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janvier 31, 2007

Ira

Voici l’une des évaluations les plus lucides que j’aie jamais lue sur l’intervention militaire en Irak que j’ai trouvée chez Phersu. C’est à lire absolument en entier — je noterai en passant que son auteur Bernard Chazelle est d’origine française, mais il habite aux États-Unis depuis longtemps.

Sa critique sans pitié de la lâcheté de la presse américaine m’a particulièrement impressionné :

« The war has given the American mainstream media a brilliant opportunity to prove its essential worthlessness. It has shown itself to be little more than a circus of entertainers and cheerleaders for whom every season is the silly season. Tragically, the media has failed in its sacred duty to keep a vigilant, skeptical, critical eye on the centers of power. Who is the American Robert Fisk, Gideon Levy, or Amira Hass? Whoever they are (and Sy Hersh proves they exist), why are their writings not filling the op-ed pages of the great American newspapers? How can the nation that produces the bulk of Nobel prize winners be stuck with such a sullen bunch of journalistic mediocrities? The sycophantic enablers of the Fourth Estate have blood on their hands. »

Cette presse lâche aux programmes plus ou moins occultes est toujours en place — pour les abonnés au Times qui ont accès, cet article de Roger Cohen, United States as the anti-France, publié dans le Times d’aujourd’hui démontre très clairement l’importance de la francophobie dans les efforts neo-con d’abaisser tous ceux qui n’appuient pas automatiquement la prédominance de la politique neo-con d’impérialisme bienveillant américain partout dans le monde — et c’est surtout l’Europe résistante qui les enrage le plus, cette Europe qui refuse de diviser bêtement le monde en le bien et le mal. Je ne citerai qu’une phrase pourtant bien révélatrice de cet article : « That idea [de ce que l’Amérique devrait être dans l’imagination française] is not altogether clear, but it is safe to say it owes more to the West Village than Western Kansas, and more to Woody Allen than Allen Dulles. » J’oserai dire que je soupçonne que M. Cohen est plus au courant du West Village (où j’habite) et des films de Woody Allen (que j'apprécie) qu’il n’en prétend et je me demande combien de fois il a jamais posé les pieds dans le Kansas occidental. Mais pour les neo-cons comme M. Cohen, il faut surtout faire bella figura bien macho. Que c'est fatiguant, ces airs de chickenhawk !

janvier 30, 2007

Glossarium

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La vue du bureau — c'est la nouvelle tour du Times qui s'élève au milieu

Mes aventures au bureau du copain continuent. « Is this Inca Girl ? » une voix d’homme me demande au téléphone à 17h30. « Excuse me ? » je lui réponds en parfaite secrétaire, n'étant pas certain de l'avoir bien compris. J'ai tout de même pas une voix de femme et à ce que je sache je n'ai aucune trace d'accent inca — à vrai dire je ne sais même pas en quoi consisterait un accent inca, mais passons. « Is this Inca Girl ? » il répète. « I’m afraid you have the wrong number » je lui réponds dans une voix des plus glaciales avant de raccrocher. Je croyais qu’il cherchait un service de pute ou je ne savais trop quoi ? Je tape donc Inca Girl dans Google — et voilà, je découvre ce site pour une société pas loin de nous et avec un numéro de téléphone proche à celui du copain. Oops.

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Vers le Nouveau-Jersey (ou Maillot, si vous préférez, cela m'est parfaitement égal) et une nouvelle tour résidentielle qui s'achève à gauche

Le vomissement projectile, on n'en parle pas assez, je trouve. Personnellement je l'ai toujours apprécié dans les films d'horreur. Il faut avouer que c’est comme ça qu’il faut répondre à un curé gênant qui agite un crucifix et de l’eau bénite au visage quand vous, diable ou diablesse, possédez le corps d’un autre. Dans la vie ennuyeuse de tous les jours, c’est une mésaventure d’enfance dans la plupart des cas, sauf pour la possession démoniaque, qui peut arriver, je note, à n'importe quel âge (par exemple, chez la petite nièce du copain qui fait peur à tout le monde.)

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C'est vrai que ça brille ici, la nuit tombée

« Now, now, put down your pointy, peasant implements » suggère la femme malveillante (interprétée avec beaucoup d’humour par Eartha Kitt) dans une nouvelle bande dessinée à la télé qui a lieu dans le Pérou de l'époque des Incas (oh la, encore des Incas, et dans un seul billet), quand une foule de villageois l’assaille pour leur avoir menti. Je me demande si Bush aura le sang-froid pareil quand les villageois viendront entourer la Maison blanche un de ces jours.

Le « Canuckistan » (repéré dans ce commentaire au carnet Web politique de Glenn Greenwald) désignerait le Canada et surtout le Québec qui n’appuient pas les efforts de Bush à sauvegarder la planète entière du terrorisme islamiste. Emploi : Les traîtres américains vont essayer de se réfugier au Canuckistan mais nous les pendrons quand même.

« Linsey-woolsey » — une étoffe ou un mélange étrange d’après cette définition. Le terme a été utilisé dans un article un soupçon ironique sur une visite par le Prince de Galles et sa femme Camilla, duchesse de Cornouailles, à Harlem avant hier. On y a traité la toilette de la duchesse de « linsey-woolsey. » Et j’apprends que ce n’est pas un compliment. Merci, les internets.

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La façade du magasin Porto Rico Importing dans la rue Bleecker pas trop loin de chez moi au Village

Ayant fait quelques recherches sur la Toile sur comment trouver du sirop d’orgeat à New-York, je suis allé à la rue Bleecker en quittant le métro hier soir — le Porto Rico Importing Company était censé vendre du sirop d’orgeat. En effet, il y avait des étagères pleines de sirops étranges, dont le sirop d’orgeat que je cherchais (le jeune caissier a remarqué : « Je n’ai jamais entendu parler de celui-ci.») cachées derrière des sacs ouverts de grains de café importés de partout.

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Une partie des bouteilles de sirops divers rangées dans l'étagère la plus basse du magasin

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Les sacs de grains de café

Quelle odeur agréable dans le magasin, en effet ! J’ai ensuite remonté la 7e avenue pour aller acheter du pastis — j’avais à choisir entre le Ricard et le Pernod et le propriétaire du magasin, un vieux Portugais, était aussi ignorant que moi des qualités particulières des deux marques. J’ai donc acheté le Ricard puisqu’il parlait de Marseille sur l’étiquette. De retour à la maison, j’ai parlé au téléphone avec ma sœur de Philadelphie tout en me préparant une mauresque suivant plus ou moins ces instructions. Boisson très agréable, très rafraîchissante, même si cela doit être un peu bizarre de la boire en plein hiver dans une ville portuaire de l’Atlantique du nord au lieu de la consommer en été sur une grande terrasse de café qui donne sur une place provençale d’un joli village tout près de la Méditerranée, mais bon, on fait ce qu’on peut !

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Les preuves qu'on a maintenant de quoi préparer une bonne mauresque chez nous

Mais c’est fort ! Deux verres (assez grands, j’en conviens) et on est cuit.

janvier 29, 2007

Agones

« Faites l'étoile » et merci à Matoo pour cette découverte

De nouveau je me trouve cloué au bureau du copain (c’est vrai que cela me permet de rédiger des billets bien plus longs qu’ordinairement mais il ne faut pas que cela dure, sinon le copain aura des idées — de toute façon l’employé n’a plus de « jours personnels », donc je suis sauvé d'une vie gaspillée au 49e étage).

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Arrêté au feu rouge dans l'avenue Madison à l'angle de la 57e rue est, en route vers la piscine

Hier on a glandé toute la journée dans l’intimité de notre appartement jusqu’à 14 h 30, quand l’ami ex-Marine est arrivé (tôt) et lui et le copain ont commencé à se préparer pour le triathlon intérieur organisé par le magasin d’articles de triathlon JackRabbit à la place verte d’Asphalte, ancienne usine à asphalte réaménagée en grande partie en centre sportif public.

