je venais de remettre au vétérinaire qui je croyais allait soigner Betty le reste de sa vie à elle ? Ça servirait à quoi, exactement ? » Elle m’a regardé d’un air irrité. « Je suis désolée, monsieur, mais on n’a pas votre dossier, vous devez l’avoir déjà repris. » « Mais ce n’est que la seconde fois que je mets les pieds ici. (merci, maître, pour la rectification) » C’est à rendre fou. « Donc, on vous l’a remis la première visite. » On serait entré dans une pièce de Beckett.

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Une petite affiche dans la rue Perry

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Chez un fleuriste chic dans la rue Bleecker

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On ramasse des petits éléphants (symboles des républicains) en étain pour les mettre dans des poubelles de cuisine à l'ancienne dans cette vitrine d'un magasin de mobilier du début du 20e

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La sorcière des canalisations d'eau municipales

Je suis allé tout énervé de cette « discussion » (c’est beaucoup dire) chez la nouvelle vétérinaire où j’ai pris rendez-vous pour lundi. Le copain a ensuite insisté à qu’on emmène Betty chez le coiffeur pour qu’elle soit belle pour le brunch protestataire qu’on fait ce dimanche matin chez nous. Donc on l’a emmenée chez Woof, un nouveau « spa » canin. Maintenant elle est toute belle et ne sent plus le poisson pourri (bien que cela soit son parfum préféré).

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L'extérieur de l'établissement Woof, pas loin de la 14e rue

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Sa torture terminée, Betty est maintenant prête à recevoir la racaille que ses « compagnons » vont faire venir chez elle

On dîne ce soir en cabale de marchands d’art (à part le copain, qui est informaticien bien sûr) — on va essayer de déterminer où l’on a finalement caché « Le Cri » et de deviner combien d’argent sera demandée pour la rançon (merci, Maître).

août 25, 2004

Ça va mieux

Quelques minutes à peine après avoir publié le billet assez maussade d’hier j’ai appris au journal télévisé d’ABC, où c’était la première nouvelle rapportée, que Cheney avait publiquement répudié la politique de l’administration contre le mariage gai. Ce matin on apprend qu’un avocat associé à la campagne présidentielle républicaine vient de démissionner de son poste dans cette campagne après avoir reconnu qu’il avait conseillé les Swift Boat Veterans for Truth, ce groupe de menteurs malheureux qu’on tombe un par un dans la presse. On n’a toujours pas de nouvelle sur la décision du tribunal sur la manifestation prévue pour ce dimanche. Je viens de découvrir, dans un article dans la Village Voice de cette semaine le site Web d'un groupe qui organise une manifestation illégale pour mardi le 31 août . Dans un autre article, on conseille de ne pas sortir dans les rues sans avoir mis quelque chose à manger et à boire dans les poches — si l’on est arrêté par la police, il faut mieux, paraît-il, ne pas manger ce qu’on offre en taule, car c’est pas bon (ça alors !) ni sain (on vous fera bouffer du beurre de cacahuète pourri !)

Chez nous, au Village, il n’y a toujours pas beaucoup de signes anti-Bush — quelques petites affiches « Défense de W » collées dans les fenêtres (dont une des nôtres) et dans les vitrines de boutiques et de restaurants fermés pour congé annuel.

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Mais à part ça, rien de spécial. Même pas trop de flics.

août 24, 2004

Mauvaise humeur

Je ressens en ce moment un malaise mal défini : les aboiements maniaques de ces anciens combattants saisis de la rage républicaine qui leur permet d’énoncer toutes sortes de mensonges me donnent mal à la tête. Pour eux, la vérité ne compte pour rien, il faut mentir, mentir, mentir afin d’arriver au but, qui est de compromettre finalement le dossier du service militaire de Kerry. Et cela de la part d’un groupe dans la paie de Bush, ah la la, il faut avoir du culot. Avec une presse pleinement assujettie aux pressions politiques de cette administration voyou, il n’est pas difficile à deviner comment les journalistes vont traiter les manifestations éventuelles qui auront lieu ici à partir de cette fin de semaine. Pour la plupart des journalistes, ce ne sera que des anars dans les rues (scénario prévu par le cynique Rudepundit, qui lui serait contre toute manifestation publique en signe de dégoût hautain — a-t-il raison ?) et les républicains les accuseront de bien vouloir l’élection de Kerry. Le rapport sur la torture à la prison d’Abou Ghraib semble indiquer une culpabilité générale de Rumsfeld mais ce sera sans doute trop flou pour pouvoir le poursuivre. Les marines vont bientôt reprendre le mausolée de l’imam Ali, ce qui sera salué ici comme une grande victoire de la politique de Bush, tandis que les propagandistes du gouvernement provisoire insisteront qu’il s’agit d’une victoire gagnée par les gardes nationaux irakiens. On commence les « procès » à la base de Guantánamo : toute personne de conscience sait très bien que ce ne sont pas de procès légalement acceptables, mais on commence à se fatiguer de gueuler, gueuler pour rien. La lâcheté morale de Bush, décrite à merveille dans ce billetextraordinaire de Josh Marshall, devient vraiment opprimante ces derniers jours de l'été.

août 23, 2004

On se prépare pour...

