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mars 28, 2006

Vitæ

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Je suis en train de lire Them : A Memoir of Parents. C’est la biographie d’Alexander et Tatiana du Plessix Liberman, écrite par leur fille, l’écrivain Francine du Plessix Gray. Ils ont eu des vies partagées entre la Russie, Paris et, en dernière étape, New-York. Possédé d’un égoïsme sans bornes mêlé à l’autopromotion carriériste la plus fantaisiste, ce couple représente, au moins pour moi, tout ce qu’il y a de pire dans la société new-yorkaise de l’époque, comme à l’heure actuelle. On lit leur histoire avec un dégoût fasciné.

mars 27, 2006

Pro re publica

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Des invités à la réception

Hier après-midi, on a assisté, le copain et moi, à une réception pour le candidat démocrate à la Chambre des représentants de la 2e circonscription du Connecticut — il espère battre l’actuel représentant républicain. On y a amené avec nous l’amie écrivain qui ne s’est pas gardée d’exprimer ses opinions acerbes sur les politiques actuelles du parti démocrate, la poursuite de la guerre en Irak, et de la lâcheté des démocrates qui hésitent à contrarier Bush et ses alliés. Oh la la, le candidat se trouvait bien embarrassé devant cette vieille femme qui se foutait des bonnes manières mondaines en lui posant des questions vraiment difficiles pour lui. Moi, j’ai dû rire — de toute façon, il n’y avait rien à faire, et au moins un tiers des assemblés étaient d’accord avec elle. La réception a réussi à lever plus de 3.000 $ pour sa campagne électorale.

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Le candidat, un tout petit peu gêné par ma demande de photo

Plus tard on est allé dîner avec l’amie écrivaine, qui, après son engueulade de principe, se sentait tout animée, heureuse, tapageuse. L’amie partenaire en course et son mari nous ont rejoints au restaurant, où l’on a bien mangé tout en réexaminant les chances de notre candidat.

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Le candidat dit quelques mots devant l'assemblée — l'amie écrivain est intervenue quelques instants plus tard !

Aujourd’hui je suis allé rencontrer le fabricant de pierres tombales pour discuter avec lui du monument qu’on voudrait pour les parents. On a choisi un banc en pierre presque noire (ça rappelle explicitement le beau tombeau de la famille Proust au cimetière Père Lachaise) avec le nom de famille gravé sur le partie frontale du siège de banc, d’une taille de 10,16 centimètres dans des lettres majuscules romaines et les prénoms des parents et leurs dates de naissance et de mort gravés sur la base du banc, aussi d’une taille de 4 pouces, un peu en dessous du siège — comme ça on peut s’asseoir sur le banc pour regarder le fleuve sans s’asseoir sur leurs noms. En plus, on va ajouter le nom du petit chien de ma mère qu’on va enterrer avec elle. Il sera gravé sur la partie « invisible » du siège du banc — en principe les restes d’animaux de compagnie ne sont pas admis au cimetière, mais on nous a fait savoir qu’on ne regarde pas de trop près. En fait, j’en suis très content. Et en plus, il y a toujours de la place pour nous !

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La police et les tailles des lettres qui seront gravées sur la pierre tombale des parents — et la pierre nous viendra de Chine !

Je suis rentré à New-York accompagné d’une femme ex-journaliste du Times qui m’avait demandé de l’emmener chez elle. Elle m’avait demandé si je croyais que mes parents avaient su que j’étais gai. « Oh, oui, je crois. Mais on n’en a jamais parlé précisément, au moins avec mon père. Et puis, à la fin, pour ma mère, elle n’avait aucun problème moral avec mon homosexualité, elle l’éprouvait plutôt comme une mauvaise habitude un peu désagréable et impolie, comme si l’on se délectait trop à se fouiller le nez pour en sortir des crottes. » Elle a ri.

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Enfin, un peu de couleur dans cette saison longue et grise

mars 26, 2006

Nihil de grave

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C'est comme ça qu'on cultive son jardin à Manhattan

On est bien allé, le copain et moi, à l’expo homo au Centre Javits. On y était au début et il y avait quand même assez de monde. Un curieux mélange d’exposants — producteur d’huile d’olive Colavita ; office du tourisme de l’état du Nouveau-Jersey (beurk) ; perceurs érotiques ; photographes ; conseillers en insémination artificielle ; plein de banques ; plusieurs stations de radio ; tourisme gai en Alaska ; et ainsi de suite.

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C'est embêtant quand les fleurs sont plus belles le lendemain de la fête !

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Un énorme « rat qui pue » dans la vitrine de la boutique Marc Jacobs dans la rue Bleecker

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Devant le Centre Javits

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Et à l'intérieur du Centre fait par l'architecte I M Pei

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Un des grands halls d'entrée du Centre — l'entrée à l'expo se trouvait tout à fait au fond

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L'entrée drapée de drapeaux arc-en-ciel

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En bas des escaliers roulants

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On circule dans les couloirs

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C'est une Star Ac' pédé, je crois

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L'élégante vedette de télé câblée http://www.brinimaxwell.com/Brini Maxwell

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Une visiteuse d'une taille hors du commun

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La tour du Times en construction, avec une belle tour inconnue à gauche, dans la 42e rue ouest

Ensuite il nous a fallu passer au bureau du copain pour récupérer un bloc d’alimentation pour son portable et on a rencontré une manifestation assez grande de partisans de Falun Gong contre le gouvernement chinois.

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Des manifestants Falun Gong qui descendent Broadway

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Un char un peu macabre — récolte et vente d'organes dont les autorités chinoises sont accusés

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Au bureau du copain — j'avoue que j'aime bien tous les écrans plats

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De nouveau dans la rue, où l'on croise plein de photographes chinois — pour ou contre les manifestants, on n'en sais rien

Hier soir on a assisté à une réception offerte pour l’anniversaire d’une amie — il y avait pas mal de monde, mais le cuisinier assistant n’avait pourtant pas l’air bien occupé !

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« Ça va terminer quand ? »

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Un mobilier d'aire de récré bien new-yorkais — les tours du Bâtiment de l'État-Empire et celle du bâtiment Chrysler

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Des appartements de luxe s'élèvent devant le garage dans la 25e rue ouest, qui devient bien trop chic

Voici le questionnaire que Mariapia m'a passé, avec mes réponses:

4 boulots que j'ai exercés:traducteur français-anglais; assistant dans une maison d’édition; décorateur d’intérieurs ; assistant de chef d’orchestre.

4 films que j'ai aimés: The Women; La Ley del Deseo; Tigre et Dragon; À l’Est d’Eden.
4 lieux où j'ai vécu : Atlanta, Kinshasa, Paris, et New-York.

4 émissions télé que je regarde: The NewsHour with Jim Lehrer ; Battlestar Galactica ; The Daily Show ; Boston Legal.

4 endroits où j'ai passé des vacances : Mexique, France, Grèce, Espagne

4 sites web que je fréquente : Eschaton, dKos, The Raw Story, James Wolcott.

4 façons de me régaler: pizza au pepperoni, poulet rôti au gros sel (à l’argentine) ; un grand plateau d’huîtres et d’autres fruits de mer ; la petite friture.