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L'un des immeubles du complexe sportif

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Cela se trouve à côté de l'autoroute F D Roosevelt qui longe le côté est de l'île de Manhattan

Que c’est loin du Village — on a pris un taxi pour y aller et ça nous a coûté plus de 20 $ l’aller simple — des nouveaux tarifs de taxi sont en vigueur depuis quelques mois — et nous sommes descendus à l’angle de l’avenue York et de la 92e rue. C’est un quartier plein de gratte-ciels résidentiels qui datent des années 80 et 90.

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Les gratte-ciels résidentiels du quartier

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On y trouve plusieurs terrains de foot

Les organisateurs nous ont fait visiter le complexe avant que le copain et l’ami ex-Marine ne se mettent en « trishort », des culottes courtes élastiques conçues pour nager, rouler et courir. Les compétiteurs étaient disposés en groupes de cinq — dans celui du copain et de l'ex-Marine il y avait en plus d'eux trois jeunes femmes.

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La piscine vers le sud

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Et dans l'autre sens

Il fallait d'abord nager pendant dix minutes des longueurs d’à peu près 25 mètres – il y avait des « compteurs » agréés aux bouts des lignes d’eau réservées pour la compétition.

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Les compteurs de longueur

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La classe de 16 h 45 se prépare pour nager

Après dix minutes de natation, le groupe a pris l’ascenseur pour monter au 5e étage où se trouvaient les vélos spin, sur lesquels il fallait passer une demi-heure (l’ami ex-Marine a réussi à faire 19,9 milles) avant de descendre au 4e pour courir sur des tapis roulants pendant 20 minutes.

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La salle de muscu (vide) se trouvait à côté de la salle de vélos spin, isolée à cause la musique fort (hip-hop et techno) qu'on y joue

Il y avait un autre type qui suivait avec moi les progrès des compétiteurs : sa copine était dans la « classe » de 16 heures et quart, tandis que sa partenaire d’entraînement pour les compétitions Ironman (Homme de fer, c’est beau, n’est-ce pas ?) faisait partie de la classe de 16 h 45. Il avait fait son premier Homme de Fer il y a quatre ans à… Nice, qu’il avait adoré. Depuis il a fait son Ironman Wisconsin et l’Ironman Floride — dans chacune de ces compétitions, il faut d’abord nager 3,8 km, ensuite faire 180 km de vélo, et finalement courir pour 42,2 km. D’origine latino, il n’avait pas l’air super musclé ou excessivement entraîné quand même — il habitait Brooklyn, nageait au moins quatre fois par semaine et sa copine est monitrice de natation à Manhattan. C’est drôle, il y a toujours une espèce d’esprit de camaraderie assez sympa autour de ces compétitions.

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Ça court au 4e étage

Les diverses compétitions terminées, on est rentré chez nous pour manger une pizza et de la bière (cannettes de Boddingtons achetées à l’épicerie palestinienne d’à côté) tout en regardant sur l’écran plat la vidéo que j’avais enregistrée — disons que l’ami ex-Marine n’est pas un nageur élégant à la manière de Johnny Weissmuller.

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Un chat énorme et méfiant chez les Palestiniens du coin

janvier 28, 2007

Ludi

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Le copain essaie de devenir photographe dans les WC du restaurant 44 & X

« Où peut-on aller ce soir ? » me demande l’ami galeriste au téléphone. « Je veux aller dans un endroit gai » crie le copain de l’autre côté de la table dans notre salle à manger sur laquelle nos deux portables sont allumés. « À Chelsea ? Food Bar ? » « Ah, non » l’ami galeriste gémit. « La cuisine est trop moche. » « Si on allait dans un bar avant de manger ? » demande le copain, en train de taper un courriel. « Splash, par exemple. » « Mais, non, » dit l’ami galeriste de l’autre bout du fil (euh, du sans-fil en fait) « Il n’y aura personne à cette heure-ci — et puis c’est vendredi soir qu’il faut y aller, pas samedi. Samedi soir, c’est impossible à New-York ! » « Et si on allait dans l’East Village ? » je propose. « Nooon, trop de monde. Je vais voir si on peut avoir une table à 44 & X — les serveurs sont si beaux ! » On raccroche. Il rappelle. « Désolé. Pas de tables avant 21 heures trente. Mais j’ai ma voiture — si on y allait tout de même ? » « Moi je veux bien — il y a plein de restos dans la 9e avenue. » Donc l’ami galeriste est passé nous chercher dans sa voiture, la musique euro-techno au plus fort, et on monte la 10e avenue. On réussit à trouver une place de parking dans la 45e rue ouest (l’ami galeriste est expert en stationnement dans la rue) et nous continuons vers le restaurant, qui est plein à craquer mais les gens s’en vont pour aller aux théâtres et nous nous asseyons au bar où l’ami galeriste entame tout de suite une conversation avec le barman, un jeune homme pas mal. « Es-tu célibataire ou as-tu « a friend » ? — (l’anglais est nettement plus souple pour ce genre de question indiscrète). « No, I’m not seeing anyone right now » il lui répond souriant, avec une imprécision voulue, (il est d’ailleurs tout à fait conscient du sens de cette conversation). « And if you were, would you be seeing Joe or Susan ? » Il sourit. « Susan ». Ah, tant pis. Tout le monde en rit.

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Nos couverts sur le zinc

Nos cocktails bus, on reste au bar pour dîner — une salade composée pour commencer, du porc rôti en plat principal, du côte du Rhône. Le barman nous offre un dessert et des verres d’un vin de dessert italien délicieux (il y a eu une histoire d’une commande qui s’était égarée).

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Le copain essaie de faire marcher le minuteur de l'appareil

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On contribue gaiement à l'essor des exportations françaises

De 44 & X on a traversé l’île pour dire bonjour à un jeune employé de l’ami galeriste qui est aussi acteur.

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On traverse l'île dans la 34e rue

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On a souvent besoin d'un psychique à Manhattan

Il vient d’être embauché pour un rôle dans une pièce qui ouvrira en avril et toute la compagnie fêtait la pièce dans un bar dans la 2e avenue — le Hook and Ladder Pub. Ambiance très sympa, on a bavardé avec la metteuse en scène, avant d’être déposés chez nous.

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Devant le pub dans la 2e avenue

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À l'intérieur du pub

Cet après-midi c’est le triathlon « d’intérieur » à l’http://www.asphaltgreen.org/whatIsAG.htm Asphalt Green — l’ami ex-Marine et le copain sont programmés pour commencer à 17 heures. Ils veulent que je les enregistre sur vidéo.

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On est passé samedi après-midi chez Jackrabbits dans la 14e rue ouest pour acheter un costume de bain de course (si, si) et des lunettes de natation

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Le magasin Trader Joe's nous est arrivé de Californie — j'y cherchais (en vain) du sirop d'orgeat pour faire une mauresque

janvier 27, 2007

Domi

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La pizza d'hier soir

Après ma corvée bureaucratique d’hier (un client a eu le culot d’appeler à 16h56 pour se plaindre d’une mise à jour manquée d’un site Web pour lequel le copain n’avait reçu aucun courriel ni fichier — moi j’ai dû faire vite mon « employé de bureau » des plus complaisants en m’excusant longuement et profondément de cette inattention, due sans doute (ici j’invente à gogo) à un filtre de pourriel « trop musclé » — vous voyez combien je fais preuve de sang-froid devant les bouleversements de la vie des affaires), je suis rentré à l’appartement par métro (qu’est-ce qu’il est bondé à 17h30 ! — je trouve qu’il y a du bon et du mauvais dans cet entassement humain) en passant par le distributeur de la banque Chase pour me procurer quelques sous pour me payer une pizza Two Boots livrée à domicile. Le copain, lui, avait du boulot (histoire de serveur pourri) jusqu’à une heure très tard — je me suis laissé aller à bouffer ma pizza (une combinaison qui m’est chère : pepperoni, filets d’anchois, poivre de Jalapeño, oignon rouge et ail) par terre en regardant une émission de « Grey’s Anatomy » qu’on avait enregistrée et en terminant une bouteille de sancerre ouverte trouvée au frigo.

