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octobre 31, 2006

Diaboli

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C'est parfait pour ce soir, non ?

Le gymnase m’ayant offert une séance gratuite d’entraînement, je suis allé voir ce matin mon moniteur russe, qui s’appelle Andrey. Ex-danseur de ballet, il parle anglais assez bien, mais ne m’a pas toujours compris — c’est peut-être ma faute, tout le monde me dit que je marmonne et que je parle trop vite et trop bas.

L’ami galeriste m’avait téléphone ce matin pour m’aviser que son dîner avec des clients aurait lieu vendredi au lieu de ce soir, ce qui voulait dire qu’il était disponible pour voir le film Gilda qu’on vient de recevoir de Netflix (on l’avait commandé à sa demande). Mais j’avais déjà promis aux gens de Moveon.org que j’irais chez eux pour leur aider à faire la saisie de données qui doit être mises à jour à la fin de chaque journée de travail (je n’ai aucune idée pourquoi et je n’ose demander une explication à personne, ce sont de jeunes croyants pratiquants et non pas des vieux cyniques comme moi.) Donc, j’ai rendez-vous avec le copain dans son bureau, après on ira manger du japonais avant de passer au bureau de Moveon. Ça fait une Hallowe’en un peu différente, mais en reconnaissance de la fête (que le copain déteste ) je vais me travestir en jeune étudiant engagé des années 60 en t-shirt et pantalon Levis en velours gris, c’est dommage que je n’aie pas de boutons politiques de l’époque.

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L’ami galeriste m’a aussi envoyé voir ce site pour un drôle d’« instrument de toilette personnelle » — c’est complètement dingue, en particulier les bips de censure. Il faut surtout écouter la vidéo musicale — à faire trésaillir de honte et d'horreur à trop de points de vue (musique, paroles, vidéo, euphémisme, et ainsi de suite).

octobre 30, 2006

Promoveamus

En rentrant chez nous hier soir dans la voiture et en écoutant la radio, on a entendu à deux reprises une pub politique particulièrement méchante. Je n’ai pourtant reconnu aucun des noms. Ce matin, donc, je suis allé me renseigner naturellement sur Internet et voilà, j’ai trouvé Politics1, un site délicieux pour les pires junkies de la politique amerloque. Les fans les plus zélés comme Phersu le connaissent depuis longtemps en toute probabilité. (Et quand verrons-nous une version française ?)

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Vue d'une partie de la salle des volontaires au bureau de Moveon.org-Manhattan (avec quelques jeunes salariés, c'est vrai)

Les gens de Moveon.org m’ont téléphoné ce matin pour me demander de venir les aider — je leur ai dit que je ne pouvais venir au bureau que dans l’après-midi. Après avoir fait un peu de travail (quand même), je me suis dirigé vers la Cinquième avenue entre les 30e et 31e rues. Le bureau se trouve au 3e étage d’un immeuble commercial — en opposition avec celui de Brooklyn, qui était dans un appartement grand et vide — et c’est un bureau de deux chambres, dont le premier est occupé par les jeunes salariés et le deuxième par les volontaires. La plupart des volontaires étaient des femmes, jeunes et âgées, venues téléphoner à des électeurs potentiels en Floride, en Ohio et en Pennsylvanie. Il y avait aussi un jeune homme en fauteuil roulant. Certains téléphonaient avec des portables, d’autres avec des téléphones ordinaires. Moi je tapais à l’ordinateur (un PC parce qu’ils n’arrivaient pas à me connecter au sans-fil, marquant les noms de ceux qui se disaient d’accord pour aider la cause, et de ceux qui ne voulaient avoir rien à faire avec Moveon.org. Je ne sais pas si cela va influencer qui que ce soit, mais il faut faire un effort.

octobre 29, 2006

Ventosus

Un vent assez fort continue à siffler sur la côte du Connecticut oriental et du salon où je tape ces mots je peux voir la forme d’un voilier échoué sur une plage de la Pointe sablonneuse, îlot lui-même créé par le cyclone célèbre et dévastateur de 1938.

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On peut voir dans la photo comment l'îlot a été coupé du presqu'île de Napatree

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Le bateau chaviré devant chez nous — on le regarde un peu comme une baleine qui sort et resort de la mer

On a profité, le copain et moi, du changement d’heure pour glander une heure de plus dans l’appartement avant de foncer sur nos projets respectifs — lui il allait embêter les gens en passent les voir porte à porte pour les encourager à voter démocrate, accompagné toutefois de la belle partenaire en course à pied ce qui allait rendre l’obligation beaucoup moins pénible, tandis que moi j’allais me rendre au gymnase pour une séance d’entraînement (dos et biceps) sans limitation d’heure, vu qu’il est assez rare qu’on n’ait personne à voir ou qu’on n’aille pas déjeuner quelque part.

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Vue de la mer hier

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La petite plage à côté de chez nous, complètement inondée par la mer (c'était aussi la marée haute, et avec le vent...)

J’étais heureux de découvrir que le Times d’aujourd’hui s’est déclaré en faveur de Ned Lamont pour le siège au Sénat actuellement occupé par Joe Lieberman. Selon le dernier sondage que j’ai lu, M. Lieberman devance M. Lamont d’environ 17 pour cent chez les électeurs probables. J’espère bien que cet éditorial aidera à Lamont de faire remonter sa cote.

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Intérieur de la gare de l'Union à Nouvel-Havre

Le copain est parti avec l’amie partenaire en course à pied vers 9h30 pour le QG du candidat Courtney, d’où ils devront se faire assigner un district particulier à couvrir. Moi je suis allé au gymnase où il n’y avait que peu de monde.

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Sur les quais à Nouvel-Havre au coucher de soleil

Le dîner chez l’amie écrivain s’est bien passé hier soir. Le copain ayant eu des ennuis pendant la migration de serveur chez son client, il a dû prendre, au lieu du train Amtrak, un train de banlieue Metro-North qui l’a déposé à Nouvel-Havre (plus généralement connu par son nom anglais de New-Haven). Cela voulait dire qu’il a fallu que j’allasse le chercher à la gare de cette ville à une heure d’autoroute de « Pierreville » — que je suis bon ! Après une douche rapide, on était prêt à sortir.

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Les masques sur la table

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Chaque masque était différent et tous avaient des plumes, sauf le mien

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Tout le monde a trouvé que mon masque me convenait à merveille

J’ai mis les masques aux places choisies pour chaque invité par l’amie écrivain et j’ai insisté, une fois qu’on était assis à table, sur la nécessité de prendre une photo de tout le monde masqué, ce que j’ai fait.