4 endroits où je préférerais être en ce moment : à la table de Colette au Grand Véfour ; assis dans une bonne place à La Comédie française à assister à une représentation de Phèdre ; allongé sur une table de massage au Post Ranch Inn à Big Sur ; dans un grand lit dans une chambre à l’ hôtel Bauer-Grunwald à Venise dont les grandes fenêtres donnent sur le Grand Canal et l'église Saint-Georges.

4 personnes à qui je passe le relais : non, non, je ne suis pas si méchant ! Qu’on le reprenne qui voudra (est-ce bien français, cette tournure-là ?)

mars 25, 2006

Bona facta parva

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La table dressée pour notre cocktail — du pâté, du saumon, du fromage (ici on aiment ça en amuse-gueule), des trucs croustillants au fromage cheddar, des olives variées, et du vin — les autres alcools se trouvaient dans la cuisine

Notre cocktail pour homos sans petits amis (l’amie partenaire en course du copain l’a déclaré en souriant un « mitsva », terme yiddish qui signifie une « bonne action » — on se sert beaucoup du yiddish à New-York, ça fait partie du dialecte local de tout le monde) s’est assez bien passée — il y a eu quelques absents que le travail empêchait de venir — mais il y a eu assez de gens pour créer une petite ambiance agréable. Le copain, nerveux en sa fonction d’hôte, a peut-être bu un soupçon trop, mélangeant le blanc et le rouge avec une facilité qu’il regrettera fort le lendemain. Comme toujours après une cuite pareille, il déclare qu’il ne boira plus ! (Sa résolution sera définitivement mise à l’épreuve ce week-end à venir, hi hi).

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Tout est rangé, des anémones dans leur vase et tout et tout

Aujourd’hui, on va à la treizième http://www.originalglbtexpo.com/ expo gaie qui aura lieu ce week-end dans le parc d’expositions Jacob Javits. C’est le copain qui connaît quelques-uns des exposants. Ensuite on ira à la campagne pour fêter la 70e anniversaire d’une amie et, demain soir, assister à une réception offerte par des amis pour lever des fonds pour le candidat démocrate à la Chambre des représentants. Nous y amenons l’amie écrivain.

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Tentative de photo d'art prise en attendant les premiers invités — c'est toujours le moment le plus difficile, non, quand on ne sait pas qui va venir finalement

Je n’ai pas encore eu le temps de répondre au questionnaire « des quatre » que m’a filé Mariapia, mais j’espère pourvoir le faire ce week-end.

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Une bibliothèque profondément insuffisante, hélas

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Une installation médiatique hypermoderne, non ?

mars 24, 2006

Festivitas

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On ne peut pas dire que je n'aide pas la balance des paiements française

mars 22, 2006

V pro vindicta

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Un moment saississant dans le film, vers le dénouement

On vient de rentrer, le copain et moi, de la séance de 18h de V for Vendetta. Moi, je ne connais rien de la bd, mais le film, c’est vraiment extraordinaire. À ne pas manquer. (Et la droite ne l'aime pas du tout !)

Un extrait d’une scène stupéfiante :

Delia Surridge: Are you going to kill me?
V: Yes.
Delia Surridge: Thank God.

Et elle a raison.

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L'extérieur du bureau de poste central qu'on est en train de transformer, je crois, en gare

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Le hall principal du bureau de poste — difficile, quand même, à trouver la boîte aux lettres

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C'est le grand monolithe au numéro 1 de la place de Pennsylvanie

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Le Bâtiment de l'État-Empire, ça a quand même un peu plus de charme

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Les cinémas Loews de la 34e rue — très peu de monde, et des frozens !

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Devant la billeterie

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Dans la 34e rue ouest, où j'attendais le copain, qui, en retard comme toujours, est finalement arrivé en courant

mars 21, 2006

De cladis consolatione

Trois ans après l’invasion préemptive de l’Irak par les troupes « alliées » on se moque amèrement de la déclaration hâtive de Bush qui s’est flatté bêtement d’une « mission accomplished ». Maintenant Bush se plaint de l’absence de suggestions démocrates pour la gestion de la guerre — une guerre que les démocrates, à l’opposé des idéologues néo-conservateurs de l’administration Bush, n’ont pas cherchée (il faut se rappeler que le Congrès avait voté à Bush les pouvoirs militaires contre le terrorisme et non pas une invasion illégitime, basée sur des mensonges, de l’Irak). C’est lui qui doit assumer la défaite. Une défaite que je souhaite.

Oui, c’est vrai, je souhaite la défaite militaire de la « Coalition » en Irak. Non, je ne cherche pas de nouveaux morts inutiles chez nos soldats, pour la plupart de pauvres pions sortis des classes défavorisées et endoctrinés dans un faux patriotisme de bande dessinée, mais je crois qu’on est obligé à faire un calcul réaliste : la dictature Bush ne sera écrasée que par une défaite indiscutable des forces armées en Irak. Considérons l’exemple des généraux argentins en 1981 lorsque le général Galtieri a déclenché l’invasion des îles Malouines afin de « distraire l'opinion de l'économie et des droits de l’homme avec une victoire nationale rapide » selon le wikipédia. À Buenos-Aires le 3 avril 1981 on voit dans les rues d’énormes manifestations populaires qui célèbrent la (re)prise des territoires. La guerre anglo-argentine se poursuit pendant plus d’un an — les Anglais reprennent les îles Sandwich du Sud le 20 juin 1982 et annoncent une fin aux hostilités.

« From start to finish, this strange undeclared war lasted 72 days, claimed about 1000 casualties [ndlr — 236 morts britanniques et 655 morts argentins], and had a cost of at least 2 billion dollars. From a political point of view, it secured the reelection of Margaret Thatcher and brought down Leopoldo Galtieri who was quick to resign afterwards, paving the road to the restoration of democracy in Argentina. » Citation d'un site anglais.

L’aventure militaire argentine, entamée pour cacher les failles d’un régime dictatorial, a mis fin à la tyrannie des généraux. Si le régime de Bush arrive à établir un protectorat au visage pro-américain en Irak, la droite américaine sera renforcée dans sa poursuite d’autres projets politiques et sociaux extrémistes, à savoir l’écrasement d’un Iran déjà encerclé, du moins pour le moment, de protégés américains, et la mainmise perpétuelle du parti républicain sur les trois branches du gouvernement américain. C’est pourquoi il faut que nous perdions cette guerre en Irak — c’est pour la survie de la république.

Si l’on arrive à chasser les néo-cons du pouvoir à Washington, il va falloir procéder avec méthode à un nettoyage complet des institutions politiques auxiliaires du gouvernement, tels la FCC, le FBI, la CIA, la SEC, l’ONU, la FEMA — toutes ces administrations gouvernementales où les Bushistes ont depuis longtemps installés leurs laquais obéissants. En ce qui concerne la FCC, je pense que les démocrates devraient proposer un projet de loi pour démanteler tout de suite les trusts médiatiques tels ABC-Disney, AOL-Time-Warner, General Electric, la New YorkTimes Company, la Washington Post Company, News Corporation, et ClearChannel. Ce sont les nouveaux trusts « pétroliers » où l’on doit substituer l’information au pétrole.

Bush vient de dire, dans cette rare conférence de presse d’aujourd’hui, que la décision de retirer des troupes américaines de l’Irak sera prise par « de futurs présidents ». Quelle chance pour elles !

