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août 31, 2005

Ad Athenopolin

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On construit une banquette sur le trottoir dans la 4e rue ouest

J’ai gagné le pari : j’ai perdu 19 livres (ou 8,62 kg), tandis que l’ami ex-Marine n’en a perdu que onze livres.

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La sobre église Saint-Luc-des-Champs dans la rue Hudson

Départ en quelques minutes pour l’aéroport. Destination : Nice-Côte-d’Azur. Après une courte escale à Vence, on continuera à Saint-Tropez, où nous avons été conviés à fêter un anniversaire « important » d’un ami à nous.

août 30, 2005

Nuntii varii

Saviez-vous que le juge Roberts, candidat à la Cour suprême, peut s’exprimer en français ?

« Mr. Roberts's erudition is apparent. In 1984, he wrote Mr. Fielding a memorandum entirely in French, summarizing the complaint of a French pop singer named Jacky Reggan, who wanted a letter from the president attesting that they were not related. Mr. Roberts volunteered to make a trip to Paris himself to investigate, but otherwise counseled no response, on the ground that Mr. Reggan would only use any reply for "publicité." »

Pouvoir rédiger un mémoire en français, ça fait érudit. Ce qui rassurera sans doute les femmes qui auraient peur que le nouveau membre de la Cour suprême ne vote contre le droit à l’avortement — ou non.

Il y a de ces nouvelles qui ne surprend vraiment pas : Bush est grossier et se sert habituellement de gros mots et d’expressions vulgaires. « “I’m not meeting again with that goddamned bitch,” Bush screamed at aides who suggested he meet again with Cindy Sheehan, the war-protesting mother whose son died in Iraq. “She can go to hell as far as I’m concerned! » Oh, t’énerves pas, chéri. Tu fais ce que tu veux — c’est toi le Président, après tout.

Et dans cette même catégorie de nouvelles peu surprenantes, on nous fournit une preuve de plus que les militaires n’aiment pas les journalistes à la peau basanée. Et le seul témoin serait toujours détenu par les mêmes Américains qui ont tué son camarade caméraman. On commet un crime et l’on arrête les témoins — ah, c’est comme ça qu’il faut faire pour combattre les terroristes.

Mais cette vision un peu, disons, particulière de la justice n’a rien de trop exceptionnel — on la retrouvera chez nos vrais patriotes américains — c’est-à-dire les républicains partisans. Au Kentucky le gouverneur républicain de l’état vient d’accorder des amnisties préemptives à des activistes républicains de son administration qui feraient éventuellement l'objet d'une enquête judiciaire pour infraction à la loi sur l'engagement gouvernemental. Ah, les amnisties préemptives — quelle excellente idée qui sera sûrement de grand intérêt pour les avocats du District fédéral.

août 28, 2005

Sarcasmos

Snarque du jour, de la bouche de Maureen Dowd dans son commentaire dans le Times de ce matin : « Iraq, it turns out, is the one branch of American government that the Republicans don't control.

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Dans le village

J'aime beaucoup le néologisme « snark », qui connaît une popularité impressionnante en anglais. « Snark refers to a pejorative style of speech or writing » d’après cette définition offerte par un informaticien néo-zélandais. « It could loosely be described as irritable or "snidely derisive"; hence, 'snarkish', 'snarky', 'to snark at somebody'. It could less politely be described as 'bitchy'. » Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas l'introduire en français, dûment gallicisé en « snarque » avec l'adjectif « snarqueux » ou « snarquois ».

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Une petite rue du village, avec le vieil immeuble résidentiel revêtu de plâtre blanchâtre sur la droite que tout le monde connaissait sous le nom poétique de « l'Hôtel du chagrin » — c'est là où les gens qui se sont séparés trouveraient un domicile pas cher temporaire à la dernière minute — aujourd'hui c'est moins louche et intéressant

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Un petit poivrier chez des amis

Il semble maintenant que le cyclone Katrina atteindra un niveau de 5 dans l’échelle Saffir-Simpson — on s'attend à qu’il arrive à la côte de la Louisiane plus tard dans la soirée avec une force entre 3 et 5. Le maire de la ville de la Nouvelle-Orléans a demandé l’évacuation obligatoire des habitants. Le carnetier spirituel Sturtle qui habite la Nouvelle-Orléans a commencé son billet d’hier à propos de l’orage qui arrive en notant que « This one is different. You officially have my permission to freak out. » C’est pareil chez d’autres carnets néo-orléanais, dont les animateurs de Metroblogging New Orleans. On ne sait pas très bien ce qui va se passer à la Nouvelle-Orléans, mais les chaînes câblées traitent l’ouragan comme s’il s’agissait d’une intervention divine.

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Vue d'une partie du yacht-club local

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L'escalier en bois qui permet aux gens âgés de descendre dans le bassin de natation

Hier soir on est allé avec des amis et leur enfant par bateau à un restaurant situé au bord de la mer dont la spécialité est le homard — il y avait du monde (normal, puisqu’il était samedi soir) — mais on a réussi à nous mettre à une table au bord d’une plateforme dominant la petite baie. Les amis ont pris des « rouleaux de homard chauds » tandis que le copain et moi, nous avons commencé par des petites palourdes à la vapeur suivies de deux gros homards bouillis. Une belle fin de saison.

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Les gens mangent leurs homards au bord de la baie

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Les bateaux amarrés dans le port de Noanque

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Un beau voilier rentre au port dans le chenal devant le restaurant

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Le bateau à vapeur Sabino sur lequel on est monté le dimanche dernier — hier il s'agissait d'une réception de nouveaux mariés

Retour à Manhattan demain après-midi après ma dernière réunion régulière du Conseil d’administration de la petite société historique une visite éclair chez ma mère.

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Les deux gâteaux italiens qu'on avait apportés avec nous au dîner vendredi soir

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Le petit marché de samedi matin au village

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C'est la saison des pêches locales — mais celles de Géorgie sont bien meilleures !

août 26, 2005

Hospites

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Les boutiques de vêtements un peu louches de la rue Christophe devant la place Sheridan

Hier soir on a eu le plaisir de rencontrer deux carnetiers français accompagnés de deux amis, tous les quatre de Montpellier, ville qui doit être très agréable vu qu’ils étaient tous très sympas. On les avait rencontrés à 20 heures devant un café-restaurant dans la rue Cornélia, belle ruelle du Village — à cette heure, pourtant, toutes les bonnes tables sur la rue charmante et dans les deux petites salles principales de devant étaient occupées — et comme il faisait très doux, il y avait des foules à circuler, à s’entasser devant les restaurants pour fumer et pour bavarder avec des amis sur les trottoirs, à manger dehors — on a expliqué aux Montpelliérains que le jeudi soir c’est quand les vrais New-yorkais sortent en ville, puisque les week-ends, ils sont partis à la campagne, aux Hamptons, au comté de Bucks, au bord de la mer au Nouveau-Jersey, à la grande région au nord de New-York qui s’appelle, tout génériquement, « upstate », aux monts des Berkshires et au Connecticut, dans le comté de Litchfield pour les plus riches qui préfèrent rester proches de la métropole ou, comme nous, dans le reste de l’état. Après un effort raté au Bar Pitti, on a réussi à trouver une table dans un restaurant italien très simple où l’on a mangé une cuisine italienne méridionale sans façon.