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Le copain masqué

Pendant le repas, on s’est concentré sur deux sujets de conversation — les champignons vénéneux et les comestibles (existent-ils des truffes aux Amériques ?) et la guerre en Irak. L’opinion de la tablée s’est divisée surtout sur la guerre : tout le monde a reconnu que Bush avait menti, mais certains ont dit que les démocrates l’ont laissé faire en votant pour l’intervention militaire et pour ça ils portent une lourde responsabilité. « Mais. » j’ai noté, « moi j’avais dit dès le début que c’était de la folie, envahir l’Irak, et que c’était illégal et qu’il ne s’agissait que d’une forme de revanche facile cherchée par Bush pour montrer au monde arabe et aux autres qu’il était une petite frappe à craindre, et par là à gagner l’approbation d’une population terrorisée par les événements du 11 septembre. On a manifesté combien de fois pour souligner que c’était de la folie ? » Mon interlocuteur m’a répondu « Ben, évidemment, vous n’avez pas manifesté assez. » Et il a ajouté « Nous sommes tous coupables. On a tous du sang aux mains. » « Mais ce n’est pas vrai ! On n’est pas tous coupables. J’ai protesté cette guerre longtemps avant son déclenchement. » Il s’est haussé les épaules. Un autre a commencé à expliquer, à tort à mon avis, combien cela lui rappelait la guerre au Viêt-Nam, où il avait été conseiller du Département de l’État, notre ministère des Affaires étrangères. « C'est le gouvernement du Viêt-Nam du sud, plus ou moins légitime à l'époque, qui nous a invités à venir chez eux. Pour les Irakiens, on les a envahis tout court. Il n'y a rien de pareil entre les deux interventions » j'ai insisté (sans succès, en l'occurrence). Le copain a suggéré qu’on paie une amende considérable à l’ONU pour la restauration de l’infrastructure du pays, ce à quoi un autre a fait remarquer qu’il ne voulait pas tellement remplir les poches de Kofi Annan ou un autre. Mais en fin de compte, personne ne sait quoi faire maintenant en Irak — certains continuent à répéter le slogan de boutique qui dit « If you break it, you buy it » sans expliquer pourtant ce que voudrait dire le mot « buy » en termes concrets — et à qui va-t-on l’acheter, en fait ? Des Shia ? Des Sunnis ? D’autres disaient que, si nous restons, nous sommes seulement en train de « make a bad situation worse ». Alors, que faire ? Il est vrai que tout le monde ici craint la joie que vont sans doute ressentir les partisans d’al-Qaïda et d’autres groups antiaméricains quand les Américains quitteront (inévitablement) l’Irak. C’est cette joie, cette euphorie, transmise instantanément à travers le monde, qui fait peur aux démocrates qui sont traités de lâches et de pro-terroristes — comment quitter l’Irak sans paraître défait par nos ennemis (les vrais et les vraisemblables), voilà la complication la plus importante et réelle. Tout ceci est compliqué par l’Iran tout proche, qui est, on nous le répète, « la vraie menace ». En plus, comment les Israéliens, habitants du pays le plus fort militairement dans la région, vont-ils réagir à un départ éventuel de militaires américains de l’Irak ? À notre table hier soir, il n’y a pas eu de consensus. Cela va être bien plus difficile d’en trouver au Congrès l’année prochaine.

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L'amie écrivain entouré de ses invités masqués (sauf moi, qui a pris la photo, bien sûr)

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Leveur de fonds professionnel, marchand d'art et républicain, on ne peut plus diabolique que ça !

octobre 28, 2006

Tempestas

On est en pleine tempête d’automne — depuis le salon de l’appartement, je regarde la mer grise tourmentée par un vent fort venant du sud-est à 35 km/h avec des rafales jusqu’à 56 km/h. Ce vent est arrivé vers quatre heures du matin quand j’ai été réveillé par un long gémissement presque animal qui venait de la grande fenêtre dans la chambre à coucher — quelque part il doit y avoir quelque chose de défait que le vent a fait sonner. Je me suis heureusement rendormi au bruit de la pluie qui frappait contre toutes les fenêtres et la lucarne bombée de la salle de bain.

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Bateau à moteur coulé devant l'appartement en pleine tempête

Ce matin j’ai remarqué qu’un des deux bateaux à moteur amarrés au quai d'à côté avait coulé — l’autre semble bien mieux attaché. C’est l’ami galeriste qui m’avait conseillé hier après-midi de quitter New-York pour éviter le mauvais temps à venir, ce qui j’ai fait vers 19h15, le copain étant obligé de rester en ville hier soir et aujourd’hui pour la mise à jour du serveur d’un client. Il est censé me rejoindre cet après-midi par le train (je vais le chercher à la Nouvelle-Londres.)

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Trois restaus de quartier, dont Les Deux Copains, I Tre Merli et Chow Bar, ont collaboré à créer ce monument pour Halloween dans la 10e rue ouest dans l'emplacement où l'on venait d'enlever un tronc d'arbre mort

Il n’y a pas que moi qui m’inquiète des résultats éventuels de ces élections prochaines. Pour ceux qui aimeraient comprendre un peu la tension qu’on ressent aux États-Unis en ce qui concerne ces élections, ce billet de Publius l’Américain, junkie politique bien pire que moi, intitulé « The meaningless, most important election ever » est à lire absolument.

Il écrit: In this way, 2006 has the potential to be far more depressing than 2002 and 2004. That’s because the latter elections maintained at least the illusion of democracy.

...

Bottom line — if the GOP wins this time (or even if they don't), I think people need to get serious about addressing the procedural structural flaws that have crept into the American electoral system.

C’est pourquoi, pour lui comme pour beaucoup d’autres, ces élections sont si importantes — elles montreront si la démocratie américaine permet toujours des changements de politique ou si les hommes politiques ont enfin réussi à créer un système « électoral » exempt des vœux de l’électorat. (C’est beau comme euphémisme, n’est-ce pas ?)

Cette fois, on se prépare contre les intrigues aux isoloirs — on doit enregistrer sur vidéo les problèmes qu’on rencontre en essayant de voter.

(Vidéo ramassée chez Andy Tobias.)

