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février 28, 2005

Tempestas nivis

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Il neige sur l'escalier d'entrée chez Carrie

Encore une tempête de neige. Hmm...

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J'aime le néon

En route au Gourmet Garage pour une botte d'oignons verts, un jalapeño, et du lait écrémé : un restaurant curieux de quartier (dans la 4e rue ouest) avec un bel enseigne néon.

Le copain fait un cours Microsoft avancé qui va de 8 à 22 heures 6 jours par semaine pendant deux semaines. Donc, pour moi, des pâtes, du Vacqueyras « Domaine Le Colombier » (toujours pour Wam) et « American Idol ».

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Le francophone (et bien joli) Reichen — il a même son site à lui (il n'est pas, il paraît, excessivement modeste — bravo ! )

Et puis sur « Fear Factor » il y a le beau homo qui avait gagné de « The Amazing Race » — c’est difficile, le choix. Mais on les fait manger des vers, les ayant enlevés d'une cage pleine de serpents, je ne peux plus regarder.

février 26, 2005

Finis mercatus

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Dans l'avenue du Parc, devant l'entrée de l'Armurerie

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Le café de la foire

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La déconstruction en porcelaine

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Dans le stand de la galerie Garth Clark, spécialistes en œuvres en terre cuite

Le copain m'ayant laissé pour aller à la campagne avec Betty, j'ai dîné avec l'ami galeriste au Singe Vert, tout à fait bondé, avec un propriétaire français métrosexuel dit « bon biseur » par l'ami galeriste qui nous a donné une table après une petite attente au bar.

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La décoration murale des toilettes au Singe Vert (hé oui, j'étais déjà assez saoul à ce moment-là)

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Le beau serveur vient de nous débarrasser de nos assiettes (j'avais eu le coq au vin)

À la maison j'ai quand même réussi à téléphoner au copain.

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Il y avait du monde aujourd'hui à la foire

Bon, je vais me coucher, j'ai besoin de dormir. Demain je prends le train de 9 h pour aller la campagne.

février 25, 2005

Taedium laboris

Journée longue et plutôt ennuyeuse à la foire hier — pas mal d’intérêt, peu de ventes. Heureusement que les galeristes ont droit aux cocktails à demi-tarif à partir de 18 heures ! Avec les tarifs normaux un verre de vin blanc ou rouge coûte 7 $, une vodka-tonic 7,50 $, de l’eau minérale 3 $. Les sandwiches sont à 8 $.

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Du vin et des tulipes rouges

Hier après-midi il a commencé à neiger — cela va sans doute réduire les entrées aujourd’hui. On va « re-poser » le stand, en replaçant par exemple un tableau vendu par un nouveau à vendre.

Je viens de terminer la collection d’essais écrits par le comédien et membre fondateur du groupe Monty Python Terry Jones. Il s’agit de Terry Jones’s War on the War on Terror dans lequel on trouve de nombreux courts articles éditoriaux déjà parus dans le Guardian ou l’Independant en Grande-Bretagne. Ses opinions sont, disons, acerbes — voici un petit extrait d’un article daté 14 avril 2002 à propos de l’élection au Vénézuéla de M. Chavez, que l’administration Bush n’a pas chaleureusement accueillie : « Since its ground-breaking experiments in vote counting in Florida two years ago, the United States of America has been universally recognized as the chief innovator in the field of democratic principles. It goes without saying, therefore, that one of the factors that confers legitimacy on any democracy must surely be approval by the United States. It’s no good if people blindly vote in any Tom, Dick or Hugo if they’re not acceptable to Washington. »

J'ai repris ma lecture en métro de l’autobiographie du maire de Paris Bertrand Delanoë La vie, passionnément. Oui, d’accord, je vois très bien comment on pourrait le considérer à n’être qu’un tract autopublicitaire pour un homme politique qui monte, mais il fait tellement bien à ce lecteur américain de pouvoir lire une anecdote comme celle-ci : « Mon discours [ndlr : à l'occasion de la fête de Ramadan célébrée dans l’Hôtel de Ville en 2003] insistait sur la fraternité des croyants quand ils écoutent le message profond de leur foi, le dialogue des religions et l’égale considération que notre société doit à chacune, pour ajouter aussitôt : « Mais attention, n’oubliez pas le respect dû à ceux qui ne croient pas. Ils ont exactement les mêmes droits que vous à vivre leurs convictions. » Je n’ai pas caché que j’étais de ceux-là. » Alors qu’ici, dans presque tout discours politique (et surtout écrit) on entend « God, America, God, America, God, God, God, America… » à faire vomir.

