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juin 30, 2005

Vivat Hispania

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¡ Viva España !

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Dans la 14e rue ouest

Chic alors ! Un de mes parfumeurs favoris, Jo Malone de Londres, a une boutique à New-York. Euh — (son de cliquage) — quoi ? Elle en a même deux, l’une au rez-de-chaussée de l’immeuble du Fer à repasser à l’angle de la 23e rue et la 5e avenue et l’autre dans l’avenue Madison. Et la première date d’avril 2001. Et Jo Malone appartient à l’empire Estée Lauder. Bon, d'accord, je ne suis la mode qu’en à-coups, aussi brefs que violents. Mais j'y ai trouvé l'eau de cologne que je cherchais: Ambre et lavande. Mmm, ça sent bon.

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Vue de Broadway vers le nord — il vient de commencer à pleuvoir

J’aime beaucoup le Pérou et c’est un plaisir de découvrir Les ondes des Andes, carnet d'une journaliste qui s'appelle Chrystelle Barbier et qui habite à Lima (mais elle voyage souvent hors de la capitale).

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À la sortie de métro de la 72e rue ouest, vers le sud

Ce soir on est allé dîner ce soir chez un ami d’origine anglaise (il est à New-York depuis des années, mais il garde fièrement son passeport britannique, ainsi que son accent très RP) où nous allons retrouver un ancien artiste à moi qu’on n’a pas revu depuis des années.

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Ça, c'est une belle table dressée d'homo

Il n’est jamais trop tard pour augmenter son vocabulaire (j’espère que les profs sont d’accord) et je viens de lire et d’apprendre un terme nouveau : « camel toe » ou « orteil de chameau », que j’ai rencontré pour la première fois ici. C’est un phénomène que, je l'avoue, j’avais déjà remarqué, mais je ne savais pas qu’on lui avait donné un nom, ni un site entier. Ah, Internet, c'est une véritable merveille, n'est-ce pas ?

juin 29, 2005

Deliciæ

On le sait d'instinct, mais les habitants de Paris et de New-York montrent souvent de merveilleuses similarités dans les manières avec lesquelles ils confrontent les inconvénients de la vie urbaine. Mais ce billet hilare, intitulé (en traduction) « Fifi pique une crise », a failli me faire pleurer de rire. Je cite un paragraphe vers la fin du billet :

« Fifi La Folle, our new hero. The combined rudeness, arrogance and elitism of Paris and New York, rolled into one elegant mega bitch. Unstoppable. Unbeatable. Vive La France! Jersey people, indeed. »

(Ce qui est commode, à mon humble avis, c'est que ce billet servira à certains pour expliquer le dédain naturel, peut-être inévitable, avec lequel tout New-Yorkais raisonnable (ou pas, selon…) traite ces « visiteurs » venant de l’état-jardin (sobriquet ridiculement mal choisi). Mais il faut surtout lire les derniers mots sur cet événement extraordinaire et la réaction, euh, prudente (et pour cause) du carnetier qui le voyait dérouler. Cela va sans dire que ce sont de telles mutations qui font progresser toute l’espèce !)

Il faudra aussi saluer le Canada, dont les parlementaires ont adopté hier soir le projet de loi qui permettra les mariages gais. On trouvera la musique et les paroles à l’hymne national dans ce billet au titre posément provocateur de « Land of the free, home of the brave », phrase tirée, vous vous en douterez, de l’ hymne national du grand voisin du sud, que certains mauvais esprits pourraient considérer comme nettement moins libre et moins courageux qu'on ne le pense.

Verba vacua, verba vera

Nous, on n’avait rien d’autre à faire — on ne voulait pas sortir, on a donc commandé chinois livré à l’appartement, des nouilles froides sichuanaises et des beignets de viande à la vapeur qu’on a mangés devant le poste de télévision en regardant un Bush, tout petit, à l’air presque timide, prononcer son discours sur l’Irak. Rien de nouveau, l’exposition était plutôt plate, et dans la salle, remplie de militaires invités, l’ambiance a semblé bien froide, même glaciale (une impression partagée par d’autres que moi). Il n’y a eu aucun applaudissement spontané — c’est un agent de la Maison blanche qui a incité le seul applaudissement de la soirée.

C’est dans la Tribune européenne que j’ai trouvé l’analyse la plus pertinente du texte du discours de Bush, où le carnetier soj présente une véritable explication de textes aussi exhaustive qu’intelligente. À recommander.

Chez nous on fait, on dirait, un petit festival de films du metteur en scène anglais John Schlesinger : hier soir on a regardé Le jour du fléau, qu’on connaît en anglais comme « The Day of the Locusts », ce qui rappelle un peu le ton apocalyptique exprimé dans ce billet du Vrai Parisien. Hier soir on a regardé « Midnight Cowboy » ou, en français, « Macadam Cowboy » — qu’est-ce qu’il est jeune dans ce film, Dustin Hoffman !

À ceux qui s’imagineraient que les homos fassent trop de cas en réclamant des droits auxquels les hétéros ne pensent même pas, tellement ces droits font partie de leur quotidien automatique et invisible, je recommande cette désarmante « digression » qu’on trouve au milieu de ce billet de Matoo. En voici une partie :

« J’ai essayé de cacher, gommer, effacer, enfouir pendant des années les stigmates de cette orientation sexuelle différente de la majorité. J’avoue que maintenant, à presque trente balais, je m’en branle totalement la nouille. Mais j’essaie de bouger de moins possible lorsque je prends le métro ou le RER dans des coins craignos (comme simplement d’où je viens et où je suis né, Cergy), car si des cailleras me repèrent, je sais que je peux me faire agresser. Et puis, quand je suis au travail aussi, je me tiens, je fais attention à comment je m’exprime pour que ça ne se voit pas, sinon ça pourrait chauffer pour mon matricule. De toute façon, si cela se voyait, je n’aurais certainement pas été embauché, pas le genre de la maison. »

Il est important de ne pas oublier que certains parmi nous restent, en dépit du progrès réel et imaginaire, des citoyens de seconde zone.

juin 28, 2005

De illa cena apud amitam Cæciliam

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Dans mon cas, c'est toujours de l'expérimentation — à gauche, le Larousse de la Cuisine, à droite Toute la Cuisine de Guy Martin

Notre dîner de samedi soir s’est bien passé — l’entrée (de Guy Martin) était accueillie avec une approbation générale et possiblement authentique, le plat principal — encore du poulet à l’estragon, je n’avais pas le temps de me lancer dans l’inconnu gastronomique — n’a pas échoué, mais les blancs de volaille étaient trop grands (on ne peut pas en trouver de moins gros au supermarché) et la sauce n’était pas aussi onctueuse que l’autre fois. Tant pis. On a quand même bouffé tout le camembert, tout le Petit Billy et tout le fromage bleu de l’état de Washington.

Un des invités partait lundi soir à Londres où elle passera une semaine en pourparlers dans le Devon, où elle restera toute seule dans l'ancienne maison Greenway de l'écrivain Agatha Christie, avec les représentants de la succession qui lui ont proposé d’assembler un livre d’écrits inédits, de photos et d’autres souvenirs biographiques de l’écrivain célèbre pour le proposer ensuite à une maison d’édition.

Dimanche matin le copain, sa partenaire et l’un de nos hôtes se sont réunis à 6h30 pour courir plus de 32 kilomètres dans la fraîcheur matinale — ils sont fous, évidemment, surtout parce qu’on avait bu pas mal de vin blanc samedi soir avant de se coucher assez tard.

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À l'œuvre — la casserole bleue Le Creuset à droite chauffe beaucoup mieux que la All-Clad au fond à gauche — c'est probablement l'émail

L’après-midi on est allé voir ma mère chez elle, où l’un de nos hôtes a préparé un déjeuner mexicain de quesadillas au poulet. Plus tard le copain et l’un de nos hôtes sont partis en train pour Manhattan, tandis que l’autre et moi, nous avons chacun fait un petit somme avant d’aller dîner assez tôt dans un restaurant du village, où j’ai trouvé que je connaissais la moitié des convives dans la salle à manger, dont cette femme à la barbe célèbre dans l’East Village et que j’avais rencontrée il y a quelques années en compagnie d’une photographe de ma connaissance.

Hier il a fait superhumide, et un brouillard épais et chaud était descendu sur le village. J’ai assisté à ma réunion mensuelle avant de ranger (encore) la maison pour la faire toute propre pour la visite des inspecteurs mercredi. Le copain et moi, nous nous sommes mis en garde contre tout espoir démesuré en ce qui concerne la vente éventuelle de notre maison — ce billet de James Kunstler (trouvé par un lien chez James Wolcott) expliquera pourquoi on ne sera pas surpris d’un rapide changement d’avis de la part de la nouvelle propriétaire. Par contre, je crois qu’elle aurait plein de fric (on a fait quelques recherches Google, darling) donc toute turbulence boursière ne devrait pas lui causer trop d’ennuis financiers dans l’immédiat. Moi, j’avoue que je serai bien content d’avoir cette « valeur » en liquide.

