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avril 30, 2006

Ô Narcisse !

Désolé pour le manque de billets nouveaux cette semaine dernière — la vie a été un peu plus chargée que d’habitude. En plus, je n’ai pas eu le temps de mettre les choses dans l’ordre qu’il faudrait — je ne suis, après tout, qu’un carnetier pisseur de copie dilettante, il ne faut surtout pas s’attendre à trouver ici des révélations cohérentes.

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Un peu de verdure dans le Village — enfin !

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La tour Chrysler au fond de l'avenue Lexington

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Et dans l'autre sens — les tours Citicorp et Bloomberg

Plaintes de la semaine : Ils ont tous les deux le service client suspect : Lemonde.fr (histoire d’abonnement) et weblogues.com (histoire de notification automatique) ne me répondent pas quand je leur envoie des mails/courriels. Lemonde.fr a pourtant réussi à me féliciter tout de suite du renouvellement de mon abonnement, sans pour autant être capable de m’expliquer pourquoi il me l’avait résilié.

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L'entrée du Bull and Bear, « steakhouse » qui fait partie de l'hôtel Waldorf-Astoria, où j'avais été invité à prendre un pot par le conseiller financier de ma mère, que je n'avais jamais rencontré — j'ai pris un double-expresso et il était charmant

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Un autocollant sans ambigüité

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La rue du Canal, tout près de l'entrée au Tunnel de Hollande

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L'ancienne maison de l'urbaniste Jane Jacobs, morte à Toronto il y a quelques jours — on y avait déposé plusieurs bouquets de fleurs

Compliments de la semaine : j’adore le dictionnaire en ligne Lexilogos dont je me sers mille fois par jour. Mais il faut noter qu’il y a un certain nombre de mots contemporains qui n’y apparaissent pas (encore ?) comme « réseautage ». Heureusement, le Grand Dictionnaire terminologique de l’office québécois de la langue française n’est pas aussi réservé au sujet des néologismes. En ce qui concerne un dictionnaire anglais-français en ligne, je me sers sans cesse de WordReference.com.

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L'extérieur du restaurant marocain Zerza où l'on a dîné jeudi soir et où l'on a dû subir une danseuse du ventre un peu trop énergique ! — mais le tagine au poulet était excellent

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Moi aussi, mais je préfère Nice

Deux citations intéressantes faites par M. de Tocqueville : « Ce que le vulgaire appelle du temps perdu est bien souvent du temps gagné. »

« Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se reformer. »

Au Restaurant Florent jeudi dernier j’ai rencontré un jeune serveur adorable qui a écrit un roman (le salaud !). Il s’appelle Vestal McIntyre (c’est quand même curieux, le prénom de « Vestal » pour un jeune homme) et son livre, une collection de nouvelles, s’intitule « You Are Not the One ».

L’amie marchande de tableaux voudrait bien m’accompagner au Canada cet été. J’ai envie de faire « un tour des îles », dont celle du Prince-Édouard et celles de la Madeleine, et le copain n’est pas sûr de pouvoir quitter le travail pour une semaine entière. Ce soir elle m’accompagne au fin fond du comté de Nassau — dans le hameau de Minéola — où l’on dînera chez un ami galeriste et sa femme. Le copain n’a pas voulu venir parce qu’il n’a pas voulu feindre un intérêt à tout le commérage du monde de l’art new-yorkais qui sera inévitablement au centre de nos conversations.

Je viens de renouveler mon adhésion à l’ACLU — l’Union américaine pour les libertés civiles, la célèbre bête noire de la droite américaine.

Pipoule : Bon, j’avoue que je trouve Ryan Seacrest, animateur d’American Idol, assez beau gosse, (hé oui, c’est affolant combien j’ai des goûts de midinette niveau A&F — c’est pourquoi j’aime bien aussi http://www.nick-lachey.net/ Nick Lachey, l’ex de Jessica Simpson) mais c’est méchant de Paula Abdul de http://people.aol.com/people/articles/0,19736,1187004,00.html dire en public qu’il n’embrasse que le miroir — ô Narcisse !

