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février 28, 2007

Nova

La transition d’un ancien ordinateur vers un nouveau n’est jamais facile — il faut renouveler tous les biscuits et retaper les mots de passe dont la plupart ont été oubliés depuis longtemps. J’ai aussi réinstallé la dernière version d’Antidote, logiciel que j’apprécie énormément en dépit du fait qu’ils n’arrivent jamais à me fournir mon code d’activation correctement — je remplis le formulaire, je le leur envoie par Internet en attendant le numéro de code, et puis par retour ils me disent que je suis inscrit au bulletin, mais aucune trace du sacré numéro de code. Il faut donc téléphoner à Montréal pour leur signaler qu’on n’a toujours pas de code, et cetera. Embêtant.

L’ancien appareil photo a rendu l’âme — ben, techniquement, je crois qu’il s’agit plutôt d’une lente mort par éventrage, la petite porte métallique qui renferme la pile au ventre de l’appareil s’étant cassée définitivement il y a quelques semaines. J’avais essayé des pansements de ruban adhésif pour l’emballage, mais finalement j’ai eu marre d’avoir à faire toute une procédure chirurgicale quand il fallait changer la pile, et je suis donc allé dimanche dernier chercher un nouvel appareil chez les hassidim de B&H. De ma vie je n’ai jamais vu autant de monde s’agiter au rez-de-chaussée d’un magasin spécialisé quand même assez grand et tout le monde semblait savoir qu’il y avait de bonnes affaires à faire sur les appareils photo, les postes de télévision, les petits machins pour ordinateur. Le monde entier y était représenté et la clientèle se bousculait en espagnol, en français, en allemand, en italien, en yiddish, en chinois et en anglais, parmi les langues que j’ai pu reconnaître. J'ai acheté un appareil Fuji incroyablement rapide (je vais pouvoir bosser comme papparazzi !) mais il y a toutes sortes de choses à apprendre, donc pas encore de photos.

J’avais commencé un billet sur le krach à venir à la suite d’une remarque curieuse que m’a faite un financier très distingué (costume rayé, chemise blanche, cravate Charvet, boutons de manchette en lapis et or, chaussures noires supercirées, coiffure impeccable) au vernissage mercredi soir dernier de la grande foire d’art où j’ai passé la semaine dernière. Il était venu dans notre stand, où tous les tableaux accrochés aux murs avaient été vendus (en seulement 54 minutes, c’était époustouflant). En regardant les petits points rouges qui indiquent qu’un tableau n’est plus disponible, il s’est tourné vers moi et avec un sourire un peu curieux il m’a demandé « Vous les avez tous vendus ? » « Oui, monsieur », je lui ai répondu poliment. « Ah, cette ferveur d’achat, cela rappelle les années 80, non ? » « Tout à fait, monsieur. Tout à fait. » Il m’a dit bonsoir avant de continuer sa route vers d’autres stands dans notre couloir.

Le dimanche dernier l’amie partenaire en course à pied et moi, ainsi que l’ami ex-marine et le copain, nous avons tous les quatre participé à un triathlon intérieur qui a eu lieu à la YMCA de la 14e rue ouest. On était sorti la veille avec l’ami galeriste, pour qui je travaillais à la foire d’art. Il était déjà dans tous ses états à cause du stress énorme de la foire et, après deux bouteilles de rouge à la foire et des verres de rouge chez les parents du copain, la crise de nerfs naissante s’est révélé au restaurant 41 1/2 dans la 10e avenue où d’un moment à l’autre il voulait flirter avec les beaux garçons ou ne plus les voir, tellement ils étaient moches ou méchants (en fait, ils n’étaient ni l'un ni l'autre, mais l’ami galeriste était saoul, nerveux, triste, sensible et irrité — une combinaison difficile).

Je ne me trouvais donc pas dans le meilleur état pour faire un triathlon, qu’il fût intérieur ou en haute mer, mais bon, j’avais payé mon argent et il fallait persévérer. J’ai nagé comme un morse obèse (non, ce n’est pas un pléonasme) et puis j’ai fait du vélo comme un cycliste en manque de dopage, pour terminer avec une course à pied bien lente sur le tapis roulant. Et pour toute cette peine, j’ai reçu un T-shirt noir. Chic alors !