Je suis en train de lire The God Delusion de Richard Dawkins. Il est délicieusement immodéré dans son dédain pour la religion et c’est quand même intéressant que ce livre continue à avoir tant de succès en librairie (c’est à la 9e place dans la liste actuelle des best-sellers de la semaine du New York Times). Je viens de terminer The Tribes of Britain, bouquin très intéressant pour ceux qui s’intéresseraient comme moi à l’histoire anglaise et aux sociétés en transition, et Cinq Lettres d’Égypte de Flaubert, petit recueil de cinq lettres écrites à Louis Bouilhet par l’écrivain rouennais, datées du 1er décembre 1849 au 27 juin 1850, dans lesquelles Flaubert régale son ami de curiosités égyptiennes (à propos du Sphinx : « on lui voit encore les yeux très expressifs et terrifiants, tout le corps est dans le sable »), de baises répétées (« En général les belles femmes dansent mal » et « Ici c’est très bien porté : on avoue sa sodomie et on en parle à table d’hôte. […] Voyageant pour notre instruction et chargés d’une mission par le gouvernement, nous avons regardé comme de notre devoir de nous livrer à ce mode d’éjaculation »), et de ses propres doutes (« Est-ce je touche à une période nouvelle ? Ou à une décadence complète ? »)

Le copain est rentré vers une heure du matin — heureusement que je dormais légèrement, sinon je n’aurais pas entendu la sonnerie. Ah, le malin, il avait oublié son jeu de clés, attaché à un bâtonnet de mémoire, au bureau où il travaillait.

Ce matin, multiples appels au service Affaires de Hewlett-Packard où ils ont tous des accents indiens même s’ils vous assurent qu’ils sont vraiment en Californie. Et puis il est reparti ce matin, tandis que moi je suis allé m’entraîner avec mon moniteur/chanteur de jazz James — séance marrant, mais du point de vue de l’entraînement, plutôt sans grande valeur, mais bon, il y a toujours des jours comme ça.

On sort ce soir avec l’ami galeriste — je suis en train de regarder Amélie Poulain à la télé, je ne l’ai jamais vu — et j’ai envie de m’offrir une mauresque, boisson demandée par un client au bar où Amélie est serveuse — mais il va falloir que je trouve du sirop d’orgeat (c’est pas du Coca, ça et on ne va pas le trouver dans n’importe quel deli du coin, je pense) et puis passer chez le marchand d’alcools pour trouver du pastis (non, il n’y en a pas chez nous — pour le moment.)

janvier 26, 2007

Miscellanea

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Voyez-vous ce qu'il y a de bizarre dans cette photo ? C'est que presque toutes les fenêtres sont illuminées, chose rarissime dans les immeubles à New-York, mais celui-ci est un dortoir qui appartient à l'Université de New-York, donc ils sont tous là (c'est la rentrée des vacances) à bosser avant qu'ils ne sortent pour se bourrer dans les bars du quartier

Il est des gens qui sont tout simplement mal dans leurs peaux et c’est chez l’un d’eux où nous sommes allés dîner mardi soir. C’est un mécontent aigri qui s’insurge à jamais contre le sort qui l’a fait laid, superflu et conscient des deux (ce qui est le pire, en fait). Il a pourtant un copain sympa (d’origine canadienne), intelligent (diplômé de Harvard et de Columbia), complaisant (grâce aux médicaments — non, je plaisante mais il y a quelques années il m’avait déclaré dans une soirée que le psychiatre lui avait ordonné du Zoloft pour la dépression) et tout et tout. On ne comprend pas pourquoi il continue à vivre avec l’autre, qui le traite avec mépris et méchanceté jalouse, mais c’est comme ça — ça fait des années qu’ils sont ensemble. Mais c’est dur pour nous, les autres. Son père est mort il y a pas trop longtemps. « Mais je n’ai rien ressenti — absolument rien. Je savais qu’il allait mourir et puis un jour il est mort, on l’a tout de suite enterré et puis c’est tout, fini. » Il fait ça exprès, bien sûr,dans un effort de choquer, mais l’effet est plutôt pathétique et désagréable. Né et élevé à Brooklyn dans un quartier sans distinction, il adore Los-Angeles pour les raisons les plus inintéressantes (le climat, par exemple) — je trouve que ceux qui aiment le plus Los-Angeles sont originaires souvent des « Outer Boroughs » de New-York ou de certaines parties de la banlieue new-yorkaise (l’Île-Longue et le Nouveau-Jersey, mais curieusement pas le Westchester ou le Connecticut). On subit donc les plaintes d’un être supposé supérieur tout en mangeant une cuisine peu appétissante — on a commencé avec un potage qui était un mélange de bouillon, de légumes et de grands morceaux de saucisses et de viandes difficiles à mastiquer (c’était désagréable au maximum), suivi d’un plat au poulet avec des haricots et d’autres légumes pas assez cuits. (Miam, hmmm…) Heureusement, il y avait beaucoup de vins, pour la plupart des californiens puisqu’ils aiment leurs goûts feutrés, tandis que je préfère en général la douce aigreur d’un vin français plus tannique — c’est une habitude, je suppose. De toute façon, on n’y est pas resté trop tard.

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La scène de « Room Service » — une chambre d'hôtel sur Broadway dans les années 30

Mercredi soir on est allé voir une pièce comique au théâtre Soho dans la rue Vandam. La farce Room Service avait fait son début sur Broadway en 1937. Ce n’est pas du Feydeau, c’est sûr, mais c’était assez divertissant. Les acteurs étaient très bons, tous emplis d’une frénésie de jeu sortie tout droit du cinéma muet — ça peut agacer, mais cette fois au moins c’était assez drôle. Nous nous sommes quand même demandé pourquoi on avait repris cette vieillerie sans grande importance — la réponse, on l’a trouvé dans le programme : la femme qui est propriétaire du théâtre est aussi la veuve d’un des coécrivains de la comédie.

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Stay away from the light !

On a ensuite dîné au restaurant Raoul’s dans la rue du Prince dans le Soho. Plein d’un monde plutôt avenant, le restaurant accueille une clientèle branchée depuis bien des décennies. Il est toujours agréable de passer un peu de temps dans un restaurant professionnel où l’on mange bien.

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Devant le théâtre Barrymore dans la 47e rue ouest

Hier soir on est allé voir la reprise actuelle de la comédie musicale Company, qui a débuté sur Broadway en 1970. Œuvre de Stephen Sondheim, il s’agit d’une sorte de méditation musicale sur les relations domestiques et surtout maritales interprétée par un célibataire de 35 ans et par ses amis en couple.