Comme il faisait beau, on s’est mis à nous promener parmi les foules — et à visiter une boutique d’alcools où les Français s’émerveillaient un peu de la présence importante de bons vins français sur les rayons, à des prix souvent comparables aux vins de Californie (mais les vins d’Italie sont en général moins chers). On a fait la rue Bleecker et puis je les ai convaincus (il n’était pas trop tard) à se promener un peu plus loin le long de l’avenue des rêves homos, c’est-à-dire la 8e avenue à Chelsea, où des grands musclés bronzés en débardeurs se traînaient à chaque croisement de rue à se dire bonjour et à négocier la soirée. Après un petit café dans un Starbucks à la 23e rue, on leur a trouvé un taxi et on leur a souhaité une bonne soirée et un bon reste de séjour à New-York. J’ai grande envie de découvrir comment ils l’ont trouvée, ma ville.

De toute façon, après une rapide mais efficace séance de muscu et d’aérobique à la salle de sport, j’ai fait les sacs (dont un est rempli de « choses variées » et les trois autres sont vides, pour pouvoir rapporter des trucs) et on est allé chercher des gâteaux chez la pâtisserie de luxe du coin (à deux pas, littéralement, de chez nous) Sant Ambrœus — on a acheté deux petits gâteaux tout beaux, dont l’un est un gâteau mousse au chocolat et l’autre un gâteau mousse aux framboises et au chocolat, et l’Italienne qui les emballait se souciait beaucoup des conditions de transport pour ces deux desserts ! « Vous avez la climatisation dans la voiture ? » « Euh, oui. » « Ah bon, parce qu’il ne faut pas le chocolat fonde par cette température-ci. » « Non, non, rassurez-vous, les gâteaux resteront avec nous, sur la banquette arrière et l’on mettra la climatisation. Promis » « Oui, il vaut mieux, » elle m’a dit, sans sourire.

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Une bête criarde ailée — les autres, sans ailes mais aussi agaçantes, portaient des bikinis et des maillots Abercrombie

Arrivé à la maison, le copain, qui fait l’école buissonnière aujourd’hui, s’est mis sur le lit à regarder tout ce que le Tivo lui a enregistré et moi, j’ai pris le Times, un bic et un tapis de plage pour aller faire les mots croisés sur la petite plage. Les mots croisés de vendredi sont en effet assez difficiles à compléter (le jeu de samedi est traditionnellement le plus difficile de la semaine) et il y avait une bande de huit adolescents — six filles et deux garçons qui étaient en plein rituel de sociabilisation — ça criait trop fort, ça riait trop fort, ça jurait trop fort, ça ouvrait et fermait les serviettes, ça médisait des camarades de classe. Il y avait à côté de moi un couple dont l’homme étudiait un livre que plus tard j’ai vu qu’il s’agissait d’un texte sur la loi pour agents de change — ça veut devenir un beau courtier, et pourquoi pas ?

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Il n'est pas gros, le monsieur à la casquette, mais je parierais qu'il est républicain

Ce soir on va à un dîner d’au revoir pour une amie professeure de droit à Harvard — folle, brillante, névrosée, généreuse — c’est pour elle qu’on a acheté les gâteaux. Elle rentre demain pour recommencer le boulot. Demain matin on a un rendez-vous avec le représentant des déménageurs.

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J'ai dû prendre des photos débiles comme celle-ci pour feindre de ne pas photographier le futur courtier — je sais, c'est complètement honteux

août 25, 2005

Adipes

C’est sûrement l’effet de mon régime actuel (qui va prendre fin le mardi prochain, quand aura lieu le pesage officiel chez nous, sur la balance officielle, qui se trouve par tout hasard dans notre salle de bain) et non pas à cause d’une misanthropie personnelle particulièrement ignoble que je suis devenu complètement obsédé par le poids de mes concitoyens qui auraient, d’après la BBC et d’autres médias, des difficultés à refuser des Gros Macs ou des Masses Énormes de Graisse (aussi appelées des « whoppers »). Avec les résultats attirants qu’on voit partout.

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Carte électorale des États-Unis (sans l'Alaska et les îles Hawaiiennes) avec la couleur rouge pour les états votant en majorité pour Bush en 2004 et la couleur bleue pour les états choississant Kerry, (trouvée ici).

Si l’on ne peut plus prétendre avec certitude (la droite ayant crié naturellement au canular Internet et comme il s’agissait de données plutôt méchantes tout le monde avait tendance à les minimiser pour ne pas offusquer les populations visées) que les QI des habitants des états « bleus » des Etats-Unis soient en moyenne plus élevés que ceux des habitants des états « rouges », c’est-à-dire, les états où les habitants ont voté en majorité pour Bush, il a été déterminé avec précision par votre serviteur, aidé de sa vieille mais fidèle calculatrice que les habitants des états bleus sont définitivement moins obèses que ceux des états dont les habitants ont voté en majorité pour Bush. Voici les fruits de mes entrailles — non, non, je veux dire, les fruits de mes analyses profondes : les états bleus ont un taux d’obésité de 21,8 % en moyenne, tandis que les états « républicains » montrent un taux de 24,25 % d’obèses. Y aurait-il une corrélation entre la grosseur et une prédisposition aux fictions politiques républicaines ?

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Et un grand merci au Times, d'où j'ai piqué cette carte — c'est une sorte de gentille reconnaissance d'un droit de copie, n'est-ce pas, mesdames et messieurs les avocats ?

Ma nouvelle expression favorite : « Knee-pad conservatives » — ceux qui tombent abjectement à genoux devant les riches et les puissants (et la phrase, par la position physique qu’elle suggère, présente aussi de vulgaires rapprochements avec un acte sexuel commun, mais, euh, assez mal vu dans certains milieux). Je l’ai trouvée dans les commentaires à ce billet de Steve Gilliard. J’ai grande envie de m’en servir en public — je sais qu'elle va m'être très utile en société.

août 24, 2005

Belli denuntiationes miscellæ

Hier on a découvert qu’on avait plusieurs visiteurs non invités sur notre réseau sans fil à l’appartement — le copain s’en foutait (il est beaucoup plus gentil et plus généreux que moi) jusqu’au moment où il a vu que la personne nous volait trois-quarts de notre bande passante — alors là, c’était la guerre informatique ! Le petit réseau a donc été fourni d’un mot de passe et ensuite c’est de nouveau le vrai haut débit.

Les vieux cons de la Légion américaine — association d’anciens militaires de droite — ont déclaré la guerre contre la liberté d’opinion et d’expression et la Constitution américaine, en particulier le premier amendement — (peut-être préfèrent-ils l’irakienne ? Oops, il n’en existe toujours aucune, en dépit de toute la pression « diplomatique » de l’ambassade américaine). Il faut surtout lire leur « protestation » contre l’intervention américaine au Kosovo en 1999 à l’époque du grand Satan, c’est-à-dire Bill Clinton— l’incontournable Billmon fait une comparaison impressionnante des deux points de vue tout à fait partisans de ces vieux fachos. À quand les barricades dans les rues de … Crawford ? (Mme Sheehan, tout comme E, est de retour au Texas.)

Il va falloir encore des preuves, irréfutables si possible, de la part des laboratoires français pour convaincre le public américain que Lance Armstrong s’est dopé pendant sa carrière de cycliste. On n’a qu’à voir le nombre vraiment impressionnant de bracelets jaunes qu’on porte ici en tant que signe de soutien à la fondation fondée par Armstrong pour combattre le cancer testiculaire. Nous n’aimons pas apprendre trop sur nos héros consacrés et en plus, comme c’est des Français qui le dénoncent…

août 23, 2005

Lunatica

Il est tellement dingue, mais grave, ce M. Robertson, qu’il est presque comique qu’il demande (merci, Sébastien) l’assassinat du président vénézuélien Hugo Chavez, qu’il a qualifié de « dictateur aux mains de fer ». C'est moins cher, paraît-il, qu'une guerre préemptive au Moyen-Orient, donc pourquoi pas ?