Ô, qu’il est pitoyable, ce Zacarias Moussaoui — le médiocre disciple de troisième degré d’al-Qaïda qui n’avait aucun talent de pilotage d’avion va probablement devenir le premier (l’unique ?) bouc émissaire puni pour les attentats du 11 septembre 2001, même s’il se trouvait déjà en prison ( !) lors des attentats. Son silence lui vaut la mort. En plus, il y avait un agent du FBI qui avait déjà signalé le Français cinglé à ses supérieurs qui n’en voulaient pourtant rien entendre parler ! Trop dangereux pour leurs carrières !

Est-ce par orgueil aveugle qu’on établit d’énormes bases à l’allure permanente à Balad, al-Asad, Tallil et al-Qayyarah ? Il faut absolument voir la photo d’une piscine énorme dans la base aérienne de Balad ici — il faut noter aussi que cette belle piscine a été construite par les Irakiens pour l’ancienne Académie irakienne de l’air.

Pour ceux qui, comme moi, aiment l’exotique — Sélian décrit son récent voyage en Sibérie ( !) à partir de ce billet Retour de Sibérie. Avec en plus des photos délicieuses.

Et pour terminer, il n’y a que des vieux schnocks pédés comme moi qui tournent en rond dans nos terriers poussiéreux à Manhattan— voici le carnet d’un jeune étudiant en école de commerce qui découvre un New-York que j’avais presque oublié — un New-York « by night » de sorties qui durent jusqu’à 3 ou 4 heures du matin dans des bars à la mode pleins de top-modèles super sympas. Mais comme l’a remarqué Confucius : « Nulle pierre peut être polie sans friction, nul homme peut parfaire son expérience sans épreuve ». Espérons qu'il aura le courage nécessaire d'y réussir.

mars 20, 2006

Peregrinari

Serait-ce à cause du printemps (mais il fait toujours froid ici) que je ressens du Wanderlust — le copain par contre ne veut pas quitter son travail, même pour une courte semaine. Je le comprends. De ces deux jeunes employés, il y en a un, d’origine malayo-chinoise, que le copain aime bien et qui donne l’impression de comprendre ce qu’il faut faire pour remplir ses responsabilités. L’autre, originaire du Kansas et d’une éducation dite « chrétienne », ne semble pas prêt à saisir vraiment de quoi il s’agit dans la petite entreprise du copain — il porte un prénom biblique assez peu commun (hors de certaines histoires pornos de jeunes « fermiers » robustes du Midwest qui s'appellent tous comme ça — Josh(ua), Jacob, Jo(seph), Seth, Ben, Asa, Hiram, Ethan et ainsi de suite) et il a été choqué qu’on lui ait fait la remarque plutôt anodine que son prénom était d’origine hébraïque. « Mais je ne suis pas juif ! », il s’est écrié. Ce type aime beaucoup discuter de la religion, le copain m’a dit, et il a dû lui conseiller fortement de présumer que toute personne rencontrée par hasard à New-York fût juive et qu’elle n’aurait donc peu d’envie de parler avec lui au sujet du christianisme ! J’ai l’impression que le copain va bientôt profiter du « CPE » en vigueur chez lui pour dire au revoir au Kansasais (saviez-vous qu’il existe un billet fort utile au Wikipédia sur les gentilés des États-Unis d’Amérique !) et il va falloir recommencer tout le processus d’embauche. Tout cela pour expliquer pourquoi je ne compte pas beaucoup sur la probabilité de grands voyages dans un proche avenir. On passera peut-être au Québec — j’ai envie, comme je l’ai déjà remarqué, de visiter les provinces maritimes de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et les îles de la Madeleine. Et pourquoi pas St-Pierre et Miquelon ? On a la vieille bagnole Honda qui arrive toujours à marcher.

Il y a un autre itinéraire qui m’intéresserait aussi — New-York-Paris-Trieste-Istrie-Côte dalmate-Dubrovnik-Venise-Paris-New-York. Le copain est d’accord, mais il ne peut pas quitter son travail. Un de ces jours, donc. Les photos de Buenos-Aires publiées par Patrick me donnent envie de revoir cette belle ville.

J’allais tenter d’écrire une critique intelligente du dernier roman d’Houellebecq La possibilité d’une île. Heureusement, Hoëdic l’a déjà fait, et évidemment c’est beaucoup mieux que je ne l’aurais pu faire.

mars 18, 2006

Ruri

Certains journalistes font semblant d’être surpris de la taille modeste des manifestations mondiales contre l’action militaire américaine en Irak, mais ça sert à quoi, finalement, de manifester contre un fait accompli vieux de trois ans.

Je ne prétends à aucune connaissance approfondie au sujet du contrat de première embauche mais, à première vue, je l’ai trouvé quand même assez injuste de mettre tous les gens qui ont moins de 26 ans dans une catégorie nettement défavorisée par comparaison à leurs aînés. Tout le monde devrait avoir les mêmes droits de travail — si l’on trouve éventuellement que les protections offertes aux travailleurs français sont trop contraignantes pour telle ou telle raison, qu’on les change alors, mais pour tout le monde, pas seulement pour une partie moins influente de la société en entier. Je comprends très bien donc pourquoi les jeunes gueulent et protestent cette discrimination assez éhontée en fin de compte et j’ai l’impression qu’il s’agit ici d’une sorte de ballon d’essai lancé par le gouvernement français pour voir s’il y aurait des possibilités politiques de « refaire » le marché du travail français un peu à la Thatcher dans les années 80.

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Un salon chez les pompes funèbres — un petit peu lugubre, non ?

Je suis allé chercher les restes de mon père, expédiés du cimetière d’Atlanta, chez les pompes funèbres. Il est maintenant à côté de ma mère, chacun dans sa boîte funéraire, en attendant leur enterrement en début avril.

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Portrait des parents — c'est mon père à gauche, ma mère à droite — les orchidées adorent cette salle !

mars 17, 2006

Sancti Patricii dies

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On tourne toujours dans un restaurant abandonné dans la rue Bleecker

Aujourd’hui c’est la Saint-Patrick, ce qui veut dire, pour la plupart des New-Yorkais, qu’il vaut mieux éviter l’Upper East Side qui sera envahi par toutes sortes de banlieusards habillés en vert qui, au cours de la journée, se saoûleront à la bière verte et autres immondices avant de vomir sur les porches néoclassiques d’hôtels particuliers d’où les ménages (mari banquier, femme, enfants aux écoles privées, gouvernante haïtienne, et cetera) se seront déjà fuis à leurs maisons de campagne au Nouveau-Jersey, dans l’île Longue ou au Connecticut. La chef du Conseil d’administration de la ville de New-York, la rousse Christine Quinn, est d’origine irlandaise mais elle ne participera pas au grand défilé d’aujourd’hui parce qu’elle est lesbienne et les responsables du défilé interdisent toujours aux gais et aux lesbiennes de défiler sous une bannière spécifiquement gaie. Le candidat favori pour gouverneur de l’état de New-York, le démocrate Elliot Spitzer, refuse lui aussi de marcher, mais la sénatrice Clinton veut bien faire quelques pas avec les homophobes. Elle continue à décevoir.