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La scène de Company

Tout comme A Chorus Line et The Apple Tree, cette reprise souffre du décalage d’époque — beaucoup de ce qui a été nouveau et surprenant et émouvant en 1970 l’est nettement moins en 2007. Le metteur en scène de cette reprise de Company est John Doyle et c’est à lui qu’on doit l’idée de doubler les acteurs en musiciens — astuce de mise en scène qui m’a laissé assez froid, puisque les acteurs qui savent jouer un instrument et chanter ne sont pas, hélas, les plus agréables à contempler des yeux. M. Raúl Esparza, par contre, est beau et chante très, très bien, même s’il joue au piano d’une manière assez hésitante à la fin du second acte. Toute la pièce a un peu l’air d’un cabaret intello sophistiqué, mais le second acte retrouve de la vraie émotion, quand le « jeune homme » Robert se rend compte enfin de la nature de sa solitude et proclame son nouveau désir de se risquer dans les errements du cœur humain en chantant « Being Alive » qui est le morceau signature de la pièce (malgré le renom mérité de « The Ladies Who Lunch » chanté en 1970 par l’incontournable Elaine Stritch, que j’ai rencontrée il y a des années juste devant moi dans la queue pour la caisse à l’épicerie des Pins à l’île du Feu où elle passait le week-end avec des amis homos.) La mise en scène est élégante, sobre, cosmopolite (le costume d’homme d’affaires que « Bobby » porte est Armani) mais le premier acte traîne un peu. C’est le second surtout qui vaut le coup.

Le copain est un patron trop complaisant — il permet à ses employés plusieurs de ce qu’on appelle ici des « jours personnels » mais ses employés oublient souvent de lui en faire part des dates qu’ils « prennent ». Il lui arrive donc de n’avoir personne au bureau pour répondre aux téléphones (il y a bien sûr tout un système de répondeur téléphonique, mais le copain préfère la soi-disant touche humaine) ou pour recevoir des livraisons FedEx où il faut une signature, comme le paquet de Microsoft Office pour Mac que j’attends aujourd’hui. Pour cela, donc, je me trouve au bureau du copain à faire le standardiste en dépit du fait que je n’arrive toujours pas à apprendre comment transférer un appel à la boîte vocale, mais bon, j’ai d’autres talents). Heureusement qu’on ne téléphone pas trop et on n’a pas voulu laisser des messages enregistrés. La vieille comptable, ancienne hippie, vient d’arriver, mais elle en sait autant que moi sur les téléphones. Je pense aussi qu’elle est ici pour se servir des ordinateurs — elle est en train de taper tout un roman à ce que j’entends, ou toute sa correspondance courriel, mais je n’ose pas aller voir ce qu’elle fait. Oh, je ne suis plus fait pour la vie de bureau !

janvier 23, 2007

Hilarissimus

Merci énormément à dailyKos — et il ne faut pas manquer la fin incontournable ! (Et l'acteur qui fait Bush, il est vraiment formidable — son accent, son rythme, son ineptie linguistique, ses mouvements — on va l'envoyer à Gitmo, c'est sûr ! Cheney, derrière, est pas mal non plus.)

Deux moments superdélicieux parmi plusieurs: « I appreciate the French way of life — laisser faire [prononcé « lazy fair »] — I appreciate that. But let me tell you somethin' — The French do not have a word for entrepreneur — and neither do we » (3.45) et « Let me remind you that failure will not be a success » (4.30).

Dies felix

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Un messager cycliste dans la 6e avenue

Je ne sais pas pourquoi exactement mais aujourd’hui c’est une bonne journée — pour commencer, on est toujours flatté d’avoir des commentaires de puissances carnetières telles Laurent, la Grande Rousse et le Dr Dave dans un seul billet.

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Le bâtiment du fer à repasser plat devant la place Madison

Il fait gris, mais pas trop froid. Je me suis culpabilisé suffisamment pour m’obliger d’aller très tôt ce matin au gymnase où j’ai fait ma ‘tite séance de muscu (deltoïdes) avant de passer un temps sur l’elliptique. Brève réunion avec l’ami que j’aide avec sa nouvelle foire d’art avant qu’il ne parte pour Los-Angeles. Ensuite déjeuner avec un grand du Musée d’art moderne où la conversation a été pleine d’indiscrétions agréables. La cote de Bush continue à baisser (ô joie !) — elle est aujourd’hui à seulement 28% qui approuveraient le pauvre bonhomme, son point le plus bas.

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Cette camionnette-bistrot offre une cuisine « halal » aux passants dans l'avenue du Parc

Non, je ne vais pas regarder le discours sur l’état de l’union ce soir — on dîne chez des amis. Mon nouvel ordi MacBook Pro 17 pouces est arrivé chez le copain à une semaine d’avance mais le copain veut s’en servir pour faire une présentation à un cabinet dentaire demain après-midi qui chercherait à passer au bon côté de la force. Dans le procès Libby à Washington, où on a eu du mal à trouver des jurés neutres (« I am completely without objectivity. There is nothing you can say that would make me feel positively about President Bush » a déclaré une jurée proposée qu’on n’a pas gardée), l’avocat de Libby nous dit que Libby s’est plaint à Cheney : « They're trying to set me up. They want me to be the sacrificial lamb, » attorney Theodore Wells said, recalling Libby's end of the conversation. « I will not be sacrificed so Karl Rove can be protected. » Dites donc ! « On ne va pas me sacrifier pour protéger Karl Rove ! » J’ai bien l’impression qu’on pourra bientôt apprendre des choses intéressantes sur cette « administration ». Tant mieux. (Insérer bruit de rires de revanche.)

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Broadway, en bas de la 14e rue

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Dans la 5e avenue, près de la librairie où je me suis acheté deux dicos anglais-chinois

Hier soir on est allé, à la suggestion d’un ami du gymnase, à ce qu’on appelait un « cabaret politique » qui a eu lieu dans l’espace cabaret du sous-sol de Symphony Space.

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Sur le trottoir devant l'Espace Symphonie dans le Broadway à l'angle de la 95e rue ouest

Il s’agissait des Thalia Follies. On est allé à la première séance à 18h30.

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L'affiche pour les « Folies Thalia »

Hélas, c’était plutôt ennuyeux — quelques sketches étaient pas mal dont une chanson très drôle sur les « avantages » d’habiter Riverdale, le (seul) quartier chic du Bronx (le nouveau gouverneur de l’état Eliot Spitzer y est né) mais en général les blagues étaient plates et débiles. Après le cabaret on est allé dîner la bonne cuisine familiale italienne chez Carmines — oui, des pâtes, et c’est à cause de cela que j’ai dû aller à la salle de sport ce matin.

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C'est sympa, Carmine's, mais les portions sont trop énormes

janvier 22, 2007

Minus plusque

« Deru kugi wa utareru. » C’est un proverbe japonais qui, traduit en français, veut dire : le clou qui dépasse appelle le coup de marteau. Tout le monde sait qu’Embruns a toujours dépassé le moyen, et de loin, et toujours avec la verve piquante qui lui est particulière. Il est donc sans aucune surprise que Laurent s'est trouvé ces derniers jours la cible de jalousies et de courriels malveillants et blessants. À mon humble avis, c’est une marque d’honneur et pour lui et pour son carnet, car il est toujours très correct (et louable) d'emmerder les cons. (Et il le fait très, très bien en plus !)

J’ai découvert le carnet Web de Karl Dubost quand, émanant de Montréal, il s’appelait Karl & Cow — c’est-à-dire, il y a bien longtemps. À part son côté super guique ès choses W3C que je ne comprenais mais pas du tout, il écrivait des billets drôles, poétiques, touchants, élégants, pleins de savoir humain et toujours optimistes, dans le sens où il cherchait toujours à améliorer nos connaissances, nos appréciations du monde. On sentait bien qu’il ne refusait chez les gens que la petitesse d’esprit. Son grand esprit à lui, ouvert et magnanime, ainsi que son grand talent de photographe, me manqueront (les parties guiques, heu, moins quand même, c’est vrai, puisque je n’y comprenais rien, toujours rien.)