Qu’est-ce qu’on devrait porter à la fin d’une tradition démocratique vieille de plus de 200 ans ? Ben, si l’on fait partie des gens que le régime n’apprécie pas tellement (gai, libéral et New-Yorkais) , il vaut mieux, il me semble, s’acheter des vêtements durables — genre « on va manifester dans les rues et les pantalons Prada n’ont aucune descendance proprement contestataire ». C’est donc chez la magasin Levi’s dans le Broadway que je me suis dirigé pour m’offrir une toilette dûment séditieuse. Mais en route j’ai passé, dans la rue Christophe, le magasin http://www.aedes.com/brand.php?cat_id=2 Aedes de Venustas dans lequel je suis entré pour acheter une bougie Diptyque (révolution caviar oblige) senteur http://www.diptyque.tm.fr/produits_maison.php?lan=fr&senteur=3&produit=13 thé pour la campagne. Il y avait un transsexuel en imperméable dans la boutique à la caisse avant moi, le visage féminisé (et surtout les lèvres gonflées, ce que je ne trouve pas très séduisant, mais j’ai probablement tort) et la voix toujours profonde et masculine, qui achetait une bougie comme cadeau.

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La vitrine un peu style « des Esseintes » du magasin de parfums Aedes de Venustas

J’ai fait du lèche-vitrine dans la 8e rue ouest pour trouver des bottines en cuir noir comme celles qu’a porté le prêtre vicieux (et homicide) dans la pièce Ascension qu’on a vue la semaine dernière — des bottines noires avec deux rangs de crochets, très démodées, je sais, mais elles m’ont plu — je parie bien qu’on pouvait en trouver à Londres, le paradis des vêtements inhabituels, mais ici ça va être difficile — mais sans succès.

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L'arc de... euh, je ne sais pas quoi, dans la place Washington

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Un écureuil content d'ignorer tout sur Bush

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Voitures brûlées — ça doit être les émeutes dans la banlieue parisienne ! — mais non, c'est pour un film de Warner Brothers

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Les touristes allemands et français ont adoré — comme moi !

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J'ai entendu un des chauffeurs qui disait « Ben, i' comprennent même pas que leurs photos appartiennent entièrement à la Warner Bros » — les concepts légaux sont très flous aux USA, c'est pourquoi il y a tant de républicains

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La fontaine au centre de la place Washington

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Désolé pour cette photo cliché prise par ce temps gris

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Un peu plus loin, on fait de l'arboriculture ?

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Mais non, c'est tout pour le film qu'on va tourner — l'arbre est en plastique !

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C'est comme ça qu'on n'affole pas les Amis des Arbres !

A Broadway j’ai vu l’ancien magasin de disques Tower, en faillite dans les USA. Cette chaîne de magasins de disques énormes nous est venue de Californie ; son magasin le plus connu se trouvait sur la Sunset Strip à Los-Angeles. Je ne sais pas combien de disques compacts j’ai achetés à cet endroit, mais je leur ai donné des sous. Et maintenant, fini, terminé.

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Tower Records n'est plus (snif)

Je descends Broadway, dont les trottoirs sont bourrés de touristes italiens et anglais. Au magasin Levi’s j’entends de tout — de l’espagnol, du français, de l’anglais fort accentué. Les jeans n’y sont pas très bon marché — à 46 $ pour une paire de 501 noir classique. Je ne m’en suis pas renseigné sur les prix des autres modèles — pour bottes, délavés, etc. — qui sont plus à la mode. J’ai quand même acheté deux paires de pantalons en velours côtelé très fin — je trouve que c’est très seyant aux jeunes hommes de 20 à 25 ans aux tailles fines et ça fait des années qu’on ne les ait plus vus — on verra ce que ça donne à cette carcasse gonflée de Méthusalem que j’ai.

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Dans le magasin Levi's dans Broadway

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La foule à SoHo

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L'embouteillage de ouiquende dans la 7e avenue, à plusieurs blocs de l'entrée au tunnel d'Hollande — pauvres Nouveau-Jersiais, va !

Puisqu’on fait une sorte de dîner de veille de la Toussaint (un peu en avant) chez l’amie écrivain ce soir, je suis allé acheter des masques à plumes pour tous les invités. Son fils unique et sa femme viennent (sont venus hier soir, je l’espère) de Washington. C’est une chose rare, cette visite — ils ne viennent en général que passer le week-end du jour de commémoration des soldats morts en fin mai et celui de la fête du Travail en septembre. « They’re coming to check on the old girl » l’amie écrivain m’a expliqué tout platement quand elle nous avait invités. Et j’ai moi-même ressenti un léger pressentiment, encore confus, à son égard. C’est pourquoi je veux un peu hausser l’aspect de fête de ce dîner. Il faut profiter du temps qu'il nous reste.

octobre 27, 2006

Aquatica

Pas assez de temps pour rédiger un billet correct, donc je vous laisse cette vidéo sur le violon d'Ingres favori de Cheney — la « planche à l'eau » !

octobre 23, 2006

Belli fatigatio

Il est des choses qu’on n’arrive pas à comprendre, même en les étudiant de près, mais de temps en temps on a le plaisir de se retrouver devant une explication qui résume ce qu’on a ressenti sans toutefois pouvoir le mettre en paroles.

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Il y a des embouteillages politiques autant que physiques, comme celui-ci sur l'autoroute F D Roosevelt juste au sud de l'ONU

Je me suis longtemps posé la question de comprendre pourquoi la majorité du peuple américain s’est comportée si servilement lorsque Bush avait déclenché son intrigue militaire contre le régime de Saddam Hussein. Pourquoi n’ont-ils pas pu saisir qu’il s’agissait d’une intervention illégale qui n’avait en plus rien à voir avec ce qu’avaient fait des partisans d’Al-Qaïda ?

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Le lever du soleil à Pierreville

D'abord, il faut noter que, à l’opposé de la plupart de mes concitoyens, je n’ai pas trouvé que l’attaque sur le World Trade Center avait indiqué le début d’un conflit mondial provoqué par le choc des civilisations. Non, pour moi, les attaques terroristes sur New-York ont surtout signalé qu’on n’avait pas fait assez d’attention aux activités illégales d’un groupe anti-américain qui avait eu la chance de se permettre un acte terroriste tout à fait remarquable et donc pleinement réussi. Mais pour moi c’était comme l’instant où j’avais été agressé dans le Parc central par un groupe de jeunes voyous noirs qui m’ont enlevé mon baladeur et la somme de 70 $ en tendant un couteau de cuisine dans mon ventre. Oui, j’ai été énervé d’avoir été agressé, et oui, j’ai voulu (assez vainement, je le savais) prendre ma revanche en informant l’agent de police dans sa voiture de ce qui venait de m’arriver — il m’a immédiatement ordonné de monter dans la voiture pour essayer de retrouver mes agresseurs — il a conduit comme un fou, mais je n’ai reconnu personne parmi les milliers de gens qui, comme moi, rentraient à pied chez eux dans l’Upper West Side.