Pour terminer cette petite tirade, je note qu’il est officiellement chrétien (mais déterminé toujours par qui exactement, en lisant quelle version de la Bible, je me demande) de s’abstenir des relations sexuelles avant le mariage. Afin de renforcer chez les jeunes mâles l’évidence de cette règle, voici un site qui explique pourquoi il faudrait mieux abstenir — puisque Sex is for Fags (voilà, tout s’explique, non ?) et il ne faut surtout pas gaspiller le « sacred « dude milk » » dans un rapport sexuel nonapprouvé. (J’ai trouvé ce site délicieux chez Majikthise.)

Demain il va falloir peut-être parler du rejet prochain par la communion anglicane des vieilles églises épiscopales des États-Unis et du Canada en faveur de quelques églises « nouvelles » et horriblement puritaines et homophobes d’Afrique. Ah, ça, c’est le progrès.

Il faut que je signale les belles photos du désert Sonoran et ailleurs prises par Sébastien qui commencent ici, ainsi que celles-ci prises en Normandie par Jason, qui sont elles aussi pleines d'exotisme pour un riverain du Hudson.

février 24, 2005

De cuppediis

decidis uzi kontrau li rimedon, per kiu ni venkis jam multajn gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon. Neniam dum mia vivo mi estis tiel kontenta, tiel trankvila, tiel plena de bena paco, kiel hierau, kiam mi eksciis, ke Mikel-Angelo ne vivas plu. Ni eltiris ci tiun sciigon el nia gvidisto. Li kondukis nin tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en la vastaj koridoroj de Vatikano, tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en dudek aliaj palacoj; li montris al ni la grandan pentrajon de la Siksta Kapelo kaj freskojn, kiuj suficus por freskigi la tutan cielon, -- preskau cio estis farita de Mikel-Angelo. Ni decidis uzi kontrau li rimedon, per kiu ni venkis jam multajn gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon.

février 23, 2005

Propere

farita de Mikel-Angelo. Ni decidis uzi kontrau li rimedon, per kiu ni venkis jam multajn gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon. Neniam dum mia vivo mi estis tiel kontenta, tiel trankvila, tiel plena de bena paco, kiel hierau, kiam mi eksciis, ke Mikel-Angelo ne vivas plu. Ni eltiris ci tiun sciigon el nia gvidisto. Li kondukis nin tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en la vastaj koridoroj de Vatikano, tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en dudek aliaj palacoj; li montris al ni la grandan pentrajon de la Siksta Kapelo kaj freskojn, kiuj suficus por freskigi la tutan cielon, -- preskau cio estis farita de Mikel-Angelo. Ni decidis uzi kontrau li rimedon, per kiu ni venkis jam multajn gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon.

février 22, 2005

Ars longa

great blog - loved it

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La toiture de l'Armurerie

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Plus tard, un peu moins de désordre

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Un stand proche du nôtre, plein de tableaux pop un peu à la Tom Wesselman

Les tableaux posés, je suis rentré au village et j’ai sorti Betty pour faire une bonne heure de promenade. Il fait beau et ensoleillé, et relativement frais.

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Trois nouveaux immeubles résidentiels sur le Hudson par l'architecte Richard Meier

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Vue vers le quartier des finances au bout de l'île de Manhattan

Ce soir on dîne avec l’ami péruvien. J’ai l’impression que je vais vraiment me mariner cette semaine.

février 21, 2005

Nix

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Une voiture étrangère garée devant notre appartement dans la rue Perry — Sébastien, reconnaissez-vous la plaque ?

Ma sœur est venue de Philadelphie afin de profiter du congé des anniversaires des présidents Washington et Lincoln pour aller voir les Portes au Parc central. Je l’ai rencontrée à la gare de Pennsylvanie et avant de s’immiscer dans l’œuvre d’art, on est allé déjeuner dans un restaurant turc dans l’avenue Colomb qui s’appelle Zeytin. Très bon, et on a même décidé de fêter l’occasion avec une bouteille d’un vin rouge turc délicieux qui s’appelle (je l’ai bien sûr noté pour wam) Yakut Kavaklidere Öküzgözü d’Elazig 2003 (mais ça a coûté plus que 4,49 € !).

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Vue de l'avenue Colomb vers le sud

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Les Portes dans la neige

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Des arbres sinueux autour du Mall

Nous nous sommes promené dans le parc, couvert de neige depuis hier soir, ce qui renforçait l’effet de la couleur safran. On a même rencontré une longue procession silencieuse de méditation menée par quelques religieux bouddhistes.

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Une partie de la procession silencieuse sous les Portes

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Les chefs de la procession de méditation

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Vue de Central Park South dans le brouillard

On a terminé notre exploration à la place de la Grande-Armée devant l’hôtel Plaza.
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La tour de l'hôtel Sherry-Netherland au milieu, devant la tour General Motors

février 20, 2005

Portae, portarum

Voici un article intéressant dans le Guardian d'aujourd'hui sur la presse et les carnets web aux États-Unis.