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La pluie fait toujours oublier comment conduire aux chauffeurs sur l'autoroute du côté ouest

Par un commentaire laissé chez Bertrand de Carte postale suédoise j’ai découvert ce matin le carnet Web d’un francophone installé en Finlande depuis 28 ans et qui habiterait la ville de Oulou qui se trouve presque au bout septentrional du golfe de Bothnie. C’est bien écrit et l’auteur n’a pas peur de traiter de sujets disons difficiles — deux raisons excellentes de le lire, n’est-ce pas ?

juin 25, 2005

Festa

Il fait horriblement beau aujourd’hui, c’est-à-dire que je me culpabilise de ne pas profiter de ce temps divin en me promenant dehors. Non, il faut que je trouve des recettes pour ce soir, quand je prépare un dîner pour huit invités, dont la très-exigeante amie-écrivain qui s’attend, elle me l’a révélé au téléphone ce matin, à un plat pourvu d’une sauce délicieuse (en ce qui concerne les sauces, je n’ai osé m’y livrer qu’il y a quelques semaines, donc cela me fait toujours un peu peur). On va commencer avec une entrée trouvée dans le livre de recettes de Guy Martin — une salade de noix de saint-jacques et de roquette au parmesan — et puis des blancs de volaille préparés je ne sais pas comment — à l’estragon, probablement. Du fromage, un dessert tout fait (tarte aux fruits, peut-être, si j’en trouve une à l’épicerie fine où j’achète les fromages et le pain).

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C'est surtout pour les enfants

On fait la fête aujourd’hui sur la pelouse de la petite bibliothèque du village afin de gagner de l’argent pour augmenter le fonds de réserve de la bibliothèque, dont l'extérieur subit une rénovation nécessaire. Le copain s’occupe de la restauration rapide, avec plein d’ami(e)s. Voilà quelques photos de cet événement hyperlocal et bien typique. Cela montre, j'espère, une Amérique qui a honte de la torture et n'a pas envie d'envahir d'autres pays sans justification valable. (La ville a voté à 58 % pour Kerry dans les dernières élections présidentielles, et le village vote plus à gauche que la ville.)

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Un homme en costume et sur échasses

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On fait des tours de magie et des blagues débiles sur scène

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Il y avait une tente à contes où l'on pouvait se faire réciter un conte

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On pouvait acheter des « hambourgeois » et des « saucisses francfortoises » préparés par le sous-chef des sapeurs-pompiers

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L'Ombre, qui a attiré tous les enfants, une fois qu'ils se sont assurés qu'elle n'allait pas les manger

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Il y avait un roboéléphant...

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...ainsi qu'un robotigre, sur les dos desquels on pouvait s'asseoir pour faire une petite promenade — et un voilier sur des roues

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Dans la rue haute du village, où l'on trouve trop d'agences immobilières et pas assez de commerces utiles (mais c'est ça, la bulle)

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On termine avec cette plaque étrangère (Missouri) avec un soupçon de fierté gaie — à gauche se trouve l'autocollant de la Campagne pour les droits de l'homme, une association politique homo

juin 24, 2005

In finibus peregrinis

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Vue de la rue Smith à Brooklyn

Il fait bien chaud aujourd’hui et je me trouve collé contre le climatiseur. On est allé hier soir à Brooklyn, dans le quartier de Mont-Boerum, dont le nom vient d’une famille coloniale d’origine néerlandaise qui possédait une ferme dans cette partie du comté des Rois. L’affaire était plutôt simple — quelques bouteilles de vin, des canapés — et je me suis amusé à bavarder avec un biologiste anglais, diplômé d’Oxford, qui travaille pour la municipalité dans la sécurité contre les attaques biologiques, telle le charbon ( !) et aussi avec une jeune fille qui venait de terminer ses études de médecine. Elle allait commencer sa « résidence » dans l’hôpital juif de Long-Island, établissement très connu, où elle restera quatre ans. Elle est en plus fana de phares, et j’espère qu’elle viendra nous voir en août pour visiter le phare du village avant que nous ne quittions l’endroit.

Cette nouvelle me rappelle la discussion que j’ai eue avec la cousine ex-agente antidrogue à Philadelphie il y a quelques semaines. Les Américains comme elle s’imaginent qu’il leur est tout à fait légal de faire n’importe quoi n’importe où en vue de « protéger » les États-Unis. Et puis voilà ! Un juge italien trouve que ce n’est pas normal que les agents américains en Italie se foutent complètement de la législation italienne sur l’enlèvement de personnes sur son territoire et tout et tout et l'on cherche à arrêter des agents de la CIA. Oh, c’est sûr que Berlusconi va gueuler, il n'aura aucune envie d'agacer son protecteur, le grand Bush. Le plus curieux à mon avis, c'est qu'on en parle ici.

Une victoire judiciaire pour le militaire allemand qui avait refusé à participer dans une guerre d’agression en Irak. Un juge à Leipzig lui a donné raison. Dans la Süddeutsche Zeitung de Munich on lit le suivant : Als die Bundeswehr gegründet wurde, sollte sie ganz anders sein als die Wehrmacht: eine Armee in der Demokratie, deren Soldaten es sogar zur Pflicht gemacht wurde, Befehle zu verweigern, die gegen Moral und Gesetz verstieße. Ce qui pose un problème pour tout militaire dans les forces armées de l’Occident (sauf pour les forces armées américaines qui ont rejeté pour le moment tout appel à une moralité de conscience comme justification d'un refus d'un ordre.)

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Dans la place Boerum à Brooklyn

La carnetosphère francophone s’étend toujours : hier j’ai découvert ce carnet qui nous arrive, plein de photos, de la ville de São Paulo au Brésil.

Et pour les Rennais, les Brestois et les Malouins dans les environs de la mer de Chine du Sud qui auraient le cafard pour les galettes de blé noir et les moules marinières, il y a pour eux L’amicale des Bretons à Hong-Kong.

Le gouverneur Schwarzenegger en Californie continue à subir les assauts des sondages en baisse. Le carnetier Digby note acidement que « Well, when you run as a superhero who is going to magically solve all problems by the sheer force of your supernatural powers, people tend to be quickly disappointed when they realize that you are actually a pampered movie star who doesn't have a clue. Aïe, ça fait mal !

À propos de la Californie, je viens de recevoir un courriel assez marrant d’un soi-disant Nouveau Californien. Le voici en entier:

« Subject: Blue State Revolution

We're ticked off at the way you've treated California, and we've decided we're leaving. We intend to form our own country, and we're taking the other Blue States with us. In case you aren't aware, that includes Hawaii, Oregon, Washington, Minnesota, Wisconsin, Michigan, Illinois and the entire Northeast. We believe this split will be beneficial to the nation, and especially to >> > the people of the new country of New California.

To sum up briefly: You get Texas, Oklahoma and all the slave states. We get stem cell research and the best beaches. We get Elliot Spitzer. You get Ken Lay.

We get the Statue of Liberty. You get OpryLand. We get Intel and Microsoft. You get WorldCom. We get Harvard. You get Ole' Miss.

We get 85 percent of America's venture capital and entrepreneurs. You get Alabama. We get two-thirds of the tax revenue; you get to make the red states pay their fair share.

Since our aggregate divorce rate is 22 percent lower than the Christian Coalition's, we get a bunch of happy families. You get a bunch of single moms.

Please be aware that Nueva California will be pro-choice and anti-war, and we're going to want all our citizens back from Iraq at once. If you need people to fight, ask your evangelicals. They have kids they're apparently willing to send to their deaths for no purpose, and they don't care if you don't show pictures of their children's caskets coming home. We do wish you success in Iraq, and hope that the WMDs turn up, but we're not willing to spend our resources in Bush's Quagmire.

With the Blue States in hand, we will have firm control of 80 percent of the country's fresh water, more than 90 percent of the pineapple and lettuce, 92 percent of the nation's fresh fruit, 95 percent of America's quality wines (you can serve French wines at state dinners) 90 percent of all cheese, 90 percent of the high tech industry, most of the U.S. low-sulfur coal, all living redwoods, sequoias and condors, all the Ivy and Seven Sister schools, plus Harvard, Yale, Stanford, Cal Tech and MIT.

With the Red States, on the other hand, you will have to cope with 88 percent of all obese Americans (and their projected health care costs), 92 percent of all U.S. mosquitoes, nearly 100 percent of the tornadoes, 90 percent of the hurricanes, 99 percent of all Southern Baptists, virtually 100 percent of all televangelists, Rush Limbaugh, Bob Jones University, Clemson and the University of Georgia.

We get Hollywood and Yosemite, thank you.

Additionally, 38 percent of those in the Red states believe Jonah was actually swallowed by a whale, 62 percent believe life is sacred unless we're discussing the death penalty or gun laws, 44 percent say that evolution is only a theory, 53 percent that Saddam was involved in 9/11 and 61 percent of you crazy bastards believe you are people with higher morals then we lefties.

By the way, we're taking the good pot, too. You can have that dirt weed they grow in Mexico.

Sincerely,

A New Californian


Oui, d'accord, c’est petit, je sais, mais cela m’a toutefois fait sourire. Quelquefois, le mesquin fait du bien.

Ce soir à la campagne.

juin 23, 2005

Insignia

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Les bannières officielles pour la Fierté gaie dans la 8e avenue

A-t-on le droit de critiquer publiquement les politiques de son pays ? Ou est-ce seulement une question de goût et de bienséance dont les réponses varieront selon les individus ? Les propos « anti-américains » de l'artiste Moby à Paris ont gêné le carnetier new-yorkais de Proceed at your own risk, qui se souvient du soi-disant bon sens qu’il ne faut jamais critiquer « sa famille » en public — que cette famille soit constituée de juifs (comme dans le cas dont il parle), de pédés (faut pas critiquer les folles ou les « garçons du circuit »), des démocrates (faut pas critiquer Dean ou les « mous » du parti) ou des Américains (Bush, il est « notre » fardeau à porter, mais ce n’est pas la peine d’en faire tout un cas devant les autres).

