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mai 31, 2006

Festus dies anniversarius

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Façade de la brasserie Les Halles dans l'avenue du Parc à la 29e rue

Hier on a fêté notre 15e anniversaire de « concubinage », le copain et moi, avec, pour commencer, un déjeuner à deux à la brasserie Les Halles dans l’avenue du Parc où le copain m’a offert le cadeau extravagant d’une montre-bracelet follement chère (et aussi incroyablement lourde). Le soir on a rejoint l’amie partenaire en course et son mari chez nous au Village pour prendre un verre avant d’aller au théâtre Lucille Lortel (anciennement de Lys).

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Dans l'autobus de la 5e avenue — le copain le prend souvent, mais moi, je trouve les autobus trop lents — avec les drapeaux de l'immeuble Cartier à gauche

On a vu « Some Girl(s) » par l’auteur dramatique très branché http://www.imdb.com/name/nm0001438/ Neil LaBute. Les acteurs étaient des vedettes de la télé : Neil McCormack (Will Truman de Will & Grace), Judy Reyes (Carla Espinosa de la comédie Scrubs), Fran Drescher (The Nanny), Maura Tierney (Urgences), et Brooke Smith. Une pièce qui fait réfléchir. On est ensuite allé dîner avec l'amie marchande de tableaux au Deux Gamins.

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Vue de la scène prise du balcon — le théâtre est tout petit

Alerte Vedette Niveau A : Jake Gyllenhaal assis avec deux amis à une table sur le trottoir chez Sant Ambrœus, à deux pas de chez nous. Il y avait une bande de paparazzis qui l’épiaient avec leurs énormes appareils, dont deux parlaient en français !

Ce soir l’ami galeriste voulait dîner al fresco — il est venu nous chercher en décapotable et l’on est allé au Bar Pitti dans la 6e avenue. Ce soir, on est crevé, on n'est bon que pour un film sur HBO.

mai 29, 2006

Mens insana in corpore sano

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Le petit « Stonehenge » érigé dans le jardin « métaphysique » des amis chez qui la folle de l'avenue Madison a passé le week-end

On est rentré à Manhattan avec la folle de l’avenue Madison — c’est une femme belle d'une cinquantaine d'années qui se dit poète (mais, « attention, pas professionnel, comme ceux qu’on lit dans le New Yorker ») et bipolaire (« je prends un médicament » — il s’agit de Depakote, je crois, je n’ai pas très bien compris et je n’ai pas osé lui demander de répéter, ça aurait paru mal élevé, un peu trop curieux, non ?) — « depuis que j’ai vingt et un ans »). La chose la pire pour une personne bipolaire de son genre (il y a plusieurs variétés de bipolarité aux niveaux divers) c’est de tomber amoureux ! Mais, c’est de la comédie musicale, j’ai éclaté pendant qu’on traversait le pont des Trois Bourgs pour rejoindre l’autoroute FD Roosevelt à Manhattan. « Ah, c’est justement ce que me disait un jour mon psy — il m’avait promis qu’un jour on rigolerait bien des problèmes de la bipolarité. » « Donc, il faut surtout éviter l’amour. » « Oh, oui — ou augmenter le dosage du médicament » elle me répond en souriant. « Ah, je vois. » Quelques minutes plus tard, on la dépose devant chez elle dans l’avenue Madison.

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Le coin « bar à huîtres » d'un restaurant au village où autrefois on aurait connu tout le monde — hier soir, personne

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Un faux ancien garage à calèche style Tudor devant une grande maison de campagne au bord de la plage

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La plage, où il y avait du monde malgré un temps plutôt frais

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Une maison style Hollywood qui a appartenu à l'acteur Douglas Fairbanks, Sr, à l'époque où le théâtre était encore plus important que le cinéma

mai 28, 2006

Clamores falsi

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À la pépinière où j'ai acheté une orchidée pour remercier l'agente immobilière d'avoir vendu la maison

Je me suis trouvé chez le marchand de journaux au village quand l’info est arrivée à la télévision : « Breaking News » — Alerte au Capitole. Histoire d’avoir entendu des coups de fusil quelque part dans l’enceinte (parking, gymnase, bureaux, etc.) Une heure plus tard, les infos étaient plus « broken » que « breaking » (blague débile, je sais) et plus tard on apprend qu’il s’agissait d’une alarme donnée par un petit représentant républicain peureux (à savoir, M. Jim Saxton, républicain du Nouveau-Jersey, donc doublement damnable) qui avait « mal interprété » quelques bruits de construction pour une attaque terroriste féroce. Le plus drôle pour moi (et, oui, j’avoue que c’est méchant de ma part) c’était l’assistante du représentant Jack Kingston de Géorgie, lui aussi républicain, qui a eu une crise de panique au gymnase lors de son assaut par l’équipe antiterroriste — la seule victime de toute l’affaire.

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On est passé au cimetière pour inspecter le banc tombal des parents — c'est très réussi !