Il paraît qu'il faudrait à tout journaliste cherchant à obtenir une carte de presse agréée à la Maison blanche de remplir ce questionnaire (plus ou moins satirique). On serait en plus obligé de poser des questions difficiles et pénétrantes comme celle-ci : Mr. President, your popularity is amazing and in person, you are much better-looking than on TV. How do you explain how wonderful you really are?

Le journal Boston Herald perd un procès de diffamation et doit payer (en principe) une amende de 2,1 millions de dollars. Le public, représenté par les jurés, ne veut plus supporter les excès journalistiques commis en prétextant la liberté de la presse. Cela ne veut pas dire la liberté de mentir ou de fabriquer des citations — dans le cas du Herald le journaliste avait trouvé que le juge en question était « laxiste » et ce journaliste a donc inventé une phrase diffamatoire (« Get over it » en l’occurrence, une phrase profondément dédaigneuse — c’est ce qu’ont dit les Républicains aux Démocrates après la décision de la Cour suprême en faveur de Bush en 2000) à propos d’une jeune fille violée que le juge n’avait pas dit mais qui montrerait combien celui-là était indifférent aux peines de la jeune fille. Les éditeurs responsables du journal n’ont pas fait, eux, aucun effort de vérification de la citation blâmable, et ils ont même choisi de la faire répéter dans un grand nombre d’articles qui ont suivi. Le journal va faire appel.

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L'angle de la rue Charles et la 4e rue ouest — désert à 10 heures du matin

Le comptable du copain, bangladeshi sans papiers qu’on appelle — pas tout à fait pour blaguer — la maharani à cause de ses airs hautains, et son mec, jeune docteur adorable, ont appelés ce matin pour nous inviter à prendre le brunch avec eux — mais le copain était toujours en train de superviser un grand transfert de serveur assez compliqué chez son client le plus important (de 10 h à 1 h du matin hier, et à partir de 8 h 30 ce matin), mais il a pu finalement les quitter pour une petite heure. Je me suis dépêché à faire un peu d’exercice au gymnase — à dix heures, ça dort toujours au Village.

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En route ver le gymnase, la 7e avenue vide de voitures

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Le restaurant un peu trop branché Cafétéria dans la 7e avenue à la 17e rue

Au début on avait décidé d’aller à Cafétéria, mais là il y avait déjà trop de monde et nous nous sommes alors dirigés vers la 8e avenue (ou « Castro Street East »), où l’on a trouvé de la place au Bright Food Shop.

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Le Bright Food Shop dans la 8e avenue à la (je crois) 21e rue

Beaucoup mieux, en plus, que Cafétéria. Moi j’ai pris un burrito aux œufs brouillés avec de la saucisse de dinde. Après le brunch, nous nous sommes tous séparés — le copain est retourné au bureau de son client, les deux amis sont rentrés chez eux à Brooklyn, et moi j’ai pris le métro pour profiter du beau temps pour aller voir Les Portes dans le Parc Central.

Je suis descendu à la station de la 95e rue et le Central Park West, où je suis entré dans le Parc. Il y avait beaucoup de monde et d’après ce que j’ai pu constater en écoutant ce qu’on disait autour de moi, les gens étaient plutôt contents de l’expérience de ces « portes » aux rideaux safran — il y a sans doute un côté asiatique à ces structures simples. Et puis le safran, cela offre un fort contraste avec le fond gris et brun de la terre et de la végétation dans le parc à présent.

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La photo obligatoire

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Ça ressemblait un peu à des panneaux publicitaires sans pub — déroutant

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Vue de midtown du réservoir — l'immeuble du Citicorp au milieu

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Vue des grands immeubles résidentiels du Central Park West

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L'école du couvent du Sacre Cœur accueille les Portes avec du tissu safran à toutes les fenêtres

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Une construction curieuse sur le toit du Musée Guggenheim

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Un des « gardiens » des Portes avec le bâton officiel couronné d'une balle de tennis — ils étaient tous entourés de gens qui leur demandaient des questions, des explications

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Il y avait du monde, surtout vers le côté est

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Des Portes derrière le Musée métropolitain

Les portes ont apprivoisé la « nature » dans le Parc, ce qui a permis aux gens de se sentir plus à l’aise. On se sentait comme à fête foraine, mais curieusement sans attractions à part les multiples morceaux d’étoffe orange qui flottaient doucement dans le vent.

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C'est ici, dans la station météorologique du « Château du Belvedere » où l'on note officiellement le temps qu'il fait à New-York — c'est pourquoi on entend à la radio et à la télé « In Central Park the current temperature is ... ».

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Vue de l'immeuble résidentiel célèbre le Dakota, où ont vécu John Lennon et Léonard Bernstein, parmi d'autres, et où Lauren Bacall et Yoko Ono vivent toujours.