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Un marchand ambulant arabe, qui vend des chapeaux, des gants et des lunettes de soleil, fête la fierté gaie dans la 8e avenue

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Une vitrine politique chez Marc Jacobs dans la rue Bleecker

Une propriété à Easthampton a été vendue pour 90 millions de dollars, le prix le plus haut payé pour une propriété résidentielle aux E-U. Adélaïde de Ménil est l'a vendue, on dit à un industriel suédois toujours anonyme. Le Times d’aujourd’hui a publié un long article sur l’achat d’appartements à Paris par des Américains, en dépit d’un taux de change pas tellement brillant. Comme tous ces articles innombrables sur l’immobilier qu’on trouve dans le Times, celui-ci n’est pas bien profond : on nous explique qu’on peut acheter des appartements parisiens pour pas tellement moins d’argent que le prix d’un petit appart’ à New-York — ah, quelle révélation pénétrante. Merci infiniment.

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On annonce une nouvelle parfumerie « europhile » dans la rue Bleecker

Le Village et le quartier de Chelsea se préparent pour un grand week-end de festivités centrées sur la Fierté gaie. La grande marche aura lieu ce dimanche sur la 5e avenue — encore une fois sans nous, qui serons à la campagne avec un autre couple homo, dont l’un d’eux fête la fin de sa période de « résidence médicale » — je pense qu’il doit maintenant passer un grand examen pour devenir « docteur diplômé » (en oncologie, dans son cas) et après cela il peut s’engager dans une clinique privée ou autre. La Fierté gaie se montre de façons diverses — et je trouve que c’est bien comme ça.

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La fierté gaie interprétée par Ralph Lauren chez Polo

Comme le monde est petit : la femme qui veut acheter notre maison à la campagne est la mère (ou la belle-mère, en toute probabilité) d’un camarade de classe du lycée où j’ai étudié.

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Après l'orage d'hier après-midi

On a dîné hier soir avec l’amie partenaire en course du copain et son mari — le copain et sa partenaire ont couru au long des deux fleuves urbains, du Village de l’ouest jusqu’à la « ville de l’alphabète » à l’est — l’aller-retour fait une distance d’à peu près treize kilomètres. On a décidé d’aller dans un restaurant français tenu par un Anglais né en France dans la 12e rue ouest : Jarnac. Moi j’ai pris des rillettes de canard pour commencer, et une blanquette d’agneau qui était très réussie, le tout arrosé d’un Vaqueyras blanc pas mauvais du tout.

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Vue des tours du Centre Time-Warner au Rond-point de Colomb

Aujourd’hui il fallait récupérer la voiture qu’on avait laissée chez les mécaniciens (qui se font payer 95 $ l’heure) — j’ai dû aller jusqu’à la 59e rue en métro et continuer à pied jusqu’à l’avenue du Bout occidental (alias, West End Avenue) où l’on m’a rendu la bagnole après avoir payé plus de 2100 $ de frais de réparation et de matériaux ! C’est du vol ! Cela m’a mis dans une humeur affreuse que la circulation débile sur l’autoroute du côté ouest n’a pas améliorée.

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Une tour Trump — je ne me rappelle plus du nom, il y en trop

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Vue du Rond-point de Christophe Colomb

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Vue de Broadway vers le nord

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Entrée à l'école pour les petits acteurs

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Un petit drapeau arc-en-ciel flotte de l'escalier d'urgence d'un vieil appartement qui reste dans ce quartier où s'élèvent ces tours d'un complexe immobilier bâti par Donald Trump (et vendu depuis peu aux Chinois)

Ce soir on va à Brooklyn.

juin 21, 2005

De libris venalibus

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Je vais chercher la voiture dans le garage dans la 10e rue ouest

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Ce n'est jamais drôle dans la 6e avenue, surtout avec un peu de pluie

On n’a, je dois l’avouer, battu aucun record de vente en ce qui concerne le petit bouquin — « Une balade d’une heure dans le village de … » que l’on avait étalé sur notre table pliante pendant quelques heures le vendredi et le samedi derniers lors de la visite de jardins privés du village. Il y a eu pourtant des foules à venir inspecter les jardins, grâce au beau temps, mais on s’intéressait bien plus aux fleurs qu’à l’histoire, d’après ce que j’ai vu. On a quand même vendu une vingtaine d'exemplaires, à 5 $ chacun.

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Je m'approche à l'entrée à l'autoroute FDR dans la 23e rue est, avec les tours de Waterside Plaza à gauche, exemples de l’architecture « brutale », dénomination qui vient du français « béton brut » (si, si)

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Embouteillage sur l'autoroute FDR à cause de la pluie — tout le monde oublie comment conduire à la première trace de pluie

Le copain a, lui, fait une régate samedi après-midi, tandis que moi j’ai fait une tournée rapide aux jardins. Ensuite j’ai dû ranger un peu la maison parce qu’on avait un acheteur potentiel qui venait exprès de Washington pour voir notre cabane. (Une photo de la maison avait paru dans l’édition de vendredi du New York Times sous la rubrique « Escapes » où elle avait fait partie d’une sélection d’« anciennes maisons » de partout des États-Unis — les critères changent tous les vendredis. C’est un cadeau que le Times fait aux agents immobiliers et au fond c’est de la porno immobilière, puisque tout le monde y passe pour les comparer à leurs propres maisons et pour voir les prix, et cetera.)

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La grande tente montée dans ce jardin indique le « salon de thé » pour les visiteurs de jardins

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Des pivoines blanches encore en fleur — tout est en retard à la campagne à cause du froid de mai passé, je crois

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Ce jardin donne sur un bras de mer

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Des roses grimpantes abricot sur la maison d'une amie

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Une petite piscine décorative dans un jardin qui donne sur le port — avec des visiteurs qui se reposent aussi

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Scène typique de village à la campagne — roses, barrière blanche, vélos (des Raleigh anglais, en plus) laissés sans serrure

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Partie d'un jardin un peu à la française

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La maison de l'amie écrivain — sa chambre se trouve au 1er étage, marquée par les deux fenêtres à gauche

Dimanche on est allé au Rhode-Island chercher un four à micro-ondes chez l’odieux magasin Wal-Mart qui en dépit de ses pratiques antisyndicales désagréables réussit toutefois à avoir les choses dont on a besoin aux meilleurs prix et à des heures commodes. C’est pour une amie à nous qui a 89 ans et dont le mari vient de mourir — elle hésite à se préparer des repas à cause du temps qu’il faut et comme elle ne fait à présent que moins de 45 kilos, on veut l’encourager à manger — elle adore le copain et a bien voulu essayer le four à micro-ondes. En plus, on avait dû quitter la maison pour permettre une autre visite de la maison par l’acheteur potentiel de Washington. Une fois au Rhode-Island, on a fait un tour chez ma mère, qui va de mieux en mieux, mais qui a vraiment l’air de la vieille accroupie au foyer décrite par Ronsard. C’est triste, inévitable. On n’aime pas trop y réfléchir car cela ne sert à rien.

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L'entrée du Wal-Mart, vue du parking où il y avait du monde !

De retour au village, le copain est allé faire un peu de voile (il fallait surtout changer de mouillage) tandis que moi je suis allé à quelques librairies pour leur faire connaître le nouveau livre dont je suis responsable de la promotion. À quinze heures, il y avait une réunion chez nous de notre petit comité de publication — à quinze heures notre agente immobilière est passée nous donner un contrat de vente à signer, tandis que j’essayais à dominer les divers « moi » qui font partie du comité et qui ont tous des opinions virtuellement immuables. C’est toujours bien gai.

On lui a permis trois jours pour « expertise légale » et puis l’acheteur aura jusqu’au 5 juillet pour terminer tout diagnostic préalable à la vente (termite, radon, etc.). Et puis il faut fixer la date officielle de la remise — pour nous, on veut le 15 septembre (ou à peu près), mais l’acheteur a indiqué qu’il préférerait le 15 août. On verra. Mais en tout cas, ça a l’air d’être la fin d’une décennie cruciale pour nous deux, le copain et moi.

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Le futur restaurant chic Perry St (sic) sous la direction du chef vedette Jean-Georges Vongerichte au rez-de-chausée d'une des trois tours nouvelles de Richard Meyer qu'on a construites sur la rive du fleuve Hudson à l'angle des rues Perry et Charles — ah, le quartier change !

On est rentré dimanche soir avec deux invitées dans la voiture — une ex-rédactrice du Times et une amie qui cherche à quitter son boulot dans la finance. On a donc fait des escales dans l’Upper West Side et ensuite à Tribeca avant de garer la voiture au Village. Mais c’est marrant de conduire en ville, de se battre victorieusement contre ces fous de chauffeurs de taxi et les connards du Nouveau-Jersey.