Et puis il y a l’histoire de l’argent au frigo qui risque à devenir une sorte d’affaire Clearstream à nous avec la saisie par le ministère de la Justice (« Justice », c’est beaucoup dire, vu que c’est le laquais bushiste Gonzalez le chef, mais bon…) de documents qui se trouvaient dans le bureau du représentant démocrate de la Louisiane, William Jefferson, chez qui on avait tout récemment trouvé la somme de 90 000 $ en espèce rangée dans le congélateur de son frigo. Certains représentants républicains et démocrates crient la saisie illégale, puisqu’elle viole la célèbre séparation des pouvoirs (dans ce cas particulier, celle qui sépare l’exécutif du législatif) et il est vrai qu’on aurait des problèmes avec des saisies éventuelles à but politique plutôt que judiciaire — c’est comme les écoutes illégales — mais le public se rappelle surtout de l’image bouffonne des billets congelés, et la crise constitutionnelle lui serait plutôt indifférente ou trop subtile. Le Times parle d’une crise au sein du régime bushiste, où Gonzalez et d’autres auraient menacé de démissionner si Bush avait été d’accord pour remettre les documents saisis au représentant Jefferson. Bush a donc ordonné le « scellement » des documents pour une période de quarante-cinq jours avant de prendre une décision finale. Les républicains au Congrès craignent, évidemment, ce qui pourrait leur arriver si jamais les démocrates prennent le pouvoir — c’est pour cela qu’ils s’intéressent si énergiquement au sort du pauvre M. Jefferson.

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Les ciboulettes en fleur

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Des campanules dites « anglaises »

On est allé dîner chez des amis au village. Qu’est-ce qu’il est énervant d’être obligé à être aimable avec des gens qui ne valent pas l’effort ! La femme du couple est charmante, mais elle manque tout à fait le sens commun dans le choix de certains amis, dont une femme idiote républicaine accompagnée de deux de ses trois garçons, dont l’un était avec sa fiancée, avec qui on était à table. On n’y est pas resté trop longtemps. On y a appris des choses, quand même, à savoir que la fée des dents de lait new-yorkaise paie plus que celle qui bosse à la campagne, selon un jeune homme de huit ans.

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Des azélées

Aujourd’hui il fait beau, tout à fait comme il faut dans une station d’été. Je suis allé m’installer au bord de la piscine à terminer un bouquin de Gore Vidal tout en épiant le jeune homme, au torse nu et bronzé, qui tond la pelouse du voisin. Il fait toujours trop froid pour nager, à mon avis de couard frêle et frileux. Imperial America, un recueil d’essais, est tout à fait tonifiant. Il n’hésite pas à dire tout ce qu’il veut dans son style délicieusement ironique (je trouve que c’est pour cela, d’ailleurs, qu’on ne l’apprécie pas assez).

Ensuite j’ai commencé les Mémoires de Saint-Simon (extraits, édition Flammarion) — c’est un « blogger » né, celui-là.

mai 25, 2006

Fluxus

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Non, ce n'est pas l'église St-Ignace, mais un autre, protestant, un bloc plus au nord — mes excuses !

Ça y est, la maison est vendue. On a signé hier par fax « un compromis de vente ». Une époque se termine donc le 31 juillet, date applicable de l’acte de vente (c’est-à-dire le « closing date » pour ceux qui connaissent l’expression anglaise que j’ai du mal à traduire en français). C’est vrai que j’ai ressenti, en émargeant les feuilles télécopiées pour les renvoyer à l’agente immobilière, une certaine tristesse douce mais aussi profonde pour la fin définitive d’une époque familiale particulière. Tout est mouvement, comme l’a postulé Héraclite, le repos n’est qu’imaginé.

La soirée avec la fille de mon ami décédé s’est bien passée. Elle est venue d’abord chez nous, où l’on a vite bu toute une bouteille de sancerre avant d’en boire une autre avec le copain au restaurant Gusto (c’est là où travaille le maître d’hôtel monténégrin très sexy qui a fait semblant de me reconnaître et nous a donné une bonne table). C’est une sensation curieuse de se trouver dans une situation où l’on doit admettre à son interlocutrice qu’on a couché avec son père. On a bien mangé au restaurant, bondé, mais le couple de deux hommes à côté de nous ont dû signaler au serveur qu’il y avait des gouttes d’eau qui les tombaient dessus et qui venaient d’une lampe encastrée au plafond.

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On apporte le seau

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Le bar du restaurant Gusto

Les gouttes sont devenues flot, on a apporté un seau à vin pour attraper l’eau et puis on nous a invités à nous installer au bar, ce que l’on a fait sans plaindre. On s’est reparlé au téléphone le lendemain — elle était contente de m’avoir parlé de son père. On s’est promis de rester en contact.

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La longue façade du Musée métropolitain à New-York

J’ai eu le plaisir de participer à un mini-New-York Carnet avec l’auteur du carnet éminemment érudit et urbainDaily Blague au Musée métropolitain, où il m’avait gentiment invité à déjeuner au café de la Cour Petrie. En ce qui concerne le Met, il s’y connaît beaucoup plus que moi et en cicerone aussi charmant qu’avisé il m’a fait visiter le jardin de toit Cantor où il y avait une jolie exposition de l’artiste chinois Cai Guo-Qiang. Il y a aussi des vues extraordinaires sur le centre de Manhattan, dont voici quelques-unes (surexposées, parce que le soleil se trouvait en face de nous).

