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février 28, 2006

Cottidiana

Le lendemain de notre dîner hollywoodien de samedi soir je suis parti de bonne heure pour la campagne, trajet accompli en temps record de deux heures cinq minutes — c’est vrai que j’ai pu rouler à 130 km à l’heure à cause de l’heure — j’ai quitté Manhattan à 8 heures et il n’y avait que très peu de monde sur l’autoroute. J’ai déjeuné avec une vieille amie qui commence, malheureusement, à perdre sa tête — elle a du mal à se souvenir de la date, par exemple, ou du jour. Elle a 91 ans et depuis la mort de son mari adoré elle habite seule chez elle (pas d’enfants) et je crois qu’elle ne mange pas ou irrégulièrement. On va essayer de l’encourager ce prochain week-end à trouver quelqu’un qui pourrait passer chez elle quelques heures par jour pour faire un peu de ménage et pour lui préparer un repas.

Dimanche soir j’ai dîné avec l’amie écrivain. Très peu de monde dans le restaurant (à part les parents du copain, qui passaient le week-end chez des amis à eux) et j’ai pris de la morue qu’on a très mal préparée, immangeable. De retour chez ma mère vers 21 heures.

Lundi une réunion embêtante de la petite société historique — l’intelligence chez les humains est une denrée rare, c’est confirmé une fois de plus. J’ai failli démissionner mais en fin de compte le président m’a prié de rester. Chez ma mère j’ai rencontré l’agente immobilière — après un petit problème de contrat (lutte d’influence entre l’avocat et l’agente, en fait — pénible) j’ai tout signé et la maison est ensuite officiellement à vendre. Cela m’a fait, je l’avoue, un tout petit resserrement du cœur — c’est vraiment la fin d’une époque, pas super importante mais énormément personnelle. J’ai envoyé un courriel à mes sœurs. Je me demande comment elles vont réagir.

Ce soir on va chez des amis qui ont loué un appartement dans le quartier de Bay Ridge (ou Crête de la Baie ?) à Brooklyn. C’est un quartier très italien, d’où est sorti le danseur au complet blanc Tony Manero, interprété par John Travolta, du film Saturday Night Fever. Je n’y suis jamais allé. Ce sera la grande aventure.

Et aussi, l’entraîneur des vedettes avec qui on a passé une partie de samedi soir s’appelle David Kirsch et son site web est ici.

février 26, 2006

In urbe (de novo)

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Ah, les beaux quartiers — ici on est dans la 64e rue est, entre les avenues du Parc et Lexington

La foire, pour moi, a terminé hier soir — on y a vu les acteurs Steve Martin, Chuck Close, Ron Silver, Fran Dresher (pas tous ensemble), les financiers Henry et Marie-Josée Kravis, l’ancien petit ami de David Hockney Peter Schlesinger (c’est celui en veste orange debout devant la piscine). On est allé dîner, le galeriste, le copain et moi, dans un restaurant italien — l’actrice Ellen Barkin, l’ex du financier Ronald Perelman, était assise à côté de nous, accompagnée de son entraîneur los-angélène, et après quelques verres d’un bon rouge italien, on s’est tous mis à se soûler ensemble. Elle est charmante et belle. J’ai quand même réussi à me lever à 6 heures du matin afin de pouvoir aller chez ma mère pour un rendez-vous avec l’avocat demain matin. Ce soir je dîne avec l’amie écrivain.

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L'ancien bureau de l'OLP pour l'ONU — je ne sais pas à qui appartient actuellement, mais il y a toujours un poste de police devant l'hôtel

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L'acteur Steve Martin en casquette verte devant un stand près du nôtre

février 23, 2006

Mercatus artium

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L'entrée à la foire dans l'avenue du Parc

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L'avenue du Parc en dessous de la 68e rue est

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Le stand devant le nôtre

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De grands bouquets de fleurs dans les couloirs — ça fait chic, non ?

