
Chez la vétérinaire, où l'on a dû retourner hier après-midi pour une nouvelle piqûre et du sang — elle va mieux aujourd'hui
Hier j’ai découvert la petite dispute sur ce qui s’était vraiment passé lors d’une réunion de carnetiers autour d’un dîner dans un restaurant mexicain à Paris. D’après ce que j’ai pu comprendre, un certain juju était le premier à rédiger ce billet sur le dîner en question et auquel il ne s’était pas particulièrement plu.

Des touristes allemands (trop bien habillés pour être Américains) envahissent la rue Perry sans même s'arrêter devant l'escalier de Carrie de l'autre côté de la rue — toutes ces photos sont dédiées à Ron l'infirmier — mais il ne va pas gagner !
Ce ne sont pas les « faits » objectifs de la soirée qui m’ont intéressé (quoiqu’il est amusant de les « reconnaître » dans les diverses versions) mais j’étais surtout frappé par combien ce contretemps carnetier se ressemblerait à ce qu’on voit actuellement dans le monde des journalistes aux États-Unis.
Juju a décrit sa soirée à lui — l’Alcoolique mondain Grey, qui était aussi présent à ce dîner d’un agrément discutable, lit la version présentée par Juju et trouve qu’il avait passé une soirée très différente à celle présentée par Juju. Il procède donc à publier une sorte d’« explication de texte » en réponse à ce billet où, à la manière des exégètes de la Bible, il démontre en détail tout ce qu’il avait trouvé inexact dans le récit du dîner fait par juju. Ce qui a sans doute réussi à embrouiller l’affaire pour nous les lecteurs qui n’y étaient pas (KiKi y était, mais bien sagement il n’ose pas en parler). Qui a raison ? Qui a raconté la vérité ? Et quelle vérité ?

Dans la rue Hudson — je prends un chemin un peu différent pour aller à Chelsea

Le fléau des rues new-yorkaises — les échaffaudages
Le plus important pour moi, c’est qu’on a pu contester publiquement la version de juju. Grey l’a fait avec un exposé de faits très crédible. Mais je me demande comment cela se serait arrangé si Grey n’avait pas lui-même son carnet dans lequel il a pu publier ses remarques. Si le sieur juju avait publié, par exemple, sa critique de la soirée dans un journal de grand prestige comme Le Monde, Le Figaro, Libération, The New York Times, ou The Washington Post, il aurait été peu probable, à mon humble avis, qu’on y trouverait plus tard des réponses aussi détaillées que celle du billet de Grey ou du commentaire de Solal (qui en plus s’amincit à un taux très énervant) laissé chez juju. Mais dans ce cas-ci, j’ai pu lire le billet de juju et ensuite celui de Grey et à partir de cela, j’ai pu me faire une idée de ce qui s’était vraiment passé — et il faut tout de suite avouer que je ne suis pas étranger à ce genre de dîner maladroit, côté asocial ou margaritisé ou les deux.

Un restaurant français au Village — dans le temps, il n'y avait qu'au Village qu'on pouvait bien manger dans un endroit agréable — évidemment, cela n'est plus vrai actuellement et ces petits restaus disparaissent
C’est dire que le journal « officiel » n’est plus exempt de tout contrôle d’en bas. C’est dire que les journalistes ne sont plus protégés par le fait que leurs noms apparaissent dans des journaux célèbres — ils sont humains comme nous, ils écrivent des choses bien et moins bien, avec plus ou moins d’intérêt ou de compréhension. Ils ont envie de plaire à leur lectorat, à leurs rédacteurs. Ils cherchent à garder leurs boulots. Mais ils ont ce pouvoir non négligeable de « créer » la réalité — le dîner d’après Juju en est un exemple frivole mais juste — et jusqu’à présent, on n’avait vraiment pas les moyens de contester une réalité, qu’elle apparaisse dans un grand journal ou un petit carnet web personnel, qui ne correspondrait pas à celle agréée dans et par le journal (ou par la télévision ou par n’importe quel autre média officiel).
C’est pourquoi il me semble de plus en plus évident que les ennemis (vrais ou pas) d’un bon nombre de journalistes seraient en effet ces carnetiers qui se délectent de découvrir chez les journalistes les non-sens, les fautes, les omissions, les préjugés, les rapports inappropriés ou ambigus et tout le reste. Mais c’est bon pour la santé à nous tous.

La rue Gansevoort

La façade décor de théâtre du restaurant Pastis

Tout le monde n'est pas content de la transformation du quartier
Peccata omissionis ?
« Pope Benedict XVI grew up in a German town in which Polish and Hungarian Jews were once massacred on a death march through its streets by SS guards. It also had a Nazi concentration camp on its doorstep.
The disturbing account of Nazi rule in Bavarian Traunstein, where the Pope went to school and spent the years of his youth, is in a brief history of the town by a local author, Friedbert Mühldorfer, available in the town library. The book, seen by The Independent yesterday, reveals atrocities, expulsion of Jews, widespread use of slave labourers, persecution of anti-Nazis and details of the camp on the town's outskirts. Somewhat remarkably, none of the events described appear to have been mentioned in the Pope's autobiography, Milestones, which was published in 1997.
The most shocking revelations concern 3 May 1945 when the new Pope may have been in the town. Thousands of starving, mainly Jewish, prisoners were marched from the concentration camps of Buchenwald and Flossenberg in advance of the invading Red Army.
Mühldorfer says the people of Traunstein were ordered to close streets to traffic as a column of emaciated prisoners was herded through by SS guards. "They marched past people who showed sympathy and even gave them food, as happened at one Traunstein bakery," the author writes.
But he adds: "They also went past people who looked away in shame to avoid the cruel truth and past those who laughed at them cynically and took every opportunity to report any attempted escape to the SS." Some prisoners were held overnight in a barn in Hufschlag district, where the Pope's - anti-Nazi - family lived. Three prisoners who tried to escape were shot dead by SS guards that night. Worse was to follow.
The next day the death march reached the town of Surberg, 15 miles from Traunstein. There, 66 prisoners considered too weak to continue were murdered by the SS. "They were ordered to form up in ranks five deep with their faces to the meadow and their backs to the SS," Mühldorfer writes. "Then they were shot. The SS men threw their weapons in a ditch because they were afraid of being caught with them by the Americans."
In his autobiography, the Pope, in an anti-aircraft unit at the end of the war, says he deserted in late April 1945 and fled to Traunstein. There he hid from the SS and wore civilian clothes.
À ne pas manquer. Billmon aussi, avec « The Good German ». On note aussi la condamnation par le nouveau pape du projet de loi en Espagne sur le mariage gai, qu’un porte-parole du Vatican traite de « dépravé ». Tout comme le Vatican avait protesté contre le racisme dépravé du nazisme — euh, ou pas (hypocrisie trouvée chez un nouveau carnet politique que j’apprécie beaucoup, Attytood.)

Le quartier des grossistes de viande comme il a été jusqu'à il y a quelques années

...quand il n'y avait pas de boutiques Stella MacCartney
Et puis, finalement, j’encouragerai toute personne qui voudrait comprendre pourquoi ce pape importe à presque tout le monde (ici je veux dire l’Occident sans le Japon) d’aller lire ce billet aussi fin que lucide chez Finis Africæ. C’est franchement exceptionnel.

Au bout — ou au début — de la 10e avenue