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septembre 30, 2005

De peculio

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La 6e avenue, à la 8e rue — c'est la bibliothèque Jefferson (anciennement un tribunal) au milieu

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Les belles-de-jour de la place Abingdon

Une journée presque parfaite du point de vue de la température, de l’humidité, et du soleil. J'en suis profité pour faire un petit tour à Chelsea et, plus tard, pour changer de garage pour la vieille et fidèle Honda, qui ainsi a quitté la douceur de bohème du Village pour une nouvelle vie au milieu du Far West chelséen. Le nouveau garage m’avait été suggéré par l’ami galeriste, qui sait garder ses sous. Et en effet, le montant mensuel pour garer la voiture passe de 467 $ à 295,95 $ (et cela baissera encore de 10 % quand j’aurais échangé les plaques d’immatriculation du Connecticut pour celles de l’état de New-York — un privilège fiscal rendu aux résidents de Manhattan qui gardent des voitures dans des garages sur l’île).

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Dans le nouveau garage dans la 25e rue

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Le nouveau maillon dans la chaîne péniblement ersatz de Ralph Lauren dans la rue Bleecker — des jeans sur mesure

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Un petit bar de quartier envahit l'Europe de l'Est

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C'est quand même plaisant d'habiter une ville où l'on colle des affiches en latin !

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Les fenêtres du nouveau restaurant (pas encore ouvert) qui s'appelle le Tenth Avenue Cookshop

Ayant pris les arrangements pour la voiture, je suis ensuite passé chez un autre ami galeriste. Il exposait un peintre réaliste au nom d’Andrew Haines dont j’avais déjà apprécié les tableaux — moins pour sa technique traditionnelle, quoiqu’excellente — c’est l’abstraction qui m’attire le plus en général — que par son choix de sujets — ces tristes paysages urbains si typiques de petites villes industrielles de la Nouvelle-Angleterre que les industries ont quittées il y a longtemps.

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Voici le tableau — je ne sais même pas son nom

C’est un artiste qui révèle la beauté de scènes qu’on voit tous les jours sans y prêter la moindre attention — une sorte de son blanc visuel où l’on ne trouvera aucun e prétention à une esthétique picturale habituelle, c’est surtout cela qui m’a frappé chez ces tableaux, et finalement j’ai décidé qu’il fallait obéir au coup de cœur et en même temps encourager le peintre à continuer ses explorations.

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Leçon d'anglais nº 1 — « it » est utilisé pour signifier le sexe sans pourtant le dire directement — c'est de la vulgarité où il n'y a pas de gros mots

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Leçon d'anglais nº 2 — « some », c'est la même chose — « Did you get some ? » prononcé entre mecs, ça veut dire « as-tu réussi à coucher avec, euh, une personne ? » — généralement une fille, bien sûr

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C'est ici, le siège de l'empire Martha Stewart

C’est trop bête, mais ça me fait marrer. La « troisième » jumelle de George Bush (trouvé chez Fafblog.

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Une pub férocement new-yorkaise — peur d'un gros derrière et fatigue d'habiter un appartement trop petit

Tout le monde parle de Judith Miller, naturellement, mais on ne sait toujours pas très bien pourquoi elle a finalement décidé à parler au jury — il reste des histoires à raconter !

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Dans le temps, ce quartier de Chelsea était un centre de réparations de véhicules — il n'y en a que quelques garages qui sont toujours là

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Dans la 9e avenue à l'angle de la 23e rue, vers le sud

septembre 29, 2005

Miscellanea

Entendu à la radio ce matin : « Voters no longer choose their congressmen, congressmen choose their voters » — un commentaire cynique (et malheureusement trop vrai) sur l’état actuel des districts électoraux aux É-U.

Il fait du bruit ici, un énorme tapage de voix et d’outils (des pieds-de-biche et des gros marteaux) — on est en train de vider (démolir ?) l’appartement d’en bas de chez nous avant de le réaménager. Il y a très longtemps une vieille y habitait avec plusieurs minous sans pratiquer la plus grande hygiène animale — quand elle est partie, l’appartement est resté inoccupé pendant des années (il l’est toujours, en fait) et quand il fait humide ou quand il bruine, on peut sentir les traces un peu âpres de pipi de chat qui montent du sous-sol. L’odeur me fait toujours penser à la vieille dame qui y avait habité.

Le « Centre international de la liberté » n’est plus — au moins dans le cadre de l’aménagement du terrain de l’ancien Centre commercial mondial à New-York. Le gouverneur républicain de l’état (un imbécile né qui aurait tout de même des ambitions présidentielles) vient de le chasser du « memorial quadrant ». Quel bâclage extraordinaire, mais je sais que je ne vais pas trop regretter ce Centre qui ne sera pas : aucun musée véritable ne pourrait accepter les conditions demandées d’abord par les représentants tout à fait réactionnaires de certaines familles de personnes mortes dans les attentats du 11 septembre 2001 et ensuite par les hommes politiques opportunistes et vendus de ne pas monter d’expositions « un-American » — (tout ce qui est « un-American » serait automatiquement « anti-American », naturellement) . Et la liberté d’expression dans un tel Centre de liberté ? Nulle part, évidemment.

« I’m so sick of these 9/11 families and now I hope they’ll go away. » C’est comme ça que s’est exprimé un certain Jim à la radio publique en commentant ce matin la disparition du Centre. Il y en a beaucoup qui pensent de même. C’est un peu le chantage public continu au lieu d’un deuil en privé.

Hier soir on a regardé le dévédé de « North by Northwest », le célèbre film de suspense d’Alfred Hitchcock avec l’incomparable Cary Grant en vedette. J’avais oublié que l’acteur avait passé douze ans en colocation avec l’adonis Randolph Scott, acteur lui aussi. Quel beau couple, non !

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Et si l'on se pacsait, ça ferait peut-être moins de bruit ?

Je ne sais pas si l’arrondissement de Brooklyn serait en vérité plus juif que le Manhattan, mais l’esprit comique yiddish au Brooklyn est depuis quelques semaines plus en évidence que sa version manhattanaise : en quittant le Brooklyn par le pont de Williamsbourg, on verra cette pancarte instructive : « Leaving Brooklyn » — et juste en dessous on trouvera une autre qui dit : « Oy vey » — l’expression yiddish du regret archifamilier à tout vrai New-Yorkais ! (Mais ces blagues ne plaisent pas à tous.)

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J'en connais pourtant qui ne sont pas navrés quand ils quittent le Brooklyn

septembre 28, 2005

De libris hominibusque

Si je n’arrive pas ces derniers jours à commenter sur la politique, je l’explique pour deux raisons principales : d’abord il y a la célèbre « fatigue d’outrage », condition dans laquelle on ne trouve plus la force de hurler, métaphoriquement ou non, contre tous les crimes, les grands comme les petits, qu’a commis ce régime à la Maison blanche, puisqu’en tout cas cela ne semble servir à rien, vu l’abjection soumise de la majorité de la presse nationale (et à ce sujet, ce site pourrait être utile — le nom à lui seul me fait sourire) ; et secondement, parce que, tout comme l’explique Kevin Drum, « I can barely keep track of the myriad ethical problems besetting the Republican leadership these days. »

Mais qu’est-ce qu’on est content d’apprendre, il y a quelques minutes, l’inculpation du super salaud texan Tom deLay par un jury d’accusation. Et le sénateur Frist, encore un autre politicien républicain de moralité douteuse, a toujours des difficultés à expliquer comment il a su vendre les actions contrôlées (en principe) par un administrateur du bien d’autrui à un prix particulièrement élevé.