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Les traiteurs s'affairent avant le début du gala mercredi soir

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La bourgeoisie newyorkaise vient inspecter ce qu'on leur offre

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Une fenêtre au Village que je connais depuis des années — je suis rentré chez moi à pied de Chelsea, où l'on a dragué un beau et jeune serveur tout tatoué au nom de Chad au restaurant Food Bar

salondeluxe.JPG Un salon de coiffure de luxe dans la rue de la Banque au Village

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Dans notre couloir

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Et dans l'autre sens

On a quand même vendu plus de 180 000 $ de tableaux !

février 21, 2006

Photographiæ ultimæ

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Le bar du rez-de-chaussée du Musée d'art moderne la semaine dernière lors du vernissage de l'exposition Munch

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Du monde dans les galeries au 4e étage

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Vue d'une passerelle au musée (le conservateur de l'expo se trouve au milieu — difficile à voir, je sais, mais il est très réservé, donc c'est mieux)

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Vue de la façade orientale de l'immeuble AT&T dans l'avenue Madison prise de la terrasse du bar au toit de l'hôtel Peninsula (ex-hôtel Gotham construit en 1905)

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La 5e avenue vue d'en haut de l'hôtel Peninsula

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Poursuivant le thème de « Gotham », on est allé dîner au restaurant Gotham Bar & Grill dans la 12e rue est, pas loin de chez nous

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C'est comme cela qu'on recycle à Manhattan — et la boîte jaune, c'est mon café Bustelo « au goût latin »

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Une amie de campagne nous a offert un dîner samedi soir — voici sa table juste avant qu'on ne s'assoie

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L'entrée du restaurant coréen dans le quartier de l'Empire State Building où il fallait passer lundi soir de retour à New-York, le copain ayant oublié un machin important au bureau qu'il lui fallait mardi matin

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Dans l'avenue Lexington où je monte vers l'entrée arrière de l'Armurerie de l'avenue du Parc où aura lieu, à partir de mercredi soir, la foire annuelle de l'Association des Marchands américains de l'art

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Une journée dévouée à la préparation des stands — et les déménageurs d'art et les installateurs sont bien plus mignons que les marchands de tableaux

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Au plafond de l'Armurerie on a mis de longs lés de tissu semitransparent — le vernissage est demain soir

février 15, 2006

Res parvæ

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Dans la 57e rue est, vers l'ouest

Je me moque de l’accident de tir de Cheney, je ne vois aucun espoir pour la poursuite légale des malfaiteurs d’Abou Ghraïb en dépit des photos révélées hier, je doute fort que le pauvre Congrès ait le courage de poursuivre l’administration Bush pour les écoutes illégales, je sais que la guerre contre la terreur ou contre le terrorisme — c’est à Bush, il paraît, de choisir en fin de compte le nom de la lutte planétaire actuelle et il semble changer d’avis d’un jour à l’autre — n’en finira que quand les entreprises multinationales n’en auront plus besoin. De tout cela, je me trouve las et désabusé. Par contre, je suis authentiquement navré que l’excellent Phersu ait décidé de quitter, même temporairement, la carnetosphère. Plus qu’un simple masque, c’était une merveille un peu mystérieuse de liens insolites et toujours à propos, et de points de vue intelligents et surprenants qu’il était toujours un plaisir de découvrir. Il faut encourager son retour très prochain.

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La tour Citicorp dans le soleil de l'après-midi

Visite éclair au Côté supérieur de l’est où j’ai pris quelques photos tout en essayant d’éviter les grandes flaques d’eau à chaque coin de rue. Ce soir le copain et moi, on va au vernissage (ou plus probablement à l’un de plusieurs) de l’expo Munch au Musée d’art moderne — sans, bien sûr, le tableau volé « Le Cri » qui n’a toujours pas été retrouvé en Norvège. Dommage.

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La boutique à stylos Joon dans l'avenue Lexington

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L'élégante tour Ritz dans l'avenue du Parc

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La nouvelle tour Hearst à l'intersection de la 57e rue ouest et la 8e avenue

février 13, 2006

Post tempestatem

On est entré sans tarder dans la période de l’après-tempête — un ciel bleu éblouissant, une température pas trop froide, des trottoirs passables, mais souvent avec difficulté. Il n’est surtout pas question de porter les paires de belles chaussures chères qu'on aime trop.

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Le trottoir devant chez nous dans la rue Perry

Pourquoi Cheney a-t-il tiré sur un ami — avocat, en l'occurence, et aussi républicain ? Voici dix raisons intéressantes (et assez drôles). Pour le carnetier Steve Gilliard, il s’agirait plutôt des suites (douloureuses, le type visé est toujours à l’hôpital aux soins intensifs) d’une dispute fâcheuse entre la maîtresse en titre Condoleeza et la femme officielle Laura. (Non, non, je plaisante, les amis du FBI !)

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Il faut faire attention en traversant les monticules de neige

Je suis franchement étonné par le ton peu raisonnable de l’apologie proposée par le rédacteur en chef du Washington Post Jim Brady pour la débâcle médiatique qui s’est produite à la suite d’un article incorrect publié le 15 janvier 2006 par la médiatrice du même journal Deborah Howell sur l’affiliation politique de ceux qui avaient empoché les dessous-de-table du lobbyiste Jack Abramoff.

