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septembre 29, 2006

Peregrinationes

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Du monde dans la 6e avenue dans le village

On est arrivé à Hagerstown, en Terre Marie (rha là, ça va faire gueuler !), où l’on va passer la nuit.

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À l'opposé de ce qui s'est arrivé à Bethléem, il y avait de la place dans cette auberge-ci

On est descendu par hasard dans une auberge gaie en centre ville tenue par deux hommes, tous les deux charmants et très accueillants (« Non, on n’a pas besoin de cartes de crédit ce soir, on s’occupera de tout ça demain matin, on est très confiant. » !!!) Le copain espère se faire couper les cheveux dans le salon de coiffure qui se trouve dans le vestibule et l’on va aller dîner dans une brasserie qui se trouve à quatre blocs d’ici.

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Notre salle de bain « bibelotisée »

Le décor est kitsch gai, pas trop pénible. Le propriétaire nous a dit qu’il était étonné de nous avoir chez eux, puisqu’il y avait deux autres couples gais qui allaient passer la nuit à l’auberge — trois couples homos, c’est un record, paraît-il.

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Et le grand lit matrimonial

Demain on continue vers la Virginie profonde.

septembre 28, 2006

Turpitudo

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J'ai dû aller chercher la voiture à côté du centre Time-Warner

Voilà, les lâches ont gagné. Que va-t-il nous arriver maintenant ? L’arrestation de carnetiers anti-Bush ? Il n’y a plus de limites à l’arrestation de citoyens étrangers et américains. Et l’on n’a plus moyen de se plaindre — il est maintenant interdit d’invoquer le droit constitutionnel de habeas corpus contre un régime qui vous aurait déjà déclaré « combattant ennemi illégal ». Tout étranger sur territoire américain peut être ramassé, mis en prison et « desaparecido » sans recours aucun, puisqu’il est interdit d’interroger le régime sur les raisons, vraies ou pas, pour lesquelles on l’aurait déterminé « terroriste. » Facile, non. Et commode aussi pour faire taire des gens.

C’est tout à fait dégueulasse.

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L'avenue du Parc central ouest

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La Tour Trump Internationale

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Des travaux de métro à la station de la 59e rue

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Voiture officielle du régime Cheney ?

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Au garage, en attendant la bagnole dûment new-yorkisée

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Mes autocollants — de gauche à droite: Pierreville, contre la construction d'un Six Flags (parc d'attractions), contre la démolition d'un ancien grand hôtel balnéaire (démoli, à cause de l'amiante — merci, SP), pour l'équipe Kerry-Edwards (pas de chance), pour notre maire gai qui cherche à devenir sénateur d'état (il a perdu la première fois mais il essaie encore), le signe du Human Rights Campaign (lobby gai à Washington honteusement compromis par les actions lèche-cul en faveur de plusieurs républicains), et pour finir, l'anti-Bush

septembre 27, 2006

Bona malaque

On vient de voir le film Quinceañera, qui traite de la vie quotidienne d’une famille mexicano-américaine à Los-Angeles, dans le quartier d’Echo Park. C’est très bon, les acteurs sont excellents, il y avait des reniflements partout dans la salle, on a applaudi à la fin. On est allé ensuite manger des burritos, évidemment.

Voici Zeyn au Caire, un carnet photo qui présente de belles photos de la capitale égyptienne (oui, je suis un peu orientaliste à ma façon.) Merci au Don du Nil pour le lien.

On est près de voter le projet de loi qui autorisera la torture. C’est maintenant le tour du sénat. Quelle honte, vraiment ! Comment allons-nous nous rétablir ? Est-ce même possible ?

septembre 26, 2006

Ignominiæ

Voici un commentaire très émouvant sur la torture « officielle » écrit par l’auteur dramatique Ariel Dorfman publié hier dans le Washington Post et que j’ai trouvé grâce à ce commentaire de Katherine des Ailes d’obsidienne.

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Le club Salmagundi dans la 5e avenue au Village

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Traversant la 5e avenue

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La porte d'entrée du club

On est allé hier soir fêter les bonnes nouvelles récentes (absence apparente de son cancer) de l’amie marchande de tableaux, qui recevait dans le salon du club dont elle vient d’être élue membre. Il s’agit du club Salmagundi, fondé en 1871, dont le bâtiment — un hôtel particulier dans la 5e avenue — a été acheté en 1917. L’amie marchande de tableaux avait invité une cinquantaine d’amis — des galeristes, des artistes, des éditeurs, des critiques d’art, et tout le reste. On s’est bien amusé et on est allé ensuite dîner au Strip House tout proche, dans la 12e rue est.

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Vue du salon au premier étage au début de la réception

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Les invités, sans flash

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L'escalier intérieur du club

Aujourd’hui j’ai dû conduire la voiture au garage pour la faire inspecter officiellement pour l’état du New-York — j’ai maintenant des plaques new-yorkaises — il fallait avoir tout en ordre avant de partir pour la Virginie vendredi. Le garage se trouve dans l’ancien quartier des marchands de voitures où se concentrent maintenant les studios de télévision d’ABC, juste au sud du Centre Lincoln et de la fac de droit de l’Université Fordham.