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La place aux Canons, avec la bannière étoilée dans le vent

Je raconte cette histoire à la con pour essayer d’expliquer un peu ma réaction aux événements du 11 septembre. Comme tout Américain, j’étais choqué, surpris, frappé. J’avoue avec gêne que j’avais moi aussi ressenti, pour quelques minutes au moins, le facile et l’indigne désir de frapper n’importe qui pour les faire payer cet affront. Mais c’était la même chose avec mes propres voyous d’il y a des années. Le choc apaisé, la mesure est retournée.

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La nouvelle voiture de l'amie écrivain — elle ne peut plus conduire mais elle est ravie de cette bagnole

On nous a répétés et on continue à nous répéter mille et mille fois qu’après le 11 septembre, tout est différent. Et c’est justement ça, le problème, parce qu’en réalité, rien n’avait changé — un groupe de voyous fanatiques a réussi à nous flanquer une grande, une impressionnante claque dans la figure. Oui, c’est atroce, oui, on va les faire payer en les arrêtant et en les mettant en justice, oui, on va surveiller de plus près nos aéroports et nos ports et tout ce qu’il faut pour essayer d’empêcher ce genre d’attentat. Mais c’était une action proprement policière (comme mon bref trajet en voiture de police) qu’il a fallu, et non pas un renversement total des bases de l’État, pour combattre ces criminels, qui n’ont au fond rien d’original. Ils n’aiment pas la politique des États-Unis — là, ils ne sont pas les seuls — et ils cherchent à faire du mal au pays, tout comme l’IRA en Angleterre, la Rote Armee Faktion en Allemagne, l’ETA en Espagne, et ainsi de suite. C’est dur, une guérilla dogmatique, mais on les poursuit, les malfaiteurs, les terroristes. On les traite comme n’importe quelle personne soupçonnée d’un crime.

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La golden de famille Maggie, qui porte un t-shirt Lamont pour la fête

Mais l’Amérique a peur. S’il y a une chose qui a vraiment changé depuis le 11 septembre 2001, c’est que l’Amérique se permet le plaisir d’avoir peur — c’est comme au cinéma d’horreur où l’on paie volontiers 10,50 $ pour voir dépecer horriblement les corps de beaux jeunes gens — et la peur excuse tout. Je ne m’étais jamais rendu compte de combien les gens ont eu peur à la suite des attaques à New-York et à Washington. Et cette peur a submergé tout ce qu’il y avait de raisonnable dans la réponse officielle aux événements.

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M. Lamont dit bonjour à des amis

Les républicains, dirigés par le maître propagandiste lui-même Karl Rove, ont vite saisi la balle au bond. Karl et les autres ont vite compris que la plupart des citoyens des États-Unis ne cherchaient pas une réponse intelligente, efficace ou proportionnée devant une telle injure à l’amour-propre patriotique. Non, ils voulaient voir des bombes lancées par des avions, des explosions magnifiques retransmises par CNN — une revanche rendue dûment visible et aussi sans grandes difficultés. Karl savait aussi qu’une nation en guerre hésiterait à congédier un « président en temps de guerre » — donc, une brave petite guerre de revanche lui allait parfaitement bien. Comme pour Bush aussi, mais pour de raisons un peu différentes.

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M. Lamont répond aux questions posées par l'assistance

C’est pourquoi j’ai été impressionné par ce billet de Steve Gilliard sur les raisons psychologiques pour lesquelles Bush a prôné cette guerre. Ce n’est pas un chef-d’œuvre de clarté ou de style, mais je trouve que M. Gilliard a très bien détaillé les forces psychiques qui ont poussé Bush à entreprendre cette guerre futile. Voici une longue citation (je me suis amusé à la traduire, mais le texte anglais fait foi.)

« George Bush has never explained Iraq in terms which a logical person could understand. Iraq has been an emotional appeal from the first day going after Saddam was raised. It was never about any actual threat, but an emotional desire to prove we could dominate anyone who opposed us. »

George Bush n’a jamais expliqué l’Irak dans des termes qu’une personne logique pourrait comprendre. Avec l’Irak, il s’est agi d’une invocation émotionnelle du premier jour qu’on ait suggéré la poursuite de Saddam. Il n’y avait jamais aucune menace réelle, mais un désir émotionnel de prouver que nous pouvions dominer qui nous opposait.

« For Bush, who has failed at every task ever put before him, from work, to the military to school, this was going to be his vindication. He so desperately wanted to be a hero and Iraq was going to solve all of his issues. He would defeat an enemy, prove himself worthy and gain the respect from his family he so desperately wanted. »

Pour Bush, qui a raté toute tâche qu’on lui a confiée, dans son travail, dans le militaire, à l’université, ceci allait être justification. Il a, si désespérément, cherché à être un héros et l’Irak allait résoudre toutes ces questions. Il vaincrait un ennemi, faire preuve d’être valable et gagner le respect de sa famille qu’il cherche si désespérément.

« Which is why he chose men his father kept at arms length. Bush never wanted advice, he wanted confirmation of his beliefs. His narrow world view, shaped by the dust dry plains of Midland as much as any movie, this idea that a man didn't need or want questions, he just did. »

C’est pourquoi il a choisi des hommes que son père avait maintenus à distance. Bush n’a jamais voulu de conseil, il a voulu la confirmation de ses croyances. Son approche globale étroite, façonnée par les plaines arides et poussiéreuses de Midland autant que par aucun film, [est] qu’un homme n’a pas besoin, ne veut pas de questions, tout simplement il agit.

« Which is how he approached the American people, not with facts, but an emotional appeal. He's out there, he's guilty, let's get him first. That was the goal, get them first, show them who is boss, Those who don't get that are weak, even if they are in uniform. We will show the world they better not fuck with us again. Iraq will be first, and the rest will bend to our will. We will show them what a superpower does. »

Ce qui est comment il a fait ses démarches auprès du peuple américain, non pas avec des faits, mais avec un appel émotionnel. Il est là, il est coupable, on va l’avoir le premier. C’était ça, le but, montrez-leur qui est chef. Ceux qui ne le comprennent pas sont faibles, même s’ils sont en uniforme. Nous allons montrer au monde qu’ils ne vont plus encore nous faire chier. L’Irak sera le premier et les autres se plieront à notre volonté. On va leur montrer comment fait une superpuissance.

« This was never a logical argument, it was never a reasoned one, it was pure emotion, which the anti-war movement never got. Iraq was a challenge to us, our manhood, our power and anyone in the way just didn't care. »

Ceci n’a jamais été un argument logique, il n’était jamais raisonné, c’était de l’émotion pure, ce que le mouvement anti-guerre n’a jamais compris. L’Irak, c’était un défi contre nous, contre notre masculinité, notre puissance et qui nous gênait ne s’en souciait pas.