Ce soir on sort avec l’ami galeriste qui a eu un incident dans la galerie cet après-midi — la femme du PDG de la General Electric et sa conseillère d’art avaient un rendez-vous dans la galerie, où un type est entré et a ouvert la porte au bureau où les deux femmes avaient laissé leurs sacs. Une des femmes l’a vu avec les sacs, l’ami galeriste l’a poursuivi, il a réussi à rattraper l’un des deux sacs, ainsi que le sac à dos et une partie de la chemise ( ! ) du voleur, qui s’est pourtant échappé en prenant l’escalier de secours. La police est arrivée, on a découvert des médicaments contre le sida dans le sac à dos — il s’agit probablement d’un toxicomane sans argent qui connaissait un peu les habitudes plutôt relâchées des galeries, surtout en été. Et la cerise sur le gâteau c’est qu’il s’est brouillé ensuite avec sa mère (qui habite tout près, au Westchester) qui lui avait critiqué de ne pas lui avoir téléphoné depuis le mois de juin.

De retour de Montréal où il avait passé le week-end avec des amis français, il s’est demandé si une divinité mécontente ne le punissait parce qu’il avait triché sur son régime bas en glucides en ayant mangé deux croissants pour le petit déjeuner. Moi j'ai proposé que c'était à cause de M. Robertson qui avait déjà parlé de lui à Yahvé.

août 22, 2005

De navibus

Pour fêter notre départ du village, on nous invite à un tas de petites réunions — hier après-midi on s’est donc embarqué sur le bateau à vapeur Sabino pour faire une petite croisière vespérale le long du fleuve Mystique jusqu’au phare qui se trouve à l’embouchure, au village de Noanque. Ce bateau-courrier alimenté au charbon a été construit en 1908 pour la poste côtière du Maine. Le voyage nous a permis de voir certains bateaux plus ou moins historiques, ainsi que deux ponts, dont l’un mobile pour le chemin de fer et l’autre basculant pour les voitures. Il y avait de grands républicains parmi nous, on n’a donc pas voulu (par politesse) parler des « cocasseries » de la nouvelle constitution irakienne — qui n’est toujours qu’un brouillon !

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On prend nos places sur les banquettes au 1er étage du bateau

Le retour à Manhattan s’est effectué après 21 heures et malgré une circulation chargée de fin de week-end le trajet nous a pris seulement 2 heures 20 minutes (c’est dire qu’on a roulé un peu vite, monsieur l’agent !)

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Un petit bateau de pêche tout mignon

Voici encore quelques photos de notre croisière en bateau à vapeur.

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La chaudrière à charbon pour faire la vapeur

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Les cylindres du moteur (je crois)

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La réplique du négrier Amistad

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Une belle maison au bord du fleuve

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Une baleinière

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Le pont basculant commence à se lever

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Le pont ... en érection

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Il y avait en effet de la circulation sur le fleuve

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Le pont dans l'autre sens

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Le pont mobile ferroviaire — voilà une raison de plus pour laquelle Amtrak ne fonctionne pas

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De plus près

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Des maisons bourgeoises au village de Noanque

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Une jolie petite maison au bord de la mer, à Noanque

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Un restaurant voué aux homards et d'autres plats de fruits de mer

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Deux chiens marins — et Betty me manque !

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Un vieux voilier à deux mâts

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La goélette Argia, une réplique elle aussi

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On rentre au port sous le pont basculant

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Pour le génie civil, je suis tout à fait nul, mais c'est impressionnant quand même

août 21, 2005

De insolitis

C’est vraiment dommage que Marc-Olivier Peyer ait dû fermer (provisoirement, j’espère) le site de weblogues.com à cause d’une irruption de pings abusifs — mais je comprends entièrement la frustration du webmestre qui s’efforce à restreindre le site aux seuls sites francophones (sa raison d’être, après tout) contre les assauts de l’extérieur, pour la plupart publicitaires, ce qui est encore plus énervant. (Depuis quelques jours le site de Sale bête été à nouveau sujet à des commentaires pourriel et des tas de pings pour des sites de jeux venant de sites israéliens, pour moi une nouveauté. Évidemment, il y a des vagues de diffuseurs de pourriel – au début j’en ai reçu des centaines de messages envoyés de la banlieue de Détroit et du Japon. Maintenant ça m’arrive de l’autre sens.) De toute façon, je tiens à remercier M. Peyer pour tout le plaisir qu’il a fait à la carnetosphère en offrant à nous tous un moyen efficace et amusant de retrouver d’autres carnets (ou bloc-notes) francophones. Tout égoïstement je lui souhaite beaucoup de chance pour trouver un moyen malin (et l’on dit qu’il est très fort, ce M. Peyer, donc je ne me désespère pas) de déconfire une fois pour toutes ces troublions virtuels afin de pouvoir visiter de nouveau son site si louable.

Les goûts et les parfums, tout le monde sait qu’ils laissent des souvenirs très profonds, presque inconscients jusqu’au moment où on les rencontre à nouveau — et voilà, comme l’a remarqué le fameux narrateur Marcel, il en découle tout un passé jusqu’alors enfoui. Le vendredi dernier, vers dix-huit heures, je me trouvais au rez-de-chaussée du magasin Bed Bath & Beyond — je cherchais des cadeaux pour le copain, dont il était l’anniversaire — hé oui, on a voulu être pratique cette fois-ci, donc je cherchais un radio-réveil et une radio douche, les anciennes ayant rendu leurs âmes à la fois il y a quelques jours, ainsi que le minifour électrique, ce qui a fait un petit Jonestown de l’électroménager chez nous. Je parcourais lentement les rayons presque infinis de produits presque inutiles, mais pas du tout inintéressants, avant de m’arrêter devant un énorme rayon plein d’articles de toilette pour hommes — des mousses à raser, des lotions après-rasage, du gel pour les cheveux, des eaux de toilette et de Cologne, et cetera. Parmi ces dernières il y en avait deux que je n’avais pas vu à la vente depuis des années, tellement je les croyais démodées : la première s’appelle English Leather et l’autre s’appelle Canoe. English Leather, c’était mon premier parfum personnel — tous les types cool de mon âge en utilisaient, jusqu’à ce que nous ayons découvert que les types les plus cool du lycée qui avaient quelques années de plus que nous mettaient, eux, du Canoe un peu partout pour faire tomber les filles (et sans doute, par accident, quelques garçons). Ah la la. J’ai peut-être le souvenir qui me trompe, tellement je suis loin de cette époque-là, mais je pense qu’on n’était pas chiche en se parfumant et quand j’ai ouvert le paquet de Canoe et débouché le flacon, cet arôme m’a tout de suite fait retourner dans les vestiaires de mon lycée à Atlanta après la séance obligatoire d’exercice physique où tout le monde se promenait nu après la douche en se moquant des instituteurs, des filles moches et des élèves plutôt ringards et pas cool, dont je faisais plus ou moins partie. Nos dieux — ces beaux athlètes de seize, de dix-sept et de dix-huit ans — si sûrs d’eux-mêmes, si fiers de leurs corps et de leur autorité de jeune coq, ils se promenaient parmi les bancs étroits et parmi nous comme des caïds, et ça sentaient le savon et le Canoe. Quel curieux souvenir d’un passé pas tellement gai (dans le sens original) ce parfum ne m’a-t-il soulevé — je l’ai quand même acheté pour pouvoir offrir une sorte d’explication aromatique d’un aspect de mon passé au copain.

