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juillet 31, 2006

De finibus

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Dans l'ancienne chambre à coucher de ma mère — tout ce qui reste, c'est le ventilateur et mon portable

Pour moi, c’était hier qu’est arrivé le moment le plus difficile depuis la mort de ma mère novembre dernier — la maison (enfin) nettoyée et propre, j’ai fermé les rideaux et les volets une dernière fois. Il y avait bien sûr quelque chose de prétentieux dans ce geste, je le sais, mais je voulais protéger un peu une maison mise à nu de regards indélicats de l’extérieur. Tirant sur les rideaux dans ces salles blanches et vides, j’avais aussi l’impression étrange de mettre une sorte de linceul sur la vie de ma mère et de fermer, pour moi aussi, une « fenêtre » de ma vie à moi. Je l’avais accompagnée lorsque l’agente immobilière nous avait fait voir la maison pour la première fois il y a une dizaine d’années et c’est moi qui serai le dernier de la famille à le voir — je le quitterai pour aller signer l’acte de vente au cabinet de l’avocat local engagé par l’acheteur.

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Le salon vide

On est en pleine canicule — c’est toujours ainsi quand il me faut déménager ! — et je ne sais pas si je vais mettre un costume pour aller chez l’avocat, il fait trop chaud. Il va falloir bientôt charger la petite Honda fidèle qui transportera les dernières affaires à Manhattan cet après-midi.

Voici quelques photos de ces derniers temps.

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Attention : il n'est pas toujours facile de se débarrasser d'oreillers

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On a emballé le lustre pour le transporter à Philadelphie

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Un des longs couloirs déserts de l'entreposage libre-service où l'on a mis du mobilier

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Des canapés et des matelas s'en vont

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Le copain et moi, on a fait du camping vendredi soir avant de nous installer chez des amis samedi soir

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Les lis orientaux Rubrum, fleurs favorites de ma mère, dans le jardin qui donne sur la pelouse et la piscine

Hier soir j'étais entouré d'amis, d'une vieille Labrador noire et ce petit lapin qui se restaurait devant le jardin d'amis chez qui on a dîné.

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Un lapin qui porte bonheur (ben, je l'espère !)

juillet 26, 2006

Ad fines

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Les homards bouillis de la semaine dernière

Il est cinq heures du matin et je n’arrive plus à dormir. J’entends d’abord le chuchotement des arroseurs automatiques et puis les premiers chants d’oiseaux. C’est l’avant-veille de notre déménagement de la maison de ma mère — le dernier qu’on connaîtra — et il reste un nombre de choses à faire aujourd’hui et demain, quand les déménageurs sont prévus pour 8 heures précises. Des bibliothèques à vider, des affaires à remettre à de diverses boutiques d’œuvres de bienfaisance locales. Qui voudrait prendre, par exemple, quatre postes de télévision, euh, pas tout à fait neufs — écrans (très) arrondis aux derrières énormes — qui n’ont presque aucune valeur réelle ?

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Une porte d'entrée patriotique à « Pierreville »

Ce soir on m’avait invité à un dîner mais j’ai dû décommander hier après-midi en expliquant à l’hôtesse que ce serait le dernier soir qu’on se réunirait en tant que famille dans cette dernière maison familiale et je ne voulais pas provoquer inutilement la colère de la part de mes deux sœurs, à qui ce genre de commémoration tient à cœur.

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À l'époque cela a dû être le Bâtiment de l'État-Empire de la ville de Westerly — l'hôtel Savoy, construit en pleine ère victorienne, en 1888, à côté de la gare — maintenant délaissé, délabré comme la plupart de l'ancien centre de la ville

Le copain est prêt pour le départ aux Provinces maritimes canadiennes le vendredi de la semaine prochaine. J’espère pouvoir se rendre jusqu’aux Îles de la Madeleine, mais je ne sais pas s’il nous sera possible dans la haute saison à trouver de la place pour la voiture, par exemple, dans le ferry qui relie les îles à l’Île du Prince-Édouard. N’importe, j’ai grande envie de changer d’air, de ne plus penser à la charge qu’a été cette maison — son entretien, sa vente, son déblayage.