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La pièce « Transparent Monument » de Cai Guo-Qiang

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La ligne des toits au bout du Parc Central

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Les grands immeubles de luxe le long de la 5e avenue

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Move Along, Nothing to See Here — ou le Mangeur d'Architecture (au juste, le faux toit mansard créé par Philip Johnson)

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Détail de la sculpture intitulée Nontransparent Monument

Ce soir je pars pour la campagne et je serai accompagné d’une jeune poète nécessiteuse (ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’amie à la campagne qui me l’a dit en expliquant pourquoi il serait une Bonne Action de ma part de la faire venir chez elle ce grand week-end férié avec son chien, une Labrador, qui n’a pas le droit de voyager par train Amtrak et pour lequel elle n’a pas assez de sous pour la laisser dans un chenil — bon, elle habite toutefois dans l’avenue Madison entre les 78e et 79e rues, ce qui n’est pas — nomého — un quartier réputé défavorisé — mais comme je suis si gentil (ou si naïf), j’ai accepté de les amener avec moi. Le copain viendra demain soir par le train.

Aujourd’hui c’est le début de la Semaine de la Flotte à New-York. Cela veut dire qu’on verra des bandes de matelots effroyablement jeunes en train de découvrir quelques-unes des tentations de la grande ville.

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Encore du travail pour les avocats !

Youpi ! Les grands patrons d’Enron viennent d’être déclarés coupables par le jury texan ! Espérons que cela n’est qu’un début de procès intéressants.

mai 23, 2006

De veritatibus

Pour ne pas paraître un théoricien de la conspiration toquée, on se pose la question un peu en douce : qu’avez-vous pensé des vidéos de l’attaque du Pentagon ? Qu’avez-vous vu ? Hmm, moi non plus. Mais ça ne vaut pas la peine d’insister.

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Juste avant l'orage, en traversant la 6e avenue pour aller chercher du papier imprimante

Les manœuvres légales et politiques de l’administration Bush pour se protéger contre toute investigation de leurs actions dans l’affaire des écoutes « de légalité douteuse » et dans les cas de « transfèrement exceptionnel », et la lâche réaction des Démocrates, sont finalement épuisantes. Les Bushistes crient « raison d’état » devant tout ce qui pourrait révéler leurs crimes et comme ils dominent tous les trois éléments du gouvernement, il n’y a personne à les obliger à dire la vérité. En dépit des déclarations de Bush, personne non plus ne croit trop à un changement profond de la situation en Irak à la suite de la nomination d’un nouveau gouvernement « irakien ».

On est allé avec l’ami galeriste tester un nouveau restaurant de quartier la semaine dernière. Il s’appelle le Café La Palette et la cuisine est en principe franco-brésilienne mais en fait c’est plutôt brésilien tout court. Ils ont une petite terrasse ouverte en arrière de la salle principale avec des tables et des chaises en métal.

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En arrière du restaurant franco-brésilien La Palette au Village, avec notre serveur charmant Paolo en bas à droite

Il y avait un jeune serveur brésilien tout musclé et adorable au nom de Paulo avec qui l’ami galeriste a flirté sans honte mais avec beaucoup d’esprit. Selon lui, la terrasse lui rappelait les petits restaux du Village de sa jeunesse — sans prétention culinaire ou décorative, qui se trouvaient dans de simples immeubles de deux ou trois étages.

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On voit de la terrasse le derrière d'un immeuble résidentiel de la 11e rue ouest

Le copain et moi, nous sommes allés, accompagnés par l’amie marchande de l’art, à la campagne où il a fait beau pour la première fois dans de longues semaines.

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Une explosion de couleur chez ma mère — les azélées en fleur, plantes que l'amie écrivain (qui est aussi grande jardinière) trouve « affreusement vulgaires »

Samedi j’ai conduit l’amie marchande de l’art chez un artiste de sa connaissance qui avait déménagé de Tribeca il y a deux ans pour s’installer avec sa femme et ses trois enfants dans une très jolie maison au bord de la mer juste au nord de Newport, dans le Rhode-Island. Il est toujours intéressant de voir une carrière artistique qui a réussi — le sort d’un artiste est si imprévisible, et si influencé par des milliers de petites décisions dont on ne peut pas connaître à l'avance la portée future.

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Un côté de la maison de l'artiste

Après nous avoir accueillis dans sa grande maison il s’est un peu excusé d’avoir quitté New-York, où la famille avait habité à quelques pas du World Trade Center. Ses enfants vont à l’école (trois écoles privées différentes, en fait) à Providence et il garde toujours l’atelier à Tribeca. Il nous a fait monter au grenier, qu’il venait d’aménager en atelier de peinture, plein de tableaux d’affichage couverts d’images copiées, dessinées, photographiées, qui lui servent de « corbeille à thèmes » — un des tableaux est couvert d’images de nuages, un autre est plein d’images de profils humains et géologiques, et cetera. Il nous a enfin montré une étude de tableau qu’il fallait remettre à son marchand de tableaux le mardi suivant — le marchand l’exposera à l’Exposition d’art de Bâle qui commence, je crois, le 14 juin. L’artiste prépare en ce moment une exposition qui aura lieu à Londres en automne 2007 pour laquelle il faut sept ou huit « grands tableaux » (la taille de ses tableaux est souvent assez grande — son tableau célèbre, Le Triomphe de l’école de New-York (1984), mesure182,8 cm x 304,8 cm) qui seront vendus à des prix « élevés », c’est-à-dire dans les millions de dollars chacun. Souvent les artistes n’arrivent pas à s’exprimer sur ce qu’ils font, mais cet artiste-ci était à la fois modeste, un peu timide, et intellectuellement agile (ce mélange aussi rare qu’agréable, c’est peut-être là une des raisons de sa réussite ?) et il nous a offert une explication esthétique et politique (déformations logiques soutenues par Bush et cie, par exemple) de son nouveau tableau.