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On s'assemble pour la course

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Et l'on fait la queue devant les wc portables

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Au début de la course

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Pendant qu'ils couraient, moi je me suis amusé à regarder les décollages de l'aéroport de La Guardia, juste à côté de l'île pénale de Ryker

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Je fais une étude sur les tatouages

Hier on n’a pas pu assister à la manifestation anti-guerre puisque le copain et d’autres amis, dont l’ami ex-Marine, ont couru le demi-marathon de Queens qui a eu lieu dans un quartier un peu excentrique de cet arrondissement outre-rivière. Ensuite on a déposé l’ami entraîneur à la station de métro à Flushing (où tout est asiatique — toutes les affiches sont en chinois, et coréen et, quelquefois, aussi en anglais), avant d’aller visiter l’appartement de l’ami ex-Marine dans le quartier plus populaire de Maspeth, toujours à Queens, avant de rentrer à Manhattan (« Excusez-moi, monsieur, mais pour rentrer à la civilisation, on prend cette rue jusqu’au bout, puis on tourne à gauche pour rejoindre l’autoroute de l’Île Longue qui nous amènera au tunnel Midtown ? ») — où tout était bloqué à cause de la grande manifestation contre la guerre. Impossible à traverser l’île — il nous a fallu monter l’avenue du Parc jusqu’à la 55e rue, où l’on a tourné vers l’ouest. Une fois dans la 7e avenue, on a pu enfin redescendre jusqu’au garage dans la 25e rue.

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Un ancien palais commercial retourné à ses origines mercantiles dans la 6e avenue

Demain c’est la grande manifestation pour les droits des immigrés qui commencera à seize heures dans la place de l’Union. J’y serai.

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L'extérieur du gynmase branché Equinox dans l'avenue Greenwich

Aujourd’hui le copain et moi, nous sommes allés à son gymnase à lui. Ensuite on a profité du beau temps pour nous dorer au soleil à notre version new-yorkaise du Tatabeach parisien — il y avait plein de Français partout !

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La jetée de la rue Charles

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Un jeune homme « en forme » au portable

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Un chien content

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Du monde à la « plage »

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Le retour des taxis aquatiques

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>Les nouveaux immeubles résidentiels au bord du fleuve avec le Bâtiment de l'État Empire au fond

avril 25, 2006

Impedita

Hier soir l’ami péruvien me téléphone pour me dire qu’il a dû déconnecter Sale bête à cause d’une nouvelle attaque de pourriel — cette fois il s’agissait de rétroliens pourris de Malaisie et du Mexique, par exemple, qui ralentissaient le serveur. Il a donc désactivé les rétroliens et cela semble avoir marché. Mais en même temps il a changé l’ancien gabarit du site pour un nouveau, celui que vous voyez ici. Moi je ne le trouve pas désagréable et j’aime bien changer un peu le décor (une grande femme du monde m’a déclaré une fois qu’il faut changer le décor de toute la maison tous les dix ans au minimum pour assurer la santé morale — et elle avait probablement raison). J’ai essayé de « franciser » tout l’anglais mais c’est dur — je ne trouve pas, par exemple, où l’on a mis le gabarit pour les commentaires, donc ce formulaire reste temporairement en anglais. Je vous demande pardon, car vous savez tous que je n’aime point ce genre de pidgin, qui n’est « ni chair ni poisson ».

Le copain s’est fait recalculer hier, chez un médecin qui est un de ces clients, son indice de masse corporelle et malgré ses efforts de régime et d’exercice, son pourcentage de graisse a monté ! Il m’a dit assez âprement qu’il allait y repasser pour un troisième test (je sais, je n’aurais pas dû rire !)

avril 24, 2006

Dona inexspectata

C’est toujours un plaisir de retrouver un paquet d’Alapage au seuil de l’appartement (en réalité, c’était posé contre la porte) — c’est comme un petit Noël inattendu (j’ai tendance à oublier mes commandes de livres faites par Internet) qui m’attendait dès mon retour de la campagne cet après-midi. J’avais commandé trois livres— « Barbarismes et compagnie », « Atlas des langues », et, peut-être le plus important des trois, « Bien écrire — l’art de retravailler ses textes » !