Sans parler du fait que j’ai vu, pour la première fois, une petite pub parue à la page A12 dans le Times papier qui demande l’empêchement de Bush. Pas de site Web, seulement une adresse dans la 18e rue, à Chelsea.

Mais j’avoue que ce site, trouvé chez Andy Tobias (qui a souvent de liens très intéressants sur un tas de sujets) me ravit : librarything.com vous facilite l’organisation des livres qui font partie de votre bibliothèque personnelle avec des mots clés (en français, quand c’est utile), des numéros internationaux normalisés des livres, même des photos de couvertures, et cetera. On a le droit à 200 titres gratuitement, et pour 10 $ on peut inventorier une quantité illimitée de livres. C’est marrant, on peut voir d’autres bibliothèques avec les mêmes livres que la mienne (il faut aller ici, à la page « Zeitgeist », et pour voir combien de tomes j’ai fait cataloguer jusqu’à présent chez moi, tapez « dimber » dans la case « Search users » et voilà — euh, dans cette fenêtre il faut cliquer « see catalog » pour voir la liste des titres inscrits), ou l’on peut rechercher des sujets parmi les plus de 250.000 livres catalogués. Moi, je commence cet après-midi avec le rayon de bibliothèque juste derrière mon fauteuil.

septembre 27, 2005

Noctivagus

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L'avenue Lexington hier soir sous une pluie fine

On sent que la saison change — après la pluie d’hier soir, il a fait presque frais ce matin (il me faut toutefois le ronronnement rassurant de la climatisation pour bien dormir).

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On avait mis une Lamborghini au milieu de la gare Grande Centrale, dont voici le moteur

Hier soir on a assisté à une sorte de cocktail de remise de prix pour une association caritative légale dont l’amie partenaire en course fait partie du conseil d’administration. La cérémonie a eu lieu dans une sorte de long salon tout taupe (couleur favorite dans ce cadre sobre et feutré) chez un des cabinets d’avocats les plus prestigieux et les plus connus de New-York, Davis, Polk & Wardwell que tout le monde connaît comme « Davis, Polk » tout court.

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Il faut surtout manger et boire dans ce genre de passe-temps

Ils y ont eu de grandes tables d’amuse-gueule, des plats remplis de pinces de crabe et de crevettes, des satés de poulet et de thon, et tout le reste. Malheureusement le vin n’était pas extra — et il m’a fallu en boire deux grands verres pour endurer une série de discours d’honneur et d’acceptation moins palpitants, hélas, que l’on n’aurait espéré (cela arrive trop souvent, non ?) — mais on est allé dîner au Yale Club tout proche, où j’ai pu commander un chardonnay frais et correct pour accompagner ma grande salade d’artichauts et de haricots blancs.

Notre repas terminé, on est descendu au bar du 1er étage où l’on a pris des digestifs sous les visages un peu béats de présidents qui étaient aussi anciens élèves de l’université Yale, dont Bill Clinton, par exemple, et le singe qui sourit si bêtement dans le portrait ci-dessous.

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Ça coupe vraiment l'appétit — ou pousse à boire à excès ! (et désolé pour la qualité de la photo — je n'ai pas osé utiliser le flash, évidemment

septembre 26, 2005

Domestica

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L'intersection de la 53e rue et la 5e avenue au crépuscule (où j'attendais l'ami galeriste jeudi soir avant d'aller au vernissage du spa à côté) — c'est la tour Citicorp au font, illuminée par le soleil couchant

On a eu, le copain et moi, une fin de semaine (après mon dernier billet, je n’ose plus écrire « week-end ») mouvementée. Vendredi soir on a profité de l’absence de nécessité d’aller à la campagne pour dîner avec l’amie marchande de tableaux dans un restaurant thaï proche de chez elle — la chimiothérapie terminée, elle est toujours fatiguée, abattue on dirait pas tous les médicaments.

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La 5e avenue vers le nord (la tour Trump sur la droite)

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Entrée au spa, au numéro 663, 5e avenue, 8e étage

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Une des salles de thérapie — ça me fait plutôt peur, Ron, toutes ses machines un rien sinistres

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Voici la bibliothèque où l'on vous conseille, sur une petite pancarte élégante, à « embrasser le silence »

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Un grand baignoire pour des « traitements européens » de je-ne-sais-plus-quoi — la pièce se donne sur la 52e rue

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La piscine, thérapeutique elle aussi !

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La salle de manucure, de pédicure et de réflexologie — et, ce soir-là au moins, un petit bar tenu par les employés du traiteur de luxe Abigail Kirsch

Samedi matin on est allé retrouver la voiture au garage pour aller chez ma mère au Rhode-Island — il a fait très beau, il n’y avait pas trop de circulation sur l’autoroute Merritt (l’ancienne autoroute pittoresque qui date des années 30).

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Vue du couloir (c'est propre, non ?) dans lequel se trouve notre espace d'entreposage à la campagne

On est d’abord passé notre nouvel espace d’entreposage où l’on avait mis pas mal de choses et que le copain n’avait pas encore vu. De là, on est d'abord passé voir l'amie écrivain qui se trouve temporairement dans une clinique attachée à une nouvelle maison de retraite du coin.

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C'est là où certains vont pour mourir

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On a déposé encore des vêtements au magasin de seconde main, où l'on a vu des bougeoirs qu'on avait autrefois chez nous

On est allé ensuite à l’ancienne maison chercher le courrier avant de continuer vers la maison de ma mère. Le copain s’est efforcé sans grand succès à installer un vieux routeur wifi dans la maison qui est transpercée de rayons suspects — téléphones, sécurité, moniteurs de santé, talkie-walkie — pour permettre à ma sœur de se connecter au serveur de sa boîte à Philadelphie pendant la semaine qu’elle reste chez ma mère.

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La chaise-ascenseur chez ma mère — la nouvelle, qu'on vient d'installer dans l'escalier principal — mais il n'y a que le copain et ma petite nièce qui s'en sont servis jusqu'à maintenant

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Le coucher de soleil vers l'île de Block vu de notre chambre au second (ou troisième, selon) étage

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Il y a encore des bateaux à voile dans le petit port

Le soir on est allé manger dans un agréable restaurant au port où ce n’est plus la peine de réserver une table, puisque la plupart des estivants sont rentrés chez eux.

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Dans le salon de thé le soir — sans flash, bien sûr, discrétion oblige

Dimanche matin le copain est allé tôt chez Staples acheter un routeur sans fil puissant (il est quand même bien de pouvoir acheter un routeur sans fil très les dimanches matins — c’est l’un des aspects de l’économie américaine que j’approuve sans hésitation aucune) qui a fait que l’on puisse maintenant se connecter à Internet sans aucun problème partout dans la maison. Dimanche midi on est allé déjeuner chez une amie à Pierreville (nom de scène — humoristique pour ceux qui connaissent le vrai — du village où l’on se trouvait notre maison) où il y avait une bonne douzaine de convives à déguster une bonne soupe aux carottes et au gingembre et du rôti de bœuf froid accompagné de plusieurs salades. À deux heures et demie, on est allé chercher le canot gonflable Avon du copain (et son moteur ridiculement démesuré de 10 chevaux — je crois que c’est ça, le chiffre correct) avant de continuer vers le jardin de la Société historique de… Pierreville où allait se dérouler l’assemblée générale ordinaire. (C’est à cause de cette réunion, prévue depuis des mois, que je n’ai pas pu assister à la manifestation antiguerre à Washington ce week-end.) J’ai fait un petit discours sur les activités de l’année au comité des publications dont je suis, pour le moment, le chef, et puis on a voté de nouveaux administrateurs et un nouveau comité exécutif (en réalité pas trop différent de l’ancien). Après une petite réception, on est reparti au village où le copain a dû « nettoyer » l’ordinateur d’un ami/client pendant une longue heure avant qu’on ne reparte pour chez ma mère, où ma sœur était déjà arrivée.