« It wasn't anything to do with concrete facts. It wasn't just fear, but emasculation which Bush sold and that worked on women like a charm. People wanted to believe that the US could run down Iraq and then all manner of miracle would follow, not because of what people wanted but because people feared the US. It wasn't democracy, but control, to finally make Iraq like Israel, a Westernish country loyal to the US. It wasn't anything about what the Iraqis wanted, although the exiles fed into that delusions, which fell into their own delusions, that Iraq was just waiting for their leadership. »

Cela n’avait rien à faire avec des faits concrets. Ce n’était pas seulement la peur, mais l’émasculation que Bush a vendues, ce qui a réussi chez des femmes à merveille. [Le témoignage par le dr Dave de la transformation de sa coloc américaine après le 11 septembre en conservatrice revancharde xénophobe, que j’ai lu par hasard ce matin, confirme l’efficacité de cette démarche]. Les gens voulaient croire que les USA pouvaient forcer l’Irak et ensuite toutes sortes de miracle s’ensuivraient, non pas à cause de ce que les gens voulaient, mais parce qu’ils craignaient les USA. Il ne s’agissait pas de la démocratie, mais de la maîtrise, finalement à transformer l’Irak en Israël, un pays occidentalisant fidèle aux USA. Cela n’avait rien à voir avec ce que voulaient les Irakiens, quoique les exilés ont alimenté cette illusion, qui accordait avec leurs propres illusions, que l’Irak n’attendait que leur direction.

« Which is why so many people believed in Bush for so long. That Iraq was to be beaten as psychological payback for 9/11. Osama lived in caves, Saddam in palaces. He was a villain worthy of our attention, not some cave dwelling nutjob. He was an enemy, despite the fact that he had pretty much left us alone. »

Ce qui est pourquoi tant de gens ont cru en Bush pour autant de temps . Qu’on allait battre l’Irak en tant que vengeance psychologique pour le 9 septembre . Oussama vivait dans des cavernes, Saddam dans des palais. Il était un méchant qui valait nos attentions, non pas un barjot qui perche sous la terre. Il était un ennemi, en dépit du fait qu’il nous avait laissés plus ou moins tranquille.

« Bush is a bully and a coward at heart. Iraq was chosen because Iraq would be easy, and then the rest of the Middle East would follow. It was the easy way to solve our problems, not our real problems, but our emotional pain, the unresolved conflict over being attacked. And Bush would resolve his lifelong lack of success. »

Bush est au fond un petit caïd et un lâche. On a choisi l’Irak parce que l’Irak serait facile, et puis le reste du Moyen-Orient suivrait. C’était la façon facile de résoudre nos problèmes, non pas nos problèmes réels, mais notre douleur émotionnelle, le conflit irrésolu d’avoir été attaqués. Et Bush résoudrait son manque de succès de toute une vie.

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La décoration patriotique de rigueur chez la sœur de Ned Lamont

Avec Bush, on sent l’inutilité de manifestations contre le projet qu’il a en tête — des centaines de milliers de manifestants dans les rues de New-York ou de Londres, rien ne le touche. On a beau brandir des drapeaux « Pace » dans les rues du monde, il ne contemplera pas pour un instant à revoir ses plans.

Le plus désespérant, c’est qu’il y a au moins trente pour cent de la population qui pense tout à fait comme lui.

Que faire ? Je me méfie un peu de ces pronostics un peu trop encourageants pour les résultats des prochaines élections, qui auront lieu le 7 novembre. On sent, même à New-York où l’on ne s’attend à aucunes surprises électorales (Hillary sera de nouveau sénatrice ; Spitzer sera gouverneur), une certaine tension pré-électorale — à cause des publicités télé « d’attaque » — pour et contre les candidats au Sénat de l’état du Nouveau-Jersey, par exemple. Au Connecticut, Ned Lamont a, d’après certains sondages récents, baissé. C’est dommage, parce que Liebermann, le pire des « petits copains » des initiés de tendance centriste, ne mérite pas cette victoire éventuelle. À Pierreville, on dit que la course à l’élection aux Chambres des représentants pour le 2e district entre le républicain Simmons et le démocrate Courtney est à égalité — le copain a consenti d’aller faire du porte-à-porte les deux fins de semaines qui restent avant le suffrage avec l’amie partenaire en course à pied (elle a fait le marathon de Chicago dimanche dernier).

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Dans la 42e rue ouest, une nuit de pluie, devant le théâtre

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On est allé après le spectacle au Film Center Café dans la 9e avenue

On a fait un peu de théâtre — d’abord une pièce exécrable qui s’appelle Ascension, que l’ami galeriste a voulu voir à cause d’une critique louangeuse (et imméritée) dans le Times et aussi parce qu’il y avait un beau jeune homme qui se déshabillait sur scène (ah la la, c’est toujours le sexe qui attire au théâtre). Le lendemain on est allé voir la reprise d’une comédie de l’Anglais George Bernard Shaw Heartbreak House (qu’on peut lire en entier ici).

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Devant le théâtre, dont le nom — the American Airlines Theatre — me donne des frissons de dégoût

Vers la fin de la pièce, tandis que les bombardements allemands approchent, les personnages discutent sur la terrasse de la possibilité d’un but dans la vie devant l’insatisfaction qu’ils ressentent tous et leur impuissance devant un homme politique capitaliste « moderne » (dans ce cas, Mangan) :

HECTOR. [...] We sit here talking, and leave everything to Mangan and to chance and to the devil. Think of the powers of destruction that Mangan and his mutual admiration gang wield! It's madness: it's like giving a torpedo to a badly brought up child to play at earthquakes with.

MAZZINI. I know. I used often to think about that when I was young.

HECTOR. Think! What's the good of thinking about it? Why didn't you do something?

MAZZINI. But I did. I joined societies and made speeches and wrote pamphlets. That was all I could do. But, you know, though the people in the societies thought they knew more than Mangan, most of them wouldn't have joined if they had known as much. You see they had never had any money to handle or any men to manage. Every year I expected a revolution, or some frightful smash-up: it seemed impossible that we could blunder and muddle on any longer. But nothing happened, except, of course, the usual poverty and crime and drink that we are used to. Nothing ever does happen. It's amazing how well we get along, all things considered. »

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Façade du Caffè Reggio, l'un des premiers cafés de bohème du Village, dans un quartier maintenant envahi par l'Université de New-York

Mazzini, c’est le parfait petit libéral frustré du Nord-Est. La salle a gémi en entendant ces paroles. Tout est politique.