La signature de l’acte de vente aura lieu lundi matin, dans le cabinet d’un des multiples avocats qui se sont associé pour de diverses raisons à ce contrat — représentants de l’acheteur de Boston, de la compagnie d’assurances de titres de propriété (histoire compliquée de titre de propriété contre le paiement d’impôts sur la succession — ici on n’est plus entre « gentlemen »), l’avocat local, notre avocat à nous, et ainsi de suite.

juillet 20, 2006

De familiis phantasiisque

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Le débris d'une vie bourgeoise — les fourrures démodées sorties du placard — mes sœurs n'en ont aucune envie — on en fait don à l'Armée du Salut ?

Tout comme la bande de Gaza et la Cisjordanie, la maison maternelle se trouve effectivement sous l’occupation de la famille de ma sœur de Philadelphie et de ses alliés (un petit ami de ma nièce et une amie sans qualificatif de mon neveu), ce qui a fait de moi une sorte de partisan boudeur du Hamas, repoussé à quelques enclaves marginales et démunies de ressources vitales dont ma chambre à coucher et celle de ma mère, que j’ai transformée en bureau privé avec une table à bridge, un siège pliant et un ventilateur (le sans-fil installé par le copain est tellement fort qu’il va sûrement nous donner tous des cancers mais pour rester connecté à Internet, c’est merveilleux, bien mieux qu’à New-York). Pour ceux qui préféreraient une analogie moins courante et un peu plus littéraire, je propose le cri célèbre de Gide : « Familles, je vous hais ! » Ma sœur est péniblement passive-agressive, son mari n’ose lui dire rien (pas la peine), sa fille fait ce qu’elle veut en cachant tout à sa mère, son fils (qui a 19 ans) est furtif et ne parle qu’en chuchotant dans les oreilles de ses parents. Pas très gai, tout cela.

Et le plaisir de la vie en famille ne cesse pas. Hier soir c’est l’alarme incendie qui s’est mise à hurler à 2h45 du matin — un bruit atroce que personne dans la famille au 2e étage n’a pourtant point entendu (ou ils dorment fort ou l’alarme ne va pas protéger les résidents du 2e étage). Moi je me mets ma robe de chambre (j’aime beaucoup recevoir des pompiers et des flics en robe de chambre — c’est plus séduisant, non ?) et je cherche à trouver l’alarme qui sonne sans mes lunettes, ce qui complique la vie — c’est malin, on a deux systèmes différents d’alarmes incendie installés dans la maison, celui qui accompagne l’alarme antivol et les alarmes « indépendantes » posées au plafond dans les couloirs et les escaliers. La police est arrivée en premier, un jeune blond, grand et sympa, qui a fait le tour du rez-de-chaussée et du sous-sol (je le suivais en peignoir, mais il est resté tout à professionnel, le salaud). Quelques minutes plus tard on voit arriver les feux clignotants de la pompe à incendie — entre le pompier en chef en maillot sombre et en pyjamas moulants plaid genre Abercrombie & Fitch qui lui allait assez bien, on fait encore une fois le tour (et moi qui le suivais à regarder ses fesses adorables — hé, il vaut mieux profiter autant qu'on puisse des malchances, n'est-ce pas ?), et il nous déclare, dans son accent local laid et délicieux, qu’il a dû s’agir d’un court circuit causé ou par une bête volante ou par une surtension électronique causée peut-être par l’orage violent qu’on a eu il y a deux jours. De toute façon, je me suis remis au lit vers 3h30 pour me rendormir vers 5h30. Ouf !

