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août 30, 2006

Hortus meus

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Au cœur du Village — sous un ciel bien gris

C’est un Français bien connu qui nous a conseillé de cultiver nos jardins au lieu de perdre notre temps vainement, c’est-à-dire dans la politique ou dans d’autres divertissements publics du même genre et j’ai bien l’impression que, pour le meilleur ou pour le pire, je me permets un bref moment de décontraction dans mon énervement devenu, hélas, habituel devant les bêtises de la politique des Cheneyites avant les élections de novembre. Je m’amuse donc à meubler l’appartement à la campagne avec les restes de l’ancienne maison et avec les quelques morceaux que j’ai gardés de chez ma mère. En bon pédé qui subit un accès de fièvre de la décoration, j’ai envie d’y mettre des bougies un peu partout — c’est un peu l’effet Dracula que je cherche — le bonhomme à la cape qui mène ses invités affolés au salon en tenant à la main un chandelier en argent avec cinq bougies noires — je sais que c’est un peu curieux pour un appartement plutôt Bauhaus ou son cousin cadet « International Style » à la Tel-Aviv, c’est-à-dire, construit sans élégance avec des matériaux pas toujours les meilleurs avec des murs tout blancs et des portes-fenêtres aux persiennes verticales inox. Je cherche aussi un lit de campagne pour servir de canapé et de lit supplémentaire dans le salon, de ce genre (et j’aime beaucoup le baldaquin). Mais voilà le défi que je me donne. Hé oui, il faut s’amuser comme on peut.

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Voici mon mentor de décoration

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Dans la 6e avenue, appelée aussi (officieusement et par des gens qui n'habitent pas New-York) l'avenue des Amériques

Il est toujours agréable de découvrir une boutique utile mais jusqu’alors inconnue — c’est l’ami estimateur qui m’en avait donné l’adresse quand je lui avais demandé hier soir un conseil pour la réparation d’un chandelier (voir ci-haut pour l’ explication de la nouvelle nécessité de chandeliers dans ma vie) que j’avais cassé chez ma mère il y a plusieurs mois. Je l’avais pris dans la main et l’avais retourné pour inspecter la base et hop ! la colonne s’est tout de suite détachée de la base pour tomber bruyamment par terre. Et cela, devant ma sœur (pas de chance). Donc, je me suis senti obligé de le réparer, coûte que coûte, et l’ami estimateur m’a donc signalé cette étrange boutique de vente, d’achat et de réparation d’argenterie qu’est Jean’s dans la 45e rue ouest.

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Dans la 45e rue ouest

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La façade de l'orfèvrerie Jean's dans la 45e rue

Éblouissant, comme il fallait. Des services à café en argent dans tous les styles, des bols, des salières, des machins en argent d’usages impossibles à deviner. Ils m’ont donc pris mon chandelier cassé et vont m’appeler pour me donner le devis pour la réparation.

Quittant l’orfèvrerie, je me suis dirigé inévitablement vers la http://www.coliseumbooks.com/ librairie Coliseum qui se trouve dans la 42e rue ouest, juste devant la façade nord de la Bibliothèque publique. Là je me suis permis de subvenir encore une fois à ma toxicomanie favorite — l’achat de livres pour lesquels je n’ai plus du tout de place ! J’ai donc acheté le Petit Larousse illustré 2006 et une biographie illustrée du compositeur Richard Strauss mise en solde de fin d’été. Deux bouquins seulement, c’est pas la fin du monde, nom de nom (expression apprise en Bretagne) !

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La 42e rue ouest

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Devant l'immeuble Grace dans la 42e rue ouest

On dîne ce soir avec l’ami galeriste, qu’on emmènera à notre bistrot du coin.

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Sur le trottoir devant le restaurant Sant Ambrœus

On ne sait jamais quand on en aura besoin (dîner chez des parents républicains, par exemple, ou chez des homos qui font semblant d’être hétéros et qui sont donc fondamentalement mensongers, état pathologique pour un grand nombrede républicains purs et durs) mais si besoin est, voilà une très utile Pseudométrie chronologique de la guerre en Irak, trouvée chez Kevin Drum.

août 29, 2006

Nefasta

Sont venues les pluies, les premières de l’automne à venir. Il y aura encore de beaux jours chauds et ensoleillés, mais l’été, on le sent sans même y réfléchir, est fini. C’est bientôt la rentrée : comme beaucoup d’autres, j’ai deux débuts d’année, dont l’un est le 1er janvier traditionnel et l’autre le mardi après la fête du Travail (anciennement « fête de l’ouvrier »), qu’on fête ici, suite à un accord établi en 1884, le premier lundi du mois de septembre. Le soir arrive plus tôt. Un petit frisson fait penser aux pulls dans le placard qu’on n’a pas vus depuis le mois de mai.

L’ami galeriste vient de me téléphoner pour me dire que son petit ami berlinois lui avait dit qu’il sortait à présent avec quelqu’un d’autre à Berlin et qu’il ne pouvait plus donc continuer avec l’ami galeriste. L’ami galeriste avait du mal à parler entre les sanglots. C’est toujours pénible, ce genre de situation, surtout quand on sait qu’il n’y a vraiment rien à faire à par quelques mots de consolation assez débiles. Il n’avait pas pu dormir la nuit hier soir (j’ai horreur de cette douleur psychique qui déchire tout !) et il ne sait pas si son ex rentre à Berlin ce soir ou demain soir, mais il a envie de se coucher très tôt, ce qui se comprend. Je lui ai quand même proposé de passer chez lui cet après-midi pour le distraire un peu avant qu’il ne se mette au lit — dans de tels moments il est toujours plus facile, je pense, de dormir après avoir avalé plusieurs bouteilles de vin et il est préférable qu’on le fasse en compagnie, et non pas tout seul.

août 28, 2006

Extrema aestate

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Le célèbre bar Stonewall va fermer — le local est à louer

L’humidité ce matin est à 94 %, je le sais avant d’aller le confirmer sur wunderground.com parce que j’ai la peau qui me démange — je me paierais bien un « grattement corporel entier », mais même les Chinois sympas et commercialement avertis de la rue Christopher n’offrent pas cette félicité épidermique. Et pourtant, je me rappelle avoir lu quelque part que le brossage sur peau sèche fait du bien.

En fin de compte, en dépit de toute notre bravade arrogante, aussi bruyante qu’incessante, il faut avouer que nous sommes un peuple peureux. Les deux partis, ils cherchent tous les deux à profiter bien sûr de cette lâcheté citoyenne dans les élections à venir — les républicains diront que, grâce à eux, on n’a plus eu d’attentats, et les démocrates, eux, affirmeront qu’on est moins sûr que jamais — l’histoire de sécurité portuaire et des conteneurs toujours non inspectés à l’appui.

Nous prépare-t-on (pour la énième fois) une guerre en Iran tout utile ? Certains auront besoin d’un peu de distraction avant les élections de novembre.

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Le bar du restaurant de quartier Sazerac House dans la rue Hudson, qui a été vendu et qui va devenir un restaurant « plus moderne » au nom, peut-être, de Bayard's

Je viens de terminer les mémoires de Gore Vidal, intitulées Palimpsest. Il peut être plutôt énervant, ce M. Vidal, tant il se présente comme le seul qui ait correctement prévu tel ou tel développement politique ou culturel (la mort du roman, la fin du théâtre) mais il est toutefois vrai qu’il offre, même dans cette biographie qui date de 1994, à l’époque où il vivait toujours en Italie, à Ravello. Il sait tourner des phrases («…before the great sullenness spread over the land » à propos de lettres envoyées à la mère par son fils, jeune militaire que Vidal a aimé — en toute probabilité son seul amour) et aussi sait en répéter de bonnes, comme celle-ci, attribuée à Staline, en réponse à Lady Astor, qui lui avait demandé « Maréchal Staline, quand est-ce que vous allez cesser de tuer les gens ? », « Lady Astor, the undesirable classes do not liquidate themselves. » (Il faut avouer que Staline n’avait pas tort, le bonhomme.)

J’ai envoyé cet après-midi par Federal Express le contrat de location pour le petit appartement à la campagne — ai-je mentionné que les propriétaires eussent d’abord refusé avant d’accepter mon offre ? Je leur ai donc envoyé ma demande officielle, le contrat signé par nous deux, le constat d’absence apparente de plomb dans la peinture du local (miam, j’ai toujours envie de manger de la peinture au plomb — c’est tellement bon et puis j’ai depuis longtemps abîmé mes neurones), tous ces documents accompagnés de deux chèques, dont l’un pour le loyer du mois de septembre et l’autre pour la caution d’un mois. J’espère que les chèques les convaincront de nous approuver.

Hier matin le copain a couru le demi-marathon de Manhattan patronné par Nike — il a dû se rendre à la 5e avenue à l’angle de la 90e rue à 6 heures, l’heure à laquelle il avait un rendez-vous avec l’ami ex-Marine qui allait courir aussi. Il est rentré chez nous à 9h45 — on avait fermé pour « travaux » (malin, non ?) plusieurs stations de métro autour de la rue du Mur — et puis on a invité les parents à nous rejoindre pour déjeuner dans le quartier.