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L'église St-Luc dans la rue Hudson, avec les enfants qui quittent l'école

J’allais écrire sur le clip de l’émission Boston Legal qui fait le tour des carnets de gauche ici, mais comme il m’arrive souvent, Jérôme m’a devancé ici. Pour ceux qui aimeraient lire le scénario en anglais, c’est ici. Le morceau se trouvait pour un court moment aussi chez youtube, mais les avocats ont dû gueuler. C’est maintenant chez le site de l’émission.

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Les vitrines du magasin bio où je parle français avec la propriétaire, une femme juive originaire du Maghreb

Le Times nous a accueillis ce matin avec les infos sur la une des arrestations « proactives » effectuées par la police à New-York. Il est maintenant acceptable qu’on vous arrête si vous avez l’air d’avoir de mauvaises intentions éventuelles. C’est vrai, c’est beaucoup plus facile comme ça, et l’on peut toujours se fier à la bonne volonté du flic qui vous guette — évidemment.

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Stationnement interdit dans la rue Grove, à cause d'un film appelé « Six Degrees »

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Vers la place Sheridan, le cœur du Village de l'Ouest

Phrase curieuse du jour : « simon pure ». Signifiant quelqu’un qui est « authentiquement et entièrement pur », c’est le nom d’un personnage d’une pièce de 1718. Cela ne s’entend pas souvent, mais je l’ai retrouvé ce matin dans un reportage de la BBC. C'est un peu comme si le nom d'Homer Simpson était toujours connu en 2300 !

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Le marchand de bougies aromatiques Aedes de Venustas dans la rue Christopher

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Le Café Metropol, à deux pas de chez nous, entre dans l'empire des Deux (ou Plus) Gamins — on passe du « continental » flou à la cuisine française de bistrot

mars 16, 2006

De artium novitate

L’amie marchande de tableaux m’ayant honteusement délaissé en disant qu’il fallait qu’elle prépare l’arrivée de son frère de Sydney prévue pour demain, je me suis traîné tout seul comme un grand à la Biennale du Whitney. En fait, j’avais d’abord voulu voir l’exposition du sculpteur David Smith qui se trouve au musée Guggenheim. Sur le quai de l’IRT du Côté Est à la Grande Centrale, j’ai fait un pari : si l’express arrivait le premier, j’irais au Guggenheim (sortie à la 86e rue est) ; si le local, j’irais au Whitney (sortie à la 77e rue est). C’est l’express qui a gagné et je me suis donc confortablement assis dans un wagon presque vide à terminer mon bouquin sur Trieste. Il faisait beau, un peu frais. Excellent temps pour marcher. Quelques minutes plus tard, je me suis trouvé devant une porte double fermée, parce que le musée Guggenheim n’est pas ouvert les jeudis ! Mince alors ! Je n’avais qu’à descendre l’avenue Madison vers le Whitney, qui se trouve dans l'avenue Madison à la 75e rue.

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Ça fait deux jours qu'on tourne un film dans la rue Bleecker — les cônes oranges, les spots, les longs camions stationnés partout

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Avenue du Parc à la 88e rue est

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Dans l'avenue Madison vers le sud

Il y avait du monde dans l’avenue Madison — je passais plusieurs groupes de gens très bien habillés qui vont dans le sens opposé. J’ai remarqué, parmi l’un d’eux, le « couturier » (oui, je sais, c’est beaucoup dire) Tommy Hilfiger — il est tout petit et un « joli laid » plutôt laid. Quelques pas plus loin je me suis rendu compte qu’il a dû s’agir d’un service funèbre chez Frank Campbell, les pompes funèbres les plus distinguées de New-York (et l'on dit, en passant, que l’émotion causée par les obsèques de la chanteuse Judy Garland qui ont eu lieu ici en 1969 a contribué aux émeutes du même soir du 27 juin 1969 — les travestis du Stonewall Inn étaient censés être en deuil pour la Garland).

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L'entrée principale aux pompes funèbres Frank Campbell dans l'avenue Madison

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Le musée Whitney

Le Whitney était inondé d’étudiants des beaux-arts, chacun muni d’un carnet et d’un stylo pour noter les noms d’artistes et leurs œuvres favorites, les cheveux teintés rouges, bleus et roses. J’ai commencé au 4e étage — des gardiens de musée dans chaque salle surveillaient de près les œuvres et les installations, donc pas de photos. Une belle installation de deux bougies tournantes en rond d’un artiste suisse nommé Urs Fischer était complémentée à merveille d’une énorme tableau photoréaliste accroché sur le mur au fond par l’artiste Rudolf Stingel (Américain né en Italie). C’est comme si l’homme dans le lit cherchait en vain à suivre le tournoiement lent des bougies allumées afin d’essayer d’oublier un malheur qu’il n’ose scruter.

Cela m’a fait rire de retrouver des tableaux faciles de Billy Sullivan, peintre mondain que je connais un peu, dont un portrait d’une vieille tante (et mécène) habillée absurdement en maharajah !

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Une partie de la Tour de la Paix érigée devant l'entrée du Musée

J’ai regardé en entier un film d’art créé par Tony Oursler qui s’appelle Don’t Trust Anyone Over Thirty, All Over Again). De jolies images, je n’ai pas compris trop le « scénario », mais la musique, d’un certain Bruce Odland, m’a plu.

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Un jeu de perspective dans l'avenue du Parc

Je voulais aller voir CSA ce soir, mais la seule séance était à 21h40 ! On est des vieux, nous — on se couche de bonne heure !

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L'église St Jean Baptiste, ancienne paroisse française dans l'avenue Lexington

La saison des campagnes vient de commencer. Le copain est allé hier soir à une réunion dite « meet and greet » pour le candidat démocrate à la Chambre des représentants de notre ancienne circonscription du Connecticut. Il s’appelle Joe Courtney. On lui a envoyé de l’argent ce matin. Ned Lamont ose disputer le siège du sénateur pas très démocrate Joe Lieberman — je lui ai envoyé un petit chèque. Que ça coûte cher, la politique ! Mais il faut qu’on fasse tout ce qu’on peut contre Bush et ses républicains.

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L'avenue Lexington, c'est la sœur bien née qui doit tout de même travailler, par comparaison avec la chic avenue Madison, la snob avenue du Parc, et l'hautaine 5e avenue

mars 15, 2006

Sine gravitate

Ici on regarde, avec le mélange habituel de dégoût et de désespoir, les pirouettes maladroites des démocrates devant le projet de censure de Bush proposé par le sénateur Feingold du Wisconsin pour les écoutes illégales de citoyens américains. Ils sont bien lâches, ces démocrates, confortablement établis dans leurs circonscriptions électorales façonnées à leurs grés grâce au fameux « gerrymander » dont se servent la plupart des hommes et femmes politiques des deux partis pour protéger leurs sièges. Les bushistes répètent que Feingold n’agit que pour faire valoir son ambition présidentielle, mais je trouve que, pour le moment au moins, les Américains ne sont pas vraiment prêts à élire un président juif, bien qu’ils aient voté en majorité pour la liste Gore-Lieberman en 2000. J’ai l’impression que le sénateur Feingold agit tout simplement à cause de ses principes — lui était le seul sénateur à s’opposer à la Loi dite du patriote, première version, promulguée en octobre 2001 en pleine panique antiterroriste.