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De la pub pour volaille qui se sert d'un calembour d'un goût un peu douteux

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Dans la rue Washington, vers le nord

Ce soir on dîne avec l’amie marchande de tableaux et sa mère, venue de Denver pour un court séjour new-yorkais de quelques jours. L’amie marchande de tableaux commence à avoir marre de ses traitements chimiothérapeutiques. Elle a perdu presque quatorze kilos depuis son opération et le recommencement des thérapies chimiques en fin février/début mars, mais elle a gardé tous ses cheveux.

C’est amusant que M. Bolton n’ait toujours pas pu prendre « son » siège à l’ONU — on suppose que Bush va le nommer « ambassadeur temporaire » pendant le congé du Congrès en juillet prochain.

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Les pivoines roses sont de notre jardin — l'estampe, qui date de 1788, est d'un tableau du peintre italien Luca Giordano qui se trouvait dans le salon au château de Houghton, a été trouvée à Philadelphie il y a des années, la lampe de bureau est un Tizio Classique d'Artemide, et mon âme-sœur, c'est mon PowerBook d'Apple, qui m'attend tout doucement

Le carnetier Billmon, qui s’est tu pendant une assez longue période, est à nouveau un « must » des grands carnets politiques américains « libéraux » — son intelligence et son scepticisme sont toujours en train de nous révéler des petits trucs intéressants sur la politique, l’économie et l’empire américains.

juin 18, 2005

De Gallis

Intéressantes considérations sur la France d'aujourd'hui par un journaliste de la BBC. Que vaut-elle, cette opinion?

Voici un site qui m'a fait perdre du temps (par Tom Tomorrow).

juin 16, 2005

Ad perpetuitatem ?

C’est vraiment du pur Orwell — la guerre qui n’en finira jamais, ce qui fournira bien aimablement aux Bushistes les raisons nécessaires pour justifier n’importe quoi. Mais en même temps, j’ai depuis ce matin le début d'un soupçon d’une impression que quelque chose vient de changer dans l’humeur de ce pays. C’est peut-être les audiences aujourd’hui à Washington sur les memoranda de la rue Downing. C’est le fait qu’un sénateur pas spécialement progressiste de l’état d’Illinois a osé exprimer son horreur devant ce qui se passe à Guantanamo et ailleurs — à la fureur de la droite et de la Maison blanche, qui ensemble hurlent « trahison ! » Le carnetier Atrios a posé une excellente question, en se demandant comment on va finalement bien sortir de cette aventure infâme quand personne ne peut expliquer définitivement pourquoi on y est allé au début. Armements de destruction massive, armes biologiques, et ensuite rapports avec al-Qaïda, installation d’un régime démocratique, libération du peuple irakien — n’importe quoi, puisqu’on change de raison pour cette guerre dite préemptive tous les jours.

Je suis à la campagne. Le copain me rejoindra demain soir. Il faut que je me fasse libraire/entrepreneur demain, on va essayer de vendre des exemplaires d’une petite brochure sur l’histoire du village à la rédaction de laquelle j’ai un peu aidé. Pourvu qu’il ne pleuve pas, puisque je vais le faire al fresco, derrière une petite table de bridge pliante montée dans le parc, afin d’attraper un ou deux des visiteurs qui nous envahissent demain et samedi pour la grande visite de jardins privés locaux. On attend jusqu’à 5.000 amateurs de jardin pour les deux jours (cela dépend bien sûr du temps qu’il fera demain et après-demain), donc c’est un marché bien ciblé, non ?

juin 15, 2005

Quid facere ?

Que faire en Irak ? C’est une question qu’on voit posée de plus en plus ici, ouvertement par la gauche et le centre et en cachette par les néo-conservateurs et l’administration Bush. Le commentateur débilement suffisant Tom Friedman, qui est depuis longtemps membre extraordinaire de cette intelligentsia médiatique de bobos benêts que se disent de gauche, mais qui sont en fait de droite (il faut absolument lire ce billet d’Arthur Silber, qui y cite l’excellente Riverbend du carnet Baghdad Burning, qui elle en sait quelque chose sur l’histoire de la politique intérieure irakienne), dont les articles montrent un manque génialement insouciant de justesse dans les faits énoncés ainsi que dans les conséquences qu’il y avait prévues, a même déclaré aujourd’hui qu' « il nous faut parler de l’Irak », juste après avoir donné à entendre que les démocrates frôlent la trahison pour se réjouir de la débâcle irakienne… due aux politiques bâties de gros mensonges de notre grand leader irréprochable et de ses honorables laquais.

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Je quitte l'appartement pour aller dîner chez les parents du copain dans l'Upper East Side

Selon certains (« So even though the memo is important, there's a sense that people don't want to revisit the lead-up to war » a dit le conseiller démocrate David Axelrod dans cet article), on ne peut plus discuter des bonnes ou mauvaises raisons pour cette guerre. Que faire ?

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Tout est tranquille dans la 11e rue ouest

Certains démocrates se sentent vraiment coincés. « “I think Democrats have largely been backed into a corner on Iraq,” said Judith Hope, a DNC executive committee member from New York. “While most of us believe we should never have gone in there in the first place, many of us believe that now that we’re there, we have no choice but to finish the job. It would be both immoral and dangerous to bail out of that part of the world, given what we know today.”

She added that the day may come when “the political leadership of this country has to say, ‘Not only was it a mistake to go in there, it’s a failure, and we’ve got to get out,’ but I don’t think we’re there yet.” »

« Je ne pense pas qu’on est encore arrivé à ce point-là » — ce « point-là » qui signifierait l’aveu de l’échec de ce caprice de néo-con, on va le payer avec combien de morts en plus ?

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L'avenue Greenwich sous un soleil d'après-midi

Sans aucun retour vers le passé, les responsables militaires américains sont de moins en moins optimistes sur l’aboutissement espéré de leurs opérations militaires. Pour répondre à la question : est-il encore possible aux forces armées américaines de « gagner » en Irak ?, il faut d’abord fixer le sens du mot « gagner ». Si « gagner » (ou « finish the job » pour reprendre la phrase citée ci-haut, où le « job » en question reste toujours à définir) veut dire « établir un état (plus ou moins) démocratique appuyé par une majorité des habitants des ethnies diverses du pays sans une présence importante de troupes de la « Coalition », je dirais que c’est impossible. Si, par contre, « gagner » veut dire « établir un protectorat aux confins limités à certains centres urbains et aux régions pétrolières du pays, le Kurdistan agissant toujours en région indépendante, avec la présence illimitée de centaines de milliers de troupes, pour la plupart américaines, ainsi que l’établissement de plusieurs bases partout dans le pays afin de surveiller tout le Proche-Orient », je dirais que, oui, c’est possible.

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Je vais à l'entrée de métro de la 12e rue ouest

Le carnetier Steve Gilliard affirme, sans ambiguïté aucune : « We will lose Iraq, the question is how. » On va perdre l’Irak, il s’agit seulement de savoir comment.

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Dans l'avenue Lexington, la nouvelle tour Bloomberg au fond

Et quand. C’est comme au Viêt-Nam, quand on savait que, en dépit de toutes les « bonnes nouvelles », au fond la longue lutte était finie et qu’on l’avait perdue. Personne n’a voulu être le premier à le dire — et c’est pour cela que des milliers de soldats ont retrouvé la mort inutile bien qu’on savait déjà, à Washington, à Moscou, à Hanoï, et à Saïgon, que la guerre avait fini. Moi, je parie qu’il va nous falloir un désastre d’ordre assez grave (beaucoup de blessés, de morts parmi des Américains) avant qu’on ne puisse contempler la fin de l’occupation. C’est alors qu’une majorité trop importante du public américain dira très fort « Ça suffit ! » et les hommes politiques se précipiteront à leur répondre. Mais jusque-là, on va subir la détérioration lente et mal comprise de la situation politique et militaire, où l’on nous annoncera à la télévision les morts hier de 2 ou de 5 ou de 3 militaires américains en Irak. C’est comme une fuite d’eau — ça gêne, oui, mais ce n’est toujours pas le déluge.

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C'est dans cet immeuble résidentiel où le baron Guy de Rothschild s'est réfugié en 1982 pour échapper au régime socialiste de François Mitterand qui avait nationalisé sa banque familiale

Pour nous distraire et nous faire oublier l’échec en Irak, on propose un Amendement constitutionnel pour interdire tout acte de « désacralisation physique » de la bannière étoilée. On ne définit toutefois pas sans équivoque de quoi il s’agit — le célèbre tableau « Flag » de Jasper Johns peint en 1954-55 serait-il par exemple en violation de cet amendement ? Ou ces pantalons-ci ? Ou ces chemises dites « patriotiques » ? C’est sacrément trop top super joli, non ?

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Vue du salon de l'appartement des parents du copain

Assez de ces réflexions sombres. Maintenant à de bonnes nouvelles (de vraies, je promets). On a le plaisir de constater le retour de Nothing and some more (merci, Manur).

Cela ne surprendra sûrement personne, mais ça vaut la peine de le répéter (et puis c’est gentil, n’est-ce pas, de faire des compliments ?) : nos voisins canadiens sont vachement plus civilisés que nous — on en voit les preuves tous les jours. En voici une autre, qui m’a fait sourire de jalousie.

Espérons aussi que nos voisins du nord se montrent assez forts et civilisés pour pouvoir repousser les demandes exagérées faites par les autorités américaines à propose des renseignements sur des passagers de vols domestiques canadiens. Hé oui, nous menaçons nos amis canadiens d’une interdiction éventuelle de survol de l’espace aérien américain pour les vols domestiques canadiens si les autorités canadiennes refusent de fournir aux Américains les renseignements demandés sur les passagers. La souveraineté nationale, cela veut quoi, à ces gens-là ?