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On érige des immeubles bien bizarres à New-York, comme cet exemple de grotesquerie architecturale dans la 15e rue ouest

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Plein de grands immeubles tout neufs dans le côté occidental supérieur

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Dans le centre Time-Warner, avec d'énormes statues par Botero

Ayant laissé la voiture au garage, j’ai marché au métro de la place Colomb — j’ai fait une courte déviation au rez-de-chaussée du Centre Time-Warner, la première fois que j’y sois allé — rien de spécial, un centre commercial tout luisant comme on en voit partout. Je n’y retournerai pas, je crois.

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De grands immeubles résidentiels s'élèvent sur l'avenue du Parc central ouest tout près de Broadway

septembre 24, 2006

De cruciatoribus

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Dans la salle centrale du Musée de l'art américain de New-Britain

Un monde au-delà de la loi — voici la traduction française du titre de ce billet écrit par hilzoy et publié chez Obsidian Wings, carnet politique qui se vante d’être « ouvert » à toutes les opinions et donc « modéré ». Chez les démocrates, on s’offusque avec empressement du ton « impoli » et « manquant de respect » envers le Buisson du discours de Chavez devant l’Assemblée générale, mais on ne dit mot du projet de loi proposé par les laquais de ce même arbuste qui va bientôt autoriser des « techniques d’interrogation alternatives » (et je note en passant que c’est la première fois que je fasse un lien vers le carnet d’Andrew Sullivan, PD éditorialiste de droite, qui semble pourtant avoir finalement eu quelques doutes sur la bienveillance universelle et infinie du régime Cheney — et la citation de George Orwell vaut le coup surtout). Voici comment on laisse sombrer, coulée par des paroles mensongères, des justifications égoïstes et des intérêts (plus ou moins) occultes, une démocratie dite libérale au début du XXIe siècle. Je me demande, en jeu de société légèrement apocalyptique, quel « incident » pourrait casser l’inertie et la passivité du public américain ?

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Une sculpture murale dans l'escalier

Tout le monde ici remarque que la cote de Bush monte avec la baisse du prix de pétrole (chez Superfrenchie il y a un indice qui le montre très bien) — la « libre entreprise » du genre Exxon veut bien avaler une perte de plusieurs milliards de dollars (ici estimée à plus d’un milliard de dollars par semaine) s’ils arrivent par contre à s’assurer une victoire de la junte Bush par qui elle gagnera des profits énormes plus tard — c’est pourquoi je pense qu’il n’y aura pas d’attaque américaine contre l’Iran avant les élections en novembre. Mais après, qui sait ?

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Un beau portrait d'une jeune New-Yorkaise difficile peint par Sargent

Hier soir on est allé fêter le 85e anniversaire d’un ami artiste et entrepreneur. La soirée a eu lieu au très joli Musée d’art américain de la Nouvelle-Bretagne (« francoferveur » oblige — bon, le nom plus usuel de cette petite ville industrielle du centre du Connecticut serait New Britain, qu’on devrait, je suppose, écrire plus correctement avec le trait d’union, ce qui donne New-Britain, malgré la tendance récente (et indéfendable, à mon humble avis) de laisser tomber ce signe dans les noms pris directement de l’anglais).

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Un joli paysage par Whistler

Notre ami et sa femme adorable ont donné pas mal d’argent à ce musée par le moyen d’une fondation qu’ils ont établie. C’est un vrai partisan de l’importance de la culture dans la vie de tous les jours et lui et sa femme sont aussi de grands démocrates. On y est arrivé vers 18h30 et on a passé une heure agréable à découvrir les petits chefs d’œuvres qui y sont exposés — de beaux tableaux de maîtres divers de l’École du fleuve Hudson ainsi que de belles œuvres de John Singer Sargent, de Whistler et de Mary Cassatt. On nous a ensuite priés de nous asseoir dans une grande salle remplie de tables où l’on nous a servi le dîner. Les trois fils ont porté des toasts à leur père et à leur belle-mère,on a distribué les morceaux de gâteau d’anniversaire accompagnés de petites enveloppes en carton imprimé de citations sur l’importance de l’amitié par d’auteurs célèbres tels Hérodote et Mary McCarthy et qui étaient remplies de M&Ms personnalisés ! Il nous a fallu une heure et 20 minutes de route pour rentrer à Pierreville.

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Un beau bouquet de roses orangées au centre de notre table

Il fait toujours gris — le copain étudie ses textes Microsoft. Moi je me déprime d'abord à lire les carnets politiques avant de me transformer en femme de ménage odieuse (« Tu vas laisser traîner tes choses comme ça, hein ? Ah, je vois, ben, c’est du joli ! » et ainsi de suite).

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Suis-je la blonde ou la brune ? J'aime surtout faire le ménage dans de pareilles chaussures

Un dimanche tout à fait normal, quoi. On rentre ce soir à Manhattan.

septembre 22, 2006

Obreptio

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Les livreurs de repas chinois à vélo arrêtés au feu rouge dans la 8e avenue

Je suis sans doute parano mais il est difficile d’ignorer le bruit qui se fait de plus en plus fort autour d’une « action » (terme intentionnellement vague) militaire éventuelle contre l’Iran. Sera-t-il la célèbre surprise d’octobre tant redoutée des démocrates (et aussi par certains conservateurs) ?