J’attends avec une certaine impatience malveillante la sortie ce vendredi prochain du film V for Vendetta qui commence à faire des remous chez les politicophiles de gauche et de droite (on n’a qu’à lire quelques-uns des files dans le forum au bas de la page). Ce sera projeté en Imax, qui pourrait être amusant.

On me prévient qu’une amie artiste, une Française qui habite New-York, sera représentée à Art Paris 06 qui ouvre ses portes demain au Grand Palais. Elle s’appelle Vicky Colombet et elle expose ses tableaux élégants chez Haim Chanin Fine Arts, qui a un stand à la foire. La propriétaire de la galerie est elle aussi Française, Dominique Haim Chanin. Je ne la connais pas, mais elle représente une sélection d’artistes intéressants, donc elle a évidemment du goût (au moins, du goût semblable au mien !)

Étant indubitablement francophile, je me trouve ici assez souvent dans une position défensive où je dois expliquer une action française (le prétendu snobisme des Français envers les ploucs américains en visite à Paris en est le plus commun, bien sûr). On me demande alors quel trait chez mes amis français m’énerve le plus. Il ne faut pas donner trop d’attention à ce genre de question, mais c’est en lisant ce billet chez l’attrapeur de cœurs, aka le Dr Dave, que je me suis rendu compte que le trait que j’apprécie le moins chez les Français, c’est bien l’ironie. L’ironie déployée en défense de soi ou pour blesser. Voici une courte citation de ce billet révélateur : « L’ironie, c’est une armure, une seconde peau en cuir sur laquelle tous les coups glissent sans pénétrer. Évidemment, parfois, on étouffe un peu en dessous, mais ça protège bien. Le problème, c’est qu’à force de la porter, il devient de plus en plus dur de l’enlever, car alors le moindre rayon de soleil vous brûle la peau. Du coup, on la revêt instinctivement, quelle que soit la situation, et on blesse ceux qu’on embrasse. »

Sur un sujet tout à fait différent, j’ai été étrangement ému en lisant ce billet chez l’excellente Sophil de l’eau qui va bientôt avoir son deuxième enfant. Un extrait : « Hier, brutalement, je me suis rendue compte que dans quelques semaines notre intimité à trois serait définitivement rompue. J'ai eu la sensation d'un vol, à l'égard de ma fille et du fils à naître. L'une ne connaîtra plus jamais ça, l'autre ne le connaîtra jamais. Et puis j'ai pris peur aussi. » Ce n’est pas une peur de l’avenir, mais plutôt une peur de l’inconnu. Je la ressens aussi de temps en temps.

En ce qui concerne la lecture, je viens, très tardivement, de terminer La possibilité d’une île. Je veux laisser mûrir un peu mes premières impressions avant de m'aventurer dans la critique littéraire française. C’est en tout cas un écrivain d’importance mondiale, Houellebecq. J’ai la mauvaise habitude de commencer un bouquin et de le laisser tomber après cent pages, faute de distraction prépondérante. C’est pourquoi je suis retourné à ma lecture interrompue du livre sur la ville de Trieste par Jan Morris, « Trieste et la signification de nulle part ». C’est un bel écrivain, Mme Morris, même un soupçon trop raffinée peut-être. Le prochain dans ma liste de lecture est State of War par James Risen, journaliste au Times. C’est à cause de ses recherches (et probablement aussi à cause de la parution de son livre en janvier) que le New York Times a révélé, après un délai d’un an, les écoutes illégales entreprises par Bush et ses laquais. Et après cela, c’est Old Men Forget, autobiographie du vicomte Norwich, Alfred Duff Cooper, mari de l’incomparable Lady Diana Duff Cooper, grande amie de l’écrivain Evelyn Waugh. Ouf, ça va prendre du temps.

Si vous voulez entendre un accent classiquement britannique, je vous recommande l’accent d’Alastair Yates, présentateur à la chaîne BBC World. Rien à voir avec ces accents « régionaux » qu’on a du mal à suivre — le vrai accent Oxbridge auquel on est habitué depuis des années et qu’on comprend sans difficulté ! (Le copain doit regarder Les femmes de footballeurs avec des sous-titres pour bien comprendre ce qu’on dit !)

mars 13, 2006

Sanguineus

Justes cieux, y a du sang sur le tapis rouge — une critique acerbe des Oscars par l’écrivain de Brokeback Mountain Annie Proulx publiée dans le Guardian de samedi dernier. (Et pas du tout flatteur pour les Angélènes, hi hi.) Via towleroad.

mars 12, 2006

Erratio in urbe

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Le bar à sushi chez Sushi Samba dans la 7e avenue sud

Il est toujours difficile à trouver un restaurant un doux soir de samedi à Manhattan, surtout au Village, et hier n’a présenté rien d’exceptionnel à la règle. On est passé à deux, trois restaurants avant d’en trouver un qui avait de la place pour nous. C’était Sushi Samba, un restaurant un tout petit peu « touristique » (pour ne pas dire tout simplement déclassé) où l’on sert de la cuisine japonaise à la brésilienne. Plein de gens dits des « arrondissements extérieurs », dont, j’ai noté avec plaisir, quelques spécimens masculins délicieux, de vrais « guidos » lourds de muscles aux bras et aux dos. Leurs copines s'habillent en jeans moulants chaussées en talons hauts.

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La rue Hudson, déserte et mouillée

Ce matin on s’est levé très tôt à une fine pluie assez froide — je suis allé à la rue Hudson pour faire photocopier quelques chèques que j’avais signés pour la succession de ma mère (je garde toujours des copies). Mais à 8 heures, rien n’était ouvert, même pas la petite boutique des Coréens, pourtant super travailleurs. (J’ai réussi à le faire quelques heures plus tard.)

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Une énorme grue devant le Musée de l'histoire naturelle

Après un petit déjeuner bio dans l’avenue Greenwich, on est allé voir l’exposition L’esclavage à New-York à la Société historique de New-York, qui se trouve dans l’avenue du Parc central ouest juste au sud du Musée de l’histoire naturelle. Une assez belle expo, et intéressante, pourtant loin d’être parfaite. L’esclavage n’a été terminé définitivement dans l’état de New-York qu’en 1827 (en 1777 au Vermont, et au Massachusetts en 1781 — cela nous a rappelé à nous deux l’ordre de l’approbation du mariage gai aux États-Unis). J’ai appris pour la première fois l’histoire de la « danse pour les anguilles » qu’ont fait les noirs pour gagner un panier d’anguilles — c’était, selon l’exposition, le début de spectacles publics faits par des noirs qui ont mené aux « minstrel shows » (joués au début par les acteurs blancs imitant des noirs, et plus tard par des noirs imitant des blancs imitant des noirs — c’est le vrai dérapage culturel !) jusqu’à l’hip-hop d’aujourd’hui.

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Façade de la Société historique de New-York

De là on a continué au bureau du copain — il lui fallait redémarrer un serveur Nagios — non, je ne sais pas trop de quoi il s’agit, sauf que ce serveur peut « espionner » ce qui se passe ailleurs.

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On est sorti du métro à la place du Héraut

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Vue au nord du bureau du copain

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Et juste devant sa fenêtre — la tour au numéro un, place de Pennsylvanie

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La Cinquième Avenue vers le nord

Ensuite on est descendu la 5e avenue jusqu’au Musée du sexe, où l’on présentait deux expos intéressantes, l’une sur l’histoire de la photo masculine et l’autre sur l’histoire et le développement de « stag films », films pornos qu’on passerait devant une audience d’hommes rassemblés exprès pour les voir.