Il a fait incroyablement beau dimanche, un des plus beaux jours de toute l’année, c’est sûr, mais j’étais tout à crevé à cause d’un dîner un peu long mais agréable chez une amie anglaise après lequel le copain avait invité quelques amis à passer chez nous pour prendre (encore) un petit digestif (le copain s’est saoûlé à la liqueur de framboises !) — après quoi il est tombé dans un sommeil des plus profonds et alcoolisés tandis que moi je me suis trouvé captivé par le film Peyton Place (1957) qu’on passait, je croyais, sur une petite chaîne câblée (en réalité, on l’avait enregistré sur Tivo mais je ne m’en suis pas aperçu — euh, j’avais bu moi-même quelques gouttes de champagne). Je suis donc resté éveillé à regarder le film, dont j’avais tant entendu parler depuis des siècles et que je n’avais jamais vu, jusqu’à 3heures 40 du matin. C’est dur quand on doit se réveiller à 7 heures 30. Je suis quand même allé faire plus tard un peu d’exercice dans la lointaine salle de sport. Je n’ai pas négligé la Betty non plus — on a fait bien plus d’une heure de « cherchons la pierre » sur la plage. Halte en fin d’après-midi à une petite réception politique pour notre maire candidat avant de rentrer en voiture à New-York.

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Extraordinaire coucher de soleil à la campagne, quelques minutes avant d'aller à table

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Camionnette NBC dans la rue Christopher

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Véhicules TV

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Une téléjournaliste de la chaîne ABC locale devant l'immeuble où habite M. Garen, tout récemment libéré à Nasariya en Irak

Une belle journée encore aujourd’hui. Le journaliste franco-américain Micah Garen, qui habite pas loin de chez nous avec sa fiancée dans la rue Christopher, vient d’être libéré par les Irakiens. Toutes les chaînes se sont réunies hier une deuxième fois devant l’entrée de l’immeuble au numéro 100, rue Christopher (j’y ai pris une photo vendredi soir avant de quitter New-York — j’allais à l’épicerie bio dans la rue Hudson et j’ai tout d’un coup remarqué toutes sortes de camionnettes TV avec les transmetteurs satellite.)

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Porno patriotique pour les érotomanes républicains dans un sexshop de la 7e avenue

Hier soir j’ai commencé un recueil de nouvelles de la romancière Patricia Highsmith. Née au Texas, élevée à New-York, adulte elle a choisi l’Europe — elle est morte en Suisse en 1995. La première nouvelle s’intitule « Chorus Girl’s Absolutely Final Performance » et il s’agit d’une histoire mélancolique d’un éléphant qui nous décrit sa vie au zoo et les humains qui l’entourent. Créatrice du personnage de Tom Ripley (joué par Matt Damon dans le film Le talentueux M. Ripley, Hightower (oups, je voulais dire Highsmith, Hightower c'est le nom d'une amie à moi — merci à muto dans les commentaires d'avoir remarqué la faute de frappe) avait un goût pour les personnages à part, exceptionnels. Elle était plutôt lesbienne (elle s'est toutefois marié), conservatrice, curieuse.

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La 14e rue ouest

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La 7e avenue

On ne sait toujours pas où va terminer la grande manifestation de dimanche, mais on va se rassembler à l’intersection de la 14e rue et la 7e avenue. Nous, on fait un brunch à l’appartement pour les amis manifestants, puisqu’on vit tout près de l’endroit où la manifestation commence.

Le copain s’intéresse un peu aux JO — on nous a signalé le site Hotolympians et nous sommes tous les deux d'accord sur les appâts du gymnaste roumain Marian Dragulescu.

Et, dites donc, les Italiens et les Russes ne sont pas mal non plus !

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On se pacse quand ?

août 20, 2004

Un petit billet avant de prendre la route

Bon, pour une raison qui m’est encore inconnue, on n’a pas pu accéder le site, hébergé par l’ami péruvien chez un de ses serveurs qui se trouvent dans le comté de Westchester. Il est en général question d’une erreur commise par les installateurs de Verizon, notre France Telecom. De toute façon, je m’excuse de l’inaccessibilité temporaire du site.

On est allé au théâtre hier soir pour voir la comédie musicale Wicked. Facile et sentimentale, la comédie propose de nous expliquer la « back story » (je laisse à Garoo le soin de traduire correctement ce terme de scénariste) de l’histoire archiconnue de Dorothy dans le pays d’Oz. Pourquoi la sorcière de l’ouest est-elle devenue si méchante, si « wicked » ? La réponse est assez drôle (elle est quelque peu militante PETA pour la défense des animaux parlants et ainsi de suite) et le Magicien se révèle grand républicain méchant. On nous explique pourquoi les célèbres singes volants sont si loyaux à la sorcière (elle les avait libérés du Magicien). Mais les chansons étaient prévisibles et ennuyeuses, pour la plupart des ballades sentimentales.

On a réussi je ne sais pas comment à trouver une table pour six à 23 heures dans un Joe Allen’s bondé. La conversation était un mélange d’anglais et de français — même le copain a réussi à raconter une histoire tout en français !