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Dans la 8e avenue, vers le nord

Ce matin, à la radio publique, on nous a décrit en détail les « différences » dans les deux projets de loi, maintenant « résolues », sur la torture autorisée chez les républicains. Bush et Cie chercheraient surtout à s’immuniser contre toute poursuite judiciaire éventuelle et ils ont réussi, il paraît, à faire entrer une clause qui les protégerait contre toute poursuite pour torture même s’ils se sont servis d’une méthode d’interrogation illégale. Dans le Times d'aujourd'hui, on a écrit : « The senators agreed to a White House proposal to make the standard on interrogation treatment retroactive to 1997, so C.I.A. and military personnel could not be prosecuted for past treatment under standards the administration considers vague ». Le carnetier Steve Gilliard a écrit un billet intéressant sur toutes ces manœuvres politiques. Par contre, Publius (l’Américain) pense que Bush a gagné son pari. D’autres qualifie ce compromis tout simplement de « souillure à la nation ».

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Le nouveau vélotaxi catalan arrive à New=York — celui-ci était stationné devant le grand magasin Macy's

« Ça sent toujours le soufre ici. » Je n’ai pas pu résister au plaisir de suivre à la radio les extraits traduits de l'espagnol du discours du président vénézuélien devant l’Assemblée générale à New-York. C’est drôle aussi que le livre de Noam Chomsky promu par le président au début de son discours ait atteint la première position de livres vendus chez Amazon.com suite à toute cette publicité inattendue !

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Les gratte-ciel aiment le beau temps, comme cet exemplaire Déco dans la 5e avenue

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Devant la Bibliothèque publique

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La célèbre et autrefois un peu malfamée 42e rue ouest

Le copain et moi, on a trouvé enfin un bon petit bistro français local qui n’est ni cher et ni excessivement bondé — Le Gamin Ouest-Village. Des œufs à la mayonnaise suivis d’un bon steak au poivre vert accompagné de deux — ok, bon, trois verres de bordeaux. C’est embêtant, le copain ne boit plus — il veut s’abstenir jusqu’à ce qu’il réussisse un dernier de ces examens techniques Microsoft.

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Un peintre de scènes du Village se protège des derniers rayons du soleil couchant dans la 11e rue ouest

Hier on est allé chez Florent avec l’ami galeriste, qui a renoncé à récupérer son copain berlinois — il est déprimé, mais il a perdu du poids, ce qui diminue un peu sa peine, je crois.

septembre 19, 2006

Veritatem sustinere

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À la sortie de métro dans la 6e avenue, devant l'entrée de Macy's

Ce que je trouve le plus désagréable dans ces manifestations politiques, c’est la façon dont trop de manifestants ne cherchent qu'à faire valoir leurs griefs particuliers — contre la Palestine occupée, par exemple, ou pour l’amnistie pour « les cinq Cubains » ( ? ). Comme toujours, il me semble, il y avait trop de jeunes filles tout récemment sorties (de toute apparence) de ces petits collèges privilégiés tels Bennington ($42.000 de frais de scolarité par an) ou Sarah Lawrence ($45.000) qui scandaient des slogans du genre (et je cite) « One two three four, Bush and Cheney out the door, five six seven eight, Time to rise and smash the state ! ». ce qui n’arrangeraient guère leurs parents qui ont énormément profité de cet état qu’elles voudraient (en principe) écraser pour qu’elles puissent hurler en rigolant de bêtises pareilles.

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On trouvera sans doute peu de monde à clamer « Écrasez l'état » parmi ces invités à la garden-party offerte par des amis à nous à la campagne — par contre, la moitié se dirait démocrates !

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Beaucoup de camionnettes de police

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On attend avec patience le début de la marche

Il y a toujours trop de femmes moches, pour qui aller chez le coiffeur équivaudrait de toute évidence à une soumission impossible à contempler à la dictature bourgeoise de la beauté artificielle (bon, je suis profondément superficiel, je le sais…). Il y a les pauvres types barbus et habillés en uniforme un peu sale de « graduate student » sempiternel qui vous offrent bien tristement des tracts pour le socialisme catholique. Il y a trop de gens qui ont vraisemblablement besoin d’un objet quelconque afin de prétendre résister à l’inutilité inconditionnelle de leurs vies (et je me compte un peu parmi ces derniers !) — mais tout de même, et malgré tout l’inconvenant et le pathétique qu’on y trouve, il faut le faire, si seulement pour ajouter un corps à la masse qu’on va photographier (il y avait à certains moments plus de représentants de la presse que de manifestants).

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Les médias sont omniprésents

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Je cherche une place dans la foule

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Le bâtiment de l'État-Empire prend garde à nous

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Ça commence et l'on monte la 6e avenue

La police a été, pour une fois, plutôt correcte et disciplinée — on nous a laissés marcher dans la Sixième avenue jusqu’à la 47e rue, où nous avons tourné à droite (figurativement) en passant à travers le centre de la joaillerie et du diamant qui se trouve dans la 47e rue ouest, entre les 6e et 5e avenues. C’est là où j’ai remarqué la seule réaction vive aux manifestants — un homme criait à ceux qui passaient « Get a job ! Get a job ! ». Je pense que c’était surtout les manifestants propalestiniens qui l’enrageaient. La plupart des gens sur les trottoirs qui nous regardaient passer étaient sans expression aucune ou même se marraient de l’anomalie de cette manifestation.

devantlewsj.JPGDevant les bureaux du Wall Street Journal (à gauche) dans la 6e avenue

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On tourne dans la 47e rue ouest

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En pleine 47e rue ouest — centre de la joaillerie en gros à New-York

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Olivier

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Il y a même des grands-mères qui manifestent

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La presse profite d'une « action spontanée » de la part d'un groupe d'étudiants

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Encore des grands-mères !

