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juin 30, 2006

Festa

Je pars demain matin pour l’île du Feu. C’est l’ami galeriste qui nous a invités à passer le long week-end de la fête du 4 juillet chez lui dans la petite communauté de l’Île d’Eau. Le copain nous rejoindra le soir par le train de banlieue. L’ami galeriste, son superbe copain berlinois (qui est jeune, charmant, tout à fait baraqué et qui ne boit pas ! c’est énervant, non, tellement il nous est supérieur) et moi, nous y allons en voiture afin de pouvoir acheter tout ce qu’il nous faudra pour notre séjour dans les grandes surfaces de l’Île Longue puisqu’il n’y a pas de magasins à l’Île d’Eau. Je ne sais pas s’il y aura l’occasion de publier des billets depuis ce bout de terre — l’ami galeriste n’a pas de ligne téléphonique, il ne se sert que de son portable, donc même pas moyen de commander du ADSL pour une période d’essai. Il y a du wifi gratuit dans un café aux Pins, mais cela se trouve à au moins 50 minutes de marche à pied sur le sable de là où nous serons. Ce sera peut–être possible de piquer de la bande passante venant d’une maison voisine, mais je ne sais pas. Donc, Sale bête connaîtra le silence radio à partir de demain mais je vais prendre plein de photos (gnangnan ou vicieuses ou les deux, selon…)

Tout le monde (c’est-à-dire, tout Américain qui n’est pas complètement sous le charme maléfique de Bush et cie) s’est réjoui à la nouvelle de la décision prise par la Cour suprême sur le cas des prisonniers incarcérés à Guantanamo. Enfin, Bush reçoit une bonne claque !

En ce qui concerne les récents « événements » au Gaza, on en parle nettement moins. Pas un billet récent à la une chez dKos, aucune mention chez Atrios. La « punition collective » ne vaut que bien peu de commentaires chez nos politiques. A la Moon of Alabama par contre on en parle. Je pense qu’on en reparlera plus tard ailleurs.

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Devant la Sazerac House dans la rue Hudson

On est allé dîner avec l’amie marchande de tableaux et l’ami ex-Marine à la Sazerac House. Après on est allé à une sorte de brasserie faussement allemande qui s’appelle le Lederhosen dans la rue du Bosquet (Grove Street, pour les nouveaux arrivés).

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On est entouré des Alpes au Lederhosen

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Il n'est pas obligatoire de porter des caleçons, évidemment

Après une bière blanche rafraîchissante, un bref passage au Monster (le bar gai le plus démodé de New-York), où le copain a chassé du comptoir deux stewards de la Lufthansa en leur demandant des détails sur les conditions de retraite, d’épargne etc. Non, je sais, ce n’est pas le summum de la séduction mais il est beau gars. On est allé ensuite au Duplex, où le barman s’est moqué tout gentiment de la fascination un peu curieuse du copain pour, comment dirai-je, les détails financiers somme toute personnels. Mais bon, c’est l’effet de l’alcool, je sais.

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Devant l'entrée du Duplex dans la rue Christopher

Il faut que je fasse mes valises. On part tôt.

juin 27, 2006

De quæstione Philadelphiæ

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On enlève les barricades dans la rue Christopher le lundi après la marche des Fiertés gaies

Mariapia en a parlé avant moi. En fait, qui dit « je pense déménager à Philadelphie » dit « je ne peux plus supporter la montée insensée des prix de l’immobilier à New-York ». Pour ceux qui n’ont pas les portefeuilles bourrés de fric gagné en investissant chez un « hedge fund » fermé au public, la vie à New-York est plutôt chère. Le prix moyen d’un appartement à Manhattan est « tombé » du mois d’avril au mois de mai, à 1.149.211 $, soit 916,036 € au taux d’aujourd’hui. Il y a bien sûr les quatre autres arrondissements, ceux qui se trouvent au-delà des ponts et des tunnels qui les relient à Manhattan, mais New-York est plus Paris que Londres, où l’on peut toujours habiter une banlieue assez éloignée de la City ou de Westminster (à Wandsworth, Richmond ou Bromley, par exemple) — comme à Paris, habiter au Westchester ou dans l’Île Longue, c’est comme habiter à Versailles ou à Saint-Germain (ou dans la Seine-Saint-Denis), cela n’a rien à voir avec la vie qu’on aura en habitant tout près du boulevard St-Germain ou dans le 20e arrondissement. C’est pareil ici à New-York, où Manhattan, c’est le 75.

La ville de Philadelphie est un peu un endroit oublié — ça va faire gueuler les Philadelphiens, sûrement, et ils sont 1.5 millions à habiter dans la ville même, et le Grand Philadelphie compte 5.743.000 d’habitants — mais Philadelphie n’a toujours pas développé une spécialisation urbaine cohérente — Boston, c’est les universités, à New-York, c’est les médias, les arts et la finance, Los-Angeles, c’est le cinéma, Miami, c’est les Latinos aux tropiques, San-Francisco, c’est la qualité de vie dans un environnement exceptionnel, Seattle, c’est Microsoft (et la pluie), Washington, c’est le gouvernement, et ainsi de suite. Mais pour Philadelphie, il n’y a rien de très marquant, à part un rôle prestigieux dans les débuts de la république américaine. Mais tout ça, c’est le passé. En ce qui concerne le présent, il manque à Philadelphie une idée, disons-le, directrice. Ça propose quoi, en fait, Philadelphie ? On n’en sait absolument rien.