Ce soir on part pour la campagne — il fait toujours chaud et lourd, pas agréable.

Voici un lien intéressant que j’ai trouvé je ne me rappelle plus où sur les morts américains (« casualties ») Les états bleus (les deux côtes et le centre nord) me semblent nettement surreprésentés.

août 19, 2004

En passant par là...

On a dîné hier soir, le copain et moi, avec les parents de celui-là : son père venait de rentrer de Californie où il a fait une randonnée à Yosemite à mulet ! On avait donc rendez-vous dans l'Upper East Side. C’est en y allant en taxi que j’ai vu ce panneau énorme monté dans la 7e avenue à la 26e rue ouest, pas loin du Madison Square Garden.

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Un grand panneau à quelques pas de Madison Square Garden et les républicains

Pour ceux qui s’y intéresseraient, voici le site officiel de la ville de New-York pour protestataires gentils. C’est chouette, non ?

Aujourd’hui c’est l’anniversaire du copain — je lui ai acheté un truc qu’il voulait pour courir — une sorte de montre avec ordinateur. D’accord, c’est le plus gadget des gadgets et sans doute d’une nouveauté extrêmement éphémère, mais que puis-je, puisqu'il le veut ? (Et je n'ai pas d'autres idées.)

Ce soir on va au théâtre voir une comédie musicale avec des amis français qui ont voulu voir toutes les comédies gaies du moment, dont Hairspray, The Boy from Oz et, ce soir, Wicked. La critique n’a pas été terrible, mais bon, je sais que la compagnie sera drôle.

août 18, 2004

Découverte du Murray Hill

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L'Empire State Building avec un avion

Ça fait longtemps, je trouve, que je n’ai pas publié de photos new-yorkaises — hier soir, à l’occasion d’un dîner chez des amis qui habitent le quartier de Murray Hill, j’ai profité de l’excursion en dehors du Village et du beau temps pour prendre quelques photos dont je propose une sélection ici.

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Dans l'avenue Lexington à la 38e rue est

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D'anciens hôtels particuliers à Murray Hill

Le quartier de Murray Hill est très agréable, très résidentiel. Situé un tout petit peu au sud de Turtle Bay où se trouve l’ONU, le quartier s’est développé pendant la seconde moitié du 19e siècle. En 1920 on a vu l’apparition des premiers immeubles d’appartements. Le beau monde est parti s’installer dans la 5e avenue plus au nord et dans les grands immeubles résidentiels dans l’avenue du Parc (anciennement la 4e avenue avant qu’on n’ait submergé les rails des trains pour en faire un nouveau champ libre laissé aux promoteurs). Mais le calme et la discrétion sont restés.

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L'entrée de l'hôtel Shelburne dans l'avenue Lexington — avis aux touristes : voici deux sites (ici et ici) pour hôtels pas chers à la Grande Pommes

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Il y a, paraît-il, un bar sur le toit de l'hôtel Shelburne où l'on offre un « happy hour » populaire — moi je me trouvais sur une terrasse de l'autre côté de l'avenue Lexington

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Vue au nord de la terrasse

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L'Empire State Building au crépuscule

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Autre vue au nord

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Une terrasse fleurie

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Ce sont de vrais jardiniers là-bas !

Je ne sais pas si l’on connaît en français la forme poétique du limerick. Je ne sais même pas d’où ça vient (voyons, le wikipedia donne ceci ) mais pour nous anglophones ça a été surtout une forme satirique de vers — souvent sur des sujets grossiers. Donc cela ne m’a pas du tout surpris de tomber sur un limerick dans un commentaire sur l’affaire McGreevey à ce billet (attention : site soi-disant libertairien à la légende délibérément provocatrice « Free Minds and Free Markets »:

There once was a guv named McGreevey
Who we all may agree is quite skeevy.
But if you need a job,
And you'll work on his knob,
He'll ignore your irrelevant CV.

C’est presque parfait, à part quelques accents toniques qui gênent (voir, GREE-vey, SKEE-vy, ça va, mais pas tellement avec CEE-vey, prononcé plutôt CEE-VEE avec des accents toniques égaux). Mais bon c’est un détail.

De l’autre côté de la gamme politique on signale ceci : Les chauffeurs de taxi proposent de laisser allumés les phares toute la journée pour protester Bush et ses politiques pendant la période de la Convention républicaine. Je me demande si cela va faire partie des « protestations sympas » citées par le maire Bloomberg, qui veut récompenser (non, non, ne riez pas, c’est vrai — dans le Times, une journaliste fait la remarque gentiment ironique « If only the Romanovs had thought of this. » en parlant du projet) le bon comportement de gentils manifestants qui auront droit alors à toutes sortes de rabais. Ça sent le désespéré, non ?