Une fois arrivé au but — une sorte de parc-place de détention entourée de barricades au bout de la 47e rue — je me suis sauvé puisque je ne supporte pas les discours ennuyeux qu’on nous fait subir dans ce genre d’événement (vi, vi, vi, on est tous contre Bush, le racisme, le néo-colonialisme, le sexisme, le réchauffement de la terre, la pêche à la baleine, la chasse aux bébés phoques, et cetera).

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Vers la fin de la marche, dans la place Dag Hammerskjold

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C'est le monolithe de 2001 ! — non, mais, c'est la Tour mondiale Trump et c'est impressionnant même si ce n'est pas, il est vrai, très cosy

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L'avenue Lexington, vide aussi — cela explique pourquoi il y a eu tant d'embouteillages un peu partout dans le centre du Manhattan aujourd'hui

J’ai donc marché jusqu’à la gare Grande Centrale où j’ai pris le 7 pour aller à la Place du Temps, où j’ai pris la correspondance pour le Village (à savoir, le 2 express).

On met en évidence, à la radio et sur la une du Times papier, la « mésaventure » du Canadien Maher Arar qui avait été illégalement enlevé par le FBI (qui le croyait membre d’Al-Qaïda) et envoyé en Syrie où on l’a torturé. (Mais je croyais qu’on n’était pas ami avec la Syrie — pourquoi la Syrie voudrait-elle commettre des crimes à la demande de Bush ?) C’est dégueulasse, toute cette histoire, et elle souligne pourquoi on ne peut pas laisser le champ libre à ces gens, qui sont finalement trop bêtes franchement pour pouvoir s’assurer de qui est terroriste et de qui ne l’est pas. (Et quand ils se trompent, cela est vite marqué « Top Secret » de crainte qu’on découvre l’erreur.)

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Vue du salon à la campagne, pourvu du nouvel abat-jour rouge ! (Et j'aime surtout les appliques avec de vraies bougies allumées, j'ai pas peur, moi !)

Qu'est-ce qui se passe en Thaïlande ? (Il fallait pas risquer un voyage à New-York, M. le Premier Ministre.) Et à Budapest. (Quoi ? Des politiciens qui mentent ! Fallait pas se faire enregistrer, M. le Premier Ministre.)

septembre 18, 2006

Operæ

Je suis sûr que cela ne servira à quasiment rien mais il faut tout de même un effort — demain on défile contre Bush, qui donne son discours à l’ONU. La police new-yorkaise l’avait d’abord interdite, cette marche, mais en apprenant que les organisateurs allaient le faire avec ou sans permis, elle s’est ravisée en permettant une marche. Ça commence à 9h30 à la 6e avenue et la 37e rue et on marchera à la 47e rue jusqu’à la place Dag Hammerskjold devant l’ONU.

septembre 16, 2006

De interrogationibus

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Dans la 23e rue ouest, devant le cinéma Clearview Chelsea

Question pour les francophones de langue maternelle : est-ce qu’il vous arrive de temps en temps de vous servir du « tu » par accident, quand vous devriez plus « naturellement », étant donné les circonsances et les relations entre vous et votre interlocuteur, employer le « vous » ? Voilà ce qui m'est arrivé hier. On est allé, le copain et moi, déjeuner avec un ami anciennement de New-York qui vient de s’expatrier officiellement (carte de résident permanent, etc.) avec son copain à Victoria, en Colombie britannique. On est allé au restaurant français du coin La Brasserie Café Crème, dans l'avenue Madison à deux pas du bâtiment de l'État-Empire, où le propriétaire-chef nous a accueillis en français en nous donnant une table. Comme j’ai répondu en français (oui, c’est horriblement prétentieux, mais c’est plus fort que moi), il a commencé à bavarder avec moi. Comme il est plutôt pas mal et comme il aime faire le bistrotier franchouille stéréotypé, je l’ai laissé faire, et puis c’était fini. Bon, on a mangé et en se levant de la table il est retourné vers nous et il nous dit quelque chose sans importance et je lui réponds en disant « tu » tout à fait par accident. Tout d’un coup, il me demande ma carte de visite parce qu’il veut m’inviter à une soirée. Je n’en ai pas et il me dit donc de repasser pour lui donner mes coordonnées. J’ai dit ok, mais j’étais quand même un peu gêné de l’avoir tutoyé sans l’avoir voulu. Est-ce que j’ai raison ? Est-il assez commun de faire de pareilles fautes de « ton » et de « niveau » ? Et qu'est-ce qu'on doit faire plus tard, si l'on se revoit ?

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Dans l'autobus de l'avenue Madison, que j'ai pris pour échapper à la pluie — en général, j'ai horreur des bus

L’abaissement moral de mon pays continue à grande vitesse. Bush nous demande de lui donner notre permission pour torturer les gens. « Mais, » il nous dit, « on ne va torturer que les méchants terroristes. » Ah bon ? Et qu’est-ce qui décide qui est terroriste méchant et qui ne l’est pas ? « Ben, nous, parce que nous sommes des patriotes, et nous reconnaissons tous les terroristes méchants. » Euh, n’auront-ils pas le droit d’essayer de prouver qu’ils ne sont pas de méchants terroristes avant que vous ne les torturiez ? « Mais, non, vous ne comprenez pas du tout — quand nous déclarons que quelqu’un est terroriste, très très méchant ou même moyen, c’est tout ce qu’il faut pour les mettre en prison et les torturer. Il faut le faire pour la patrie, et ceux qui doutent de la moralité (ou même de l’efficacité) de ces moyens, eh bien, ce sont probablement des terroristes, eux aussi. Car, tout Américain qui ne supporte pas Bush est plus ou moins terroriste. Tout le monde le sait. »