Sans attrait particulier, trop proche, à seulement 1h20 par train, de New-York, qui semble vampiriser la métropole pennsylvanienne, Philadelphie n’a pas subi les pressions immobilières de la mode branchée — les lofts de Soho, les quartiers bohèmes de Brooklyn — car il n’y a rien de très branché à Philadelphie. On n’y aime pas tellement la mode — c’est la vieille fille anglaise qui méprise les frivolités stériles des Parisiennes. À Philadelphie, comme à Boston avec ces Brahmins, il reste encore une aristocratie anglo-américaine discrète qui, d’une façon plus ou moins évidente, gère les affaires municipales — à New-York, par contre, cette aristocratie de souche a été depuis longtemps balayée par une nouvelle promotion d’arrivistes, financiers et autres, venus de partout dans le monde qui s’y est établie en classe dominante. L’un des aspects les plus attirants de New-York pour les autres c’est la méritocratie qui y fonctionne plus ou moins bien (avec certaines exceptions, bien sûr !) Mais c’est cette même méritocratie qui mène souvent à des excès de vulgarité et de consommation bouffonne qu’on voit moins souvent ailleurs, sauf bien sûr au Texas, à Los-Angeles et à Las-Vegas. À Philadelphie, il n’y a rien de tout ça — il y a plein de riches, pourtant, mais les Philadelphiens riches n’aiment pas qu’on le sache. Ils sont conservateurs — le nouveau, c’est suspect. Ils ne cherchent pas l’approbation publique de leurs goûts esthétiques ou de l’étalage de leurs possessions. Mais il faut absolument un peu de « m'as-tu-vuisme », aussi débile qu'il soit, dans la société si l’on espère encourager les artistes à trouver du nouveau. Il faut un marché, même restreint, pour ce qui n’est pas « comme il faut ». Et c’est cela qui manque à Philadelphie. C’est pourquoi il n’y a pas de galeries qui exposent des œuvres innovatrices, ou de théâtres qui montent des pièces immanquables, ou de salles de concert où l’on entendra une musique originale ou de maisons d’édition où l’on publie des livres remarquables. Et c’est pourquoi il est moins cher d’habiter Philadelphie.

Ce n’est pas dire que l’idée ne m’ait jamais tenté d’aller déménager à Philadelphie — on peut louer un joli deux-pièces en centre ville dans le quartier gai (dont les frontières sont assez floues) aux environs de 1000 $ par mois. C'est pareil pour les maisons de banlieue, qui coûtent souvent moins que la moitié de celles qu'on trouve aux alentours de New-York. Le coût de la vie à Philadelphie est bien inférieur à ceux qu’on trouve à San-Francisco, à Boston et à New-York. En plus, la plupart des habitants ne souffrent pas de toutes ces névroses d’ambitions frustrées ou tout simplement ratées à jamais qu’on rencontre si souvent à Manhattan. A Philadelphie, cela ne vaut pas la peine de s’imaginer quelqu’un d’important.

Il y a du bon dans tout cela, c’est vrai. Si l’on avait beaucoup de confiance en soi, comme artiste ou écrivain ou financier, si l’on n’avait aucun besoin de rassurement de la part d’autrui, on pouvait mener une vie excellente à Philadelphie (avec 7 vols Air France Paris-Philadelphie par semaine). À vous de choisir !

juin 25, 2006

Decursus

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En route vers le métro, la rue Christopher est vide à 10h30

On nous avait prévenus de nous rendre à l’angle de la Cinquième Avenue et de la 53e rue à 10h45 — en bons homos, on était un peu en retard, mais en fait il n’avait pas grande préparation à faire — il fallait mettre un ticheurte rose sur le dos (mais ce n’était pas la première fois que je me sois déshabillé dans la 5e avenue) avec un choix de slogans : PEACE It’s about time et MARRY ME It’s about time. Moi, j’ai choisi la paix, le copain le mariage. Et puis a commencé la pluie — assez forte à un certain moment.

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La portique de la cathédrale St-Patrick

L’ordre est traditionnel — la marche s’ouvre par une garde d’honneur, suivie d’une « brigade » de « gouines à motos ». Aujourd’hui les gouines ont été suivies d’un groupe de motocyclistes québécois. Et puis c’est notre tour (et malheureusement, pas sur le char, qui ne portait que la sono — avec le maire Bloomberg, la présidente du conseil municipal Christine Quinn, et le restaurateur d’origine française Florent Morellet, qui milite depuis des décennies pour les droits de l’homme. La pluie a cessé peu de temps après et l’on a continué notre descente de la Cinquième avenue vers le Village. Voici quelques photos.

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Les ballons multicolores

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On s'appête les chars dans les rues avoisinantes

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La presse y est

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Une 5e avenue grise, quelques minutes avant la pluie

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On porte nos ticheurtes roses — le copain trouvait « adorable » le jeune barbu sur la gauche

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C'est rare que c'est aussi vide !

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Les gouines à motos arrivent

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Des motocyclistes québécois dans la 5e avenue

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On se trouve tout d'un coup à quelques pas du maire — on est devant la Bibliothèque publique — il a continué à défiler jusqu'à la 14e rue

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Comme au Québec, on se souvient

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Ceux qui nous suivaient — et quelques centaines de milliers de plus

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Des spectateurs nous accueillent

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Même sans la pluie, il faisait lourd

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Du monde sur l'escalier de sécurité dans la 8e rue ouest

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Rentré au Village, nous voici de nouveau dans la rue Christopher

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Le type à gauche interviewait le type en maillot rose avec une équipe de caméramen à droite

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La foule dans la rue Christopher — ce type-là à gauche (l'interviewer) était aussi un danseur de talent

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Sur les toits

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Et la fête n'avait que commencé

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Mlle Christine Quinn à la fin de la marche — je suis certain qu'elle sera maire de New-York

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La foire aux choses inutiles, politiquement correctes et cheaps

La Clinton nous a rejoints à la 23e rue — et il y avait ensuite une invasion d'agents du Service secret et de Hillarybots qui ont essayé de s'emparer du défilé en brandissant des affiches politiques. Elle nous a quittés à la 8e rue.

juin 24, 2006

De artibus canibusque Philadelphiæ

De retour de Philadelphie, où l’on a assisté vendredi soir au vernissage des tableaux du Maine d’Alex Katz et, peut-être plus important, où l’on a fait dimanche matin une visite chez le berger islandais Boswell. Avec un passage à un bar et à un restaurant en entr’acte. Cet après-midi, la pluie a commencé — on nous prévoit un week-end plutôt pluvieux. Voici quelques photos.