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Dans la 7e avenue, des amas de neige sale sur les deux côtés

Le carnetier Digby a contrasté avec élégance la différence entre ce qu’a écrit M. Brady et l’un des carnetiers les plus « insensés » Jane Hamsher de l’équipe du carnet politique incontournable FireDogLake (elle écrit aussi pour Alternet). Ceci n’est que le début : les journaux et les journalistes vont avoir, je crois, plein d’ennuis avec les carnets qui agissent en chiens de garde de la vérité.

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Un chasse-neige dans la 7e avenue

février 12, 2006

De fine tempestatis

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Les arbres décorés dans la rue Perry

Les Bushistes vont-ils bientôt cibler les carnets web comme des « cyberterroristes » ? Et est-ce qu’on va nous mettre dans les nouveaux centres de détention massifs qui seront construits par — qui d’autre que Halliburton ! (par Orcinus).

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La balançoire dans l'aire de jeu de la rue Bleecker

La rédaction du Times déclare aujourd'hui dans la grande édition du dimanche : « We can’t think of a president who has gone to the American people more often than George W. Bush has to ask them to forget about things like democracy, judicial process and the balance of powers — and just trust him. We also can’t think of a president who has deserved that trust less. »

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Un tunnel dans la neige sur le trottoir

Ici à New-York on a battu l’ancien record d’accumulation de neige. Le copain et moi, nous sommes sortis l’après-midi pour faire un tour du quartier et pour trouver quelque chose à manger— on a fait escale donc dans un nouveau restaurant suédois Smörgåschef dans la 12e rue ouest. Une « marie sanglante » pour moi, une tisane curieusement rouge et fruitée pour le copain, des boulettes en entrée pour moi, une soupe à la tomate pour le copain (qui lui avait froid), des œufs Bénédicte au saumon pour moi, une sorte d’omelette pour le copain, le tout servi par un Viking énorme de plus de deux mètres, tout jeune, tout blond, tout béat.

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Le nouveau restaurant suédois Smörgåschef dans le Village

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L'intérieur du restaurant

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Un drôle de lustre fait de couverts

Notre brunch terminé, on est allé au supermarché qui était bondé d’enfants tout emmitouflés accompagnés de leurs parents plutôt grognards qui nous bousculaient dans les couloirs. Rentrant chez nous on a croisé un cortège de véhicules policiers, les feux tous allumés, mais qui s’arrêtaient tout de même aux feux rouges ! Peut-être étaient-ils en train de transporter en prison des carnetiers « terroristes » ?

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Les voitures de flics dans l'avenue Hudson — y aurait-il un petit Guantánamo new-yorkais quelque part ?

De tempestate nivea

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L'escalier enneigé de chez Carrie, juste devant nous

On a dû ranger au moins les « pièces publiques » de l’appartement pour une rare visite de quelques amis (l’entrée au taudis est permise à très peu de monde) qu’on a distraits avec des bouteilles de Château Vieilles Souches 2003 et des tranches de saucisson au poivre avant de les pousser vers un restaurant du coin où l’on nous a fait nous asseoir dans une table ronde au milieu de la salle (on était six).

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Un coin relativement propre du salon minuscule

Le blizzard avait commencé mais les banlieusards s’étaient déjà enfuis chez eux, il régnait donc une certaine ambiance de fête dans le restaurant. On est rentré chez nous vers vingt-trois heures, après une escale à la pâtisserie Magnolia où les autres ont acheté des cupcakes immondes avant de se quitter dans la rue Bleecker. Moi j’ai regardé pour la deuxième fois le film « But I’m a Cheerleader » avec le très beau Eddie Cibrian et RuPaul, que je vois de temps en temps au gymnase.

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Hier soir dans le parc de la rue Bleecker

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Les tables aux échecs du parc de la rue Bleecker, hier soir couvertes de neige

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Une sélection de « gâteaux à tasse » chez la pâtisserie Magnolia

Ce matin on s’est réveillé à une vraie fantaisie d’hiver — le maire Bloomberg est à la télé, au dépôt de sel de la péninsule Gansevoort (oui, c’est vraiment comme ça qu’on l’appelle), où il parle calmement devant les éboueurs habillés en vert. Il rappelle aussi aux gens qu’ils doivent enlever la neige devant leurs immeubles et leurs maisons. Il nous encourage aussi à aller au théâtre — « Broadway est ouvert ! » il s’est exclamé.