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Le toutou de mère, un Coton de Tuléar (assez rare aux É-U), qui a lui aussi des problèmes de santé — un cœur gonflé, je crois — il s'appelle Barney, tout comme le dinosaure violet à la télé mais lui il est plutôt gentil

Le copain a travaillé sur son portable à elle et on a vite fait nos valises pour repartir, la voiture bourrée de paquets pour l’appartement, sur New-York.

septembre 22, 2005

Fragmenta

Une initiative intéressante sur la bienfaisance internationale repérée chez Andy Tobias.

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Ah, c'est comme ça, en cage à chien, que je préfère les enfants (Betty, elle, aurait été folle furieuse) — vi vi, je suis un vieillard crès, crès vilain !

L’amie et son fils avec qui on a dîné dans un restaurant japonais hier soir (le petit adore le sushi) se sont installés dans un hôtel dans l’île des États, l’arrondissement « rural » de la ville de New-York, parce que les deux gîtes où ils logent à Brooklyn étaient complets le jeudi soir. Je lui ai montré ce site qui permet en principe à trouver une sous-location d’un studio ou d’un deux pièces qu’elle allait considérer aujourd’hui après son cours de naturopathie (si, si, elle veut changer de métier — plus d’intérêt à vendre des bons et des titres chaussée en talons aiguilles Jimmy Choo, elle cherche surtout à « favoriser » la santé en devenant naturopathe. Elle va nous tester, le copain et moi, samedi pour s’entraîner dans les méthodes de recherche (je suis toujours ouvert à ce genre d’essai — les débutants de la coiffure, du massage, de la réflexologie, des esthéticiens, n’ont qu’à venir me voir pour approfondir leurs arts divers sur un corps bien disposé à se soumettre aux mains de néophytes à peine connus pour l’enrichissement de la connaissance scientifique).

Le copain vient de me téléphoner pour me rappeler qu’il m’est interdit de quitter l’appartement avant l’arrivée du type de la société câble Time-Warner qui est censé nous fournir de la télévision câblée — on avait le câble à la campagne, mais on l’avait exclu exprès en ville, mais les dessins animés et la chaîne sci-fi lui manquent trop.

Je viens de télécharger le fichier Adobe du « Guide pratique du blogger et du cyberdissident » et j’ai lu quelques-uns des chapitres, qui me semblent tout à fait corrects, à part l’acceptation assez abjecte, à mon humble avis, d’une foule de termes anglais sans le moindre effort, dans la plupart des cas, de traduction ou de francisation des termes employés. <harangue>Je regrette de noter aussi que ce sont des Français du site pointblog.com qui n’ont, en toute apparence, aucune gêne à faire étalage d’une vaste connaissance de terminologie anglo-saxonne qui sous-entend implicitement que ce n’est que par cette langue qu’on pourra accéder aux mystères les plus profonds d’Internet. C’est vrai, j’ai souvent du mal à vous comprendre, vous les Français, qui trouvent, on dirait, qu’il fait cosmopolite ou branché ou tout simplement supérieur de pimenter vos propos d’une pléthore de phrases et de mots anglais inutiles (pour ne pas parler du mot « looser » (plus ample) que tant de francophones, y compris mon cher Houellebecq à la page108 de « la possibilité d’une île) persistent à employer incorrectement au lieu de « loser » — du verbe « to lose » (perdre) avec seulement un « o » et qui veut dire vaurien, perdant) tandis que pour nous, anglophones, cette manie anglophile ne fait que souligner l’aspect de colonisé de seconde classe, de marginaux, de la part de tant d’Européens non anglophones. (Allez lire cet article de la wikipédie sur l’impérialisme linguistique que certains auteurs, à la façon de cette réalisation à plusieurs, accusent d’avoir manqué à la « neutralité de point de vue »), Bon, un film « gore » ou un « road movie », ça a bien sûr peu d’importance, ça disparaîtra comme tant d’autres mots pareils (overbooké, par exemple) dont on trouvera une sélection au site drôle du Dicomoche. (Dans le « Petit Lexique du Blogging » on voit « permalien » pour « permalink » mais pas de « rétrolien » sous la définition de « trackback. ») Mais ça m’énerve, moi, cette soumission incontestée devant tout ce qui est anglais qu’on voit si souvent chez des gens de bien en France. Ça m’énerve et effectivement j’ai du mal à comprendre cette attitude. harangue terminée.

L’ami galeriste vient de m’inviter à l’accompagner à un cocktail bénévole en faveur des animaux de compagnie perdus pendant l’ouragan Katrina — cela se passe dans un nouveau spa de luxe au nom de Cornelia établi dans la 5e avenue par des clients à lui, donc en bon galeriste il doit y passer pour leur dire bonjour. Puis on rejoindra le copain au Village ou à Chelsea — il doit préparer des devis pour deux nouveaux clients — un nouveau fonds de couverture à Wall Street et des agentes littéraires qui se sont séparées d’une grosse boîte d’agents. Donc, pour le moment, ça va…

septembre 21, 2005

Potus

Maintenant on nous révèle qu’il a repris ses mauvaises habitudes — il va lui falloir un jéroboam de Jim Beam au minimum si l’ouragan Rita frappe la côte texane avec une puissance de niveau 5, comme on le prévoit à présent.

Je n’arrive pas à démêler ce qui s’est passé à Bassora hier avec les troupes britanniques et la police irakienne locale. Pourquoi ces deux agents secrets avaient-ils tant d’armes dans leur voiture ? Pourquoi étaient-ils habillés « à l’arabe », et non pas en uniforme ? Pourquoi les autorités britanniques militaires se sont-elles déterminées à les libérer au moyen de plusieurs chars qui ont enfoncé et le mur d’enceinte de la prison et les murs de la prison elle-même ? Le Times a été particulièrement discret sur ces questions posées ailleurs dans d’autres médias — est-ce peut-être parce que, depuis l’incarcération de Mlle Miller, le journal n’a plus d’entrée chez les meilleurs « tisseurs de vérités complices » qu’avant ?

