
Devant le théâtre Joyce dans la 8e avenue à Chelsea
Les « homos » sont-ils en voie de disparition ? C’est la question que je me suis posée (oui, vraiment) lors du spectacle des Ballets Trockadero de Monte-Carlo auquel on a assisté, le copain et moi, jeudi dernier. Attention, je ne veux pas dire les « gais » — ceux qui s’identifient aisément et sans aucune gêne à leur homosexualité et qui se foutent tout à fait de ce qu’en pourraient penser les autres. Non, je dis bien les « homos » entre guillemets — ces âmes sensibles qui, faute de pouvoir se permettre des vies, familiales ou autres, publiquement reconnues, se sont tenues attentivement à part de la société dite « normale » et se sont créé des petits mondes rares et raffinés. Dans les grandes villes, il s’agissait souvent des mondes de l’art et du spectacle — du ballet, de l’opéra, du théâtre et la vue de dandys efféminés se promenant le long des grands foyers de l’Opéra Métropolitain et du théâtre de l’État de New-York était normale. Plus maintenant. S’étant sortis du placard depuis bien des décennies, les homos new-yorkais contemporains s’intéressent nettement moins à cette « culture » traditionnelle où leurs « aïeux » avaient eu une influence si importante. En 1974, l’année dans laquelle ce corps a été fondé, il y avait toujours tout un monde d’homos connaisseurs capables d’apprécier les subtilités ironiques et délicieuses de ces ballets dansés non pas par des ballerines mais par des hommes travestis en ballerine et surtout imbus d’une connaissance et d’un amour pour la danse et pour ces extraordinaires rôles de première ballerine. Mais en 2006, ce monde d’esthètes avisés et ironisants a presque disparu — dans la salle il n’y avait que quelques homos (dont le copain et moi) et l’assistance était composée d’hommes et de femmes d’un certain âge. Tout le côté « blague d’initiés» était absent et il n’y avait que des balletomanes hétéros pour applaudir les gags en pointe. (Dans la rangée devant nous il y avait cinq jeunes femmes qui semblaient être des danseuses et qui riaient comme des folles.) En quittant le théâtre et pour rentrer chez nous, on a passé devant le Gym Sports Bar, plein de monde — un bar à pédés qui imite tout servilement ces bars à (pseudo)machos fous de sport. C’est bien ça, le nouveau monde des homos new-yorkais.

Affiche d'artiste collée sur la porte de la galerie Gagosian à Chelsea

Dans le ventre du High Line, le nouveau parc qui s'élève au dessus des rues de Manhattan
La psychologie de Bush d’après un lecteur de Dan Froomkin du Washington Post:
« And a White House Briefing reader, who wishes to remain anonymous, sent me this e-mail two whole weeks ago: "It seems that you, and many others who comment on the President, have a difficult time understanding his motivation regarding Iraq. It seems irrational if viewed in the context of what appears to be the indisputable facts on the ground. Why would a President deliberately ignore sound advice based on rational investigation? . . . »

Dans la 11e avenue au crépuscule
« He's not stupid, and he has shown in the past that when defeat looks him in the eye he can do a 180 without a blink. So what's up? I don't have any more insight than the next person, but one thought that keeps rattling around in my head is this. »
« Early on, when things started to go south in Iraq, Bush said something along the lines of solving Iraq would be left up to the next President. I know it wasn't that blatant, but it gave the impression that he was perfectly willing to leave his successor with the whole mess if things didn't 'work out' for him. Ever since that comment, I get the distinct impression that Bush is just trying to run out the clock in order to avoid facing an acknowledgment of the worst foreign policy disaster in this nation's history. »
« I fully expect for him to continue to assert that we can have success in Iraq, in spite of any evidence to the contrary, until the day he leaves office. He will stall, patch things together, anything to avoid the appearance of an acknowledgment of failure. He knows that Iraq is a failure, but if he leaves office still maintaining that we can 'win' or 'succeed' there then history will not judge him so harshly.
"Obviously we will have to change course, but he's not going to be the guy to do it. He will then maintain that someone else 'lost' Iraq because they didn't have the courage and determination to stick it out. As with everything in his life, from his National Guard service to his serial failures in business and life in general, it's all about him - not the country, not the job, not our reputation in the world or our hard won and universally admired heritage of concern for basic human rights. He's not trying to save this country or Iraq, he's trying to save himself and his 'place in history'. He's completely wrong of course, but given his history of privilege and never having to suffer the consequences of his long record of bad decisions, it does kind of make sense. »
« We assume that, like most Presidents, he connects his self-image with actual success or failure in the real world. I increasingly am drawn to the conclusion that, regardless of the facts on the ground, he will consider himself a success as long as he never admits that his ill-fated adventure in Iraq can't succeed. »

