
Des maisons particulières dans la 11e rue ouest — c'est la maison de Liv Tyler au carrefour
Le copain aime les manifestations publiques, qu’il s’agit d’une occupation de bureaux gouvernementaux montée par Act Up ou d’un anniversaire de son partenaire âgé. Lui et moi, nous approchons quinze ans de « partenariat » et il a envie de célébrer cette durée en offrant à une collection d’amis une fête unique. C’est alors que le pingre (moi) se confronte au prodigue (lui).

Vue de la place du Temps
Hier matin on a eu rendez-vous donc avec la directrice des « événements spéciaux » du restaurant Le Bernardin dans la 51e rue ouest. On tenait surtout à voir l’espace privé et les menus proposés pour un dîner à plusieurs. Malheureusement, on n’a pas tellement aimé le petit salon qu’elle nous a montré — moderne mais sans charme et un peu serré — et moi, personnellement j’ai trouvé la vaisselle d’une laideur tout à fait décevante (on a les critères minima, moi !).

Entrée principale au restaurant Le Bernardin dans la 51e rue ouest

Une partie du « mobilier public » créé par l'artiste Scott Burton mort du sida en 1989

Drapeaux autour de la patinoire dans le Centre Rockefeller
Comme j’avais des courses à faire en « centre ville » j’ai quitté le copain à la 5e avenue (il rentrait au bureau) et j’ai marché à la l’avenue Lexington où j’ai pris le métro jusqu'à la 86e rue est, où je suis descendu pour aller au Musée juif dans la 5e avenue à l’angle de la 92e rue où je voulais voir l’exposition Sarah Bernhardt.

La Cinquième Avenue vers le sud

... et vers le nord, avec la cathédrale St-Patrick

Photo pour Olivier, qui aime l'immeuble Chrysler — désolé pour le mauvais temps

Façade de la Neue Galerie, musée fondé par la famille Lauder pour l'art allemand et autrichien, dans la 86e rue est à l'angle de la Cinquième avenue

La façade néogothique du Musée juif
Comme il m’arrive trop souvent avec les expos au Musée juif, celle-ci m’a un peu déçue — un tas de memorabilia (cartes postales, affiches de théâtre, morceaux de costumes de théâtre) sans grand intérêt et une absence d’analyse critique de la carrière de l’actrice ou des causes réelles de sa célébrité.
Radin comme je suis, cela fait des années que je n’ai pas acheté de nouveau costume — mais hier je suis passé d’abord chez Bloomingdales et ensuite chez Banana Republic pour voir ce qu’il y avait — à Bloomingdales j’ai aimé un costume tout noir signé Hugo Boss — mais je suis allé finalement chez Oxxford dans la 57e rue est où j’ai trouvé un costume tout ce qu’il y a de plus traditionnel (il m’en faut un comme ça), aux rayures tennis sur fond gris (j’ai le vocabulaire technique, non ?). Le vendeur était un vrai génie — calme et souriant, il m’a conquis en deux secondes et en quelques minutes je me suis trouvé dans une salle d’essayage pleine de glaces et munie d’un témoignage de Bush Jr ( !!!! ) sur la qualité des complets (j’ai failli fuir, mais en fin de compte, je me suis rendu à l’idée de me voir déguisé en bushiste pur et dur). Le pire, c’était le prix, à mon avis énorme. Mais c’est fait, il n’y a plus qu’à attendre le deuxième essayage en dix jours.

L'hôtel Wales dans l'avenue Madison — c'est là où vous débarquez quand il faut quitter le bel appartement de l'avenue du Parc à cause d'un divorce, d'une découverte de maîtresse ou de giton ...
À dix-sept heures j’ai mis mon vieux costume usé pour rejoindre le copain au bureau avant de nous rendre chez ses parents qui, des sans-abri de luxe, ont vendu leur ancien appartement et prendront possession du nouveau la semaine prochaine — mais dans l’entre-temps (il faut repeindre et décorer) ils habitent un hôtel résidentiel de luxe dans l’avenue Madison.

L'avenue du Parc à l'angle de la 86e rue est, vers le sud

Couloir du 14e étage de l'hôtel dans lequel les parents du copain se sont installés temporairement
La belle-mère du copain nous avait invité à assister à une conférence donnée par l’ancien expert en contre-terrorisme de la Maison blanche Richard Clarke. Il nous a confirmé l’échec presque total de l’administration Bush, dans la défense intérieure ainsi que dans la guerre en Irak. (Il est un peu moins pessimiste sur les activités militaires en Afghanistan et il a salué l’aide de nos alliés français et allemands.) Le plus curieux, d’une certaine manière, c’est que cette conférence s’est déroulée dans un endroit qu’on aurait cru être un foyer de la réaction pro-Bush — le Colony Club — mais pas du tout. Les femmes élégantes et leurs maris aux cheveux gris et habillés en costumes sombres ont vivement applaudi les paroles de M. Clarke.

La salle de conférence du club
Après la conférence on est monté dîner dans la « loggia », une salle décorée de treillis et de bouquets de fleurs, où l’on nous a servi un repas très simple et correct. J’ai expliqué à la belle-mère du copain pourquoi on n’allait pas tarder à quitter le pays si l’on arrivait à voter l’amendement constitutionnel antigai. Et elle m’a répondu qu’elle comprendrait très bien ma décision — « mais tout le monde déplore ce type », elle a ajouté, « et espérons qu’on va bientôt nous le chasser de Washington. » Elle n’est pas seule : le carnetier politique Publius (l'Américain) remarque : I have never of course been a big fan of the White House or the GOP leadership. But for some reason, things are annoying me a lot more these days. It’s more than just disapproval of this or that policy. It’s a more general exasperation and dejection that’s been eating away at me. I look around and I honestly disagree with almost every aspect of the way our country is being run.
De retour à l’appartement, on a regardé l’enregistrement du discours de l’état de l’union. Pas très intéressant, rien de nouveau, d’énormes lacunes (naturellement), quelques bizarreries incohérentes. Le copain n’a pas eu le cœur de le regarder, préférant se réfugier devant l’écran dans les complexités du jeu Noir et Blanc 2.
Le copain vient de m’appeler pour me dire que son nouvel employé est plus gros qu’il ne s’en souvenait et qu’il a fréquenté, au Kansas, un lycée « chrétien » où l’on lui a enseigné le « créationnisme ». « Ben » le copain lui a conseillé, « à New-York, le plus sage, c’est de présumer que tout le monde est juif. Comme ça, vous direz moins de bêtises. »