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C'était le nec plus ultra des parfums masculins quand j'avais douze-treize ans, cette eau de toilette

Il en a mis ce matin, avant d’aller faire de la voile avec deux amies. « Qu’en penses-tu ? » je lui ai demandé. Il hume son avant-bras. « Hmm, c’est un peu bizarre, non ? » On klaxonne devant chez nous, je l’embrasse en lui prévenant qu’il faut qu’il soit de retour avant seize heures. Il sort et je me dis : « En effet, c’est assez bizarre. »

août 20, 2005

Exspectamus

Une véritable pléthore d’Adonis à la salle de sport cet après-midi — on se serait presque imaginé dans une jolie pub tridimensionnelle pour Abercrombie & Fitch. (Faut être discipliné pour réussir le régime.)

On est allé prendre un verre chez des connaissances londoniennes qui sont venues passer deux semaines au village (ce sont des Américains qui habitent Londres depuis plus de seize ans et ils ont acheté une toute petite maison ici pour garder un pied en Amérique).

Ce soir on se dévoue entièrement à la chaîne Sci Fi (dernier épisode de Battlestar Galatica, par exemple, émission j’aime de plus en plus, surtout depuis que Mme la présidente s’est enfuie pour rétablir le gouvernement légitime sur un autre aéronef spatial.)

On (c’est-à-dire, nous, les Américains, les laquais de Bush) est en train de permettre l’établissement d’un gouvernement islamiste en Irak — ce billet de Billmon fournit des détails aussi intéressant que déprimants. On va voir où l’on en est lundi. Peut-être.

août 19, 2005

De clementia

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Sous les pavés, la... euh, des tas de tuyaux et de conduits qui datent de plusieurs époques ! Cette opération chirurgicale routière se trouve à côté du magasin J&R au bas Manhattan

Pour de nombreuses raisons, dont la présidence volée deux fois (mais qu'est-ce qu'on peut être débile ici, c'est effrayant) de Bush ainsi qu’un profond respect pour la vérité telle qu’on la vit et non pas telle qu’on la désire, il est bien entendu rare que je me sente trop enclin à croire en une « vraie » bonté chez notre espèce. Cette petite nouvelle, publiée mardi dernier sous la rubrique « Metro » du Times, a pourtant un peu bousculé mes préjugés misanthropes. Victoria Ruvolo, qui a 44 ans et travaille comme chef de bureau, roulait tout doucement dans sa voiture sur une autoroute à Long-Island en novembre dernier quand un jeune homme de 19 ans a lancé, d’une voiture qui roulait à grande vitesse, une dinde surgelée à vingt livres. La dinde s’est écrasée comme un pavé contre le pare-brise de la voiture de Mme ou Mlle Ruvolo (voilà un exemple de la discrétion maritale de l’honorifique « Ms ») avec une telle violence qu’elle avait défoncé le volant avant de casser chacun des os du visage de l’automobiliste innocente, qui a dû à la suite subir un nombre d’opérations chirurgicales atroces pour refaire tout à fait son visage. L’adolescent est venu au tribunal du comté de Suffolk pour plaider coupable officiellement de son crime et la victime est venue aussi, accompagnée de quelques parents et des amis. C’était la première fois que le malfaiteur et la victime se soient vus — et en quittant le tribunal, le jeune homme s’est arrêté devant la femme pour lui demander pardon. Il a commencé à pleurer. Mme ou Mlle Ruvolo l’a embrassé très fort et lui a caressé ses cheveux pendant que le jeune homme sanglotait « incontrôlablement » selon le journal. Lui, il a chuchoté entre sanglots « I’m so sorry, I’m so sorry » tandis que la Ruvolo lui a dit, à peine audible par une assistance qui s’efforçait aussi à cacher ses larmes, « It’s OK… I just want you to make your life the best it can be. » La peine qu’il aurait pu recevoir revenait à 25 ans de prison, mais la victime avait parlé avec le juge et le procureur et avait insisté à ce qu’on prononce une sentence beaucoup moins sévère — le jeune homme a donc été puni à seulement cinq mois de prison et à cinq ans de probation. La rédaction du Times a été, comme moi, émue par cette démonstration de clémence gratuite si peu typique chez notre espèce — elle en a parlé dans un éditorial le mercredi suivant intitulé « Un moment de grâce » où on trouvera cette noble conclusion : « Given the opportunity for retribution, Ms. Ruvolo gave and got something better: the dissipation of anger and the restoration of hope, in a gesture as cleansing as the tears washing down her damaged face, and the face of the foolish, miserable boy whose life she single-handedly restored. »

Demain, retour au cynisme habituel.

août 18, 2005

Serenum

Il a fait très beau hier et j’ai réussi à courir une heure entière le long du bord du Hudson, tout réaménagé (ou presque) depuis quelques ans — je n’ose pas me peser, donc je ne peux pas dire si je vais pouvoir éviter d’être obligé de courir un demi-marathon cet automne (le choix de Toronto semble vaciller depuis peu).

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Au Village le soir — dans la rue du Bosquet, où habite l'amie marchande de tableaux

Cherchant à profiter donc du beau temps, on a téléphoné à l’amie marchande de tableaux pour lui inviter à nous joindre pour aller dîner dans le quartier. Elle a accepté et nous sommes allés la chercher chez elle. De là on est descendu la rue Bleecker vers un petit restaurant de quartier italien qui se trouve à l’angle de la rue Carmine et la rue Bleecker où l’on a pu trouver une table à côté d’une grande fenêtre ouverte sur le trottoir. Une assiette d’antipasti saisonniers, du melon au prosciutto, des pâtes et une pizza margarita, le tout arrosé d’une carafe de rouge pas mauvais — à un prix très modique ! L’amie marchande de tableaux n’a qu’un traitement de chimiothérapie de plus à subir — elle commence, il est vrai, à avoir l’air un peu fatigué, et hier elle nous a dit qu’elle avait perdu presque 23 kilos depuis la diagnose de son cancer. Il lui faut faire une nouvelle échographie dans un mois pour vérifier qu’il n’y aurait aucuns « points » suspects. Elle est à la fois résignée et courageuse.

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Les touristes se mêlent aux New-yorkais aux tables des restaurants du Village

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On attend au feu pour traverser la 7e avenue — vue du restaurant Sushi Samba dans l'avant plan au milieu

Ici on suit de près les convulsions au Gaza où l’on est en train d’expulser les colons israéliens du territoire. Même le Times reconnaît que « http://www.nytimes.com/2005/08/18/opinion/18thur1.html Gaza represents the worst side of Israel's settlement movement. » Personnellement j’ai toujours des doutes quand on m’assure qu’une entité divine aurait confié un titre de propriété pour un territoire ou pays quelconque à qui que ce soit — j’aimerais bien qu’une divinité sympathique me donne le droit miraculeux de prendre possession d’un agréable appartement de 200 m2 (au minimum) dans la 5e avenue avec vues sur le Parc central.

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Le restaurant mexicain le plus infect de toute la ville (et c'est beaucoup dire, car il y en a de vilains) — par paresse j'y ai mangé deux fois dans le passé donc je sais de quoi je parle

août 17, 2005

De veritatibus difficilis

Un responsable de la Police métropolitaine de Londres avait remarqué dans un article paru dans le Guardian du 27 juillet : « When the truth comes out, it is going to be horrific. » (via Actually Existing). En effet. Ce matin on nous apprend que la police britannique « antiterroriste » semble avoir menti sur le comportement « suspect » du jeune Brésilien qu’on a tué dans le métro le 22 juillet (l’article de la BBC ajoute une photo épouvantable légèrement écourtée de l’aboutissement fatal de cette intervention policière erronée — pour voir la photo en entier et lire des propos intéressants sur les « explications officielles » pour ce qui s’est passé et les multiples contradictions, ce billet du bloc-notes anglais Talk Politics est utile.)