Aujourd’hui j’ai payé 2,93 $ le gallon pour l’essence à une station-service discompte (ça se dit comme ça ?)— les républicains ont grand-peur du mécontentement de l’Américain moyen envers les profits records des sociétés pétrolières en vue de la hausse du prix de l’essence. J’ai même écouté quelques minutes de la folie verbale de Rush Limbaugh et il s’est plaint de la probabilité que les électeurs aillent voter contre les républicains à cause de la hausse du prix du pétrole, hausse causée,d’après lui, surtout par les remarques alarmantes du président iranien Mahmoud Ahmandinejad et non pas par la cupidité des sociétés pétrolières.

Ici on suit avec un intérêt accroissant l’affaire de la fuite « illégale » d’infos sur les prisons secrètes en Europe par, d’après ce qu’on sait à présent, une employée de la CIA, qui avait été virée après avoir échoué un essai de détecteur de mensonge. Mais maintenant elle déclare n’avoir divulgué aucun secret — on l’a mise à la porte donc parce qu’elle était démocrate ? On fait maintenant la chasse aux « traîtres démocrates » dans les ministères ?

Je félicite les Népalais pour le succès de leurs manifestions pour la restauration de la démocratie. Reste à savoir ce que va devenir le roi…

Et puis, la cote d’approbation de Bush descend à 32 % — on fête quand elle tombe à 30 ?

avril 22, 2006

Ruri

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Des explosions de forsythia d'un jaune éclatant, même par ce mauvais temps

La pluie est arrivée plus tard que prévue. Je m’étais déjà fait couper les cheveux très courts par le coiffeur ex-militaire du village. Par hasard il y avait aussi l’assemblée annuelle du village, où les habitants ont voté le budget et où l’on a pas mal discuté de l’acquisition possible d’un immeuble à moitié rénové, qui avait été une fonderie au 19e siècle. Je suis allé après au gymnase, où il n’y avait personne au début mais qui se remplissait, le mauvais temps aidant, à chaque minute de beaux athlètes déjà bronzés (ils sont trop doués, ces gens qui vont passer une semaine en Floride en mi-printemps pour devancer les autres qui restent tout pâles).

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Une pelouse d'une couleur un peu particulière près de chez ma mère — c'est un traitement contre ou pour quelque chose, je suppose

Je dîne ce soir avec l’amie écrivain. On avait invité l’amie productrice de film mais elle est allée à Paris, la vilaine, pour voir l’expo Bonnard au Grand Palais (avant d’aller, pour le travail, à Londres). Ah, les cosmopolites parmi nous.

avril 21, 2006

De maleficiis

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En route vers le restaurant, je traverse l'avenue Lexington

Ça m’a en effet rappelé une scène favorite tirée du grand roman d’Evelyn Waugh Brideshead Revisited où le héros, Charles Ryder, accepte une invitation à dîner de Rex Mottram, riche fiancé vulgaire de la sœur de son ami Sebastian alcoolo. Ce n’était pas un déjeuner d’amis, mais avec deux avocats (le grand chef de cabient et la jeune associée), qui m’avaient invité à les rejoindre au restaurant Four Seasons, pour discuter vraisemblablement d’un procès civil dans lequel ma mère avait été l’une des parties plaignantes contre une société d’extermination d’insectes lorsqu’elle avait habité à Atlanta. Donc, un grand repas follement cher basé sur les termites. Tout s’est assez bien passé — j’ai commandé des asperges blanches en entrée et un filet de sole « de Douvres » meunière comme plat principal. Pas de dessert (faut pas pousser !) surtout quand j’imagine que je me suis vite révélé un invité sans grande valeur légale. On ne peut pas plaire à tout le monde.