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La façade du Musée du sexe dans la 5e avenue

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Les photos de nus — curieusement, il était permis de prendre des photos partout au musée !

Cela m’a surpris de retrouver une photo de l’athlète Jack La Lanne, fils d'immigrés français, que j’ai connu depuis ma plus profonde enfance à cause de la télévision, quand il nous demandait très tôt le matin d’aller réveiller nos parents pour les obliger à s’exercer ! (Mes sœurs et moi n'avons jamais osé le faire pourtant.)

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Jack La Lanne, sur la gauche, avec un ami

C’était quand même un beau gars, et en plus il n’avait, il paraît, aucun problème à se faire photographier à poil avec un autre homme. Il vit toujours en Californie, il a 90 ans. Pour voir d’autres photos de cette ancienne série, elles sont ici.

Les films pornos étaient assez ennuyeux, en fait — la libéralisation des lois sur la pornographie a chassé ces vieux films mal faits de la scène. Le musée a quand même trouvé un moyen admirable de présenter les films qui évite l’écran devant lequel les gens s’installent tout bêtement sans se soucier des autres qui cherchent à regarder le même film.

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Un dessin animé porno des années 20

Les films ont été projetés sur de bas cylindres blancs autour desquels tout un monde a pu s’arranger.

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Un tableau du peintre branché Alexis Rockman, légué au musée par le grand collectionneur Peter Norton — oui, celui de l'anti-virus

Dans la collection permanente, il y avait quelques tableaux d’artistes connus, ainsi que plusieurs « machines à sexe » assez compliquées.

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Une soi-disant « chaise à bascule Singe » — étonnant combien de couples l'ont regardé avec soin !

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Le bâtiment de l'État-Empire dans le brouillard

Rentrant chez nous, on est passé devant un immeuble qu’on aménage en appartements. Le copain voulait qu’on aille voir quelques appartements modèles (un deux-pièces serait tout ce qu’on pourrait considérer) mais le bureau n’était pas prêt à nous recevoir.

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Vue du Grand Madison à partir du parc de la place Madison

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Le parc à chien de la place Madison, où il n'y avait qu'un seul chien qui poursuivait un écureuil

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Le bâtiment du Fer à repasser, qui date de 1902

On est allé ensuite inspecter les nouveaux ordinateurs Apple chez Tekserve dans la 23e rue — les moniteurs Apple sont quand même un peu épais, non ? — et faire un tour à la librairie Barnes & Noble dans la 6e avenue, où le copain a trouvé quelques livres de sci-fi.

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Le coucher de soleil vu de la 11e rue ouest

Maintenant on est en train de regarder une émission sur le comportement relatif de gais et d’hétéros présentée par 60 Minutes. C’est assez drôle, en effet.

mars 11, 2006

Otio

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Vue du parc de la place Washington vers le nord et la 5e avenue

En dépit du beau temps qu’il fait ici — le premier week-end de températures vraiment douces de l’année — le copain et moi, nous nous sommes enfouis dans une petite salle de cinéma de la rue Houston pour voir Joyeux Noël de Christophe Carion. La séance a commencé à 11h45, il n’y avait pas trop de monde, l’heure et le beau temps faisant obstacle.

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Un peu de Léningrad à Manhattan — les résidences pour profs de l'Université de New-York

Très beau début, très émouvant, pas beaucoup de paroles mais des images et des sons presque insupportables. J’ai vite commencé à pleurer, le copain aussi — je suis bien vieux, mais j’ai toujours des frissons d’horreur quand je vois de jeunes soldats en train de se battre, que cela soit en Europe, au Viêt Nam ou en Irak — ce mélange de peur, de devoir, de douleur, de sacrifice, en fin de compte souvent inutile, de tant de jeunes gens. Le même effet que j’avais en voyant le film de guerre Gallipoli. Difficile à regarder. Le reste du film est heureusement moins dur. Il y avait un côté « catho » qui m’échappait un peu — mais l’acteur anglais Ian Richardson sait jouer un grand méchant, à la parole désagréablement moderne, qu’il montre en dépréciant l’ennemi. Pour lui, comme pour d’autres qu’on connaît déjà trop, il n’existerait que le Bien et le Mal.

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Au café du rez-de-chaussée du cinéma Angelika, où toutes les affiches de films sont en français pour des films américains d'horreur ou de science-fiction, c'est un peu retors, ce chic à plusieurs faces

Le film terminé, on est rentré chez nous, d’où le copain est sorti avec l’ami ex-marine pour courir quelques kilomètres le long du fleuve.

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Un salon très à l'anglaise d'un club pour hommes du Upper East Side

C’est drôle, en hiver je pense que je préfère le quartier du Côté oriental supérieur — là-bas la vie se passe derrière les grandes fenêtres des clubs et grands appartements, et dans les restaurants de luxe. Mais le printemps venu, comme aujourd’hui, c’est le quartier du Village qui reprend ses droits — tout le monde est dans la rue, on est jeune, on est riant, on flirte. Espérons que ça dure !

mars 10, 2006

De artibus

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Devant les quais de la foire

C’est l’amie marchande de tableaux qui m’avait invité à l’accompagner à la foire de l’Armurerie — non, non, attention, pas cette armurerie-là, celle de 67e rue et l’avenue du Parc, l’autre armurerie, celle de la 26e rue et l’avenue Lexington, bien que cette foire ne se trouve plus là mais elle s’est installée sur deux quais énormes qui font saillie dans le fleuve Hudson sur le côté ouest de Manhattan.

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Il fallait faire la queue devant le guichet VIP, grâce à l'amie marchande de tableaux

L’un des critiques d’art du Times dans un article publié aujourd’hui a commencé assez moqueusement sa critique : The Armory Show 2006, which opens on Piers 90 and 92 today, calls itself the International Fair of New Art. But what it really is is the New York leg of what has become, over the past few years, a single, floating, continuous trans-Atlantic art fair that periodically alights in one city or another — Miami, Cologne, Basel, London — to hawk its wares and replenish its stock. Un ami peintre de l’amie marchande de tableaux de Los-Angeles nous a rejoints, et c’est nous trois qui avons exploré ensemble les longs couloirs serrés.

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Du monde au premier des deux quais

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Le stand de la galerie Thaddeus Ropac (Paris-Salzbourg) avec qui l'amie marchande de tableaux avait affaire (oh la la, des sous !)

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Le long couloir couvert entre les deux quais

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Morceau d'un grand tableau d'Alex Katz chez PaceWildenstein

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Encore chez Pace, avec leurs œuvres « blue chip »

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Traces de francophilie chez la galerie Matthew Marks

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Une grosse colonne de téléviseurs chez je ne sais plus qui

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Ça irait parfaitement dans le vestibule, vous ne trouvez pas ?

Rien d’exceptionnel, à vrai dire. Plusieurs tableaux d’Alex Katz, qui n’est pas trop à mon goût, mais bon, beaucoup de monde l’aime bien. (L’amie marchande de tableaux en vend un grand à des clients à elle.) Énormément de Français et de Françaises, dont la moitié parlaient à leurs téléphones portables. Du monde en général.

