Hier soir on est finalement allé voir La Mala Educación de Pedro Almodóvar — oui, oui, je sais, ça fait des années que ce film est sorti en Europe et que tout le monde l’a déjà vu — n'importe, car encore une fois j’ai quitté le cinéma tout émerveillé par le talent de ce type Almodóvar. Il est tout simplement le meilleur metteur en scène au monde à présent — il est sentimental sans être sucré artificiellement à la façon de Spielberg et tant d’autres à Hollywood, il nous offre plein de petits gags visuels qui font plaisir à ceux qui les remarquent, mais qui ne diminuent pas la compréhension de ceux qui ne les ont pas vus. C’est un génie, y a plus rien à dire, et regarder un de ses films me donne toujours envie d’aller vivre à Madrid, de parler espagnol (qu’est-ce que c’est beau d’écouter la messe célébrée en espagnol par le père pédophile — un des multiples contrastes déroutants dans ce film). C’est amusant aussi que l’histoire se déroule dans les années 80, à peine dix ans après la mort de Franco en 1975 — les voitures, les décors, les modes un peu arriérées ou imitées de l’étranger (Boy George, par exemple), les chaussettes rouges qui vont avec la chemise du même couleur du metteur en scène chic, l’Olivetti d’Ignacio, la Selectric d’IBM dans le bureau d’Enrique, ce sont des détails vraiment impressionnants.

Quelques nuages roses au-dessus de la 8e avenue dans le Village
Ce matin j’ai dû passer chez le comptable pour la préparation de mes impôts, mais comme il nous manquait quelques papiers, on l’a reporté à plus tard. Le bureau se trouve au 17e étage de l’immeuble Grace, un énorme immeuble avec une façade courbée qui donne sur le parc Bryant juste derrière la Bibliothèque publique de New-York. Il fait beau aujourd’hui, un peu frais, mais agréable. J’ai donc décidé à me rendre à la galerie à pied — l’exercice me fait du bien, en plus. Dans le parc Bryant je remarque des projecteurs — on doit être en train de tourner quelque chose. En effet, on fait une publicité pour la bière mexicaine Corona dans laquelle il y a une sorte de clown-bouffon attaché par une corde à une grue. On le lève après quelques minutes pour le mettre devant quelques tables remplies d’acteurs — pour quelle raison thématique, je l’ignore tout à fait. Il y a aussi dans le parc une sorte de marché de Noël.

La tour Condé-Nast dans le Times Square

On tourne une pub de bière dans le parc

Le clown a de la patience

On teste la corde par lequel il va être suspendu

On le met devant les tables il n'est pas clair pourquoi

L'immeuble Grace, c'est un peu une sculpture de Richard Serra, en plus léger
J’ai continué mon chemin vers la galerie en descendant la 6e avenue jusqu’à la 34e rue, importante transversale de Manhattan, que j’ai suivie jusqu’à la 8e avenue.Chez l’horloger Tourneau, qui a une boutique dans le complexe de la gare de Pennsylvanie et la gare des chemins de fer de Long-Island, j’ai convoité quelques montres Rolex et Omega (je viens de perdre ma montre, une Swiss Army pas chère et ces montres-là seront pour le jour où je gagne la loterie) avant de poursuivre ma route.

La tour de l'Empire State Building est omniprésente dans ce quartier

La 34e rue ouest dans l'ombre avec la tour One Penn Plaza au fond

La façade est du grand magasin Macy's avec un taxi qui fait de la pub pour Paris.biz — un site très « franco-friendly »

La façade est de la grande Poste centrale dans la 8e avenue — avec le code postal 10001

L'Empire State vu de la 33e rue et la 8e avenue, tout près de la gare de Pennsylvanie et le Madison Square Garden à gauche

L'entrée aux French Apartments dans la 30e rue ouest, anciennement (je crois) un hôpital établi par la Société française de bienfaisance
La grande critique du Times vient de passer à la galerie — c’est curieux, je croyais que tout le gratin de l’art était toujours à Miami pour la foire. Elle a pris un communiqué de presse pour l’expo, elle va peut-être écrire quelque chose pour le journal.

Le minimalisme chelséen du quartier des galeries — celle du milieu de la photo s'appelle Paul Kasmin

Et on tourne même dans notre petite rue — de grands spots qui éclairent l'ancien atelier de l'équipe de l'artiste Mark Kostabi — je ne sais pas s'il est encore là
Ce soir on part à la campagne — demain après-midi je vais être un « hôte » pour un « thé de Noël » (non, moi non plus je ne sais pas exactement de quoi il s’agit là) — je vais sûrement forcer les gens à bouffer des gâteaux secs entre bouchées de thé insipides. Ça va être gai !
J’ai passé une grande partie de ma jeunesse dans la ville d’Atlanta — c’est bizarre de retrouver dans un carnet francophone les échos de ce passé dans le blog de Sébastien, qui fait du kayak sur le lac Lanier au nord de la métropole. (Il y a des troncs d’arbre dans le « lac » parce qu’il s’agit en effet d’un réservoir artificiel qui avait inondé toutes sortes de vallons — aux bords on y voyait des branches sortant de l’eau, une raison de plus pour ne pas vouloir y baigner ! Moi, j’avais toujours peur qu’une main d’un noyé invisible ne vienne me saisir et me tirer vers le fond — un peu comme ce qui est arrivé à Carrie — la Spacek, pas la Bradshaw.