À l'angle de la 4e rue ouest et la 6e avenue
(Je m'excuse de publier cette longue citation en anglais, mais j'ai pensé qu'il était important de faire connaître ce point de vue intelligent sur celui qui occupe la Maison blanche.)

Un nouvel immeuble résidentiel de luxe au nº 40, rue Bond construit par Herzog et de Meuron de Suisse pour Ian Schrager
Le sénateur Biden, aujourd'hui candidat lui aussi à la présidence, serait du même avis : « I have reached the tentative conclusion that a significant portion of this administration, maybe even including the vice president, believes Iraq is lost," Biden said. "They have no answer to deal with how badly they have screwed it up. I am not being facetious now. Therefore, the best thing to do is keep it from totally collapsing on your watch and hand it off to the next guy -- literally, not figuratively. »

C'est ici, dans un appartement au dernier étage, où le copain a accepté mon proposition de, euh, concubinage il y a bien des années
On attend donc la déclaration de Bush prévue pour cette semaine (mercredi ?).

Dans la 2e avenue
Nous sommes restés à New-York, le copain et moi, parce qu’il se sentait « souffrant » — plus politique de rester avec lui chez nous que de le laisser ici tout seul à se plaindre (vous qui êtes en couple me comprendrez) mais sa grave (hmm) maladie l’a pourtant permis de profiter avec moi du beau temps inhabituel qu’on a ici depuis quelques jours.

Samedi tout le monde mangeait dehors
Il a fallu passer chez le magasin Apple pour nous renseigner sur le nouveau MacBook Pro que je vais me faire commander par le copain (il est depuis deux mois un « fournisseur agréé » d’Apple, mais il faut qu’il vende au moins 100 000 $ de produits Mac dans l’année !). Ensuite on a fait un tour dans la rue du Canal où les marchands de contrefaçons de montres-bracelets de luxe (Rolex, Chanel, Cartier, Omega) affluaient (l’ami galeriste y achète ses montres Chanel, comme celle-ci.

Devant le grand magasin chinois La Rivière des Perles
Courte escale chez Pearl River dans le Broadway, le « grand magasin » du quartier chinois, où j’ai trouvé de beaux t-shirts à manches longues noir et blanc imprimés de
(J'aime New-York en chinois). Et ensuite chez Patagonia (pour le copain, c’était trop butch pour moi) et chez Costume National pour moi (un costume en velours noir en solde pour seulement 700 $ mais bien trop mince pour moi).

Un théâtre qu'on peut louer proche de chez nous, pour un possible projet futur
Plus tard, un café dans un nouveau café proche de l’Université de New-York où tout le monde était assis devant un portable, les oreilles bouchées par des écoutes, sauf un couple de Néerlandais et nous. C’est ça, la société actuelle, branchée, mais aussi imperméable.

Un hôtel particulier moderne dans la rue Downing — des amis à nous sont allés à une réception ici il y a quelques semaines — il appartient à un grand collectionneur d'art japonais

Des pompiers dans la rue Christopher à notre retour