Hortus meus
Au cœur du Village — sous un ciel bien gris
C’est un Français bien connu qui nous a conseillé de cultiver nos jardins au lieu de perdre notre temps vainement, c’est-à-dire dans la politique ou dans d’autres divertissements publics du même genre et j’ai bien l’impression que, pour le meilleur ou pour le pire, je me permets un bref moment de décontraction dans mon énervement devenu, hélas, habituel devant les bêtises de la politique des Cheneyites avant les élections de novembre. Je m’amuse donc à meubler l’appartement à la campagne avec les restes de l’ancienne maison et avec les quelques morceaux que j’ai gardés de chez ma mère. En bon pédé qui subit un accès de fièvre de la décoration, j’ai envie d’y mettre des bougies un peu partout — c’est un peu l’effet Dracula que je cherche — le bonhomme à la cape qui mène ses invités affolés au salon en tenant à la main un chandelier en argent avec cinq bougies noires — je sais que c’est un peu curieux pour un appartement plutôt Bauhaus ou son cousin cadet « International Style » à la Tel-Aviv, c’est-à-dire, construit sans élégance avec des matériaux pas toujours les meilleurs avec des murs tout blancs et des portes-fenêtres aux persiennes verticales inox. Je cherche aussi un lit de campagne pour servir de canapé et de lit supplémentaire dans le salon, de ce genre (et j’aime beaucoup le baldaquin). Mais voilà le défi que je me donne. Hé oui, il faut s’amuser comme on peut.

Voici mon mentor de décoration
Dans la 6e avenue, appelée aussi (officieusement et par des gens qui n'habitent pas New-York) l'avenue des Amériques
Il est toujours agréable de découvrir une boutique utile mais jusqu’alors inconnue — c’est l’ami estimateur qui m’en avait donné l’adresse quand je lui avais demandé hier soir un conseil pour la réparation d’un chandelier (voir ci-haut pour l’ explication de la nouvelle nécessité de chandeliers dans ma vie) que j’avais cassé chez ma mère il y a plusieurs mois. Je l’avais pris dans la main et l’avais retourné pour inspecter la base et hop ! la colonne s’est tout de suite détachée de la base pour tomber bruyamment par terre. Et cela, devant ma sœur (pas de chance). Donc, je me suis senti obligé de le réparer, coûte que coûte, et l’ami estimateur m’a donc signalé cette étrange boutique de vente, d’achat et de réparation d’argenterie qu’est Jean’s dans la 45e rue ouest.
Dans la 45e rue ouest
La façade de l'orfèvrerie Jean's dans la 45e rue
Éblouissant, comme il fallait. Des services à café en argent dans tous les styles, des bols, des salières, des machins en argent d’usages impossibles à deviner. Ils m’ont donc pris mon chandelier cassé et vont m’appeler pour me donner le devis pour la réparation.
Quittant l’orfèvrerie, je me suis dirigé inévitablement vers la http://www.coliseumbooks.com/ librairie Coliseum qui se trouve dans la 42e rue ouest, juste devant la façade nord de la Bibliothèque publique. Là je me suis permis de subvenir encore une fois à ma toxicomanie favorite — l’achat de livres pour lesquels je n’ai plus du tout de place ! J’ai donc acheté le Petit Larousse illustré 2006 et une biographie illustrée du compositeur Richard Strauss mise en solde de fin d’été. Deux bouquins seulement, c’est pas la fin du monde, nom de nom (expression apprise en Bretagne) !
La 42e rue ouest
Devant l'immeuble Grace dans la 42e rue ouest
On dîne ce soir avec l’ami galeriste, qu’on emmènera à notre bistrot du coin.
Sur le trottoir devant le restaurant Sant Ambrœus
On ne sait jamais quand on en aura besoin (dîner chez des parents républicains, par exemple, ou chez des homos qui font semblant d’être hétéros et qui sont donc fondamentalement mensongers, état pathologique pour un grand nombrede républicains purs et durs) mais si besoin est, voilà une très utile Pseudométrie chronologique de la guerre en Irak, trouvée chez Kevin Drum.