Samedi soir on est allé chez des amis à Brooklyn, dans le quartier de la Colline de Boerum — l’un des deux est toujours sans papiers. D’origine bangladeshie, il a des ennuis avec l’Immigration à cause de sa mère, qui n’a pas rempli les formulaires corrects il y a quinze ou vingt ans, quand la famille est arrivée en Californie. Il nous a préparé un cette ceviche à la mexicaine. On n’est pas resté longtemps puisque le copain avait besoin de se coucher très tôt — ce qu’on n’a toutefois pas réussi, nous mettant au lit vers minuit et puis j’ai eu une insomnie et voilà, on n’était pas, euh, tout frais, tout reposé ! Ce matin je me suis levé à 6 heures et demie, c’est l’oiseau matinal qui attrape le ver (mais maintenant il me faut définir en quoi consiste, précisément, mon « ver », n’est-ce pas ?)

août 23, 2006

Urbi

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De vieux immeubles dans la 6e avenue, dans le Village

On a voulu profiter du beau temps pour se promener un peu lundi soir — le copain et moi, nous avons pris rendez-vous à la librairie Barnes & Noble dans la place de l’Union au rayon Sci-fi au 4e étage. Là on a finalement acheté un bouquin sur la finition des abdos — on est des pédés, quoi ! et c’est plus fort que nous — avant de nous promener un peu dans l’East-Village où le copain a voulu dîner au restaurant végétarien Angelica Kitchen dans la 12e rue est. En principe je ne suis pas contre la cuisine végétarienne, mais en fait je la trouve plutôt fade, et la clientèle est pire que ça — c’était plein de jeunes femmes maigres aux mines pâles qui mangeaient tout lentement des bols de potages au maïs et aux courgettes. Moi j’ai pris un chile aux trois sortes d’haricots qu’une poignée de viande hachée aurait nettement amélioré, mais bon, « à Rome, faites… »

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Dans la place de l'Union — désolé pour le contraste diffus de la photo — mon appareil photo n'arrive pas à régler le contraste quand il y a trop de soleil

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Graffiti qui m'a fait sourire

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On construit dans l'East-Village

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Et le nouvel immeuble résidentiel dans la place Astor

Mardi on est sorti avec l’ami parisien et l’ami galeriste pour voir la revue Kiki and Herb : Alive on Broadway (dont voici une critique éclairante et une autre, plus élogieuse, du critique du Times) au théâtre Helen Hayes, une toute petite salle cosy comme on en trouve à Londres, dans la 44e rue ouest. Nos places étaient au balcon (appelé « mezzanine » dans le langage abscons des salles de spectacle new-yorkaises, sans qu’il y ait pourtant un balcon au-dessus de cet étage « moyen »).

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De la francophobie gratuite dans une publicité pour l'eau minérale Fiji, mise en bouteille, on dit, au Fidji — moi je ne vois pourquoi on devrait préférer l'eau venant du Pacifique à celle qui nous vient de l'Europe

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En route vers la place du Temps

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Dans la place du Temps

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Au numéro 1, place du Temps

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Dans la 44e rue — on voit l'ex Pan Am Building au fond

C’est difficile à décrire, le spectacle, mais voici deux citations qui fourniront, j’espère, une idée du ton d’ironie distanciée qui souligne tout le spectacle : « I always said if you weren’t molested as a child, you must have been an ugly kid » et « Somebody’s house always burns up on Christmas » (titre de chanson et refrain). C’était assez anarchique — la chanteuse de cabaret Kiki parle toujours en monologue souvent assez décousu (et drôle) et ça leur est égal d’étendre une scène en la forçant un peu, ce qui a beaucoup énervé l’ami galeriste. L’ami parisien l’a trouvé plutôt marrant mais difficile à suivre (et pourtant il parle anglais très bien et il est en plus très au courant de l’actualité et de la mode américaines.) Le copain, qui n’est pas très branché, n’a compris que la moitié des plaisanteries. Pour moi, il faut surtout avoir un goût pour un style très « downtown » et moqueur.

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Devant le théâtre

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Le rideau rouge

Après le théâtre on est allé dîner dans un restaurant super américain au nom du Strip House, dans la 12e rue est, où l’on a pris de la viande — un filet mignon pour l’ami galeriste et moi, des New York strip sirloins pour l’ami parisien et le copain. En plus d’être très américain, le restaurant était aussi super macho — il y avait beaucoup de tables où il n’y avait pas de femmes — on aurait presque pu s’imaginer dans un restaurant gai, sauf pour les coiffures démodées d’agents immobiliers et de courtiers hétéros.

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On a bu un bordeaux pas trop cher

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L'ami galeriste a aussi commandé un morceau énorme de gâteau au chocolat

Aujourd’hui j’ai déjeuné à côté de Jake Gyllenhaal — barbu, il était souvent au téléphone, expliquant à ses interlocuteurs qu’il se trouvait à New-York et qu’il serait plus tard à Los-Angeles. Mon client assis devant moi n’avait aucune idée de qui était assis à côté de lui — c’est pour ça que certains acteurs préfèrent habiter New-York (mais pas tous !)

Je ne sais toujours pas si j’ai l’appartement à la campagne. Aucune réponse à ma proposition. (On vient de me téléphoner pour me dire que le propriétaire ne s’intéresse pas du tout à ma proposition de paiement à l’avance, puisque cela ne l’arrange pas pour ses propres impôts. Bon, la recherche recommence.)

août 21, 2006

Vita pagana

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La façade de mon salon de coiffure dans la rue Christopher - Free Time — très « accueillant aux gais » et pas cher, $15 la coupe !

On a passé un agréable week-end à la campagne, le copain et moi — lui il allait faire une course de voile dimanche autour de l’île de Fisher, un circuit assez long pour lequel il aurait fallu compter au moins neuf heures (et plus, en toute probabilité) pour compléter, mais l’un des trois membres de l’équipe a dû décommander, pour une raison assez drôle — sa mère est en visite et elle est tellement difficile qu’il n’a finalement pas osé la laisser seule avec sa femme toute la journée. On est descendu chez une amie, partie sur la côte du Maine, qui nous avait laissé sa maison.

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Le lit de l'amie chez qui on est resté se trouve dans une sorte de tour qui donne sur le quartier et la mer

Samedi il a fait très beau et le matin, le copain étant parti courir, j’ai téléphoné pour avoir des renseignements sur trois appartements à louer que j’avais vus dans les petites annonces. Oui, j’ai décidé de louer un appartement au village qu’on a quitté l’année dernière — voici le sens de mon raisonnement : on connaît trop de monde là-bas, on y a trop d’amis, c’est bête de les laisser tomber comme ça, si l’on a un appartement pas cher, on peut y aller aussi souvent qu’on veut sans avoir l’air de « gaspiller » quelque chose d’important, on ferme à clef et on s’en va, pas de soucis. Je suis donc allé voir trois appartements, dont un était impossible (deux pièces au 1er d’une vieille maison découpée en appartements) et les deux autres plus ou moins acceptables. J’ai finalement décidé de prendre celui qui a une énorme vue sur une baie (je ne sais pas si le propriétaire va être d’accord — je lui ai fait une proposition pour moi un peu curieuse, mais qu’on m’avait fortement recommandée — on offre une somme pour toute l’année en comptant, ce qui est bien sûr nettement réduit de ce qu’on payerait en lui versant le loyer mensuel pendant douze mois, mais le propriétaire est par contre sûr d’être payé sans histoires éventuelles. (NDLR: cette méthode ne marche pas du tout à New-York.) L’agente immobilière vient de me téléphoner pour me dire qu’on avait passé la proposition au propriétaire. Donc, on verra.

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La vue de l'appartement qui se trouve au 1er étage

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Dis, tu te fous de ma gueule ou quoi ?

Samedi on a déjeuné avec la nonagénaire amie du copain — elle est adorable et j’adore la taquiner — et à dix-huit heures, après mes visites d’appartements, on est allé à un cocktail offert par la veuve d’un éditeur qui partage sa vie entre le village et un appartement dans ce quartier un peu vieillot mais plein de charme d’un New-York qui n’existe presque plus — c’est-à-dire, aux « East Fifties ». Elle habite avec un perroquet bruyant au nom de Henry — il leur a fallu des années avant d’apprendre qu’il s’agissait en fait d’un perroquet femelle.

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Le perroquet Henry, bête femelle en dépit de son nom

Notre hôtesse était la fille d’un grand journaliste américain basé en Europe avant la guerre de 1939, H R Knickerbocker, ami aussi des parents de l’amie écrivain, dont le père capitaine de vaisseau était lui aussi en poste à Paris.

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Dans le jardin de l'amie écrivain — du mobilier de jardin en fil de fer de l'époque victorienne

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Le banc de jardin venu de notre jardin à nous, ça a l'air plus content ici, dans un jardin proprement célèbre !