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L'hôtel de ville de Philadelphie, tout près de l'expo

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Le bâtiment principal de l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie

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L'artiste Alex Katz, en veste beige et chemise noire, à la réception pour son expo

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Au bar

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À l'entrée de l'exposition

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L'artiste dit quelques mots dans les galeries

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L'un des tableaux

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Un autre

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Dans les galeries

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L'artiste parle aux invités devant un tableau des gens qui parlent entre eux

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À l'extérieur du restaurant Fork dans la rue du Marché — il faisait bien trop chaud et trop humide pour s'asseoir dehors

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Au bar-restaurant Patou, à deux pas du restaurant Fork, dans la rue du Marché, où l'on a dégusté des cosmos au Grey Goose

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Patou dans l'autre sens (vers la rue)

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La table dressée pour le petit déjeuner chez la mère de Boswell, le berger islandais

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Boswell à mes pieds (sans les yeux verts, bien sûr)

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Boswell sur l'herbe

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Son « frère » Stewart le Labrador doré, qui aboie pour son maître rentré dans la maison pour conduire ensuite le garçon aîné à sa leçon d'escrime en ville

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Boswell, aux « pieds chauds », se les rafraîchissit dans la petite piscine

juin 22, 2006

Mentiri et mori

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Au comptoir du restaurant Giorgione 508

Dans cette ère avilie où les gens n’arrivent plus à comprendre que de débiles slogans, les républicains, qui sont, je l’avoue, très forts dans ce genre de communication facile et trompeuse, se servent de « Cut and run » pour accuser les démocrates d’un « défaitisme » lâche et honteux. C’est pourquoi mon attention a été retirée par un commentaire lu chez le site dailyKos : « Lie and die » — la phrase est courte et ça rime — pourrait permettre aux démocrates, plutôt maladroits dans ces affaires de propagande, de répondre avec une incision acerbe en soulignant l’origine et les résultats de l’intervention illégale de Bush en Irak. D’autres ont suggéré « CUT the crap and RUN the country ». (J’ai appris plus tard que « lie and die » est sorti de la bouche de John Kerry — enfin!)

On trouve souvent d’intéressants points de vue, révélateurs, dans les commentaires, comme celui-ci sur les raisons pour lesquelles les démocrates persistent à perdre les élections (le billet du Washington Monthly déplorait la torture d’Abou Zubaïdah décrite dans le nouveau livre de Ron Suskind). Le commentateur a remarque assez acidement : « This is why you losers lose! You want to be right, while a near majority (+Diebold) just want to feel macho and potent! » Ouf!

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Le restaurant à la sortie

On est descendu au Soho du sud pour dîner au Giorgione 508 (encore une fois) avec l’ami galeriste et le mari de la partenaire en course, qui est à Londres. Un dîner très amusant — la maîtresse d’hôtel est ancienne Playboy Bunny et elle est charmante. C'est dommage qu'on n'habite pas plus près.

Demain on va à Philadelphie avec l’amie marchande de tableaux — c’est moi qui conduis — pour le vernissage d’une exposition de tableaux d’Alex Katz à l’Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie. L’amie marchande de tableaux y a été invité par l’artiste lui-même. Moi, je l’accompagne en subordonné. Ma sœur et mon gendre viendront avec nous, et l’on ira dîner « en ville » après. Le week-end s’annonce mauvais — des orages le dimanche de la marche. On verra.

juin 21, 2006

Gallica

L’influence française se manifeste aux États-Unis de façons souvent très diverses et même assez complexes — en voici un dernier exemple : le grand distributeur Target, que certains se sont amusés depuis longtemps à prononcer à la française, pour se moquer un peu des prétentions de « branchitude » de cette grande surface (vêtements d’Isaac Mizrahi, objets de Michael Graves, etc.) et pour souligner à la fois son côté chic. D’après l’article dans le Washington Post, les responsables de Target ont décidé à ouvrir une nouvelle collection qui s’appelle « Targèt Couture » — oui, oui, avec cet accent grave sur le « e » pour faire plus « français » et donc plus chic. Car pour l’Américain moyen, tout accent fait chic (même si bizarre, comme dans le cas du tréma de la glace Häagen Daz, dont la réussite commerciale a été rapide et impressionnante).

Le petit journal est un journal francophone en ligne avec plusieurs éditions locales, dont une nouvelle qui vient d’ouvrir au Caire. Je viens de le découvrir. Je ne sais pas si cela aura de l'intérêt pour qui que ce soit mais je trouve que c'est un effort admirable de diffusion du français hors de la francophonie.

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Le restaurant du coin ensoleillé, quelques heures avant l'heure du dîner

Les mauvaises nouvelles continuent à nous arriver de Bagdad — les morts de deux soldats américains revendiquées par le nouveau chef d’al-Qaïda en Irak et l’assassinat d’un des avocats de Saddam Hussein par la police irakienne. Le pays est consterné par les inculpations de meurtre de plusieurs soldats américains — une certaine partie de la population, assez grande, n’accepte pas la possibilité de « mauvaise conduite » de la part de nos soldats (et, au fait, de la part de nos hommes politiques).

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Avis de fermeture du théâtre de la rue Perry — on va transformer tout l'immeuble en appartements, selon la loi de l'immobilier manhattanais

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Une partie de la façade du théâtre, qui fermera ses portes en juillet

Je suis allé ce soir acheter les Cantos de Pound — il faisait beau, et je me suis donc décidé à aller jusqu’à la librairie Barnes & Noble à l’angle de la 22e rue et de la 6e avenue, où je les ai trouvés dans une belle édition. Beaucoup de magasins à Chelsea et au Village se décorent de drapeaux arc-en-ciel. Il y en avaient des douzaines pendus un peu n’importe où dans l’épicerie Gourmet Garage tout près de chez nous. Le moi sentimental en est content ; le moi cynique se moque de l’obligation politiquement correcte de faire preuve visible de son soutien au mouvement gai en mettant des drapeaux partout. Mais j’avoue que ces signes du pouvoir actuel des homos à New-York me font un plaisir coupable.