Mon moniteur me quitte pour aller passer deux semaines à Costa Rica – j’ai un peu de boulot à faire et comme le copain travaille cette semaine jusqu'à 22 heures chaque jour, je lui ai dit bye-bye pour m’installer dans l’appartement au bord de la mer, où j’essaie de m’habituer au nouveau portable. Il ne fait pas trop froid. La neige qu’il y avait par terre quand je suis arrivé mardi après-midi a fondu aujourd’hui dans les températures plus douces. Tous les après-midi à partir de 16 heures je lis à haute voix pour l’amie écrivain (on s’est querellé aujourd’hui sur l’attribution correcte du décor d’intérieur de l’ancien appartement de Coco Chanel dans la rue Cambon – moi je l’attribuais à la société Jansen avec la supervision attentive et le goût particulier de Mlle Chanel tandis que l’amie écrivain, férocement pro-Chanel, m’assurait que Coco l’avait fait toute seule.)

Je suis passé aussi chez l’avocat qui s’occupe de la succession de ma mère. On vient de recevoir la fameuse lettre du fisc qui nous déclare que tous les impôts ont été dûment payés et qu’ils ne s’attendent pas à procéder à une vérification des comptes. Youpi ! Il nous aura fallu un an et trois mois pour régler la succession. Dans beaucoup de cas, il faut des années à attendre la quittance du fisc.

Bon, je vais essayer de publier tout ce verbiage pour que je puisse me jeter au lit pour continuer la lecture délicieuse des Cahiers bleus de Liane de Pougy.

février 20, 2007

De consecutionibus

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Il neige dans mon cœur Comme il neige sur la ville (mes pardons à Verlaine)

Non, il n’y a rien de grave — un peu trop de travail, un peu trop de froid, un soupçon de dépression et puis il faut aussi qu’on se rappelle que pour moi, il n’est pas, hélas, facile de m’installer tout simplement devant l’ordinateur et de taper un billet dans un français pas trop pénible.

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Comme c'est joli !

Mais aujourd’hui il a atteint 7º, la neige a commencé à fondre (c’est malpropre, mais j’avoue que souvent je préfère la crasse au froid), et j’ai trouvé « Mes cahiers bleus » de Liane de Pougy au seuil de l’appartement en rentrant de l’Armurerie de l’avenue du Parc où l’on installe l’Art Show 2007 qui débute demain soir.

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La porte clouée (!) devant notre appartement à la campagne — un voisin enragé par le son de la porte qui frappait dans le vent à tout moment a dû la clouer

Voici un texte que j’avais rédigé pour le carnet la semaine dernière :

Si le poète T S Eliot prétend que c’est avril le mois le plus cruel, j’ai personnellement eu pas mal d’histoires avec le mois de février, sombre et renfermé, du moins ici dans l’hémisphère nord. Le froid est enfin arrivé, en retard cette saison. Hier il a neigé. Dans l’appartement, en dehors de notre chambre, les courants d’air ont libre cours et le copain et moi, nous nous enroulons dans de vétustes chandails sortis des fins fonds de nos placards pour regarder les journaux télévisés (on commence par celui de la BBC à 18 heures, suivi de celui de l’ABC à 18h30, pour terminer avec celui d’une heure présenté par la PBS). Les infos terminées, on a décidé à regarder le film culte The Lost Weekend (1945) qu’on avait reçu il y a deux semaines déjà de Netflix. (Attention : gâcheurs !) C’est l’histoire d’un alcoolo qui fait une cuite de quatre jours à Manhattan dans les années 30 — petite vedette littéraire à 17 ans, il a quitté ses études pour faire carrière brillante à New-York où il n’a pourtant rien réussi. Maintenant, à 33 ans, il est alcoolique et loser et pendant cette fin de semaine cauchemardesque il touche le fond de son désespoir pathétique. (C’était longtemps une plaisanterie banale à nous d’appeler un week-end un peu pochard « another lost weekend » mais je n’avais jamais vu le film auquel on faisait référence.) On a donc passé la soirée de la Saint-Valentin, étirés pêle-mêle sur le canapé du salon, à regarder le film tout en avalant un Châteauneuf-du-Pape médiocre. J’ai beaucoup apprécié la musique du film, créée par l’Hongrois Miklós Rósza, qui dans cette partition s’est servi amplement du thérémine, instrument qui me fait toujours sourire de plaisir quand je l’entends.

