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mars 31, 2005

Sed non migro ego

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Toujours aucun signe de printemps dans la rue Grove au Village

Non, malgré la grande pression que l’on ne peut qu’éprouver à ce sujet, je ne me suis pas encore laissé emporter par la tentation très tendance de partir en Chine. C’était une fin de semaine de Pâques très familiale à la campagne qui m’a un peu sorti de mes habitudes récentes de carnetier. Ma sœur est venue de Philadelphie, avec son fils en dernier trimestre de terminale, pour passer quelques jours chez ma mère (son mari professeur de biologie marine est resté chez eux préparer ses cours de lundi). Ma sœur, qui aime faire la cuisine, nous a préparé une selle d’agneau délicieuse accompagnée de choux de Bruxelles et de petites pommes de terre rôties. Moi, j’avais apporté des fromages de New-York — du livarot bien puant, du comté, un chèvre et une sorte de brie.

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On est prêt à manger les entrées (des crevettes sur les feuilles d'endive) chez ma mère — désolé pour le flash peu agréable qui enlaidit tout

Le matin suivant, le jour de Pâques, on a fait un brunch chez nous, avec l’amie écrivain, son fils et sa femme, ma sœur, mon neveu, ma mère et une grande amie au copain dont le mari vient de mourir. On a commencé par des mimosas et ensuite on a mangé toutes sortes de comestibles plutôt défendus par les gardiens de la santé, comme le bacon à gogo, des saucisses de petit-déjeuner, les œufs brouillés au saumon fumé et aux oignons verts, les toasts beurrés, les croissants. On avait éparpillé sur la table de jolis petits œufs au chocolat en honneur de la fête.

L’amie du copain, qui a au moins 89 ans, est restée chez nous longtemps après le départ des autres invités. Elle a voulu parler de son mari et de sa mort. C’était, je l’avoue, désarmant. Son mari, âgé de 90 ans et gravement malade depuis une semaine, ayant subi une nouvelle crise probablement terminale, les responsables à l’hôpital l’ont transféré du 2e étage au 3e, ce qui voulait dire, d’après sa femme, qu’il allait mourir bientôt. Il y avait dans la chambre un canapé-lit qu’on n’avait pas encore préparé et où elle s’attendait à passer la nuit. Il était assez tard, personne n’allait probablement venir faire le lit, et elle s’est donc décidée de se mettre dans le lit d’hôpital où dormait son mari, maintenant tout petit. C’était un peu serré, elle nous l’a expliqué, mais elle avait pris la main de son mari et ensuite elle avait dormi dans des durées d’à peu près 15 minutes (il y avait une horloge murale devant le lit) auprès de lui. Tout d'un coup, elle avait senti une pression différente sur sa main — elle s’était retournée pour le regarder dans l’obscurité de la chambre. Son mari s’était retourné dans une position un peu curieuse. Elle a tout de suite su qu’il se passait quelque chose — tout d’un coup, la main de son mari s’est détendue et puis a un peu lâché la sienne. Il était mort. Elle est restée comme ça au lit, sans bouger, à côté de son mari, jusqu’à ce que sont arrivées une infirmière et un médecin femme, toutes les deux en larmes, à les regarder. « Je me suis alors demandée » elle nous a dit, « si elles pleuraient la mort de mon mari ou de nous voir ainsi dans le même lit. » Le copain et moi, nous avons eu du mal nous-mêmes à ne pas éclater en sanglots devant ce témoignage si touchant, qu’elle nous avait raconté sans aucune lueur de sentimentalité.

Le copain et moi, nous sommes rentrés de la campagne à Manhattan lundi après-midi par une pluie torrentielle. L’ami ex-Marine a voulu nous voir — on a fait des pâtes chez nous pour lui montrer comment manger un peu sainement (son niveau de cholestérol serait dangereusement élevé, parce qu’il mange trop souvent chez MacDo) — pâtes au blé entier, de l’huile d’olive, de l’ail, des oignons verts, un peu de blanc de poulet, du poivre de jalapeño (oh, ça brûle !), du sel et du poivre moulu ! Hier on est sorti avec l’ami galeriste, de retour d’une semaine de vacances à Saint-Barthélémy, où une grande partie du beau monde a passé les vacances de Pâques. Il nous a raconté toutes sortes d’histoires, comme celle d’un couple de beaux homos banquiers colombiens (l’un habite Bogotà, l’autre Medellín) profondément dans le placard qui doivent par prudence se retrouver seulement à New-York, à Miami, à St-Barths et en Europe. Il y avait plein de grands marchands d’art new-yorkais, tels Arne Glimcher (de PaceWildenstein) et Larry Gagosian. Mais on paie le plaisir d’exclusivité : le sandwich club coûte 25 € au restaurant de l’Hôtel St=Barth Isle de France, où un ami français à nous est descendu avec sa patronne grecque. Et un dîner simple pour quatre chez Maya’s coûte 430 €.

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En quête de mobilier de bureau dans la 6e avenue

Puisque je suis en « congé d’installation de nouvelle exposition » à la galerie cette semaine, on s’occupe enfin de la décoration du nouveau bureau du copain dans l’Empire State Building — ça va être très, très, euh — disons, minimaliste. Deux tables d’Ikéa pour servir de bureaux, une étagère en acier, une bibliothèque en acier avec de planches blanches, deux classeurs noirs, une glace (une considération feng-shui et aussi pour vérifier l’état de la coiffure quand on va voir des clients), un petit frigo pour le coca light, une horloge, des corbeilles à papier, des chaises, et ainsi de suite. Ce n’est pas un client facile, le copain ! D'abord, il a bien trop d’opinions personnelles sur ce qu’il veut — mais on se moque du client, il devrait le savoir ! En principe la pose de la moquette neuve sera terminée à partir du 6 ou du 7 avril et l’on pourra alors recevoir le mobilier.

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L'église un peu sombre de l'Église évangélique française fondée en 1848 dans la 16e rue ouest à Chelsea

Hier soir on est sorti dîner avec l’ami péruvien avec qui le copain espère collaborer sur un serveur Unix. Faute d’idées plus intéressantes, on s’est finalement traîné au restaurant belge Le café de Bruxelles dans l’avenue de Greenwich. Moi je me suis sagement borné aux plats que je connais depuis des millénaires (ce restau est là depuis très très longtemps) — un céleri rémoulade pour commencer et une carbonnade flamande comme entrée — tous les deux assez lourds comme plats, en effet, mais comme il fait toujours plutôt frais, on peut facilement s’imagine en hiver à Bruges ou à Knokke.

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Dans le quartier des anciens grands magasins dans la 6e avenue juste au sud de la 23e rue — c'est ici au rez-de-chaussée qu'on trouve le magasin The Container Store

Je trouve que c’est bien curieux que, malgré notre (et je veux dire par là « proprement américain » ) grand désir, déclaré si souvent par M. Bush, de faire étendre la liberté partout au monde, qu’on n’intervienne pas au Zimbabwé, où tout un peuple serait opprimé par un dirigeant fou furieux ? Manque de pétrole, peut-être ? On verra.

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Quelques autocollants qui ne feraient pas trop plaisir au Texas — j'aime surtout le « God Bless The Whole World : No Exceptions » en bas à gauche, ce qui lance le défi aux autocollants omniprésents qui crient « God Bless America »

Pour les amateurs comme moi de l’Amérique du sud, ce carnet de voyage est à recommander. Tenu par un jeune Américain passionné d’architecture, c'est un bel effort de décourverte d'un continent fabuleux.

mars 25, 2005

De rebellionibus

J’applaudis le peuple kirghize d’avoir contesté dans la rue la fraude électorale chez eux et puis j’adore le nom de leur capitale, Bichkek. (« Tu me passes encore un morceau de ce bichkek, c’est divin ! ») Sur la BBC hier soir, qu’on passe à 19 heures à New-York, on a commencé avec plusieurs reportages sur l’actualité kirghize (assez mouvementée à présent, il paraît). Par contre, sur ABC, les nouvelles de Bichkek ne sont venues qu’en cinquième ou sixième position, loin après l’affaire Schiavo, et la santé du Pape.

On est parti pour la campagne vers 19 h 15 — le copain a conduit comme un fou, souvent à plus de 150 km/h. Mais où sont les flics quand on en a besoin ?

mars 24, 2005

Reditus

Une nouvelle heureuse : Billmon est de retour, et en bonne forme. Sa raison : si l’on va tous de toute façon en enfer, il vaut mieux s’amuser pendant la descente.

mars 23, 2005

Hiems longissima

L’hiver est retourné chez nous aujourd’hui avec de la neige mêlée à une pluie froide, ce qui a rendu Chelsea complètement désert naturellement.