Il faut le reconnaître (je crois que Laurent, qui s’y trouve en ce moment, en serait d’accord lui aussi) — à un certain moment, aux débuts de la carnetosphère, c’était Montréal, la source et la capitale des efforts carnetiers francophones. Karl, Martine (heureusement toujours là), et La Grande Rousse, ces trois carnetiers figuraient parmi les plus grands, les plus importants de toute la carnetosphère francophone. L’idée même de Paris Carnet a été inspirée des Yulblogs montréalais qui ont commencé le 21 mars 2000, d’après La Chronologie de la blogosphère francophone. La lecture assidue de ces trois carnets Web montréalais m’a en grande partie encouragé à faire mon propre carnet en français, ici à New-York. C’est pourquoi je me suis réjoui en apprenant le retour de la Grande Rousse à la carnetosphère. Je trouve que le départ de Karl est en quelque sorte mitigé, c’est vrai, par le retour de la Grande Rousse — aucune petitesse d’esprit chez elle, non plus, mais par contre elle est acharnée dans sa défense de la langue française et dans ce combat mortel elle ne prend pas de prisonniers, donc il faut faire gaffe (pour moi, qui suis étranger, elle a été plutôt cool — oh la, ça va me valoir une claque ! — mais pour vous, les francophones de langue maternelle, elle est im-pi-toy-able !) Bon retour, LGR !

janvier 17, 2007

De libris

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Une grue dans la 4e rue ouest, à quelques pas du métro de la 6e avenue

On sonne — je jette un coup d’œil à l’horloge de la cuisine. Il est neuf heures, et à cette heure il s’agit en général d’un inspecteur paumé de Con Ed qui ne sait pas où se trouvent les compteurs de gaz et qui par conséquent presse le bouton numéro 1, car dans beaucoup d’immeubles résidentiels new-yorkais les concierges habitent dans les appartements numéro un. Je suis en train de faire le ménage (si, si, cela m’arrive parfois) et c’est pour accomplir cette besogne ennuyeuse que je portais un caleçon boxeur en soie noire (c’est ce que j’ai sorti le premier du chiffonnier) et un t-shirt peu seyant au lieu du peignoir habituel dont les grandes manches gênent quand on fait la vaisselle. J’ouvre la porte et je vois la casquette jaune et rouge d’un livreur. Je presse le bouton de porte et le type entre dans le couloir. Il me demande, « Vous êtes monsieur Machin ? » et pour une fois, je peux lui répondre que oui (je signe souvent pour tout l’immeuble). Il me remet un petit paquet en carton couvert de tampons et d’étiquettes de la poste. Je pose ma signature virtuelle dans la case électronique et le remercie.

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L'ancienne église où l'on a présenté le spectacle du jour des Rois

La porte fermée, j’ouvre le paquet. C’est mon exemplaire de La Chambre d’Albert Camus de Ron l’Infirmier, livre que j’attends depuis plus d’un mois (je l’avais commandé via Alapage.com le 11 décembre). Je connais déjà la couverture, mais le livre est plus grand que je ne l’attendais. Je laisse tomber le ménage (la nonchalance devant les devoirs ménagers est sans doute un grand péché que j’assume) pour commencer à le lire. Et je continue jusqu’à la dernière page.

Les admirateurs de son carnet reconnaîtront les « billets » célèbres et émouvants comme ceux-ci : « Histoire du1er décembre » , « En soirée », « Can’t get my eyes off you », « Une femme avec toi… » et « Monsieur Wenger » — qu’on les lise sur un écran d’ordinateur ou sur du papier, ces « nouvelles » sont l’œuvre d’un écrivain né — il n’y peut rien, on l’a fait comme ça — sensible, ironique, intime, humain, grognon et plein d’un talent pour faire des récits qu’on lit avec grand plaisir.

Ron n’est pas le seul à se faire découvrir par les éditeurs en publiant sur la toile des billets remarquables — ici à New-York, le carnetier Joe Jarvis de Joe.My.God fait partie d’un groupe d’auteurs gais qui décrivent dans le recueil From Boys to Men leurs expériences de prise de conscience de leur homosexualité. Et il est en train de terminer un autre tome qui rassemblera, tout comme le livre de Ron, des billets exceptionnels de son carnet. Et il n’est pas le fait qu’ils soient tous les deux des carnetiers qui est remarquable — c’est plutôt le fait qu’ils sont de bons écrivains qui ont eu la possibilité de se présenter à nous comme ça sur la Toile, sans l’entremise d’agents, de maisons d’édition, de tout un monde restreint et restreignant — de soi-disant « experts », quoi ! Et pour moi ça fait partie du plaisir qui me vient de la carnetosphère, de pouvoir découvrir par moi-même, en sautant de page en page, des « écrivains citoyens » que j’apprécie.

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Le bouffon pour qui j'ai un faible joue devant le balcon

Je viens d’ajouter La chambre d’Albert Camus à ma bibliothèque numérisée sur LibraryThing et je découvre qu’il y a quelqu’un d’autre qui a le bouquin (elle habite Londres).

C’est un grand plaisir aussi de pouvoir regarder et entendre les amis virtuels et j’ai dû faire taire et le copain et la télé afin de pouvoir suivre l’interview avec http://blogonautes.blogomaniac.fr/blogonautes-673-podcast_video__veuve_tarquine_interviewee_a_paris_carnet.htm. C’est excellent, elle est formidable (mais il faut qu’elle articule un peu plus pour nous les buses étrangères — et qu’est-ce qu’elle parle vite, la Veuve !), et j’adore l’appareil photo en accessoire personnel essentiel !

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Le chœur s'assemble derrière la scène

On a passé un week-end très actif à la campagne — long déjeuner avec l’amie du copain, qui commence à perdre sa raison, mais elle reste calme et adorable, dîner avec un couple ami qui voulait nous présenter un ancien camarade à elle, la femme, de la Harvard Business School — ça fait le troisième que je rencontre depuis quelques mois et ils sont tous d’une personnalité assommante, c’est pénible d’être assis à côté de l’un d’eux ! Difficile à se distraire dans une situation pareille (j’ai pourtant essayé avec du bordeaux). Le dimanche matin j’ai eu une réunion des membres du comité « Éditions » de la société historique locale et il est toujours agréable de parler livres.

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Le bouffon acrobate

L’après-midi, on est allé assister à la séance de seize heures le spectacle du jour des Rois, une grande fête communautaire organisée chaque année par les responsables du Chœur de Westerly. Il y a toujours deux clowns acrobates qui font des tours avant, pendant et après le spectacle même— ils sont chacun plutôt vieux, mais je trouve l’un des deux assez appétissant (j’avais déjà prévenu le copain qui s’en foutait complètement et qui n’a même pas voulu venir me protéger contre ma tentation — hé bé, tant pis pour lui, je me suis dit). Comme on avait d’excellentes places sur le couloir central, je lui ai fait les yeux langoureux pendant une heure et demie mais en vain !

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Notre avenir en Irak

De retour à Pierreville, le copain nous a rejoints et l’on a dîné chez des amis. On a beaucoup parlé de l’Irak et de l’Iran.

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Une belle tarte aux pommes

Lundi, la fête de Martin Luther King, on est rentré à New-York par un temps gris et dépressif. Aujourd’hui le froid est revenu. Le copain s’est fait opérer le pied cet aprèm (lequel ? aucune idée) et il me demande de lui faire un devis pour un cabinet dentaire dans l’avenue du Parc qui cherche à passer d’une bureaucratique Windows à une bureaucratique Mac (youpi !) — ça va être cher mais le client est roi.

janvier 11, 2007

Fissus ego

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La tour du Tribunal des États-Unis

« C’est le début de la guerre contre l’Iran » a déclaré ce matin, à la radio publique, un certain Sam Gardiner, colonel retraité de l’Armée de l’air américaine. C’est ce qu’il a déduit du discours de Bush à la télé hier soir (moi et le copain, on ne l’a pas regardé, puisqu’on ne le supporte pas et à la place de sa gueule de débile on a regardé le DVD de « Thank You For Smoking » avec l’agréable-aux-yeux Aaron Eckhart en vedette).