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Des tomates au potager

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Le porche où l'on a pris un verre avant le dîner

On est allé dîner chez l’amie écrivain — on était quatre : l’amie écrivain, moi, le copain, et conservateur d’art-leveur de fonds (oui, oui, je sais, c’est curieux comme description de métier) — l’un de ces pédés qui se disent « républicains » pour « maintenir les traditions politiques de ma famille » (beurk multiplié à l’infini pour ce genre de raisonnement, mais on ne fait pas scène chez l’amie écrivain, qui, démocrate pure et dure, apprécie pourtant toutes les attentions que lui fait ce type. On a commencé avec un « émerveillement » de tomates de toutes sortes — rouges, pourpres, jaunes, vieilles, rondes, etc. — toutes venues du jardin potager de l’amie écrivain et accompagnées d’une sauce mayonnaise à l’estragon. Ensuite on a eu des pâtes al pesto, le basilic venant aussi du potager.

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Le plateau de tomates assorties

Quittant l’amie écrivain vers dix heures, on est allé prendre un dernier verre au bar-restaurant dans la rue de l’Eau, où nous avons été salués par la propriétaire qui s’est assise à notre table pour parler politique (par exemple, serait-il diplomate de faire une fête pour un candidat démocrate qu’elle favorise tandis que son rival républicain — qui est déjà à la Chambre des Représentants — est bon client et aussi assez bien vu dans le village ?) et de n’importe quoi.

On est rentré à Manhattan dimanche soir après avoir invité un ami, notre ancien voisin de derrière chez nous, veuf, à dîner avec nous — il est très marrant, il veut vendre sa maison mais il faut qu’il la débarrasse d’abord de toutes les affaires qui se sont accumulées dans la maison (et surtout au grenier et au sous-sol) depuis quarante ans — quelle corvée !

Ce lien date de quelques jours (une éternité pour la carnétosphère) mais pour ceux qui ne l’auront pas encore vu, c’est assez drôle : Atrios).

Bush a fait une sorte de conférence de presse ce matin — je n’arrive pas à l’écouter parler, tellement il vacille entre l’hésitation, l’arrogance et la débilité. Comme le répète Billmon, c’est le régime Cheney qui est au pouvoir aux Etats-Unis — le pauvre Bush n’est que la façade publique.

août 18, 2006

Dies natales

Je suis désolé d'avoir oublié de souhaiter une Bonne Fête aux Acadiens le 15 août.

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Même la police est plus décontractée en août

Bon, mes obligations, euh, « domestiques » les plus immédiates sont satisfaites — on a fêté l’anniversaire du copain mercredi soir avec un grand dîner de gala. (Pour le copain, fêter les anniversaires est très important — en plus, il aime bien les cadeaux.) Non, ce n’était pas son anniversaire « historique », qui aura lieu ce samedi, mais comme il est souvent difficile de fêter un anniversaire en août à New-York (trop de gens en vacances), il est absolument impossible à le faire un week-end d’août (tout le monde est parti). Donc je me suis décidé de le faire un mercredi soir — il y avait pourtant deux couples d’amis qui n’ont pas pu accepter l’invitation, les uns parce qu’ils se trouvaient à l’île du Feu et les autres parce qu’ils allaient à Philadelphie pour l’anniversaire d’un père.

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En route vers les parents du copain — la belle résidence du consul général suédois dans l'avenue du Parc

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L'entrée discrète du restaurant Le Cirque

C’était une surprise et personne n’en a dit mot au copain. Ses parents m’ont aidé à monter le coup — on est passé chez eux, où sa belle-mère a annoncé tout platement qu’il fallait qu’on passe au bar du restaurant Le Cirque avant d’aller dîner — le copain a haussé les épaules et l’on s’est mis en route à l’heure déterminée. On entre, on est agréablement salué par le maître d’hôtel, un Italien au nom de Mario, il nous dit « Suivez-moi » auquel le copain exclame : « Mais, on ne mange pas ici, non ? » On se faufile entre les tables et les serveurs jusqu’à une grande table où sont assis tous les amis. Le copain en était pantois — le résultat désiré, bien sûr.

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Vue de la tour Bloomberg du centre de la Cour Beekman

Y étaient présents plusieurs des grands personnages de ce carnet, dont l’ami galeriste, l’amie marchande de tableaux (tout heureuse parce que l’examen tant redouté depuis le début de sa seconde chimio n’a montré aucune trace du cancer), l’amie partenaire en course et son mari,et l’ami ex-Marine. Il y avaient aussi un grand ami parisien, de passage à New-York, et une professeur de droit venu de Cambridge, au Massachusetts. Une excellente compagnie pour fêter l’anniversaire du copain.

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Les derniers des petits fours

Le Cirque est un des grands restaurants classiques de New-York et c’est actuellement la troisième variante qu’on présente cette fois dans la 58e rue est, dans la partie « arrière » de l’immeuble Bloomberg. C’est beau et nettement supérieur au Cirque de l’hôtel Palace, sa deuxième situation après le départ de la 65e rue est, où le restaurant a commencé sa célèbre mission restauratrice. Il y avait plein de monde, dont la chef de la rubrique mondaine du Daily News Liz Smith, le promoteur du World Trade Center Larry Silverstein, et l’actrice apparemment immortelle Joan Collins. Moi j’ai pris des sardines pour commencer et des côtes d’agneau pour mon plat principal — très correct, mais à vrai dire, les côtes n’avaient rien, à mon humble avis, d’extraordinaire. Mais les desserts, par contre, étaient exceptionnels — j’avais demandé qu’on nous amène un assortiment de desserts — on a présenté au copain un gâteau placé sur une drôle d’assiette élevée à laquelle on a versé de l’eau pour que la neige carbonique mise autour commence à fumer d’une façon assez dramatique.

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« On est gai mais on n'a jamais couché ensemble — on n'est que des « best friends » pour la vie » — c'est qu'ils nous ont dit, ces deux-ci !

Quittant le restaurant, on a continué à faire la foire dans le village, au bar Shag.

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Une boisson incroyable — martini Key Lime, avec des morceaux de croûte de tarte autour du bord du verre !

On n’était pas, vous vous en douterez, tout à fait en forme le lendemain — mais je n’ai pas pu refuser l’invitation de l’ami parisien de passer l’après-midi avec lui et l’ami galeriste ainsi qu’avec un ami italien à eux, superélégant (moi, je me suis senti comme un clochard à côté de lui) et très sympa, qui travaille pour la maison de couture italienne Max Mara à Milan. On a déjeuné dans notre restaurant milanais du coin, Sant Ambrœus, où l’on était assis à côté de l’auteure branchée Plum Sykes et deux amis anglais.

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Vue du bar au restaurant Sant Ambrœus dans le Village

Ensuite j’ai accompagné l’ami parisien qui voulait acheter du tissu qu’il avait trouvé dans une drôle de boutique d’antiquités et d’objets curieux Paula Rubenstein dans la rue Prince, au numéro 65. Ensuite l’ami parisien a voulu acheter une fausse montre Cartier dans la rue du Canal — il a fallu passer dans plusieurs boutiques avant d’en trouver une. De là on a pris le métro pour la place de l’Union d’où on est allé au magasin J. Crew dans la 5e avenue. Là l’ami parisien et l’ami galeriste se sont épris tous les deux d’un jeune vendeur — ils ne sont vraiment pas sortables, ces deux-là !

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Il nous a fallu monter au 1er étage du magasin Crate & Barrel dans la rue Houston pour pouvoir voir en entier cette pub assez porno où il ne s'agit pas de « tube socks » dans le sens commun des mots (chaussettes longues) mais plutôt de l'« empaquetage » d'un « tube » particulier dans un slip (pour les New-Yorkais, cette pub se trouve tout au-dessus de la grande pub DKNY à l'angle de la rue Houston et de Broadway)

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Des antiquités au sous-sol d'un antiquaire et vendeur de curiosités que l'ami galeriste apprécie — il s'appelle De Vera et nous vient de San-Francisco, ce qui explique l'ambiance élégante assez asiatique

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L'extérieur sobre du magasin De Vera

On s’est quitté vers 17 heures dans la 7e avenue — l’ami parisien et l’ami galeriste allaient au théâtre. Le copain, comme moi, était plutôt crevé et nous étions contents de rester chez nous à regarder la télé et à jouer, dans le cas du copain, au Monde de l’art de la guerre, où il vient d’atteindre le niveau 30 !

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Un embouteillage bruyant dans le Broadway, à l'angle de la rue du Canal

On part ce soir pour la campagne. On passe le week-end chez une amie à « Pierreville ». Je vais essayer de trouver un petit appartement. On dîne demain chez l’amie écrivain qui a grande envie d’entendre parler de notre voyage aux Maritimes (elle adore les Canadiens — « tellement civilisés » selon elle). On va lui remettre des confitures locales achetées à l’Île-du-Prince-Édouard.

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La rue du Canal, avec la tour de la Place Confucius (hlm) au milieu du quartier chinois à New-York

Voici une vidéo marrante sur le marketing de l’iPod s'il était conçu et réalisé par Microsoft (trouvée chez Steve Gilliard.)

Et pour terminer ce trop long billet, je trouve que c’est trop cool, cette carte Google de l’archipel des Îles de la Madeleine, trouvée ici. Qu'en pensez-vous ?

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Vue des Îles-de-la-Madeleine, au Québec

août 14, 2006

Reversio ad Novam Eboracum

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Le bar dans l'une des salles à manger dans l'hôtel Northampton

Je suis toujours sous le charme de la vie insulaire qu’on vient de quitter — au lieu de mon WNYC usuel, j’écoute CFIM, la radio des Îles-de-la-Madeleine, où l’on me parle de l’ennuagement prévu pour cet après-midi. Et j’aime beaucoup la musique qu’on y joue — de la country québécoise, par exemple, et de bien jolies ballades pop qui démontrent sans aucun doute qu’on peut très bien chanter en français.