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Extérieur du nouveau magasin de vins Le Dû dans la rue Washington

J’ai dû aller au garage du quai 40 pour me renseigner s’il y avait de la place pour y garer la voiture et en route j’ai passé un nouveau magasin de vins Le Dû (on adore les circonflexes, naturellement) dont on a parlé ce matin dans le Times (dans la rubrique « Food » qui paraît tous les mercredis) — cela m’a rappelé que, le copain et moi, on avait rencontré un ébéniste/menuisier français dans un dîner d’amis il y a quelques mois et ce beau jeune homme nous avait expliqué qu’il était en train de travailler pour un Français qui allait ouvrir un magasin de vins dans la rue Morton — adresse que j’avais trouvée, somme toute, assez bizarre en vue du luxe consommateur qu’on voulait y vendre et du fait qu’il y a très peu de monde dans ce quartier-là. N’importe, je suis passé le voir cet après-midi — tout n’était pas rangé, on classe les vins par les variétés de raisin, ce qui m’a un peu désorienté au début, puisque je n’en sais absolument rien du cabernet sauvignon ni de la syrah ni du riesling. J’ai tout de même fini par acheter une petite bouteille de Montagny 1er Cru pour leur souhaiter bonne chance.

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L'intérieur du nouveau magasin — on peut y voir des trous

Moi, par contre, je n’ai pas de chance, au moins dans les affaires « parking » — le parking du quai 40, géré par la ville est complet ! Il y a une liste d’attente de quatre mois pour y avoir une place.

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Parking mensuel complet — quel culot !

Ce soir on dîne avec une amie et son fils — ils ont un mode de vie un peu spécial : depuis trois mois le mari habite la campagne, où il a une galerie d’art. Sa femme, autrefois courtier en valeurs municipales, travaillait pour des banques d’investissements,e t le fils allait à une école privée à Brooklyn. Maintenant le mari ne veut plus payer le loyer pour un appartement à New-York, mais le fils est rentré à l’école privée la semaine dernière, et mère et fils habitent, pendant la semaine, un gîte à Brooklyn ! (On se demande, ici et à la campagne, combien de temps un tel arrangement particulier pourra durer.)

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Esplanade le long du fleuve Hudson

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Le commencement de la rue Christopher — comme ça a changé !

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Traces du grand commerce maritime que connaissait le quartier il y a un demi-siècle

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Housing Works est un magasin de seconde main au profit des SDF qui ont le sida — ils viennent d'ouvrir une nouvelle boutique dans la 10e rue ouest — on va leur apporter pas mal de choses

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Les loyers dans le Village obligent les nouvelles boutiques à s'installer dans les sous-sols d'immeubles résidentiels. comme ici dans la 10e rue ouest

On vient de regarder sur CNN l’atterrissage d’urgence en direct d’un avion de la société JetBlue à Los-Angeles. Quelle horreur pour les passagers, mais les pilotes l’ont réussi.

septembre 19, 2005

Mandata

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En route vers la pharmacie dans la rue Hudson, j'ai vu un touriste plutôt musclé qui se faisait photographier par sa petite amie devant cette porte de garage de la gendarmerie du coin

Une journée pleine de courses — j’ai passé quelques minutes de trop dans le magasin de matériel d’artiste A I Friedman à rêvasser à la vue des petites boîtes d’aquarelles Cotman de Winsor & Newton et des papiers d’aquarelle Fabriano — où je cherchais du nettoyant de pointes de stylos plumes (hé oui, je me sers toujours de stylographes archaïques pour ma correspondance personnelle).

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Toujours dans la rue Charles — devant l'entrée d'un restaurant autrefois branché et maintenant tristement démodé

Ce soir c’est le début de la pub radio de l’entreprise du copain sur la radio d’affaires Bloomberg ! Il va falloir arrêter le dvd qu’on regarde — La Maison au bout du monde.

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Et l'on pourrait résister à ce visage-là ?

Qu’il est mignon, le Colin ! Et ça se passe à New-York (dans l’East Village, plus précisément, au moins une partie).

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Encore un de ces amours qui n'osent pas dire son nom — y en a des tas, à ce que je vois ! (photo piquée ici.)

septembre 18, 2005

In urbe (pars secunda)

Hier soir on s’est promené un peu dans le Village — on a mangé encore une fois au restaurant Jarnac, où l’on a rencontré le propriétaire anglais et son petit ami américain. Je n’ai pris que des rillettes de canard, le copain une grande salade de tomates avec une bouteille de bordeaux (pas extraordinaire). Notre repas s’est achevé avec une assiette de fromages (anglais, en l'occurence — du stilton, du Lord of the Hundreds, et du cheddar) accompagnée (pour le copain) d’un verre de porto.

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Broadway à la 50e rue, vers le nord

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Broadway, vers le Times Square — ou la place du Temps, comme vous voulez

Ce matin on a recommencé à ranger l’appartement (sans beaucoup de succès, franchement) — j’ai dû rédiger un peu de texte pour le site web du copain et puis il a voulu voir une sorte de spectacle à Times Square, truc publicitaire pour les comédies musicales. Il y avait du monde mais on n’y est resté pas longtemps. Il y avait aussi des foules portant des drapeaux mexicains — un défilé, peut-être ? Et pour fêter quoi, exactement ? Je n’en savais rien.

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Dans le Times Square

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Un joli gratte-ciel ancien un peu isolé dans la 42e rue

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Les foules habillées en drapeaux mexicains sur les trottoirs

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Dans la 5e avenue, vers le nord

On a déjeuné au grill du parc Bryant — belle salle, serveuse gentille, cuisine médiocre et plutôt chère. Retour au Village par métro, révision du texte, un peu de télé (les Simpson), un dvd un tout petit peu frustrant (Presque rien), et hop, vite au lit.

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Dans le parc Bryant, derrière la Bibliothèque publique, où l'on démantèle les chapiteaux où ont eu lieu les défilés de mode tout dernièrement

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Dans le grill de la place Bryant

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Et l'extérieur du restaurant

septembre 17, 2005

In urbe

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Les diplomates de l'ONU se serrent toujours dans les restaurants chics, accompagnés de voitures de police comme ici, dans l'avenue Madison

Un samedi à New-York, le premier en fait depuis des années, je crois — et ce n’était pas trop mauvais (non, non, je plaisante). Il fait chaud et humide, ce qui fait que les beaux garçons sont toujours en culottes courtes et maillots moulants qui montrent parfaitement, , pendant qu’ils flânent au Village et au long de la Cinquième Avenue, les biceps et les mollets solides et bronzés. A neuf heures j’ai commencé à déballer quelques quelques-uns des cartons qui encombrent le salon de l’appartement. Il était strictement interdit au copain de quitter la chambre à coucher (où il a tout de même pu regarder la télévision tout en jouant à un jeu vidéo de guerre sci-fi dans la douce climatisation— donc, ce n’était pas trop dur pour lui, quand même) — j’ai d’abord rangé la salle de bain (mais qu’est-ce que j’ai trouvé de bizarres tubes de produits de beauté pour homme — des exfoliants, des après-rasage, et cetera — et dont on ne s’est jamais servi) et puis j’ai entrepris la conquête de la cuisine (qu’est-ce qu’on a des bouteilles de vermouth — et franchement ça fait des années que je n’aie concocté un martini — avec de la vodka, extra dry — chez nous). Et puis des verres — on n’est quand même pas des traiteurs ! Il va falloir attendre l’apparition la semaine prochaine d’une autre étagère métallique où l’on pourra commencer à ranger toute la batterie de cuisine et les assiettes.