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Encore de l'art — un temple de strip-tease sur l'autoroute du côté ouest

Après plusieurs heures, on s’est retrouvé à l’extérieur devant l’autoroute du côté ouest. L’ami de Los-Angeles voulait manger quelque chose — on est allé jusqu’à la 9e avenue, où l’on a trouvé une sorte de café-restaurant pas mauvais. Notre repas terminé, l’amie marchande de tableaux et moi, nous avons pris le métro pour retourner au Village tandis que l’ami peintre est rentré à l’hôtel dans la 50e rue est.

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Vue de derrière du centre Time-Warner (les deux tours)

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Vers la place du Temps

Le père du copain s’est fait implanter un stimulateur cardiaque mardi dernier. On dîne avec lui et la belle-mère ce soir. Paraît que c’est la taille d’une pièce de 25 centimes.

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Notre première journée de printemps — il a fait un temps de prendre un verre sur la terrasse, comme on le voit ici dans un restaurant du Village

mars 08, 2006

Animus malus

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Pas besoin de légende — fêtons ensemble la journée de la femme, et merci à Firedoglake d'où j'ai piqué l'image

Je suis de mauvaise humeur aujourd’hui. La loi contre l’avortement au Dakota du sud, le projet de loi pour l’officialisation de la chrétienté dans l’état de Missouri, la lâcheté, typique quand même, des républicains à ne pas permettre une enquête sur les écoutes légales, tout m’énerve. En plus j’ai découvert une erreur procédurale dans la répartition de certains biens de ma mère, et c’est notre avocat qui nous a mal conseillés. Des amis viennent à l’appartement ce soir, on va dîner dans un restaurant portugais du coin. Ou je me saoûle ou je me tais. Comme me l’a longtemps conseillé ma mère, comme l’ont fait toutes les mères américaines, « If you can’t say something nice, don’t say anything at all. » (Variante ironique et drag-queen de cet adage : « If you can’t say something nice, come sit by me. »)

mars 07, 2006

Ex California

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Christian Carion (frère de notre envoyé spécial) et son producteur Christophe Rossignon

Voici quelques photos prises par notre envoyé spécial Pierre Carion, de passage dans la ville de Notre-Dame la Reine des Anges de Porciuncule lors de la remise des Oscars dimanche après-midi. C’est dommage qu’on ne lui ait pas permis d’entrer dans la salle avec son appareil photo ni son téléphone mobile. Pour toute clarification sur les photos publiées, veuillez poser vos questions à M. Carion dans les commentaires. Faudrait-il peut-être l’encourager à rouvrir son carnet ?

(Pour ces photos, tous droits sont réservés à M. Carion, à l'exception de quelques légendes un soupçon snarqueuses créées par moi, dont tout le monde peut se servir à volonté.)

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Le bal des limousines pour repartir — mais où vont-ils ?

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Dans la limousine à destination des Oscar — Christian, Diane [Kruger ?] et Christophe

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Devant une salle sur Santa Monica Boulevard — ou, comme on l'appelle en français, le boulevard Ste-Monique

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Red Neck — à ne pas confondre avec les Peaux Rouges

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Remise du diplôme de nomination

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Remise du diplôme de nomination et le discours de Christian Carion

Moi j'espère aller voir son film Joyeux Noël aujourd'hui ou demain — pour les New-Yorkais, on le passe au Paris Theatre, juste à côté de l'ancien Hôtel Plaza (snif), dont voici les séances.

mars 06, 2006

Frustratio

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Dans la chambre à coucher chez l'ami galeriste avec l'animateur Jon Stewart

J’avoue que j’étais assez déçu par la décision de l’Académie, qui a hier soir donné à Crash le prix du meilleur film de l’année 2005. J’avais bien sûr espéré que Brokeback Mountain aurait gagné l’Oscar.

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À la pizzeria dans la 7e avenue

On était chez l’ami galeriste, dans sa chambre à coucher où se trouve le téléviseur écran plat. Dans notre groupe il y avait deux décorateurs assez célèbres (et gais), un avocat (dans l’industrie du spectacle), sa copine, une copine à l’ami galeriste.

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Le dessert servi sur de jolies assiettes Monet

On a apporté avec nous deux pizzas, l’ami galeriste avait une tarte aux cerises un peu abîmée dans un petit accident de voiture avec une nouvelle Mercedes dans l’autoroute FDR ( ! ), et plusieurs bouteilles de vin rouge français. L’avocat et les deux femmes n’avaient pas vu Brokeback — l’histoire de deux vachers gais ne leur intéressait pas — tandis que tous les gais l’avaient vu. Voilà un constat curieux. À l’annonce de l’Oscar par Jack Nicholson, l’un des décorateurs s’est écrié « Merde ! » et il a tout de suite mis son manteau pour partir. Nous sommes partis quelques minutes après lui.

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La rue haute de « Pierreville »

De retour chez nous j’ai visité quelques sites pour trouver d’autres réactions. Voici un commentaire intéressant d’une critique du Times qui est paru avant la remise des prix :

« 2. How did “Crash,” a somewhat obvious, over-the-top, contrived drama, score so many nominations and now come to be considered as a possible dark horse for best picture?

There are a few obvious reasons why “Crash” connected with the Academy. First, Los Angeles, where most of Academy members live, is a profoundly segregated city, so any movie that makes it seem like its white, black, Asian and Latino inhabitants are constantly tripping over one another has appeal. If nothing else it makes Los Angeles seem as cosmopolitan as, well, New York or at least the Upper West Side. Second, no matter how many times the camera picks out Oprah Winfrey on Oscar night, the Academy is super white. Third, the Academy is, at least in general terms, socially liberal. You see where I’m going, right? What could better soothe the troubled brow of the Academy’s collective white conscious than a movie that says sometimes black men really are muggers (so don’t worry if you engage in racial profiling); your Latina maid really, really loves you (so don’t worry about paying her less than minimum wage); even white racists (even white racist cops) can love their black brothers or at least their hot black sisters; and all answers are basically simple, so don’t even think about politics, policy, the lingering effects of Proposition 13 and Governor Arnold. This is a consummate Hollywood fantasy, no matter how nominally independent the financing and release. I also think it helped the film’s cause that its distributor sent out more than 130,000 DVD's to the industry, ensuring easy viewing. »

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Le bar à huîtres dans le meilleur restaurant du village

Un commentaire averti laissé hier soir chez Towleroad : « To say that the PR flacks for "Crash" didn't take advantage of the fact that there were straight male academy members who publicly said they would not watch BBM for the purposes of voting is to be very naive about how the business of Hollywood works.

Just remember, this was a vote of industry people, not a reflection of asthetic and artistic merit. »

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Vue d'une partie du jardin de l'amie écrivain, avec l'église congrégrationelle au fond

Ailleurs, on remarque souvent qu’Hollywood est une ville qui « lives on fear and runs on money ».