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Devant le Consulat argentin dans la 56e rue est

La semaine dernière on est allé au Consulat argentin dans la 56e rue ouest pour assister à une signature de livre sur l’artiste argentin-new-yorkais Marcelo Bonevardi, dont le fils, lui aussi artiste et architecte, travaille avec un ami de l’ami galeriste — ces petits mondes s’entrechoquent à tout instant à Manhattan — c’est pourquoi on y avait été invité. L’ami galeriste avait invité un beau jeune homme mais il nous avait déjà précisé que le type était « froid, inabordable », mais le copain et moi, n’étant pas des « intéressés », nous l’avons trouvé tout à fait sympathique. « I’m over men » il nous a déclaré avec un grand sourire, ce qui a dû irriter l’ami galeriste. La HSP (haute société pédé) y abondait et parmi ces membres j’ai compté des journalistes de mode, des grands marchands de tableaux, des conservateurs de musée et une véritable vedette de la haute couture, Tom Ford, qui est vraiment très beau et très bien élevé — surtout pour un Texan. Il espère tourner des films et c’est pour cela qu’il partage sa vie (avec son copain et leur chiot) entre New-York et Los-Angeles.

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Dans le salon du consulat

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Le grand escalier

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Une des pièces exposées dans la galerie du consulat

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Quelques invités

L’ami galeriste nous avait promis un passage au bar de l’hôtel Four Seasons dans la 57e rue est pour regarder et évaluer les putains masculines qui, selon lui, ont envahi le bar depuis peu. Mais son ami « froid et inabordable » lui a vite fait perdre ses illusions en disant qu’il n’y avait des putes « normales », de jeunes filles minces et blondes, vêtues en minijupe et chaussées en talons aiguilles, qui se disent « financial advisors » quand on leur demande leur métier.

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Devant l'entrée du joaillier Harry Winston dans la 5e avenue — immeublé créé par la firme française Jansen — où l'on cherchait un taxi

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Dans le restaurant Joe Allen's

On est donc allé à Joe Allen’s dans le quartier des théâtres où l’on a rencontré le chef d’atelier de Tiffany John Loring qui dînait là aussi. (Le copain et moi, nous ne sommes que des suivants, nous ne connaissons personne.)

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La vitrine d'un fleuriste

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On quitte le McDo de l'autoroute I-95

Le week-end dernier on est allé à la campagne, où j’ai lu à haute voix pour l’amie écrivain et où l’on a passé une heure à essayer de distraire l’amie du copain avant de rentrer à Manhattan.

Lundi soir j’ai dîné avec un ami acteur avec qui on discute des possibilités de monter une pièce dans l’avenir.

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Dans l'avenue Lexington, au centre du quartier indien

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Dans la place Gramercy, un parc privé à la londonienne

J’essaie de suivre le procès de Libby à Washington mais le fond de la plainte me paraît assez technique. Il est toutefois intéressant de voir combien la presse washingtonienne s’entraide au désavantage de leur public.

Tous nos candidats présidentiels m’ennuient, du moins à présent.

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Du vent à la campagne

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Chez les wasps du Connecticut il y a toujours beaucoup de tableaux d'ancêtres importants

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Celui-ci est plus ancien que celui d'en-haut

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Deux chattes sur un toit pas brûlant du tout

On n’a rien fait pour la fête des Présidents, et puis aujourd’hui j’ai passé toute la journée dans l’Armurerie — l’ami galeriste a choisi de ne montrer que cinq grands tableaux dans notre stand, ce qui a énormément facilité notre travail. Comme la plupart des habitants du monde de l’art (à New-York au moins) ne sont pas bien beaux (en fait la grande majorité est parfaitement laide, l’ami galeriste excepté), j’ai dû passer mon temps à flirter avec les quelques déménageurs, surveillants et ouvriers qui n’étaient pas trop moches.