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L'avenue Madison vers le nord, la tour de l'hôtel Carlyle au fond

Il est toutefois agréable de retrouver des livres qu’on avait oubliés — Vathek, par exemple, de William Beckford, grand excentrique anglais de la fin du 18e siècle qui avait rédigé ce roman « orientalisant » en français en 1782, qu’on a ensuite traduit en anglais et publié en 1786 (hmm, un anglophone qui écrit en français, ça me rappelle quelque chose…) Je me suis donné le temps d’un mois pour ranger et incorporer dans l’appartement tout ce qu’on a apporté de la campagne — ce délai passé le copain aura le droit de gueuler — mais avant cela je ne veux pas entendre même un chuchotement d’impatience. Mais, moi, je suis bien plus organisé que la FEMA et en plus j’ai un plan qui va marcher.

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L'entrée à la Collection Frick dans la 70e rue est

Quel plaisir de retrouver Pasfolle sur la toile — comme tout le monde le sait, elle se trouve maintenant à Pékin, en République populaire de Chine, où, il paraîtrait bien, les gens sont aussi étranges que ne l’étaient les autochtones d’Austin, qu’elle a quitté en juin dernier. Avec sa voix inimitable, Pasfolle va sûrement nous régaler d’histoires extraordinaires du Royaume du Milieu et dans cette perspective des plus agréables je mets à jour mes signets sur-le-champ — tout le monde est conseillé de faire de même.

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Le jardin de la Frick

Je voudrais signaler aussi un carnetier chez qui je passe souvent sans laisser de mot — c’est à cause d’une lâche timidité que je me tais, et aussi parce que je trouve que je n’ai rien à ajouter à ses billets spirituels, élégants, et donc hyper-parisiens. Le Vrai Parisien est bien sûr cosmopolite (comme il est obligé à tout vrai Parisien, d’ailleurs) et ses derniers billets, publiés après un court séjour à Londres, sont d’un charme aussi rare qu’authentique. Il ne faut pas non plus manquer à lire (et à apprécier les photographies) ce billet dans lequel le VP explique comment il arrive à avoir toujours vingt ans.

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Dans le Parc central, une allée d'ormes américains, assez rares, en fait

On est allé déjeuner avec les parents du copain aujourd’hui et ensuite nous nous sommes promenés le long de l’avenue Madison jusqu’à la 70e rue, où l’on s’est décidé à faire un tour dans la Collection Frick. C’est bien sûr le musée le plus élégant de New-York, plein de tableaux de Vermeer et de Rembrandt posés sans prétention. Un peu trop de monde, mais n’importe. On a ensuite traversé le Parc central pour nous rendre à la station de métro de la 72e rue ouest, d’où l’on est rentré au Village.

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Vue du Pré aux moutons dans le Parc central vers le sud-ouest — et les tours jumelles du nouveau centre Time-Warner-AOL

J'ai trouvé bien intéressant ce passage d'un billet du 13 septembre 2005 du carnetier londonien Dickon Edwards dont je cite quelques paragraphes.

My entire philosophy is based on resisting the rush to join in with whatever seems terribly popular at the time. In many sci-fi tales like Night Of The Comet (a great 80s b-movie, by the way) or Day Of The Triffids, most of the human race is left blinded, turned to dust or turned into zombies by taking part in some mass event like watching a comet. Those that miss out for whatever reason find themselves among a surviving minority, charged with continuing mankind - or not - on their own. It's possible that I read a little too much into these silly stories.

Nevertheless, one must never be afraid to not join in. There's no need to follow the cricket if you're not that way inclined. Similarly, there's no need to get married and have 2.4 children, or 2.4 cats, or 2.4 iPods, to watch a comet, to tune in for Lost, to wear trainers, to rush out and buy a few more Coldplay records just in case no one else does.

Relax. Other people WILL do all these unpleasant things for you. And they will INSIST! Look upon the rest of mankind as your unpaid stunt doubles.

What an incredible sentence to write. It's nice to remind myself I am who I claim to be. If I woke up tomorrow and found myself to be Judi Dench, I wouldn't know what to do. One for the Dickon Edwards section in future books of quotations.

Look upon the rest of mankind as your unpaid stunt doubles.

This default against-the-grain pose of mine is, of course, ridiculous, and I don't always embrace it myself. Many popular things are actually rather good and should be tried at least once. And many unpopular or (as the euphemism goes) 'cult' works remain unloved by the masses for a very good reason. But if you believe in Mr Robin Hood's principle of redistribution of wealth, you must recognise that much of the modern world's wealth is the Currency of Attention. When most heads seem turned in one particular direction, looking to one side can be no bad thing. Other experiences are available.

The Currency of Attention — la phrase est bien belle, et juste, je trouve. (Ce soir il faut que je me fasse un masque hydratant !)

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Vue du Pré aux moutons vers le sud-est — la tour du nouveau immeuble Bloomberg à gauche

septembre 16, 2005

Fines atque initii

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La maison

Le déménagement tant redouté est terminé hier — on est allé signer l’acte de vente dans le cabinet d’un avocat qui se trouvait au village nautico-balnéaire d’ Old Saybrook (où l’actrice Katherine Hepburn a habité pendant des années et où elle est morte le 29 juin 2003). Notre réunion n’était pas très gaie. Il y avait un représentant avocat pour l’acheteuse qui n’était pas apparemment très content d’avoir affaire avec deux pédés (par contre, on bavardait agréablement avec les deux autres avocats présents). À la fin de cette brève réunion, ce monsieur a failli refuser de nous serrer les mains quand tout le monde s’est levé pour rentrer — un vrai rustre de la pire sorte. Notre avocat nous a offert ses félicitations, auxquelles on n’a rien répondu — on était content d’avoir terminé l’affaire, mais pas spécialement heureux d’avoir abandonné une vie à laquelle on avait participé avec vigueur.

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L'ancien quartier portugais du village, maintenant tout propre et embourgeoisé, par un jour ensoleillé

On est rentré à New-York sous des pluies intermittentes, mais fortes — il fait un temps lourd et désagréable. L’ami ex-Marine nous attendait devant l’entrée de notre immeuble et il nous a aidés à décharger la voiture remplie. On a ensuite ouvert une bouteille de champagne bien fraîche pour fêter la fin du déménagement et de nos labeurs.

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La salle à manger

Je suis toujours un peu sous le choc. La maison ne me manque pas, mais je me demande comment on va faire pour essayer de maintenir toutes les amitiés qu’on a créées là-bas. Est-ce même possible ? Et les souvenirs…

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Les bibliothèques vidées

septembre 14, 2005

Labor

rodneyetnorman.JPGMes sauveteurs d'hier, à gauche Rodney, et à droite Norman

Les déménageurs sont venus hier — on a passé toute la journée à emballer et à remettre avec soin dans le camion, avant de tout placer dans un garde-meuble où l’on va les garder jusqu’à… je n’en sais rien. Je l’avoue, déménager, c’est ni gai ni facile.

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Le premier étage mis à nu

septembre 12, 2005

Motus

On est en plein déménagement à la campagne — ouf, c’est aussi dur que je ne craignais. Vraiment, les objets s’accumulent en dix ans.

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Et ce n'est qu'infime partie de ce qu'on a fait...

On est rentré hier soir, la voiture bourrée de paquets et de sacs pleins de vins, de draps, de serviettes, de services de porcelaine, de livres (ô combien de livres), un poste de télévision, et ainsi de suite.

Il est maintenant 6 heures 23 et je vais chercher la voiture à 7 heures pour repartir vers le nord-est.