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À midi et demie dans l'avenue du Parc

De retour du Four Seasons je suis passé chez la librairie gaie Oscar Wilde dans la rue Christopher. Là j’ai trouvé deux bouquins : un roman par un auteur que j’apprécie, Stephen McCauley, et un livre sur les rapports homos dans l’ancienne Amérique du nord par un certain professeur William Benemann. Il faut surtout soutenir les petites librairies indépendantes.

J’avais promis à une artiste française que je passerais hier soir au vernissage de l’expo collective à Chelsea où il y avait un de ses dessins. L’ami galeriste avait, lui aussi, un vernissage dans sa galerie (le jeudi soir est le jour favori pour les vernissages dans les galeries — le week-end, les esthètes nantis ont quitté la ville, donc ce n’est pas la peine de gaspiller du vin blanc, même médiocre,seulement pour quelques pauvres artistes et la famille de l’exposant).

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Des bureaux et des bureaux à Midtown

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Le vernissage chez l'ami galeriste où la foule cette fois-ci n'est pas très branchée — cela dépend surtout de l'artiste qu'on expose

C’était agréable et je suis allé dîner avec l’ami galeriste, son beau copain berlinois de passage à New-York et un ami allemand à lui, un DJ travesti au nom de Gloria Viagra. Comme il faisait doux, l’ami galeriste a insisté à ce qu’on mange dehors mais la moitié de Manhattan y avait déjà envisagé de faire de même — on est finalement allé au restaurant Florent où l’adorable hôtesse Darinka m’a chuchoté dans l’oreille : « Ne dis rien mais suis-moi » et elle nous a conduits à une table à l’extérieur qu’une vingtaine de personnes attendaient avant nous. On était presque des stars !

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Du monde hier soir dans la rue Gansevoort dans un restaurant nouveau

Un drôle de film anti-bush : Let’s bomb Iran.

Le dégoût populaire contre ce faux président continue à monter — et cela se sent dans la culture pop, avec par exemple la nouvelle chanson de Pink Dear Mr President, enregistrée en direct à New-York, et celle des Dixie Chicks, « Not Ready to Make Nice » (que je viens d’acheter hier chez iTunes — c’est le numéro trois des chansons téléchargées aujourd’hui). Les Red Hot Chili Peppers demandent aussi l’empêchement de Bush, ainsi que le chanteur Neil Young dans sa nouvelle chanson « Impeach the President ». Ben, c'est un début — et enfin.

Je suis tout seul à la campagne ce soir — le copain participe ce week-end à une formation de deux jours offerte par Microsoft, donc il n’a pas pu m’accompagner.

avril 19, 2006

Mutatio

Le porte-parole démissionne. Le grand vizir change de spécialité. On nomme un nouveau directeur du budget. Mais c’est toujours Bush, le « decider » — mot qui montre à tous combien il est illettré. L’éditorialiste Mark Morford de San-Francisco dépeint un tableau assez ahurissant de ce qui doit se passer maintenant dans les bureaux de la Maison Blanche. Vous avez vu la montée du prix du pétrole aujourd'hui ? 72,14 $ le baril, un nouveau record. Trop malin.

avril 18, 2006

Picturæ

Encore une impeccable journée de printemps — l’amie marchande de tableaux, qui est en train de conclure une grande affaire pour l'achat d'un tableau important, m’avait demandé de l’accompagner à Chelsea, le quartier des galeries à Manhattan, où elle avait besoin de voir quelques expositions pour des clients à elle — et j’ai accepté avec plaisir.