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Une partie du salon principal de l'hôtel

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La façade principale de l'hôtel le jour

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Notre chambre (on a ouvert les fenêtres)

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Le marché fermier

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Un mural féministe fait par une collective d'artistes femmes qui dépeint « L'histoire des femmes à Northampton »

On a passé samedi matin à flâner à Northampton — on a voulu faire du tour du campus du collège Smith, alma mater de l’amie partenaire en course du copain, où l’on voit des autocollants qui parlent ainsi : « Smith — Not a girls’ school without men, A women’s school without boys » — ce sont des pures et dures ! La petite ville de http://www.northamptonma.gov/ Northampton a tout ce qu’il faut — une excellente librairie, plusieurs librairies d’occasion, un grand hôtel, un tas de cafés et de restaurants pas chers pour étudiants, un petit cinéma, un marché fermier, et ainsi de suite. L’hôtel de ville néogothique a été bâti en 1849.

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La forteresse néogothique de l'hôtel de ville de Northampton

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Le premier bâtiment qui accueille les visiteurs au collège

Fondé en 1871, le collège Smith fait partie de ce qu’on appelle ici les « Sept Sœurs » — sept collèges pour femmes considérés les meilleurs, une version féminine de la « Ligue du Lierre » pour les collèges et universités autrefois pour hommes seulement.

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Un bâtiment néoclassique du collège

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Il y a même un lac au campus

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Le conservatoire au Jardin botanique du collège

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Dans le centre-ville de Northampton

Ayant acheté des muffins et un sandwich pour manger dans la voiture, on s’est mis en route pour New-York. Arrivés à Manhattan, nous avons appelé l’ami ex-Marine pour l’inviter à dîner avec nous. New-York est vide les week-ends d’août et l’on a facilement pu trouver une table chez Benny’s à l’angle de la rue Jane et de l’avenue de Greenwich.

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Un arroseur pour enfants dans le parc du fleuve Hudson

Dimanche le copain s’est levé de bonne heure afin de courir de chez nous au Village jusqu’au Parc Central, où il a fait le tour extérieur (les coureurs new-yorkais connaisseurs sauront de quoi il s’agit) avant de rentrer au Village par la piste de course qui longe le parc du fleuve Hudson. Une distance d’à peu près 15 milles. Moi je me suis remis à l’exercice au gymnase. Vers deux heures de l’après-midi, nous nous sommes décidés à aller voir le musée Intrepid, le porte-avions qui est amarré dans le fleuve Hudson aux environs de la 48e rue et l’autoroute du côté ouest.

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Il y a toujours des travaux sur les pistes piétonnes et cyclistes du côté ouestM

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La piste cyclable

On y est allé à pied — il ne faisait pas trop chaud et il était divertissant de regarder les cyclistes et les coureurs.

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Le nouveau Frank Gehry — et le premier à New-York (je crois)

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Non, ce n'est pas Saint-Tropez, c'est les quais Chelsea

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Les bars et les restaurants sur la barge amarrée juste au nord des quais Chelsea

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Il y a aussi, il paraît, une discothèque dans un des bateaux

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De nouveaux immeubles résidentiels autour de la 42e rue ouest

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Le Consulat général de la République populaire de Chine — un ex-hôtel où je suis descendu il y a très, très longtemps avant de partir en Europe par bateau

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La 42e rue ouest

A l’Intrepid il y avait du monde — et le billet d’entrée est plutôt cher, 16,50 $ pour un adulte, et les expositions qu’on y trouve sont assez simplistes et chauvines, niveau « patriotisme facile » à la Fox News. Le vaisseau est énorme mais on ne nous donne aucune idée de comment le matelot moyen y existait quotidiennement. On a exploré le pont de décollage, qui est impressionnant, rempli d’avions militaires de plusieurs pays.

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Vue du porte-avions

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Morceau du mur de Berlin — ça n'a rien à voir, évidemment, avec l'Intrepid, mais bon, on a tout de même défait le communisme — USA ! USA !

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Hello, sailor — ce jeune matelot faisait partie d'une expo de photos de gens qui avaient travaillé à bord le porte-avions

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On peut sentir les forces G dans des boîtes tournantes

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Le côté sud du navire

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Sur le pont de décollage

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Vue vers le milieu de Manhattan

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Un Concorde de la British Airways

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Une autre vue de la piste

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Un bateau touristique de la Ligne du Cercle dans le Hudson

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Deux avions militaires — celui de gauche est israélien, celui de droite français

Il y avait aussi un sous-marin mais la queue pour le visiter était longue, plus de 50 minutes d’attente. Donc le copain et moi, nous nous sommes dirigés, affamés, vers la 9e avenue, où nous avons mangé un déjeuner bien en retard sur le trottoir ensoleillé d’un restaurant dont j’ai oublié le nom. Ensuite on est rentré chez nous par le métro, puisqu’il était impossible de trouver un taxi libre (il était 16 heures, l’heure la plus impossible pour trouver un taxi à New-York, puisque c’est l’heure du relais des chauffeurs — les uns rentrent chez eux tandis que les autres commencent leur travail — voici un carnet Web intéressant écrit par un chauffeur de taxi new-yorkais — c’est un boulot qu’on ne leur enviera pas, je crois.)

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Vue de l'autoroute du côté ouest

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Dans la 9e avenue

août 12, 2006

Dies ultima (ad Novam Eboracum, cum pausa in Lesbos americano)

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Vue de l'île d'Entrée aux Îles de la Madeleine dans le soleil couchant, la veille de notre départ

Le copain et moi, ayant quitté les Îles de la Madeleine à huit heures du matin, nous sommes arrivés à Souris (prononcé « sou-risse » par les habitants anglophones de l’Île du Prince-Édouard) vers 13 heures. On a pris une nouvelle route pour nous rendre à Charlottetown, où il nous fallait surtout faire une escale à la boutique d’Anne of Green Gables pour acheter des cadeaux pour l’amie écrivain, l’amie marchande de tableaux, l’amie du copain et sa belle-mère — des confitures faites sur l’Île, des chocolats, etc.

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Le village de Cap-aux-Meules au crépuscule

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Les traversiers dans le port de Cap-aux-Meules

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Les bateaux de pêche et de plaisance

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Le petit sommet au port qu'on a monté la veille de notre départ

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Les Pas-Perdus, notre restaurant préféré, le matin de notre départ

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Notre cabine dans le ferry-boat — c'est plutôt chouette, non ? — il y avait aussi un wc et une douche

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Vue du petit promontoire qu'on avait monté le soir précédant

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L'arrivée des vieillards dans la cafétéria du traversier à l'heure du déjeuner — c'est-à-dire, à onze heures trente !

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On ouvre à Souris

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De nouveau à Charlottetown, on en a profité pour prendre cette photo de la façade du restaurant Off Broadway où l'on avait bien mangé quelques jours auparavant

De là on a continué notre route vers le pont de la Confédération (dont la traversée nous a coûté 40,50 $ C — c’est quand même une bonne affaire, je trouve) jusqu’à la capitale de la province du Nouveau-Brunswick, Fredericton.

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Une boisson gelée super qu'on a trouvée à une station-service de Petro-Canada quelque part dans le Nouveau-Brunswick

Là on a trouvé, grâce au portable du copain, une chambre à l’http://www.cpfredericton.com/ hôtel Lord Beaverton Crowne Plaza juste devant le fleuve Saint-Jean et dans la rue de la Reine. Un bel hôtel de 1947, il est en train d’être entièrement rénové, ce qui a fait qu’on n’a pas vu grand-chose de la façade. En apportant ses bagages à l’entrée, le copain était arrêté par un jeune militaire costaud en uniforme qui lui dit tout d’un coup dans un anglais avec accent : « Attention à l’araignée ». (On s’apprêtait à être informé qu’il y avait une haute personnalité descendue à l’hôtel.) On s’arrête. Il nous sourit d’une manière très attrayante et montre de sa main une araignée qui pend au-dessus de nos têtes de l’échafaudage qui enveloppe tout l’hôtel. On lui remercie d’une manière aussi attrayante que possible, vu qu’on n’avait pas l’avantage des uniformes sexy, et nous passons à la réception, où l’on découvre son camarade, lui aussi en uniforme supersexy de Ranger canadien, qui parle en français (ou plutôt en québécois, tellement c’est fort, l’accent) avec la jeune femme — il est aussi jeune et beau que le premier, si un soupçon plus voyou (non, non, je ne me plains pas) et il nous sourit lui aussi en prenant la carte clé que lui tend la jeune femme. Les deux s’en vont. Nous, on signe les papiers, on tend les cartes de crédit, on va à l’ascenseur pour monter à notre chambre et voilà, nos légionnaires sont de retour, ils montent aussi à leur étage. On se sourit poliment. Mais où est-on entré enfin, on se demande ?