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L'immeuble Beresford au fond

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La fontaine Bethesda

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Un musicien au travail sur le Mall

Quittant le parc, je suis allé voir l’immeuble Time-Warner dans le cercle de Christophe Colomb et aussi la nouvelle tour qui complète (finalement) l’immeuble Hearst faite par l’architecte anglais Norman Foster.

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Les nouvelles tours jumelles du centre Time-Warner — pas très intéressant, au fond

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Un peu de parisianisme dans cette vue d'un des nus musclés du monument aux morts du bâtiment de guerre USS Maine, qui a explosé à La Havane le 15 février 1898 et dont la cause exacte du désastre reste inconnue (mais suspecte) — c’était une des raisons principales de déclarer la guerre contre l’Espagne.

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Un aperçu étroit de la nouvelle tour Hearst dans la 8e avenue à la 57e rue ouest

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C'est sans doute pour des voitures pareilles qu'on se trouve en Irak

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La tour Hearst en construction

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Au point nord du cercle de Christophe Colomb, l'ancien immeuble Gulf+Western, maintenant un Trump je-ne-sais-plus-lequel

De retour chez nous au Village, j’ai sorti Betty, qui a aussi besoin de faire de l’exercice et l’on a fait un tour du Village, nous promenant jusqu’à la rue de l’Université à l’est de la 5e avenue, avant de nous tourner vers le sud et le parc de la Place Washington.

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Je vivrais bien volontiers dans cette mignonne maison (avec garage !) dans la 10e rue ouest, tout près de la 5e avenue

On est passé à côté de la jolie Maison française de l’Université de New-York, juste en face de la Deutsches Haus, tous les deux dans la ruelle sympa de Washington Mews.

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L'entrée de la Maison française

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Le Washington Mews, ça fait un Londres, n'est-ce pas ?

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La bibliothèque Bobst de l'université de New-York vue du parc — c'est un endroit favori pour les suicides, il y a un atrium ouvert de six étages au milieu, à l'époque c'était chic, cette architecture, mais maintenant les responsables universitaires ne savent plus quoi en faire

Dans le parc on a pu apprécier l’arc de Washington nettoyé — avec l’Empire State Building, nouveau siège social de l’affaire du copain, au fond. On a passé une demi-heure dans le petit parc à chien où Betty a vite trouvé un ballon de football américain tout sale et délicieux avec lequel elle a voulu jouer. Et puis on est rentré chez nous, tout doucement, à côté de l’église St-Joseph néo-classique, qui date de 1833, où l’oncle du copain (il est prêtre) a vécu avant de rentrer en Californie.

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L'arc de Washington avec l'Empire State Building au fond

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Dans le parc à chiens du parc de la place Washington — (une photo de Betty viendra tout de suite, promis !)

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La voici — Betty contemple le ballon de football

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L'église Saint-Joseph, une des plus belles églises catholiques de New-York

février 19, 2005

Hospitium nostrum

Il y a quelques semaines j’avais parlé un tout petit peu méchamment du salon d’un couple homo de notre connaissance. Jeff et Olivier de Montpellier ont ensuite proposé de publier des photos de salons de « garçons sensibles » de partout dans le monde (et y en a, parbleu !). Ne voulant pas pourtant salir les pages virtuelles tout propres de leur carnet, je présente ici, pour l’horreur et le mépris de tous, une photo de notre tout petit salon dans la rue Perry.

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Et voici un inventaire du contenu, avec détails historiques et tout:

Un canapé style Regency (acheté chez les commissaires-priseurs William Doyle dans la boutique d’objets refusés pour la vente aux enchères, recouvert par un tapissier costaricain très sympa avec un tissu d’ameublement acheté peu cher chez Joe’s Fabric Warehouse dans le Lower East Side) avec des coussins couverts d’un tissu d’ameublement français « Kandahar » par contre assez cher acheté il y a des années chez Brunschwig & Fils. Et là, à droite sur le canapé, c'est Betty qui règne. La moquette hypertraditionnelle vient de la maison Stark Carpet, gravement tachée par Betty et par nous-mêmes (dîners chinois par terre, par exemple, et renversements de tasses de café au lait, ma spécialité). Les petites tables, achetées dans un magasin dans l’avenue Greenwich, viennent de l’Asie du Sud-est (en toute probabilité de l’Indonésie) — les anciens haut-parleurs appartiennent à la chaîne stéréo du copain qu’il avait achetée lorsqu’il était étudiant à Berkeley. Il y a quelques petites figurines en bois bene lulua que j’ai achetées à Kananga, en République démocratique du Congo, un Bouddha en faïence de la Chine musulmane achetée aux puces de la 26e rue (à gauche) et une reproduction de kylix grecque antique (à droite), cadeau rapporté de Grèce par un ami avec qui je me suis depuis longtemps brouillé. Le tableau au milieu du mur est signé J Wilson 1934 et il s’agit d’une nature morte avec des éléments de trompe-l’œil sur un thème napoléonien. Les quatre petits tableaux autour sont des dessins à l’encre sur du papier vergé sur des thèmes pris de la mythologie grecque — en fait, ce sont probablement des copies faites à la main de gravures très connues à la fin du 18e siècle par l’artiste anglo-suisse John Henry Fuseli. Le lustre en cuivre jaune est moderne, de style dit « colonial » (c'est-à-dire, américain d'avant 1776), acheté pas cher au quartier « de l’éclairage » dans le Bowery entre les rues Grand et Spring. Un moment dans la nuit des temps on a cassé un des bras du lustre en rangeant quelquechose sans y faire attention, c’est pourquoi ça pend asymétriquement. Le fil orange appartient aussi au copain et fournit l'électricité, à partir d'une prise à droite, pour un tas de trucs qui se trouvent dans la « bibliothèque-bureau » à gauche. Voilà !