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On monte la 10e avenue, devant l'Empire Diner de l'autre côté de la rue

Ce qu’on a vu ne correspondait pas tout à fait à mon goût personnel, mais il n’y avait pas beaucoup de monde et il y a toujours l’espoir de rencontrer quelque chose d’exceptionnel. Voici quelques exemples de pièces qu’on a vues :

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Une installation créée par l'artiste angélène punk Camille Rose Garcia à la galerie Jonathan LeVine

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Un autre tableau de cette artiste californienne

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Une photographie percée de trous lumineux de Daniele Buetti chez Richard Feigen

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Une photo de Cédric Tanguy chez Feigen

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Une partie de l'expo Sherrie Levine chez Paula Cooper

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Des grands tableaux « surréalistes » de Catherine Howe chez Claire Oliver

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Je voudrais féliciter Sophil de l’eau et son mari Olivier de la naissance de leur fils Maxence, qui par précaution est toujours à l’hôpital. Il a une tête adorable, pleine de sagesse tout comme sa mère, et l’on comprend très bien pourquoi la famille aurait hâte de le recevoir chez eux.

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Les flics font le cadeau d'une jolie contravention à une automobiliste dans la 10e avenue

Leçons de vocabulaire : je viens de découvrir le mot « arrière-salle » — il n’y aura pas donc plus besoin à aucun francophone de se servir du mot « backroom » (et non, les enfants, il n’est pas nécessaire de faire des commentaires ironiques ou scabreux là-dessus).

L’horizon de Manhattan se caractérise par son « skyline » — je viens de découvrir une jolie traduction française — la ligne des toits. C’est curieux, en anglais on fait référence à la nature, mais en français on souligne ce qu’ont construit les hommes. Des perspectives bien différentes.

Ce site serait drôlement ridicule s’il n’était pas, en fin de compte, aussi sinistre et « dans le vent ». Il faut surtout cliquer sur les photos des « Purity Parties » où la petite fille promet à son père de garder sa virginité jusqu’à ce qu’elle se mariera. C’est le côté « Jon-Benet Ramsey », c’est-à-dire le côté louche et pédophile qui me gêne le plus.

avril 17, 2006

De oneribus

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Les tulipes roses dans l'avenue du Parc, l'après-midi de Pâques

En général je n’ai pas trop de difficultés, « morales » ou « pécuniaires », à payer mes impôts, mais cette année tout s’est compliqué un peu en raison de la vente de notre maison, histoire de gains en capital sur lesquels chacun demande sa part proportionnelle (la ville de New-York, l’état du New-York, l’état du Connecticut, et le fisc fédéral). Je ne suis pas pourtant de ceux qui détestent irrationnellement les impôts, qui me permettent de mener une vie plutôt tranquille (police, pompiers) dans un environnement assez acceptable (écoles, infrastructure routière, transports en commun) à la recherche d’un bonheur de mon choix. Y a-t-il du gaspillage ou du détournement dans la dépense de ces impôts prélevés ? Mais bien sûr, on n’a qu’à jeter un coup d’œil au cas d’Halliburton (et d’autres approvisionneurs militaires) et les multiples contrats sans offre publique et les primes offertes en Irak et ailleurs. Il y aussi tout ce qu’on appelle ici le « porc » — ces projets locaux favorisés par des sénateurs et des représentants qui ne sont souvent que des subventions déguisées. Mais le principe des impôts ne me gêne nullement.

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Dans la 57e rue

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Une jeune femme décore le trottoir devant l'entrée d'une église dans la 7e avenue pour la fête de Pâques

Il a fait beau ce week-end dernier — on a fait la fête un peu avec des amis de Londres vendredi soir. Samedi on s’était donné le devoir de trouver une taie d’oreiller (il ne faut pas se fixer des buts trop difficiles dans la vie, n’est-ce pas ?) qu’on a bel et bien trouvée au magasin Bed, Bath & Beyond dans la 6e avenue.