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À l'intersection de la 4e rue ouest et la rue Perry au Village

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La 4e rue ouest à 9 h 30

février 11, 2006

In urbi

La journaliste de sports Selena Roberts se plaint dans le Times d’aujourd’hui de l’anti-américanisme du Comité international olympique, qui a laissé tomber le baseball et la « balle douce » pour les prochains Jeux d’été. Ce qui plus est, elle n’a pas vu de bannières étoilées dans les rues de Turin (on a regardé ce matin la cérémonie d’ouverture qu’on avait enregistrée et nous l’avons trouvé très belle, très bien faite — ils ont du style, ces Italiens !) et puis il n’y a plus d’Américains au comité exécutif, mais un surplus d’Européens. N’importe. Pour ceux et celles qui aiment les beaux athlètes, le site Hot Olympians s’est réveillé de son sommeil intervallaire pour les Jeux de Turin. (Je trouve que le patineur Chad Hedrick, tout beau qu'il est, a un sourire de pub de dentifrice !)

Des godes et des ET, je ne suis franchement pas expert — mais j’ai quand même dû sourire en visitant le site d’Alien Dildos — ce sont les boutons surtout, je suppose, qui les rendent « extraterrestres », d'après ce que je vois. En ce qui concerne les couleurs représentées, on sait déjà combien je suis fièrement multiculturel et en dépit de mon ignorance personnelle de leurs corps, je veux toutefois présumer que là il n’y a absolument rien de surprenant.

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Cette affiche se trouve dans la 7e avenue, juste en face du gymnase

Dans ce même thème, c’est la première fois que je voie une affiche publicitaire pour un godemiché (Le Lapin qui parle, tiens, Laurent en a peut-être quelques notions ! ; )) — mais j’avoue que c’est possible que je n’y aie pas prêté assez d’attention et il y en a peut-être beaucoup collées partout, sur tous les murs de la ville ! (Mais dites donc, c’est cher, ce machin !)

Une drôle de chanson politique dont les paroles sont basées sur celles de la chanson Kokomo des Beach Boys.

Sécurité de la patrie oblige : la NASA interdit à tout étranger (même ceux qui ont six ans ou moins) la visite des lieux. Parce qu'il y a des espions partout, vous comprenez.

Pour ceux qui sont en manque d’amusement grave, je conseille une visite à ce site, un exemple de plus, s’il en fallait, de la folie intégriste chrétienne bien de chez nous.

D’autres l’ont remarqué bien avant moi, mais il est agréable de constater que les carnets web peuvent descendre un jeune apparatchik républicain qui avait cherché à promouvoir les théories du soi-disant « dessein de la création » chez les scientifiques. Le carnet qui a révélé l’absence de diplôme (en dépit de son CV) chez le jeune dignitaire est Scientific Activist, rédigé par un étudiant américain à l’université d’Oxford. Un carnet à suivre.

La théorie, adoptée après les recommandations de plusieurs amis français, sur le bon rapport qualité/prix des rouges français de la cuvée 2003, a été un tout petit peu troublée mercredi soir où l’on a bu un Haut-Médoc Château d’Arcins 2003 vraiment moyen — et trop cher.

S’il vous est arrivé de ne pas savoir hurler des injures dans une langue voulue, ce site pourra vous être utile. La sélection française est un peu curieuse, à mon avis, mais comme je ne lance des injures qu’en mon anglais maternel, je ne vais pas m’en soucier trop.

Ici tout le monde attend (avec une certaine impatience) le blizzard prévu pour cet après-midi — le copain et moi, nous sortons dîner avec quelques amis ce soir (il faut que je réserve une table quelque part, en fait). Au moins, il y aura moins de « visiteurs » du Nouveau-Jersey à Manhattan ce soir.

février 07, 2006

Dies fructuosus

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Au restaurant Maremma

Journée fructueuse terminée par un bon dîner dans le restaurant italien (relativement) nouveau Maremma dans la 10e rue ouest avec l’amie marchande de tableaux, qui est en train de vendre un grand tableau de la peintre francophile Joan Mitchell pour une somme invraisemblable aux communs des mortels comme moi. Il y avait une grande tablée d’Italiens derrière nous — c’est vrai que la cuisine y est plutôt bonne. Même mieux quand elle est accompagnée d’un verre d’un bon rouge toscan Lagone.

février 06, 2006

Inventa

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Devant l'entrée du Home Depot à Westerly, où je suis allé chercher de la moquette pour remplacer celle de la chambre à coucher de ma mère, ravagée de pipi de chien

Saviez-vous qu’il y a un morceau du Parthénon qui fait partie du monument de Washington ? Si l’on retourne à la Grèce les marbres d’Elgin du musée britannique, va-t-il falloir enlever cette pierre grecque et la remettre aux autorités helléniques ? Je viens d’apprendre cette nouvelle curieuse en écoutant une interview à la radio avec Dorothy King, auteur du livre The Elgin Marbles (elle serait contre le retour). Il existe en plus tout un carnet web sur le sujet du « vandalisme culturel » !