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Façade orientale de l'immeuble Jacob Javits, centre de l'administration fédérale à New-York — ça a l'air d'un monstrueux briquet Dupont, vous ne trouvez pas ?

Et Glenn Greenwald aussi, qui s’inquiète en plus de l’« incident » qui a eu lieu à Irbil, dans le nord de l’Irak, dans lequel six Iraniens attachés à une sorte de consulat, ont été arrêtés par des troupes américaines.

L’édito du Times est plus catérogorique : « There is nothing ahead but even greater disaster in Iraq ».

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La cour suprême de l'État de New-York (qui en fait n'est pas « suprême » du tout, mais la cour de base de la justice new-yorkaise

Dans un effort d’assouvir un peu ma culpabilité en tant qu’Américain pour ce qui se passe toujours, contre toute légalité réelle, à Guantanamo, je me suis efforcé d’aller ajouter mon corps à la petite masse de gens manifestant au milieu de la place Foley.

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Cette tenue laide qui nous est trop familière

Il y avait peut-être une centaine de personnes, pour la plupart des hommes et des femmes d’un certain âge, sauf quelques jeunes qui portaient des vêtements orange de prisonniers politiques. Il faisait assez froid (pour une fois) mais c’est décourageant de voir si peu de gens à protester ces détentions illégales.

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Manifestants en tenue orange de prisonnier politique en cage

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Devant une sculpture contemporaine (de qui ?) au milieu de la place Foley

Pour montrer combien je mène une vie schizophrène, je suis allé, la manif terminée, à la librairie d’occasion Strand dans la rue Fulton, où je me suis offert trois livres — un petit dico latin-anglais, et deux grands livres sur la décoration intérieure de luxe, dont l’un est un recueil de photographies des travaux de la firme parisienne Jansen et l’autre un livre sur le décorateur américain Albert Hadley que je connais un peu. Me voici donc, partagé entre la rue et l’Establishment.

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La belle tour néo-gothique de l'immeuble Woolworth

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Les ruelles du quartier financier

janvier 10, 2007

Felicitates

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Notre lieu de rencontre favori dans la place du Temps

La température ayant baissé depuis hier à des niveaux plus saisonniers, j’ai voulu profiter aussi de la baisse de touristes qu’on connaît en général en janvier pour acheter des billets de théâtre à des tarifs réduits à la billetterie TKTS. On s’était donc convenu de nous retrouver devant l’entrée de métro à la place du Temps à 19 heures. Il n’y avait personne (j’avais raison !) aux guichets de TKTS, temporairement situé dans un passage automobile en dessous de l’hôtel Marriott Marquis. On a vite pris deux billets pour la comédie « The Little Dog Laughed » au théâtre Cort dans la 48e rue ouest.

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En face de moi, le théâtre Nouvelle-Amsterdam où l'on présente la comédie musicale de chez Disney (insérer soupir de résignation ici) Mary Poppins

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À la billetterie TKTS

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La façade néo-classique du théâtre Cort dans la 48e rue ouest

Bâti en 1912 et joliment décoré, le théâtre Cort est l’une des salles de spectacle les plus traditionnelles de Broadway, avec en plus 1083 places, ce qui fait qu’il est assez grand (par comparaison avec le théâtre Booth, construit en 1869, qui n’a que 783 places).

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Panneaux publicitaires Target en dessus de la station de métro

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Au numéro 1, place du Temps

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Vue vers le nord dans la place du Temps

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Le grand écran plat de la MTV

Comme on avait cinquante minutes à tuer avant le lever du rideau, nous nous sommes traînés en vain dans le quartier proche du théâtre à la recherche d’un bar autre qu’irlandais pour prendre un verre de rouge mais à la fin on est retourné au théâtre où je me suis payé un petit verre de rouge californien (pas trop mauvais, je l’avoue) tandis que le copain est resté résolument abstème à cause de sa « maladie » récente et a donc pris un jus d’orange salubre.

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Le présentateur de la chaîne Fox qui lit les infos dans le studio au rez-de-chaussée de la 48e rue

Par chance, on a eu d’excellentes places dans le premier rang du balcon juste au milieu. Derrière nous il y avait quatre jeunes, dont deux « garçons » et deux « filles », tous les quatre des accros de théâtre, qui avaient tout vu et qui parlaient à un train d’enfer répétitions, auditions, distributions éventuelles, pièces nouvelles — c’était adorable, en effet, et je leur un peu enviais leur enthousiasme. leur espoir et leur gaieté.

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La scène avant le lever du rideau

Et ce qui mieux est, la pièce était excellente — drôle, bien jouée (surtout par l’actrice remarquable Julie White, une comédienne née), plein de bons mots intelligents et méchants à savourer (par exemple, un personnage qui habite « un-colonial Williamsburg » et la plainte d’un autre au dénouement « This is like a party game for mean people » — et il n’a pas tort).

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La vedette de ciné « dans le placard » à gauche, son "garçon de joie" à droite

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L'agente féroce de la star (Julie White), à gauche, et le « rentboy » Alex (bien joué par l'acteur Johnny Galecki)

Comme on vient d’annoncer la fermeture de la pièce le 18 février prochain, la salle était presque complète, des gens étant venus comme nous voir la pièce avant la fin de son passage à Broadway. La salle l’a adorée et je pense que les comédiens ont eux aussi apprécié la sympathie et la compréhension des spectateurs. Une soirée somme toute excellente.

janvier 09, 2007

Claudite illos carceres !

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Malheureusement on n'a pas besoin de légende pour cette photo

Nonobstant l’inanité fondamentale des consignes sur l’Irak que Bush va chercher à nous faire avaler demain soir, les répercussions de cette prétendue guerre contre le terrorisme sont bien réelles. L’un des pires exemples de la corruption morale dans laquelle le régime Bush a impliqué mon pays est la colonie pénale militaire à Guantanamo, ce « goulag américain ».

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Ce jeudi 11 janvier il y aura des manifestations un peu partout contre les camps pénaux à Guantanamo (ici à New-York, on s’assemblera à la place Foley, au centre des tribunaux et devant l’immeuble fédéral Javits — d’une laideur à peine descriptible — à midi et la manifestation continuera jusqu’à 13h30.) Cette Journée internationale pour fermer Guantanamo est organisée par Witness against Torture.

Hier j’ai eu le plaisir de recevoir dans mon courrier le premier numéro de mon nouvel abonnement au Monde diplomatique. Je lis le Diplo depuis bien des années, mais sans régularité, et c’est la première fois que je me sois abonné à ce journal. Je suis content de l’avoir fait parce que je suis moi-même sensible à la « mondialisation » croissante de l’information et je trouve qu’il est important de maintenir des sources d’information indépendantes des grandes sociétés médiatiques multinationales. Le dernier paragraphe de l’éditorial d’Ignacio Ramonet me plaît par son côté « Entendez-vous dans les campagnes » et par sa justesse.

« S’abonner, au moment où nous livrons une guerre médiatique asymétrique face aux géants de la communication, constitue à la fois un acte de résistance et la meilleure façon de nous manifester votre soutien. C’est aussi un engagement en faveur de la presse libre, de la pluralité des idées et du journalisme réellement indépendant. C’est enfin la riposte la plus efficace contre la menace de l’information unique. »

Il y a aussi dans ce numéro de janvier un article très intéressant sur la « petite édition » en France. En plus des infos, à moi inconnues, sur un tas de petites maisons d’édition françaises qui font plein de bonnes choses, il y a aussi ce sentiment que je trouve bien français : « le courage de soutenir l’œuvre difficile, mais essentielle ». C’est un concept très sérieux sur l’importance des idées, même difficiles, et de ceux qui nous les offrent. Et c’est très, très bien, je trouve, et c’est une des raisons pour lesquelles j’aime tant la France.

janvier 08, 2007

Fœtor urbanus (inter alia)

Explosion de francophilie et de fraternité carnetière franco-américaine décrite au carnet Americablog, où le chef du carnet John Aravosis a assisté à un dîner d’adieux parisien où l’on avait aussi invité quelques célébrités de la carnetosphère française parmi les mieux connues pour les Américains, dont Loïc le Meur et Cyrille de Lasteyrie.