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Les drapeaux arc-en-ciel posés un peu partout dans l'épicerie Gourmet Garage de la 7e avenue

Je suis devenu accro de la série sci-fi « http://www.imdb.com/title/tt0389564/Les 4400 » et j'ai hâte de voir la nouvelle saison qui commence, je crois, bientôt.

juin 20, 2006

Pompa

Ça fait des années que je n’ai plus participé ou assisté au grand défilé de la Fierté gaie à New-York, qui a toujours lieu le dernier dimanche du mois de juin. Dans le temps ça a commencé dans le Village pour terminer dans l’espace vert du Pré aux Moutons dans le Parc central, puis les responsables ont décidé qu’il valait mieux que les foules homos finissent dans le Village où il y avait un tas de bars et de cafés qui voulaient bien les accueillir. Je l’ai fait à pied (plusieurs fois) et sur un char organisé par le groupe GLAAD, à danser torse nu (si, si, mais j’étais jeune et j’avais bien moins de bide — un photographe m’avait flatté en me proposant de prendre des photos nues « esthétiques » — il m’avait donné sa carte que j’ai dû glisser dans une de mes bottes Doc Martens, mais j’étais bien trop prude de poursuivre cette proposition d’affaires) tout le long de la 5e avenue. C’est super si l’on veut se bronzer !

Aujourd’hui on nous a invités à faire la marche sur un char organisé par les deux « Grands Maréchaux honorifiques » — et non, rassurez-vous, je ne serai pas torse nu, je ne veux pas concurrencer les gogo-boys des chars des bars et des boîtes.

juin 19, 2006

Miscellanea

Voici pourquoi j’hésite toujours à donner quoi que ce soit aux « organisations d’aide » qui jaillissent inévitablement juste après les désastres, « naturels » ou pas.

L’hypocrisie pratiquée par les Républicains au sujet de l’immigration illégale aux États-Unis est connue de toute personne qui prétend suivre l’actualité. Les Républicains exigent la construction d’un grand mur entre nous et le Mexique pour nous protéger contre les « dos mouillés » tandis qu’ils refusent de punir les chefs d’entreprise (trop souvent de bons Républicains eux aussi) qui engagent ces mêmes illégaux à de bas salaires pour faire un travail que la plupart des Américains ne voudraient pas faire à cette paie. C’est une forme de délocalisation qui se pratique au sein du pays et qui est soutenue surtout par les grandes entreprises de l’alimentation (cultivateurs, abattage, etc.) De toute façon, il faut se rappeler qu’au moins 40 % des immigrés « illégaux » sont arrivés aux États-Unis munis de visas de séjour corrects qu’on a ensuite ignorés — comme l’ont fait d’ailleurs beaucoup de mes amis européens qui voulaient s’installer à New-York.

La politique de l’art — il existe, je suppose, des naïfs qui croient toujours que l’art se situe au-delà des considérations de marché, de carriérisme, de mauvaise foi et de tous ces jolis traits qu’on dit « humains » pour ne pas les caractériser plus correctement de « pitoyables ». Mais bon, pour nous autres, modern art notes, un carnet Web rédigé par le Washingtonien Tyler Green, propose des illuminations intéressantes sur la réalité souvent cachée des communiqués de presse de musées et de galeries ainsi que sur les rapports occultes qui existent souvent entre le critique et l’œuvre critiquée, comme il est arrivé dans le cas de la critique du Times Grace Glueck qui a dû démissionner de son siège de directeur au Musée Clark au Massachusetts suite à une « révélation » d’un rapport « inacceptable » selon la réglementation du Times entre la critique et l’institution — rapport qui a pourtant duré des années avec la pleine connaissance du journal.

Pour une perspective plus typiquement « manhattanaise » , il y a aussi modern art obsession, carnet Web tenu par un « ouvrier financier » et collectionneur épris de l’art moderne, qui nous offre des critiques un soupçon sournoises (et donc revitalisantes) sur l’actualité de l’art contemporain à New-York.

Je viens d’acheter la nouvelle biographie de Robespierre écrite par une jeune Anglaise intitulée Fatal Purity. En même temps je me suis offert le dernier roman, très court, d’Andrew Holleran, écrivain que j’apprécie depuis la parution de son premier roman, Dancer from the Dance en 1978, un livre que j’ai lu d’un seul trait, allongé sur mon lit un soir dans mon studio dans la 75e rue ouest. J’ai fait de même avec son dernier, Grief, ou Le chagrin. Très court, presque une nouvelle, bien écrit, il s’agit d’une sorte de méditation littéraire et personnelle sur le chagrin qu’éprouve celle ou celui qui reste après la mort d’un être aimé. Une fois dans la librairie j’ai aussi cherché un exemplaire des Cantos du poète Ezra Pound, mais on n’en avait pas.

l’on me qualifie de « sédentaire » — et ce qui pire est, c’est vrai !

juin 18, 2006

Relatio

Rapport de week-end abrégé, et en photos:

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La petite rue Renwick dans le Tribeca, à deux pas du nouveau restaurant favori de l'ami galeriste Giorgione 508

Réunion avec le chef des déménageurs à dix heures chez ma mère. Visite chez le coiffeur. Déjeuner avec une amie du copain — elle a 90 ans. On parle des difficultés qu’elle a actuellement avec le neveu de son mari défunt qui cherche, d’après elle, à faire augmenter l’héritage qui lui avait été laissé lors du décès de son mari l’année dernière. On lui conseille la patience. Le soir on dîne avec un couple intéressant, nos anciens voisins, qui n’ont aucun intérêt à s’immiscer dans la vie sociale du village — ils n’ont jamais eu aucune envie d’avoir des enfants, ils préfèrent voyager. Lui il est grand spéculateur financier, il adore l’or (et les mines d’or) parce qu’il n’a aucune confiance dans le dollar (et pas plus dans l’euro). Il est libertaire (« ah, les démocrates et les républicains, c’est tous les deux des gros cons qui n’agissent que pour leurs propres intérêts financiers »), elle est artiste. C’est un couple pas comme les autres. Ils ne boivent pas d’alcool non plus !