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Dans la mythologie gaie, les gais de la banlieue et de la campagne passent leurs samedis après-midis à chercher un mari butch dans les couloirs de ces grands magasins de quincaillerie

Moment de philo trouvé chez Fafblog : Que faire s’il ne s’agit pas d’une représentation de Mahomet mais plutôt d’une représentation d’une représentation de Mahomet ? Alors, dans ce cas-là, c’est du « métablasphème », parce que c’est à la fois sacrilège et prétentieux. Délicieux, non !

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De retour à New-York, on s'est arrêté à l'Ikea de New-Haven, où l'on a mangé des boulettes suédoises avant de faire un peu de shopping

J’ai écouté les audiences sénatoriales avec le procureur général Gonzales sur les écoutes, légales ou illégales — ou dans l’appellation récemment créée par l’Administration, « le programme de surveillance de terroristes ». Le procureur général revendique une « autorité inhérente présidentielle » dans la pour faire tout ce qu’il veut, quand il le veut, à qui il veut. Même quelques sénateurs républicains en sont étonnés.

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Interdit de poser de questions, bien sûr !

J’étais bien content de voir Mme Dinoire à la télé ce soir — quelle femme courageuse ! Et quel beau succès pour la médecine française.

J’ai lu avec intérêt cet article dans le Guardian où l’on révèle que le rédacteur de l’édition de dimanche Jens Kaiser du journal danois Jyllands-Posten avait refusé des dessins satiriques sur Jésus d’un dessinateur danois. Dans son courriel, le rédacteur est censé avoir écrit : « I don't think Jyllands-Posten's readers will enjoy the drawings. As a matter of fact, I think that they will provoke an outcry. Therefore, I will not use them. » Tiens.

février 05, 2006

Aetas feminarum

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L'acteur américain Robert Montgomery en 1929 — il ressemble un peu à Jude Law, non ?

On était tous assis autour de la table dans la cuisine de l’amie écrivain — le copain avait monté le lecteur de disques compacts à côté du four, le seul endroit où il y avait une prise moderne avec mise à terre dans toute la cuisine !— moi j’avais suivi les ordres de l’amie écrivain en ouvrant une bouteille d’un bourgogne blanc. L’amie marchande de tableaux était assise à côté de l’amie productrice de cinéma qui, elle, marquait les paragraphes de cinq exemplaires d’un contrat où il fallait la signature de l’amie écrivain pour permettre l’achat des droits de film d’un de ses livres. C’était à ce moment-là que j’ai tapé un numéro sur la télécommande du lecteur et la chanson « Parlez-moi d’amour » de Lucienne Boyer a commencé. L’amie écrivain a poussé un énorme soupir — « Mais c’est pas possible ! C’est le « theme song » de ma jeunesse ! » Les autres ont continué à bavarder autour de la table pendant qu’elle chantait un duo discret avec l’enregistrement de Mlle Boyer. « Je me suis trouvée à Paris où j’ai dansé avec l’acteur Robert Montgomery, pour qui j’avais un gros béguin, en écoutant cette chanson. Ah, qu’il est dur de vieillir ! »

Hier Betty Friedan est morte à Washington, à l’âge de 85 ans. C'était son anniversaire. Je me souviens d’avoir feuilleté les pages de l’exemplaire de son livre exceptionnel The Feminine Mystique que ma mère avait acheté — ma mère qui a finalement, malgré toute son « éducation » conventionnelle, osé ignorer les admonitions de ses « pairs » en train d'élever leurs enfants à l’aide de nurses noires entre parties de tennis au club et qui est par contre retournée à l’université pour obtenir sa maîtrise, après quoi elle a trouvé du travail et une carrière à elle qui lui a donné énormément de plaisir.