Quelqu’un a pété ? Ce matin mon moniteur James me téléphone de la salle de sport. « On la ferme, » il me dit, « à cause de l’odeur de gaz. » « Ah, je la sentais aussi ! » je lui réponds. « Je pensais qu’il y avait un problème avec le four à gaz dans la cuisine. » Une heure plus tard, l’odeur était partie. On ne sait toujours pas de quoi il s’agissait.

La société mégalomane Disney/ABC n’aime pas qu’on la critique et elle n’a pas voulu tolérer les remarques du carnetier californien Spocko’s Brain à propos de remarques qu’il a trouvées désagréables émises par certains commentateurs à la radio KSFO de San-Francisco — il en a fait un clip qu’il a ensuite envoyé aux sociétés qui faisaient de la publicité sur cette radio. Disney/ABC s’est fâchée contre cette initiative citoyenne et lui a vite envoyé une ordonnance de cessation et d’abstention en plus de demander à son hébergeur de ne plus héberger son site. Mais le principe d’usage loyal est assez fort ici et les « libéraux » ont vite répondu aux menaces de Disney avec des billets chez dailyKos et des clips vidéo, comme celui-ci, qui s’appelle For Spocko !! Et le carnet Spocko's Brain est de retour sur Internet.

janvier 07, 2007

Miscellanea

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Devant le théâtre Joyce dans la 8e avenue à Chelsea

Les « homos » sont-ils en voie de disparition ? C’est la question que je me suis posée (oui, vraiment) lors du spectacle des Ballets Trockadero de Monte-Carlo auquel on a assisté, le copain et moi, jeudi dernier. Attention, je ne veux pas dire les « gais » — ceux qui s’identifient aisément et sans aucune gêne à leur homosexualité et qui se foutent tout à fait de ce qu’en pourraient penser les autres. Non, je dis bien les « homos » entre guillemets — ces âmes sensibles qui, faute de pouvoir se permettre des vies, familiales ou autres, publiquement reconnues, se sont tenues attentivement à part de la société dite « normale » et se sont créé des petits mondes rares et raffinés. Dans les grandes villes, il s’agissait souvent des mondes de l’art et du spectacle — du ballet, de l’opéra, du théâtre et la vue de dandys efféminés se promenant le long des grands foyers de l’Opéra Métropolitain et du théâtre de l’État de New-York était normale. Plus maintenant. S’étant sortis du placard depuis bien des décennies, les homos new-yorkais contemporains s’intéressent nettement moins à cette « culture » traditionnelle où leurs « aïeux » avaient eu une influence si importante. En 1974, l’année dans laquelle ce corps a été fondé, il y avait toujours tout un monde d’homos connaisseurs capables d’apprécier les subtilités ironiques et délicieuses de ces ballets dansés non pas par des ballerines mais par des hommes travestis en ballerine et surtout imbus d’une connaissance et d’un amour pour la danse et pour ces extraordinaires rôles de première ballerine. Mais en 2006, ce monde d’esthètes avisés et ironisants a presque disparu — dans la salle il n’y avait que quelques homos (dont le copain et moi) et l’assistance était composée d’hommes et de femmes d’un certain âge. Tout le côté « blague d’initiés» était absent et il n’y avait que des balletomanes hétéros pour applaudir les gags en pointe. (Dans la rangée devant nous il y avait cinq jeunes femmes qui semblaient être des danseuses et qui riaient comme des folles.) En quittant le théâtre et pour rentrer chez nous, on a passé devant le Gym Sports Bar, plein de monde — un bar à pédés qui imite tout servilement ces bars à (pseudo)machos fous de sport. C’est bien ça, le nouveau monde des homos new-yorkais.

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Affiche d'artiste collée sur la porte de la galerie Gagosian à Chelsea

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Dans le ventre du High Line, le nouveau parc qui s'élève au dessus des rues de Manhattan

La psychologie de Bush d’après un lecteur de Dan Froomkin du Washington Post:

« And a White House Briefing reader, who wishes to remain anonymous, sent me this e-mail two whole weeks ago: "It seems that you, and many others who comment on the President, have a difficult time understanding his motivation regarding Iraq. It seems irrational if viewed in the context of what appears to be the indisputable facts on the ground. Why would a President deliberately ignore sound advice based on rational investigation? . . . »

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Dans la 11e avenue au crépuscule

« He's not stupid, and he has shown in the past that when defeat looks him in the eye he can do a 180 without a blink. So what's up? I don't have any more insight than the next person, but one thought that keeps rattling around in my head is this. »

« Early on, when things started to go south in Iraq, Bush said something along the lines of solving Iraq would be left up to the next President. I know it wasn't that blatant, but it gave the impression that he was perfectly willing to leave his successor with the whole mess if things didn't 'work out' for him. Ever since that comment, I get the distinct impression that Bush is just trying to run out the clock in order to avoid facing an acknowledgment of the worst foreign policy disaster in this nation's history. »

« I fully expect for him to continue to assert that we can have success in Iraq, in spite of any evidence to the contrary, until the day he leaves office. He will stall, patch things together, anything to avoid the appearance of an acknowledgment of failure. He knows that Iraq is a failure, but if he leaves office still maintaining that we can 'win' or 'succeed' there then history will not judge him so harshly.
"Obviously we will have to change course, but he's not going to be the guy to do it. He will then maintain that someone else 'lost' Iraq because they didn't have the courage and determination to stick it out. As with everything in his life, from his National Guard service to his serial failures in business and life in general, it's all about him - not the country, not the job, not our reputation in the world or our hard won and universally admired heritage of concern for basic human rights. He's not trying to save this country or Iraq, he's trying to save himself and his 'place in history'. He's completely wrong of course, but given his history of privilege and never having to suffer the consequences of his long record of bad decisions, it does kind of make sense.
 »

« We assume that, like most Presidents, he connects his self-image with actual success or failure in the real world. I increasingly am drawn to the conclusion that, regardless of the facts on the ground, he will consider himself a success as long as he never admits that his ill-fated adventure in Iraq can't succeed. »

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À l'angle de la 4e rue ouest et la 6e avenue

(Je m'excuse de publier cette longue citation en anglais, mais j'ai pensé qu'il était important de faire connaître ce point de vue intelligent sur celui qui occupe la Maison blanche.)

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Un nouvel immeuble résidentiel de luxe au nº 40, rue Bond construit par Herzog et de Meuron de Suisse pour Ian Schrager

Le sénateur Biden, aujourd'hui candidat lui aussi à la présidence, serait du même avis : « I have reached the tentative conclusion that a significant portion of this administration, maybe even including the vice president, believes Iraq is lost," Biden said. "They have no answer to deal with how badly they have screwed it up. I am not being facetious now. Therefore, the best thing to do is keep it from totally collapsing on your watch and hand it off to the next guy -- literally, not figuratively. »

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C'est ici, dans un appartement au dernier étage, où le copain a accepté mon proposition de, euh, concubinage il y a bien des années

On attend donc la déclaration de Bush prévue pour cette semaine (mercredi ?).

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Dans la 2e avenue

Nous sommes restés à New-York, le copain et moi, parce qu’il se sentait « souffrant » — plus politique de rester avec lui chez nous que de le laisser ici tout seul à se plaindre (vous qui êtes en couple me comprendrez) mais sa grave (hmm) maladie l’a pourtant permis de profiter avec moi du beau temps inhabituel qu’on a ici depuis quelques jours.