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Un menu d'été typiquement américain : des cuisses de poulet frites, de la salade de pommes de terres, des œufs à la diable, une salade de tomates et d'oignons, et du vin de Californie

Cela m’a rappelé cette drôle histoire d’Américains « illégaux » au Mexique racontée par E. Mais a-t-on vraiment le droit de ne pas apprécier le molé au Mexique ?

juin 14, 2005

Beneficia

Il est évident que, de plus en plus, les journalistes sont considérés par le public américain comme une classe privilégiée qui fait partie de l’establishment. Il est vrai que certain d’entre eux ont grand peur des carnets Web, de ces médias citoyens, de l’énorme démocratisation de l’information qui signifie que faire parvenir les informations aux autres n’est plus la sphère privée de ceux munis d’un diplôme de journalisme. On se rend compte en plus que le journaliste est un employé comme les autres, c’est-à-dire qu’il a besoin de plaire, d’une manière ou d’une autre, d’abord à sa rédaction et ensuite au propriétaire s’il veut toucher son salaire. C’est cette nécessité de plaire au pouvoir (et donc de se faire payer le salaire) qui inévitablement rend suspect les intentions de trop de journalistes. Un journaliste est-il vraiment libre de dire toute la vérité ? N’est-il pas sujet à des pressions de carrière, de salaire, d’histoires de gestion interne de la boîte qui lui feront choisir le facile et le commode à la place du vrai fâcheux? De plus en plus de gens ne le croient plus.

Les événements qui ont précédé la guerre en Irak ont montré une presse bien plus avide de l’action des champs de guerre que d’analyses sur la validité des raisons offertes par l’administration pour justifier cette même guerre. Ah, les explications, c’est ennuyeux, les reportages de batailles, ça, tout le monde va regarder ou lire. Comme le note Digby de Hullaballoo:

The fact of the matter is that the media are part of the political establishment, as as such, had as much of a stake in making the case for the war as the administration did, despite the fact that many of them knew very well there was no threat. They couldn't wait to go to war. They were intoxicated by bloodlust and they sold that bloodlust like it was the best reality show in history --- "9/11: America's Revenge" and they were right. It was a hell of a show.

Certains contre-attaquent — on en parle ici sur dKos, où l’on discute depuis quelques semaines une proposition sous considération par la Commission fédérale des élections sur le financement des campagnes électorales et le rôle des carnets Web. Voici un extrait d’une lettre envoyée à cette Commission par la directrice d’un institut universitaire chargé d’étudier la politique, la démocratie et Internet, avec mes commentaires insolents ajoutés entre parenthèses :

« If anyone can publish a blog, and if bloggers are treated as journalists, then we can all become journalists. (Ô l’horreur !) If millions of “citizen journalists,” as bloggers like to call themselves, are given the rights and privileges of the news media, two consequences will follow. One is that a newly-expanded media exemption encompassing millions of bloggers will create a new loophole that will eviscerate the contribution and expenditure limits of the campaign finance law. »

« The other consequence is that the privileged status the press (qui est en majorité sous l’emprise de grosses multinationales alliées aux tendances les plus conservatrices des républicains, mais passons) currently enjoys will diminish (quel dommage!). When that happens, an erosion of its most important privilege, its ability through shield laws to protect the anonymity of its sources, will surely follow. While the FEC has no jurisdiction over shield laws, a change in the rules defining the news media in one arena is bound to affect other laws. As the pool of those considered journalists quickly expands, it is inevitable that the media’s fragile privilege to refuse to answer questions about sources posed by prosecutors and grand juries will narrow. The ramifications of the bloggers’ demand are enormous. The issue before the FEC goes to the heart of the fundamental questions that define a democracy’s relationship to a free press: Who should be treated as a journalist, and what special privileges, if any, should they receive? »

J’ai l’impression que ce débat important ne vient que de commencer.

La cote de popularité de Bush continue à descendre. C’est la mère d’un soldat de 24 ans tué en Irak qui a dit le suivant (l'article en entier se trouve ici) : We're watching you very carefully and we're going to do everything in our power to have you impeached for misleading the American people," she said, quoting a letter she sent to the White House. "Beating a political stake in your black heart will be the fulfillment of my life ... ," she said, as the audience of 200 people cheered.

« Enfoncer un pieu politique dans votre cœur maléfique sera l’accomplissement de ma vie. » Non, elle n’est pas contente.

juin 13, 2005

Innocens

Je me trouvais dans la salle des machines d’exercice aérobique à essayer de « dépenser » quelques calories excessives quand on a annoncé les verdicts dans le procès de Michael Jackson — les huit postes de télévision suspendus du plafond diffusaient tous les scènes prises devant le palais de justice de Santa Maria dans le comté californien de Santa Barbara. Une trentaine de petits postes montés devant les machines individuelles affichaient les mêmes images. Il y avait une douzaine de personnes dans la salle, dont onze suivaient les événements à la télévision, les écouteurs sur les oreilles, les expressions un peu plates, neutres, mais concentrées. Finalement, on a commencé à énoncer les verdicts sur les accusations : « Not guilty ». Tout le monde dans la salle regardait les postes. « Not guilty. » La litanie se poursuivait. Une chaîne a montré une foule assez grande assemblée dans le Times Square à suivre ce qui se passait simultanément en Californie.

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Vue du garage, où l'on attendait la voiture vendredi soir — c'est la 7e avenue au fond

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Au feu de la 22e rue à l'angle de Broadway — on est en route vers l'autoroute FDR

Personnellement, moi, j’étais soulagé — je n’avais pas, il est vrai, suivi de trop près les nouvelles du procès, mais d’après ce que j’avais compris des témoignages que j’avais lus ou entendus, j’avais toujours l’impression que M. Jackson avait été victime d’un coup monté par la mère du gosse avec qui Jackson était censé avoir eu des rapports illicites. Ce n’est pas dire qu’il n’a pas fait preuve lui-même d’un manque de bon sens presque incroyable, mais c’est là le propre de la grande vedette — de ne pas s’imaginer vulnérable, ou de l’oublier. Dans le temps j’ai travaillé pour une personnalité célèbre qui a eu des histoires semblables et je me souviendrai toujours du ravissant jeune homme aux cheveux noirs dont les parents ont insisté à ce qu’il aborde mon employeur sur l’escalier extérieur d’un palace à Vienne. C’était la mère qui l’avait poussé à dire bonjour à mon « chef » — il était écossais et avait un accent des plus charmants, presque folklorique à nos oreilles new-yorkaises — pour lui dire aussi qu’il cherchait à faire le même métier que mon chef. Mon chef s’arrêta sur une marche, regarda le jeune homme nerveux, et lui dit « Voulez-vous dîner avec moi ce soir ? On pourra alors parler de votre avenir et de votre choix de carrière. » Après une rapide consultation oculaire avec sa mère ravie (ils étaient venus d’Écosse dans l’espoir d’une éventuelle rencontre), il accepta l’invitation. Il est dûment retourné à l’hôtel à l’heure convenue — et mon chef à moi m’a dit très précisément qu’il ne fallait pas laisser mon « chef » tout seul avec son invité. Oui, je suis devenu alors la duègne du chef — on était quatre à table, à dîner dans une des salles privées de l’hôtel. Le décor, la cuisine, le service, tout était brillant. Mon chef avait déjà bu beaucoup de Ballantines(drôle de site), sa marque préférée de whisky. C’était un être plein de vie et d’intelligence, mais il était seul et il souffrait de sa solitude. Il avait « un petit ami » officiel, qui pourtant le traitait souvent avec un dédain assez étonnant — une fois on l’attendait à Munich, on découvre trois jours plus tard, après des coups de téléphone hystériques un peu partout, qu’il était passé par Amsterdam, sans pourtant être capable d’avertir son « patron » ce qui lui était arrivé — et c’était bien sûr le patron qui payait tout. Donc, mon chef était seul, un peu déprimé, un peu saoûl, un peu ennuyé — et voilà qu’il a l’occasion de dîner avec un superbe éphèbe fana de lui. Hmmm.

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On fonce vers le FDR — c'est l'ONU au fond

Malgré tous ses efforts à me chasser du petit salon où l’on mangeait, j’ai fait mon devoir (il avait toutefois réussi à insulter un autre des convives, qui était parti en claquant violemment les portes vers sa chambre, où il s’est enfermé pendant deux jours entiers en dépit des excuses orales et écrites du chef). Mon chef a bien essayé de faire sa cour au jeune Écossais, gêné, cherchant à plaire, mais peu certain de ce qu’on attendait de lui ; moi je restais là à assurer la parfaite décence exigée par mon chef à moi, qui ne voulait pas de scandale. À la fin de la soirée, j’ai accompagné le jeune homme à l’ascenseur et je lui ai dit bonsoir. La chair fraîche partie, je suis retourné à l’appartement d’hôtel où j’ai vu de mes yeux que mon chef, toujours habillé, s’était jeté sur son énorme lit défait, où, allongé sur son dos, il ronflait bruyamment. J’ai retrouvé ma chambre où j’ai essayé de suivre des programmes américains en version allemande. (Difficile à mettre tout ça dans un CV.) Donc, je suis content que Michael Jackson, aussi idiot et fou qu’il soit, n’ait pas été condamné.