Voici le début acerbe de ce livre influent (1963) : « The problem lay buried, unspoken, for many years in the minds of American women. It was a strange stirring, a sense of dissatisfaction, a yearning that women suffered in the middle of the twentieth century in the United States. Each suburban wife struggled with it alone. As she made the beds, shopped for groceries, matched slipcover material, ate peanut butter sandwiches with her children, chauffeured Cub Scouts and Brownies, lay beside her husband at night--she was afraid to ask even of herself the silent question--"Is this all?" »

février 03, 2006

Musica

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La petite façade de l'église St-Paul au fond au milieu, entourée de gratte-ciel

On part ce soir pour la campagne où j’ai quelques rendez-vous. L’amie marchande de tableaux nous accompagne — sa chimiothérapie actuelle ne lui fait pas trop de mal, on lui a mis une sorte de tuyau qui transmet le médicament directement au foie. On dîne demain avec l’amie écrivain, pour qui j’ai acheté cet après-midi un cadeau d’anniversaire très en retard — c’est un petit lecteur de disques compacts et un disque compact de chansons françaises des années 30, dont la chanson « Le Fiacre ». Elle se souvient de l’avoir appréciée à Paris en 1939, chantée par Maurice Chevalier, mais je n’ai pu trouver qu’une version chantée par Yvette Guilbert. Moi, je ne l’ai jamais entendue.

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Vue de quelques-uns des magasins J&R devant le parc de l'Hôtel de Ville

Mais qu’est-ce qui se passe entre Washington et Caracas ? C’est comme une reprise de la Guerre froide. A-t-on vraiment besoin d’espions américains au Vénézuéla ? Y a-t-il vraiment une cabale vénézuélienne aux États-Unis ?

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L'Hôtel de Ville dans l'ombre

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Les arches du pont de Brooklyn

février 02, 2006

Libertas aut molestia

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« Photo by European Pressphoto Agency, originally captioned: Religious leaders met on Wednesday in Jerusalem in a united protest against a gay pride festival planned there in August. From left: Sheik Abed es-Salem Menasra, deputy mufti of Jerusalem; the Rev. Michel Sabbagh, the Latin patriarch; Archbishop Torkom Manoogian, the Armenian patriarch; Rabbi Shlomo Amar, the Sephardic chief rabbi; and Rabbi Yona Metzger, the Ashkenazi chief rabbi. The man at right was not identified. » Hé oui, ils sont bien tolérants, nos religieux occidentaux aussi

Je suis avec intérêt la controverse sur les représentations de Mohammed par certains dessinateurs danois pour un journal, en l’occurrence de droite, au Danemark, dont le gouvernement actuel serait aussi de droite. Un pur hasard ? Hmmm, comme on dit pour exprimer le doute chez nous.

Ce qui m’étonne le plus, c’est l’insensibilité, peu crédible en fait, de ceux qui ont cherché exprès à jouer ce tour puéril, digne, somme toute, des fils de commentaires excédés de chez Little Green Footballs (non, je ne lie pas). Certaines personnes d’une tendance dite « libérale » (sens européen) s’offusquent de la réaction des fidèles en Arabie saoudite ou ailleurs. Soit. Mais j’ai tout de même l’impression qu’il s’agit ici d’un moyen fortuit d’assener des gens dits « inférieurs » ou « superstitieux » ou tout simplement « pas comme nous » plutôt que d’une vraie passion illimitée pour la liberté d’expression. Hé oui, je suis cynique, c’est comme ça.

Examinons un peu des cas similaires, dans un contexte autre. Imaginons un instant la réaction publique pour une des représentations décrites ci-après publiée par un journal au Kansas, ou à Rome, ou à Paris — et ces exemples, je les ai pris des commentaires à un billet intéressant de Steve Gilliard sur ce sujet :

1) Jésus habillé en prêtre en train de faire l’amour avec un garçon

2) Jésus en train de sucer une grosse bite noire

3) Jeanne d’Arc en train de se faire enculer par un Hitler souriant tout en brandissant un drapeau blanc.

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Il n'a pas fallu beaucoup pour énerver certains Parisiens

Moi, je dirais que de telles caricatures seraient d’un goût, heu, douteux, mais je parierais que certains (beaucoup même), pour des raisons tout à fait personnelles, les trouveraient insultantes et inacceptables. Et en fait, je doute fort qu’on ne trouve de telles images dans la presse occidentale de masse, parce que quel rédacteur, quel propriétaire voudrait devoir voir l’exode immédiat des annonceurs. Et à part les considérations financières, même pour l’athée que je suis, j’hésiterais à critiquer les croyances des autres, que je trouve personnellement débiles et arriérées et je le ferais seulement à la demande explicite de ces croyants ou s’il s’agissait d’une discussion générale sur les croyances et sur les religions.

