
À la sortie de métro dans la 6e avenue, devant l'entrée de Macy's
Ce que je trouve le plus désagréable dans ces manifestations politiques, c’est la façon dont trop de manifestants ne cherchent qu'à faire valoir leurs griefs particuliers — contre la Palestine occupée, par exemple, ou pour l’amnistie pour « les cinq Cubains » ( ? ). Comme toujours, il me semble, il y avait trop de jeunes filles tout récemment sorties (de toute apparence) de ces petits collèges privilégiés tels Bennington ($42.000 de frais de scolarité par an) ou Sarah Lawrence ($45.000) qui scandaient des slogans du genre (et je cite) « One two three four, Bush and Cheney out the door, five six seven eight, Time to rise and smash the state ! ». ce qui n’arrangeraient guère leurs parents qui ont énormément profité de cet état qu’elles voudraient (en principe) écraser pour qu’elles puissent hurler en rigolant de bêtises pareilles.

On trouvera sans doute peu de monde à clamer « Écrasez l'état » parmi ces invités à la garden-party offerte par des amis à nous à la campagne — par contre, la moitié se dirait démocrates !

Beaucoup de camionnettes de police

On attend avec patience le début de la marche
Il y a toujours trop de femmes moches, pour qui aller chez le coiffeur équivaudrait de toute évidence à une soumission impossible à contempler à la dictature bourgeoise de la beauté artificielle (bon, je suis profondément superficiel, je le sais…). Il y a les pauvres types barbus et habillés en uniforme un peu sale de « graduate student » sempiternel qui vous offrent bien tristement des tracts pour le socialisme catholique. Il y a trop de gens qui ont vraisemblablement besoin d’un objet quelconque afin de prétendre résister à l’inutilité inconditionnelle de leurs vies (et je me compte un peu parmi ces derniers !) — mais tout de même, et malgré tout l’inconvenant et le pathétique qu’on y trouve, il faut le faire, si seulement pour ajouter un corps à la masse qu’on va photographier (il y avait à certains moments plus de représentants de la presse que de manifestants).

Les médias sont omniprésents

Je cherche une place dans la foule

Le bâtiment de l'État-Empire prend garde à nous

Ça commence et l'on monte la 6e avenue
La police a été, pour une fois, plutôt correcte et disciplinée — on nous a laissés marcher dans la Sixième avenue jusqu’à la 47e rue, où nous avons tourné à droite (figurativement) en passant à travers le centre de la joaillerie et du diamant qui se trouve dans la 47e rue ouest, entre les 6e et 5e avenues. C’est là où j’ai remarqué la seule réaction vive aux manifestants — un homme criait à ceux qui passaient « Get a job ! Get a job ! ». Je pense que c’était surtout les manifestants propalestiniens qui l’enrageaient. La plupart des gens sur les trottoirs qui nous regardaient passer étaient sans expression aucune ou même se marraient de l’anomalie de cette manifestation.
Devant les bureaux du Wall Street Journal (à gauche) dans la 6e avenue


On tourne dans la 47e rue ouest

En pleine 47e rue ouest — centre de la joaillerie en gros à New-York

Olivier

Il y a même des grands-mères qui manifestent

La presse profite d'une « action spontanée » de la part d'un groupe d'étudiants

Encore des grands-mères !
Une fois arrivé au but — une sorte de parc-place de détention entourée de barricades au bout de la 47e rue — je me suis sauvé puisque je ne supporte pas les discours ennuyeux qu’on nous fait subir dans ce genre d’événement (vi, vi, vi, on est tous contre Bush, le racisme, le néo-colonialisme, le sexisme, le réchauffement de la terre, la pêche à la baleine, la chasse aux bébés phoques, et cetera).

Vers la fin de la marche, dans la place Dag Hammerskjold

C'est le monolithe de 2001 ! — non, mais, c'est la Tour mondiale Trump et c'est impressionnant même si ce n'est pas, il est vrai, très cosy

L'avenue Lexington, vide aussi — cela explique pourquoi il y a eu tant d'embouteillages un peu partout dans le centre du Manhattan aujourd'hui
J’ai donc marché jusqu’à la gare Grande Centrale où j’ai pris le 7 pour aller à la Place du Temps, où j’ai pris la correspondance pour le Village (à savoir, le 2 express).
On met en évidence, à la radio et sur la une du Times papier, la « mésaventure » du Canadien Maher Arar qui avait été illégalement enlevé par le FBI (qui le croyait membre d’Al-Qaïda) et envoyé en Syrie où on l’a torturé. (Mais je croyais qu’on n’était pas ami avec la Syrie — pourquoi la Syrie voudrait-elle commettre des crimes à la demande de Bush ?) C’est dégueulasse, toute cette histoire, et elle souligne pourquoi on ne peut pas laisser le champ libre à ces gens, qui sont finalement trop bêtes franchement pour pouvoir s’assurer de qui est terroriste et de qui ne l’est pas. (Et quand ils se trompent, cela est vite marqué « Top Secret » de crainte qu’on découvre l’erreur.)

Vue du salon à la campagne, pourvu du nouvel abat-jour rouge ! (Et j'aime surtout les appliques avec de vraies bougies allumées, j'ai pas peur, moi !)
Qu'est-ce qui se passe en Thaïlande ? (Il fallait pas risquer un voyage à New-York, M. le Premier Ministre.) Et à Budapest. (Quoi ? Des politiciens qui mentent ! Fallait pas se faire enregistrer, M. le Premier Ministre.)