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La vue de notre chambre

On a suivi la suggestion de la femme à la réception pour dîner — c’était satisfaisant, pas plus. C’est drôle, il y avait une couple de francophones derrière moi qui a persisté pendant tout le repas à parler en français malgré le peu de français que connaissait leur serveur — c’est cette persistance à insister sur ses droits qui m’impressionne chez les Québécois. Ça a un côté exaspérant, soit, mais pour sauvegarder sa langue, sa culture, c’est peu de chose.

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Le joli petit théâtre devant l'hôtel à Frédéricton

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Vue de l'Assemblée législative

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L'escalier un peu surprenant de l'hôtel

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L'hôtel sous l'échafaudage

Ensuite le copain a voulu visiter l’unique bar gai de la capitale néo-brunswickoise, qui s’appelle Boom, sauf qu’il n’y avait rien de très « boomant » ce soir-là. à cette heure-là, où l’on ne voyait que trois filles goths et une vieille tapiole en t-shirt (tiens, je dois bien lui ressembler) à l’air abandonné sur un tabouret (tiens, ça me ressemble de plus en plus !). On a pris des bières Moosehead qu’on a sirotées en écoutant de la musique « New Wave » des années 80 pendant dix longues minutes avant de dire bon soir au barman et de rentrer à l’hôtel, où nos militaires ne nous ont pas dit bonne nuit.

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La rue principale de la ville, la rue de la Reine

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La caserne des officiers

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La caserne des soldats

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Une traduction douteuse ?

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L'hôtel de ville, dans un style haut-Victorien

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Boom, le bar-disco gai de Frédéricton

Le matin suivant, le copain s’est levé pour courir le long du fleuve St-Jean où la ville a aménagé de longs et beaux sentiers sur les rives. On a ensuite fait un petit tour du centre-ville avec mon appareil photo. Fredericton est une belle petite ville et ses habitants ont l’air poli, ouvert, et bienveillant.

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Entrée à la galerie d'art Beaverbrook

Pour terminer notre visite éclair à Fredericton, on est allé voir la Lord Beaverbrook, une sorte de Rupert Murdoch de son époque, et elle offre des tableaux intéressants de Dali, de Botticelli, et de Turner, par exemple. Il y avait aussi une intéressante expo Rodin.

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Dans la file d'attente à la douane américaine

De Fredericton on a pris la route pour la frontière américano-canadienne près de Woodstock. À la douane américaine, je me suis rappelé combien les autorités américaines (police, douane, etc) sont arrogantes, paranoïaques et, finalement, politisées — on se sent presque coupable d’avoir commis une trahison en ayant quitté le Heimat (genre « What ? You mean America’s not good enough for you ? What are you, a terrorist ? »)

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Le Capitole de l'état du Maine à Augusta

La traversée du Maine était longue — le copain a voulu, vers 14 heures, manger un rouleau de homard (en anglais, « lobster roll », c’est-à-dire, de la chair de homard dressée d’un peu de sauce mayonnaise mise dans un petit pain tout mou de hot-dog — pour certains, dont l’amie écrivain, c’est une véritable acmé de la cuisine américaine) et donc on a quitté l’autoroute pour en trouver des rouleaux à la capitale du Maine, Augusta. On a vu le Capitole, terminé en 1832 aux dessins de l’architecte américain Charles Bulfinch. Mais rien ! C’est tellement pauvre, Augusta, qu’on n’y voyait que des magasins à cartes de base-ball et des prêteurs en gage — pas rassurant. On est donc retourné à l’autoroute pour continuer notre trajet.

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Un cheval prend l'air en voyageant sur l'autoroute

Il y avait un choix : faire escale quelque part ou continuer jusqu’à Manhattan. On a finalement décidé à faire escale chez les goudous à Northampton, dans le Massachusetts — c’est le Lesbos de l’Amérique du Nord — et l’on a trouvé une chambre dans l’hôtel Northampton, bâti en 1927, au centre de cette petite ville universitaire.

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Le grand lit dans notre chambre à l'hôtel Northampton

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Une machine à ozone (si, si) qu'on avait mis dans notre chambre pour la « purifier » (si, si)

On est allé dîner dans un restaurant à côté du campus du Collège Smith, qui s’appelle le Green Street Café. C’était délicieux et tout ce qu’il y a de plus « accueillant aux gais » , à commencer par notre serveur marrant.

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Au café de la rue Verte

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L'extérieur du café

Le copain lui a demandé où se trouvent toutes les lesbiennes ce soir et il nous a répondu avec un énorme sourire « Mais à cette heure-ci elles sont déjà chez elles avec leurs chats. » Ce n’était pas tout à fait correct, puisqu’on en a vu dans les rues de la ville quand on est rentré à pied à l’hôtel.

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Vue de l'hôtel Northampton hier soir

août 10, 2006

Dies sexta (de insulis Magdalenæ ad Villam Frederici)

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Une ruelle au Cap-aux-Meules — évidemment je n'ai pas pu résister

C’est curieux — on quitte les Îles et le soleil disparaît aussitôt. Peut-être les anglophiles anglophones de l’Île-du-Prince-Édouard préfèrent-ils le ciel couvert et gris de leurs ancêtres britanniques ?

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C'est ici où nous avons loués les vélos

Hier on a loué des vélos pour explorer une partie de l’archipel — on est allé du Cap-aux-Meules jusqu’à la Grave sur l’île du Havre-Aubert tout à fait au bout sud. L’île du Cap-aux-Meules a de douces collines mais la route vers la Grave est bâtie sur une longue dune plate, ce qui arrange pour pédaler, c’est sûr. Les collines recommencent sur l’autre île jusqu’à la descente vers l’ancien village de pêche côtière situé entre deux étendues d’eau, dont une baie et une lagune. Pour moi, c’était l’endroit le plus agréable qu’on ait découvert dans les îles — mais il se peut aussi que la partie nord offre des surprises. J’avoue que j’aurais voulu voir la bourgade d’Old-Harry, rien qu’à cause de son nom bizarre et parce qu’il s’agit d’une commune anglophone dans cette municipalité à 95% de francophones. Je suis toujours sensibles aux minorités.

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L'église St-Pierre à Cap-aux-Meules

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Les chalets aux teints divers à côté de la plage de La Martinique sur la route du Havre-Aubert

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Les marais et les dunes

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La route vers Havre-Aubert

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Quelques-unes des lagunes

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Notre destination

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Dans le sud des îles

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Bateau sur la plage

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Les anciennes maisons de pêcheurs à la Grave ont été converties en boutiques et en restaurants

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Une belle maison rouge

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Une maison délabrée que j'ai aimée

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La Grave

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Vue de la baie devant la Grave

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La marina à La Grave

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Encore des maisons de pêcheurs converties en boutiques

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On jète un dernier coup d'œil avant de quitte la Grave

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Une moto en bois devant un club de motocyclistes

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Dans les dunes à notre retour vers le Cap-aux-Meules

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Les dunes et la plage

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La plage de la Martinique

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Les îles sont connues pour leurs châteaux de sable

Je n’arrive pas à m’habituer à l’habitude locale de répondre « bienvenue » à un « merci ». Hier soir on est allé dîner une deuxième fois au Pas Perdus où le copain a pris des « pétoncles à la japonaise » — je n’avais jamais vu le mot « pétoncle » mais la veille un habitué du bistrot les avait commandés et ce que j’avais vu dans son assiette avait l’air d’être des « coquilles St-Jacques », on a donc osé en prendre et ils étaient superbes. Moi j’ai pris encore du flétan avec une délicieuse bière « blanche » brassée aux îles. Il y avaient deux guitaristes du Manitoba qui faisaient des merveilles sur leurs instruments — une foule de beaux jeunes gens sont entrés pour boire et pour écouter la musique. C’est vraiment un endroit sympa.

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Une autre vue de la plage

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Vers le nord

On est monté dans le ferry de retour vers 7 h 30 et à l’insistance du copain, on a pris une cabine (pas cher du tout, en fait) et après on est allé manger des petits déjeuners bien complets dans la salle à manger « de luxe» (par contraste avec la cafétéria « utilitaire ») — des œufs brouillés, du bacon, des pommes frites, du toast (voici encore une question surprise québécoise : voulez-vous du pain blanc ou pain brun ? Quoi ? me suis-je dit. Et puis, j’ai traduit : « white or whole wheat ? » Ah, c’est ça qu’elle veut dire.) Ensuite nous nous sommes retirés dans notre cabine confortable pour une petite sieste avant de descendre à la Boutique de Souvenirs où l’on s’est acheté des t-shirts et un drôle de tapis de plage, long et curieusement étroit, sur lequel était imprimée la carte de l’archipel dans un vert et un orange assez horribles, mais bon, on ne l’a pas acheté chez Hermès à St-Tropez non plus.

août 09, 2006

Dies quinta (Insulis Magdalenæ)

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L'île d'Entrée nous accueille à l'archipel

Ça y est — on est bel et bien arrivé au but psychogéographique de notre voyage, l’isolement physique et moral que je cherchais — les Îles de la Madeleine. Après quatre heures de croisière, on a tout d’un coup vu une forme floue apparaissant à l’horizon. C’était le promontoire de l’île d’Entrée, rude et déboisée, qui sortait de la mer grise. Et quel vent ! Les enfants se marraient à monter et à remonter les ponts en luttant contre ce vent fou.