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Sur l'autoroute

Je suis content aussi que Florence Aubenas et Hussein Hanoun aient retrouvé leur liberté. C’était une très bonne nouvelle.

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Vue du pont de Queensborough (aussi connu comme le pont de la rue 59e

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L'hôpital psychiatrique de Manhattan derrière les arbres — bien que cela ne se trouve pas sur l'île de Manhattan

Ce week-end dernier était agréable. Samedi matin le copain a couru 19,3 km avec sa partenaire à 7 heures du matin (pour éviter la chaleur) et moi je suis allé à la salle de muscu après m’avoir fait couper les cheveux tout ras. Le copain est allé ensuite faire de la voile à bord d’un nouveau voilier de course (J-22) acheté par deux amis et sur lequel il fera partie de l’équipe lors des courses de voile locales. Il est rentré tout rouge, mais très content de ses six heures en bateau. A la dernière minute, on avait invité des gens à venir dîner chez nous et c’était à moi de leur préparer de quoi manger — du saumon fumé aux concombres pour commencer (ultrafacile à faire, j’avoue), des blancs de volaille à l’estragon en plat principal avec un assortiment de légumes (oignons, navets, carottes) préparés dans du bouillon de volaille et du vin blanc (toujours du vin), un excellent camembert bien fait (ce qu’on trouve rarement à la campagne), du comté et du chèvre, et des sorbets variés. Le tout arrosé d’un Sancerre rouge bien frais et, pour l’amie écrivain qui n’aime pas le rouge, du Pouilly-Fuissé « Les Vieilles Vignes » que j’aime beaucoup aussi et qui ne coûte « que » 14,95 $ la bouteille.

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Le parking d'une grande quincaillerie du coin

Les invités se connaissaient tous, ce qui est toujours plus facile pour les hôtes, et l’un des couples est venu avec leur nouveau chiot, un terrier gallois à l’âge de12 semaines, qui courait partout dans la maison, sa « gardienne » lui courant après. C’était agréable d’avoir de nouveau un chien à la maison. Ils sont tous les deux diplomates retraités, et lui il est plutôt à droite (il estime que les choses vont mieux en Irak, par exemple, l’amie écrivain a protesté que non, pardon, ça n’allait pas du tout et puis ils se sont parlés en hongrois (si, si, en hongrois, qu’elle savait mieux autrefois et lui qui avait passé une partie de son enfance avec son père à Budapest). Mais à part ça, on n’a presque pas parlé politique. De toute façon, l’ambassadeur aime sermonner et ce n’était pas la peine de le contredire. Sa femme, ambassadeur elle aussi, ne l’écoutait qu’à demi, elle jouait avec le chien.

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Je suis allé visiter l'atelier d'une peintre amie dans cette usine désaffectée

Dimanche on est allé déjeuner avec une amie du copain et puis en bons enfants on est allé dire bonjour à ma mère, qui va mieux. On a passé quelques moments avec elle au soleil sur la terrasse.

On a quitté la campagne vers huit heures — un peu tard, d’accord, mais il fallait ranger la maison pour l’agente immobilière. On est arrivé à Manhattan vers 22 heures 30. On a ramené avec nous des pivoines en boutons, tout prêtes à s’ouvrir — je les ai mises dans une vase dans la cuisine et puis, ce matin, elles sont toutes en fleur.

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Mon bureau avec les pivoines en fleur

juin 10, 2005

Nebulosus, calidus et umidus

Depuis cinq jours (à partir de dimanche dernier) il fait un temps (« hazy, hot and humid » de la météo TV repris en titre latinisé) qui écrase toute envie de réfléchir sur quoi que ce soit — mauvaises nouvelles de l’Irak, révélations régulières de nouveaux mensonges de Bush et Cie, histoires de grandes fraudes d’argent en Ohio (état qui a fait gagner Bush, ce qui n’est pas sans rapport dans la « victoire » de celui-ci), évidence de « lesbianisme » chez Hillary Clinton et tout le reste de la poubelle médiatique. C’est le début de l’été à New-York, saison qui n’est caractérisée ici par aucun sentiment de « Bonheur de vivre » particulier — on ne danse pas tout nu et en rond à la Matisse dans le Parc central (il y a pourtant des parties de patins à roulettes accompagnées de musique disco des années 70 et 80 qui plaisent à certains). Ah, mais il faut, contre toute velléité, se ressaisir et se mettre à la tâche.

Sous la grande rubrique « Dernières Dépêches du Nouveau Monde » : d'abord, pour les scientifiques : on nous apprend qu’il y avait plusieurs paires de dinosaures sur l’Arche de Noé et que les os qu’on trouve un peu partout dans le monde seraient seulement des os de dinosaures d’âges différents et non pas d'espèces différentes. Et puis, après le grand déluge, il est évident que la flore de la terre inondée avait pas mal changée, donc il n’y avait plus de quoi nourrir certaines espèces de dinosaures, qui ont très logiquement disparu, selon ces gens instruits, faute de croquettes pour les lézards (expression piquée chez l’Alcoolique mondain, avec modification obligatoire).

Ah la la, est-ce seulement la chaleur qui me rend si désagréable ? Pourquoi ne ressens-je pas la même foi en les contreforts institutionnels principaux de la République américaine que mes concitoyens ? Ils aiment, en ordre descendant de popularité, l’armée, la police et l’Église (sondage trouvé chez Billmon). Pourquoi suis-je si déphasé ?

Nous avons, le copain et moi, un ami architecte qui est d’origine bolivienne (il vient de devenir citoyen américain après plus de vingt ans de résidence aux États-Unis). Sa famille habite Cochabamaba, ville agréable d’après lui. Il a essayé de s’y rendre il y a quelques jours, à cause de la situation actuelle au pays, mais il a été bloqué à l’aéroport et a dû rentrer à New-York. L’ami péruvien, avec qui l’on a dîné hier soir dans un restaurant choisi exprès pour la force bienvenue de sa climatisation, nous a dit que ce qu’on craint le pire au Pérou serait une guerre civile en Bolivie entre les indigènes et ceux d’origines européennes et autres. On peut suivre l’actualité bolivienne sur place chez ce carnet Web de Cochabamba (trouvé chez cursor). Le carnetier a clairement eu peur hier.

Le dégoût ressenti par le public pour les journalistes de la presse dominante (traduction inélégante de l’anglais « mainstream ») ne va sûrement pas diminuer grâce aux révélations comme celle-ci sur le silence pour le moins curieux de nos reporters intrépides — euh, ben, plutôt trépides, à ce que je vois. Je cite un passage de l'article:

The fact that it took five weeks for more than a handful of Washington reporters to focus on the memo highlights a striking disconnect between some news consumers and mainstream news producers. The memo story epitomizes a mainstream press corps that is genuinely afraid to ask tough questions and write tough stories about the Bush administration. Worse, in the case of the Downing Street memo, it simply refuses to report on the existence of a plainly newsworthy document.

Ailleurs, le carnet du dessinateur politique Tom Tomorrow est devenu depuis quelque temps un carnet à multiples auteurs, et l’on y trouvera la langue spécialement mordante de Billmon, qui traite lui aussi le mémorandum dit de la rue Downing ici, où il fait une critique encore plus brutale que celle d’Eric Boehlert dans Salon sur nos dignes gardiens de l’information :

Prodding the media into revisiting a story it has collectively decided to ignore isn't impossible, but it's extremely hard. Once the journalistic herd has made up its collective mind (think of a pile of slime mold growing in your refrigerator) the overwhelming tendency is to move on to the next story. Even more than most people, reporters and editors live in a fog of sensory overload. New stories break every day, every hour, and decisions about whether to cover them are made on the fly, usually by people (i.e. editors) who are barely competent to unroll their socks in the morning.

« À peine capable de dérouler leurs chaussettes le matin » — c’est quand même délicieux ! Il y en a plus chez Billmon ici.

Brèves européennes : Ce que j’adore le plus chez Netlex (et je souligne qu’il y a vraiment un tas de raisons différentes pour apprécier ce site toujours plein de choses à découvrir), c’est qu’on trouve chez lui des sites tel Littérature estonienne (un double plaisir, parce que je m'intéresse à l’Estonie et parce que je trouve qu’il est formidable qu’on ait cette ressource de recherche sur cet aspect de la culture estonienne en français). C’est aussi chez Netlex où j’ai appris que la chaîne française d’information va enfin commencer à diffuser par satellite et j’espère bien qu’on insistera à pouvoir la capter dans toutes les chambres d’hôtel de Pékin à Las-Vegas. Il ne faut pas laisser le terrain au CNN et à la BBC sans aucune concurrence francophone (et je suis désolé, mais la Cinq ne suffit pas.)

Silt d’Amsterdam fait des vacances méditerranéennes. Il prend des photos d’« Europe en crise ». (Cela fera l'affaire des anti-européens chez nous.)