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Les tableaux arrivent dans l'avenue Lexington

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L'installation des stands commence

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Le bel électricien

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Il faut plier tout le matériel d'emballage pour le cacher au 1er étage

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On est presque prêt — on recouvrira les allées de moquette ce soir

En plus, la personne avec qui je m’étais brouillé il y a quelques semaines m’a envoyé une sorte de courriel d’excuse, auquel j’ai répondu tout poliment, même si avec une certaine distance, je l’avoue, mais bon, c’est un début.

On avait un peu fantasmé un petit séjour en France cet été mais il paraît que le copain ne pourra pas quitter son boulot pour plus d’une semaine, histoire d’un manque de personnel auquel il peut faire entière confiance, donc il va falloir rester proche de Manhattan — on fera peut-être une visite éclair à Paris au printemps avec l’ami galeriste mais rien n’est certain. J’avais voulu faire un bref saut à Londres mais toutes ces foires d’art n’ont rien arrangé — des moments mal choisis. Voilà un peu pourquoi je me suis senti légèrement frustré ces dernières semaines.

Mais c’est probablement mieux qu’on n’aille pas en Europe cet été car en plus du cours exorbitant de l’euro il y a aussi la possibilité (probabilité ?) d’une opération militaire US contre l’Iran et si la Troisième Guerre mondiale doit commencer, je préfère me trouver chez moi, du moins au début. (OK, je sais, je suis trop facilement négatif mais expliquez-moi pourquoi trois porte-avions sont en train de se réunir dans le golfe Persique, hein ?)

février 07, 2007

Operosus

Rédiger des contrats et des communiqués de presse — mes journées se sont remplies de petits devoirs embêtants, ce qui me laisse beaucoup moins de temps pour mon mange-temps préféré — le carnetage !

« God fucking shit » n’est pas une exclamation très commune, heureusement. On ne l’entendra que dans des situations extraordinaires, telle que celle-ci dans laquelle de jeunes pilotes américains ont tiré par erreur sur des militaires britanniques en Irak. Le clip a été révélé par le journal londonien The Sun. Le brouillard de la guerre ne châtie pas la langue, selon toute apparence.

L'évangéliste déchu Ted Haggard n’est plus gai. Tant mieux. Les mauvaises langues parlent d’une nouvelle secte religieuse qui s’appellerait le « Crystal-Methodism » dont il serait le chef. (Je m’y inscris tout de suite, car le premier symptôme physique de l’abus de la méthamphétamine est la perte de poids — tellement plus facile que de s’exercer !)

Et, finalement, sur une note plus personnelle, dans mon expérience il y a toujours eu des gens qui prennent dans la vie plus qu’ils n’en offrent et quelquefois le plus facile c’est de les laisser faire en les excusant leurs défauts pourtant inhérents à leurs personnalités. Quelquefois on n’arrive plus à ne pas reconnaître les faits. Je viens de me brouiller avec une personne et je trouve que je ressens surtout, au lieu de la peine, une sorte de soulagement. J’en ai parlé avec l’amie partenaire en course du copain en lui expliquant mon avis qu’il ne me restait pas assez de temps pour vouloir le gaspiller en des rapports qui ne mènent en fin de compte à rien. C’est vrai. Je cherche à m’entourer de gens qui me donnent plaisir, qui font un effort dans leurs propres vies, qui me font découvrir des choses ou des personnes nouvelles, qui me respectent et que je respecte. Je fais tout bien sûr afin que je rende moi-même suffisamment de « plaisir » — de bien — aux gens qui font mon cercle d’amis. J’ose espérer même y avoir réussi de temps en temps. Aujourd’hui je trouve que, après une brouille, on devrait profiter peut-être de l’occasion pour revoir les véritables données de ce qu’on appelle, peut-être seulement par paresse, « une amitié ».

février 05, 2007

Non Angli sed angeli

Il est beau, il est Anglais, il est spirituel (expert en méditation), il tient un carnet Web, il est gai — c'est agaçant !