Pour un point de vue moins stupide à ce sujet en fin de compte pas très drôle, allez lire ce billet de Billmon ou celui-ci chez Talking Points Memo. J’ai l’impression d’entrer dans un pays inconnu et plein d’horreurs. Et toutefois, tout se passe comme si de rien n’était — je passe chez Tiffany, plein de monde, pour acheter un cadeaux de mariage. Ce soir on va à une grande garden-party. Le prix de l’essence a baissé considérablement ces derniers jours — encore des suffrages pour les républicains en novembre, hélas.

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En route vers Tiffany, dans la 57e rue est, dans la pluie

Cette gentille vidéo néerlandaise titrée Deux pères me laisse espérer que quelque part les choses vont mieux que chez nous. Je l'ai trouvée chez Proceed At Your Own Risk.

septembre 14, 2006

Nudus pro artibus

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La vie de galerie n’est pas que luxe, calme et volupté — l’ami galeriste m’a envoyé ces photos qu’il a prises d’un esthète naturiste qui est entré dans la galerie pour voir l’expo après s’être déshabillé dans le couloir. L’assistante n’en croyait les yeux, l’ami galeriste était avec les parents d’une amie que se marraient du visiteur inattendu. Il a passé dix minutes à contempler les tableaux avant de remercier le personnel en se rhabillant.

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Le journaliste Matt Taibbi commente très sagement le 5e anniversaire du 11-septembre en posant la question pertinante « Pourquoi demander pourquoi ? ».

« As with everything else in this country, our response to 9/11 was a heroic compendium of idiocy, cowardice, callow flag-waving, weepy sentimentality (coupled with an apparently bottomless capacity for self-pity), sloth, laziness and partisan ignorance. » Dur, mais si vrai.

On est allé voir « Little Miss Sunshine » ce soir — agréable, de bons acteurs. Je n'ai pourtant pas pleuré, même pas une petite larme.

septembre 13, 2006

Dedicatio

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Le quai de métro presque complètement vide

Après avoir fait quelques courses dans l’Upper East Side (ou, si vous préférez, le Côté oriental supérieur), j’ai accompagné l’amie marchande de tableaux à un vernissage dans le Lower East Side (Côté oriental inférieur, bien sûr), dans une galerie qui vient de se changer de nom — c’est maintenant la Galerie Aidan Savoy (anagramme des noms des femmes propriétaires).

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Oui, c'était la station de l'avenue Lexington et la 63 rue

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Devant la galerie

Une expo agréable d’une artiste dont j’avais déjà apprécié l’œuvre. J’ai acheté un petit tableau pas cher — pour faire plaisir à l’artiste, mais surtout pour faire plaisir aux galeristes — c’est un métier dur, je vous assure.

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On étudie les tableaux exposés

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L'artiste aime les fils téléphoniques et des anciennes antennes de télé contre des ciels vides

Ensuite on est rentré par taxi au Ouest-Village où l’on a retrouvé le copain pour dîner au Sazerac, qui va disparaître, après 40 années, le 1er octobre, pour devenir une sorte de bistrot irlandais.

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Il y avait peu de monde ce soir au Sazerac House

septembre 12, 2006

Lassitudo

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C'est l'heure du ravitaillement des restaurants — je quittais la blanchisserie chinoise à côté

Ce n’est peut-être que la fatigue, le copain m’ayant réveillé trop tôt ce matin puisqu’il lui fallait assister à un truc de jeunes entrepreneurs gais — un petit déjeuner de réseautage qui a lieu toutes les deux semaines à 7 h 30 dans un café à Chelsea et moi je n’ai pas réussi à me rendormir. Donc, c’est peut-être le manque de sommeil qui fait que j’ai moins de patience que d’habitude (et j’avoue que cette quantité n’est pas énorme) pour le blabla incessant des Bushiens et des Cheneyens sur la Guerre contre la Terreur et l’importance de notre mission militaire en Irak. C’est pourquoi j’étais un peu calmé en regardant ce commentaire remarquable prononcé par le journaliste Keith Olbermann hier — un discours qu’on pouvait titrer « Que ce pays vous pardonne » destiné à Bush et Cie. À ne pas manquer — en dépit du fait que relativement peu d’Américains s’en rendront jamais compte.

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The Place, un restaurant sympa dans le quartier où l'ami galeriste a flirté avec le barman, un jeune diplômé d'Harvard qui veut devenir acteur — non, il n'était pas si doué que ça, évidemment !

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Cette petite maison vous coûtera seulement $ 4,9 millions — quelle belle affaire !