De ce côté, le régime de Bush cherche toujours à bloquer la révélation de nouvelles photos et de vidéos d’abus commis par des militaires américains dans la prison d’Abou Graïb à Bagdad.

La vérité semble bien être sous pression ces derniers jours, surtout quand les criminels déterminent ce qu'on serait permis de savoir.

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À la campagne, on commence (tout doucement) à déménager — j'ai laissé des piles de vêtements pour la revente à des prix très modiques dans cette pièce samedi dernier

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Ensuite je suis allé courir sur la piste de course au lycée de la ville, où il faisait plus que 36º — les ouvriers mexicains m'ont regardé comme si j'étais complètement cinglé

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La table colorée d'amis chez qui on a dîné samedi soir — il y avait des crevettes, plusieurs salades (de betteraves et de tomates, par exemple), du maïs, et du rouge espagnol

Hier soir on est allé voir une représentation de la petite comédie musicale Altar Boyz avec des amis français — c’est une plaisanterie caricaturale peu profonde sur le phénomène pop des boybands dans laquelle les Altar Boys sont un boyband « chrétien » en dépit de la présence d’un membre juif. J’avais toutefois l’impression qu’une partie importante des spectateurs n’avaient aucune idée qu’il s’agissait d’une satire — tout y était à double entente, effectivement, et un spectateur paresseux pourrait bien croire qu’il assistait à un drôle de spectacle plus ou moins « né de nouveau » . Ce qui n’est pas du tout bête pour les producteurs, évidemment.

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En toute connaissance de cause je viole sauvagement la proscription de photos de chats prononcée par Laurent il y a quelques mois — celui-ci s'appelle Panther (non, ce n'est pas de la toute maximale originalité, je sais)

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Dimanche on a un peu profité d'un soleil légèrement ennuagé pour faire les mots-croisés du Times de dimanche sur la pelouse très mal entretenue de la hutte

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De retour à New-York j'ai pris cette photo pour Olivier mais à cause de la pluie il y avait très peu d'éclat à la tour métallique de l'immeuble Chrysler ce jour-là

Les amis français nous ont dit qu’on ne s’amusait pas trop à Paris en ce moment. « La perte des JO, le non à la constitution européenne, les histoires légales de Bernadette Chirac, la fatigue qu’on ressent vis-à-vis de Jacques Chirac, le chômage, l’immigration et l’intégration échouée, tout cela pèse sur Paris. » Ont-ils raison ?

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Plus tard, dans le parc Bryant juste derrière la Bibliothèque publique, on prépare à montrer le film « Who's Afraid of Virginia Woolf » — choix de film qui m'a fait sourire — et, comme cela se voit, il était interdit de s'asseoir sur la pelouse, est-ce qu'on devient français à Manhattan ?

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Dans le café Bryant où l'on a essayé de convaincre l'ami ex-Marine d'oser quitter son boulot pour rejoindre le copain dans sa firme

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On a continué à lui faire la cour professionnelle dans un autre bar de l'autre côté de la place du Temps (tiens, c'est joli, ça, non ?) dont on voit ici le bord méridional tout illuminé

août 12, 2005

Honesta causa

Dernières infos de la guerre des cultures : la vidéo d’une nouvelle chanson de Greenday, notée hier chez Atrios et qui s’appelle « Wake Me Up When September Ends » ou « Réveille-moi quand septembre prend fin » où il s’agit un jeune qui s’enrôle dans l’armée (ou les Marines) contre la volonté de sa copine et qu’on voit ensuite dans une embuscade meurtrière quelque part en Irak — on a l’impression que, la peur aux yeux, il ne comprend rien de ce qu’ils foutent là-bas — cette vidéo, sortie il y a deux jours seulement, a été votée cet après-midi le numéro un du palmarès MTV de la semaine par le public. D’après ce qu’ont dit les vidéojockeys, une ascension tout à fait extraordinaire. Ce qui m’a fait réfléchir sur ce billet intitulé tout simplement : « La Question ». C’est effectivement la question que Mme Sheehan avait posée à Bush et à laquelle elle n’a toujours pas eu de réponse convenable : « What was the noble cause my son died in ? » Bush parle souvent de la « cause noble » qu’on a entreprise en Irak, mais il n’arrive jamais à la définir à la satisfaction. La vidéo de Greenday prend note de ce grand manque.

Arcana

Pour reprendre un peu le sujet de mes pressentiments de guerre en Iran d'hier, j'ai lu avec intérêt cet Doug Ireland (grand francophile, il a vécu 10 ans en France et habite à présent New-York) sur les liens complexes entre le lobby politique pro-israélien AIPAC, dont deux des responsables viennent d’être inculpés pour espionnage pour Israël, le Pentagone, le gouvernement de Sharon et l’Iran. C’est rare qu’on puisse voir aussi clairement les ficelles qui font bouger notre gouvernement.

Pour une examination marrante du haut monde du média télévisuel américain, ce billet préparé par Steve Gilliard, intitulé « Qui régnera ? », se sert d’une imagerie arthurienne de royaumes et de duchés pour expliquer la situation actuelle des chaînes d’info aux États-Unis. Il y a plein d’allusions qui m’échappent — par exemple, la « Princesse Élisabeth » dont il est question au sujet du « royaume » d’ABC serait Elizabeth Vargas, présentatrice élégante (à mon humble avis) d’origine hispanique du journal du soir pendant l’absence du feu roi Peter et mariée à un chanteur professionnel (« troubadour » dans le texte original) que je ne connais pas.

Chez MJS33Pondichéry on peut suivre les aventures (réelles) d’un groupe de jeunes socialistes français qui font un stage de coopération dans l’ancienne colonie française de Pondichéry, endroit exotique auquel j’ai rêvé pendant des années (tout comme ce petit monde d'endroits un peu échoués que repésentent par exemple le Macao, le Goa, la ville de Trieste, le Gouadar — « dernier comptoir omanais d’outremer rétrocédé au Pakistan en 1958 » — c’est beau comme description, non ?). Ce qui leur arrive en Inde me rappelle certains moments que j’ai connus en Afrique centrale — l’histoire de l’eau purifiée et de la nourriture locale toutes les deux pleines de microbes normaux auxquels nos bides occidentaux ne sont pas encore habitués (et il faut signaler aussi qu’on peut aussi avoir des histoires désagréables de ventre en allant de l’Amérique en Europe — et vice versa, je suppose — à cause du seul changement d’environnement microbien.) Ce bloc-notes virtuel à multiples auteurs est aussi plein de photos de paysages et de personnes qui ne rappellent ni la 5e avenue ni le boulevard St-Michel — et tant mieux !

Heureusement qu’on ne vole pas à Londres sur BA (ou sur Qantas ou Finnair, perturbés eux aussi) — et c’est la pagaille à Kennedy en pleine saison estivale. Nous, on n’a qu’à nous manœuvrer à travers la circulation sur l’autoroute I-95 ce soir.

août 11, 2005

Fastidium

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La rue Hudson à l'angle de la rue Charles, en plein été il y a peu de monde

Il devient de plus en plus difficile à se garder de vomir en lisant des actualités pareilles — les voyageurs étrangers en transit par les États-Unis n’auraient, selon les avocats du gouvernement (on est tenté à écrire « du régime » ), aucun droit sous la législation américaine, à l’exception possible d’un droit de ne pas être sujet à « des sévices physiques excessifs » (ma traduction à moi pour « gross physical abuse ») (par Raw Story). Et puis on va avoir cet automne, semble-t-il, notre propre Parteitag à la nurembergeoise à Washington.