Je me demande si l’acteur Willem Dafoe s’est installé dans le quartier. Ça fait deux fois en dix jours que je le vois au Gourmet Garage avec une jeune femme (ils se font des câlins enfantins, tous les deux coiffés de bonnets de laine noirs, entre les rangées de moutardes et d’huiles d’olive) et puis hier je le vois sortant d’une entrée d’appartement juste devant chez nous. Est-ce une grande vedette classe A ou pas ? Il est surtout notoire dans la presse jaune pour la taille phénoménale de sa bite, mais il a joué dans Spiderman II et un des fondateurs du groupe théâtral célèbre The Wooster Group) il joue aussi dans pas mal de pièces de théâtre.

Hier soir était plutôt réussi : dans la WYSIWYG Talent Show, intitulé avec raison The City That Never Shuts Up, il y avait six carnetiers, trois femmes et trois hommes, qui ont raconté devant une cinquantaine de spectateurs leurs histoires à propos de la vie à New-York, le thème choisi pour la soirée. Il y en avait pour tous les goûts ! Le copain et moi nous avons particulièrement apprécié le carnetier Joe Jervis, qui rédige un carnet au nom de Joe.my.god. Il écrit avec du style et de l’humour. Il y avait aussi une Anglaise très drôle qui écrit Eurotrash. Tout cela n’a duré que deux heures — on est sorti à 21 h 30, après avoir été invité à passer à un bar du coin pour pouvoir discuter avec les carnetiers, mais le copain et moi nous sommes allés dîner au Knickerbocker Bar & Grill dans la place de l’Université (cuisine assez lourde et pas recommandée si l’on a envie de manger léger). Le prochain programme du WYSIWYG sera sur l’emploi — « Minimum Rage (jeu de mot sur « minimum wage ») : Les esclaves du boulot révoltent ! » avec, parmi les sept carnetiers à paraître sur scène, Elizabeth Spiers, l’ancienne carnetière en chef de Gawker qui maintenant s’occupe de Fishbowl à New-York comme co-rédactrice et qui tient son carnet à elle Elizabethspiers.com.

Voici une raison de plus de ne pas se fier trop, je crains, au « rapport officiel » que l’armée américaine serait en train de préparer sur les circonstances de la mort de l’agent italien Nicola Calipari en Irak.

mars 22, 2005

Principia

Pour un autre point de vue de la triste affaire Schiavo, voici un extrait intéressant de la Daily Show.

« There are principles for every occasion » nous explique le « faux reporteur » Stephen Colbert.

Ce soir on va au WYSIWYG Talent Show au PS 122 dans l'East Village — une sorte de New-YorkCarnet pour les égoïstes ; )

mars 21, 2005

Fiat lux

La galerie étant fermée le lundi, j’ai eu droit à une journée libre que j’ai consacrée à l’amie partenaire en course du copain et, finalement, au copain aussi, qui avait eu un changement de rendez-vous qui lui a permis de nous rejoindre. L’amie cherche un petit lustre pour un escalier dans sa maison à la campagne — on est d’abord allé voir des nouveaux français aux pendeloques colorées chez Le Fanion tout près de chez nous dans la 4e rue et puis on est allé voir de vieux, français aussi, chez un adorable couple de vieux antiquaires homos de la rue Bleecker.

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Un lustre « provençal » de chez Le Fanion, à 2 800 $

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Un lustre antique français chez les homos de la rue Bleecker, à 1 850 $

Après un rapide déjeuner, on est allé à l’Empire State Building pour choisir la moquette et les couleurs de la peinture et de la plinthe plastique dans le bureau du copain. Ce sera du plus ou moins gris pour la moquette, avec des murs « blanc de décorateur » qui est plus blanc que le blanc écru et moins blanc que le blanc « absolu » et une plinthe gris pâle.

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Les escarpements gris de la 34e rue

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L'entrée officielle de la 5e avenue à l'immeuble de l'État-Empire

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La 5e avenue au nord de la 34e rue

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Vue de l'immeuble Chrysler de l'intersection de la 5e avenue et la 42e rue

Le copain nous a quittés à la 42e rue et la 5e avenue, qu’on avait remontée après avoir quitté l’Empire State. L’amie et moi, nous avons continué notre promenade vers le centre Rockefeller avec une courte pause dans la librairie Barnes & Noble, où elle a acheté un exemplaire de De Profundis d’Oscar Wilde dont on avait parlé au déjeuner.

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Le bas-relief au-dessus de la porte principale à l'immeuble français du centre Rockefeller avec les représentations de Paris et de New-York en haut

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La patinoire du centre Rockefeller avec la statue de Prométhée au fond

On s’est quitté après avoir pris des caffè latte au Dean & Deluca du centre Rockefeller, juste devant le studio du journal télévisé du matin de la NBC et à côté de Christies (on a même vu une amie à nous qui travaille chez Christies qui est venue pour un café — elle était bien surprise de nous voir là, assis à une petite table dans son café à elle.)

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Le studio d'où l'on télévise l'émission de matin de la chaîne nationale NBC

La police avait barré la 49e rue à la circulation et il y avait une flotte de voitures de police, les phares clignotants, jusqu’à un certain moment où ils ont mis les sirènes et toutes les voitures sont parties avec empressement vers la 6e avenue, elle aussi bloquée. Bush est-il venu nous voir ? Aucune idée.

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La police barre la 49e rue

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Les voitures de police dans la 49e rue

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Les voitures de police s'en vont vers le nord dans la 6e avenue

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Quelques immeubles dans la place du Temps

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En traversant la 7e avenue vers la station de métro de la 50e rue

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Vers la place du Temps, avec l'immeuble-forteresse Condé-Nast (nº 4) au fond au milieu

De retour chez moi j’ai eu le plaisir de trouver sur ma table un paquet venu d’Angleterre — les deux exemplaires d’Alexis : The Memoirs of the Baron de Redé. Ce soir je vais regarder La Passion de Jeanne d’Arc, chef d’œuvre de cinéma que j’ai honte d’avouer ne pas avoir vu.

Pour ceux qui s’y intéresseraient, voici un billet que je trouve très intelligent, rédigé par un professeur de droit (un peu de droite), sur l’affaire Schiavo. C’est une crise constitutionnelle inquiétante dans laquelle le législatif devancerait le judiciaire. C’est encore de la folie, chaque jour nous en apportant de nouveaux exemples troublants.

La cruauté aux animaux est une chose que je ne supporte pas. Le carnet Hullabaloo rédigé par le carnetier Digby rapporte un « sport » pratiqué par certains soldats américains à Bagdad, voire la chasse aux chiens errants dans les rues poussiéreuses de la capitale irakienne. (Non, je n'ai pas pu regarder la vidéo.) Bon, je veux bien croire que tous nos soldats ne sont pas aussi dégueulasses que ceux-là, mais je refuse de croire que l’armée américaine ne soit pas affligée d’un nombre de psychopathes plus élevé que celui qu’on trouverait dans la population en général. C’est pourquoi je soutiens le principe de conscription générale, parce qu’il faut diluer ces mentalités de tortionnaire sadiques — de personnes et d’animaux.

mars 20, 2005

Avocationes

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En route vers la station de métro de la place de l'Union, dans la place de l'Université dans la pluie

Dans un effort d’échapper, au moins pour quelques heures, aux imbécillités de plus en plus grotesques qui entourent et l’affaire Schiavo et l’abus de stéroïdes chez les professionnels de baseball (oh, je suis choqué, mais choqué !), je me suis caché le matin dans le gymnase (c’est bien la saison de l’aérobique, non ?) et ensuite, dans l’après-midi, au Musée juif et à l’Académie nationale, tous les deux sur la partie nord de la 5e avenue. J’ai voulu surtout voir l’exposition au Musée Juif « Le pouvoir de la conversation : les femmes juives et leurs salons » dans laquelle on décrit un monde de salons organisés par des femmes juives à Berlin, Vienne, Paris, Londres, Milan, New-York et Los-Angeles. (C’est dommage qu’ils se soient trompés dans tous les textes et au site web de l’orthographe du mot « salonnière » qu’ils écrivent à tort « salonière » — voici la preuve de combien mes lecteurs correcteurs me rendent correcteur aussi !) Je me suis intéressé surtout à un court métrage sur Mme Straus à Paris, grande amie de Proust et l’un des modèles de la duchesse de Guermantes , avec les voix de Sarah Bernhardt et de Reynaldo Hahn, et aussi aux tableaux plutôt kitsch de la femme peintre et salonnière Florine Stettheimer à New-York, dont j’avais beaucoup entendu parler. Il y avait parmi eux un portrait assez curieux de Marcel Duchamp avec Rrose Sélavy. Une vraie bourgeoise bohème, Mlle Stettheimer avait décoré son salon de rideaux de cellophane (tissu synthétique presque surnaturel à l’époque) — cela a fait de l’effet.