Et finalement, je sais que depuis pas mal de temps maintenant je pourrais être considéré comme un de ces pédés qui sont convenablement assimilés au monde hétéro. Finis les séjours d’été à l’Île de feu, finies les marches de la fierté gaie, finie la drague aux bars et aux discothèques gais.On voit mon nom (avec celui du copain) sur les cartons d’invitation entre M. et Mme Quelquechose et M. et Mme Machin et on peut s’imaginer compté parmi les « normaux » de la communauté. Il n’est plus de bon ton, à New-York au moins, dans les milieux que je fréquente (BCBG, bobo, les artistes, le grand monde — tout ce que vous voulez, cela ne me gêne point), de dire du mal des homosexuels — publiquement. On peut donc se donner l’illusion que tout va bien et qu’il n’y a plus d’effort à faire dans ce domaine. On aurait bien tort. A ce sujet je recommande ce billet excellent intitulé « Actions et réactions » de Pascal chez Finis Africæ, ainsi que la réponse considérée de François. Comme si l’on avait vraiment besoin de se rappeler de l’existence de l’homophobie quelconque de tous les jours, Ron l'Infirmier à la plume d'or en parle ici chez lui. Tous les trois valent le détour. Bon week-end.

juin 07, 2005

Esse adulti

Dans ma lecture quotidienne (ou plutôt nocturne — je lis au lit avant d'éteindre la lumière) je suis toujours sous le charme du zoologue Richard Dawkins, qui n’a pas peur de dire des choses qui ne plaisent sûrement pas à tout le monde. Voici quelques passages lus hier soir extraits du chapitre « Time to Stand Up » de « A Devil’s Chaplain ».

« Is there no catastrophe terrible enough to shake the faith of people, on both sides, in God’s goodness and power ? No glimmering realization that he might not be there at all : that we just might be on our own, needing to cope with the real world like grown-ups ? »

« The human psyche has two great sicknesses : the urge to carry vendetta across generations, and the tendency to fasten group labels on people rather than see them as individuals. Abrahamic religion mixes explosively with (and gives strong sanction to) both. Only the wilfully blind could fail to implicate the divisive force of religion in most, if not all, of the violent emnities in the world today. Those of us who have for years politely concealed our contempt for the dangerous collective delusion of religion need to stand up and speak out. »

Pas mal, non ?

juin 06, 2005

Ad pinacothecam

Vendredi soir, donc, on est resté à Manhattan et pour fêter notre immobilité inaccoutumée on est allé dîner à Chelsea avec l’ami galeriste, qui travaille samedi et ne peut se rendre à sa maison de week-end à l’Île de l’Eau, une petite communauté sur l’Île de Feu à l’est des Pins de l’Île de Feu, l'un des deux grands centres gais de l’île (l’autre étant la Ceriseraie ou « Cherry Grove » où ont séjourné le grand poète WH Auden et les peintres, qui furent aussi pour un temps des amants, Paul Cadmus et Jared French). On est allé à un petit restau italien dans la 8e avenue, ni chic ni cher, où j’ai pris des sardines fraîches grillées pour commencer (ça a fait horreur à mes convives, qui ni l’un ni l’autre n’aime les petits poissons) et un bon spaghetti à la bolonaise comme plat principal. Il y avait du monde, tout beau, tout jeune, tout musclé, tout bronzé (accompli à Miami, pas ici, c’est sûr), à faire la passagiata, ou promenade du soir, langoureuse et solennelle, sur les trottoirs de la 8e avenue et donc devant notre table, les vitrines du restaurant ayant été gentiment ôtées pour nous permettre à goûter les premiers plaisirs urbains de l’été. Samedi matin le copain est allé courir une distance folle de kilomètres tandis que moi je me suis traîné ver la salle de sports afin de tenter de me délarder (c’est pas du tout joli comme mot, je trouve, mais c’est exact) un peu avant de partir pour Philadelphie.

L’ami promoteur immobilier et notre compagnon de route est arrivé chez nous vers midi et demi et l’on s’est allé ensuite chercher la voiture au garage, d’où l’on s’est mis en route vers le tunnel de Hollande et l’autoroute à péage du Nouveau-Jersey. Pas grand-chose à dire là-dessus, c’est un déplacement qui n’est ni beau, ni intéressant, seulement nécessaire afin d’accéder aux destinations au sud de New-York. Il y avait en fait pas mal de circulation sur l’autoroute (à huit voies dans chaque sens, quand même). On est finalement arrivé à la jonction de l’autoroute à péage de Pennsylvanie où l’on tourne vers l’ouest en longeant la frontière nord de la ville de Philadelphie. Quelques sorties plus loin, on « descend » de l’autoroute pour la 309 qui nous amène vers la maison de ma sœur, qu’on arrive à retrouver sans trop de mal.

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La banlieue de Philadelphie — le quartier de ma sœur

Nous déposons nos affaires chez ma sœur et on va tout de suite au Marché du quartier de la Colline aux Châtaigniers pour acheter nos provisions pour le dîner ce soir (poulets bio, oignons, salade, tarte au citron vert des îlots de Floride).

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L'entrée au marché de la Colline des Châtaigniers

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Chez le marchand de légumes

On se rend alors chez notre amie, qui habite avec sa famille une maison un tout petit peu bordélique (ancienne femme d’affaires très réussie, elle est nettement moins forte en entretien ménager domestique !)

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L'adorable Labrador doré Stuart — tiens, c'est difficile à dire, ça !

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La terrasse qu'on a transformée en salle à manger

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La maison vue du nord

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L'entrée originale de la maison, qui date de 1860

On fait un tour de la petite propriété située aux bords de la ville de Philadelphie et comme il fait assez chaud, on décide à dîner dehors sur la terrasse d’à côté.

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Des iris de Sibérie dans le jardin — ils aiment le soleil, il paraît

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Des chevaux qui paissent dans les champs voisins

L’ami promoteur immobilier est allé chez une parente qui vient de s’installer à Philadelphie, dans l’ancien quartier ouvrier de Manayunk qui s’embourgeoise peu à peu. Elle est procureur adjoint de district pour la ville de Philadelphie, poste qu’elle remplit après avoir travaillé pendant neuf ans comme agente fédérale antidrogue à Houston, au Texas ! Pour moi ça a jeté un petit froid sur la soirée — j’avoue avoir de forts préjugés contre les flics — et je veux bien admettre qu’elle était polie, intelligente, mais elle ne buvait pas, et en fin de compte elle avait une tête froide de flic inspecteur et veillant. On est rentré chez nous vers minuit.

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Dans le parking élégant de la fondation Barnes à Merion

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La façade principale de la fondation Barnes, avec un groupe de russophones qui vont entrer avec nous

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Un élégant puits en pierre taillée dans le jardin de la fondation

On est retourné chez nos amis vers 9h30 pour prendre le petit déjeuner avant d’aller en monospace serré visiter les trésors de la fondation Barnes (et il y en a de vrais !).

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Derrière le bâtiment principal

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La maison privée du Dr et Mme Barnes, à deux pas du bâtiment principal — cela ne se visite pas

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Un détail architectural en terre cuite prise d'une porte sculptée en Côte d'Ivoire

Le copain et moi, nous avons loué des guides radio — la critique n’était pas extraordinaire, mais elle nous a expliqué un peu pourquoi le collectionneur Dr Barnes avait voulu créer des compositions murales de tous ces tableaux. En fait, il s’agissait d’un petit cinglé riche et avide qui avait envie de ramasser toutes sortes de tableaux « importants » et qui a dû faire le bonheur des marchands d’art à Paris dans les années 20 jusqu’aux années 40. Mais la collection, dans un bâtiment conçu par l’architecte franco-américain Paul Cret en 1926, est tout proprement fantastique — 170 tableaux de Renoir, 55 de Cézanne, 20 de Picasso, des van Gogh, des Chardin, des El Greco, des De Chirico, des Degas, un Toulouse-Lautrec inoubliable, un Monet d’une beauté tout à fait étonnante. « Le Bonheur de vivre » d’Henri Matisse qui est extraordinaire, les Seurat, les dessins, les sculptures. Le tout rangé par le docteur lui-même selon des « principes » pour le moins douteux, mais ce qui est vraiment incontestable, c’est l’aspect excentrique et « personnalisé » de cette collection, qui va très vraisemblablement être bientôt déménagée de sa banlieue originale vers le centre de Philadelphie d’après les décisions récentes d’un juge dans un énorme procès sur la disposition ultime du legs du docteur Barnes. C’est pourquoi on a fait un effort pour la visiter avant son déménagement. Mais en vérité je n’ai pas beaucoup apprécié la manière dont le cher docteur avait disposé ses beaux tableaux — fidélité à l’excentricité du collectionneur n’est pas une raison absolue pour nuire aux œuvres, et comme il manque à la fondation de l’argent pour entretenir ses possessions, je ne suis pas contre la construction d’un musée plus grand, plus ouvert et, surtout, plus accessible où plus de monde pourra venir apprécier ces grands tableaux dans des conditions moins ridicules (le Dr Barnes par exemple trouvait que les charnières en métal ajoutaient à l’appréciation des vues du Mont-Sainte-Victoire de Cézanne et il en posait des tas, de toutes époques, sur les murs de ses galeries, entre les tableaux).

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L'entrée au grand deli Hymie's à Marion

On a déjeuné dans un grand delicatessen juif bondé au nom de Hymie’s, où j’ai pris un excellent sandwich Reuben, tandis que le copain a opté pour la grande « spécialité » célèbre de la région philadelphienne, le steak au fromage avec des oignons et de la sauce à la philadelphienne, aussi connue comme le « Philly cheesesteak ».