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Comme on l'a fait ici (et c'était un énorme réussite, acceptons-le), on va contrôler les manifestants — faut pas avoir de « juifs cachés » parmi les patriotes aryens, euh, je veux dire républicains (et c'est ici où j'ai piqué la photo)

En principe c’est pour commémorer les morts du 11 septembre 2001 (quel culot ! quel mauvais goût ! un défilé militaire pour des meurtres, c’est incroyable) et pour (voici le gros truc) célébrer la « liberté ». Personnellement je me méfie automatiquement de manifestations organisées et payées par le département de la Défense (la principauté à Rumsfeld) pour essayer de faire soutenir par un public américain de moins en moins dupe une guerre illégale, basée sur des mensonges, exécutée pour des raisons qui n’ont rien à faire avec une libération du peuple irakien mais plutôt avec le pétrole, les sociétés mercenaires telles Halliburton, et un programme idéologique monté par les néo-cons.

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La queue pour les « chiens chauds » et les hambourgeois à la foire le week-end dernier

Bush, lui, semble de plus en plus gêné par la présence provocatrice de la mère d’un soldat tué en Irak devant son « ranch » à Crawford (et ce « ranch » n’est qu’une vilaine maison nouvelle bâtie après l’achat de cette ancienne porcherie en 1999). Bush en a parlé officiellement pour la première fois aujourd’hui, dans une conférence de presse al fresco.

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Un Elvis pneumatique — trace de l'Amérique « ancienne » en train de devenir « autre » grâce à Bush

J’ai souri en lisant cet article au site de la BBC sur la nouvelle Tokyo Plage, en français pour honorer la version originale de cette plage urbaine, mise en place à Paris grâce, je crois, aux efforts du maire Bertrand Delanoë. Si seulement on avait quelques hommes politiques ici qui pouvaient faire pareil, mais les nôtres, on dirait, préfèrent la gloire de la guerre et de la corruption aux menus plaisirs de leurs concitoyens.

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Voilà — surtout pour Matoo qui a insisté — le fameux carré (on en a vendu 14 samedi dernier)

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Une partie du salon de l'amie écrivain, où l'on a dîné le samedi soir dernier — le jaune des murs est en réalité moins « jaune canari » sans le flash et avec la lumière ambiante normale

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Le joli voilier qui appartient à un ami journaliste gai pour qui le copain a eu, pendant quelques heures, le béguin — c'est un marin, après tout, donc ça se comprend

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Les villes bougent — ce pub irlandais très hétéro était pendant des années le bar pédé le plus fréquenté de tout New-York — il s'appellait alors Uncle Charlie's — que de mémoires, ah la la

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On est monté par métro hier soir au Côté supérieur de l'Ouest (hi hi) pour que le copain pût (oh, mon dieu, qu'est-ce qu'on va m'envoyer des corrections !) courir avec ses amies goudous

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L'entrée principale au Dakota, dans la 72e rue ouest

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Il y a de beaux appartements sous cette toiture extravagante

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Des coureurs et coureuses homos se saluent avant de s'entraîner une heure dans le Parc central

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J'ai lu mon nouveau livre sur la ville de Trieste en contemplant ces deux belles tours de l'immeuble Majestic dans l'avenue du Parc central de l'ouest et en goûtant la variété des gens qui passaient devant moi

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L'avenue du Parc central de l'ouest vers le sud

août 10, 2005

Casus belli

Je suis franchement inquiet parce que j’ai bien l’impression qu’il va bientôt se passer quelque chose à cause de l’Iran — on entend déjà, de la bouche du criminel Rumsfeld, les allégations sur l’origine iranienne de certaines bombes trouvées en Irak, voilà une belle excuse d’intervention militaire en Iran qui serait en train de se développer (et où sont les preuves ? On se souviendra des mensonges précédents du secrétaire à la défense). Et puis maintenant, on nous montre des Iraniens qui refusent d’accepter les ukases de l’Agence internationale de l’énergie atomique en dépit du fait embarrassant que l’Iran est entouré de pays pourvus d’armes atomiques — la Russie, l’Israël, le Pakistan, la Chine, l'Inde et, à travers l’Irak, les États-Unis. Encore une excuse de plus pour une intervention qui se révèle.

Ma réponse principale à cette vague inquiétude (et j’attends totalement à ce que la Maison blanche, actuellement au Texas pour le mois d’août, profite du désert médiatique estival pour faire passer « inaperçu » un plan militaire épouvantable) est d’aller acheter de bons livres — c’est l’esprit qui nous sauvera. Je me suis donc allé acheter, à la librairie Three Lives & Company du quartier, trois bouquins, dont les mémoires de l’écrivain Sybille Bedford (elle est à peu près la Marguerite Yourcenar anglophone), le dernier pamphlet anti-Bush de Gore Vidal qui s’intitule Imperial America, et un recueil d’impressions de la ville de Trieste écrit par Jan Morris dont le titre évocateur est « Trieste et la signification de nulle part ». J’ai commencé ce livre ce soir — j’ai accompagné le copain à la course d’entraînement amical de l’association de coureurs gais et lesbiens de New-York (les Front Runners New York) qui a commencé à 19 heures à l’entrée de la 72e rue ouest dans le Parc central, juste devant l’immeuble Dakota, où il a voulu voir une femme qu’il avait rencontrée pendant le marathon de San-Francisco de la semaine dernière. Pendant qu’il s’entraînait sur les collines du parc (beurk), je me suis assis sur un banc à côté de l’entrée au parc et j’ai commencé à lire : « The allure of lost consequence and faded power is seducing me, the passing of time, the passing of friends, the scrapping of great ships. » Le temps change tout, même les empires.

août 09, 2005

De mortuis

C’est curieux — le galeriste qui vient de passer le week-end avec sa femme chez nous à la campagne m’a signalé que le journaliste américain Steven Vincent, tué en Irak le 2 août dernier, était le même M. Vincent qui était venu à la galerie plusieurs fois, en principe pour rédiger des articles sur les expositions commandés (d’après ce qu’il m’avait dit) par le magazine Art in America. Curieusement, aucune des critiques n’a jamais été publiée, comme l’a remarqué le galeriste, et à vrai dire je n’avais vraiment pas l’impression qu’il se souciait trop de l’art, il m’avait toujours demandé ma « vraie opinion » sur ce qu’on avait sur les murs (ou au milieu de la salle). Deux ou trois fois, je lui avais montré, par exemple, un livre entier écrit sur l’artiste en question et il m’avait dit chaque fois, en secouant sa tête, « Mais non, mais non ! ». Il avait ensuite gémi « voyons, j’ai pas le temps de lire tout ça, j’ai une échéance pour l’article — dis-moi tout simplement de quoi il s’agit, grosso modo ». Je ne l’ai donc pas pris trop au sérieux finalement. J’ai l’impression aussi que je n’avais pas tort. Marié [merci, Ron] à une femme qui habite New-York, il est soupçonné par certains d’avoir eu des rapports sentimentaux avec sa traductrice à Bassorah. Il avait publié un commentaire sur la présence de membres de partis religieux dans la police à Bassorah dans le New York Times du 31 juillet 2005. De toute manière, je ne lui aurais jamais attribué aucune compétence particulière de discernement ou de jugement pour la politique intérieure (ou extérieure) irakienne, vu ses manques de connaissance ou d'intérêt dans le domaine de l’art new-yorkais dans lequel il s’était qualifié de spécialiste. Mais comme il était, paraît-il, de droite et un supporter de l’invasion militaire américaine de l’Irak (pour libérer les Irakiens de la dictature de Saddam), la droite américaine l’a déclaré un saint dans la guerre contre les « islamofascistes ». Il cherchait sans doute une célébrité de grand journaliste de guerre en Irak, la célébrité de critique d’art lui ayant échappé par … la force des choses. Il n’a trouvé que la mort, qui lui a donné une sorte de célébrité éphémère. Tout cela rend un peu cynique.