C’est peut-être la fatigue qui fait que j’ai réagi avec une mélancolie désabusée en lisant quelques derniers billets chez Billmon, qui explique avec une clarté toujours impressionnante pourquoi il redouterait une victoire éventuelle du parti démocrate dans les élections générales à venir (As previously stated previously stated, I'm rooting (through gritted teeth) for the Rovians to win this match -- or, more accurately, not lose it -- because I think both the Cheney Administration's fake reality and the genuine article have even more unpleasant surprises in store for this country, and I don't think either the Democratic Party or the American people can handle them at this point) et qui se plaint de la débâcle de l’emplacement toujours vide de l’ancien World Trade Center en notant que : « The old feedback mechanisms are broken or in deep disrepair, leaving America with an opposition party that doesn't know how (or what) to oppose, a military run by uniformed yes men, intelligence czars who couldn't find their way through a garden gate with a GPS locator, TV networks that don't even pretend to cover the news unless there's a missing white woman or a suspected child rapist involved, and talk radio hosts who think nuking Mecca is the solution to all our problems in the Middle East. We've got think tanks that can't think, security agencies that can't secure and accounting firms that can't count (except when their clients ask them to make 2+2=5). Our churches are either annexes to shopping malls, halfway homes for pederasts, or GOP precinct headquarters in disguise. Our economy is based on asset bubbles, defense contracts and an open-ended line of credit from the People's Bank of China, and we still can't push the poverty rate down or the median wage up.

It's hard to think of a major American institution, tradition or cultural value that has not, at some point over the past five years, been shown to be a.) totally out of touch, b.) criminally negligent, c.) hopelessly corrupt, d.) insanely hypocritical or e.) all of the above.). Tout ça rend content, non ?

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En dépit de Billmon, j'ai voté — voici l'entrée du centre gai, lesbien, bisexuel et transgenre où nous votons

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On est obsédé d'abdos, je suppose

De toute façon, malgré ma fatigue et ma mauvaise humeur et après avoir voté, je me suis efforcé à commencer à refaire ma garde-robe — il ne me reste en fait qu’une seule paire de pantalons que je puisse porter tous les jours et il est toujours trop chaud pour les pantalons en velours côtelé. Je me suis donc dirigé par un beau temps d’automne vers la boutique de http://www.bananarepublic.com/browse/home.do République bananière (approprié, je suppose,vu mon humeur politique actuelle) dans la rue Bleecker à l’angle de la 6e avenue.

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L'église St-Joseph, construite en 1833, dans la 6e avenue

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On a notre petit « bâtiment du fer à repasser plat » dans le Village — il se trouve au numéro 1, rue Cornélia

Là, la plupart des vêtements pour hommes sont faits en Turquie. Moi je veux bien m’habiller en Turc et j’achète donc deux pantalons chinos, dont un noir et un kaki. Plus tard je suis passé dans une autre succursale dans la 8e avenue où j’ai trouvé des pantalons en soie noirs (la soie est très seyante, je trouve) et une veste en velours côtelé noir — j’ai épargné 15 % en le payant tout avec une carte de crédit Banana Republic qu’on m’avait donnée sur le champ à la première boutique — quand j’aurai la facture, je paierai le montant et puis je fermerai le compte, je n’ai absolument pas besoin de plus de cartes de crédit.

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Dans la boutique dans la rue Bleecker

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Je suis passé ici pour voir s'il y avait un costume noir — c'est le magasin de vêtements pour homme du quartier

En remontant la rue Bleecker, j'ai vu mon coiffeur qui fumait une cigarette devant le salon — un court détour et j'ai ensuite les cheveux tout coiffés — c'est-à-dire, tout courts.

Une brève tournée au gymnase pour combattre les tristes effets de la gravité — hélas, il y avait très peu de sportifs particulièrement canons présents — mais j’ai fait ce qu’il fallait avant de me récompenser en m’assoyant quinze minutes sur les bancs en tuile blanche du sauna.

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La 8e avenue, avec la nouvelle tour du New York Times qui s'élève au fond

De retour chez nous, j’ai fait quelques coups de téléphone pour le travail (la saison vient de commencer avec les vernissages de la semaine dernière, mais le monde de l’art reste toujours « à la plage »).

septembre 11, 2006

Suffragium

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L'intersection de la 7e avenue, de la rue Christopher et de la 4e rue ouest

Demain c’est les élections primaires à New-York. Le copain et moi, nous passerons au Centre lesbien, gai, bisexuel et transgenre de la 12e rue ouest pour marquer nos préférences parmi les candidats démocrates. Nos choix sont déterminés par plusieurs facteurs — au début de la liste se trouvent des positions politiques pour (ou contre) les pleins droits pour les personnes homosexuelles. Non, nous ne basons pas nos suffrages que sur ce seul élément, mais il est évident qu’à New-York au moins ceux qui sont en faveur des droits des homos sont aussi en faveur de plein d’autres choses qu’on approuve, comme, par exemple, une subvention additionnelle des transports en commun et de meilleurs salaires pour les enseignants, tout comme ils sont contre (du moins en principe) les constantes arnaques immobilières qu’on nous fait subir ici. Leurs attitudes envers la guerre en Irak, quoique hors de leurs champs d’action pour la plupart d’eux, comptent pour moi — et le copain, lui, a été rendu fou furieux par l’effort mené par certains en faveur d’un nouvel amendement à la Constitution contre l’acte de profaner la bannière étoilée. C’est pourquoi on va voter demain pour Tasini contre la Clinton (mais on n’est pas content d’elle non plus parce qu’elle a voté en faveur de la guerre illégale en Irak et parce qu’on la trouve tout à fait lâche dans ses positions vis-à-vis du mariage des homos.) Pour le poste d’Avocat général de l’État de New-York, c’est un choix assez pénible entre le fils à papa Cuomo et l’exécrable pleurnicheur professionnel Mark Green — nous allons voter pour l’outsider Sean Maloney qui est à la fois beau gars, avocat et gai — dommage qu’il n’a aucune chance de gagner cette course de médiocrités ambitieuses. Eliott Spitzer, notre Robespierre (ou chevalier blanc) contre la Réaction des sociétés tricheuses, gagnera facilement. Il sera ensuite gouverneur.