août 17, 2004

Mystères de la presse

En dépit des différends mythiques et très souvent imaginaires entre les perspectives de la France et des États-Unis sur l’actualité mondiale, j’ai toujours trouvé que les informations fournies par la presse écrite des deux pays ne montaient que des différences disons d’ordre local et donc ces différences seraient tout à fait naturelles et compréhensibles. Pour une première fois (vraiment) j’ai noté une vraie différence dans la couverture dans la presse française et américaine du scrutin sur l’avenir du président vénézuélien Hugo Chávez (aparté — dans le Times on garde l’accent sur le nom comme en espagnol, tandis que dans Le Monde on l'ôté). Dans toute la grande presse nationale française (à l’exception curieuse de Libération) on prétend que Washington (ou plus précisément l’administration Bush) demanderait une enquête sur les résultats au Vénézuéla (ici pour Le Figaro et ici pour Le Monde. C’est curieux. J’ai suivi d’assez près ce vote dans les médias américains et je ne suis toujours pas tombé sur un avis officiel d’incertitude sur les résultats qui sont, j’en conviens, pour le moins inconvenants à l’équipe Bush. On n'en trouve aucune mention de doute officiel dans le Times, ni dans le Washington Post, ni dans le Christian Science Monitor. La BBC note pourtant dans cet article que :

But the US has declined to back (voilà le mot clé) Mr Chavez's apparent victory.

The US state department said it "noted" and praised the work of the observers, but said it would be premature to describe the outcome as a victory for Mr Chavez until the final result was announced.

(La BBC laisse tomber l'accent aussi, je vois.)

Donc la presse française aurait peut-être raison. On trouve cette transcription d’une conférence de presse officielle qui a eu lieu hier dans les bureaux du Département de l’État dans laquelle le porte-parole hésite d’approuver ou d’invalider le scrutin. C’est peut-être cette hésitation-là que la presse française cherche à souligner. À suivre.

Et maintenant un peu de sport!

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Aiiiiiieeee — M. Fernandes, lâchez-moi tout de suite !

C'est toujours grâce à la BBC qu'on voit comment le Brésilien Leandro Guilheiro s'est rendu à la logique ferme (ouch!) du champion français Daniel Fernandes dans la compétition judo.

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Les rameurs anglais dans une épreuve d'aviron

On a regardé l'épreuve d'aviron quatre sans barreur dimanche dernier dans laquelle l'équipe britannique a eu la victoire contre l'Italie et les États-Unis — j'ai toujours apprécié la forme des rameurs d'aviron — je n'ai pas eu le courage de faire de l'aviron ces froids matins en Nouvelle-Angleterre où il fallait courir deux miles dans une brume glaciale avant de se mettre dans l'aviron dans un lac où l'eau ne faisait qu'à peine 7º — tout ceci avant d'aller en classe, non merci — ils sont bien fous, ces gens, mais ils sont beaux aussi, surtout le type en dernière position. La photo n'est pas bonne, mais on l'a vu à la télé et il est superbe. (Ça me donne envie d'aller au gym — ben, presque...)

août 16, 2004

L'utilité des rayons X

Hé oui, maintenant ça s'explique !

Le terrorisme interne, et comment le combattre

Quand le FBI s’engage dans la lutte contre le « terrorisme interne » — c’est-à-dire, opposition ouverte à la politique de Bush. Sur la une du Times d’aujourd’hui, en dessus du pli (le placement le plus important dans le journal papier), on peut lire le titre « F.B.I Goes Knocking for Political Troublemakers ». « Troublemaker » c’est un choix de mot un peu curieux — étant « troublemaker » on n’atteint pas par exemple le « niveau de nuisance » de malfaiteur, mais c’est déjà un peu plus fort qu’emmerdeur. « Troublemaker » , celle ou celui qui sèmerait des troubles ou des perturbations, s’emploie souvent dans les milieux scolaires — « Little Matt, he’s adorable of course but he’s also the class troublemaker » se dirait d'un écolier un peu difficile, un peu perturbateur du calme. « Troublemaking » chez les plus âgés ce n’est pas de la protestation vraiment sérieuse, ça fait un peu jeu d’adolescent. Et pourtant… Le carnetier Steve Gilliard fait des remarques pertinentes sur ce même article en y ajoutant une belle photo d’intimidation historique, avec légende dûment ironique. (Ailleurs il parle aussi de l’effet salutaire qu'a eu Julia Child sur lui et sa vie — un éloge de plus.) On parle aussi d’agents provocateurs policiers dans les groupes de protestation. C'est pour nous protéger, quoi...

Il fait toujours très lourd, assez chaud — les dernières traces, je suppose, de Charley abatteur de maisons mobiles en zone tropicale.

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Mais où sont les parents de ces jeunes gens non surveillés

Le clambake s’est assez bien passé — pas de bagarres familiales. Les homards ont déçu pourtant et le maïs était à peine mangeable (on avait beaucoup mieux fait dans notre village chez les sapeurs-pompiers le week-end précédent pour un prix beaucoup moins cher !) Plein de petits preppies plus ou moins insupportables, comme toujours, et de beaux serveurs (de jeunes universitaires).