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C'est de nouveau la saison des tournages de films dans les rues de Manhattan

Le copain n’aime pas du tout faire le shopping mais il y avait du monde qui se baladait en maillot et il m’a donc permis de l’entraîner dans l’Old Navy pour inspecter des maillots (dont on a pourtant plein les placards) et dans le Sports Authority, où j’ai trouvé de nouveaux shorts de basket pour le gymnase. Le copain n’a pas pu résister aux appâts de Best Buy, énorme magasin de trucs électroniques où il s’est finalement acheté une édition de World of Warcraft. Un petit tour chez le magasin Tekserve dans la 23e rue où l’on cherchait un brassard iPod — y avait plus, tous vendus, faut chercher en ligne ! On retourne à la 6e avenue où l’on passe ensuite chez la librairie Barnes & Noble où je cherchais un livre They Thought They Were Free : The Germans 1933-1945 de Milton Mayer. Il n’y en avait pas d'exemplaire. L’ami ex-Marine nous avait conseillé d’aller voir un nouveau magasin d’articles de sport qui s’appelle JackRabbit et qui se spécialise en triathlon dans la 14e rue ouest.

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Dans le magasin JackRabbits

De jeunes vendeurs et de vendeuses tout ce qu’il y avait de plus « en forme » aux vêtements aussi chastes que révélateurs nous ont fait un peu peur au début mais ils nous ont persuadé à retourner le lendemain matin pour subir l’analyse vidéo de nos allures de course particulières filmées sur un tapis roulant lié à un écran plat d’ordinateur monté à côté.

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Les tapis roulants connectés aux ordinateurs

Dimanche matin on y est donc allés, habillés en shorts et chaussures de course, pour nous soumettre au test analytique. À moi, très mauvais coureur, ils m’ont dit, vidéos à l’appui, qu’il me fallait « stabiliser » mon allure » et pour cela on m’a suggéré des chaussures particulières, pas trop chères et tout à fait confortables, que j’ai donc achetées. Je ne sais pas si c’est vraiment valable comme méthode analytique, mais tout ça fait tellement scientifique qu’on en est facilement persuadé — et c’est de toute manière une excellente façon d’encourager les achats de chaussures. Et cela a marché aussi pour deux clientes qui m’ont suivi !

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La façade sobre du club où l'on a déjeuné à Pâques

Le dimanche de Pâques, on avait rendez-vous avec les parents et la nièce du copain à quatorze heures. Il y avait un monde fou dans les trois salles à manger du club et le service était plutôt désordonné — n’importe, on s’est bien amusé. Le déjeuner terminé, on est allé voir le nouvel appartement des parents du copain — un simple deux pièces où ils vont se sentir très serrés, je crois — dans lequel ils espèrent s’emménager dans trois jours ! (Le copain et moi,nous nous sommes prudemment tus !)

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Vue partielle du grand salon

Le jeudi prochain New-York est sous la menace d’une grève des portiers dans les immeubles résidentiels. Puisque le copain et moi, nous habitons un taudis sans concierge, nous ne serons pas touchés par cette action syndicale visant évidemment les beaux quartiers.

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Un petit coin cosy dans la bibliothèque du club

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Dans le salon du nouvel appartement des parents du copain

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L'immeuble dans lequel les parents du copain s'installent, en principe en trois jours

Va-t-on avoir une guerre contre l'Iran finalement ? On en parle de plus en plus. Certains disent même qu’on se bat déjà en Iran. Il est certain pourtant que l’annonce d’une attaque militaire américaine contre l’Iran, avec ou sans armes nucléaires, sera suivie immédiatement d’énormes manifestations anti-Bush — à moins qu’on ne décrète la loi martiale. Bush, c’est un peu la bête enragée, acculée, sans options.

avril 16, 2006

Funus

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Dans le lave-auto automatique — il a fallu nettoyer la bagnole avant de transporter les parents du copain

Un beau jeudi il y a plus d'une semaine, on a quitté Manhattan vers une heure de l’après-midi, après avoir fait escale dans la 66e rue est au logis temporaire des parents du copain, qui nous accompagnaient à la campagne. Il faisait assez frais et en dépit du fait que nous nous trouvions en mi-semaine, la circulation était forte jusqu’à la sortie de Guilford.