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C'est toujours étonnant pour un New-Yorkais comme moi de voir combien ils sont spacieux, les supermarchés à la campagne — voici le rayon laitues

Le copain s’entraîne ce soir aux quais du Parc du fleuve Hudson — il fait des épreuves de vitesse, il m’a expliqué, en préparation pour le marathon d’Hartford. Hé oui, c’est pas très exotique, la ville d’Hartford — c’est même assez laid, mais c’est proche, le trajet est connu, il n’y a pas trop de monde (à l’oppose de celui de Paris ou de New-York) et on peut espérer donc atteindre un temps de passage suffisamment bon pour le qualifier de courir le marathon de Boston.

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Les fruits, beaux et bien présentés, ont pourtant nettement moins de goût que les fruits que nous achetons en ville

Bon, je viens de terminer une drôle de biographie de la comtesse du Barryet j’ai commencé un roman qui s’appelle, dans sa traduction anglaise, « Snow », de l’écrivain turc Orhan Pamuk dont je ne connais rien de l’œuvre. J’ai envie de découvrir de nouveaux écrivains à admirer puisque je trouve que la littérature américaine est devenue excessivement alexandrine.

septembre 10, 2006

Cæla

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Vue sur la baie à 6 heures du matin

L’aspect le plus remarquable de notre petit appart ’ à Pierreville, c’est combien on voit changer le temps — c’est comme avoir devant soi un énorme poste de télévision à écran plat en super haute définition, il est impossible à ne pas y jeter un coup d’œil à tout instant.

Samedi matin on s’est levé à six heures — j’ai pu regarder le lever du soleil. Dimanche soir — un moment avant de rentrer à New-York — on voit le reflet curieusement rehaussé du soleil couchant.

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On a invité des amis à prendre un verre chez nous hier soir — j'aime beaucoup ces roses, trouvées au supermarché A&P à 12,95 le bouquet

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Cet après-midi

septembre 08, 2006

Epistola ad Novam Hispaniam (vel ad Mexicam)

E. d’Aguas Calientes, au Mexique, carnetière excellente d’Histoires de…, m’a demandé dans un commentaire récent :

« Je ne sais pas ce qu'il va se passer au Mexique, mais j'aimerais bien savoir pourquoi vous mettez tant en valeur AMLO. Pourquoi tout le monde dit que ces élections ont été truquées alors que les observateurs internationaux ont dit qu'elles avaient été "fiables"? Quel serait l'intérêt des observateurs européens (je ne parle pas de observateurs américains, là leurs raisons sont plus évidentes...) d'avoir Calderón plutôt qu'Amlo comme Président du Mexique?

Et un petit point de vue mexicain, de ceux dont on fait peu écho à l'étranger...

http://internacional.blogspot.com/2006/08/mexican-elections-if-youre-interested.html »

J’espère qu’E ne m’en voudra pas trop si je profite de sa question pour lui montrer pourquoi j’ai personnellement quelques doutes sur les résultats officiels des récentes élections présidentielles au Mexique. D’abord, je connais très peu les deux candidats — AMLO était maire populaire, dans les deux sens du mot, de la ville de Mexico, Calderón serait le chouchou des classes riches, dont il fait partie. J’ai bien l’impression qu’au Mexique, c’est un peu comme aux États-Unis en ce moment ; dans les deux pays, la population est profondément divisée entre deux camps, qui chacun n’inspire aucune confiance chez l’autre qu’il fera tout exclusivement « pour le bien du pays » et non pas pour le succès du parti. Dans une telle situation, on est prêt à tout pour protéger ce qu’on a gagné.

Avec une différence officielle de 0,58% dans les suffrages entre MM Calderón et López Obrador, il est évident qu’on va inspecter les résultats avec un grand intérêt et il clair que les controverses sont nées tout de suite après l’annonce des premières indications.

Je suis peut-être un peu sensible à ce genre de controverses puisqu’on a connu de pareilles « irrégularités électorales » ici, en 2000 et encore en 2004 — au lieu du Tribunal Électoral, c’était notre Cour suprême, remplie de juges partisans de Bush et choisis par son père, qui ont « choisi » Bush fils comme président du pays en 2000 et les histoires flagrantes en Ohio en 2004 — et c’est évidemment pour cela que je me trouve toujours un peu « sceptique » de ces résultats qui remettent les puissants au pouvoir avec des petites histoires autour.

Si l’on regarde au Wikipédie ce qu’on dit du PAN, on ne peut que remarquer la similarité au Parti républicain chez nous. On nous dit même que des conseillers américains républicains sont allés aider les candidats PAN.

Tous les Européens n’ont pas écarté la possibilité de fraude électorale au Mexique. On en parle par exemple dans ce billet dans l’European Tribune, dans lequel on trouve vers la fin du billet un lien vers une vidéo où l’on voit comment des PANistes ont bloqué des observateurs européens devant un isoloir (qui se trouvait en l’occurrence dans un parking — pas très privé !)

Même certains observateurs qui n’ont rien remarqué de fraudulent ont dit ceci : « There were minor problems in the vote count, but nothing that would change the result, said Salafranca, a conservative deputy in the European parliament.