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La merveille des supermarchés de campagne !

Aujourd’hui il a fait chaud et beau — je suis allé tôt à la salle de sport, où il n’y avait pas grand monde. À mon retour à la maison j’ai retrouvé le copain et la partenaire en course dans la piscine — ils avaient couru plusieurs kilomètres. Elle part demain pour Londres pour voir l’expo de dessins de Michel-Ange au Musée britannique.

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Le bar à bière al fresco de la foire SM de la rue Folsom est

Nous, on est rentrés à Manhattan, après un peu de bronzage auprès de la piscine (et une courte baignade fraîche à poil tout seul pour moi — fantastique !) Après avoir laissé la voiture au garage dans la 25e rue est, on est passé faire un tour à la foire de la rue Folsom Est dans la 28e rue entre les 10e et 11e avenues.

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Doit-on dire « décolletage » ou « déculottage » ?

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Une curieuse garde d'honneur...

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Aux uniformes bien aérées ! (Il faisait chaud, je vous assure !)

Ce n’est pas vraiment ma « tasse de thé », ces vêtements en cuir, ces gros mamelons percés, ces jambières ridicules. On s’est même payé des entrées de 20 $ chacun au club Scores, hétéro en général, mais homo à cette occasion. Pas très gai à l’intérieur, à vrai dire. Quelques jeunes hommes en suspensoir baladant dans l’obscurité entre des chaises basses occupées par de gros bonhommes buvant des cocktails avec un type sur la petite scène qui se tortille au rythme d’une bête chanson country. Encore une expérience dont je peux cocher la case « fait ».

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Le drapeau arc-en-ciel transformé en panneau publicitaire pour la galerie Paul Kasmin, pour fêter la Fierté gaie

Dîner à Diner 24 dans la 8e avenue, où il y avaient plein de bien jolis « Chelsea boys » dont deux homoparents à l’air fatigué avec leurs deux enfants un tout petit peu éprouvants, d'après les expressions des deux parents.

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Des tables encore vides dans le restaurant avant l'arrivée de quelques tablées de jeunes dieux musclés en ticheurte (merci, Matoo ; ) )

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Signes de fin de fin de semaine bien new-yorkais — deux exemplaires du Times (celui de samedi et celui de dimanche) déposés au seuil de cette maison particulière dans la 4e rue ouest — les habitants sont évidemment partis pour la campagne pour le week-end et n'étaient pas encore retournés

On se couche tôt, dans la chambre climatisée !

juin 15, 2006

Observare

Il fait un peu lourd aujourd’hui mais je suis content que la petite déprime qui m’avait saisi hier après avoir appris que Rove avait échappé à la justice pour sa participation dans la divulgation d’une agente de la CIA ait dissipé. Mais cette évasion serait encore plus regrettable en ce qu’il représente un nouvel effort manqué de ralentir une tendance générale vers la dictature d’un parti unique. Ce qu’on ne peut pas nier c’est que les deux « camps » ne se servent pas d’armes égales, et l’on n’a qu’à revoir les résultats véritables de la réponse polie et « légitime » de la gauche à la droite en Allemagne après 1933. La question morale qui se pose pour moi alors est celle-ci : si la droite triche pour garder le pouvoir, la gauche a-t-elle le droit de tricher aussi ? Et jusqu’à quel point ?

Les parents du copain viennent de rentrer d’un séjour en Angleterre, où ils ont visité plusieurs jardins célèbres, dont Highgrove (résidence du prince de Galles), Ditchley Park et Haseley Court — la belle-mère du copain est super anglophile et adore les jardins anglais. Ils ont été horrifiés par les prix — une entrée médiocre à £ 12, pour nous ça fait presque 21,5 $, le prix d’un plat principal. Ma sœur et ma nièce vont à Londres la semaine prochaine — elle est plutôt pingre, ma sœur, le change peu favorable va sûrement l’embêter.

On est allé donc dîner avec les parents du copain hier soir. On a discuté des éventuels candidats démocrates à la présidence : Kerry, impossible ; Mme Clinton, possible, mais peu appétissant ; Gore : possible, mais peu excitant ; et ainsi de suite. Pour ne pas parler de mon inquiétude sur les machines à voter électroniques faciles à manipuler.

juin 14, 2006

Festa

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Hier il a fait très beau

Hier soir on est allé, le copain et moi, à une réception à l’Hôtel de Ville pour célébrer la 20e anniversaire de l’adoption par la ville de New-York du projet de loi sur les droits des gais, des lesbiennes et (ajouté en 2002, je crois) des transgenres. J’ai retrouvé le copain devant un grand gratte-ciel dans Broadway à deux pas de la rue du Mur où il avait un client et ensemble on a continué à pied vers l’Hôtel de Ville, après une courte visite au magasin J&R pour regarder les appareils photos Leica (élégants mais toujours trop lents). Une drôle d’affaire, menée par la présidente du Conseil municipal de la ville de New-York Christine Quinn, lesbienne. Le maire Bloomberg y était au début. On se félicitait du progrès réalisé depuis 1986 tout en reconnaissant la distance qui reste à faire.