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Des mangeurs de homard, dont une aux yeux diaboliques (non, je n'ai pas Photoshop et je suis désolé mais le Nikon Editor n'a bêtement rien pour traiter l'effet « œil rouge »

On s’attendait à Charley, qui nous a déçus lui aussi — une petite pluie vers cinq heures du matin et puis une journée humide et grise. Le copain est allé faire de la voile sur le bateau d’amis beaucoup plus grand que le sien pendant que moi j’ai regardé quelques émissions enregistrées par Tivo, dont La Cage aux folles II en « va » — j’avais un peu la tête lourde grâce à trop de verres de « chardonnay » californien plutôt infect, donc cet effort cinématographique m’allait très bien, en plus je ne l’avais jamais vu — avant de m’en aller à une petite réunion de la société bénévole dont je fais partie (peu utile) du Conseil d’administration. On est rentré à New-York dimanche soir.

août 14, 2004

C'est la saison où tout tombe

C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents

— A. de Lamartine

Bon, c’est peut-être méchant de le dire mais franchement je ne vois pas comment les Floridiens n’ont pas pu au moins un petit peu prévoir les effets éventuels de l’ouragan Charley (quelle drôle de manière de l’épeler en plus !). On en a parlé toute la semaine quand même, il faut être ou sourd ou débile pour ne pas l’avoir saisi. D'abord, d’après ce que je comprends, il vaut mieux ne pas habiter dans une « maison mobile » dans ces plates contrées sujettes à de « grands vents » périodiques telle la Floride — tout comme au Kansas et dans la soi-disant « allée des tornades » du Midwest où les maisons mobiles sont aussi la cible préférée des éléments météorologiques déchaînés (à New-York, ville archi-artificielle, nous nous contentons de désastres d’origine plutôt humaine, trop humaine, tels les pannes d’électricité et les avions détournés qui s’écrasent dans les gratte-ciel). À vrai dire, je n’éprouve que très peu de sympathie pour ces « pauvres Floridiens », vu que l’état devrait s’appeler « South New Jersey » (M. McGreevey pourrait bien s'installer confortablement à South Beach, je crois) ou peut-être mieux « Nuevo Jersey del Sur » pour tenir compte de tous ces réfugiés cubains qui aimeraient faire de leur nouvelle résidence permanente une jolie république bananière fièrement anti-Castriste. La Floride, c’est aussi l’état des retraités, les lois sont toutes rédigées pour le bien-être de ceux qui auraient plus de 65 ans (à présent 18% de la population). On peut y mourir pour pas cher, comme on dit — par contre, mourir au Connecticut, c’est « cher » — c’est-à-dire, il y aura des impôts locaux (de l’état) à payer sur les héritages.

Encore à propos de Mme Child qui est morte hier, je supposais qu’elle était forte et indépendante. Cette impression n’est que renforcée par ma découverte aujourd’hui de cette information. Ancienne élève du « college » d’élite pour femmes Smith, elle a écrit cette lettre pour protester contre une lettre non autorisée de l’administration du collège dans laquelle étaient révélées les noms de cinq professeurs soupçonnés d’avoir de rapports plus ou moins « communistes ». Mme Child a répondu à la rédactrice de cette lettre moucharde le 12 mars 1954 en notant :

I know you feel you are doing your patriotic duty towards Smith College and towards the United States, or you would not have allowed your name to be used at the end of your committee's letter. But I respectfully suggest that you are doing both your college and your country a disservice.

In the blood-heat of pursuing the enemy, many people are forgetting what we are fighting for. We are fighting for our hard-won liberty and our freedom; for our Constitution and the due processes of our laws; and for the right to differ in ideas, religion and politics. I am convinced that in your zeal to fight against our enemies, you, too, have forgotten what you are fighting for.

Elle n’était pas dupe, Mme Child, de ce faux patriotisme chauvin qui a tenté et tenterait encore tant de petits esprits.

La bataille de Nadjaf recommence demain, il paraît. Je me demande ce qu’il va nous arriver si nous détruisons, exprès ou non, le mausolée d’Ali. Ce soir on retourne chez ma mère qui nous invite, le copain, ma sœur et sa famille, à un « New England clambake » — une sorte de barbecue de fruits de mer de la Nouvelle-Angleterre, en particulier des palourdes et des homards, préparé sur la plage. Non, non, maman n’y est pour rien (elle déteste faire la cuisine de toute façon), on va à son club où notre bande sera sans doute entourée de personnes à nous inconnues. Je pense que je vais boire.

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L'entrée à l'exposition organisée dans la petite bibliothèque saisonnière de la station balnéaire

Hier soir on a dû aller au vernissage d’une petite expo personnelle organisée en mémoire d’une peintre amie de ma mère. Elle n’avait pas énormément de talent mais elle était charmante et quand même de temps en temps elle avait vraiment réussi un tableau, avec d’excellents résultats. Cela m’a fait plaisir de revoir quelques-unes de ses œuvres qui m’ont bien sûr évoqué des souvenirs d’elle.

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C'était plein de républicains au vernissage — ça se voit par les couleurs bizarres des vestes, si si je promets !

août 13, 2004

C'est qui, cette folle ?