février 18, 2005

Vita quotidiana

Un vieux de l’immeuble d’à côté, pendant que je traîne avec la Betty sur le trottoir ce matin, me dit en souriant : « Ça fait du bien quand même de commencer sa journée ayant vu la belle Gwyneth Paltrow. » Il venait juste de la rencontrer dans le petit délicatessen du coin. Mais j'apprends que l’actrice chercherait à quitter sa maison à Manhattan pour une propriété plus grande (pour ses chiens) et plus loin des paparazzi.

La citation du jour trouvée dans The Stories of English de David Crystal (les amateurs de langues comprendront): Pronouns do not change very often in the history of a language, and to see one set of forms replaced by another is truly noteworthy. Il s'agit des pronoms scandinaves qui ont finalement chassé ceux de l'ancien anglais.

Dans le journal papier du New York Times d’aujourd’hui les nouvelles du scandale du journaliste-prostitué Gannon n’apparaît, pour la première fois depuis le début des révélations publiées par les carnets, qu’à la page A22. Dans l’édition Internet du journal, l’article, qui est toutefois assez long et détaillé, serait caché en bas de la rubrique « Washington » bien en dessous des gros titres officiels du jour. La plupart des Démocrates, eux, n’osent toujours pas en parler, on ne sait pas trop pourquoi. Est-ce qu’ils ont peur d’histoires de sexe gai ? Ou de sexe tout court ? Et les Républicains, pourtant, n’ont éprouvé aucune réticence à assaillir le grand public de détails délicieux (les traces laissées sur la robe bleue, par exemple) sur les ébats amoureux de M. Clinton. D’où vient cette étrange pudeur chez les Démocrates ?

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La vitrine « de fête » (lundi, c'est la fête des présidents Washington et Jefferson) avec des planches de surf internationales de la boutique Marc Jacobs dans la rue Bleecker

Et la différence entre un terroriste et un contre-terroriste, c’est quoi, exactement ? Surtout si l’un et l’autre se servent des mêmes moyens pour gagner la lutte. Voilà en bref pourquoi on ressent une goutte de réticence à propos de la nomination récente de M. Negroponte, actuellement ambassadeur des États-Unis à l’Irak, pour le poste de chef suprême de la sécurité de la patrie. Comme on en a remarqué ce matin à la radio, lui, il ne « laisse pas de traces » — et ça, c’est un compliment pour cette administration.

On a mangé hier soir avec l’ami galeriste dans le nouvel emplacement d’un ancien restaurant de quartier — The Paris Commune, anciennement dans la rue Bleecker et maintenant situé à l’angle de la rue de la Banque et la rue Greenwich. C’est pas mal, un vrai restaurant de quartier, pas chic, avec une carte abordable, plein d’homos et d’ami(e)s d’homos.

L’amie marchande de tableaux est toujours à l’hôpital à récupérer de son opération pour enlever son cancer, qui a duré six heures et demie. Sa mère est venue du Colorado, son frère de l’Australie, pour être à ses côtés. Elle m’a téléphoné hier pour demander des nouvelles de Betty, qu’elle adore. Elle croit qu’elle pourra rentrer chez elle dans le Village cette fin de semaine au plus tard et elle a surtout envie de voir le petit animal.

Notre agente immobilière à la campagne vient de nous informer que quelqu’un a déposé une offre d’achat officielle pour notre maison — reste à savoir si les conditions seront acceptables.

On ne peut pas imaginer combien c’est compliqué de louer un petit bureau à New-York — le contrat de bail proposé pour les quelques pieds carrés que cherche le copain compte plus de 40 pages. On n’aurait pas, par exemple, de droit d’y monter un commerce de coiffeur, de banque, de dactylographie (si, si), d’agence de publicité, ou de librairie, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses utilisations strictement interdites. Et puis, comme dans la plupart des immeubles à New-York, on calcule les frais d’électricité par une formule aussi incompréhensible au sens commun que défavorable au pauvre locataire. Mais je pense que ça s’arrangera par la suite.