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La façade du musée Cooper-Hewitt

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Le musée juif

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L'escalier d'honneur dans l'Académie nationale, avec une statue de Diane par je ne sais pas qui

Après cette expo, on a profité du quartier pour aller voir l’exposition Surrealism USA, très intéressante elle aussi, avec des tableaux extraordinaires de Rothko, de Philip Guston, de Jackson Pollock, de Robert Motherwell, dans les périodes qui ont précédé leur célébrité. Il y avait aussi beaucoup de peintres que je ne connaissais pas, tels Helen Lundeberg, O. Louis Gugliemi (avec un tableau extraordinaire intitulé « La géographie mentale » qui représente un New-York (le pont de Brooklyn, pour être exact) dévasté par une attaque allemande comme à Guernica ! — et cela, en 1938), et plusieurs d’autres.

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L'avenue du Parc dans la pluie

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L'avenue Lexington à la 89e rue est

Ce soir je fais des saucisses aux lentilles — en dépit du calendrier, ce soir il fait plutôt hiver pluvieux et le copain voulait quelque chose de « réchauffant ». On est donc passé aux deux supermarchés de quartier — l’un, c’est Gristedes, c’est bon marché, mais c’est triste et sale et mal approvisionné (pas de saucisses, par exemple). L’autre, c’est D’Agostino, et tout y est plus cher, mais c’est propre et en plus il y a de beaux garçons sensibles qui s’y achètent leurs vivres. Mais ça prend du temps à les faire tous les deux !

mars 19, 2005

Navigatio ad Cythera (vel ad Novam Cæsaream)

(Le début de ce billet avait été effacé par suite à un nettoyage de pourriel. Merci à Laurent, qui dites donc s'y connaît en formatique, de me l'avoir retrouvé chez Google.)

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Devant la gare routière de l'Autorité portuaire dans la 42e rue

Hé oui, j’ai dû surmonter mes aversions pour l’état d’à côté afin de
faire une première visite au magasin Ikea situé dans la belle ville
d’Elizabeth. C’était pour chercher du mobilier de bureau pour le
copain. On n’a rien trouvé d’extraordinaire qu’il fallait acheter tout
de suite. On a pris l’autobus gratuit à partir de la gare routière de
l’Autorité portuaire de la 42e rue — on était assis au fond du véhicule
à côté de trois jeunes Français — une fille et deux garçons, qui
parlaient très vite de beaucoup de choses (un mariage d’amis à Avignon,
de collègues de boîte, de voyages en Afrique du Sud).

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L'intérieur de la gare routière souterraine — assez lugubre, n'est-ce pas ?

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Vue de la ville de Newark à partir de l'autoroute

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Notre autobus devant le magasin

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L'entrée

Beaucoup de monde dans le magasin — un peu de tout. On a déjeuné dans le restaurant, on a mangé des boulettes suédoises et des jus de myrtilles rouges tout en regardant atterrir et décoller les avions à l’aéroport de Newark, qui se trouve à l’autre côté de l’autoroute.

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Dans le restaurant d'Ikea

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L'aéroport de Newark au-delà de l'autoroute à péage

On est rentré à la civilisation — je veux dire à Manhattan — pas longtemps après notre déjeuner, toujours en autobus gratuit.

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Le péage de l'autoroute

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Les tours de Manhattan cachées par les arbres

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Et un moment plus tard — avec l'Empire State au milieu, le futur bureau

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Tout le monde se bouscule devant les voies

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Et l'entrée au tunnel Lincoln

On est passé ensuite à la 14e rue ouest pour aller au magasin de mobilier Design within Reach et ensuite à Bodum, le magasin danois de l’autre côté de la 14e rue, où l’on a pris un café après avoir acheté (enfin) quelque chose — une petite vase en verre bleu pour décorer le bureau.

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Dans la 14e rue ouest à l'angle de la 8e avenue

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La rue Gansevoort

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Les fenêtres du salon de notre premier appartement au Village en haut de cet immeuble en brique au milieu — l'entrée est dans la rue de la Banque

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Maison et atelier du peintre décédé Roy Lichtenstein dans la rue Washington

Dîner ce soir avec l’amie marchande de tableaux dans un restaurant de quartier des plus gais et des plus sympas, la http://www.sazerachouse.com/ Sazerac House dans la rue Hudson. Très drôle, et on y a mangé correctement.

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La file s'allonge devant le café Magnolia — je ne comprends pas sa popularité, surtout que les cupcakes sont plutôt dégeu et tout de même ce n'est ni Pierre Hermé ni Ladurée où il y a de vraiment bonnes choses

Rentré chez nous, on a regardé le dernier épisode de la série anglaise « He Knew He Was Right », basée sur le roman du même nom d’Anthony Trollope. Je suis tombé amoureux de l’acteur Oliver Dimsdale (le copain, à qui j’ai dû avouer maintes fois ma nouvelle passion à chaque gros plan sur sa bouche exquise — et c’est un ancien élève d’Eton, en plus !, n’y a rien compris). Tant pis pour lui.

mars 18, 2005

Sumusne insani ?

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On traverse la 6e avenue à la 33e rue ouest en route ver l'Empire State Building

Il fait beau, pas trop froid, finalement — ça n’empêche que les nouvelles de cette contrée sont — toujours et encore — de plus en plus folles et mesquines. (Est-ce un signe significatif de décadence ou seulement le délire sociopolitique momentané ? Sais pas.) Il y a d’abord cette décision de l’évêque de San-Diégo de ne pas permettre des funérailles religieuses dans l’église catholique de l’Université de San-Diégo pour un jeune homme gay, décédé d’une maladie du cœur pendant des vacances de ski. Le porte-parole du diocèse a déclaré que l’église de San-Diégo ne voulait pas permettre des services religieux aux « pécheurs manifestes » — ce jeune homme était propriétaire de deux bars gais du coin et aussi un important bienfaiteur financier pour la communauté gaie et lesbienne de la ville. Quelle honte ! J’ai de plus en plus envie d’envoyer tous les « chrétiens » de ce genre-là aux lions et aux requins — qu’ils jouissent de leurs martyres et nous laissent ensuite en paix. (On en parle aussi ici et ici.)

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C'est là, sur la face occidentale du gratte-ciel, où se trouve l'unique fenêtre du bureau du copain

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Mon rendez-vous avec la section sécurité terminé, je descends la 6e avenue pour aller à la galerie

Nous n’avons plus aucun sens de décence, c’est évident — les Républicains de la Chambre des représentants ont fait voter « un mandat de présentation » pour Mme Schiavo, une Floridienne qui est restée dans un « état terminalement végétatif » (du français googlisé, en français correct: état végétatif persistant — merci chrysante) (c'est-à-dire, aucune sensibilité consciente) selon les médecins depuis 1990 et qui continue à être nourrie par le moyen d’un tuyau. C’est ce tuyau que le mari de la patiente a essayé de faire enlever pour la laisser mourir tranquillement, mais les parents de Mme Schiavo y sont tout à fait opposés et ils ont réussi à faire intervenir l’assemblée législative de la Floride, ainsi que le gouverneur Bush lui-même — tandis que les tribunaux ont décidé à plusieurs reprises pour les droits du mari à décider le sort de sa femme. Mais, comme les républicains préfèrent protéger les vies des foetus et des comateux au lieu de celles des pauvres ou des malades, ils ont fait ce dernier truc dans la Chambre — à insister qu’elle vienne sous peine de … de quoi, exactement ? … sous peine d’une sanction pire que sa vie actuelle, je suppose, ce qui est quand même difficile à imaginer, voyons — à insister qu’elle vienne à Washington pour apparaître devant un comité de la Chambre. Alors, là, ce sera vraiment la cerise sur le gâteau, pour nous tous, de voir venir cette femme pitoyable dans les salles d’audience solennelles du Capitole — c’est peut-être à ce moment-là que le grand public américain se rendra un peu compte où l’on en est arrivé avec ces salauds dégoûtants. Et on en parle en français iciici.