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Vue sur le jardin des gens chez qui j'ai dîné, avec l'amie écrivain, hier soir

L’autre sœur n’a toujours pas daigné montrer sa tête — elle dit qu’elle a trop de travail — « I thought I made it perfectly clear to you both that I wouldn’t be able to come by this week » (et je vous laisse imaginer le ton de condescendance lasse avec laquelle la phrase a été prononcée) — même pas pour inspecter pour un instant tout ce qu’on a sorti des tiroirs et des armoires. Des jeux de cartes du château de Windsor, par exemple, et de vieilles photos de la maison victorienne que mon arrière-grand-père s’est fait construire au milieu de Charlotte, en Caroline du nord — des photos d’intérieurs pleins de tapis turcs et de fougères.

Ce soir c’est les homards — ma sœur cherche toujours à prétendre que la famille a passé de plaisants étés en Nouvelle-Angleterre depuis des siècles et un dîner de homards en famille lui aide à entretenir cette fantaisie. En réalité, on a passé les vacances au bord de la mer en Caroline du Sud, à Hilton-Head et à l’île de Fripp, où il n’y avait aucuns homards, mais une surabondance magnifique de crevettes (miam !) qu’on irait acheter aux quais où des femmes noires les triaient par taille sur de grandes tables en bois gris.

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Voici quelques rêves de lycéen en rut abandonné (avec sa famille ennuyeuse) sur la côte Atlantique de la Caroline du sud

C’est dans cet endroit où j’ai développé mes fantaisies à moi, celle, par exemple, où j’allais rencontrer un beau militaire au camp d’entraînement des Marines de l’île de Parris qui était tout proche — on voyait les militaires aux cheveux si courts dans les supermarchés et devant les « boîtes » assez louches sur la route auxquelles j’étais bien trop jeune pour entrer — qui m’ôterait de la vie bête et bourgeoise que je menais, lycéen ennuyé à Atlanta, pour m’installer dans une maison mobile (on en voyait beaucoup et j’aimais l’exotique défavorisé) où l’on ferait l’amour dès qu’il serait sorti de son job. Moi, alors, j'espère que c'est clair que je n'ai jamais eu besoin de fantaisies de homards !

juillet 17, 2006

De rebus communibus

(Avis : ce billet a été rédigé à plusieurs moments pendant la semaine dernière. Je m’excuse à l’avance donc de tout passage illogique ou anachronique qu’on trouvera ici.)

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Voici l'un des immeubles les plus laids de tout New-York — cela se trouve dans la 8e avenue au cœur de Chelsea, et c'est plein de pédés qui n'ont, il paraîtrait, aucune honte esthétique pour la tribu

De nouveau installé à la campagne après une visite éclair (le jeudi dernier) à New-York où j’ai assisté, accompagné de l’amie marchande de tableaux et de l’amie partenaire en course, à la deuxième représentation new-yorkaise du nouvel opéra Grendel sur la scène du théâtre de l’État de New-York dans le centre Lincoln, dont une connaissance à nous avait participé à la création.

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Un restaurant français dans la rue Hudson — La Ripaille — dans le temps, il y en avait beaucoup de petits restaus français au Village, mais moins maintenant (c'est la cuisine italienne qui est à la mode)

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L'autopromotion sabotée dans la 25e rue ouest ( i sont méssants, ces artistes, non ?)

À l’opposé du Moyen-Orient à présent, tout s’est assez bien passé ici — pas de bagarres lors du partage du mobilier maternel. Ma sœur de Philadelphie est rentrée chez elle à Philadelphie lundi après-midi, la Saab complètement bourrée de butin. Elle revient demain pour en emporter plus, et aussi pour m’aider à emballer tout ce qui reste.

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Une cascade artificielle, à côté de la maison de l'amie partenaire en course, remplie de ciment à « Pierreville » par la nouvelle propriétaire française, maîtresse, on dit d'un type riche du Hawaï — elle avait peur des moustiques

Lundi soir un monsieur marié (sa femme était assise devant moi, c’était une table ronde pour cinq personnes) m’a dragué — le pire, c’est que je le connais depuis des années, longtemps même avant qu’il n’eût « changé d’équipe » comme on le décrit plaisamment ici. Sa femme, que j’aime bien et qui vient de le marier après plusieurs années de concubinage, doit sûrement savoir tout (ou presque) sur son passé — je douterais fort qu’en tout cas cela puisse être particulièrement palpitant, mais on ne sait jamais, hein ? Je me suis dit que je l’imaginais seulement, que j’avais trop bu et que son sourire béat et curieusement prolongé dans ma direction ne voulait rien dire, mais l’hôtesse m’en a parlé en rigolant le lendemain !