À signaler: cet excellent billet sur les responsabilités réelles des proguerres et des antiguerres américains par l’avocat carnetier Publius (qui n’est pas européen). Les commentaires valent un coup d’œil aussi.

août 04, 2005

Calor

Il fait toujours une chaleur crétinisante — nous, on est dans l’après-voyage, une période de stase psychologique où l’on n’est ni ailleurs (brouillard) ni entièrement ici (canicule). Demain on va à la campagne. Un ami galeriste et sa femme nous joindront samedi — ils seront parmi nos derniers invités. Il faut maintenant que je commence à m’occuper des détails du déménagement.

août 03, 2005

Itineris memoria

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La partie nord de la baie de San-Francisco

Ouf, qu’il fait bon d’être de nouveau chez soi, dans le (relativement petit) lit qu’on connaît ! On est rentré chez nous vers une heure hier soir (ou ce matin, pour les puristes de la chronologie) — c’est-à-dire vers dix heures du soir, heure de San-Francisco. On avait essayé, avec un succès disons mitigé, de rester dans le fuseau horaire de l’heure d’été de l’Est — je comprenais tout de suite pourquoi j’avais sommeil quand ma montre m’indiquait qu’il était minuit et non pas les 21 heures de l’horloge suspendue du plafond dans le hall d’entrée de l’hôtel Saint-Francis.

On n’a pas eu, heureusement, de trous d’air pendant le vol d’hier et notre atterrissage était beaucoup moins agité que celui qu’a eu l’avion d’Air France à Toronto (histoire d’un coup de foudre destructif, je crois).

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Dans la voiture de train vers l'aéroport

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Dans la salle d'attente de JetBlue à l'aéroport

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Vue de San-Francisco

On est arrivé à San-Francisco vendredi soir — à la réception de l’hôtel Saint Francis, on nous a expliqué qu’on nous avait « surclassés » en nous installant dans une chambre « beaucoup plus grande » avec une « vue supérieure » qui se trouvait à un étage plus haut. On avait omis de nous dire que ladite chambre se trouvait dans la tour exécrable qui date de je ne sais pas trop bien quand, mais dans laquelle les chambres ont l’air d’être sorties d’un Marriott de la banlieue de Wichita, au Kansas — c’est-à-dire sans aucune spécificité ni à l’hôtel originel (construit en 1904) ni à la ville. On est vite descendu à la réception pour leur dire « Merci, mais nous préférerions la chambre qu’on avait réservée ». Celle-là n’étant bien sûr pas disponible, on s’est convenu de rester dans la tour pour une nuit. On est ensuite sorti à la recherche de jus d’orange et d’une bouteille d’eau minérale (pour ne pas payer les tarifs vraiment exorbitants des boissons dans le frigo de la chambre) — le copain, originaire de San-Francisco, a insisté qu’on allait en trouver en se promenant dans le quartier chinois tout proche au lieu d’explorer dans la rue Geary. On a donc fait tout un tour du quartier sans rien trouver et puis, juste en rentrant à l’hôtel, on en a trouvé plusieurs, à côté de l’hôtel, mais dans l’autre sens — c’est bien typique.

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La ville de San-Francisco est énormément francophile

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L'hôtel Adante dans la rue Geary où l'ami ex-Marine est descendu

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Dans le couloir de l'hôtel Adante, au 6e étage

Samedi on s’est levé de bonne heure et on est allé avec l’ami ex-Marine voir sa chambre à l’hôtel nettement « meilleur marché » que le nôtre dans la rue Geary. À 40 $ la nuit, on n’a pas le droit de se plaindre trop ! Vers 9h30 on est allé chercher l’amie partenaire en course et son mari chez eux au Ritz-Carlton (c’est un banquier, lui !) et nous sommes tous allés à l’expo coureur sous des tentes montées à l’Embarcadère où les trois coureurs ont ramassé leurs dossards, leurs chemises et leurs casquettes, suivi d’une courte folie d’achat de chaussettes, de sachets de« gu » (cela me rappelle de la morve parfumée, miam ! mais il paraît que ça marche), une veste de sport, un maillot jaune néon pour plus de visibilité dans une foule de coureurs BCBG en short bleu et ticheurte blanc.

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L'inscription au marathon

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On remet les dossards aux coureurs

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Le nouveau maillot jaune néon

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La rue du Marché

À midi on a rencontré les nièces du copain à notre hôtel, ainsi que son frère aîné, leur père, pour un déjeuner de famille, après lequel on est allé au grand magasin Macy’s dans la place de l’Union où le copain leur a payé quelques fringues à la mode ado. La famille partie, on a pris le métro jusqu’à la rue Castro pour faire le pèlerinage obligatoire de tout homo — il y a en effet rien de très fascinant dans cette rue, qu’on appelle aussi la rue Christopher de l’ouest, mais c’était agréable de passer chez la librairie gaie A Different Light dont la succursale new-yorkaise a fermé il y a quelques années. On a pris un café au lait au Café Flore avant d’aller rencontrer un ex du copain accompagné de son mec actuel et d’un ex à lui, tous les deux d’origine asiatique — l’un Coréen né au Japon et l’autre un petit Viêtnamien tout à fait marrant et, comme le copain, coureur de marathons.

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L'ambiance civilisée du Café Flore

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Les graffiti intellectuels à San-Francisco — le copain m'a dit que cela vient de « South Park », une plaisanterie sur la phrase populaire chez certains « What Would Jesus Do ? »

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Une autre vue de la rue du Marché

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Un drôle d'immeuble, avec les meubles qui sortent par les fenêtres

On a mangé bien sûr plein de pâtes et après un dîner beaucoup plus amusant qu’attendu, on est rentré à l’hôtel très tôt afin de pouvoir nous réveiller à quatre heures.

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Le couloir dans la partie ancienne de l'hôtel

À quatre heures, donc, on nous apporte une grande cafetière de café à la chambre et on se réveille lentement. Le copain met le maillot jaune néon qu’il avait acheté la veille et le short orange (une combinaison vestimentaire remarquable — dans les deux sens — c’est vrai). L’ami ex-Marine nous attend dans le hall et on va chercher l’amie partenaire en course — notre bande descend la colline de Nob vers l’Embarcadère et le départ du marathon.

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Dans le salon du rez-de-chaussée du Ritz-Carlton, en attendant l'amie partenaire du copain et son mari

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Il fait toujours nuit à 5 heures !

Ils sont partis vers 5h30, en pleine nuit et en plein brouillard. Le mari de la partenaire et moi, nous sommes allés les voir passer au Préside — ancienne base militaire au nord-ouest de la ville qui est maintenant parc national — où tout était toujours perdu dans un brouillard épais.

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Dans le brouillard au Préside

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Ça court !

Après les avoir vus passer, on est allé les retrouver dans le parc de la Porte-Dorée, où il faisait toujours froid et couvert.

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Dans le parc de la Porte-Dorée

On est allé les voir une troisième fois en plein marathon dans le sud de la ville, où il faisait chaud à cause du soleil. On est parti pour la fin de la course, toujours à l’Embarcadère, où l’on a rejoint le copain (4h30 comme prévu) et la partenaire (4h45). (L’ami ex-Marine a pris une heure de plus.)

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Entrée au Domaine Chandon dans la vallée de Napa

Le mari de la partenaire en course avait réservé une table pour le déjeuner au restaurant du Domaine Chandon dans la vallée de Napa — on est monté dans sa voiture louée pour aller à Yountville.