On est arrivé au port vers 19h15 — un peu en retard, mais il faisait toujours beau. On a pris nos bagages à main pour trouver l’hôtel, qui était censé se trouver à dix minutes de marche de l’embarcadère. Ce qui était vrai.

On ne peut pas prétendre que la bourgade de Cap-aux-Meules soit d’une beauté ensorcelante — ça ressemble plus à ces endroits plus ou moins hippies avant qu’ils ne deviennent à la mode, avec des hôtels de luxe et les restaurants chers. C’est le cœur industriel des îles et le centre des services sociaux (hôpital, etc.) mais ce n’a pas beaucoup de charme.

Par contre, les dunes, les plages et les villages de maisons de pêcheurs sont extraordinaires.
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Un coup de soleil sur la mer

Hier soir on a dîné dans un endroit qui m’a rappelé des bistros à Ibiza, à Mykonos ou à St-Tropez il y a dix ans, quand il y avait encore des endroits sympas pas péniblement tendance. C’est le restaurant Les Pas Perdus, tenus par quatre patrons, dont un vient de Montréal et les trois autres sont des gens locaux.

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Des falaises rouges et blanches

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L'arrivé au port de Cap-aux-Meules

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Les Madelinots regardent l'arrivée de touristes et d'amis

Bourré de monde, surtout de jeunes hommes et de jeunes femmes, bronzés, mal rasés, aux cheveux longs, et ainsi de suite — c’est profondément décontracté (sans pourtant en souffrir), on y joue de la musique brésilienne, on boit du vin et de la bière, un certain monde se rencontre au bar, les petits enfants dans les bras.

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Dans le restaurant Les Pas Perdus

Et la cuisine est excellente — moi j’ai pris une assiette de saucisses et de viandes préparées aux îles et un filet de flétan aux tranches fines de pommes de terres bleues, tandis que le copain a une belle salade mixte pour commencer, suivi de côtelettes d’agneau superbes. Comme il faisait un peu frais, on a choisi une bouteille de bourgogne français un peu chère mais bon, on est en vacances. Vers dix heures des jeunes sont montés sur la petite scène pour faire un petit concert de rock ‘n roll pas mal du tout — et l’un des guitaristes n’était pas mal non plus. Une très agréable introduction aux îles.

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De rockeurs durs

août 08, 2006

Dies quarta (Villa Carlotta, in Insula Principis Edouardi)

(Rédigé le 8 août 2006 à bord le M/V Madeleine, dans le grand confort de la cafétéria qui sent les frites graisseuses.)

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Vers le large dans le golfe du Saint-Laurent

Rha la la, c’est moi le plus cool de tous, puisque j’ai réussi à trouver une prise dans la cafétéria du bateau et parce que j’avais avec moi un machin particulier qui me permet de me brancher sur cette prise (une vieille anglaise) tout à fait cocasse. En plus, je me suis assis à une table à côté d’une fenêtre qui donne sur le pont en avant du navire et donc sur le golfe Saint-Laurent lui-même. Il fait beau, ensoleillé, après un matin gris, avec des pluies intermittentes à notre sortie du port de Souris, dans l’Île-du-Prince-Édouard. La mer est calme, on roule doucement, les familles jouent aux cartes à côté de moi, quelqu’un vient d’ouvrir une porte pour laisser entrer un peu d’air, ce qui fait du bien.

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À bord le M/V Madeleine

J’ai du temps à rattraper, des histoires à narrer, et c’est bien le moment de le faire.

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Le style Tudor — l'entrée de l'hôtel

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L'aile principale de l'hôtel Algonquin à St-André

Comme tout le monde le sait déjà, le copain est beaucoup plus discipliné que moi — il s’efforce à courir tous les matins et hier matin il a fait le tour du village de St-André en courant, tandis que moi je me noyais dans de nombreuses tasses de café plutôt infectes tout en surfant la Toile avec le service à haut débit offert par l’hôtel pour 13,95 $ canadiens pour 24 heures. Nos toilettes respectives achevées, nous sommes descendus à la grande salle à manger où nous voulions profiter de l’énorme buffet pour le petit déjeuner. Mais là j’ai l’impression qu’on souffre à St-André du même syndrome qu’on connaît trop bien chez nous, à « Pierreville », d’où toute personne ayant une ombre d’intelligence ou d’ambition se sauve le plus tôt possible pour des endroits moins, euh, impossibles — les serveurs, tous très jeunes, semblaient tout à fait débordés par les exigences du service de petit déjeuner (pas énormes, quand même — on sert le café et le jus d’orange et puis c’est tout, après tout). Pas grave, mais énervant, surtout quand la jeune Shannon, blonde et grosse de hanches, me fait une grimace d’horreur quand je lui demande un peu de lait pour mon café comme si je lui avais dit une grossièreté ahurissante . Mais bon, on se sert du bacon et des œufs brouillés et puis « restaurés », on se remet en route, vers Saint-Jean.

La ville de Saint-Jean doit avoir plein de bonnes qualités mais vue de l’autoroute, elle est plutôt moche d’aspect, surtout sous un ciel gris. On continue vers le nord, vers Moncton, où l’on fait le plein et où l’on déjeune — c’est un jour de fête, le lundi, une fête canadienne dont on n’était pas au courant (des fois on est bien des Amerloques typiques) et le centre ville de Moncton était plutôt désert, à part un restaurant mexicain.

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Moncton, centre ville, vers l'ouest

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Et dans l'autre sens

C’est curieux, on y parle un anglais teinté d’un certain accent écossais. On a déjeuné dans un pub tout ce qu’il y a de plus irlandais — l’influence irlandaise semble aussi bien forte, en fait, dans cette contrée.

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Un pub irlandais dans la rue principale de la ville

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Une tour TV à Moncton

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Dans le pub de la Porte St-Jacques à Moncton

De nouveau en route, on s’est dirigé vers le Pont de la Confédération, qui relie l’Île-du-Prince-Édouard au continent — le pays est bien beau, on traverse des îlots linguistiques francophones et anglophones l’un après l’autre — on est bien dans l’ancienne Acadie, dont le drapeau flotte devant beaucoup de maisons — un drapeau français avec une étoile jaune surimposé au coin haut de gauche dans le bleu.

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Le copain n'aime pas le bilinguisme

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On approche le pont

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Sur le pont

En l’Île-du-Prince-Édouard on se retrouve dans l’anglophonie exclusive — beaucoup moins de français en dehors des bâtiments publics ou officiels. Les gens à Charlottetown sont très polis, pas très chic, gentiment bon-enfant — le Connecticut utopique d’une Martha Stewart, quoi ! On a fait un tour du centre-ville historique.

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L'auberge Dundee Arms à Charlottetown

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De vieux immeubles à Charlottetown

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Une rue piétonne pleine de cafés

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Au port de Charlottetown

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En principe, il est interdit de nager ici, mais les jeunes n'y font pas attention

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Zidane est partout

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Mais on fait des efforts en faveur de la francophonie

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La maison de la province, centre du gouvernement de l'île, bâti en 1847

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Un bel exemple du classique à l'anglaise du XIXe siècle

Pas grand-chose à voir, mais avec du charme. C’était le copain qui m’avait demandé d’aller voir sur Google s’il y avait de la vie gaie à Charlottetown et, à ma grande surprise, on a découvert que l’hôtel le plus chic de la ville (le Great George), où il n’y avait pas de chambres quand je leur avais téléphonés, s’était fait lister comme un hôtel qui appartient à des gais et qui accueillent avec style les gais, les lesbiennes, les transexuel(le)s et les transgenres — et tout le reste, d’ailleurs — il y avait un restaurant au nom révélateur d’Off Broadway auquel les propriétaires étaient aussi associés . On y est allé vers 20 heures et l’on a d’abord pris bu un verre dans le bar d’en haut, où le barman était originaire (ô ciel !) du Nouveau-Jersey. Quelque vingt minutes plus tard on est venu nous chercher pour nous mettre à une table dans le restaurant du rez-de-chaussée, où l’on a mangé des moules locales et des pâtes (probablement pas locales), le tout arrosé d’un bourgogne blanc délicieux. Une soirée agréable.

On s’est levé pas trop tôt ce matin — il avait plu pendant la nuit (je croyais avoir entendu, en dépit de la climatisation bruyante, des coups de tonnerre vers trois ou quatre heures). Le copain a téléphoné au bureau et a envoyé quelques courriels à des clients (le sans-fil marchait à merveille dans notre chambre) et puis on s’est mis en route pour le port de Souris où l’on allait prendre le « traversier » pour les Îles.

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À l'embarcadère du ferry des Îles de la Madeleine

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Quelques bâtiments de la rue Haute de Souris

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Ce n'est pas le Lycée français de New-York mais par contre l'école a une vue imprenable sur la baie de Souris

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Le traversier approche

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La file d'attente des piétons et des cyclistes

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Nos sièges

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Les files de véhicules qui cherchent à entrer au traversier

C’est quand même grand, ce bateau — en principe, c’est bilingue, mais en fait, on ne parle que le français à bord, à l’irritation du copain. Il y a beaucoup de cyclotouristes et de randonneurs aux sacs à dos bien lourdement chargés. Les accents font la gamme de l’intelligibilité pour moi — certaines vieilles mémères se parlent dans un argot dont je n’arrive à saisir un seul mot. De jeunes urbains, venus probablement de Montréal, sont par contre tout à fait faciles à comprendre. Il y a aussi, je m’en doute, des histoires complexes de classe et de culture dans tout cela que j’ignore complètement, mais bon, on n’a qu’une seule vie.