Mardi soir on est sorti avec l’amie écrivain, qui ralentit un peu (elle a quand même quatre-vingt-huit ans) — je le vois plus clairement quand il y a quelques semaines entre nos visites. C’est triste mais il n’y a rien à faire — nous vieillissons tous. Après un verre chez elle, on est allé dîner dans un petit restaurant du village qu’elle ne déteste pas trop (c’est-à-dire où elle s’est habituée depuis très longtemps à sa cuisine simple et en fin de compte assez médiocre mais il y a très peu de « bons restaurants » dans la région surtout parce que la plupart des gens ici sont bien trop pingres pour se payer un repas correct !). On était rejoint, tout à fait par hasard, par le jeune maire gai du village (l’amie écrivain est follement homophile, c’est presque gênant, elle dira des choses flatteuses (et, hélas, souvent fausses) sur les homos que personne d’autre n’oserait proférer) et une autre amie « politique » et notre dîner à deux s’est rapidement converti en fête à quatre. J’étais content que l’amie écrivain fût tout heureuse d’être entourée d’amis.

Mercredi matin, assis à table dans la salle du petit déjeuner en robe de chambre avec ma tasse de café au lait, je parcourais sur l’ordi mes journaux et mes carnets quotidiens quand j’ai entendu le bruit d’une voiture qui se garait devant le garage. C’était l’agente immobilière. « Mais tu es là ? » elle s’écrie, tout étonnée, en me voyant. « Ben oui » je lui réponds. « Depuis vendredi soir. » « Ah je pensais que tu serais déjà rentré à New-York. » « Non, j’y vais demain après-midi. » Court silence, puis, « Ah la la, je me suis trompée. J’avais dit à l’acheteur qu’il pouvait venir aujourd’hui avec ses architectes pour faire un tour de la maison. » J’ai haussé les épaules. « Je vais m’habiller. » L’acheteur est venu, accompagné de sa nouvelle petite amie (il a divorcé deux fois), de deux architectes et d’un constructeur. Il était comme un petit enfant dans une boutique de jouets — il veut faire bouger la cheminée du salon, il va enlever certains murs intérieurs — je ne sais plus, je les ai quittés pour m’enfermer dans le bureau du 1er étage.

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Aux guichets du théâtre de l'État de New-York pour l'opéra Grendel

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Une sculpture de canoës par Nancy Rubin installée sur la terrasse du Centre Lincoln

Jeudi je suis rentré en ville pour aller à l’opéra voir Grendel. Une œuvre curieuse, basée sur l’http://fr.wikipedia.org/wiki/Beowulf épopée de Beowulf, écrite en vieil anglais (anglo-saxon), mais refaçonnée par les librettistes et le compositeur pour nous offrir le point de vue du monstre Grendel tué par Beowulf. (Cette version est elle-même basée sur le roman Grendel écrit par John Gardiner publié en 1971.)

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Où, les soirs d'été, on y danse le swing en groupe

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On s'est acheté des frozens (un peu trop sucrés) et l'on s'est promené sur la terrasse devant l'opéra Métropolitain

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Une vue de la terrasse du Centre Lincoln

Musique un peu hollywoodienne (il travaille pour le cinéma et la tv), décors attirants, libretto un soupçon confus, qui s’est heurté un peu entre les extrêmes d’un vernaculaire cru et une langue poétique très élevée, Mais je ne me suis pas ennuyé et en plus il y avait tout un corps de ballet de jeunes danseurs musclés plus ou moins déshabillés ou portant des uniformes « anglo-saxonnes » sexy (culottes serrées en cuir brun, des cuirasses pas trop grandes, un casque paléolithique et des épées — tout ce qu’il faut à un soldat de ballet). On a bien dîné après l’opéra au restaurant mexicain Rosa Mexicano, malgré une tablée d’Australiens et d’Australiennes hurlants à côté de nous.