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Dans la 28e rue ouest, notre marché à fleurs

Billmon a publié un billet tout à fait sensationnel et colossalement spirituel sur l’avenir de Paul Wolfowitz, nommé à présidence de la Banque mondiale. Juan Cole publie un billet sur le même sujet mais avec une tournure complètement différente. Ils se foutent de nos gueules, hein, ces bushistes !

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J'arrive enfin dans la 8e avenue à la 27e rue — une HLM syndicale au milieu et un court couvert de tennis en-dessus d'un MacDo

Malgré tout, il y a des lueurs d’espoir — s’il y en a peu par ici, il y en a au moins dans la mer de Corail, où je viens d’apprendre l'existence du Royaume gai et lesbien de la mer de Corail où tout membre de la tribu homo a le droit d’obtenir la citoyenneté corallienne (c'est basé plus ou moins sur la loi du retour en Israël). Le royaume se trouve à côté de l’Australie et sa superficie terrestre est de moins de 3 km carrés (oooh, on va être serrés, les gars). Par contre, il y a une infinité d'eau (on va être tous surfers bronzés). La monnaie officielle est l’euro, ce qui me semble un choix très raisonnable pour garçons sensibles et filles fonceuses. La bonne nouvelle m’a été révélée par l’incontournable Blogadoon, brave héritier de l’esprit fin d’Oscar Wilde.

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On réaménage la nouvelle ambassade du Royaume qui se trouve, bien sûr, à Chelsea — hé bé, non, hélas, ce ne sont que de nouveaux appartements de luxe dans la 9e avenue

Et en plus, j'ai reçu ce matin mon badge d'employé de la boîte du copain (je me suis donné la qualité de chef de marketing et de publicité), depuis hier locataire d'un tout petit bureau au 49e étage de l'Empire State Building. Lundi j'y repasse pour choisir la moquette et la peinture — on ira ce week-end peut-être à Ikea ou ailleurs pour voir du mobilier de bureau — on ne va pas dépenser beaucoup, il faut être super-pingre, n'est-ce pas ? On n'est pas du Bernie Ebbers, nous !

mars 17, 2005

Bilis spasmos

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Vue le la 9e avenue l'après-midi au sud de la 22e rue

Désolé pour le silence mais je suis d’assez mauvaise humeur depuis le début de la semaine. Il y a surtout le stress du contrat de bail du copain (où l’on se dispute, par exemple, sur la clause qui déterminerait dans combien de jours le propriétaire peut obliger le locataire à quitter les lieux – dans le contrat, on propose un avis de trois (!) jours, le conseiller immobilier du copain recommande un mois d’avis : les deux parties se sont accordées à un délai de deux semaines — ce genre de questions). Le copain a aussi encore deux examens à réussir pour obtenir le certificat Microsoft, dont un serait plutôt difficile, il paraît. L’énorme manque d’intérêt dont je souffre pour ce qui concerne la bonne gestion de mes affaires financières m’a encore une fois mis dans une situation idiote, facilement réparable, mais qui me laisse l’impression d’être toujours inadéquat aux responsabilités « adultes » — comme savoir payer une carte de crédit à temps. On laisse faire Enron pendant des années de bilans faussés, mais on m’interdit de me servir d’une carte de crédit pour avoir oublié de payer le minimum le mois dernier. Non, non, ce n’est pas une excuse (au moins, pas une bonne), mais tout de même, ils exagèrent un peu, il me semble.

Hier soir on est allé, le copain et moi, au restaurant newyorkais d’Alain Ducasse dans l’hôtel Essex House pour fêter l’anniversaire du mari de l’amie partenaire en course à pied. C’est sans aucun doute le luxe, mais il y avait un tas de petites choses qui ont pour moi sonné un peu faux. On a tous pris le menu de dégustation, dans lequel il y avait pour commencer un morceau fin de thon presque cru, une coquille Saint-Jacques du Maine, du foie gras avec une marmelade de dates et de mangues, un morceau de morue, du veau, des fromages (j’ai pris du livarot et deux autres dont je ne me rappelle plus des noms), et pour moi un baba au rhum guyanais. Le service était correct — notre serveur était un jeune Français — mais le sommelier était une jeune Américaine à laquelle je ne faisais pas trop de confiance, car j’ai de forts préjugés profrançais dans le domaine de la connaissance des vins mais de toute façon ce n’était pas moi qui les ai choisis. On est sorti vers minuit moins le quart. Il y avait, à une table pas très loin de la nôtre, un Américain criard qui déclamait trop fort ses opinions sans doute agaçantes à deux femmes qui souriaient — probablement un homme d’affaires qui se vantait de ses maintes prouesses à la bourse. C’est ça un des inconvénients les plus fréquents de ce genre de restaurants chic et chers — une clientèle grossière qui fait puer l’ambiance pour les autres.

La candidature de Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale proposée hier par Bush ne fait que reconfirmer l’idéologie agressive de droite de cette administration. Mais on le savait déjà. Et les responsables européens sont trop polis — ou ont trop peur — pour dire rien de mal officiellement. Et alors ?

Voici quelques liens qui m’ont attiré l’attention ces derniers jours : Parisist. Il s'agit d'un site sur Paris, calqué sur Gothamist. J’aime pas le nom, mais le site pourrait marcher un jour. Aux Parisiens de décider...

Morceaux de conversations (plutôt insolites) entendus dans les rues et les lieux publics de New-York. Certains m'ont fait sourire.

Chez la carnetière longislandaise Blondesense, il y a Les conspirations de vendredi (bon, c'est un plus intéressant que les photos de chats, non ?)

Par exemple: Operation Northwoods — vous n’en avez jamais entendu parler ? Non, moi non plus, jusqu’à vendredi matin, quand j’ai commencé à lire les commentaires au billet de Bondesense. Et c'est parmi eux que j'ai trouvé ces « coïncidences » du 11 septembre 2001 présentées par un « Canadien pessimiste ». C'est trop, et c'est trop tard, on me dira — et on en aura peut-être raison. Je ne sais pas, moi.

mars 12, 2005

Ruri

Je suis parti avec Betty pour la campagne hier soir — le copain est toujours en classe, jusqu’à demain soir. Il n’y avait pas trop de monde sur l’autoroute — c’est toujours la saison morte, et le temps reste plutôt sale.

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Dans la rue principale de notre village sous la neige

Courses à faire ce matin : passage chez le coiffeur (coupe plutôt militaire, l'entretien est si facile), puis chez le marchand de journaux pour bavarder avec des habitants). Ensuite en voiture dans la neige au gymnase, où il y avait peu de monde au début, puis plus tard dans la matinée de beaux jeunes voyous sont arrivés (je suppose qu’ils dorment tard les week-ends.) Rentré chez moi, j’ai sorti Betty pour une petite promenade et puis j’ai dû ranger un peu la maison pour une visite d’acheteurs à 15 heures avant de partir pour une réunion du comité de publication de la société historique locale dont je suis le chef. Du thé et de la causerie autour d’une table de cuisine — on a quand même réussi à traiter toutes les questions dans notre ordre du jour.

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Dans la neige, les canons de la guerre de 1812

Ce soir je vais chez l’amie écrivain qui nous prépare une lasagne à la bolonaise. J’ai faim, mes muscles me font mal, j’ai peur que le dollar ne chute encore plus bas (il ne faut pas lire ce billet du carnet Moon of Alabama sur la bulle à Greenspan — j’espère qu’on arrivera à vendre notre petite maison bien mignonne avant la crise.) C’est curieux, dans le même billet j’ai découvert ce carnet Web de la femme d’un commentateur fréquent dans le temps chez Billmon. Ils ont vendu leur maison (en Californie, je crois) pour aller s’installer avec leur chien dans une maison que se trouve dans le village de Chalabre, dans le sud-ouest de la France. Ils n’ont pas voulu rester aux États-Unis sous Bush.

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Dans notre petite rue

Je regrette la disparition du carnetier américain parisien Jason du carnet NYC à Paris — il n’a pas, il paraît, pu trouver du travail à Paris pour pouvoir y rester avec son copain. C’est bien une des raisons principales pour laquelle j’avais un peu résisté à l’idée d’aller vivre à Paris avec le copain sans avoir garanti au moins un emploi (pour le copain, car moi, je ne sais rien faire, je suis brillamment inutile.)