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Une vue assez tristounette (merci, gvgvsse) du port de Souris qu'on quitte

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La proue du ferry-boat

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L'un des ponts — babord ou tribord, je n'en sais rien (faut demander au Capitaine ces détails maritimes — j'suis pas matelot, moi)

Je viens de voir ma première assiette de poutine, plat dont j’ai longtemps entendu parler mais que je n’ai, jusqu’à maintenant, jamais vu. À vrai dire, ça n’a pas l’air follement appétissant, mais je suis sûr qu’il s’agit d’un goût particulier appris très jeune et surtout apprécié par les initiés (tout comme le haggis écossais).

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Une famille bien civilisée à bord le traversier

Dies tertia (incompleta)

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La spécialité de la maison au restaurant de l'hôtel Windsor House à St-André

À St-André-sur-Mer on a dîné dans le restaurant d’un charmant hôtel tenu par un couple gai qui s’appelle le Windsor House of St Andrews — Le copain s’est tout de suite entiché d’un jeune serveur à l’aspect irlandais et à l’accent pour moi bizarrement écossais du pays. C’est bien lui qui a insisté qu’on prenne la spécialité de la maison — un grand homard bouilli aux asperges et aux pommes de terre — et le copain n’a pas pu résister. En l’occurrence, c’était excellent, accompagné d’ un bon muscadet bien frais aussi recommandé par ce Ganymède efficace.

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Pour nous, la chose la plus consterante, c'était l'espace entre les tables — un luxe qu'aucun restaurateur new-yorkais ne permettrait jamais

On part cet après-midi pour les Îles-de-la-Madeleine et j’espère rédiger un billet plus complet pendant notre traversée de cinq heures sur notre escale à Moncton pour déjeuner et faire le plein de la voiture et à Charlottetown dans l’Île-du-Prince-Édouard, où l’on a passé la nuit.

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La baie en marée haute, avec la lune sur l'eau

août 06, 2006

Dies secunda (Villa Sanctus Andreas super Mare)

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Les poids lourds garés à une énorme station-service aux alentours de Bangor

On a quitté Newburyport vers 8 h 30. On a vite rejoint l’Interstatale 95 par laquelle on allait jusqu’à Bangor, au milieu de l’état du Maine. Il faut avouer, si l’on ne visite pas la côte du Maine, il n’y a pas grand-chose à voir à part des millions de sapins de Noël et des centaines de maisons mobiles. On a mangé un dernier déjeuner américain au sommet d’une grande colline au milieu de la forêt mancelle — des hambourgeois au fromage et au bacon accompagnés d’une assiette de rondelles d’oignons frits, de la vraie cuisine minceur, c’est sûr — avant de passer la frontière américano-canadienne à Calais, où l’on perd une heure en entrant dans le fuseau horaire « atlantique ».

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Sur une colline mancelle au milieu de la forêt on prépare des glaces et des sandwiches

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Dans la queue de véhicules pour passer la douane canadienne à Calais, au Maine

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La pelouse devant l'entrée de l'hôtel Algonquin

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L'hôtel vu de loin — il a été construit en 1889 et reconstruit après un incendie en 1914

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Vue du salon principal — j'adore les vieux grands hôtels

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Les longs couloirs au premier étage

Une fois au Canada, on s’est dirigé vers la ville historique de St-André-sur-Mer où l’on s’est enregistré à l’hôtel avant d’aller nous promener un peu dans le village même.

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Une maison typique de St-André qui date du milieu du XIXe

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La rue de l'Eau, voie principale du village de St-André-sur-Mer

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Vue de la jetée municipale en marée basse

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Vers le phare

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Vue de St-André du bout de la jetée

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En dessous de la jetée, chez les crabes et les bernacles

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Les voiliers de plaisance arrivent pour faire escale à St-André

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La belle église presbytérienne terminée en 1824

St-André est un petit port de pêche tout mignon situé sur la baie Passamaquoddy. Le Nouveau-Brunswick a l’air beaucoup plus prospère et plus propre que son voisin, le Maine, ce qui renforce bien sûr les préjugés canadianophiles du copain et de moi.

On ne sait pas où l’on va dîner ce soir — ou dans l’hôtel ou dans le village. Le copain voudrait être au bord de l’eau. On part demain pour Charlottetown, capitale de la province de l’Île-du-Prince-Édouard.

Dies secunda (Portus Villanoviensis)

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Ils aiment la couleur, les propriétaires de cette maison à Newburyport

Levé à six heures, le copain avait besoin d’une sieste. Je l’ai donc laissé dormir dans notre chambre superclimatisée pendant que je me suis promené un peu dans la ville. Au Grog, où j’ai réservé une table pour deux, j’ai demandé à la jeune maîtresse d’hôtel s’il y avait aucun code vestimentaire le soir. Elle m’a regardé d’un œil surpris et amusé. « Pas du tout, monsieur. Portez ce que vous voudrez. » (En l’occurrence, on y est allé en short.)

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On réserve ses places sur la pelouse pour le concert le soir

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On vend du chowder dans la place du Marché

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Une drôle de banque qui s'appelle l'Institution pour l'épargne

Le soir il y avait un concert gratuit suivi d’un feu d’artifice à 21 h 15. On est d’abord allé boire un cocktail dans le bar du Nº 10, rue du Centre qui avait aussi l’air d’être un bon restaurant et ensuite on est allé au Grog, où j’ai pris des palourdes à la vapeur en entrée et du haddock grillé en plat. Pas mal. On est allé faire un tour au concert et puis on a regardé avec toute la ville le feu d’artifice avant de rentrer chez nous.

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Au Grog le soir

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C'était un orchestre militaire qui jouait au concert

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Membres du service urgences médicales sont venus à bicyclette regarder le feu d'artifice

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Le copain a voulu essayer de prendre une photo du feu d'artifice — le voici ; )

Le copain est en train de courir — quand il revient, on descendra prendre le petit déjeuner « continental » dans la salle à manger du rez-de-chaussée avant de recommencer notre voyage vers le Canada. Et j’ai bien l’impression qu’il va prendre du temps pour traverser le Maine.

août 05, 2006

Dies prima (Portus Villanoviensis)

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Ce matin dans la rue Perry, quelques instants avant notre départ pour le nord

On a quitté Manhattan à 7 heures 10 et on est arrivé à Newburyport à midi précis — le copain a conduit à plus de 80 miles/heure pour la plupart du chemin et la circulation était assez légère jusqu’à l’approche de l’intersection de l’Interstatale 495 et l’Interstatale 95, où tout le monde allait vers le Maine pour les vacances. On a retrouvé la route vers le port sans difficulté et un pompier local qui faisait la manche (en tendant une grande botte de sapeur-pompier) pour une œuvre de charité au milieu d’une rue du centre-ville nous a signalé la rue dans laquelle se trouvait notre auberge. Là on a déposé les bagages avant d’aller faire un tour de la ville, remplie de touristes. Voici quelques photos de la première étape de notre voyage d’exploration du « Grand Nord-Est ».

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Paysage américain de banlieue typique — celui-ci se trouve à Vernon, dans le Connecticut

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On a pris notre petit déjeuner dans ce Tim Hortons (société canadienne) à côté de la station-service

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L'extérieur de notre auberge, The Essex Street Inn, bâtie en 1875

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La rue de l'État, l'une des rues principales du port, un jour de marché (de trucs et machins touristiques, et non pas, hélas, de victuailles

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Une vieille enseigne dans la rue de l'État — j'aime surtout la mention « Boston & New York Papers »

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Façade en brique de la Société maritime du port de Newbury fondée en 1772

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La rue de l'Eau, autre rue importante du port de Newbury

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Le pont-levis de la 1e route nationale qui traverse le fleuve Merrimac

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On ne peut pas dire que les habitants du Massachusetts ne se concernent pas à ce qui se passe dans le monde — le Jardin de la paix à la mémoire de tous ceux, militaires et civils, qui ont perdu la vie dans la guerre en Irak

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Le Musée maritime qui se trouve dans l'ancienne Douane — malheureusement, c'était fermé

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C'est dans ce café où l'on a déjeuné aujourd'hui — les serveuses étaient plutôt indéchiffrables

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On va peut-être dîner ce soir dans ce restaurant, le plus vieux du port, qui s'appelle The Grog

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La belle église unitarienne au centre du port

août 04, 2006

Praeparationes

On vient de commencer les réparations de l’escalier d’entrée de notre immeuble — quel bruit infernal ! Et non, il ne s’agit pas du bruit des marteaux mais des voix des ouvriers qui se crient en bengali ! Ça, je vous l’assure, c’est vraiment énervant (la fenêtre doit rester ouverte, vu le manque de climatisation dans notre salon).