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Je m'excuse mais c'est toujours impressionnant sous certains angles

Le lendemain je suis allé faire des courses avec le copain, de retour de Boston où il avait participé à la grande conférence Microsoft. J’ai aidé le copain à transporter son butin au bureau (cadeaux pour les employés) et de retour dans la rue, c’est là où j’ai vite remarqué que, du moins à New-York, tout le monde il est beau, tout le monde il est sexy. Je suis descendu la 5e avenue à pied vers le Village en appréciant tous les touristes (du Midwest et de l’Europe).

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La prise de la Bastille commémorée au Village

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Et dans la rue Bleecker

On s’est levé bien tôt samedi matin pour revenir. Aujourd’hui l’acheteur est revenu. Vers quatre heures de l’après-midi j’ai entendu un doux tac-tac-tac. « Y a quelqu’un ? » je me suis demandé. Tac-tac-tac. Je me lève du canapé où j’avais le portable (le wifi ici, c’est extraordinaire, tellement c’est fort !) et je vais vers l’entrée, où je ne vois qu’un manche blanche. J’ouvre la porte. C’est l’acheteur, en jeans et chemise blanche toute froissée, avec ses trois garçons — « my guys » ou « mes mecs », dont l’aîné était pas mal mais les deux autres étaient trop gros. « Bonjour, j’ai envie de montrer la piscine à mes mecs. » « Pas de problème, allez-y. » Plus tard il revient. « Je peux leur montrer les vues de la maison ? » « Mais entrez donc. » Il voit tout le mobilier qui reste dans le salon. « Vous savez, s’il vous faut plus de temps pour partir, il n’y a pas de problème. » Je lui remercie, en notant toutefois qu’ «une date limite nous fait du bien. » L’agente immobilière serait folle furieuse qu’il vienne comme ça sans « autorisation préalable » mais il est comme un garçon avec un nouveau jouet. Ça lui donne tellement de plaisir que ce serait méchant de se l’en empêcher.

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Le coucher de soleil de samedi soir

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Le petit yacht-club de « Colline de la Vigie »

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Vue du port

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Le restaurant où nous sommes allés manger samedi soir

Le copain est rentré à New-York par le train hier soir — dimanche — après une courte visite chez l’amie écrivain, à qui on a lu les critiques de l’opéra du Times et du Post. Ma sœur, mon beau-frère et mon neveu sont arrivés aussi ce soir-là. Demain c’est l’inspection obligatoire de la maison par un inspecteurs des pompiers avant de pouvoir la vendre — c’est prévu pour 8h30 !

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Les hortensias comme il faut — bleu néon !

Je suis tombé sous le charme du père du jeune qui vient tondre la pelouse — malheureusement je n'arrive pas à lui faire comprendre mon attraction. (Le copain en est au courant et il s'en fiche, sachant trop bien la puissance limitée de mes pouvoirs d'attraction.)

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Et c'est là où je me sauve pour combattre la chaleur

C'est pareil avec le beau type qui s'occupe de la piscine torse nu, que je n'ai vu malheureusement qu'une fois — mise en scène de film porno tout ce qu'il y avait de plus prometteur, sauf qu'il a refusé de me regarder tout en nettoyant la piscine. Ma sœur en a ri, la salope.

juillet 14, 2006

Festa gallica

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Désolé pour la mauvaise qualité de cette image piquée je ne me rappelle plus où mais je souhaite aux Français une excellente fête nationale.