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L'entrée au restaurant Boom à la marina, avec un énorme bateau à vendre à droite

De retour chez nous, on est allé dîner avec un charmant vieil homme, genre aristo déchu qui n’éprouve pourtant aucune rancune pour son déclin matériel, qui nous a parlé de Venise dont il s’est engoué tout récemment et de son ancienne loge de francs-maçons new-yorkais St John’s, qui date de l’époque coloniale ! Il a peur qu’on lui retire son permis de conduire (« C’est ça que les vieillards craignent le plus, vous savez — c’est de ne plus pouvoir conduire — ce qui veut dire qu’on est bloqué chez soi. »)

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Une ancienne maison villageoise en bois peint

Dimanche matin il nous a fallu nous lever très tôt parce que l’agente immobilière allait faire visiter la maison à huit heures du matin ! Le copain est allé courir tandis que l’amie marchande de tableaux et moi, nous avons préféré lire les journaux de dimanche (l’amie adore le New York Post, que je ne peux pas sentir, mais bon…) dans un café en mangeant un petit déjeuner correct. Plus tard je suis allé au gymnase où j’ai croisé pour la deuxième fois Apollon déguisé en marine tatouée — un corps à couper le souffle, et à faire baver David Geffen (grand amateur de garçons sensibles payés à l'heure) et les autres chefs de la soi-disant mafia de velours — avant d’aller déjeuner avec notre coterie habituelle de douairières du village. Il nous a fallu faire un tour de quelques minutes à une fête d’anniversaire d’une amie restauratrice qui avait lieu dans un ancien hangar d’aéroport transformé en vignoble (non, je ne le comprends pas non plus) avant de rentrer à New-York par un temps de tempête.

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Piste d'atterrissage transformée en vignoble sous un ciel orageux

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On prépare le buffet

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En plat principal, on nous offre des hambourgeois, des francfortois, et du rosbif

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Les musiciens préparent à jouer mais on n'a pas pu rester

Aujourd’hui j’attends les contrats de vente de l’agente immobilière (typiquement, on a deux offres au même prix depuis ce matin) — il a été toute une histoire hier soir pour trouver le fil téléphonique correct derrière la bibliothèque dans mon bureau bordélique pour pouvoir reconnecter le fax — j’ai rendez-vous à midi et demi avec un autre carnetier new-yorkais et plus tard je prends un café avec la fille d’un ancien patron devenu ami qui cherche à « mieux connaître » son père, qui est mort il y a huit ans. Ça me pose pas mal de problèmes en effet. Jésus a dit : « La vérité vous libéra » (Jean 8:32) auquel un président américain a ajouté : « but first it will make you miserable. ». Son père n’était pas, comment dirai-je, « conventionnel » dans pas mal de domaines. Quelqu’un vient de lui en parler et maintenant elle cherche à en savoir plus sur « ce qu’était vraiment mon père. » L’amie marchande de tableaux me conseille le mensonge. « Denial is always the healthiest way » dit-elle. « Le déni, c’est toujours le plus sain ». Moi, personnellement, je ne sais pas — je l’aime bien, la fille (qui d’ailleurs est une actrice adulte) que je connais depuis des années — mais sa mère fait semblant, d’après ce qu’elle m’avait dit au téléphone, de ne rien savoir, ignorance que j’ai du mal à avaler. Voici un exemple tiré de ma vie à moi : mon père avait tenu un journal qu’une de mes sœurs a découvert après sa mort dans un tiroir dans son bureau à la clinique. En le feuilletant, elle a appris qu’il était tombé amoureux d’une jeune femme dont le nom était codé. Il n’est pas certain, d’après ce qu’a lu ma sœur, que cette affaire soit allée jusqu’à l’expression physique. De toute façon, elle a remis ce journal à ma mère qui, elle, l’a détruit sur-le-champ. Pas question pour elle de garder des témoignages personnels d’une vie vécue par son mari, notre père. Cette décision de ma sœur m’avait agacé plus que l’action de ma mère. « La vérité ne compte donc pour rien ? » je lui avais demandé. « Non, quand cela ne sert qu’à faire de la peine, non, la vérité n’est pas importante » elle m’a répondu. « Je l’aurais détruit aussi. »

En fin de compte, ça vaut quoi, la vérité ?

mai 18, 2006

Inventa

Je n’aime pas trop le hasard — les « surprise-parties » ne me réjouissent pas, par exemple — mais de temps en temps le hasard m’apporte des trouvailles intéressantes. Il y a deux jours j’ai fait une recherche sur Google de la phrase « Centre franco-khmer » — non, je ne sais pas trop pourquoi, il m’est venu à l’esprit comme ça — et en 7e position j’ai retrouvé un lien vers un carnet tenu par un professeur français en Chine. À Nankin, plus particulièrement. Ce carnet s’appelle « Nankin en douce » et il m’a fait perdre pas mal de minutes à fouiller agréablement dans ses archives.