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C'est comme cela qu'on fait de l'urbanisme utilitaire dans le Lower East Side

C’est la même réaction à la signature récente de la loi sur la torture (en guise de réponse à ce billet chez Embruns) — connue officiellement par son nom The Military Commissions Act of 2006. On n’est pas sûr de ce qui arrivera au moment où Bush et Cie essayera d’appliquer cette loi — sera-t-elle considérée constitutionnelle ? J’ai l’impression qu’on attend, peut-être à tort, une décision sur l’applicabilité réelle de la loi, ce qu’on n’a pas encore eu.


US Torture Corps — du boulot pour tous !

En plus, on attend les résultats des élections pour voir si les démocrates trouveront assez de voix au Sénat et à la Chambre pour pouvoir renverser les lois les pires. Si cette majorité ne se fait pas, et si Bush pousse le Ministère de la Justice à « profiter » de cette loi, même si c’est seulement pour prouver qu’il peut s’il veut, on aura peut-être la vraie crise constitutionnelle que tous les hommes politiques à Washington cherchent à éviter.

Le commentateur Keith Olbermann nous reproche d'être une nation de « pommes de terre de canapé » dans ce sobre commentaire sur la signature de l'acte. « I'm wondering how we got to this point ? » le professeur Turley qu'il interviewe se demande vers la fin du clip.

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Dans la rue Delancy vers le pont de Williamsbourg

C’est pourquoi, à la question posée chez Parallèles, je dirai que, pour le moment, non, il n’y aura personne à se dresser trop bruyamment contre cette loi. Dans le jeu de cache-cache juridique incessant qu’on poursuit ici, il vaut mieux ne pas jouer sa main trop tôt.

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Un monument inattendu dans la rue Houston

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C'est émouvant, je trouve

J’ai attrapé une sorte de rhume qui s’est installé dans ma gorge et qui m’a donné une voix de Mercedes McCambridge dans L’Exorciste. Je m’enveloppe dans des robes de chambre et des pyjamas. Ce soir, de la soupe au poulet et dodo.

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Un couple chinois attendent traverser la Bowery

Je sais que ceci ne cloche vraiment pas avec le ton de ce billet plutôt maussade, mais ce convertisseur de nom en chinois m'a donné quelques minutes de divertissement.

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Si seulement on pouvait apporter son âme à la laverie chinoise pour la rendre toute neuve et propre — et pour une somme modique !

octobre 12, 2006

De vectigalibus

Étant nul dans la gestion de mes finances et dans le paiement de mes impôts, j’entends toujours la voix, flûtée et nasillarde, de mon comptable expert fiscal avec un mélange d’irritation, d'angoisse et de soulagement. Je lui paie ses honoraires pour qu’il m’évite des histoires désagréables avec le fisc. De toute façon, il ne m’était pas possible de ne pas ressentir un frisson d’anxiété quand il m’a téléphoné ce matin mais j’ai vite appris qu’il fallait seulement poster mes déclarations officielles (heureusement que j’avais déjà payé tout ce qu’il fallait en avril). J’ai eu peur qu’on ne me demande encore des sous !

Et puis cet après-midi il y avait en plus le rendez-vous avec l’avocat qui va mettre à jour mon testament — je laisse tout au copain mais ce n’est pas aussi simple que cela, évidemment. Si nous mourrons ensemble (accident de route sur l’autoroute I-95, très envisageable, hélas), à qui voudrais-je léguer mes « biens matériaux » ? Je ne savais vraiment pas quoi répondre. Il y a aussi la question d’une procuration générale. Et une procuration médicale. C’est pas gai, mais il faut le faire, je pense.

J’ai acheté deux livres que j’ai hâte de lire : le premier est The Beautiful Fall, une chronique de la mode à Paris dans les années 70 qui vient de sortir. Et puis la libraire de chez Oscar Wilde, dans la rue Christopher, m’appelle ce soir pour me dire que le livre Gay L.A. est arrivé — j’y suis allé l’acheter aussitôt.

Il n’est pas bon pour la carrière de déplaire au roi.

octobre 10, 2006

Lentitudo

Oui, oui, oui, tout le monde s’offusque du culot de ces salauds de Nord-Coréens d’avoir osé, devant la condamnation quasi unanime de tous les pays dits civilisés de la planète, exploser une bombe (ben, une sorte de bombe souterraine) nucléaire chez eux, mais moi, je veux surtout comprendre pourquoi je n’aime pas tellement Verdi. On a assisté dimanche après-midi une représentation de La Traviata par une troupe locale — tout était bien joué, le décor était séduisant, l’orchestre correct, mais je n’ai pas trop apprécié l’œuvre elle-même. Le côté mélodramatique, qui est important après tout, ne m’a pas tellement touché (et j’ai quand même un grand faible pour le mélo lacrymogène) et j’ai trouvé le père Giorgio Germont tout à fait insupportable (comme personnage — le baryton était excellent).

On est rentré à New-York dimanche soir.

Aujourd’hui au gym (les homos BCBG vont tous à Equinox), les adonis n’ont exhibé aucune inquiétude particulière sur l’avènement de la Corée du nord dans le club des nucléaires.

Je suis allé à Brooklyn cet après-midi pour offrir mes piètres talents d’opérateur de saisie de données aux braves jeunes gens de Moveon.org, qui se sont installés dans un appartement vide dans le quartier des Jardins de Carroll où ils espèrent influencer les prochaines élections et surtout chasser les républicains du pouvoir. J’y suis resté deux heures à taper sur une machine PC (beurk) et j’y rentrerai demain (avec mon Mac). Toutes les bases de données qu’on perfectionne sont en ligne (Internet et réseau local) donc je pourrai utiliser mon portable.

Le copain m’a obligé de déplacer 15,62 GO de mon disque dur à un disque dur de réseau d’iomega — on estime que le déplacement va durer 21 heures ! Mais j’espère que mon portable marchera beaucoup plus rapidement après.

Je crois que j’ai laissé l’appareil photo dans la voiture — je m’excuse d’avance mais il paraît qu’il n’y aura pas de photos cette semaine. On va à la campagne et le copain et l’ami ex-Marine vont courir le marathon d’Hartford. Dimanche après-midi on va à une réception pour lever des fonds pour le candidat démocrate au Sénat du Connecticut Ned Lamont, que j’ai déjà rencontré à New-York, dans le Village-Est. M. Lamont cherche à renverser le règne du sénateur Lieberman.

octobre 07, 2006

Photographiæ diversæ

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Des machines à dessins (ou des dessins machinaux) conçues par un artiste allemend à la galerie Plane Space dans le Village

On est allé voir vendredi soir la reprise de A Chorus Line, qui avait ouvert officiellement jeudi à une critique assez bonne. Très fidèle à l’original, la reprise représente un chef d’œuvre (plus ou moins) contemporain de cet art traditionnel américain. Dans l’assistance, on a reconnu la momie de Rod Stewart et la caricature qu’est Katie Couric, nouvelle présentatrice en chef du JT à CBS.