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Notre banc de jardin dans ses nouveaux quartiers jardiniers, chez l'amie écrivain, qui est toujours à l'hôpital

On est allé préparer le brunch hier chez ma mère, avec ma sœur de Philadelphie. Ma mère reste très faible et franchement je ne vois pas comment elle va faire pour sortir de cette crise actuelle, qui va représenter, je le crains, simplement un stade nouveau d’une décrépitude inévitable.

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Je n'ai pas pu résister à prendre cette photo du jardin de l'amie écrivain — élégant et accueillant sans être prétentieux

Samedi soir, chez des amis, on a beaucoup parlé de Houellebecq à la suite d’un http://www.nytimes.com/2005/09/10/books/10mich.html long article sur lui qui est paru dans le Times de samedi matin intitulé « The French Still Obsess Over Their Gloomy Novelist of Despair ». Il y avait un journaliste d’origine allemande qui disait n’importe quoi sur l’auteur dont il n’avait jamais lu un seul mot — ah, que j’aime la critique. Houellebecq se moque, dans ce dernier roman, de l’homme religieux Teilhard de Chardin, autrefois très à la mode dans certains milieux bien-pensants, et qu’on nous a fait lire à l’école religieuse où j’ai fait mes études. Pour la plupart des convives, ridiculiser (même tout doucement) un homme de bien comme Teilhard de Chardin fait preuve d’une faute de goût et d’une misanthropie mesquine et gratuite — ils ne reconnaîtront jamais qu’ils soient, eux-mêmes, la vraie cible de cette plaisanterie habile. Oui, Houellebecq serait bien désespéré de la plupart de son espèce par ce qu’elle fait et par ce qu’elle croit — et qui lui dira, sans platitudes complaisantes, qu’il n’a pas tort ?

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Première indication d'une pénurie d'essence dans la région métropolitaine — les pompes d'ordinaire étaient « hors service » et les queues pour les pompes « self-service » n'en finissaient pas — dans on est allé aux pompes « plein service » (qui n'en était surtout pas) où j'ai payé 28,00 $ pour un peu plus de 8 gallons d'essence

septembre 09, 2005

Imagines

Pour voir d’une manière plus personnelle que celles des images présentées dans les médias ce qui s’est passé en Louisiane avant, durant et après le passage du cyclone Katrina, je recommande vivement cette projection de diapositive créée par un Nicacraguayen hôtelier habitant la Nouvelle-Orléans qui s’appelle Álvaro. (Haut débit recommandé).

De bono maloque

L’optimisme célèbre des Américains, même si, trop souvent, sans aucune justification raisonnable, semble avoir subi un coup dur ces derniers jours : 60 pour cent d’Américains sondés par Pew se disent « déprimés » par ce qu’ils ont vu se dérouler en Louisiane et ailleurs le long du golfe du Mexique. Il est vrai qu’avec les images de morts sur tous écrans (en dépit des efforts récents de censure par l’administration), la montée abrupte (et suspecte) du prix de l’essence chez toutes les stations-service (moi j’ai payé 3,09 $ le gallon d’ordinaire mardi au Rhode-Island), les dépenses de plus en plus grandes et pour la catastrophe au Sud et pour le fiasco continu en Irak qui ne sont pas, on s’en rend de plus en plus conscient, couvertes par les impôts, ce qui va nous endetter encore plus chez les Chinois ou d’autres étrangers.

D’autres que moi ont eu l’idée — la prémonition serait un terme plus juste, peut-être — qu’on devrait s’attendre à de nouveaux incidents de distraction massive dans le proche avenir — il faut surtout lire jusqu’au bout de la bande dessinée.

Billmon en a raz le bol — il n’en peut plus, tellement il est dégoûté par l’horreur causée par le cyclone et l’incompétence stupéfiante des soi-disant responsables (mais je viens d’entendre à la radio que le chef de FEMA Michael Brown a été « réaffecté » à un autre poste dans l’agence — la pression fut trop forte).

Les droits du citoyen se sont nettement amoindris du moins pour le moment par une décision prise par un tribunal en Virginie sur la détention indéfinie en tant que « combattant ennemi » d’un citoyen américain arrêté sur le sol américain — qu’on vous déclare « combattant ennemi » et v’là, le gouvernement n’a plus besoin d’expliquer pourquoi on vous détient ou d’indiquer pour combien de temps. Le juge Michael Luttig, qui a rédigé la décision, est un conservateur partisan qu’on a souvent critiqué pour ses prises de position plus idéologiques que judiciaires. Il fait partie aussi de juges qu’on considère pour la Cour suprême — ce qui explique cette ignoble décision tout à fait lèche-cul en faveur de l’administration.

La demande d’habeas corpus fait partie, tout le monde le sait, des bases les plus fondamentales du droit anglo-saxon. On l’explique ici. « The writ of habeas corpus serves as an important check on the manner in which state courts pay respect to federal constitutional rights. The writ is "the fundamental instrument for safeguarding individual freedom against arbitrary and lawless state action." Harris v. Nelson, 394 U.S. 286, 290-91 (1969) ». La liberté individuelle contre l’action d’état arbitraire ou sans loi, ben, y en a plus, c’est tout ! Merci mille fois.

septembre 08, 2005

Patria divisa

tandis que la FEMA (sigle qui signifie officiellement Federal Emergency Management Agency mais qu’on traduit maintenant comme Federal Excuse Making Agency ou même Federal Election Management Agency) cherche à interdire la photographie des cadavres flottant dans les eaux polluées de la Nouvelle-Orléans, le public se méfie de plus en plus du charme du faux Texan. Cette animation de Mark Fiore est bien plus pathétique que drôle, mais elle démontre un peu la révulsion que ressent au moins une grande partie du public américain sur l’inaction et l’injustice des autorités fédérales. Les républicains se défendent de toute responsabilité en dépit des évidences — et l’on dit que trente pour cent de la population mangeraient leurs enfants si le Grand Leader leur commandait de le faire, donc il n’est pas question de leur changer les préjugés. Mais pour les autres — les plus ou moins raisonnables, cela devient plus difficile de les duper. C’est évident il va nous falloir bientôt une nouvelle attaque terroriste pour « mobiliser » le pays contre tous ces ennemis de la liberté qui résistent aux efforts de l’administration.

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On sait qu'il est arrivé quelque chose de bien différent quand on trouve un lit par terre au milieu du salon — comme ici, chez ma mère — ma sœur y a passé la nuit de dimanche dernier

Ma mère va mieux — ma sœur et son mari arrivent samedi de Philadelphie pour visiter ma sœur. J’ai loué de l’espace dans un entrepôt pour mettre quelques-uns des meubles d’ici qu’on va garder, ainsi que des boîtes pleines de livres qu’on ramènera à New-York une fois les nouvelles bibliothèques construites. On va débarrasser le sous-sol samedi matin (une vraie corvée que je n’attend avec aucune impatience). On nous offre un dîner d’adieu « non officiel » samedi soir chez les amis avec qui on a déjeuné à Vence la semaine dernière. Je serai soulagé quand tout ceci sera terminé.