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La rue du Mur, l'église Trinité au fond (ô, qu'est-ce qu'il va me mépriser, gvgvsse ; ) )

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La bourse de New-York

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L'ancienne tour Standard Oil, devenue machin Trump, au numéro 40, rue du Mur

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La tour Chase-Manhattan, effort immobilier de la famille Rockefeller de faire renaître le quartier financier dans les années 60

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L'Hôtel de Ville de New-York, terminé en 1812

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La salle du conseil municipal de la ville

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Le derrière de la tête du maire Bloomberg qui est passé devant nous dans la salle du Conseil — mon appareil photo numérique super lent ne me permet pas d'être vrai paparazzo

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L'ancien maire Ed Koch devant le micro

Après la cérémonie, le copain est retourné au bureau du client (histoire de serveur) et moi je suis allé manger des tapas et boire de la sangria dans un restaurant espagnol démodé avec l’amie marchande de tableaux.

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Une fantaisie (plus ou moins — oui, j'ai noté le téléphone et la lampe) 18e siècle français vue dans la vitrine d'un antiquaire de la rue Bleecker — oh, je m'y plairais sans aucune difficulté !

juin 13, 2006

Ius fortioris

La déception me rappelle celle que j’ai ressentie lors de la remise des Oscars, quand Crash a été nommé gagnant du prix du meilleur film au lieu de Brokeback Mountain. On l’espérait depuis des mois, les évidences, ainsi que les fuites, semblaient y pointer, et en fin de compte, le jury d’accusation l’a entendu cinq fois — mais ce matin on apprend que Karl Rove ne sera pas accusé pour avoir révélé l’identité d’une agente secrète de la CIA dont le mari, l’ambassadeur Joseph Wilson, avait rédigé un éditorial critiquant les motifs de l’action militaire en Irak publié dans le New York Times. On a bien l’impression que la corde vient de se serrer un peu plus au cou de la démocratie américaine.

juin 12, 2006

Verba

Chaque soir j’essaie de regarder le journal télévisé de la BBC qu’on passe, à New-York, à 18h sur la station de la télé dite publique, à voir WNET, que tout le monde connaît mieux par son numéro de chaîne « 13 ». C’est dans cette émission où, ce soir, dans un reportage sur les suicides à Guantanamo, un avocat militaire américain, un certain Majeur
Thomas Fleener a parlé de « show trials » ou de « procès-spectacles » (aux échos proprement staliniens) en décrivant les soi-disant procès judiciaires militaires dans lesquels les prisonniers de Guantanamo devraient en principe subir. Le journal télévisé de l’ABC (la chaîne 7 à New York) n’en a dit mot, ce qui ne surprend pas. On est en plein « 1984 » — où les sens des mots sont détournés et corrompus — mais le public américain a quand même encore du mal à avaler l’équivalence des trois suicides à des « actes de guerre asymétrique » proposée par les fonctionnaires bushisants dans l’armée et au ministère des affaires étrangères !

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Il reste encore quelques maisons non rénovées au Village — on en vend des pareilles pour de 2,5 à 10 millions de dollars

L’échafaudage « dangereux » m’a coûté 30 $, car j’ai dû garer la voiture pour la nuit dans un garage de quartier où l’on paie 485 $ le mois pour une voiture « ordinaire » (garer les BMW, Mercedes, Land-Rover, Jaguar, etc c’est plus cher), auxquels il faut ajouter une taxe locale de 18,5 % ! Le gardien du garage s’en est même plaint — « il n’y a plus que des millionnaires qui habitent ce quartier, c’est eux qui chassent les moins riches et qui peuvent se payer ces tarifs de garage fous ! » Je l’ai sortie ce matin pour la retourner au garage plus « modique » de la 25e rue.

juin 11, 2006

Currere

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La rue Perry un beau matin

Le copain, l’amie partenaire en course, l’ex-marine et mon entraîneur ont tous participé aujourd’hui à une course de relais au bénéfice de groupes organisés à combattre la violence domestique. La course a commencé au parc d’état du Mont de l’Ours juste à côté de l’Académie militaire des États-Unis à Ouest-Pointe et l’on a dû courir jusqu’à la Nouvelle-Rochelle, fondée par des Huguenots, sur la baie de l’île Longue — une distance d’à peu près quatre-vingt-sept kilomètres. L’amie partenaire en course avait commencé à 7h30, tandis que le copain et l’entraîneur étaient programmés pour les 4e et la 5e étapes. L’ami ex-Marine avait la 8e.

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C'est l'échafaudage cassé en haut pour lequel on a bloqué la 25e rue

On est allé chercher la voiture vers 9h30 et arrivés par taxi à la rue où se trouve le garage, on découvre que la rue est bloquée par la police à cause d’une partie d’échafaudage qui penchait au-dessus de la rue. Un autre flic nous a permis d’entrer au garage pour sortir la voiture. On est allé à Westchester sans trop de problèmes (l’étape commençait au village du Vallon endormi — hé oui, c’est comme ça que ça s’appelle). La dernière étape a commencé au Lycée de la Nouvelle-Rochelle.

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Le point d'échange du Vallon endormi — dans le campus de la société d'assurances NY Life

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On attend les relayeurs qui viennent au point d'échange

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L'entraîneur qui mange un beignet avant de courir

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Un autocollant sans honte dans un parking de restau à la Nouvelle-Rochelle

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L'entrée à l'école d'Iona à la Nouvelle-Rochelle

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Le lycée de la Nouvelle-Rochelle, le dernier point d'échange

Moi j’ai reconduit l’entraîneur et une jeune avocate à Manhattan — elle habite la 87e rue est et l’entraîneur habite la 111e rue ouest — il nous a fallu éviter les foules qui avaient fait partie du grand défilé portoricain dans la 5e avenue . De retour à la 25e rue, il y avait toujours des flics à bloquer la rue, j’ai donc dû continuer vers le village où j’ai garé la voiture dans un garage tout à fait cher — le flic m’avait dit que je pouvais envoyer la facture du garage à l’inspecteur des bâtiments de la ville — il se foutait de ma gueule, bien sûr, ce salaud qui habitait sûrement la banlieue, à l’île Longue ou au Nouveau-Jersey, mais en fin de compte ce n’est pas la peine de discuter avec un flic bêtement autoritaire. Le copain est rentré avec l’ami ex-Marine et l’on est tous sortis boire une petite margarita (ou trois) dans la rue Bleecker.