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Je viens d’apprendre la triste nouvelle de la mort de Julia Child, « The French Chef » de la télévision publique américaine, à l’âge de 91 en Californie. Francophile éhontée, Mme Child a représenté, pour moi comme, je le crois, pour des millions d’autres Américains, une « américanité » cosmopolite, civilisée, intelligente et ouverte au monde. Elle avait du goût, qu’elle avait appris et raffiné en vivant un peu partout dans le monde, de Ceylan, où elle a rencontré son futur mari pendant la 2e guerre mondiale, aux environs de Grasse, où le couple avait une maison, à Cambridge (Boston), qu’ils ont apprécié pour le milieu culturel et intellectuel, et finalement à Santa-Barbara, en Californie, son état d’origine, où elle est morte. Elle aurait eu 92 ans ce dimanche.

Je ne peux pas décrire l’effet qu’elle avait pour nous téléspectateurs moyens, habitués aux conneries médiocres des chaînes nationales, avec ses cheveux échevelés, son accent pour le moins curieux (mélange de l’anglo-américain aristocratique de la côte Est en dépit de ses origines californiennes et du français plus ou moins correct pour les termes de cuisine aux tonalités alors étrangement profondes pour une femme à la TV), son honnêteté — on voyait tout ce qu’elle faisait dans la cuisine, même les bêtises — ce n’était pas du tout coupé, nettoyé, normalisé, aseptisé comme chez les autres émissions.

Son éducation et ses goûts ne la gênaient pas (ce qui me rappelle l'amie écrivain, c'est pareil) — elle ne les cachait pas non plus, à l’opposé de M. Kerry, par exemple, qui n’aime pas (pour le moment) qu’on sache qu’il parle français. Ce n’était pas une snob, mais elle était assez sûre d’elle-même de ne pas vouloir prétendre être populaire — elle n’a jamais voulu condescendre à son public, qui l’a par contre aimée pour son manque de fausse bonhomie, ce fléau de tout présentateur télévisuel. Oui, on en était d’abord choqué, je l’avoue, mais la surprise passée d’avoir vu quelqu’un de réel, on l’a regardée avec même plus de plaisir.

Au lieu de discuter de son nouveau livre de recettes à une émission de la station publique WGBH de Boston (où elle est restée pendant des années à faire ses propres émissions célèbres), elle a commencé à fouetter les œufs dans un grand bol en cuivre pour préparer une omelette — un type qui est ensuite devenu son producteur s'est alors demandé : « Mais c’est qui, cette folle ? »

Maintenant il nous reste bien trop de faux ploucs texans…

août 12, 2004

Encore du nombrilisme

On nous accuse souvent, nous les New-Yorkais, de souffrir d’un certain, euh, nombrilisme typifié par le célèbre dessin de Saul Steinberg qui a servi de couverture de la revue The New Yorker et qui avait comme titre View of the World from 9th Avenue. Mais j’avoue que j’étais vraiment déconcerté par ce film Fuck New York à propos de la toute prochaine convention qui aura lieu dans notre belle ville (voici l'exemple de nombrilisme dans ce billet). Je laisserai aux autres beaucoup plus doués que moi (tels Phersu tellement au courant de tout ce qui se passe aux États-Unis que je me suis demandé s'il n'habite pas tout près de chez moi dans un joli appartement dans le Murray Hill et Netlex — heureusement de retour de vacances avec plein de théories sur les papillons et la Bourse) le soin de me « déconstruire » correctement la sémiotique démente de ce court métrage (les uniformes d’école privée branchée, le choix de site — sur le trottoir devant un petit marché typiquement new-yorkais, les jeunes gens BCBG « armés » de bâtons de golf, les forts accents noirs des pires ghettos, l’emploi familier du terme « nigger » pour signifier « pote » et tout le reste.) J’ai trouvé le lien chez James Wagner qui vient de rentrer lui aussi de vacances passées sur la côte Ouest avec son copain — il ne faut pas manquer ses photos de la maison Schindler à Los-Angeles.

Pour voir d’excellentes photos d’un pays qui m’est tout à fait étranger je conseille un passage chez Made in Tokyo. Sa galerie Tokyo Photos and Co vaut absolument le détour pour les amateurs de la ville de Tokio (hé oui, j'aime bien les anciennes formes du nom), du Japon et de l’exotique du 1er monde.

Je viens de lire le bouquin d’un ancien gouverneur de la Banque fédérale de réserve de New-York, un certain Peter G. Peterson, dont par hasard on vient de publier une critique dans le Times d’aujourd’hui. Il s’agit du livre Running on Empty (c’est le numéro 21 chez Amazon en ce moment). Vu la crise financière du déficit américain, le coût des droits sociaux qu’on n’aura probablement pas les moyens de financer pour toujours, et le penchant républicain de toujours diminuer les impôts en dépit des obligations financières futures, il espère la possibilité d’un « soft landing » — un atterrissage doux pour l’économie américaine, mais n'en présume pas un. Ce n’est pas de la lecture à faire réjouir le citoyen moyen (moi) et à mon avis, il est, ce M. Peterson, un peu trop prompt à blâmer une fragmentation sociale commencée dans les années 60 (naissance de la « Me Generation » selon lui) mais on ne peut pas nier une bonne partie de sa thèse. Il propose plusieurs remèdes dont une reformulation totale des districts électoraux dans un effort de « déstabiliser » ces sièges où il est presque impossible à faire élire quelqu’un d’autre que le représentant déjà en fonction. Mais le critique du Times décrit un autre problème que je reconnais un peu partout dans mes conversations politiques avec d’autres : « Either the complexity of government has outrun the capacity of a democratic public to understand it, or that public, understanding well the options Jefferson put before it (qui sont celles-ci: « To preserve our independence, we must not let our rulers load us with perpetual debt. We must make our election between economy and liberty, or profusion and servitude. »), has chosen servitude. » Non, non, c’est pas rassurant du tout.