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Les livres empilés à la campagne — ceux-ci, je les garde et les mettrai dans les boîtes en carton demain, promis !

septembre 07, 2005

De senectudinis malis

Je suis arrivé aujourd'hui chez ma mère vers midi — c’était hier vers une heure de l’après-midi que j’avais appris qu’elle s’était écroulée dans sa salle de bain samedi soir et qu’elle s’était ensuite tirée vers sa chambre où elle est restée sur la moquette, incapable de se mettre debout, jusqu’au moment où l’on l’a retrouvée douze heures plus tard. L’une de mes sœurs m’avait laissé un message dimanche après-midi à New-York mais je ne l’avais pas récupéré — on était toujours à Saint-Tropez — que notre mère avait passé le dimanche aux urgences de l’hôpital local, qui n’avait pas pourtant trouvé rien d’inquiétant.

Depuis hier on la « surveille » vingt-quatre heures. On a procédé à nous renseigner sur l’embauche de plusieurs infirmières auxiliaires qui pourront dormir chez elle pour les semaines à venir.

Aujourd’hui, elle allait mieux, mais je ne me trompe pas, cela ne va pas être facile ou gai. Est-ce par hasard que j’avais commencé le dernier Houellebecq, acheté à la Maison de la presse dans le port à Saint-Tropez, où j’ai tressailli en lisant : « je ne pouvais que confirmer leurs [c’est-à-dire, les femmes d’un certain âge] premiers soupçons, leur instiller malgré moi une vision désespérée de la vie : non ce n’était pas la maturité qui les attendait, mais simplement la vieillesse ; ce n’était pas un nouvel épanouissement qui était au bout du chemin, mais une somme de frustrations et de souffrances d’abord minimes, puis très vite insoutenables… »

J’y repasserai demain — l’amie écrivain se trouve à l’hôpital, elle s’est cassé le pied avec son assistant de déplacement (ce machin en métal qui permet à marcher) et on la menace de devoir faire une greffe de la peau pour remplacer la peau endommagée du pied !

Les histoires qui nous arrivent de la Louisiane et des alentours sont de plus en plus grotesques — je ne peux pas écouter les reportages sur les milliers d’animaux de compagnie que les autorités ont obligé les citoyens de la Nouvelle-Orléans à abandonner sur place — ça m’écœure. Je n’aurais pas pu quitter New-York sans Betty. L’abomination qu’est cette administration me dégoûte plus que je n’arrive à décrire.

Ce billet touchant, rédigé en anglais par un Français habitant Paris, fait une sorte d’apologie du libéralisme (sens américain) — il me rappelle pourquoi il faut lutter pour un gouvernement qui prendra ses responsabilités sociales au lieu de les lâcher en bénissant les vertus supposées de l’individu — c'est-à-dire de quelques actionnaires de Halliburton.

septembre 06, 2005

De turbulentis tempestatis

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Vue d'un jardin privé à l'ancienne à Saint-Tropez

Il est certain que les événements autour du cyclone Katrina ont bouleversé le pays — pour le moment, au moins. Cela se lit dans les carnets, même francophones, comme dans ce billet un tantinet consternant chez Le Piou à (gulp) Berkeley. Dites donc, s’il commence, lui, à se poser la question, même théorique, de comment s’acheter une arme à feu pour pouvoir protéger sa famille, cela signifie quelque chose. On le remarque aussi dans les engueulades aux commentaires (ici et ici) aux billets excellents du journaliste de Libération Pascal Riché dans son carnet À l’heure américaine.

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Dans l'aérogare Nice-Côte d'Azur

Dans une lettre ouverte aux « conservateurs noirs » le carnetier Steve Gilliard souligne l’impression de trahison communautaire de la part de ces commentateurs. Steve Gilliard (lui aussi noir) termine son billet en écrivant le suivant : « Black conservatives have betrayed the community and must now come to account for their treason. How can they face themselves, much less the community. They have been the allies of racists and those who hold even black children in contempt.

The dead and suffering of New Orleans demand no less. »

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Je suis allé voter dans le primaire démocrate au bureau de l'arrondissement de Manhattan dans la rue Varick

Mais les Américains n’aiment pas du tout les nouvelles qui feraient trop de contraste avec l’idée qu’ils se sont faite d’eux-mêmes — phénomène psychologique peu surprenant, en effet, qui est probablement pareil chez d’autres peuples. Personnellement je suis de l’avis que le public américain a une difficulté toute particulière à se regarder avec une honnêteté vraiment rigoureuse. Dans l’histoire américaine populaire, pour ne citer qu’un exemple célèbre, les massacres organisés des habitants autochtones du continent sont toujours vus, grosso modo, comme des opérations pleines de gloire et de bravoure contre des sauvages avides de sang (blanc, en l’occurrence) — on n’a qu’à regarder les films de John Wayne et la plupart des autres westerns pour se rendre vite compte que la réalité féroce de qui s’est vraiment passé dans le continent nord-américain n’intéresse en aucune manière les familles installées dans ces banlieues soignées de Denver ou de Phoenix, dans de grosses ou de petites maisons, leurs garages abritant de jolies 4x4 et pick-up monstres, les émissions de télé leur assurant qu’ils restent habitants du pays le plus riche, le plus fort, le plus important, qui n’a jamais perdu rien — ça gagne aux JO, et pour le foot, on s’en fout et les étrangers n’ont pas assez de talent pour apprendre à jouer au football américain, le plus généreux, le plus bénévole (non, non, on n’est pas en Irak à cause du pétrole ou des armes de destruction aussi massives qu’imaginaires, c’est seulement pour libérer le peuple irakien du joug du dictateur Saddam), le plus démocratique (on ne dira mot de la Floride ou de l’Ohio), et ainsi de suite. Les nouvelles de ce qui se passe actuellement à la Nouvelle-Orléans ne sont pas du genre à plaire à l’Américain moyen (c’est de même avec les insurgés irakiens qu’on nous a assurés allaient nous accueillir avec des fleurs au lieu des obus — maintenant on a tendance à se détourner le visage de vérités aussi déconcertantes qui ne créent pas une ambiance propice — les journaux télévisés, par exemple — à la vente de produits de consommation.)

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Le « bureau de vote » se trouve au 10e étage du numéro 200, rue Varick

Le peuple américain se souviendra-t-il de sa colère et de sa révulsion devant la signification réelle des images transmises partout dans le monde du malheur des infortunés de la Nouvelle-Orléans ou va-t-il se laisser prendre — encore une fois —
au jeu de Rove. Mais, franchement, à en juger par le passé, Rove y parviendra sans grande difficulté. Je ne suis pas le seul à le croire, bien sûr. Je cite en entier ce commentaire laissé chez Steve Gilliard qui me semble bien cynique, mais compréhensible :

« soon things will return to normal for bush and gang.

just watch the media. first they were outraged, now they have tuned down a step or two. politicians who at first were mad as hell about the whole thing now praise the 'outstanding' work of the military. everything is back 'on script'. not like the rapper who went 'off script' and was promptly thrown off screen.

nothing will happen to bush and his incompetent government. they may be responsible for the death of 10000 or more citizens, but they have mighty friends. no way the industry, the media will let their best friend down. he might be a moron, but he is their moron. nobody gave them more tax cuts and acted as a bulldozer for the industry like little george.

it is also very unfortunate that most people who have died are black. were they white there might be a small possibility for bush voters to identify with their suffering. but now they will simply continue to cherish their ape president and very soon start to blame the victims. just wait. »

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Ayant rempli mon bulletin et l'ayant mis dans l'enveloppe avant de tout remettre à l'employée, j'ai remonté la 7e avenue

Décourageant, non ? Ah, il y en encore a pour tous les goûts. Les détournements de fonds de secours ont déjà commencé — et ce sera sans doute bien pire que ce qu’on a déjà vu en Irak avec la disparition de milliards de dollars sans qu’il y ait eu le moindre effort, à ce que je vois d’ici, de savoir qui a réussi à dévaliser le contribuable américain. Cela va être bien rentable d’être un républicain au Mississippi.