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Une publicité pour le « nettoyage à la française » très apprécié à New-York

Aurait-il à New-York une armée invisible de blanchisseuses françaises ? On pourrait facilement le croire quand on remarque le nombre impressionnant de « blanchisseries françaises » installées dans les rues des beaux quartiers. Non, mais, c’est une vieille habitude chère aux New-Yorkais — les Français ont depuis des siècles la réputation de savoir nettoyer le mieux les vêtements. (J’ai même connu un homme qui faisait envoyer ses chemises par la poste à l’hôtel Ritz à Paris dans une boîte spéciale pour les faire nettoyer et repasser là-bas !) C’est pourquoi les New-Yorkais avisés chercheraient de préférence un traitement « français » pour nettoyer leurs habits, et c’est pourquoi on voit « French cleaners » un peu partout à New-York. Curieusement, l’opinion favorable de cette technique d’origine française ne semble pas s’être établie ailleurs dans les États-Unis, où l’on vous proposera un nettoyage sans spécifier aucune origine ethnique.

février 17, 2005

De prostitutione

gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon. Neniam dum mia vivo mi estis tiel kontenta, tiel trankvila, tiel plena de bena paco, kiel hierau, kiam mi eksciis, ke Mikel-Angelo ne vivas plu. Ni eltiris ci tiun sciigon el nia gvidisto. Li kondukis nin tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en la vastaj koridoroj de Vatikano, tra mejloj da pentrajoj kaj skulptajoj en dudek aliaj palacoj; li montris al ni la grandan pentrajon de la Siksta Kapelo kaj freskojn, kiuj suficus por freskigi la tutan cielon, -- preskau cio estis farita de Mikel-Angelo. Ni decidis uzi kontrau li rimedon, per kiu ni venkis jam multajn gvidistojn -- malsago kaj idiotaj demandoj. Ci tiuj kreitajoj nenion suspektas -- ili tute ne komprenas la sarkasmon.

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Et puis un peu vers le sud

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Et encore, vers le nord et la place du Temps

Vous voulez devenir journaliste? Bon, d'abord il est très, très important de choisir le bon nom ici. Moi, je m’appelle KC Steele. C'est beau, c'est sexe, et je vais donc pouvoir moi aussi demander des questions à Bush lors de sa prochaine conférence de presse à la Maison blanche. C’est vous dire combien je suis de près le déroulement de l’affaire Gannon/Guckert qui a finalement réussi à franchir le mur du silence lâchement érigé par la plupart des médias dans la forme d’un commentaire assez drôle de Maureen Dowd, intitulé « Bush’s Barberini Faun ». On se demande pourquoi les journalistes en principe voués à découvrir et à publier la vérité ont toujours si peur de l’administration Bush ? Serait-ce parce que, ô coïncidence, leurs chefs donnent tant d’argent aux Républicains pour se garantir une entrée privilégiée dans les affaires de réglementation médiatique, d’avantages fiscaux, et de commerces affiliés, tels le service éducatif Kaplan’s pour le Washington Post et les entreprises médiatiques (Broadcast Media Group) du New York Times ?

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L'annonce de la fin de notre seconde aventure « résidence secondaire » (la première avait eu lieu aux Pins, dans l'Île du feu)

février 04, 2005

Hora fugit

Etant vieux et insouciant de détail, je ne me souviens plus du moment précis quand j’ai découvert les carnets Web en français mais je sais que je suis devenu très vite un fidèle lecteur de Karl Dubost (lagrange), de Dolores Tam (la Grande Rousse) et de Garoo. Comme il arrive à presque tout le monde, j’ai bientôt trouvé, souvent par les liens proposés par ces premiers, un tas d’autres carnets qui m’ont plu pour de raisons très diverses — les aperçus intéressants sur la vie quotidienne vécue ailleurs et les exégèses extraordinaires de scénarios de Buffy contre les vampires chez Garoo, par exemple. Pour m’amuser, pour me permettre de pratiquer le peu de français qui me reste, pour offrir un point de vue un peu différent de ceux de l’axe francophone Paris-Province-Montréal (avec quelques Belges et Suisses en plus), et de faire preuve, même dans cette manière sans importance, d’une présence internationale de la langue française, que j’aime depuis longtemps, j’ai commencé ce carnet. Cela est vite devenu un devoir quotidien agréable.

Avec les premiers bruits agressifs sur l’invasion préemptive de l’Irak, ce carnet a pris une tournure un peu plus politique. J’avais envie de montrer au monde que tous les Américains n’approuvaient pas la politique de notre leader. Dans la politisation des médias, je l’ai trouvé intéressant et valable de pouvoir montrer ce que je voyais dans la rue, pendant les grandes manifestations à New-York avant et après le début de l’intervention en Irak. (Cette démocratisation de l’information va changer le monde, je crois.)