Je termine avec deux petits morceaux qui m’ont frappé aujourd’hui pendant mes déambulations dans la carnetosphère. Voici le premier, qui est une très mauvaise nouvelle pour les paresseux comme moi, découverte chez mnemosyne. Le second se trouve ici chez la Veuve Tarquine, qui m’aide toujours à me souvenir de ce qui est vraiment important dans la vie. Pour la sagesse, la bonté et la compréhension qu’on trouve dans ses billets, la Veuve Tarquine n’a de pair. C’est une bien piètre récompense, je crois, pour les malheurs qu’elle a connus et c'est surtout pour nous, ses lecteurs fidèles et admiratifs, toujours ravis de la simple élégance de ses paroles, que cela compte.

août 11, 2004

Morceaux pas tellement choisis

Encore un article sur l’état de siège sous lequel New-York va vivre pendant les quatre jours de la convention républicaine que je n’avais pas lu hier soir.

« Ça va encore mieux qu’en France » — voilà le mot d’ordre proposé par Billmon pour la nouvelle tactique électorale bushiste. (À vrai dire, il suggère que ce slogan ne va pas allumer les masses républicaines à voter pour W.)

J’ai bien l’impression qu’on n’a pas fini d’entendre parler de l’affaire Plame où les journalistes sont impliqués dans la révélation illégale d’une agente secrète de la CIA. Tout indiquerait une fuite venant d’un haut responsable de l’administration Bush.

L’assaut de la ville sacrée de Najaf semble avoir été reporté à plus tard — l’armée américaine ne donne aucune explication officielle et l’on se demande pourquoi.

Ces jours on essaie d’influencer l’opinion publique n’importe comment. Voici un nouvel effort de convaincre les « non décidés » et ceux qui se seraient « trompés » de choix : Fuck the Vote, trouvé chez le nouveau carnet politique à plusieurs auteurs First Draft.

août 10, 2004

Changement d'itinéraire

Les organisateurs de la grande manifestation prévue pour la veille de l’ouverture de la convention républicaine à New-York viennent de changer d’avis sur l’itinéraire et la destination des milliers de protestataires qui défileront le dimanche 29 août. Le maire Bloomberg leur avait obligé d’accepter un site sur le West Side Highway, pas loin en effet de l’ancien emplacement des Tours Jumelles — oui, cela avait un côté assez macabre. Mais de nombreuses personnes — des vieillards, des handicapés, des parents avec des enfants — se sont plaintes de cet itinéraire excentrique et les organisateurs ont donc changé d’avis. Ils sont actuellement en pourparlers avec les responsables de la mairie pour leur permettre de manifester dans le Central Park, ce que le maire et le chef de la police leur avaient déjà défendu — à cause de la fragilité de la pelouse. Il semble pourtant que le maire a de nouveau rejeté la demande des organisateurs pour se servir du parc au milieu de Manhattan. Quoiqu’il arrive, ça devient de plus en plus intéressant — et cette confusion des deux côtés reste significative de ce qui se passe actuellement en Amérique.

août 08, 2004

De amicitia

Je fais partie de ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe avec la famille Chalabi (père et neveu se trouveraient actuellement quelque part en Iran, loin des gendarmes irakiens). C’est curieux aussi que l’administration n’en parle absolument pas — dans le temps ils étaient de si bons amis (M. Ken Lay croyait de même — on ne peut pas leur faire confiance, évidemment.)

août 07, 2004

Mesdames, messieurs, il faut acheter

Il fait beau et frais ce matin, heureusement — je me gave de café avant de prendre une douche et de m’habiller en « libraire à temps partiel » — c’est-à-dire avec des vêtements gentiment usés sans un soupçon de Prada ou d’autres marques de luxe ou à la mode. Je vais essayer, à ma manière, de vendre des livres publiés par notre petite société historique pendant la soi-disant « Foire du village » qui commence à 10 heures et qui continue jusqu’à 16 heures. Nos bouquins, vous l’aurez déjà deviné, n’ont rien de très branché ou de très scandaleux qui leur aidera à se vendre (ce sont des histoires et des généalogies de « grandes » familles locales plutôt — même très — rasantes, donc il va me falloir tous mes assez pathétiques talents de commerçant malin pour les faire partir de la table où on les expose.

août 06, 2004

À la prochaine alerte

Je suis parti pour la campagne ce matin avec Betty — le copain viendra plus tard avec sa belle-mère qui passe le week-end chez nous à continuer sa récupération. On a dîné hier avec l’ami péruvien, de retour de Lima où son frère est mort il y a dix jours d’une crise toxique causée par une leucémie secondaire. On est allé manger dans un petit restaurant italien dans la rue Hudson, il faisait doux et on a réussi à avoir une table à l’extérieur sur le trottoir, ce qui était agréable et d'où on a pu regarder passer et repasser les gens habillés en pantacourt (mot que je ne connaissais pas avant ce billet révélateur et joyeux de Matoo) et ticheurte (jolie épellation Matoovienne de l’anglicisme pour maillot de corps), en couples et en groupes.