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Une façade de maison dans la rue St-Luc

Bush vient d’annoncer qu’il sera lui-même le chef d’une commission d’enquête sur les erreurs commises par — son administration ! C’est bien beau, n’est-ce pas ? Il s’est déjà prononcé sur son infaillibilité lors d’une conférence de presse le 13 avril 2004 où il avait regretté de ne pas pouvoir se souvenir d’un éventuel « biggest mistake » .

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Une belle maison dans la rue Morton

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Une curieuse référence à la mort du chef de la Cour suprême Rehnquist

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Dans l'avenue Greenwich

Les parasols de plage sont tout de même plus gais, vous ne trouvez pas ?

septembre 05, 2005

Domi

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Tout est rangé en début de journée à l'Aqua Club

Après une longue journée de voyage par toutes sortes de moyens de transports publics et privés (à pied, en voiture, en avion, sur trottoir roulant (plus ou moins) rapide, encore en avion, puis en train et en métro) on est de retour à Manhattan. Tout s’est bien passé — les fêtes, les déjeuners sur la plage, de vieux amis qu’on n’a pas vus depuis des années, les nouveaux amis qu’on y a faits. Quelle excellente fin d’été ! Et en plus, je suis content d’être de nouveau chez moi.

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On passait d'énormes bateaux de plaisir qui entraient dans le port pendant qu'on nous menait en bateau gonflable au restaurant

septembre 04, 2005

De festivitatibus gallicis

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On attend les trains à la gare des chemins de fer de l'Île longue à Manhattan

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La tour de contrôle à JFK, vue de notre avion sur la piste

Pas trop de problèmes pour aller à Nice — le vol Delta était entièrement plein, on avait (bien sûr) perdu la présélection de nos places et après un peu de rogne exaspérée (l’agente hispanique nous appelait « papi » et « honey » dans un effort, je suppose, de faire sympa, ce qui n’a pas réussi, du moins pour moi) elle nous a placés dans le rang de la sortie de secours. Une fois assis, nous avons été commandés par une vieille hôtesse un soupçon genre gardienne de prison allemande de ne pas prendre de somnifères avant le décollage de l’avion. J’en ai pris deux avec un verre de vodka quelques minutes plus tard et j’ai assez bien dormi pendant le vol.

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Nos sièges se trouvaient dans le rang de la porte de secours

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Nos co-passagers dans la cabine économie

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La queue lente chez Europcar à l'aéroport de Nice

À Nice il y avait une foule qui cherchait des voitures au bureau de l’Europcar — aux USA on vous donne les clefs en quelques minutes, mais ici il a fallu au moins dix minutes de paperasserie par locataire (familles, couples, etc.) Mais finalement on est monté dans notre jolie Twingo couture, créée par Kenzo, et l’on a pris l’autoroute en direction de Vence — au moins pour quelques minutes, puisqu’on en est sorti trop tôt et on s’est paumé dans les rues de la banlieue de Cagnes-sur-Mer.

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Les villas privées de l'hôtel bâties sur une hauteur qui donne sur la vallée et la Méditarranée

Tout à fait par hasard, on a finalement retrouvé notre chemin vers Vence et l’hôtel où logeaient nos amis, avec qui on a commencé notre week-end extravagant en déjeunant sous les oliviers.

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Le restaurant « informel » de l'hôtel, tout proche de la piscine

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La piscine elle-même — elle a l'air invitant, non ?

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Il y avait de vraies olives sur les branches ! (On n'en voit pas dans le Parc central.)

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La vue vers la mer du balcon de la chambre de nos amis

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Vue de la ville de Vence

Quelques heures plus tard, on a repris l’autoroute A8 vers l’ouest. Le copain a voulu qu’on prenne la route qui longe la mer, donc on a quitté l’autoroute à Saint-Raphaël/Fréjus pour passer par Sainte-Maxime et Port-Grimaud avant d’entrer à Saint-Tropez.

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Un beau et grand voilier dans le golfe de Saint-Tropez

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Dans le port

Il faisait un temps merveilleux et l’on était bien content de pouvoir déposer la voiture dans le parking public le plus cher du monde entier — le parking souterrain des Lices, où le tarif s’élève à 35 € par jour ! On est allé à l’hôtel et après une promenade par les rues du village (oui, oui, je sais, c’est trop touristique, c’est démodé, mais pour nos yeux d’Américains du nord, les bâtiments et les rues ont un charme qui fait oublier l’omniprésence de ces gros messieurs ventrus, habillés en ticheurte, cigare à la bouche, tannés comme des sacs à main Louis Vuitton et leurs copines liftées, bronzées, les cheveux d’une blondeur que la nature ne connaît pas, les talons hauts aux pieds).

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Une ruelle tropézienne typique

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L'entrée de l'Hôtel de ville de Saint-Tropez

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Une des rues principales du village

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À l'entrée du village

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La place des Lices, au centre du village

On est allé deux fois à la plage de Pampelonne — aussi agréable qu’avant (mais le restaurant était moins bon, et il n’y avait plus de foies de volaille, mon plat préféré d’autrefois).

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Le parking rustique à la plage de Pampelonne

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Sur la plage de Pampelonne

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Les yachts amarrés dans la baie

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On prend le petit déjeuner dans le jardin de l'hôtel

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Au marché du samedi matin dans la place des Lices

Hier soir les invités au dîner d’anniversaire se sont rassemblés au port devant la Capitainerie où de divers bateaux nous ont emmenés à un restaurant qui donne sur le Golfe. On nous a offert du champagne rosé au débarquement et on a pu apprécier un coucher de soleil éblouissant depuis la plage devant le restaurant.

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Vue du port de Saint-Tropez le soir

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On approche au quai du restaurant dans la navette

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Des invités qui descendent d'une navette

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Un beau coucher de soleil

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On nous sert des canapés sur la plage

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Vue du restaurant

À la table où l’on m’avait placé, il y avait un jeune Français beau et charmant à ma gauche et une banquière américaine retraitée qui n’aimait pas le foie gras — je vous laisse deviner avec qui j’ai le plus bavardé. Il y avait une très belle blonde qui chantait en anglais et français pendant qu’on dînait. Le dessert terminé on nous a prié de nous rendre sur la plage d’où l’on nous a présenté un spectacle de feux d’artifice accompagnés de musique de cinéma, après lequel on a dansé sur le sable. Un gentil chauffeur tropézien nous a reconduits à l’hôtel dans sa navette automobile vers 2 heures.

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Et l'on y dansait, mais pas tous en rond...

Ce matin on s’est réveillé aux nouvelles de la mort du juge Rehnquist — encore un autre juge de la Cour suprême que Bush choisira.

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Vue du 1er étage de la maison des amis

Dernière soirée à Saint-Tropez — on a passé l’après-midi chez nos amis où l’on a fait un barbecue de gambas, de saucisses et de coquilles Saint-Jacques arrosé de champagne et de vin rosé.

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On était en train d'accrocher ce panneau dans la place des Lices cet après-midi — le texte ne va pas plaire aux responsables de la francophonie, je crois bien