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Vue du restaurant du Domaine Chandon

Là on a fêté la course en commençant avec une bouteille d’un rosé mousseux, ce qui était suivi d’un repas excellent avec d’excellents vins, un blanc et unrouge, (et moi je ne suis pas trop fou de vins de Californie).

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Francophilie dans les vignes à Napa — domaine Saint-Supéry

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Les vignes à Saint-Supéry

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L'entrée à la propriété avec un énorme chêne

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Le « château » de Saint-Supéry, une belle ferme californienne de la fin du 19e siècle

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On montre les différentes variétés de raisins

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Une grappe de raisins

Pour rentrer à San-Francisco, le copain a proposé à notre hôte-chauffeur de prendre l’autoroute vers le comté de Marin — malheureusement pour nous, il y avait par là un embouteillage monstre à cause d’une compétition de l’Association nationale de « voitures gonflées ». On est rentré à notre hôtel vers 19 heures et on téléphone à l’ami ex-Marine qui se trouve dans un bar infect dans la rue Polk. On décide de le rejoindre et il est tout à fait bourré. On fait une petite tournée de bars du quartier — bars gais, punks, irlandais. L’ami ex-Marine s’est finalement décidé d’aller dans un « théâtre » de striptease et le copain a insisté qu’on retourne au quartier du Castro pour aller danser — on a commencé au http://www.midnightsunsf.com/ Midnight Sun, bar preppy favori du copain, d’où on est allé danser avec les « gamins » asiatiques et hispaniques au http://www.sfbadlands.com/ Badlands. Là on nous recommande un club rappisant où l’on a pas mal dansé et dont j’oublie le nom (http://www.yelp.com/biz_details?biz_id=UVHwldexsMEYyUY8lJ9rQv1rK3B8kvAN the Bar on Castro, peut-être ?). Après un moment, on décide de rentrer vers le centre-ville et le copain, après une drôle de conversation avec le chauffeur de taxi, veut passer au bar http://www.theendup.com/ The Endup où l’on retrouve un mélange curieux mais agréable de genres — beaucoup d’asiatiques, des noirs, des hispaniques, des hétéros, quelques pépères (comme moi), des filles (lesbiennes ou pas). La musique flottait entre des transes/technos dansables à des mélanges disco assez niais mais tout le monde, y compris nous, avait l’air de s’amuser.

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La librairie célèbre City Lights dans le quartier de la Plage du nord

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Encore de l'influence francophone à San-Francisco

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L'église de SS Pierre et Paul

Le lendemain matin on était plutôt crevé (on comprend pourquoi, non ?) et on a quitté l’hôtel assez tard pour nous rendre à pied au charmant quartier italien de la Plage du nord où on avait rendez-vous, encore une fois, avec le frère du copain et, en principe, sa femme, au http://wsbg.citysearch.com/?cslink=profile_info_website_cust Washington Square Bar & Grill, un joli restaurant américain traditionnel. La femme du frère a décommandé, cela fait des années qu’on ne la voit plus à cause, on croit, de sa corpulence. Le frère ne le nie pas. C’est curieux, les familles.

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La vue de l'île d'Alcatraz et le brouillard du Pacifique

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De la francophilie à la colline de Nob

L’après-midi, le copain se fait masser au gymnase de l’hôtel par un masseur bulgare au nom d’Anthony — j’aurais bien dû faire un peu de sport moi-même, mais j’ai préféré piquer un somme dans la chambre. Le soir on est allé au quartier de SoMa, qui se trouve au sud de la rue du Marché, où l’on a dîné au restaurant mexicain « authentique » Maya — de la bonne cuisine, en effet, avec d’excellents margaritas gelés. Cela nous a lancés dans une recherche prolongée de cette boisson rafraîchissante, mais on n’en trouve pas facilement à San-Francisco — puisqu’il fait tellement froid qu’on boit moins de boissons gelées ! On nous a conseillé d’aller au bar-restaurant http://www.lime-sf.com/ Lime, tout chic, tout branché où l’on n’avait pourtant pas de margaritas gelés mais on les a bus « nature » dans une ambiance années 60 avec de drôles de vidéos.

Mardi matin on a fait nos valises avant de les déposer chez le concierge et de payer la note. Le copain, qui a fait ses études à l’Université de Californie à Berkeley, aime beaucoup revoir la ville et le campus de son alma mater.

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Un restau lao-thai (si, si) dans l'avenue Shattuck à Berkeley

On a donc pris le BART pour y aller et en marchant le long d’une des rues principales (l’avenue Shattuck, je crois) on a passé le restaurant Chez Panisse. « Mais il faut qu’on y aille » le copain s’écrie.

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Entrée au restaurant Chez Panisse à Berkeley

Il est tôt, seulement 11h20 — on décide d’aller passer quelques minutes dans la librairie d’occasion d’à côté, la librairie Black Oaks. En repassant devant l’entrée du restaurant, le copain insiste. Je m’incline — je le suis en montant l’escalier au premier étage, où l’on demande au maître d’hôtel s’il y aurait de la place pour deux pour déjeuner. « Mais, bien sûr, messieurs. Suivez-moi. » Et c’est comme ça que j’ai eu le plaisir de dîner dans un des restaurants les meilleurs de toute ma vie — service excellent, cuisine raffinée, mais pas trop, décor « californien » style « Mission » pas du tout Disney, Mlle Waters elle-même qui surveille. Vraiment exceptionnel.

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Une résidence berkeléenne

stylehispanoberkeley.JPGUne autre, dans le style hispano-berkeléenne

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Un des bâtiments classiques à Berkeley

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Une vue d'une partie du campus, le clocher au fond

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L'entrée au campus

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Berkeley, centre-ville

Avant de reprendre le BART, on a fait un tour abrégé du campus — j’aime bien le style bungalow à l’espagnole qu’on a perfectionné en Californie pendant les années 20 et 30. On a repris nos valises à l’hôtel pour les mettre tout de suite dans le coffre d’un taxi qui nous a conduits à l’aéroport. Une heure plus tard, on était assis dans nos sièges dans l’Airbus à destination de New-York.

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Le brouillard vu de l'avion

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Survolant le centre-ville de San-Francisco

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Un petit bout du Pont de la Porte-Dorée qui sort du brouillard

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Vue des ports de Tiburon et de Sausalito

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Un lac inconnu (à moi)

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Un paysage de nuages

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Où ça pousse, le maïs et ... les Républicains !

août 02, 2005

Domum

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Le matin on pratique une sorte de danse moderne/t'ai chi dans la place de l'Union

Il ne me reste qu’une heure d’Internet à l’hôtel donc je n’ai pas le temps de parfaire un billet. La ville est encore envahie d’un brouillard froid— il est vraiment étonnant combien il peut faire froid ici en été (c’est une des raisons pour lesquelles la belle-mère du copain n’a pas voulu rester ici, mais est rentrée à l’avenue du Parc après un séjour sanfranciscain de deux ans.)

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La tour Transamerica vue du quartier chinois

On vient de nous apprendre à la télé qu’il y a eu encore des attentats à Londres. Chez Fox, il y a un reportage dûment hystérique mais chez les autres chaînes, c’est moins excité.

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L'hôtel Clift en bas de la photo et les pics Jumeaux au fond, barrières au brouillard du Pacifique

août 01, 2005

In California

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La vue de notre chambre d'hôtel sur la place de l'Union à San-Francisco

San-Francisco — c'est un énorme plaisir de me retrouver ici encore une fois mais, cieux, quel désastre énorme pour le régime. Retour à New-York (et à la discipline) demain après-midi.

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Vue de San-Francisco, le pont de la Baie au fond

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Restaurant traditionnel de la place Washington dans le quartier de la Plage du nord, où l'on a déjeuné aujourd'hui avec le frère du copain