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Dans la salle à manger — ma sœur avait apporté les fleurs de Philadelphie

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Les tables de bridge étaient dressées pour les bridgeuses amies de ma mère

On est arrivé à la maison de ma mère vers seize heures, ma sœur et mon beau-frère et l’oncle du copain venant d’arriver respectivement de Philadelphie et de l’Île des États à New-York juste avant nous. Je les ai disposés dans les chambres qu’on leur avait préparées. Les parents du copain se sont installés sans problème dans l’ancienne chambre de ma mère, le copain et moi, nous nous sommes mis dans la chambre d’hôte à côté d’eux, tandis qu’on a laissé à la famille de ma sœur tout le deuxième étage. Il y avait en tout neuf personnes à dormir sous le même toit, un record, je crois, pour cette maison sous le règne maternel.

Le copain et moi, on avait réservé une table pour dîner au restaurant du yacht-club dont le copain est membre. Deux de nos amis nous ont rejoints et tout s’est bien passé.

Je me suis levé tôt vendredi matin — j’avais surtout à peaufiner l’éloge que j’allais prononcer à l’enterrement des restes de mes parents. On craignait le mauvais temps (la météo n’avait pas été encourageante). J’avais commandé une petite tente au cas où il pleuvrait, mais l’agent des pompes funèbres m’avait prévenu qu’il leur serait impossible de la monter s’il y avait trop de vent. Mais ce matin-là, il y avait du soleil. Mon autre sœur est arrivée avec sa fille, ma nièce, à qui j'ai donné le petit collier que je lui avais acheté chez Tiffany.

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Ma nièce Sara qui porte son tout petit collier neuf, cadeau d'anniversaire de son oncle et de son copain

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Et c'est chez le joaillier Tiffany dans la 5e avenue à la 57e rue où ce gentil oncle l'a trouvé, ce collier minuscule

L’ancienne garde-malade de ma mère, mon beau-frère et moi, nous nous sommes occupés à mettre des assiettes et des tasses sur la table. Le traiteur est arrivé à dix heures pour arranger le buffet auquel on allait retourner après la cérémonie. On a mis la boîte de ma mère dans la voiture de sa garde-malade et ma sœur cadette a pris celle de mon père — le cimetière se trouve à cinq minutes de la maison, il y avait déjà des gens venus pour la petite cérémonie.

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La garde-malade et grande amie de ma mère la prend pour faire un dernier tour en voiture

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Les gens arrivent au cimetière

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Les parents, avec les hortensias bleus, fleur favorite de ma mère

L’oncle du copain, prêtre catholique, a commencé avec une prière du service anglican et puis il a fait quelques remarques personnelles sur ma mère qu'il avait rencontrée deux ou trois fois. Ils aimaient tous les deux le whisky écossais. Ensuite j’ai lu ce que j’avais écrit sur ma mère, et ma nièce m’a suivi. Elle a lu un petit poème. Pour terminer, le prêtre a prononcé le Notre-Père et nous avons tous quitté le cimetière.

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Le buffet

La réception à la maison s’est assez bien passée — j’ai eu un peu de saumon fumé — et tout le monde est finalement parti vers quatorze heures, quand la pluie a commencé. On est rentré à Manhattan samedi vers midi. Cette semaine on est resté chez nous — hier soir on a un peu fait la fête avec des amis venus de Londres et demain on déjeune avec les parents du copain et sa nièce à lui.