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(Il s’agit d’Alastair Appleton, ancien présentateur à la BBC pour l’émission « Du comptant dans le grenier » qu’on passe actuellement sur BBC America.)

février 04, 2007

XIV

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Devant le restaurant Quatorze

Vendredi soir on est allé dîner avec des amis dans un restaurant du Côté supérieur oriental — Quatorze. Comme son nom l’indique, ce restaurant avait vu le jour dans la 14e rue ouest avant d’ouvrir une succursale plus facile d’accès pour sa clientèle des beaux quartiers dans la 79e rue est. La maison mère a fermé, remplacée par le restaurant italien Crispo, mais le rejeton continue à fleurir dans son coin un peu éloigné du tohu-bohu habituel de la ville. Étant un vendredi soir d’hiver, on a eu du mal à avoir une table à une heure correcte, mais on s’est convenu de nous réunir un peu tôt.

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Avant que les foules n'arrivent...

On a bien mangé — un pot-au-feu convenable (avec même de la moelle, beurk), un bon bordeaux — et on s’est bien amusé à bavarder de n’importe quoi. Ensuite, chez nos amis, on s’est inscrit au triathlon d’intérieur qui aura lieu dimanche le 25février prochain. Oui, j’ai bien dit « on » — c’est-à-dire, la partenaire en course à pied du copain ainsi que votre humble serviteur. (Sans blague. Voici l’effet vraiment délétère de trop de bordeaux !)

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Arrêté devant un feu dans l'avenue du Parc sud

On est allé à la campagne samedi matin, où j’avais rendez-vous avec l’amie écrivain, à qui j’allais commencer à lire à haute voix les nouveaux mémoires de Gore Vidal Point to Point Navigation qui vient de paraître. M. Vidal et l’amie écrivain sont des amis de longue date et cela l’amuse de suivre sa version d’événements dont elle a elle-même ses propres idées. Après deux heures de lecture à haute voix, j’ai dû la quitter pour me rendre chez une autre amie qui préparait un simple risotto aux crevettes.

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Aïe ! C'est l'œil de Sauron — Manhattan, c'est vraiment Mordor ! (Je le savais !)

Aujourd’hui on va essayer de nager un peu à la grande piscine du YMCA local avant d’aller déjeuner avec l’amie du copain. On rentrera à Manhattan cet après-midi.

février 02, 2007

Epistolæ

Mon boulot chez le copain consiste, ces derniers jours, à préparer des centaines de lettres de sollicitation qu'on va poster lundi (ça me donne du temps pour contempler, en pliant chaque morceau papier avant de le mettre dans l’enveloppe, tous les billets épatants que j’ai à rédiger) et c’est à cause de cela que je suis allé sur YouTube ce matin pour chercher des vidéos marquées « mail » et « letter » et j’ai retrouvé cette scène extraordinaire du film « V for Vendetta ». La suite m’a un peu rappelé le sujet de mon billet d’hier.

La lettre de Valérie

« But America’s war grew worse and worse and eventually came to London. »

« I remember how the meaning of words began to change. »

« But for three years I had roses. »

J’ai fait d’autres recherches qui m’ont mené ici :

« Certainly there are those who are more responsible than others, and they will be held accountable. But again, truth be told, if you are looking for the guilty, you need only look into a mirror. »

Et ici, le dénouement spectaculaire :

« No one will ever forget that night and what it meant for this country. »

février 01, 2007

Lustrationes

Le financier George Soros demande la « déBushification » du pays devant les grands de Davos.

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On ne peut qu'espérer... (photo piquée chez dKos, dans les commentaires à ce billet et désolé pour la taille de la photo, je n'arrive pas à la faire plus petite)

« The United States is now recognizing the errors it had made in Iraq, he [Soros] said, adding, “To what extent it recognizes the mistake will determine its future.” Mr. Soros said Turkey and Japan were still hurt by a reluctance to admit to dark parts of their history, and contrasted that reluctance to Germany’s rejection of its Nazi-era past. »

« “America needs to follow the policies it has introduced in Germany,” he said. “We have to go through a certain de-Nazification process.” »