De là je me suis trouvé devant cette vidéo hilaire sur Youtube qui s’appelle Back Dorm Boys grâce à un lien fourni par Liaowei à Shanghaï. C’est du Back Street Boys (auquel on a ajouté une voix de fille) aux parfums de rap chanté en chinois (à part un refrain en anglais — « I love you »), le tout interprété très gestuellement (habitudes de karaoké, peut-être) par deux jeunes Chinois. Tout le monde dans l’Occident a peur de l’avance économique spectaculaire des Chinois mais quand on voit une vidéo pareille, on comprend très vite que nous, pauvres Occidentaux, nous avons toujours des armes puissantes à nous — la musique pop mièvre et perfide ! (Je pense maintenant que ce clip est assez vieux — il date de décembre dernière en effet, mais cela me fait rire.)

Je suis passé ensuite à Istanbul, chez Du miel aux épices, qui nous offre des tranches de vie stambouliote qui m’ont fasciné. Des carnets à découvrir et à savourer.

mai 16, 2006

Bellum felix

Voici un terrorisme que je soutiendrais volontiers : le jardinage guérilla — vive la bombe aux graines explosée par les Guerrilla Gardeners of South London.

Il est toujours agréable d’avoir à traiter avec un avocat qui s’est froissé parce qu’on lui demande des justifications pour son devis de services à l’égard de la succession de ma mère. Et puis ce soir on dîne avec le plus grand client du copain et son ami à lui, médecin, que je ne connais pas. Je vais essayer de les bourrer d’amuse-gueule et d’alcool avant d’aller au restaurant du coin.

L’agente immobilière m’a téléphoné cet après-midi pour m’informer qu’on vient de nous faire une première offre pour la maison maternelle à la campagne. Le menuet immobilier commence donc.

Mon ancien collège au Nouveau-Hampshire a été complètement inondé. On a envoyé des photos assez impressionnantes aux anciens élèves. Il a plu encore aujourd’hui — une petite ville au nord de Boston a été inondée de 49,50 cm de pluie en trois jours !

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Trop d'eau

mai 14, 2006

Ad odea

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On va vers la billetterie TKTS dans la place du Temps

Le copain s’est réveillé très tôt ce matin afin de se rendre à temps au Parc central où il a participé à une course à pied de 5 km (presque un sprint) organisée par le Club de coureurs à pied de New-York sous l’égide d’une association de femmes (la Junior League, difficile à traduire, et pour le nom et pour le concept) en faveur du mouvement contre la violence domestique — qu’est-ce qu’il est politiquement correct, le copain !

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Dans la place du Temps

Moi j’ai préféré languir au lit pour quelques heures supplémentaires avant d’aller à ma nouvelle salle de sport Equinox qui se trouve tout proche de chez nous dans l’avenue Greenwich. Par comparaison avec le New York Sports Club c’est le grand luxe, et en ce qui concerne la clientèle, il y a beaucoup plus de femmes et de garçons aussi sensibles que musclés de 23 à 45 ans que dans l’autre gymnase dans la 7e avenue. Je ne connais pas le vestiaire du NYSC mais à Equinox, c’est la foire aux slips signés Polo Ralph Lauren et 2xist. Sans parler des coûteuses crèmes et lotions qu’on se met un peu partout. N’importe, le changement je crois me fera du bien.

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La place du Temps, au numéro 1

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Le « vacher nu », attraction touristique célèbre — et il faisait frais cet après-midi

Comme je me suis tellement plu à me retrouver après une absence trop longue dans l’ambiance intime d’un théâtre le jeudi soir dernier, j’ai proposé au copain, assis devant l’écran d’ordinateur à effectuer des quêtes, d’aller à la billetterie à moitié prix TKTS dans la place du Temps (qui se trouve depuis deux semaines dans l’hôtel Marriott Marquis — on va rénover le local de la place du Père Duffy) pour acheter des billets de matinée (à quinze heures le dimanche).

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L'extérieur du théâtre Palace

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Le rideau du théâtre à l'image de Lestat

On y est donc allé et l’on a acheté des billets pour le spectacle musical Lestat, musique d’Elton John, paroles de Bernie Taupin et un texte débile d’une scénariste hollywoodienne. Le Palace est un théâtre merveilleux bâti en 1913, sur la scène duquel on a vu Judy Garland et Sarah Bernhardt. Malheureusement, Lestat est une atrocité, et tellement que c’est presque « camp ». Il y a un sous-texte homosexuel qui est tout à fait idiot — le pire c’est que les artistes étaient plutôt bien, avec de belles voix utilisées à des fins péniblement médiocres. Mais bon, il était agréable de se retrouver dans l’obscurité d’un théâtre.

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Le rayon fromages dans le marché du côté ouest dans la 7e avenue à la 15e rue, où l'on a acheté de quoi faire un petit dîner à domicile

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Les ambulances rangées devant les urgences de l'hôpital St-Vincent dans la 7e avenue

mai 13, 2006

Moveamus

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Avenue du Parc en fin de journée, en route vers l'appartement de l'amie partenaire en course qui nous a accompagnés au gala

On s’est bien marré à l’Apollo et au gala de la compagnie de ballet Alvin Ailey — les danseurs étaient beaux et pleins de talent. Après le court spectacle, on est allé dîner sous une énorme tente décorée un peu en discothèque des années 70. Les artistes nous ont rejoints — ils sont si jeunes, ce n’est pas possible ! — et ils étaient tous et toutes adorables. Je suis, je l’avoue, très fier que New-York puisse soutenir tant de compagnies de ballet et d’autres institutions culturelles exceptionnelles, car ici ce n’est pas l’état, c’est le public qui paie et qui finance les arts.