Non, ce n'est tout à fait vrai — je sais commander des livres, et je viens de commander les mémoires du baron de Redé qui viennent de sortir en Grande-Bretagne, un exemplaire pour moi, un autre pour l'amie écrivain — c'est notre porno mondaine à nous ! Voilà, je sers à quelque chose !

mars 10, 2005

Hostes australes

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Plaque d'un 4x4 stationné devant l'appartement ce matin

Mais ils ne nous laissent pas tranquilles, ces Géorgiens !

mars 09, 2005

De moribus levibus

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Un coucher de soleil impressionnant dans la rue Perry hier soir, à la fin de la tempête de neige — désolé pour le flou de l'image, mais mon appareil a toujours du mal à prendre de photos nettes au crépuscule

Ceux qui s’intéresseraient à un certain mode de vie new-yorkais ou qui chercheraient à mieux comprendre l’humour un peu particulier qu’on trouve par exemple chez Gawker devraient lire le bouquin écrit par le journaliste anglais Toby Young intitulé « How to Lose Friends & Alienate People » dans lequel il décrit assez finement ses mois passés au service de la revue Vanity Fair. Paru en 2001, le livre est déjà un peu périmé, mais l’auteur n’est pas bête (il a fui New-York pour s’installer de nouveau à Londres) et il a un don pour la langue du moment (par exemple, les « clipboard Nazis » — en général un bataillon de jeunes filles en minijupes noires Chanel qui tiennent les listes des invités aux défilés de mode, aux boîtes, aux soirées de vedettes sur des écritoires à pince— et les « Condé Nasties », le nom d’ensemble pour ces employés insupportables et snob de la société Condé Nast. On y trouve un tas de blagues plus ou moins connues — Anthony Haden-Guest devient, après quelques verres de vin, Anthony « Uninvited-Guest » — et ainsi de suite. Après un certain temps, M. Young remarque que « Vanity Fair is basically just People magazine for those who can read without moving their lips. » (Je trouve qu’il n'a pas tort.)

En parlant des femmes à Manhattan (et il est farouchement hétéro, d’où le titre d’un des chapitres « Not Nearly Gay Enough »), il se demande « why is a prominent husband still considered such a desirable asset » ? Surtout par des femmes qui ont déjà un succès reconnu. « The ideal, » M. Young suggère « is to become the female half of a power couple. In Manhattan, the highest tier of society is occupied by the all-conquering husband-and-wife teams : Diane von Furstenberg and Barry Diller, Diane Sawyer and Mike Nichols [qui nous ont acheté le premier tableau vendu à la Foire il y a deux semaines], Gail Sheehy and Clay Felker, Binky Urban and Ken Auletta, Tina Brown and Harold Evans — the list is endless. For the city’s most ambitious women, this is the ultimate goal. »

Ça n’a pas marché pour lui au magazine parce que, fondamentalement, il n’y croyait pas : « I never took the magazine or the world it operated in very seriously. » Ceux qui travaillent et réunissent à Vanity Fair sont ceux qui sont des « true believers » en la mode — dans le Zeitgeist du moment. « By wearing the hippest styles, humming the latest tunes and eating at the hottest restaurants, they believe they’re staying in touch with something significant and profound. »

La superficialité, c’est souvent la matière la plus difficile à apprendre. Manhattan, c’en est une Grande École.

mars 08, 2005

Insulæ

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Le temps qu'il fait aujourd'hui dans la rue Christopher sur l'île de Manhattan

Pour ceux qui comme moi ont un faible pour les îles (et n’importe quelle île — Terre-Neuve, Saint-Barths ou l’île de la Cité), voici de jolies photos de l’île de Madère prises tout récemment par un Amstellodamois qui vient d’y avoir passé quelques jours de vacances.

Tout le monde sait qu’il y a des choses extraordinaires qui se passent actuellement en Extrême-Orient (et les Pasfous y seront bientôt) mais saviez-vous que l’Empire du Soleil levant est devenu francophone ? Hé bé, oui, la francophonie a trouvé un nouveau pôle d’influence si l’on se fie aux indications colorées de la jolie carte de la « blogosphère » francophone.

Toujours en Extrême-Orient, Hkokoon est le nom de ce carnet amusant et bien écrit d’une jeune femme qui habite Hong-Kong et qui aussi fait du yoga et joue aux billards.

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L'Empire State Building vu du trottoir par un temps de neige

On a eu le « plaisir » bien mitigé de subir encore une tempête de neige assez tard dans la saison. J’ai dû quitter la galerie (par ce sale temps, il n’y a que des touristes qui vont dans les galeries) pour aller à l’Empire State Building pour essayer de déterminer la quantité d’électricité fournie au petit bureau que le copain veut louer.

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La tempête de neige vue du 49e étage

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Ce n'est pas beaucoup, 364 pieds carrés

J’y ai rencontré un ami à moi, promoteur immobilier et grand connaisseur des multiples supercheries de propriétaires (« le contrat de bail favorise toujours le propriétaire, mais les tribunaux favorisent toujours le locataire, donc c’est plus ou moins égal », il me l’a expliqué cet après-midi), mais il n’a pas pu dire s’il y avait assez d’électricité — il va falloir commander un examen professionnel d’électricien avant de pouvoir signer le contrat de bail.

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Moi aussi je veux un bronzage de Hollywood

Je suis rentré chez moi par métro et j’ai quand même souri en voyant la pub sur ce camion garé devant la sortie à la 4e rue ouest.

Difficile à marcher à cause du vent qui lance des flocons de neige comme des balles — ça fait mal aux yeux.

Ce ne sont pas des problèmes qu’on doit voir souvent chez cette carnetière française au Mexique, qui habite la ville d’Aguascalientes, où il fait maintenant 24º C (c’est pas juste !).

Mais la fierté gaie résiste au temps de chien comme on voit dans ce cadre de plaque d’une voiture stationnée dans la rue Charles.

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Josh Pod, scion de la famille iPod, fièrement gai

Mais bon, je reste à la maison à m’amuser comme je peux. Voici une liste (sans doute incomplète) de livres que j’ai à lire ou à finir:

Cher Voltaire, La Correspondance de Madame du Deffand avec Voltaire
Ancestral Voices : Diaries 1942-1943 par James Lees-Milne
The Lucifer Principle : A Scientific Expedition into the Forces of History par Howard Bloom
The Ancestor’s Tale par Richard Dawkins
Voltaire’s Coconuts or Anglomania in Europe par Ian Buruma
How to Lose Friends and Alienate People : A Memoir par Toby Young
The Stories of English par David Crystal
La vie, passionnément par Bertrand Delanoë (quelques pages, seulement)
Can Your Forgive Her ? par Anthony Trollope
Demonology : Stories par Rick Moody

Et puis, il y a aussi le nouvel envoi de Netflix.

mars 07, 2005

Hieronymus scriptor felix

Comme je l’ai noté ailleurs, j’ai suivi hier et aujourd’hui avec pas mal d’intérêt des discussions publiées (ici et ici) sur le carnet politique daily Kos sur la frustration montante que ressentent beaucoup d’Européens vis-à-vis de la politique et des actions américaines en Irak, en particulier la mort de l’agent secret italien le vendredi dernier à Bagdad. L’instigateur de ces dialogues s’appelle Jérôme — il signe ses billets « Jérôme à Paris » — c’est un banquier qui habite Paris avec sa famille. C’est aussi un « fana d’actu » (ça peut aller pour « newsjunkie » ?). J’avais remarqué son nom pour la première fois dans des commentaires au carnet Billmon, avant que celui-là ne se fatiguât de la nécessité de surveiller tous les nombreux commentaires laissés chez lui et d’en supprimer certains à cause d’abus (racisme, injures, menaces, et cetera). Je l’avais ensuite perdu de vue et ce n’est qu’à cause de son billet au titre provocateur de « Stupid Fucking Americans » que je l’ai retrouvé parmi les Cosaques (ou « Kossacks », nom drôle employé par ceux qui font partie de cette communauté virtuelle de démocrates américains (plus ou moins) de gauche et leurs sympathisants). Jérôme écrit ses billets dans un anglais mais vraiment impeccable mais ce n’est pas sa maîtrise de la langue qui serait le trait le plus intéressant de sa participation à ces débats politiques. C’est ce qu’il écrit, et là, c’est impressionnant. (Je note à part qu’il a eu le plaisir ( ? ) d’avoir trois articles publiés par le Wall Street Journal — journal avec lequel il n’est plutôt pas d’accord d’un point de vue politique et quand même par où il a découvert le carnet dailyKos.) D'abord, il n’est pas du tout arrogant (il note dans ce billet remarquable (pour d'autres raisons) que « The difference with most of you is that I am French, and this being an American site, and a site dedicated first and foremost to domestic politics, I am never sure of how relevant my posts are around here. ») Ce que je trouve intéressant c’est que ce Français intelligent se plaît à commenter la politique américaine d’un point de vue européen et en participant à cette communauté politique qu’est dKos, il l’influence — et tant mieux. On en a besoin, de toute évidence.