Presque stupéfait pas tout ce qu’on avait mangé, on a commencé notre retour vers Manhattan en retournant sur nos pas. Il y avait toujours de la circulation (on ne fait que rouler en voiture au Nouveau-Jersey, il me semble, et on devrait finalement asphalter tout l’état pour convenir aux désirs pas très refoulés des habitants).

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Dans la file devant l'entrée au tunnel de Hollande, avec les gratte-ciel de Manhattan au fond à l'horizon

De nouveau chez nous dans la rue Perry, le copain m’annonce qu’il a envie d’aller voir « La Revanche des Sith ». Bon, on choisit le cinéma selon le seul critère qui m’importe : les boissons gelées (hélas, pas de margaritas).

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En route au cinéma, on dit bonjour au bureau du copain

On va aux cinémas dans la 34e rue ouest, où l’on est en train de promouvoir un festival de films lesbiens, gais, bisexuels, et transgenre — il y en avait qui me paraissaient intéressants. J’ai dû accepter de boire un icee aux myrtilles (le parfum cerise ne marchait pas, c’est trop typique). On a trouvé des places au milieu, on s’y est installé avec nos boissons et nos sacs de pop-corn médiocre, et on a regardé le film sur un écran géant — ça nous a plutôt plu. Non, ce n’est pas parfait, le scénario n’est pas brillant, Ewan McGregor joue très plat, il n’y a que le chancelier Palpatine, joué par l’acteur anglais très expérimenté Ian McDiarmid, qui montre beaucoup de finesse dans son interprétation. Mais je me suis plu.

juin 04, 2005

Sumus hæsi

Pour ceux qui s’intéresseraient à savoir comment on voit aux États-Unis la position américaine pour le moins difficile en Irak, je recommande ce billet publié chez DailyKos intitulé « The Democrats, The Republicans, and Iraq » où l’auteur note « We are, in a word, stuck. » Les commentaires sont très intéressants aussi. On se sent vraiment coincé. On a fait une grosse erreur. Comment s’en sortir ?

juin 03, 2005

Ad Philadelphiam

Demain on va à Philadelphie, où l’on va dîner avec une grande amie et sa famille (deux fils adoptifs et son mari, tous adorables). Et puis, dimanche après-midi, c’est la visite à la fondation Barnes, située dans la banlieue huppée de la Main Line, dans le petit village de Merion. On va rester chez ma sœur, qui par contre passe le week-end chez ma mère, au Rhode-Island. Elle nous a encouragés à faire la foire chez elle. On verra.

juin 02, 2005

Flores atque cerasi

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L'intersection pas chic de la 6e avenue et la 14e rue ouest

Le quartier du vêtement à New-York n’est plus ce qu’il était — mais cela ne surprendra personne, une grande partie de l’industrie vestimentaire s’étant déménagée depuis longtemps, d’abord vers Los-Angeles (usines aux travailleurs immigrés mexicains plus ou moins légaux, mais en tout cas pas chers) et ensuite vers l'Asie, surtout la Chine.

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Ce petit bâtiment au toit baroque remonte à l'époque où l'on avait des trains aériens dans la 6e avenue — il y avait un joaillier ici, et les passagers verraient l'élégante façade du 1er étage, ainsi que le toit orné

Je n’ai donc pas réussi à trouver des boîtes dans la taille voulue et j’ai dû me replier sur mon option de secours — une boîte blanche en carton, tout à fait laide et sans distinction, qui est un peu trop grande et trop haute, mais qui est disponible tout de suite ! Maintenant il faut trouver du ruban suffisamment chic pour cacher un peu la vulgarité de la boîte et pour en faire un paquet-cadeau acceptable — c’est ça, la magie et la douleur de vendre au détail ! Il faut aussi que je rédige un texte sur l’histoire des bâtiments représentés aux côtés du carré.

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Quand le trottoir devient bureau — ce monsieur est assis sur un tuyau d'eau pour l'immeuble, il parle sur son portable et tape sur son PowerBook

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Une grande pub qui se veut dico « anglais-anglais » pour les pauvres amerloques

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Au cœur de la Petite Corée

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Vue de l'hôtel Westin conçu par la firme de Miami Arquitectonica

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J'assiste par hasard à un concert de rap-blues organisé par les propriétaires de l'immeuble 1 Penn Plaza

On est allé hier soir, le copain et moi, à un gala un peu fade pour une organisation très bien qui aide les femmes abusées par leurs maris ou partenaires et leurs enfants (c’est un peu sexiste, ils ne s’occupent pas d’hommes abusés par leurs femmes) en les logeant temporairement et leur fournissant des avocats gratuits venus des grandes études les plus prestigieuses telles http://www.dpw.com/ Davis Polk and Wardwell pour les matières judiciaires.

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L'entrée nord aux Quais de Chelsea où a eu lieu le gala

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Les bateaux de fête se préparaient pour des voyages nocturnes

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Et l'on s'est habillé avec soin pour la croisière

L’hôtesse officielle de la soirée était la fille de l’ex-candidat présidentiel Albert Gore, mariée à Andrew Schiff, médecin, arrière-petit-fils du grand financier de chemins de fer Jacob Schiff et petit-neveu de Dorothy Schiff, ancienne propriétaire du journal The New York Post qui l’avait venu à l’ex-Australien Rupert Murdoch en 1977. Donc une de ces alliances de la haute bourgeoise aisée qui plaît aux familles. De toute façon, elle était charmante, timide, et accueillante.

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On boit, on drague, on s'ennuie — ou pas

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Un des bars (il y en avait beaucoup) — malheureusement, les serveurs étaient plutôt moches, ce qui est toujours très décevant dans ce genre de soirées un peu somnolentes

On a ensuite remis des prix de remerciements à certaines personnes que je ne connaissais pas. L’entrée était une sorte de tomate farcie amorphe, le plat principal était du saumon (il a remplacé le poulet d’autrefois dans les grands dîners) et il y avait une tranche un peu bizarre de glace au chocolat et de glace au café avec une peau de chocolat à la sauce mandarine. Il y a eu un DJ pour les djeunes qui voulaient danser — pas nous, qui sommes rentrés à pied le long du Hudson jusqu’à la 14e rue, par une nuit pleine de brises fraîches.

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On essayait de trouver la table correcte — les serveurs nous attendaient avec une patience sombre, les bouteilles de vin blanc dans les mains

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Il y avait de simples roses roses sur chaque table

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La grande salle s'est très lentement remplie d'invités

Recommandé : Jérémie à Buenos-Aires fait un voyage en Uruguay et nous offre de belles photos de son séjour dans la ville coloniale Colonia.

Pendant que je prends plaisir à un petit bouquet de belles pivoines roses devant l’ordinateur et à des cerises « Mont-Rainier », mieux connues en France comme des bigarreaux Napoléon, empilées dans un joli bol artisanal acheté lors de vacances à Ibiza, la radio annonce encore de nouveaux attentats en Irak. Amnesty International parle de la prison de Guantánamo comme le « goulag de notre époque », une vérité évidente qui a pourtant fait hurler d’horreur toute la bande de lèche-cul autour de l’administration Bush, ainsi que le petit diable lui-même et sa secrétaire d’état « de compagnie » Condoleeza. J’ai toutefois l’impression que les choses ne vont pas trop bien pour Bush — son parti a perdu la bataille de clôture du débat au Sénat, sa proposition sur la Sécurité sociale inquiète la majorité d’Américains (et donc leurs représentants politiques), ses positions contre la recherche sur les cellules souche ne plaisent pas, et puis la guerre en Irak, où l’on ne remarque aucune amélioration réelle dans l’établissement d’un gouvernement irakien qui pourra gouverner et protéger ses citoyens. Va-t-il falloir à Bush et Cie un autre divertissement, un nouveau, pour cacher les échecs ? Et si l’on essayait d’envahir l’Iran, en disant au monde qu’il fallait éliminer le risque du développement éventuel d’une bombe atomique iranienne ? Il y a des indications qu’on y pense déjà : les indices d’une telle éventualité se trouvent dans les nouvelles des morts de quatre militaires américains dans un avion irakien à la frontière irako-iranienne. Il s’agissait de quatre militaires « special forces » à qui on avait demandé qu’ils forment une sorte de « tête de pont » — pour une invasion éventuelle de l’Iran ? On n’en parle pas, bien sûr. Mais j’ai mes fleurs et mes cerises.

juin 01, 2005

Vestimenta

Alerte qui fait un peu bâiller — il n’y a plus d’hétéros à New-York (serait-ce la bonne raison pour la réduction du nom de l’émission, autrefois appelée « Queer Eye for the Straight Guy » qui est maintenant devenue « Queer Eye » tout court ?)

Cet aprèm je cherche des boîtes à carré dans le quartier du vêtement — c’est fou ce que c’est difficile à en trouver de la taille de la célèbre boîte à foulard Hermès orange qu’on vend aux enchères sur eBay ! C’est pour le foulard « historique » en soie qu’on est en train de faire faire en Corée où le dessin est composé de bâtiments historiques du village. C’est un truc pour faire un peu d’argent pour la société historique. On les achète à 45 $ la pièce et on les vend à 95 $ (par comparaison, les carrés Hermès se vendent à 320 $ chacun). On en a commandé 350 et ils sont censés arriver au Connecticut la semaine prochaine. Est-ce que je m’ouvre sur une nouvelle carrière ?