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On cherche nos places au gala de la semaine dernière

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Ce sont tous des gauchistes, n'est-ce pas?

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La table dressée

Je contemple avec dégoût les excuses à peine croyables des « porte-parole » de l’armée américaine sur les suicides de prisonniers à Guantánamo : actes de guerre ou coup de pub. C’est la folie même — il va falloir qu’on ait un nettoyage politique des forces armées américaines, un foyer anti-démocratique fait de républicains à 70% selon certains sondages, à 56 % selon d’autres — sinon, on va bientôt avoir une dictature à l’argentine ou à la chilienne, la grande bourgeoisie protégée par une armée d’ultradroite — ce qui engendra bien sûr une version américaine des Brigades rouges/Tupamaros/Rote Armee Fraktion, ou, avec plus de réussite, des Bolchéviques.

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Le buffet de petits gâteaux et de bonbons

(Oui, je sais, ce sont des fantaisies de représailles gauchistes d’un bourgeois bohème des plus pathétiques. J'assume.)

juin 10, 2006

Libri

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Au dîner d'anniversaire de l'amie marchande de tableaux qui a eu lieu au restaurant tuscan Marenna dans la 10e rue ouest

Encore une semaine chargée — on est sorti chaque soir, inévitablement on boit trop, et en plus de ça depuis dimanche dernier j’ai un rhume qui n’est pas trop grave, mais tout de même agaçant.

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La rue du Canal, entrée à Chinatown

Aujourd’hui j’ai dû travailler pour le copain, qui s’occupe d’un remaniement de site Web pour une société de sondage. Moi je révise le texte et corrige les fautes grammaticales.

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La vue sous l'autoroute FD Roosevelt

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Vue de Brooklyn et de son pont élégant

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Sous le pont de Brooklyn

Ayant terminé, on est allé d’abord à Chinatown et ensuite au Port de la rue du sud qui était inondé — mais vraiment bourré ! — d’enfants et de landaus encombrants qui s’entassaient à voir un cirque péruvien. On a vite pris la fuite et l’on s’est sauvé dans une petite « beignetterie » argentine dans laquelle on regardait le match Argentine-Côte d’Ivoire.

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Aï, trop de monde !

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Et voilà la raison des foules

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La sélection de beignets

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Dans le hall central de la librairie d'occasion Strand dans le quartier financier

On est ensuite passé chez la librairie d’occasion Strand où je me suis permis d’acheter encore des livres (et l’on n’a pas de place chez nous) dont ABC et cetera, The Life & Times of the Roman Alphabet ; On Late Style (essais sur la culture par l’intellectuel Edward Said), Palimpsest, une mémoire de Gore Vidal, Gone : The Last Days of The New Yorker de Renata Adler, écrivain qui n’a pas apprécié les changements au magazine et qui en parle en détail dans ce livre, et puis pour terminer Doctor Thorne de Trollope dans une belle édition anglaise.

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On tournait un film dans les rues proches du magasin J&R — des filles en shorts à patins à roulettes

De retour à la maison, j’ai appris la triste nouvelle des trois suicides au camp de concentration à Guantánamo. Qu’on nous sorte de cette ère de misère ! Qu'on nous permette de redevenir de vrais Américains, pas ces aventuriers avides et cruels qu'on paraît maintenant !

juin 08, 2006

De iuribus communibus

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Affiche qui vient d’être collée à l’échafaudage monté devant la boutique Marc Jacobs Femmes dans la rue Bleecker, tout près de chez nous

juin 05, 2006

Bibulus

C’était un camarade de classe qui me l’avait dévoilé quand j’avais huit ou neuf ans : les Juifs ne boivent pas parce qu’il faut qu’ils soient toujours sur le qui-vive et prêts à partir à tout moment. En effet, les parents de mes amis juifs ne buvaient pas, d’après ce que je voyais, autant que les miens et que leurs goyishe amis à eux et en fin de compte, cette abstinence vigilante me semblait assez raisonnable. C’est pourquoi je me demande maintenant si, en bon goy superimprévoyant, je devrais aller me soûler ou, en reconnaissant qu’on se trouve peut-être au début d’une période « nouvelle » tout à fait renversante, d’aller préparer mes valises. C’est vrai que je n’ai pu regarder la vidéo de Bush dans sa « conférence de presse » — je ne le supporte plus de le voir, évidemment — mais c’est curieux qu’il l’ait trouvé plus convenable de recevoir les homophobes religieux dans une salle minable d’un bureau à côté au lieu de les recevoir dans la roseraie de la Maison Blanche comme prévu. Bush a proposé cet après-midi un amendement à la constitution américaine pour « protéger » le mariage — en interdisant les mariages gais et lesbiens. Tout le monde pense qu’il s’agit seulement d’une « astuce » électorale de la part de Rove, mais ces choses, comme on l’a vu dans le passé, ont quelquefois la tendance à évoluer dans des sens, euh, imprévus.

Mais c’est vrai, ce soir j’ai choisi la soûlerie — l’amie marchande de tableaux nous a invités à dîner avec elle à la Sazerac House où j’ai bu trois cosmos (délicieux en l’occurrence). Le serveur est grand ami de l’amie marchande de tableaux et il nous a régalé de son récent voyage en Enfer — c’est-à-dire, à Las Vegas, où, selon lui, « l’on peut frire des œufs sur le trottoir à onze heures du matin ».