Carnetolique confirmé, Jérôme tient son propre carnet politique (en anglais) qui se trouve à lespeakeasy.org (un « speakeasy », c’était un bar illégal où l’on pouvait boire pendant la Prohibition, et cela renvoie évidemment au Whiskey Bar de Billmon) et il participe en plus dans un autre carnet Moon of Alabama qui sert en quelque sorte de dépôt de commentaires aux billets de Billmon.

Ailleurs, les questions continuent sur ce qui s’est vraiment passé dans l’incident avec la journaliste Sgrena et l’agent Calipari et les troupes américaines. Les plus cyniques s’intéresseront peut-être au « protocole de l’incident malchanceux » trouvé dans un commentaire chez dKos (oui, j’y passe beaucoup de temps ces derniers jours.)

Dans cet article paru dans le Independent de Londres, j’ai trouvé cette liste utile des versions divergentes de l’histoire :

CONFLICTING VERSIONS

There are some glaring discrepancies in the Italian and American versions of the killing of the agent Nicola Calipari and the wounding of released hostage Giuliana Sgrena and two other Italian secret service agents:

The Americans say: the car was travelling at high speed
The Italians say: it was travelling at 40-50kph

US: It approached a checkpoint near the airport at speed when soldiers fired on it to force it to stop as a "last resort"
Italy: It had passed three checkpoints without incident and was 700 metres from the airport when fired upon

US: The soldiers used hand signals and bright lights and fired warning shots before hitting the car with shots
Italy: There was no warning. Three to four hundred rounds were fired, afterwards the car seats were covered in spent cartridges. The Americans forced the Italians to remain in the car without medical attention for an hour

US: There was a lack of co-ordination between the Italians and the Americans
Italy: The Americans were kept fully informed

US: It was a regrettable accident which will be aggressively investigated
Italy: Ms Sgrena claims it was a deliberate ambush to kill her, as the Italians had paid a ransom, a practice America opposes, and as she had learnt inconvenient facts from her abductors.

Et puis, est-ce qu’on va pourvoir retrouver le véhicule endommagé par les Américains ?

Finalement, j’ai emmené Betty voir la véto ce matin — elle allait un peu mieux hier soir, mais j’ai voulu tout de même être sûr qu’elle n’avait pas quelque chose de grave. La véto a trouvé qu’elle avait un peu mal au dos, peut-être causé (oups !) par notre longue promenade de samedi. On lui a fait une piqûre et on m’a donné des comprimés à lui donner tous les matins pendant une semaine.

mars 06, 2005

Americani stulti

Il y a une discussion intéressante ici chez dKos inaugurée par billet écrit par un Français américanophile de plus en plus déçu par tout ce qu'il voit de frustrant aux États-Unis, surtout en réaction au meurtre de l'agent secret italien. On y lit de points de vus assez intéressants. Par exemple : et si les dirigeants européens nous aidaient à nous débarrasser de la dictature ...

De errationibus in urbe

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Photo de l'agent italien Nicola Calipari tué par des soldats américains en Irak après avoir sauvé l'otage Giuliana Sgana

Ici il fait plutôt beau — pas encore le printemps (la neige qui reste aux bords des trottoirs ne fond toujours pas, par exemple) mais on pourra maintenant l'espérer pour l’avenir. Les nouvelles hier de la mort de l’agent des services secrets italiens m’a pourtant déprimé — encore une bavure militaire. Aux infos de la radio publique, à huit heures du matin, on a parlé d’un incident par « des forces de la coalition » — aucune mention de troupes américaines, dont la présence était cachée dans ce mot vague de « coalition » en dépit des gros titres chez la BBC, Reuters, et CNN. C’est bien ça, la censure « douce » — on s’est très bien rendu compte de ce qui s’est passé avec le responsable de CNN qui a osé suggérer que les forces américaines avaient tiré sur des journalistes « indépendants » en Irak. J’étais tellement énervé que j’ai envoyé un courriel de protestation contre ce blanchiment lâche à la direction du service actualités de la National Public Radio.

On savait d’avance ce qu’allait dire l’administration Bush — on a tout de suite plaidé l’innocence des troupes en expliquant que la voiture roulait trop vite vers un contrôle. Malheureusement, la journaliste italienne libérée qui a été blessée dans la circonstance a donné une version complètement différente de ce qui s’est passé.

Les carnets politiques américains n’en parlent pas beaucoup — ont-ils peur aussi d’offusquer nos troupes ? Néanmoins, on trouve chez Left I une bien rare mention de la libération de la journaliste italienne à Bagdad. Et aussi chez Billmon, qui imagine les réactions de la carnetosphère de droite sur l’incident de la « pute coco » et des médias « du centre » qui font des insultes contre nos boys en disant la vérité.

Le New York Times semble aussi ne pas vouloir se faire la cible des « patriotes ». L’incident n’est que cité (pourtant avec une photo de l’Italienne blessée) dans un article général sur les morts en Irak qui se trouve à la page 14 du journal papier. Des lâches.

Mais il fait plutôt beau et je suis demi-veuf à cause du cours de Microsoft du copain (il rentre souvent vers 22 heures tous les soirs). Donc je fais une promenade avec Betty, qui, comme nous tous, vieillit. On y va lentement, de la 7e avenue vers la 5e et encore jusqu’au parc de la place Gramercy.

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L'entrée de la boîte célèbre Village Vanguard dans la 7e avenue — c'est dommage que je n'aime pas trop le jazz

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De bergères sexy dans la vitrine pascale d'un sexshop

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Vue de la 5e avenue vers le nord de la 12e rue

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Et puis, le nouveau bureau qui brille au fond !

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Ce drapeau propose une réponse amusante à la question posée à un alcoolique mondain : où es-tu allé hier soir ? À laquelle on peut répondre sans mentir : « No idea »

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Avenue du Parc Sud à la 20e rue

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Le parc de la place Gramercy, avec la tour de l'immeuble Chrysler tout à fait au fond

Et puis on rentre, en passant par le parc de la place de l’Union et la 14e rue, bondée de monde, jusqu’à la 7e avenue et notre rue à nous, la rue Perry.

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Une maison un peu « à la vénitienne » dans la 19e rue est

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La maison dite de Washington Irving (faux) mais d'Elsie de Wolfe et d'Elizabeth Marbury (vrai) dans la place Irving — deux lesbiennes fascinantes — la de Wolfe est devenue Lady Mendl et a habité un pavillon extraordinaire à Versailles pendant des années

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Le côté nord de la place de l'Union

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L'entrée sud au marché de la place de l'Union

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Une soupçon de la Nouvelle-Orléans dans la rue Charles ?

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Et puis, la rue Perry

Je laisse Betty se reposer sur le canapé et je sors d’abord pour manger quelque chose. Avant l’arrivée du copain dans ma vie, je sortais avec un acteur/mannequin un peu, euh, disons, compliqué. De toute façon, il était strictement végétarien et c’est à cause de lui que j’ai découvert ce petit restaurant végétarien dans l’avenue Greenwich.

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Village Natural dans l'avenue Greenwich

Cela fait des années que je n’y ai pas mis le pied, mais cela n’avait pas du tout changé, sauf que tous les serveurs, autrefois quasiment tous des hippies un brin demeurés, sont maintenant des Asiatiques très agréables et éveillés. Mais la carte n’a pas changé — j’ai pris des pancakes au blé noir pour commencer et une omelette « à l’occidentale » — ou « western » si l’on veut, c.-à-d. avec des oignons et du poivron vert. Mais le plus intéressant, c’était la clientèle. Il y avait deux groupes d’environ une douzaine de personnes chacun à manger le brunch bio — l’un se composait seulement d’hommes, mais ils n’avaient pas l’air d’être tous des homos — ça faisait l’effet des Stammtisch que j’ai vus en Allemagne, ces rassemblements d’hommes pour manger ensemble dans une sorte de fratrie basée sur — euh, je ne sais pas, moi. Dans l’autre groupe, il y avait des hommes et des femmes, et là aussi, quelques homos et quelques lesbiennes évidents . Chez tous les deux, on était très polis, très calmes. Les invités ont quitté leurs tables un par un pour payer séparément la note à la caisse, et ensuite tout le monde s’est dit au revoir en se serrant dans les bras avec enthousiasme. Des gens de chez AA ? Je ne sais pas. Mais à part eux, il y avait un couple de mannequins extraordinaires — une jeune femme et un jeune homme — et un couple d’homos plus âgés mais vraiment beaux, eux aussi ! Et tout le monde avait l’air de se connaître. Moi je lisais un bouquin que j’avais acheté il y a un an tout en mangeant et en regardant entrer et partir ce monde curieux.