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Vue du jardin de l'amie écrivain

Ce matin j’ai pris le West Side Highway — j’avais envie, je l’avoue, de voir ce qu’on aurait fait pour la sécurité aux environs de l’immeuble ONU sur le FDR Drive mais j’avais peur qu’on ne m’empêche de passer pour une raison quelconque, donc j’ai opté pour la route alternative. Ce qui m’a fait passer le Consulat général de Chine populaire, ancien hôtel de classe économique destiné aux passagers de paquebots maintenant presque entièrement disparus — les passagers et les paquebots. Les Chinois l’ont fait exprès d’acheter un hôtel abandonné dans un quartier pas chic, contrairement à leurs collègues diplomatiques qui ont préféré d’hôtels particuliers et de bureaux luxueux dans les beaux quartiers de l’East Side pour leur représentations officielles.

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Le Consulat général de Chine populaire vu de l'autoroute qui passe devant

Il y avait, naturellement pour un début de week-end d’été, pas mal de circulation — il y avait en plus quelques points de travaux sur le Merritt Parkway, ce qui est toujours génial.

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Il faut ralentir le trafic, surtout le vendredi après-midi, c'est plus adorable

Une fois arrivé, je suis allé jouer avec la Betty, toute contente d’être revenue au bord de la mer. Ensuite, quelques courses — il fallait trouver de quoi manger pour la belle-mère, par exemple !

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Une alerte pas fausse — un vieux villageois décide de brûler des paperasses dans sa cheminée, qui prend feu — donc des sapeurs-pompiers sur le toit, hélas, pas aussi beaux que ceux de New-York

Les nouvelles de l’Irak ne sont pas bonnes — et on l’a même reconnu aux journaux télévisés ce soir. Les nouveaux chiffres de l’emploi ont fait chuter la bourse, déjà nerveuse depuis hier à cause de la hausse du prix de pétrole. Les sondages (par exemple ici, ici et même ici) sont de plus en plus défavorables à Bush — vite, il va lui falloir trouver de nouvelles menaces terroristes.

août 05, 2004

Merci, Sainte Rita !

Le dîner hier soir s’est bien passé, grâce peut-être à l’intervention de Sainte Rita, patronne des causes désespérées que m’avait signalée Pierre Carion et à qui j’ai ensuite adressé une courte prière d’intercession tout en buvant un verre de vin blanc dégueu (quelque chose d’immonde de Californie). L’ex-jésuite et son ami indien ont sagement pris des gins tonic, ainsi que le copain (qui aime le gin, vu ses origines irlandaises.) Ensuite on est allé manger dans un restaurant du quartier qui s’appelle Voyage — on le prononce, je crois, à la française, donc ça se dit « Vois-yâââge » au lieu de « Voidj » tout court. C’est assez beau, aux teints marron et beige, avec un joli bar à l’entrée. Le serveur était lui aussi pas mal, à la Ethan Hawke (qui a habité le quartier dans le temps, avant son mariage avec Uma). La cuisine est un peu trop compliquée — il y a trop d’écumes, trucs culinaires à la mode il y a quelques années mais qu’on devrait maintenant laisser tomber. L’ami indien était charmant — il fait son doctorat à l’université Cambridge, un mélange de philo et de sciences sociales. Né en Inde, il s’est installé avec ses parents à Minneapolis à l’âge de 10 ans et il adore l’état de Minnesota, où il a passé une enfance d'idylle. Il a ensuite fait ses études universitaires à l’université Brown à Providence avant d’aller en Angleterre. L’ex-jésuite a lui aussi fait un effort de ne pas nous agacer — il n’a pas parlé de ses grands amis politiques et mondains (c’est possible que son copain ne apprécie pas non plus ce côté snob — et c’est la première fois que je le voie en couple.) Mais elle a bien fait son travail, Sainte Rita — il n’y a pas eu de bagarre et on s’est même convenu de se téléphoner avant la manifestation avant la convention républicaine.

Une chose curieuse : ils s’inquiètent tous les deux d’une attaque nucléaire ou biochimique sur New-York. Ils nous ont répété un seul conseil : quittez l’île immédiatement ! L’ex-jésuite nous a expliqué qu’une amie à lui aurait l’intention de quitter Manhattan en prenant le tunnel de métro des lignes 4, 5 et 6 (le tunnel de la rivière Harlem construit en 1904). Ils ont aussi stocké de l’eau et des vivres pour deux semaines dans l’appartement ! Il faut que je fasse des courses tout de suite !

Les choses iraient-elles mieux si l'on habitait La République démocratique de New-York ? Voici un propos de sécession de la ville la plus « bleue » d’un pays de plus en plus « rouge », trouvé chez la Longislandaise BlondeSense. J'adore le nom de la monnaie: le york.