Si l’on n’en parle pas beaucoup aux Etats-Unis (mais le TJ d’ABC en a parlé ce soir, ainsi que la chaîne publique), c’est qu’on sait très bien que ce n’est pas comme cela qu’on va convaincre les gens à se sentir participants de plein droit dans la communauté dans laquelle ils vivent.

Ce journal danois, et les autres journaux qui l’ont suivi, ont publié ces caricatures surtout, à mon avis, pour plaire à un certain public en outrageant un autre, plus éloigné donc moins important et moins puissant dans l’immédiat. C’était de la provocation pure, c’est tout, et fait preuve pour moi d’une bien fausse bravoure — ça ne leur coûte rien d’insulter des musulmans, mais ils n’oseraient jamais faire de même aux chrétiens (l’audience cible) ou aux juifs (groupe protégé par l’horreur de l’histoire récente) ou aux gais (un peu des deux).

Extrait d’un commentaire de Scott Marten à ce billet chez Une Poignée d’Euros « The noises that seems to be emanating from most of the Muslim world are less about the fact that this stuff was published than that if Jyllands-Posten had published, say, a cartoon of Ehud Olmert wearing a Hitler mustache and an SS uniform, leading Arabs to gas chambers, the government could not have condemned it hard enough. Everyone would bow their heads in shame and have to talk about the "new anti-semitism" in Europe. But comparable content offensive to Muslims is shrugged off as protected freedom of expression. » Liberté d’expression pour certains, censure pour d’autres — comment peut-on l’expliquer sans trop se tordre.

Oui, je suis peut-être un gros bobo agaçant, mais je ne suis pas naïf. Je suis homosexuel et je ne me trompe aucunement des attitudes répondues dans le monde islamique sur l’homosexualité. Non, je n’ai aucune envie d’aller m’installer à Riyad, ni à Kuala Lumpur ou à Harare. (Par contre, je crois que Paris ou San-Francisco ou Londres me conviendrait parfaitement.) Je ne suis pas apologiste de l’islam, que je connais très mal, mais je ne vois pas l’intérêt à provoquer les gens inutilement sur des questions de croyance. Ceux qui revendiquent la liberté d’expression devant la provocation font preuve, je trouve, d’une bien mauvaise foi.

février 01, 2006

Festus dies

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Des maisons particulières dans la 11e rue ouest — c'est la maison de Liv Tyler au carrefour

Le copain aime les manifestations publiques, qu’il s’agit d’une occupation de bureaux gouvernementaux montée par Act Up ou d’un anniversaire de son partenaire âgé. Lui et moi, nous approchons quinze ans de « partenariat » et il a envie de célébrer cette durée en offrant à une collection d’amis une fête unique. C’est alors que le pingre (moi) se confronte au prodigue (lui).

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Vue de la place du Temps

Hier matin on a eu rendez-vous donc avec la directrice des « événements spéciaux » du restaurant Le Bernardin dans la 51e rue ouest. On tenait surtout à voir l’espace privé et les menus proposés pour un dîner à plusieurs. Malheureusement, on n’a pas tellement aimé le petit salon qu’elle nous a montré — moderne mais sans charme et un peu serré — et moi, personnellement j’ai trouvé la vaisselle d’une laideur tout à fait décevante (on a les critères minima, moi !).

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Entrée principale au restaurant Le Bernardin dans la 51e rue ouest

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Une partie du « mobilier public » créé par l'artiste Scott Burton mort du sida en 1989

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Drapeaux autour de la patinoire dans le Centre Rockefeller

Comme j’avais des courses à faire en « centre ville » j’ai quitté le copain à la 5e avenue (il rentrait au bureau) et j’ai marché à la l’avenue Lexington où j’ai pris le métro jusqu'à la 86e rue est, où je suis descendu pour aller au Musée juif dans la 5e avenue à l’angle de la 92e rue où je voulais voir l’exposition Sarah Bernhardt.

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La Cinquième Avenue vers le sud

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... et vers le nord, avec la cathédrale St-Patrick

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Photo pour Olivier, qui aime l'immeuble Chrysler — désolé pour le mauvais temps

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Façade de la Neue Galerie, musée fondé par la famille Lauder pour l'art allemand et autrichien, dans la 86e rue est à l'angle de la Cinquième avenue

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La façade néogothique du Musée juif

Comme il m’arrive trop souvent avec les expos au Musée juif, celle-ci m’a un peu déçue — un tas de memorabilia (cartes postales, affiches de théâtre, morceaux de costumes de théâtre) sans grand intérêt et une absence d’analyse critique de la carrière de l’actrice ou des causes réelles de sa célébrité.