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Le marchand de disques extraordinaire Footlight Records dans la 12e rue est

La faim rassasiée, j’ai continué mon parcours jusqu’au disquaire extraordinaire Footlight Records dans la 12e rue est où je cherchais une chanson sur CD d’une bande sonore des années 80 (Together in Electric Dreams de Giorgio Morodor). C’est extraordinaire, cette boutique — le personnel est aussi sympa que génialement différent — le caissier aux cheveux d’Elvis, l’assistant ventru à la voix aiguë (en plus sans aucune affectation), et les autres. Sans parler des clients, comme un énorme Allemand habillé en loden qui feuillette une pile impressionnante de pages Internet imprimées sur des enregistrements obscurs qu’il achète. (Il y avait moi aussi dans le magasin bien sûr, mais comme je suis plutôt fade d’apparence, je n’ai dû rajouter rien de bien intéressant.)

Ensuite je suis passé à la 4e avenue, ancien quartier des librairies d’occasion où aujourd’hui il n’en reste que deux, et celles-ci sont nouvelles. Je suis allé à la librairie Alabaster où j’ai trouvé une édition Faber & Faber épuisée de trois pièces de Harvey Fierstein qu’il a plus tard réunies dans la célèbre Torch Song Trilogy. Ensuite j’ai passé une bonne heure à fouiller dans les bibliothèques du Strand, où j’ai trouvé un exemplaire pas trop abîmé de « Le XVIIIe siècle français » dans la collection Connaissance des Arts parue chez Hachette en 1956. (Je n'ai payé que 20 $, non pas les 25,25 € !) Hé oui, c’est surtout pour rêver un peu — habiter une petite gentilhommière en Normandie au lieu d’un taudis dans le Village, pourquoi pas ? Pour conclure cette journée agréable et oisive, j’ai déposé mes achats au taudis et je me suis offert un massage d’une heure au Centre Tai Ji Chinois de la rue Christopher.

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Il n'est pas élégant mais il suffit

C’est Frank qui s’occupe de moi, un petit Chinois assez trapu qui me fait geindre de douleur quand il presse les « nœuds » musculaires qu’il trouve chaque fois autour de mes épaules. Il me marche dessus, pour me craquer le dos, à l’aide des béquilles. Pour terminer, il s’attaque aux points de pression dans les pieds — ça fait (un peu) mal, mais après on se sent bien. Après une heure de torture délicieuse, je me rhabille et lui paye ses efforts. À la maison, je reçois l’amie marchande de tableaux pour la première fois depuis son opération. Elle a l’air bien. On va recommencer la chimiothérapie en six semaines, pour être sûr d’avoir attrapé tous les cancers, et elle mange peu. Mais on a bu un verre de rouge chacun et jouait avec Betty.

Aujourd’hui, c’est Betty qui est malade — est-ce la promenade d’hier, ou le gros bâtonnet en peau de buffle que lui a offert l’amie marchande de tableaux, qui lui a fait mal. Il y a rien de pire, ou de plus inquiétant, qu’un enfant ou qu’un animal qui n’arrive pas à expliquer ce qui ne lui va pas. J’ai laissé un message chez la vétérinaire pour prendre rendez-vous chez elle demain.

Et puis les parents du copain viennent de m’appeler pour dire qu’ils pensaient acheter notre maison, qui a subi ce week-end une « open house » — une période de deux heures samedi et dimanche où le public (et les autres agents immobiliers) sont invités à venir inspecter la propriété sans prendre rendez-vous avec notre agente. C’est pour cela que je n’ai pas voulu aller à la campagne ce week-end, l’idée d’un tas d’étrangers curieux dans la maison me rendant tout à fait mélancolique. Mais il faut le faire, on nous dit.

Pour remonter un peu le moral, je vous recommande ce site méchant go fug yourself qui a pour devise : Fugly is the new pretty. Je l’ai trouvé grâce au site Dcmediagirl.

Et pour ceux qui comme moi auraient un peu marre de tous ces chrétiens criards, spécialité de chez nous, je vous recommande ce billet du « révérend » Mykeru qui satirise les preuves de l’authenticité de la religion chrétienne proposée par un certain Josh McDowell en révisant ses propos d’une manière assez drôle. Et comme j’ai déjà eu occasion dans ce billet de parler de bâtonnets pour chiens, je ne puis me garder de signaler le concept déjà réservé du « Savior on a Stick® » — ici en Amérique il faut savoir vendre ses idées.

mars 04, 2005

De illa nova praesentatione

L’ami galeriste me téléphone donc hier soir pour me dire qu’un grand ami à lui, décorateur assez connu, veut nous accompagner au vernissage du Musée nomade. Pas de problème, on convient de nous retrouver au restaurant Meet (jeu de mot assez débile avec « meat/viande » et « meet/rencontre » puisqu’il se trouve dans le quartier hyperbranché des grossistes en viande). J’arrive à pied avant eux et je commande un verre de vin blanc à la barmaid étrangère (russe, peut-être)— elle m’offre un Pouilly-Fuissé que j’accepte. C’est acceptable, mais rien d’extraordinaire. Je lui dis alors que je préfère payer tout de suite. « Très bien, monsieur. C’est 12 $ » elle me dit avec un sourire. « Ah ! » je remarque, quand même un peu surpris, puisqu’on n’est pas tout de même au bar du Plaza-Athénée. « Bon. » Je lui remets un billet de 20 $. Elle le prend et va à la caisse, puis retourne pour me dire « Oh, excusez-moi, monsieur, je me suis trompée. En fait c’est 14 $ le verre. » « Ah, bon ? » Que puis-je alors ? Faire une scène (comme l’aurait fait l’ami galeriste, d’ailleurs, sans hésitation aucune) ? Non, pas la peine — je me dis que j’ai appris ici une « bonne leçon » qui vaut bien la somme versée — mais laquelle ? Celle de ne pas entrer dans des endroits moyennement chic sans me renseigner sur les tarifs des boissons ? Hmmm... Ensuite le maître d’hôtel vient me dire bonsoir et me demande si je fais partie de l’équipe qui tourne un film à deux pas dans la rue Gansevoort. Non,non, je réponds modestement. Les amis entrent et je les pousse dehors avant qu’ils ne demandent à prendre quelque chose — alors là, on aurait eu une scène !

Les rues proches du quai sont bondées de grosses limousines noires qui attendent le retour de leurs clients de l’autre côté de l’autoroute du côté ouest, au-delà duquel se trouve le quai où l’on a bâti ce musée « temporaire ». Il y a des masses de gens en grands manteaux de fourrure et en jeans qui traversent l’autoroute dans les deux sens — les nouveaux venus sont priés d’entrer par un passage fait de tentes. Les « videurs » sont pourtant très polis, réservés. Et puis on entre dans le musée.

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Dans le musée nomade — très difficile à prendre une photo correcte, d'ailleurs

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Toujours dans l'énorme nef du musée

En fait ça ressemble plus à une cathédrale gothique, tellement le plafond est haut et pointu, avec une longue nef au fond de laquelle on voit un énorme écran vidéo où l’on projette une curieuse vidéo très lente d’un homme (l’artiste ?) dans l’eau avec un éléphant. On les a photographiés de dessous, et la différence de la masse des corps, tous les deux suspendus dans l’eau, est impressionnante.