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À la descente du taxi dans la 125e rue ouest

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L'enseigne en néon du théâtre célèbre

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L'intérieur du théâtre a été rénové tout récemment

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C'est impressionnant combien on peut transformer un parking, non ?

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La piste de danse — hé oui, j'adore ce décor excessif

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La foule

Aujourd’hui on est allé voir l’exposition de sculptures de David Smith au musée Guggenheim — en principe il n’est pas conseillé d’aller dans les musées le week-end, quand ils sont bourrés de touristes, mais comme l’expo prenait fin demain, il fallait faire vite. Une expo intéressante qui va passer à Paris, je crois.

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Une scène typiquement newyorkaise — on ne bouge pas dans un embouteillage de taxis devant la gare de Pennsylvanie dans la 8e avenue

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La verrière centrale du musée Guggenheim

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Une sculpture de David Smith installée au rez-de-chaussée du musée (il est interdit de prendre des photos aux étages supérieurs

On est ensuite descendu la 5e avenue jusqu'à la 79e rue est.

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Exemple typique de l'immeuble résidentiel de luxe dit « d'avant-guerre » de la 5e avenue — celui-ci est au numéro 1020 et se trouve juste devant le musée Métropolitain

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Parmi les tours se trouve l'hôtel particulier qui appartient à la Société irlandaise historique

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Après une courte escale au bureau du copain on essaie de trouver un taxi devant son immeuble — pas moyen ! On a continué donc à pied

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On traverse la place du Héraut

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On traverse la 7e avenue juste à côté de l'arène du Jardin du Place Madison — oh, ça va faire gémir certains, je sais

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Bel exemple d'un certain style d'architecture new-yorkais — le grand hôtel, aujourd'hui un peu délabré, de l'hôtel New Yorker dans la 8e avenue

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Un petit marché-foire dans la 23e rue ouest entre les 7e et 8e avenues

Le copain a voulu ensuite passer chez un client ami pour installer et arranger un serveur je-ne-sais-plus-quoi. Il habite un petit trois-pièces à Chelsea, au quatrième étage (pas d’ascenseur), et il y avait chez lui deux petits chiens dont l’un appartenait à une amie qui habite au deuxième étage pour qui il faisait le « dogsitting » pour l'après-midi et l’autre était un chien qu’il avait été remis en tant que « propriétaire temporaire d’accueil » pour une femme abusée qui était logée avec sa famille dans un foyer où l’on n’accepte pas les animaux de compagnie. (Tout cela est organisé par l’Alliance de la Mairie pour les animaux de la ville de New-York et c’est quand même super gentil comme bonne action, non ? ) Les deux bêtes étaient adorables — quel plaisir de jouer avec eux pendant une bonne heure. En voici quelques photos.

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Couloir typique d'immeuble résidentiel à New-York

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La baignoire se trouve toujours à côté de la cuisine à cause de la canalisation ancienne et en vue du salon

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Vue d'un salon qui appartient à un jeune graphiste homo qui bosse dur sans gagner beaucoup d'argent

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Les enfants

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Confortablement installé sur l'oreiller dans la chambre à coucher

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Le jouet préféré

Après toutes ces mondanités, j’hésite à évoquer tout ce qui se passe ici autour des questions sérieuses soulevées par le dévoilement récent des écoutes enregistrées sans autorisation aucune par l’agence nationale de la sécurité (NSA). Reste à voir comment tout cela va http://www.alternet.org/story/30387 se dérouler la semaine prochaine. J’ai lu un long commentaire assez inquiétant sur le site de Moon of Alabama (qui sert un peu d’hébergeur de commentaires aux billets du carnet Whisky Bar de Billmon) qui s’appelle « Rocket Summer » ou l'Été des fusées.

Leçon de vocabulaire : « iceback » — immigré canadien illégal, entendu pour la première fois lors de l’émission The Daily Show, calque ironique du terme « wetback » — celui dont le dos est mouillé en traversant (illégalement) le Rio Grande à la frontière mexicaine. Cela va sans dire qu’on ne voit aucune horde canadienne avide d’envahir le doux paysage du Vermont.

mai 10, 2006

Miscellanea

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Une réception dans le jardin du musée Cooper-Hewitt dans la 5e avenue

Où il est montré combien il est difficile de réaliser une interview à Toronto.

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L'entrée du Musée Juif

Leçon de vocabulaire technique assez spécialisé : « itis », abrègement de « niggeritis », qui signifierait l’état comateux qui suit l’ingestion d’une quantité importante d’alimentation. Mon entraîneur s’en est servi ce matin et j’ai dû lui demander ce que le mot voulait dire. C’est de l’argot populaire des ghettos et ce serait plutôt déroutant d’entendre la version « entière » dans la bouche d’un non-noir.

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Sur la mezzanine du restaurant

Après le vernissage d’hier soir on est allé dîner dans un restaurant français du quartier de la Colline de Carnegie (ou Greenwich-Sud) qui s’appelle le Bistro du Nord. Pas extraordinaire, malheureusement. Mais on a eu deux bouteilles d’un Pouilly-Fuissé délicieux !