juillet 07, 2006

Partitio

La succession « matérielle » (je ne suis pas avocat et je ne sais pas si cela se dit comme ça en français légal correct) de ma mère prendra fin ce mois avec la vente de la maison et la distribution de ses possessions, qui seront partagées entre mes sœurs et moi ou vendues avant de remettre la maison, dûment passée au balai (« broom-clean » en anglais dans le contrat de vente), au nouveau propriétaire. C’est pour surveiller tout cela que je m’installe à la campagne pour quelques semaines, jusqu’à la fin du mois de juillet. C’est une obligation mais ce n’est pas vraiment une corvée, puisqu’il y a la belle piscine, une plage à cinq minutes de marche à pied, et beaucoup d’amis à « Pierreville », et tout le reste. Le copain devra rester à Manhattan, bien sûr, où son entreprise trouve de plus en plus de clients (youpi !). Ma sœur et mon beau-frère y viendront pour quelques jours, pour participer à l’emballage des services d’assiettes et de verres (ça, c’est vrai, c’est plutôt une corvée !) qui nous épargnera, selon le devis du déménageur, environ 4.000 $. Dimanche matin on compte faire le partage du mobilier à l’aide de points de couleurs différentes que chacun de nous apposera sur un meuble à tour de rôle après un premier coup de dés pour choisir celui qui commencera (c’est une méthode de partage que plusieurs amis expérimentés nous ont suggérée). Une fois le partage décidé, je pourrai ensuite faire venir une amie antiquaire à qui je vais offrir en vente tout ce qui reste (un plus, ma mère l’aimait bien aussi et avait de temps en temps acheté des choses chez elle). Plus tard je discuterai des dispositions particulières éventuelles avec le chef des déménageurs. (Je reviendrai peut-être à New-York le jeudi prochain pour une nuit avant de repartir, avec le copain et un ami à nous, le vendredi suivant.)

Tout le monde est soupçonneux de la mort de Ken Lay — certains croient au suicide, d’autres se demandent si l’on va vraiment ensevelir le corps de M. Lay. Tous les procès contre lui sont, j’ai entendu, automatiquement annulés, puisqu’il ne peut plus se défendre. Je ne sais pas si sa succession est sujette à des procès futurs de dommages et intérêts.

Pour moi, ce qui se passe en Corée du Nord est moins intéressant que ce qui se passe en même temps au Mexique avec la présidentielle disputée. Demain le candidat de la gauche convoque un énorme rassemblement de ses partisans au Zocalo, au centre de la capitale. Je me demande, moi, comment aurait réagi notre Cour suprême devant un tel rassemblement.

Et dimanche après-midi on regardera le match France-Italie à 14 heures. Go France ! of course.

juillet 05, 2006

Pro Sophia

Pour Sophie, qui avait bien remarqué que la photo publiée n'avait pas montré le baise-main dont j'avais parlé. Le voici.

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La politesse à la française se manifeste dans les endroits les plus insolites

juillet 04, 2006

Insula aquæ — Pars quarta

On a voulu rentrer à Manhattan aujourd'hui mais il n'y avait que très peu de ferries qui partaient de l'Île d'Eau et il nous a fallu donc nous rendre par taxi aquatique aux Pins pour y prendre le ferry qui fait la traversée de la Grande Baie du Sud une fois par heure pendant les heures de pointe.

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La jetée « municipale » dans l'Île d'Eau, d'où l'on est parti pour rejoindre le ferry au départ des Pins

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Des drapeaux américain et français flottent au-dessus d'une maison

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Dans le port des Pins, décoré pour la Fête nationale et pour l'arrivée traditionnelle des Travestis « envahissants » de la Ceriseraie, la communauté gaie voisine

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Devant la discothèque — avez-vous remarqué le gracieux baise-main fait par l'employé du ferry à une photographe venue pour l'Invasion ?

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L'arrivée du ferry de midi

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Le ferry au quai

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La discothèque de quartier — anciennement nommée Le Pavillon — je ne sais plus comment elle s'appelle maintenant

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Les boutiques — un café, un marchand de boissons fortes, un fleuriste — les nécessités, quoi !