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Une chambre à coucher que j'envie — surtout les placards faits sur mesure — qui appartient à un ami marchand d'art

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Évidence de francophilie dans la rue Perry — c'est la première fois que je voie une version française

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Un nouveau gratte-ciel s'érige dans la place du Temps

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Dans les foules et les lumières de la place du Temps, un vendredi soir d'automne

Après le spectacle on est allé dîner au restaurant « théâtral » Joe Allen’s dans la 46e rue ouest. Plein de monde, trop de bruit. Rentré assez tard, le copain a voulu regarder l’épisode de South Park où il s’agit du Monde de l’art de guerre. Infiniment bête et drôle.

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Tout le monde ne s'est pas soucié de garder la ligne hier soir

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On nous prépare un nouveau bistrot français dans le quartier?

Courses ménagères ce matin (par exemple, visites à la laverie et à la blanchisserie) avant de partir pour la campagne. Trop de trafic sur la I-95, il nous a fallu arrêter la voiture trois fois sans aucune raison évidente. Grrr.

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Ça m'irrite quand les « étrangers » (notez la plaque de Caroline du nord) s'approprient (notez l'autocollant) à leurs fins les événements du 11 septembre 2001

On dîne ce soir chez une amie. On va se coucher tôt.

octobre 05, 2006

Miscellanea

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Ça brille toujours !

L’ami galeriste m’avait téléphoné hier après-midi pour m’inviter à l’accompagner à la séance de 18h30 du nouveau film de John Cameron Mitchell, Shortbus, qui vient d’ouvrir à New-York. C’est tout simplement extraordinaire. Drôle et infiniment triste, touchant et embarrassant. « People come to New York to be forgiven. What do you need to be forgiven for ? » demande l’ex-maire de New-York à un éphèbe clone d’Ashton Kutcher dans une boîte de nuit assez spéciale (et plus onirique que réelle).

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Chais pas mais cette « image » en marbre dans un des ascenseurs du Bâtiment de l'État Empire me fait un peu peur

Après le film on est allé dîner à Intermezzo, restau italien de quartier où l’on peut manger correctement pour peu de sous (si l’on choisit bien). Le copain et un ami ancien élève, comme lui, de Berkeley nous ont rejoints pour un verre.

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Vue du 49e étage — et la tour du Times qui s'élève toujours

L’ami habite Changhaï (typiquement, je suppose, je préfère l’ancienne orthographe de la Perle de l’Orient au « moderne ») d’où il surveille la fabrication de meubles vendus aux États-Unis, par exemple, chez Crate & Barrel. Son copain à lui, ex-financier, s’occupe du marketing depuis Manhattan — ils se voient une fois par mois, ou en Chine ou aux États-Unis.

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Vue des toits

L’ami du copain nous a raconté des histoires très drôles sur la vie gaie à Changhaï. Il habite actuellement dans la Concession française (le quartier le plus chic, d’après lui) mais comme les loyers triplent tous les ans, ils sont en train d’acheter (et d’aménager — on n’achète que quatre murs en béton, avec de l’eau et un branchement d’électricité) un appartement dans un autre quartier moins amusant, mais abordable. Le copain espère qu’on pourra lui faire une visite le printemps prochain.

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Juste en bas

On s’amuse toujours à suivre la controverse des grooms du Congrès dragués par les parlementaires républicains, ceux qui ont bien sûr crié le plus fort au scandale pendant l’affaire Lewinsky (qui avait quand même 22 ans à l’époque de son manque de tenue avec le président) et qui aujourd’hui cherchent à se déculpabiliser d’une façon tellement maladroite que tout le monde en rit.

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Une présence qui surgit un peu partout dans le quartier

Tutoiement mise à jour : on est allé, le copain et moi, déjeuner avec une amie venue de la campagne pour aller ce soir à l’opéra au restaurant français du coin. Là, on a revu le chef qui m’a tout de suite tutoyé en nous faisant nous asseoir à une table. Il n’avait pas l’air trop gêné, mais il y avait du monde — presque toutes les tables étaient occupées — et il avait préoccupé.

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Dans la place du Temps ce soir

Ce soir on est allé voir et écouter une vieille chanteuse de jazz au club Don’t Tell Mama dans la 46e rue ouest. Elle n’avait pas une voix incomparable, mais cela m’a tellement plu d’être dans un petit cabaret à écouter le jazz (de quel genre exact, je ne saurais pas le dire) entouré d’une quarantaine de fans.

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Le retour de la comédie musicale A Chorus Line sur Broadway — c'est ce soir la première — on y va demain soir

Et il est vrai, certains de ses arrangements de certaines chansons connues ont été vraiment touchants. Un ami à nous l’avait accompagnée — il a une voix de ténor très jolie — mais c’est curieux combien ces représentations jazz se ressemblent, par l’artificialité des gestes et des accentuations, à des pièces kabuki.

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Devant le club

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Deux enthousiastes de jazz qui attendent le début du spectacle

octobre 03, 2006

De familiis

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Début de la route qui mène à la cabane de chasse et la maison chez mon oncle en Virginie

J’aurais dû le prévoir — vu la présence exceptionnelle de mes deux sœurs et d’un nombre de leurs enfants accompagnés de petits amis et de petites amies, j’aurais sûrement dû m’attendre à des surprises. La plus grande, pour moi, était combien je ne peux plus supporter ma sœur la plus jeune. Elle a réussi à m’énerver cinq minutes seulement après son arrivée (en retard) à la cabane de chasse au cerf. J’aurais dû me taire, mais la situation était trop chargée, trop curieuse — il y avait surtout mon oncle, plus âgé que mon père (mort il y a quinze ans) et en mauvaise santé, pour qui on avait accepté de venir, et sa seconde femme, beaucoup plus jeune que lui, d’un arrivisme énergique et un soupçon rebutant, pour qui il avait quitté sa première femme et la mère de ses deux enfants, mes cousins. Et un cousin plus âgé que moi et, le lendemain, un autre, à peu près de mon âge, avec un fils marié et une fille que je ne connaissais pas.