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Vue du balcon de la mezzanine

Demain c’est le gala de printemps de la compagnie de ballet Alvin Ailey qui aura lieu au célèbre théâtre Apollo. C’est un ami qui travaille à la galerie Paula Cooper qui nous a invités à participer à ce gala, il est préparateur d’art consciencieux (tous les artistes l’adorent) et balletomane.

mai 09, 2006

De artibus

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L'entrée du Drawing Center à Soho

Les derniers jours n’ont pas été propices à la brillance carnetière — des histoires domestiques (et bien non, il n’est pas toujours gai de vivre en couple), quelques petits drames familiaux,de menues exaspérations. Dimanche on est rentré tôt de la campagne à Manhattan afin de passer au vernissage privé des dessins d’Eva Hesse qu’on expose au Drawing Center à Soho. Très jolie exposition.

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Dans la rue Wooster, à Soho

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Devant l'hôtel 60 Thompson à Soho

Accompagné de l’amie marchande de tableaux, très en forme et toujours confidente attentive, je suis allé à la réception qui a eu lieu dans le bar élégant de l’hôtel 60 Thompson, nouvel hôtel « boutique » branché à Soho avec un site Internet excessivement prétentieux— est-ce tautologique de parler d’un excès de prétention ? — après quoi on a rejoint l’ami galeriste, venu de chez sa mère dans le comté de Westchester qui a insisté à ce qu’on aille manger avec lui dans un restaurant italien tout proche où il adore celui qui reçoit les clients, un beau Monténégrin qui s’appelle Ortan. A Gusto, donc, on nous trouve de la place sur le trottoir/terrasse et l’on mange très bien. Notre jeune serveuse était de Turin (« Bah, les jeux Olympiques, c’étaient pour des étrangers riches » elle nous a dit).

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Dans le bar du 1er étage de l'hôtel 60 Thompson

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Un hôtel particulier dans la rue Grove, juste devant chez l'amie marchande de tableaux

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Le restaurant italien Gusto, jusqu'au bout de la rue Perry, dans l'avenue de Greenwich

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L'intérieur du restaurant Gusto

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Des garçons sensibles, et musclés, sur la terrasse près de nous (sensibles, bien sûr, mais pas musclés, hélas)

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Quelquefois il faut boire — et l'on a donc bu chez Shag, au nº 11 de la place d'Abingdon — la clarté parfaite peut être nuisible à la santé (morale et autre)

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Un tête-à-tête charmant refleté dans les glaces

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Mais comme je ne faisais pas attention, je les ai embêtés avec le flash

Ce soir on prolonge la fête Eva Hesse avec le vernissage de l’exposition de sa sculpture au Musée juif.

Un site qui allèche : Les canapés répugnants : courtes histoires à base de canapés hideux. C'est bien une merveille, l'Internet !

mai 05, 2006

Misericordia

J’étais bien content d’apprendre la décision du jury dans le procès Moussaoui de ne pas lui donner la peine de mort. Le carnetier Billmon en est beaucoup plus éloquent que moi, quand il parle de « whatever is left of America’s soul » — ou ce qu’il reste de l’âme de l’Amérique — dans son billet intitulé « The Quality of Mercy », début d’un discours célèbre de la pièce de Shakespeare « Le Marchand de Venise ». En voici une citation qui m’a impressionné :

« A measure of justice for one would-be hijacker isn't much to weigh against the slaughter of the innocents in Iraq, the illegal kidnappings, the secret prisons, the torture, the lies. But it's something. If nothing else, it demonstrates that we, as a people, are still better than those who fly jetliners into buildings or behead innocent civilians on videotape, so their families can watch, or who blow up the sacred shrines of others in the name of their own demented brand of religion. We're even still better than our semi-elected leaders. »

J’ai appris aujourd'hui au gymnase de la démission-surprise du chef de la CIA — le CNN n’a pas, d’après ce qu’on dit, voulu aborder les bruits que Goss avait assisté à des soirées de poker et de putes organisées dans l’hôtel Watergate (encore là !) auxquelles l’homme numéro 3 dans l’agence, grand ami de Goss, avait participé, mais la MSNBC en a parlé. On dément tout, bien sûr, mais même sur la MSNBC on s’est étonné du manque de préparation dont la Maison blanche a fait preuve cet après-midi, où personne n’a de véritables explications et il n’y a pas de nom de remplaçant. On accuse Goss, ancien représentant républicain, d’avoir politisé l’agence pour permettre à Bush de mentir plus facilement sur n’importe quel fait d’intelligence.

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La cour extérieure d'un immeuble industriel réaménagé en grands appartements

La fête d’hier soir s’est bien passée. On a commencé avec des apéritifs dans un grand appartement dans la rue Greenwich et de là on est allé à la rue Jane, où l’on a dîné dans le jardin d’une maison particulière très jolie.

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On continue vers la rue Jane en traversant la 12 rue ouest, au crépuscule

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Les tables sont dressées dans le jardin derrière la maison dans la rue Jane

Je me suis assis à une table pleine de jeunes cadres politiques de l’administration de la ville de New-York et je m’imaginais presque dans un épisode du West Wing à écouter la conversation méchante et drôle sur un tas de personnes dont je ne reconnaissais que quelques noms.

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Du champagne, des petits gâteaux et des fraises au chocolat dans un loft dans la rue Lafayette

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La présentatrice élégante

Le dessert a été servi dans le loft d’un ami où l’on a eu droit à un petit show présenté par un travesti à l’accent du sud (c’est presque traditionnel, ça) avec la participation du groupe culte new-yorkais les « Duelling Bankheads » qui font du cabaret habillés tous les deux comme l’actrice culte Tallulah Bankhead, célèbre pour les ripostes étincelantes qu’elle aimait lancer. J’ai toujours apprécié cet échange qu’on lui attribue :

Un journaliste lui demande vulgairement « Is Montgomery Clift a cocksucker ? »
Mlle Bankhead lui répond « I have no idea. He’s never sucked my cock. » Génial, non!