Demain on verra. C’est Americablog qui est au courant de tout à ce sujet. On téléphone à nos représentants et à nos sénateurs pour leur demander (ou demander à leurs employés) ce qu’ils font chez eux, au lit. C’est trop drôle. Il y a des tas de divorcés chez nos hommes et femmes politiques, et en principe le divorce c’est aussi contre la « loi de Dieu » et un déshonneur au mariage.

Ô, que c’est fatigant… (en principe, il faut ici un point d’exclamation, mais personnellement, je préfère les trois points de suspension — c’est une sorte de léger soupir de désespoir).

juin 01, 2006

Res immobiliares

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Que ces blocs du Côté ouest de Manhattan sont longs, surtout sur un soleil de plomb

Je ne sais pas très bien pourquoi, mais ce matin en buvant mon café au lait matutinal devant l’écran de mon ordinateur portable j’étais porté à regarder de la pornographie… immobilière, à savoir une sélection assez lubrique de deux à trois pièces à Paris, dans les 7e, 6e, 1er, 2e, 3e arrondissements. Le copain n’en était pas du tout content. « T’as laissé tomber la belle occasion l’année dernière » il a grogné. J’ai fait semblant de ne pas l’entendre (et ce n’est qu’un des multiples talents utiles qu’on développe après quinze ans de cohabitation) tout en m’imaginant propriétaire d’un joli pied-à-terre rue de Verneuil avec « belle hauteur sous plafond, parquet, moulures, cheminées » dans un « immeuble XVIIIème en PDT » — vous voyez jusqu’à quel point j’avais déjà assimilé le langage et l’esprit codé des publicités immobilières du Figaro (et ce billet très intéressant de Me Eolas m’en a donné de nouveaux exemples, comme « un meublé »).

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Vers la tirelire de la 5e avenue

Bien sûr il va falloir que je gagne une fortune pour me payer cette convoitise — comment faire ? Il faut tout de suite reconnaître que je possède de bien maigres talents, financiers ou autres. Et en tout cas, je suis impatient (maladie étatsunienne ?) — je le veux, j’ai donc le droit de l’avoir maintenant ! — je n’ai pas le temps de développer à fond un talent sans doute quelconque. Je veux la reconnaissance pécuniaire immédiate de mes talents jusqu’à maintenant cachés (et à peine valorisés, puisqu’ils sont toujours cachés — oui, oui, c’est tautologique et j’assume.)

Handicapé comme je le suis dans la gérance et de mes (grands) talents (cachés) et de mes (petits) sous (inexistants), j’essaie tout de même de faire un petit effort et aujourd’hui, par exemple, le copain m’ayant « invité » à passer au bureau pour faire le standardiste (son employé étant parti en stage de formation d’un jour) pour quelques heures, j’ai profité de cette obligation de me rendre à Midtown pour passer à la succursale de la Commerce Bank dans la 5e avenue à l’angle de la 36e rue. C’est là (visions de pied-à-terre parisien déjà implantées dans ma tête) où le copain et moi, nous avons récemment ouvert un compte d’épargne à deux qu’on visait à alimenter de la menue monnaie qu’on jette tous les jours dans une boîte à café Bustelo vide et qu’on fait compter par les grosses machines à compter qu’on trouve à la Commerce Bank. Et l’on a déjà plus de 1 000 $ (plusieurs boîtes pleines à craquer et lourdes à transporter en métro) dans ce compte, imaginez-vous. Mais le compte d’épargne ne gagne pas trop — ma foi, non ! — le taux d’intérêt payé est 0,4 pour cent ! Mais je suis malin ! J’allais nous payer un certificat de dépôt de trois mois qui rendrait 4,0 pour cent, ou dix fois plus que le taux pour un compte normal. Il y avait pourtant deux chèques versés qu’on n’avait pas encore « réglés » donc il valait mieux que j’attende le moment où tout l’argent serait disponible. La grosse affaire différée.

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Au bureau du copain — c'est la tour du Times qui s'élève au milieu

On est déjà en plein été. Le ciel est blanchi, lourd d’humidité. On prévoit la possibilité d’orages ce soir. On ira peut-être voir le nouveau film X-Men — qu’est-ce que c’est gai, quand même, avec le joli Australien, le vieil Anglais et le capitaine Picard ! Et puis c’est le tour de Batwoman de quitter le placard en lesbienne mondaine — ou mondaine lesbienne, comme vous voulez.

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On voit les fils en métal qui flottent en dehors de la fenêtre au bureau — ils me donnent le vertige

Plus sérieusement, c’est à faire vomir, toute l’hypocrisie exprimée aux médias par tous ces ex-généraux des Marines quand on leur pose des questions sur ce qui s’est passé à Haditha en novembre dernier. Ils refusent de noter (et les journalistes n’osent pas le leur demander) que l’armée de volontaires, c’est en réalité une armée composée en grande partie d’abrutis sadiques qui n’ont cherché à s’inscrire que pour se permettre le plaisir de faire du mal à d’autres, à savoir les soi-disant « terroristes ». On clame honneur, patrie, dignité et tout et tout, quand tout le monde sait qu’il s’agit dans trop de cas du même genre de voyous qui tortureraient des chiens et des chats chez eux, rien que pour s’amuser un peu. On connaît très bien ces types — la version décrassée et plus ou moins sortable travaille à Wall Street, des petites frappes à cravates Hermès dénouées — cela ne surprend personne de découvrir qu’ils agissent en tueurs d’innocents. Mais ce qui m’agace surtout c’est de faire croire que c’est rare.

L’énigmatique Nothing and some some (est-ce qu’il est toujours à New-York ? Pour quel service secret travaille-t-il ?) offre aux francophones le texte en entier, traduit en français, de l’allocution récente de Stephen Colbert devant la presse de la Maison blanche.

Et l’agente immobilière m’a donné un coup de téléphone pour me dire que la fosse septique chez ma mère (seule condition suspensive dans la promesse de vente) marche parfaitement. Youpi !