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Une des tables dressées chez mon oncle et sa femme pour le dîner de samedi soir

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La cabane de chasse, construite par mon grand-père en 1936 et réaménagée complètement par la nouvelle femme de mon oncle en 1992

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La véranda principale

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Les anciens skis en bois montés sur le mur

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Le dortoir du 1er étage de la cabane — des lits superposés permettent à plus de 24 personnes à coucher là-haut

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Le salon et la cheminée

La femme avait organisé un grand dîner de gala chez eux, dans une maison qu’ils ont construite au milieu de plusieurs centaines d’hectares de bois — elle se trouve à 1,5 milles de distance de la route principale et il faut quarante minutes de route pour aller au supermarché le plus proche, dans la petite ville de Clifton Forge.

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Dans la brasserie Roccoco à Hagerstown

Avant de quitter Hagerstown pour la Virginie, on a bien dîné à la brasserie Roccoco. Entrés dans la belle vallée du Shenandoah aux doux contours bleuâtres, nous avons déjeuné dans la petite ville d'Harrisonbourg, ville universitaire et chef-lieu du comté de Rockingham, dans un café « alternatif » plein de charme dans la place du palais de Justice au nom de l’Artful Dodger (petit nom d’un personnage du roman Oliver Twist de Charles Dickens). Il y avait partout des tracts contre l’approbation par l’électorat virginien de l’amendement « pour le mariage » (et donc contre les droits des gais), ce qui nous a impressionnés.

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Une belle maison ancienne en brique à Harrisonbourg

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La rue haute d'Harrisonbourg

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Le palais de justice d'Harrisonbourg

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Le café Artful Dodger à Harrisonbourg

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L'intérieur du café

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Détail du mural qui décore la terrasse du café devant le palais de justice

On est arrivé dans la forêt profonde vers 15h30. On était les premiers.

Le soir je me suis saoulé, probablement à cause de la nervosité que je ressentais devant cette collection bizarre de parents qu’on ne connaît qu’à peine, ou même pas du tout. Il fallait feindre un plaisir familial que je n’avais effectivement pas — j’ai beaucoup pensé à ma mère, qui aurait trouvé tout à fait invraisemblable ce genre de rassemblement tribal.

Dimanche matin, je n’étais pas entièrement en forme — je n’ai plus adressé la parole à ma sœur, qui m’a traité avec une pareille indifférence silencieuse. La femme de mon oncle (elle n’est pas, après tout, vraiment ma tante) avait préparé un déjeuner campagnard de porc rôti et de salade de choux que nous avons mangé juste avant de reprendre la route pour la Virginie-Occidentale, où habite la tante du copain.

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Autocollant « francophile » ( ? ) et anti-Bush sur la voiture de la tante du copain à Lewisbourg

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Notre suite dans l'auberge à Lewisbourg

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La rue Washington à Lewisbourg — l'une des deux rues principales

Libéré des malaises suscités par cette réunion un peu mal conçue, on a pris l’autoroute I-64 qui nous a menés jusqu’à Lewisbourg, petite ville d’environ 4.000 âmes qui date de 1751 situé dans les monts Allegheny. La tante et la nièce du copain y habitent depuis longtemps — une autre tante a sa chambre à coucher dans la maison de sa sœur, mais elle habite normalement à Charlottesville et à Cannes (elle aime se marier et l’a fait plusieurs fois). On a passé l’après-midi à bavarder avec la tante, qui est toute simple, belle et très chic à 82 ans, et elle a expliqué pas mal de « méprises » de l'histoire familiale pour le copain, dont l’origine mystérieuse d’une grande maison élégante au nom d’Earlehurst qui avait appartenu à ses grands-parents et où il avait passé une partie de l’été avec sa mère jusqu’à l’âge de 15 ans.

On avait invité toute la famille à dîner dans un restaurant local de leur choix — on est allé chez Julian, type un peu « artistique » qui est chef d’un restaurant italien. On s’est bien amusé et je me suis tenu correctement (pour une fois).

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L'entrée du restaurant Julian's à Lewisbourg

On est descendu dans une auberge gaie qui s’appelle l’auberge de la rue Lee. Les propriétaires de l’auberge sont deux hommes d’une quarantaine d’années, dont l’un travaille pour la Poste et l’autre, qui s’appelle Jeff, s’occupe de la maison et des chambres. Il était charmant, un peu piqué, qui portait une boucle d’oreille diamant et qui n’aimait pas voyager malgré les grands succès de son copain à gagner des voyages gratuits (ils venaient de rentrer d’Amsterdam).

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Le devant de l'auberge de la rue Lee dans le brouillard matinal

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Vue de la maison Earlehurst, construite en 1910, pour permettre à la famille à prendre les eaux minérales du coin (et pour échapper à la chaleur infernale de Washington en été !)

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Et de plus près

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Panneau indicateur pour le village de « Les Corbeaux »

On a quitté Lewisburg assez tôt lundi matin pour aller voir l’ancienne maison familiale à Earlehurst — pays merveilleusement beau mais gravement isolé (et les gens aiment à montrer leurs drapeaux des confédérés, ce qui ne m’a pas tellement rassuré sur leurs préférences politiques) avant de passer ensuite à Clifton-Forge, où j’ai revu la petite maison de mes grands-parents, où j’avais moi aussi passé une partie des vacances d’été à lire des histoires d’Angleterre et à explorer les alentours — on avait abattu la rangée d’ifs qui sentait tellement bons dont l’odeur piquante reste pour moi un grand souvenir de ma jeunesse.

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L'ancienne maison de mes grands-parents à Clifton-Forge

De nouveau sur l’autoroute en direction de New-York, on l’a quittée à Winchester pour déjeuner en ville (il faut surtout éviter les énormes centres commerciaux qu’on trouve aux alentours de toute ville américaine). Là, la municipalité a créé une zone piétonne, mais cela n’a pas l’air de marcher très bien. On a pris des sandwichs sur une terrasse devant la jolie façade d’une ancienne banque au nom évocateur et vieillot de la Farmers and Merchants Bank.

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De belles maisons anciennes à Winchester

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Une maison historique à vendre

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Le quartier historique de l'Ancienne Ville aménagé en zone piétonnière

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La façade agréable d'une ancienne banque

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Le palais de justice historique de Winchester

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Un exemple amusant de la francophilie provinciale — c'est une traduction fautive, je crois bien, de « Hair Salon » ou salon de coiffure

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La maison de glycine — de jolis bureaux d'avocats

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La vie de café à Winchester — on a bien mangé au Restaurant de la Place du Village

De là on a continué notre route pour New-York — on a pourtant fait escale à un centre commercial pour cause d’urgence urinaire et pétrolière, où j’ai trouvé un bon caffè latte pour me préparer pour la traversée compliquée du Nouveau-Jersey.

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Un des couloirs infinis dans un centre commercial à Hagerstown

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La cour alimentaire au centre commercial — pas beaucoup de monde