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L'escalier réparé cet après-midi

« Voir Venise et mourir ! » C’est une formule prononcée par Jude Law dans Le talentueux Mr. Ripley. Mais selon d’autres, ce serait Naples qu’il faudrait voir avant de mourir. « Vedi Napoli e poi Muori », phrase inventée ou par l’Allemand Goethe ou par le Romain Virgile. Eh oui, on a regardé un dvd du film hier soir — c’est bien joué (je n’aime pas tellement Mlle Paltrow — je trouve qu’elle a toujours un jeu très pincé) mais Matt Damon est un cinglé parfait (et la dernière scène au bord du bateau, avec son présumé amant anglais, est profondément épouvantable.)

Voici un billet intéressant sur la dernière bibliothécaire d’Alexandrie. Ce sont, il paraît, des intégristes chrétiens qui ont tué Hypatie, avec l’approbation possible de l’évêque de la ville, Cyrille, devenu « saint » à sa mort (ça marche trop souvent comme ça, non ?).

Deux excellentes nouvelles : l'incomparable Pasfolle est de retour (merci à Mab via la Veuve Tarquine dans un commentaire).

Et c’est grâce à l’homme qui marche que j’ai appris que l’excellent Phersu a de nouveau rejoint la carnétosphère. Il faut tout de suite refaire nos liens !

« La dignité personnelle est plus importante que la liberté de la parole » déclare un professeur chinois de journalisme qui a gagné son procès de diffamation porté contre un hébergeur de « bo ké » chinois pour des commentaires anonymes laissés sur un carnet qui critiquaient son style d’enseignement. (Ici aux États-Unis, on sait combien ils sont susceptibles, les journos, quand on les critique ou expose leurs erreurs.)

Je viens de faire mes valises, je prends trop, je sais, mais c’est parce que je ne sais pas du tout ce dont je vais avoir besoin — par exemple, chandail ou maillot ? Va-t-il faire vraiment frais le soir ?

Demain soir je compte me trouver au bord de l’Atlantique sur la côte nord du Massachusetts. (On part tôt.)

août 03, 2006

Calidissimus

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On s'habille contre la chaleur

La grosse chaleur s’est maintenue toute la journée — on nous promet quand même un petit soulagement ce soir sous forme de tempête mais jusqu’à présent le ciel reste sans nuage. Il y a moins de monde dans la rue, c’est sûr, mais ceux qui s’y risquent se protègent de la chaleur avec des moyens souvent curieux — comme ce jeune homme muni d’un protège-nuque improvisé que j’ai photographié devant la station de métro de la rue Christopher. Les goudous du coin proposent un remède que personnellement j’aime bien : des margaritas bon marché.

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Les lesbiennes de quartier profitent du temps qu'il fait — et elles en ont raison !

La belle gueule de Mel Gibson détruite, d’après le magazine clairement un soupçon puritain US, par la débauche (et, en l’occurrence, aussi par l’âge). Pour moi, je n’y vois pas de morale formelle, mais c’est intéressant de regarder les transformations.

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Il y avait une sorte de vapeur curieuse (de l'eau ?) que les ventilateurs montés sur le mur dispersaient en dessus des tables sur le trottoir — c'était pour faire baisser la température ?

C’était avec un léger serrement de cœur nostalgique que j’ai réagi à la nouvelle de la mort de la chanteuse Elisabeth Schwarzkopf. Son enregistrement de l’opéra Le Chevalier de la Rose de Richard Strauss est le premier opéra que j’ai vraiment écouté et étudié il y a bien des années. « Heut’ oder morgen oder den übernächsten Tag… » Une artiste exceptionnelle (et problématique, tout comme Strauss lui-même.)

août 02, 2006

Peregrinatores

Oui, oui, oui, il fait bien chaud et hier soir on a même eu une courte panne d’électricité. Je poursuis mes efforts d’organiser le voyage aux Maritimes — j’ai réservé une chambre dans une auberge au centre de Newburyport pour la première étape de notre pérégrination chez les hyperboréens. On n’a pas encore choisi d’hébergement pour la suivante — doit-on descendre au grand hôtel Algonquin à St-André-sur-Mer ou dans un nouvel hôtel ou motel sans caractère dans la ville de Saint-Jean (n'y a que ça, il paraît) ? On a un petit problème pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine : le traversier CTM qui relie l’Île-du-Prince-Édouard aux Îles-de-la-Madeleine n’a plus de place pour notre voiture et j’avais donc pensé continuer vers la Nouvelle-Écosse. Mais le copain a voulu maintenir nos plans originaux et il a donc téléphoné à un hôtel à Cap-aux-Meules pour savoir s’il y avait un moyen de visiter les îles sans voiture (en louant, par exemple, des vélos) — il a donc téléphoné et, en visiteur expérimenté en France, il a tout de suite demandé « Parlez-vous anglais ? », auquel son interlocuteur a répondu « Non, on se débrouillera en français. » C’est alors qu’il m’a tendu l’appareil et j’ai parlé avec une certaine Claudette qui m’a gentiment promis une chambre pour deux nuits. On espère laisser la voiture stationnée quelque part sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Ici dans l’Empire il y a de nouvelles nouvelles qui désespère : les Bushistes chercheraient à nous établir des tribunaux secrets auxquels tout citoyen américain pourrait être sujet. Charmant, non ?

Mais la vie réelle résiste toujours à l’autorité gouvernementale, comme on le remarque dans cet article extraordinaire dans le dernier Vanity Fair. Il ne faut pas manquer les enregistrements.

Et quelques bonnes nouvelles : les frites sont redevenues françaises à la cafétéria du Capitole. Les républicains refusent pourtant de fournir aucune explication pour le retour de la nomenclature d’avant-guerre.

août 01, 2006

Urbi (de novo)

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Ça chauffe dans la 6e avenue ! (Tout le monde se cache dans les salles climatisées.)

Bon, tout s’est assez bien passé hier après-midi, en dépit de la chaleur étouffante — j’ai transpiré comme un porc en chargeant la voiture, que j’ai fait torse nu pour ne pas tremper la chemise que je comptais mettre. Heureusement que la climatisation dans la bagnole marche à merveille — on y a toujours froid (même si ça force un peu le moteur). Je suis allé, tout habillé en costume noir, à un Dunkin Donuts assez dégueu où j’ai pris une sorte de limonade frappée pour me rafraîchir un peu avant le rendez-vous chez l’avocat.

L’avocat local de l’acheteur, un petit bonhomme d’origine italienne, est venu nous accueillir en polo blanc et il nous a menés dans une petite salle de conférence décorée de photos de l’équipe de base-ball de Boston, les Red Sox ! J’ai dû signer un tas de papiers mais tout s’est passé très vite.Pendant ce temps j’ai bavardé un peu avec l’agente immobilière qui est aussi une amie à moi. Ma signature mise sur tous les documents, on est passé au cabinet de mon avocat, où j’avais à signer des chèques pour payer les impôts, etc. Rien de passionnant. Je me suis ensuite mis en route pour Manhattan.

Le copain se trouvait à l’appartement à mon arrivée à dix-sept heures comme prévu — il faut toujours décharger la voiture le plus vite possible pour ne pas avoir une contravention de stationnement interdit. Ensuite on a remis la voiture au garage avant de rejoindre l’amie marchande de tableaux pour une célébration impromptue mais bienvenue de margaritas.

Aujourd’hui, c’est des lettres de remerciements (des paquets, c’est fou) qu’il faut rédiger. On est sous une alerte chaleur décrétée hier par le maire Bloomberg. On prévoit des températures records pour aujourd’hui et demain.

J’ai commencé ce matin mes premières préparations pour le voyage aux Maritimes qu’on entreprend le week-end à venir — j’ai trouvé des hôtels intéressants à Rockport et à Newburyport dans le Massachusetts, qui ferait une première étape pas trop pénible, je crois. Ensuite, il faut choisir entre Saint John ou les environs de Moncton dans le Nouveau-Brunswick pour la suivante. On a des choix à faire dans l’Île-du-Prince-Édouard aussi. Il va falloir réserver une place sur le traversier qui va aux Îles de la Madeleine. Pour le copain et son boulot, il lui faut surtout accès à Internet à haut débit. Pour le confort physique, par contre, il est beaucoup moins exigeant.

Je continue à suivre, avec une horreur muette, les événements au Moyen-Orient. La lâcheté du régime Bush ne surprend personne. J’ai l’impression que les dirigeants d’Israël avaient cherché à provoquer la Syrie à entamer une réponse militaire, ce qui aurait fait entrer l’Iran, l’ennemi le plus dangereux d’Israël, qui a déjà fait savoir qu’une attaque israélienne contre le pays serait considérée comme un acte d’agression commis par Israël et par les États-Unis. Mais la Syrie résiste au scénario qui lui a été proposé. Si les roquettes d’origine iranienne continuent à tomber sur les populations en Israël, le gouvernement israélien pourra résister la tentation d’attaquer la Syrie, alliée de l’Iran, pour combien de temps ?

On se demande ce qui se passe vraiment à La Havane. On se réjouit à Miami.

Je viens de passer à la librairie Barnes & Noble de la 8e rue où je me suis acheté deux cartes du « Canada atlantique » et deux guides. Il fait vraiment très chaud — tout le monde a l’air abattu. Moi je travaille dans le salon dans l’obscurité et devant le ventilateur.