Radin comme je suis, cela fait des années que je n’ai pas acheté de nouveau costume — mais hier je suis passé d’abord chez Bloomingdales et ensuite chez Banana Republic pour voir ce qu’il y avait — à Bloomingdales j’ai aimé un costume tout noir signé Hugo Boss — mais je suis allé finalement chez Oxxford dans la 57e rue est où j’ai trouvé un costume tout ce qu’il y a de plus traditionnel (il m’en faut un comme ça), aux rayures tennis sur fond gris (j’ai le vocabulaire technique, non ?). Le vendeur était un vrai génie — calme et souriant, il m’a conquis en deux secondes et en quelques minutes je me suis trouvé dans une salle d’essayage pleine de glaces et munie d’un témoignage de Bush Jr ( !!!! ) sur la qualité des complets (j’ai failli fuir, mais en fin de compte, je me suis rendu à l’idée de me voir déguisé en bushiste pur et dur). Le pire, c’était le prix, à mon avis énorme. Mais c’est fait, il n’y a plus qu’à attendre le deuxième essayage en dix jours.

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L'hôtel Wales dans l'avenue Madison — c'est là où vous débarquez quand il faut quitter le bel appartement de l'avenue du Parc à cause d'un divorce, d'une découverte de maîtresse ou de giton ...

À dix-sept heures j’ai mis mon vieux costume usé pour rejoindre le copain au bureau avant de nous rendre chez ses parents qui, des sans-abri de luxe, ont vendu leur ancien appartement et prendront possession du nouveau la semaine prochaine — mais dans l’entre-temps (il faut repeindre et décorer) ils habitent un hôtel résidentiel de luxe dans l’avenue Madison.

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L'avenue du Parc à l'angle de la 86e rue est, vers le sud

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Couloir du 14e étage de l'hôtel dans lequel les parents du copain se sont installés temporairement

La belle-mère du copain nous avait invité à assister à une conférence donnée par l’ancien expert en contre-terrorisme de la Maison blanche Richard Clarke. Il nous a confirmé l’échec presque total de l’administration Bush, dans la défense intérieure ainsi que dans la guerre en Irak. (Il est un peu moins pessimiste sur les activités militaires en Afghanistan et il a salué l’aide de nos alliés français et allemands.) Le plus curieux, d’une certaine manière, c’est que cette conférence s’est déroulée dans un endroit qu’on aurait cru être un foyer de la réaction pro-Bush — le Colony Club — mais pas du tout. Les femmes élégantes et leurs maris aux cheveux gris et habillés en costumes sombres ont vivement applaudi les paroles de M. Clarke.

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La salle de conférence du club

Après la conférence on est monté dîner dans la « loggia », une salle décorée de treillis et de bouquets de fleurs, où l’on nous a servi un repas très simple et correct. J’ai expliqué à la belle-mère du copain pourquoi on n’allait pas tarder à quitter le pays si l’on arrivait à voter l’amendement constitutionnel antigai. Et elle m’a répondu qu’elle comprendrait très bien ma décision — « mais tout le monde déplore ce type », elle a ajouté, « et espérons qu’on va bientôt nous le chasser de Washington. » Elle n’est pas seule : le carnetier politique Publius (l'Américain) remarque : I have never of course been a big fan of the White House or the GOP leadership. But for some reason, things are annoying me a lot more these days. It’s more than just disapproval of this or that policy. It’s a more general exasperation and dejection that’s been eating away at me. I look around and I honestly disagree with almost every aspect of the way our country is being run.

De retour à l’appartement, on a regardé l’enregistrement du discours de l’état de l’union. Pas très intéressant, rien de nouveau, d’énormes lacunes (naturellement), quelques bizarreries incohérentes. Le copain n’a pas eu le cœur de le regarder, préférant se réfugier devant l’écran dans les complexités du jeu Noir et Blanc 2.

Le copain vient de m’appeler pour me dire que son nouvel employé est plus gros qu’il ne s’en souvenait et qu’il a fréquenté, au Kansas, un lycée « chrétien » où l’on lui a enseigné le « créationnisme ». « Ben » le copain lui a conseillé, « à New-York, le plus sage, c’est de présumer que tout le monde est juif. Comme ça, vous direz moins de bêtises. »