Et, le soir même, d’un commentaire d’une personne qui a regardé l’émission à Los-Angeles: « And "Crash" flattered the consciences of voters in the Academy, and was a safety vote. It certainly flattered the voter I spent part of last Sunday with, whose girlfriend confessed that her partner voted for "Crash" without bothering to see (or even being willing to see) "Brokeback Mountain." He refused to see it "on principle," she told me. I got a sinking feeling when I heard that, fearing that the situation would be repeated many times over by the money-minded Academy community. I suspect a number of members were fearful of a general backlash against Hollywood if a 'gay cowboy movie' won top honors. And I suspect homophobia -- pure and simple -- was a part of the equation. »

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Des amis nous ont invité à visiter le chantier de leur nouvel appartement dans le village, dans une ancienne usine aménagée en copropriété — ici on se trouve dans la grande chambre à coucher

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Une vue sur la mer à partir du salon — ça fait un peu Saint-Malo, non ?

Du Defamer, à Hollywood:

« 8:23pm: NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO_OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!_God help us all. The sky has opened, Beezlebub has dumped his infernal payload of obvious evil on an unsuspecting Earth. Life as we know it is over. Drive to the desert and start a new civilization, hoping that our horrible, horrible mistakes will not be repeated. This is the end, friends. See you in Hell.

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L'escalier

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C'est quand même assez grand, cet appartement — je suis jaloux !

Il est intéressant de noter, en passant, combien d’acteurs et de « movie types » habitent New-York, comme le metteur en scène Ang Lee, l’animateur Jon Stewart,l’actrice Meryl Streep. Et tout le monde sait que l’on déteste les New-Yorkais à Los-Angeles. Et l’on n’avait qu’à voir les têtes des acteurs assis dans la salle devant les plaisanteries minimalement intellectuelles pour le reconnaître.

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Dans un autre appartement qui appartient à un couple homo de Minnéapolis — c'est leur chambre d'hôte

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Et leur cheminée néo-classique (ou géorgienne)

Le dîner à la campagne était curieux parce qu’il y avait un jeune homme marié, pas moche, qui a flirté avec moi. Sa femme était là, à la table, et leurs deux enfants en haut, qui regardaient des vidéos. Il y avait d’autres invités aussi et l’on n’a rien fait de « remarquable », mais c’était quand même un peu drôle d’être dragué par un jeune père de famille — non, cela ne m’arrive pas trop souvent, c’est vrai.

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De belles ombres d'arbres sur la neige dans le pré devant la maison de ma mère

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Une de mes maisons favorites à « Pierreville » — une vieille maison coloniale avec une galerie à la Nouvelle-Orléans ajoutée dans les années 20 au-dessus d'un jardin plein de roses

mars 05, 2006

Apud nos

On est de retour de la campagne où on a eu un drôle de dîner que j'espère raconter demain. Ce soir on va chez l'ami galeriste pour regarder les Oscars.

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À une station-service de l'autoroute 95 au Connecticut

Espérons une statuette dorée pour le film français « Joyeux Noël » de Christian Carion, le frère de notre ami en carnetophilie de Saint-Diègue ! (On fait beaucoup de pub à la radio pour ce film qui passe actuellement à New-York.)

mars 03, 2006

Carmen

Ça change comment j'entends cette chanson de Madonna.

Ego viator

Goutte à goutte : il vaut mieux ne pas payer le solde débiteur sur une carte de crédit (par Americablog) ; la torture n’est pas permise (sauf à Guantanamo) ; le public américain est assommé d’infos désagréables sur la situation actuelle en Irak (guerre civile, attentats répétés, « gouvernement » irakien désuni, à un tel point qu'on ne réagit plus. Ce matin à la radio publique on a parlé ouvertement et pendant une heure de plusieurs propositions d’empêchement de Bush (certains hésitent à réclamer l’empêchement de Bush, vu l’accession prévue par la constitution à une présidence vacante par le vice-président, en l’occurrence Cheney, qui lui est même plus haï que Bush.)

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Arrivée à Bay-Ridge, à la sortie de métro de la 86e rue et la 4e avenue

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Entrée de l'immeuble où habitent nos amis à Bay-Ridge, construit dans les années 30, un mélange de déco et de néo-classicisme un peu curieux

Rien ne changera ici que s’il nous arrive une crise économique brutale (chute de la bourse causée, par exemple, par une suspension de livraisons de pétrole du Vénézuéla vers les États-Unis ; une opération militaire contre l’Iran ; une autre surprise géopolitique) qui réveillerait finalement le public au danger de Bush. Par contre, avec les sondages de ces derniers jours très défavorables à Bush, je ne serais pas surpris qu’il ne nous arrive un attentat important pour permettre à l’Administration de reprendre son faux manteau, bien usé à présent, de « grand sauveteur de la nation en péril ». Non, on est trop confortables, on ne voit pas de torture au coin de la rue, nos amis ne disparaissent (toujours) pas dans des prisons à l’étranger ou dans celles qu’on est en train de Oscarabili » au lieu de se concentrer sur le compte des morts civils à Bagdad. Pour le moment, on voit quelques petits efforts assez risibles, mais il n’y a aucune colère véritable. On nous montre comment on nous vole nos élections par le moyen de votes électroniques, mais on hausse les épaules. Il faut cultiver son jardin — jusqu’à ce que le jardin n’explose.

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Au restaurant Chianti, où l'on a commencé notre repas avec des calamari frits et un plat d'antipasto

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Extérieur du restaurant Chianti à Bay-Ridge

On va ce soir, en principe, à la campagne. L’agente immobilière a déjà montré la maison à plusieurs clients — elle a trois rendez-vous prévus pour demain dans l’après-midi. J’ai vérifié avec l’oncle du copain, le monsignor de Staten-Island, le programme pour l’enterrement de ma mère, qui aura lieu le vendredi 7 avril vers 10 h 30, après quoi on aura une petite réception-déjeuner à la maison. C’est drôle, ma mère n’a pas voulu de service religieux ou mémorial, mais on en fait un quand même. C’est pour les survivants, on m’explique. Je le veux bien. Je pense qu’elle comprendrait pourquoi on doit en faire un petit service bien court.

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Un curieux (et assez lugubre) mémorial aux morts des attentats du 9 septembre 2001 qui consiste en des étiquettes avec les noms et les dates de naissance des morts collées sur les tuiles dans la station de la 14e rue — beaucoup ont été complètement ou partiellement enlevées

Notre visite à Bay Ridge mardi soir s’est bien passé — le mari, qui est marchand d’art, ayant dû s’absenter à cause d’un client, on a dîné avec la femme et leur enfant, qui est écolier de « second grade » un soupçon gâté. On est allé manger italien, en hommage au quartier un peu mafieux. On a eu un jeune serveur beau, costaud et d’origine monténégrine (non, cela ne se voyait pas, j’ai dû lui demander d’où il était sorti) à une voix de basse légèrement accentuée à faire tomber les femmes et, je me cite en exemple, un nombre d’hommes. On nous a servi une cuisine italienne pas très moderne. Le plus remarquable, c’était qu’on a pu y aller et rentrer par le métro — la ligne R — et il n’a pris que 35 minutes de trajet à partir de la 34e rue. C’est beau, les transports publics (au moins, quelques fois.)

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Un derrière de voiture bien new-yorkais (et berkléen, j'en conviens) — on réclame l'empêchement de Bush, on est féministe, on est gai, on est laïc !

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Un attentat terroriste végétarien ? L'autocollant déclare « Be kind to animals, Don't eat them »

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Notre quartier désert, tout le monde est toujours au lit — on se lève bien tard dans le Village