He said a vote-for-vote recount would have been more accurate than the count of vote tally sheets that was carried out on Wednesday, but acknowledged that Mexican law does not allow for a recount of every single vote. »

Pour terminer cette explication bien trop longue, cet éditorial paru dans le journal La Jornada du 10 juillet 2006, traduit en anglais, note « The worst fears of manipulation of the elections are confirmed with each hour that has passed following the end of voting, with every public blather of the electoral officials, with every television broadcast that bears the unmistakable trace of the official line, with every discrepancy in the data and every inconsistency in the behaviour of those charged with handling the vote. » Voilà pourquoi (un peu pêle-mêle, je m'excuse) je suis toujours sujet à quelques doutes sur la légitimité absolue des récentes élections présidentielles mexicaines.

Ce soir, on va à la campagne, d’où j’attendrai avec impatience pour savoir si finalement on va passer ou pas Path to 9/11 à la télé à partir de dimanche soir, en commémoration (je suppose) de l’attaque du 11 septembre. Les démocrates au Sénat ont envoyé une lettre, dont le texte en entier se trouve ici, à Disney soulignant que leur « permis d’émission » gratuit existe principalement pour l’intérêt du public — ça, c’est une menace que la société Disney/ABC n’ose pas ignorer.

Voici la citation en question: « The Communications Act of 1934 provides your network with a free broadcast license predicated on the fundamental understanding of your principle obligation to act as a trustee of the public airwaves in serving the public interest. Nowhere is this public interest obligation more apparent than in the duty of broadcasters to serve the civic needs of a democracy by promoting an open and accurate discussion of political ideas and events. » C'est ce qu'on appelle en anglais un fameux « shot across the bow » — désolé, je n'ai aucune idée comment cela se traduit en français.

septembre 06, 2006

Miscellanea

Beaucoup de choses à raconter et à commenter :

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Notre nouvel appartement se trouve au 1er étage de cet immeuble sans distinction

1) Je suis content d’avoir renouvelé notre contact avec « Pierreville » en y louant un petit appartement.

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J'approche la 9e avenue à l'angle de la 14e rue ouest en cherchant une cafetière électronique (sans succès)

2) Je me demande comment le public mexicain va prendre finalement la décision du tribunal électoral mexicain en faveur du candidat présidentiel de droite Calderon. Ils ont l’air d’être plus courageux que nous, nos voisins mexicains. (Et moins confortables, donc moins enclins à accepter n’importe quoi.)

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Un déjeuner d'affaires au restaurant Pastis, où j'ai accompagné l'ami galeriste pour parler de son avenir sentimental

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C'est comme un décor de théâtre — et notre serveur était charmant

3) La « fête commémorative » du 11 septembre approche — les républicains s’en servent pour souligner leur patriotisme et les grandes sociétés médiatiques — des trusts, quoi —, telles ABC/Disney, sont contentes de protéger leurs énormes privilèges commerciaux (car la soi-disant libre entreprise n’est rien qu’un slogan pitoyable qui sert à cacher les activités très « organisées » d’entreprises « à caractère républicain » telle Halliburton) en offrant au régime des émissions tout à fait douteuses (c’est-à-dire, de la propagande) sur « ce qui s’est vraiment passé le 11 septembre 2001 » (soyez sûr, c’est toujours la faute de Clinton !)

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À l'extérieur du mini-entreposage où l'on est allé chercher du mobilier pour l'appartement

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Vue du salon tout mince avant la pose des tableaux, qui a eu lieu samedi

4) J’aime les cartes et j’aime beaucoup celle-ci qui vient du journal Detroit Free Pressreproduite chez http://www.firedoglake.com/2006/09/05/kitchen-table-politics/ Firedoglake et chez http://www.washingtonmonthly.com/archives/individual/2006_09/009444.php Kevin Drum.

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Il fait bon d'habiter le Rhode-Island et le District de Colombie sur la côte Est

Elle montre le « changement de revenus médians » aux États-Unis depuis 2000 et l’avènement au pouvoir des Bushistes/Cheneyens. Cela va de soi que les commentateurs de droite se sont hâtés à remettre en question toutes ces données.

5) Je suis devenu polisseur d’argent expert — des coupes, des plats, des fourchettes et tout et tout. J’aime quand ça brille.

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On a fêté notre réinstallation à Pierreville avec une bouteille de Château Chasse-Spleen 2003 à l'appartement et une autre (nom oublié) au Café de la rue de l'Eau

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Décoration faite à la main par une amie à nous pour sa bijouterie à côté du restaurant

6) On n’a pas de cuillères « normales » à la campagne — l’argenterie qu’on y a apportée vient des Puces à Paris. C’est en métal argenté et les cuillères à soupe sont énormes. On n’a pas de bols non plus — ni des bols à céréales, par exemple, ni des bols à mélanger.

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Ce qu'on voit devant nous, assis au salon

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Ce qu'on voit de la terrasse quand on regarde vers le nord

7) Il fait du bruit quand il y a tempête — les suites du cyclone Ernesto ont secoué la côte et nos fenêtres — le vent a hurlé pendant presque deux jours.

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On prend cette rue pour jusqu'au bout pour aller chez nous

8) Je vais essayer enfin cette semaine de changer l’état d’immatriculation de la bagnole, qui est toujours « résidente » du Connecticut en dépit de son « déménagement » à New-York. C’est un processus bureaucratique très désagréable.