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Une des photos de M. Gregory Colbert dans son exposition intitulée Cendres et Neige

Les photographies sont suspendues au-dessus d’un plancher fait de pierres grises arrondies et il y a de la musique asiatique en fond sonore — ça donne un côté presque religieux à l’expo. Il y a une foule de visiteurs — j’entends beaucoup d’italien, et quelques accents anglais. Tout le monde semble de bonne humeur. Je dis bonjour à un ami français (autrefois, quand je le voyais à l’Île du Feu, d’une beauté à faire pleurer, et l’amant d’un grand couturier français, et toujours beau gars) qui accompagne l’acteur Joel Grey (originateur du personnage du maître de cérémonie louche de la comédie musicale Cabaret). L’ami galeriste retrouve plein d’amis lui aussi mais on commence à avoir froid (il n’y a presque aucun chauffage dans ce drôle de bâtiment construit de conteneurs). On se dirige avec difficulté vers la sortie et puis on retraverse l’autoroute pour aller dîner. On fait un détour au restaurant HighLine (déco très Austin Powers) dans la rue Washington avant de choisir le nouveau restaurant italien Nero dans la rue Gansevoort. Comme toujours, l’ami galeriste est très ami avec le beau et jeune Napolitain qui nous reçoit et on mange très bien et pour pas cher (pour une fois). Le décorateur et l'ami galeriste parlent des préparations pour passer les vacances de Pâques à Buenos-Aires, où le dollar vaut toujours quelques sous, il paraîtrait.

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On dort au soleil ce matin dans la 4e rue ouest

mars 03, 2005

Ambulatio

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Encore de l'animation dans les rues de New-York

Hier soir après avoir regardé le film La grande illusion, j’ai entendu les sirènes de sapeurs-pompiers qui s’arrêtaient devant l’appartement. Je suis vite sorti pour inspecter. Beaucoup de pompiers dans la rue, mais aucun incendie visible. Quelques pompiers ont monté l’échelle pour examiner le toit d’un petit immeuble de luxe mais après minutes, tout le monde est reparti.

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Les plus cyniques des passants se demandaient si les pompiers cherchaient un minou dans les arbres

Ce matin j’ai sorti Betty pour faire un tour thérapeutique de quartier.

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Les deux immeubles favoris du copain — à gauche, le 80 Eighth Avenue (pas de place disponible) et plus loin, un peu au fond, l'Empire State (où il y a de la place mais c'est compliqué)

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Betty joue au foot dans un terrain de sport dans la rue Gansevoort

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À l'angle de la 13e rue ouest et l'avenue Greenwich — le restaurant belge Café de Bruxelles se trouve au rez-de-chaussée

Ce soir c’est le vernissage du Musée nomade organisé par le photographe Gregory Colbert qu’on vient d’ériger sur le quai 54 à la 13e rue ouest. Le musée reste à New-York jusqu’au 6 juin avant de partir pour réinstallation à Los-Angeles, avec des escales futures à Pékin et à Paris.

mars 02, 2005

De nuntiis

Il est bien intéressant de contempler le curieux commerce des infos vendues chez les journaux ainsi que chez les autres médias d’actualité. J’écris exprès « commerce », car il ne faut pas oublier que, s’il l’on lit le quotidien du matin ou l’on regarde l’actualité à la télévision le soir, c’est en premier lieu pour qu’on regarde la publicité que l’on y gave. Les absences et les manques d’info sont intéressants aussi, puisque pleins de signification muette mais claire.

Hier, en visitant quelques-uns de mes sites favoris, j’ai trouvé cette info curieuse chez l’excellente Miss-Information. Curieuse, non pas parce qu’on avait tort et que l’administration Bush serait tout à fait pour le droit des femmes à décider elles-mêmes ce qu’elles voudraient faire de leurs corps. Curieuse, parce que je n’en avais rien entendu parler dans le Times, par exemple, ou chez les sites d’info que je lis régulièrement pendant la journée. Et puis ce matin je vais au Monde, ou je vois sur la une du journal électronique le titre « Les États-Unis provoquent un tollé à l'ONU sur l'avortement ». Tiens, c’est curieux, on n’en trouve mot dans la presse américaine. Je prends le Times papier et je commence à chercher. Il y a pas mal d’articles intéressants mais je ne trouve rien sur cette affaire de l’« amendement soulignant que la référence de Pékin à la santé en matière de reproduction « ne constitue pas la garantie d'un droit universel à l'avortement », selon les explications d'un diplomate américain » comme l’a décrit le Monde dans son article.

Est-ce qu’il s’agit ici de la censure, ou de l’appréhension que cette information n’aille pas plaire au lectorat consommateur, ou d’un simple manque d’intérêt que les éditeurs éprouveraient pour ce sujet ? Je ne peux pas le dire. Mais cela reste curieux, je remercie Internet de me permettre de retrouver les infos qu’on ne nous fournit pas on ne sait pas trop pourquoi ici.

Je suis de plus en plus choqué par les exécutions du mari et de la mère d’une juge fédérale en Illinois. Des extrémistes de droite l’ont traitée de « Jew rat » à cause de son nom présumé juif et en dépit du fait qu’elle et son mari sont épiscopaliens après un procès, à la fin duquel un chef de file d’un groupuscule de droite est allé en prison pour l’avoir menacée de mort. Plusieurs carnets en parlent déjà, mais je recommande surtout ce billet intitulé « La haine meurtrière » du carnet Orcinus d’un journaliste pigiste à Seattle qui a depuis longtemps suivi de près les mouvements extrémistes américains.

mars 01, 2005

Lanæ blancæ similis

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De la neige sur la grille d'un escalier voisin

La tempête de neige d’hier soir n’a pas finalement, ô surprise, apporté les immenses perturbations dans le tissu social et infrastructural de la ville que nous avaient promises les services météo à la télévision. La révolution qui sortira un jour, on suppose inévitablement, de l’anarchie météorologique une fois accomplie devra donc être reportée à plus tard. Tant pis. Mais par contre, c’était assez beau — cela ressemblait à du coton, ou à de la laine toute propre, mis un peu n’importe où, sur toute surface extérieure.

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Statue de la Famille par Chaim Gross enneigée dans le parc de la rue Bleecker

En plus des rigueurs un soupçon exagérées de la saison, nous Américains vaguement éveillés à ce genre d’info (c’est-à-dire, pas grand monde, en effet) continuons à subir de petits soubresauts moraux causés par quelques tribunaux, dont la Cour suprême, un juge en Caroline du sud et une plainte civile portée contre le secrétaire à la défense. Dans le cas du premier, il s’agit d’avoir déclarée inconstitutionnelle une loi qui a permis la peine de mort pour les crimes commis par de criminels de moins de 18 ans.

Un juge de la Caroline du sud, Henry Floyd, a déclaré lundi que le gouvernement de Bush n’avait aucun droit d’incarcérer José Padilla comme un « combattant ennemi » sans l’accuser publiquement d’un crime défini. Selon ce juge, « he president has no power, neither express nor implied, neither constitutional nor statutory, to hold petitioner as an enemy combatant. » Eh, tac, on les embête une seconde fois… Comme j’ai lu ce matin dans mes devoirs latins, « Quando libertas ceciderit, nemo libere dicere audebit. » (On oublie trop vite...)

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Les arbres dessinés dans la neige dans le petit parc de la rue Bleecker

Finalement, des avocats de l’Union américaine pour les libertés civiles et une autre association de protection des droits civils ont intenté un procès ce matin contre
Donald Rumsfeld en faveur de huit détenus en Afghanistan et en Irak dans son état de résidence, Illinois. Rumsfeld est accusé d’avoir d’abord illégalement approuvé une politique de torture chez les militaires américains en Afghanistan ainsi qu’en Irak et ensuite d’avoir approuvé personnellement de nouvelles méthodes illégales d’extraire des renseignements (bref, la torture). Les documents légaux et la chronique d’événements développée chez l’ACLU sont impressionnants à lire. Est-ce que je crois vraiment qu’on va traduire Rumsfeld en justice ? Ben, on peut toujours l’espérer, non ?

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Non, non, non, cela ne s'écrit pas comme ça !

Il n’y a pas que les Américains ignares comme moi qui font des fautes de langue (ma favorie en français, c'est « gym » au masculin, pour indiquer l’endroit où l’on fait de la gymnastique, et qui est plus que la seule salle de musculation, mais bon…). Ça fait des années que je lis ce nom de restaurant peint au dessus des fenêtres — La Lunchonette. Mais en anglais, cela s’écrit « luncheonette » — et déjà c’est un terme plutôt vieilli et beaucoup moins commun que son synonyme « diner ». D'après ce qu'on me l'a expliqué, le propriétaire français du restaurant a choisi comme nom une approximation d’un mot déjà un peu francisé par la terminaison « -ette ». Quand plus tard il s’est rendu compte qu’il avait fait une erreur, il s’est dit « Bon, on s’en fout qu’il manque un e à mon « Luncheonette », on le laisse comme ça. » Et voilà qu’on a intronisé une faute d’orthographie !