Avec le retour de Bush à la Maison blanche en novembre je me suis senti assez dégoûté par mes concitoyens mais j’ai refusé finalement de quitter le pays — pour le moment. Non, je ne veux pas faire le dramatique — on n’est pas opprimé à New-York, il n’y a toujours pas de camps de concentration aux États-Unis (mais ailleurs, c’est différent) où l’on enferme les dissidents, je n’ai vraiment pas peur qu’on arrive bientôt à notre porte pour nous arrêter, le copain et moi, pour « crimes contre nature » ou n’importe quoi. Mais il faut dire que je suis de plus en plus conscient d’une sorte de fatigue, chez moi et chez les amis, causée par les agressions constantes des républicains contre les droits civils, la culture, la tolérance.

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En principe il est maintenant défendu de prendre des photos dans le métro new-yorkais — mesures anti-terroristes, bien sûr — mais voici l'intérieur de la station Christopher Street, évidemment pas à une heure de pointe

Je suis de nature pessimiste. Je le suis encore plus ayant vu de près la tricherie officielle autour de l’intervention en Irak et la facilité apparente avec laquelle le public américain a réussi à oublier ou à nier la vérité — c’est un signe, je crois, d’un peuple en déclin. On ne le dit pas ici, mais c’est évident que la ville de New-York n’est pas ce qu’elle avait été avant les attentats du 11 septembre — en dépit de tout ce que dit le maire Bloomberg, New-York a perdu un peu de sa confiance en l’avenir. La médiocrité de l’architecture approuvée pour la reconstruction du World Trade Center le confirme. Les banques, les institutions financières s’en vont. Les bourses sont électroniques. New-York entre, je crois, dans une période de déclin par rapport aux autres grandes villes mondiales.

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Vue de la 7e avenue au nord de la 23e rue

Ceci n’est pas automatiquement une mauvaise chose — que les Starbucks ferment, faute de clients prêts à se payer les caffè latte à 5 $ la tasse, que les putes reviennent à Times Square, que le Lower East Side et l’East Village redeviennent des quartiers un peu louches, ce ne serait pas le pire des résultats. La ville dans les années 70 était au bord de la faillite financière, rien ne marchait, la bourgeoisie avait peur, mais les durs ont survécu, et on a connu alors à New-York une explosion de boîtes (souvent illégales), de musique, de théâtre, de politique gaie où l’on rassemblait des « losers » venus de partout des États-Unis et du monde dans une ville sale, désorganisée, mais ouverte au possible (et même à l’impossible).

Nous sommes en transition et l’on ne sait pas à présent où l’on va finir. C’est pareil pour le copain et pour moi — non, non, pas de problèmes sentimentaux, mais on vient de décider de vendre notre petite maison à la campagne. Il est temps. Les prix de l’immobilier ont monté à des niveaux vraiment fous (c’est de l’inflation cachée, on nous dit) et en dépit des résultats impressionnants pour la nouvelle entreprise informatique du copain, son avenir lui serait plus confortable avec un peu plus de capital en réserve. Cela va nous changer beaucoup notre vie de tous les jours et les bons amis de là-bas vont nous manquer, mais c’est la bonne décision.

Quand j’ai commencé à écrire Sale bête (titre pris de À la recherche du temps perdu, c’est ce qu’écrie Françoise la femme de ménage à Combray quand elle tue un poulet pour le repas de dimanche), je me croyais le seul à New-York à rédiger un carnet Web en français. Tout ça a bien changé dans les années qui ont suivi ce début. New-York maintenant pullule de carnets Web écrits par des Français ou d’autres francophones dans la belle langue de Molière. Et tant mieux. Comme dans tous les États-Unis, où les carnets francophones continuent à naître dans les endroits les plus insolites, tel l’Indiana de Lulu’s Life in Cornland ou la ville de Cleveland pour Magabe, qui s’y installe bientôt pour une période, il paraît. (Le carnet Inside the USA est toujours très au courant de ces nouveaux carnets francophones aux États-Unis.)

Malgré son air de rien, ce carnet me prend un peu de temps — n’ayant pas l’avantage d’être francophone de naissance, j’ai souvent — trop souvent —besoin de recourir à toutes sortes de dictionnaires pour vérifier un mot, une tournure, une phrase, avant de publier le plus court des billets (merci, Antidote) — orgueil oblige — et même après cet effort, je commets quantité de fautes, comme la plus récente quand j’ai par accident insulté le carnetier maître Eolas sans même le savoir. Il vaut mieux, je crois, que je dépense le peu de temps que j’ai à ma disposition sur de nouveaux projets, comme une traduction anglaise (à usage strictement personnel, donc pas d’histoire d’empiéter aucun droit de copie) de Querelle de Brest, dont ce petit passage m’a tant ému (et m’émeut toujours) :

« Querelle sourit d’être si près de la honte d’où on ne peut plus remonter et en quoi il faut bien découvrir la paix. Il se sentit si faible, si bien vaincu qu’en son esprit se formula cette pensée désolante à cause de qu’elle évoquait pour lui d’automnal, de souillures, de blessures délicates et mortelles :
— Le v’la qui m’marche sur mes brisées.
Le lendemain, nous l’avons dit, le commissaire de Police arrêtait l’officier. »

C'est bien beau, non ?