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Samedi tout le monde mangeait dehors

Il a fallu passer chez le magasin Apple pour nous renseigner sur le nouveau MacBook Pro que je vais me faire commander par le copain (il est depuis deux mois un « fournisseur agréé » d’Apple, mais il faut qu’il vende au moins 100 000 $ de produits Mac dans l’année !). Ensuite on a fait un tour dans la rue du Canal où les marchands de contrefaçons de montres-bracelets de luxe (Rolex, Chanel, Cartier, Omega) affluaient (l’ami galeriste y achète ses montres Chanel, comme celle-ci.

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Devant le grand magasin chinois La Rivière des Perles

Courte escale chez Pearl River dans le Broadway, le « grand magasin » du quartier chinois, où j’ai trouvé de beaux t-shirts à manches longues noir et blanc imprimés de iloveny.JPG (J'aime New-York en chinois). Et ensuite chez Patagonia (pour le copain, c’était trop butch pour moi) et chez Costume National pour moi (un costume en velours noir en solde pour seulement 700 $ mais bien trop mince pour moi).

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Un théâtre qu'on peut louer proche de chez nous, pour un possible projet futur

Plus tard, un café dans un nouveau café proche de l’Université de New-York où tout le monde était assis devant un portable, les oreilles bouchées par des écoutes, sauf un couple de Néerlandais et nous. C’est ça, la société actuelle, branchée, mais aussi imperméable.

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Un hôtel particulier moderne dans la rue Downing — des amis à nous sont allés à une réception ici il y a quelques semaines — il appartient à un grand collectionneur d'art japonais

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Des pompiers dans la rue Christopher à notre retour

janvier 02, 2007

Glossarium neotericum

Vanity war — conflit qu’on cause pour raison de vanité, copiée de « vanity press », c’est-à-dire la maison d’édition qui publiera n’importe quel manuscrit contre paiement, voir Irak War.

Lucky sperm club — amicale de progéniture riche et privilégiée de par son heureuse naissance chez des parents riches et privilégiés, voir George Bush, Paris Hilton, et tant d’autres.

janvier 01, 2007

Ab initio

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L'un des sapins de Noël illuminés dans le terre-plein au milieu de l'avenue du Parc

Je n’étais pas, de toute évidence, le seul à ressentir un certain malaise par suite de l’exécution précipitée de Saddam Hussein samedi. Selon cet article dans le Times d’aujourd’hui, certains responsables américains auraient exprimé leurs doutes sur la légalité de cette procédure (sous le code criminel de votre choix — irakien, américain, ou international) mais leurs hésitations ont été bafouées par le soi-disant premier ministre irakien al-Maliki et par l’indifférence finement calculée de Bush & Cie ( « Saddam was in U.S. custody until the very last minute, and both the fact and the terms of the execution required the approval of Bush officials, which they gave -- implicitly, if not explicitly, by handing over Saddam for his middle-of-the-night noose fitting ») à ne pas laisser interrompre la mort immédiate d’une personne qui pouvait leur nuire encore. Je laisse à l’érudit Glenn Greenwald le soin de démontrer dans ce billet, pièce à pièce, cette crapulerie légale. Le concept particulièrement bushiste des « workarounds » est à ne pas manquer.

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Devant le restaurant Lucien dans la 1ère avenue

En dépit du ton de mes derniers billets, tout n’a pourtant pas être la morosité ici pour le copain et moi. Vendredi soir, au lieu de nous trouver dans la voiture en train d’aller à la campagne, on a même fait une bonne action — on a présenté une amie à un ami, qui chacun cherche un(e) petit(e) ami(e). Nous sommes allés d’abord chez elle, dans la 4e avenue, et ensuite tous les quatre on a continué au restaurant Lucien où, après une attente un peu longue, on a très bien mangé et bu (escargots classiques et sardines grillées pour commencer, entrecôte au poivre, bouillabaisse, steak frites, assiette de légumes grillés, le tout accompagné de plusieurs bouteilles de http://www.liquorama.net/index.asp?PageAction=VIEWPROD&ProdID=16038 Château de Pez 2003 — un nom, pourtant, qui fait plutôt rire les Américains qui pensent aux bonbons http://en.wikipedia.org/wiki/PEZ Pez, originaire d’Autriche mais très populaire aux Etats-Unis).

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Une bouteille de Château de Pez 2003

On avait une serveuse charmante qui s’appelait Valérie et qui était originaire de la Bretagne. Ayant déposé la femme chez elle, le copain, notre ami et moi nous avons continué notre débauche dans le Village Ouest, à commencer par le bar à putes masculines Pieces dans la rue Christopher.

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Devant la boîte Webster Hall en route vers le Village de l'ouest

Rien de très intéressant. On a continué au bar du Duplex — plein de monde mais pas de filles à draguer, donc d’aucun intérêt pour l’ami hétéro. Prochaine étape : Marie’s Crisis, où le pianiste était péniblement médiocre et paresseux. Conclusion : Positively 4th Street, plein de jeunes femmes (et de jeunes hommes) plus qu’acceptables, mais l’ami les a trouvées toutes trop jeunes. Un jeune type énorme s’est planté devant moi en me disant bonsoir et ensuite me demandant où il fallait aller pour continuer la soirée. Tout à fait alléchant, il venait du Minnesota et se trouvait à New-York pour la première fois. Comme je ne sors presque jamais (si, si !), je ne savais pas quoi lui dire, j’ai donc murmuré quelque chose de débile à propos du « Meatpacking District» vers le nord-ouest, il m’a remercié d’un grand sourire de plouc adorable avant de me quitter. Ouf, mon honneur sauvé !

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Des smokings de coureur dans la vitrine de Runner's World dans l'avenue Lexington

Dimanche après-midi, en préparation pour nos efforts nocturnes, je suis passé à la salle de sport pour lever quelques haltères et là j’ai vu un type qui avait un drôle de tatouage : une grande partie de son bras droit, y compris son biceps bien bombé, était couverte d’un tatouage élaboré — en braille ! J’ai voulu lui demander ce que ce texte voulait dire, mais je n’ai pas osé — il est (en général) formellement interdit de parler à d’autres dévots dans la salle de sport !

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Une belle jardinière dans la 11e rue ouest

L’ami ex-Marine est arrivé chez nous vers 22 heures tout habillé pour courir dans le froid, bien qu’il ne faisait pas très froid. On a pris le métro pour aller jusqu’à la 72e rue ouest, d’où on a marché au début de la course. La moitié des coureurs était des étrangers — plein de Japonais et d’Anglais, plusieurs Français, beaucoup de Sud-Américains. Moi j’ai fait les quatre milles en environ 50 minutes (je vous l’accorde, je suis super lent !) Il y avait des tas de beaux athlètes, dont un devant nous dans la foule de coureurs qui était habillé en sapin de Noël avec des feux clignotants et un grand chapeau de Père Noël dont le long bout en boule de coton me frappait le visage continuellement jusqu’au début de la course — j’aurais bien voulu lui souhaiter un joyeux Nouvel An mais le copain et sa copine me l’ont interdit, les salauds.

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La 5e avenue dans la pluie, à l'angle de la 11e rue

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Et dans l'autre sens, vers le parc de la place Washington

La pluie est arrivée quelques heures plus tard et continue toujours. On est allé déjeuner avec l’amie marchande d’art et quelques amis à elle, dont un peintre qui m’a profondément énervé en essayant de m’expliquer pourquoi on ne devait pas enlever Saddam de l’Irak pour le juger à La Haye (par exemple) parce que cela aurait été méprisant de notre part de ne pas avoir confiance en la justice irakienne. Il y a toujours, à mon avis, trop de « sol fertile » pour la propagande bushiste ici.

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Dans la bibliothèque du club Salmagundi où l'on a pris le brunch aujourd'hui