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On écoute attentivement

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Les « Duelling Bankheads » en train de chanter une chanson plutôt trivial, grossier même

On est rentré à pied de Soho — le copain, un peu saoûl, a voulu manger une glace et il a donc fait escale à cette boutique de glace diététique tout à fait artificielle et dégueu.

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Un graffito provocateur sur le derrière d'un frigo abandonné

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Il ne faut pas manger ici — ce n'est ni bon ni sain

Ce soir, on va à la campagne — là il y a eu des histoires de souris et il faut que j’en parle avec le gardien. C’est l’agente immobilière qui s’en est plainte à moi.

mai 04, 2006

Matres

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« Le phare de New-York » qui avait, le 1er mai, soixante-quinze ans

La maternité est pour moi, je l’avoue sans gêne, un énorme mystère — et c’est précisément pour cette raison que j’apprécie les carnets de mères comme ceux tenus avec tant de grâce et d’intelligence par la Veuve Tarquine et Sophie. Je ne signalerai que ces deux billets — l’un de la Veuve Tarquine et l’autre de Sophie — parmi la multitude qui méritent d’être lus et relus, pour le plaisir des vives émotions profondément ressenties qu’on y retrouvera autant que pour l’instruction qui élève et rend moins bête.

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L'avenue Madison à l'angle de la 33e rue est

J’ai déjeuné « en ville » avec ma sœur et le copain aujourd’hui — chose rarissime, puisqu’elle habite la campagne et, en principe, a toujours détesté Manhattan (cela diminue un peu, peut-être). On est allé à un restaurant français où le copain est en train de devenir une célébrité.

Ce soir on participe à une sorte de dîner ambulant pour lever des fonds pour une petite compagnie de théâtre — on a les apéritifs chez quelqu’un, on dîne chez quelqu’un d’autre, et on a le dessert dans un loft à Soho, chez un membre du conseil d’administration de la compagnie — un ami à nous à cause de qui on avait accepté l’invitation !

mai 02, 2006

Veritas audax

La controverse sur le discours prononcé samedi soir par Stephen Colbert devant Bush et la presse washingtonienne continue à monter — par Internet, et non pas par les moyens usuels de la presse écrite. Le New York Times, par exemple, n’en a pas dit mot — manque qui a lui-même suscité pas mal de commentaires. La presse de Washington, présente dans la salle, n’a pas apprécié les remarques ironiques qui leur ont été lancées, tandis que les carnetiers politiques tels Dan Froomkin ont trouvé que Colbert a bien visé et Bush et une presse pitoyablement complaisante et éblouie par le pouvoir. De toute façon, on a très vite ouvert un site pour remercier M. Colbert de son courage. Il s’appelle Thank you Stephen Colbert.

La cote d'approbation de Bush continue à tomber — il est aujourd’hui à 33 pour cent.

mai 01, 2006

De civitate

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Plein de drapeaux brandis par les manifestants pro-immigrés

À New-York il faisait un temps idéal pour une manifestation. Celle qui a eu lieu aujourd'hui à la place de l’Union à Manhattan n’a probablement pas été la plus grande de la ville, où il y avait de grandes manifestations dans d’autres arrondissements, comme par exemple à Queens. Mais il faut noter aussi qu’une manifestation qui manque de place (la place de l'Union est trop petite pour une grande assemblée) et qui n’a pas de « but », même symbolique, présente moins d’attraction. On n’arrivait pas à suivre les discours, la foule brandissait des drapeaux de beaucoup de pays, dont la plupart étaient sud-américaines, et l’on nous offrait des exemplaires de publications « révolutionnaires ».

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Deux téléjournalistes se préparent pour leurs reportages sur la manifestation — celle de l'Univision à gauche, et celle de Fox (succursale locale) à droite

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Écriteau collé à la porte d'un café fermé: « Par solidarité avec nos frères et sœurs latinos le Café Condesa sera fermé aujourd'hui. Nous attendons avec plaisir la possibilité de vous servir demain ».

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En route vers la manif, je traverse la 5e avenue

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Il y a du monde aux environs de la place de l'Union

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L'accès à la place n'est pas facile

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Un caméraman debout sur le toit d'une camionnette appartenant à une station de télé

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Une bande de manifestants circule parmi les foules

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Il y avait du monde

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Et des banderoles...

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Et, comme toujours, un contrarien qui résiste aux mouvements populaires branchés — il fait le robot sans que personne ne le regarde (à part moi, bien sûr)

Hier soir l’amie marchande de tableaux m’a accompagné à un dîner à Williston Oriental, agréable ville de banlieue qui se trouve sur l’Île Longue, dans le comté de Nassau.

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L'amie marchande de tableaux a insisté pour que l'on prenne un taxi pour nous rendre à la gare de Pennsylvanie

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Notre train a dû s'arrêter à cause d'un feu de brousse sur les rails ! L'ami galeriste est venu nous chercher en voiture

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Tout est beau dans la banlieue

On a parlé art et politique et l’on est rentré à Manhattan par un train de banlieue. Revenu à la maison, j’ai retrouvé le copain en train de jouer au Monde de l’art de la guerre. Il était tout content.