Il faut aussi que je me mette au latin, qui me fait plaisir aussi.

Je tiens à remercier l’informaticien carnetier excellent Laurent pour toute son assistance pendant ma transition d’un gabarit GoLive sans commentaire à movabletype avec commentaires (et c’est plus difficile qu’on ne le croit, je vous assure). Il est malin, provocateur, inestimable. Un grand atout dans la carnetosphère francophone.

J’ai eu le plaisir de rencontrer d'autres carnetiers — la première fois à Paris, où j’ai pris un café au lait avec l’élégant et Mahlérien Gvgvsse et le regretté Mennuie. Plus tard il y a eu la visite très agréable de la grande puissance carnetière de l’Ouest — vous l'aurez deviné, Pierre Carion, qui est venue avec sa compagne faire leur découverte de Manhattan pendant la convention républicaine ! (Faut le faire !) Plus récemment, j’ai passé deux heures en conversation avec le charmant Tomyger, qui passait quelques jours de vacances (très mouvementées, bravo !) à New-York.

Hora fugit. Heureusement, puisque c’est la saison sale à New-York. Tout est laid, humide, couvert de pollution — espérons l’arrivée prompte du printemps.

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Les garçons de café essayent de faire fondre la neige sale ramassée au bord du trottoir dans la 10e avenue

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Les cœurs de la Saint-Valentin collés sur les fenêtres de l'Empire Diner à Chelsea

Au revoir, les amis. Je vous souhaite une excellente Saint-Valentin. À tous vos amours.

février 02, 2005

Le palmarès du concours carnetier

Je veux saluer tous les gagnants du concours « Pyjamas de satin » organisé par le carnet collectif A Fistful of Euros, que je remercie de tous leurs efforts. Le nombre de carnets rédigés en français qui ont été nommés et qui ont ensuite gagné est vraiment impressionnant et montre bien, je pense, combien on ne peut pas parler du français comme une langue « régionale » ou « de deuxième rang ».

Dans la catégorie « Meilleur carnet culturel » c’est le carnet de la Californienne bilingue Emmanuelle qui remporte le palmarès, à quelques voix de l’excellent Netlex, qui se sert d’un nouveau gabarit élégant qui marche très bien sous Safari (merci !). Pour la catégorie « Meilleur carnet d’un(e) expatrié(e) » c’est Pasfolle au Texas qui gagne. Dans la catégorie « Meilleur carnet intime », c’est l’incontournable Veuve Tarquine qui est arrivée en tête d’une liste d’écrivains exceptionnellement talentueux, dont la Petite Anglaise, qui (tsk tsk) écrit en anglais depuis Paris, et Pasfolle. Maître Éolas (qui me fait un peu peur, je l’avoue, tellement il est pas bête) et son Journal d’un avocat a ramassé un nombre impressionnant de voix pour gagner la catégorie «  Meilleur carnet français », où figuraient aussi les carnets franchement supérieurs [NDLR : à la moyenne carnetière — c'est mon mauvais français qui a causé peut-être un malentendu dans le sens de ce « franchement supérieurs », pour lequel je m'excuse ici — et le carnet d'Eolas est évidemment franchement supérieur lui aussi !] de Mohsan, de Phersu (aujourd’hui sans tréma, mais jusqu’à quand ?), d’Emmanuel, et de Versac, entre autres. Le carnet collectif Publius a gagné dans la catégorie «  Meilleur carnet au sujet de l’Union européenne ».

C’est toutefois dommage qu’il n’y ait pas eu de carnet en en français nommé dans la catégorie « Meilleure écriture » — bon, ce sera pour l’année suivante. (Et les carnets en espagnol et en italien, par exemple, ont manqué aussi.)

Ce soir c’est le grand discours de W sur l’état de l’Union. Je puis le résumer d’avance : Bravo les élections en Irak. À bas la sécurité sociale telle qu’on la connaît à présent. Et puis « freedom, freedom, I love freedom » ad nauseam.

février 01, 2005

Critiquettes de fin de soirée

O Fantasma — incompréhensible, et puis le costume en vinyl à la Catwoman à la fin...

Grande École — mais on se tape un peu sur les nerfs, quand même, ces jeunes, tu ne trouves pas ? Un peu plus de flegme est à recommander...