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Une vieille chienne, sourde et aveugle, garde la place favorite de ma mère au canapé d'où elle passait des heures à regarder la télé trash, telle l'émission de l'affreuse Nancy Grace sur CNN

[Mes excuses pour le retard de ce billet — le site a fait l'objet d'une attaque de pourriel qui avait failli faire planter le serveur qui héberge Sale bête sur lequel un ami me prête de la place. On a mis à jour le logiciel MovableType et j'espère qu'on ne trouvera plus de failles de sécurité, surtout pour l'ami qui a dû travailler des heures pour les réparer. Merci aussi à tous ceux qui m'ont écrit pour demander des nouvelles. Deux semaines auparavant, j'ai bien ressenti, c'est vrai, un peu de stress — la croute du bouton de fièvre toujours sur ma lèvre en est la preuve la plus visible — mais depuis, ça va mieux. C'est le printemps, il fait beau, les tulipes sont en fleur, et le copain m'a donné la permission d'aller chercher un chien.]

avril 05, 2006

Communitates

Inévitablement j’avais l’impression de tourner en rond : ça faisait dix ans que je n’avais mis pied à Fire Island, plus particulièrement aux Pines. Là, on avait repeint le Botel en bleu ciel clair, quelques boutiques avaient changé de noms, mais en général, tout était resté comme il l’était il y a dix ans.

[Désolé, mais je n'arrive pas à publier les photos — je les téléchargerai plus tard, quand on aura remis en ordre le serveur.]

L’agent nous a accueillis au débarquement du ferry de onze heures et demie — on l’a suivi, l’ami galeriste et moi, au petit bureau qui se trouve derrière la discothèque, l’immeuble le plus important du « village » comme il se doit, je suppose, dans une station d’été à grande majorité gaie. Au bureau l’agent a recueilli un grand bouquet de clés avec lesquelles on a commencé notre prospection d’une éventuelle résidence de loisir.

En ce quasi-début de saison, il n’y avait évidemment qu’une sélection bien réduite. Certaines des maisons étaient trop délabrées ou trop proches à ces grandes affaires à jusqu’à 16 locataires (dans le système de location en vigueur, une maison typique à quatre chambres à coucher représenterait un total de huit « parts » entières, c’est-à-dire, le droit à un lit pour tous les week-ends de la saison — en général de la mi-mai jusqu’à la mi-septembre — à cause du prix élevé, on divise souvent la location en deux, c’est-à-dire en demi-parts, d’où l’on arrive au nombre possible de seize voisins (jeunes — ou pas — et bruyants et pas nécessairement beaux !) avec qui on passera un été désagréable (sans compter les voisins des autres côtés !)

L’agent nous a montré une petite maison entièrement différente du style prédominant « international style » de la plupart des maisons — l’ami galeriste en était immédiatement ravi, mais étant marchand de l’art, il n’a pas voulu accepter le prix proposé. Il leur a donc contreproposé un chiffre réduit de 15 %. L’agent a un peu grogné. Hier on a appris que la maison n’était plus disponible. Voilà le risque que peut porter une économie trop automatique !

Vendredi dernier on est allé, l’amie partenaire en course et moi, à un rendez-vous informel avec le candidat démocrate Ned Lamont qui fait face au sénateur Lieberman du Connecticut, un célèbre DINO, ce qui veut dire un « Democrat In Name Only », dans les élections primaires qui auront lieu en août. Il est jeune, charmant, engagé. À son départ on nous a présenté le candidat qui va contester le siège sénatorial de Mme Clinton, qui s’appelle Jonathan Tasini. Tout petit, assez beau parleur, il est surtout contre la guerre en Irak et se plaint avec raison de la lâcheté de Mme Clinton devant le bellicisme opportuniste des bushistes.

Demain on part pour la campagne où l’on va enterrer les restes de ma mère, son chien et mon père. De mes deux sœurs passives agressives j’en ai franchement ras le bol — ô veritates familiarum ! — et en plus, j’ai les parents du copain qui nous accompagnent en preuve d’appui moral (au moins je crois) ! C’est du mélo banal, qui exaspère et irrite. Mais vendredi ce sera terminé, cette partie de l’histoire. Je n’aurai plus de famille. Enfin.

Une drôle de carte des prix du pétrole aux États-Unis (via Andrew Tobias).