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Le nouvel Hôtel Ciel (en français dans le texte)

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La terrasse du bar-restaurant À la Baleine bleue

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Sur le quai devant l'épicierie « Garde-Manger des Pins »

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Des drapeaux arc-en-ciel et américains flottent sur les jardins de ces maisons au bord de l'eau

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Il fait beau, on s'est assis au premier étage du ferry, ouvert au ciel, on passe ce voilier qui nous rappelle la mer aux alentours du Connecticut

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Après un trajet assez ennuyeux, on arrive chez nous et le copain, qui avait couru dimanche matin sur la plage sans porter des chaussures, décide d'aller aux urgences, qu'on voit ici, pour qu'on inspecte les ampoules « de sang » qu'il s'est faites aux orteils

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Aux urgences j'avais regardé un peu le match Allemagne-Italie et il y avait d'avides spectateurs dans plusieurs restaurants italiens du quartier — des cris de joie ont résonné lors de la victoire de l'équipe italienne

Insula aquæ — Pars tertia

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On a obligé le copain à faire de la pâte à pizza

C'est ici où le copain montre ses talents de cuisinier (et surtout de pâtissier).

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Le copain étend la pâte à pizza

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Le copain berlinois de l'ami galeriste est chargé de la cuisson au gril

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Une pâte un peu déformée

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On ajoute les ingrédients

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Et avec un peu de fromage italien

On est passé aux Pins (la grande métropole gaie de l'Île du Feu) pour assister à la « cérémonie » célèbre du « Thé d'en-bas » (et de profiter de notre bref séjour pour nous acheter quelques vivres qui nous manquaient à l'Île d'Eau).

lowtea.JPGOn s'assemble vers 18 h sur la terrasse du café-restaurant À la baleine bleue pour prendre le thé — ou plutôt de la vodka !

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La foule se serre

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On rentre chez nous par taxi aquatique

Pour voir le reste des photos, il faut lire le billet suivant (je m'excuse pour toutes ces coupures mais je ne veux pas me brouiller avec l'ami péruvien qui me prête son serveur gratis).

Insula aquæ — Pars secunda

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Des fruits et des légumes sur le comptoir de la cuisine

Le week-end continue par ici.

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La salade Niçoise que j'ai préparée moi-même !

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Une maison anciennement louée par l'ami galeriste qui a été reprise par les propriétaires — on y puise des puits artésiens

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On décore les chemins avec des coquillages blancs — c'est utile le soir

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Le ferry nous apporte les journaux de dimanche et de nouveaux visiteurs

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Un chemin couvert de verdure

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Certains transbordent leurs bagages pour aller par bateau chez eux

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Les gardes de la forêt nationale roulent en voiturette

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La maison de l'ami galeriste vue du côté de la baie

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On prépare de la sangria pour un cocktail d'amis

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Quelques-uns des invités sur la terrasse

Pour plus de photos, il faut aller au billet suivant. (J'ai peur de faire planter le serveur si je fais des pages trop lourdes.)

Insula aquæ — pars prima

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On a quitté Manhattan le vendredi matin à 8h30

Bon, on n’a pas trouvé de wifi à l'Île d'eau mais cela ne m’a pas empêché de prendre plein de photos du week-end et de la fête nationale, marquée avec un certainélan par les Nord-Coréens, d’après ce qu’on nous raconte ce soir. Ah, bon, faut surtout pas qu’on s’ennuie dans les affaires étrangères.

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Au revoir, Manhattan

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Première étape : on passe chez le Costco pour acheter de quoi manger pendant cinq jours — il faut prévoir !

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Notre contribution a évidemment contribué, de manière positive, à la balance commerciale française

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Deuxième étape : chez la marchande de légumes sur la route du ferry

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La petite billetterie du ferry qui nous transportera vers l'Île d'Eau

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On est embarqué dans le ferry — tous les bagages sont en arrière

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Le petit salon de la maison

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Le premier déjeuner, sur la terrasse au bord de la Grande Baie du Sud

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Un visiteur importun — ça adore manger les fleurs !

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Les maisons qui donnent sur la mer à l'Île d'Eau

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La plage

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Notre premier coucher du soleil

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La table dressée pour le dîner (on a préparé du poisson)

Pour le reste du week-end, il faut aller au billet suivant.