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septembre 30, 2007

Occulte II

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Manhattan vu d'un avion au-dessus de l'aéroport Kennedy © Le Copain

Est-ce que nos amis de la CIA sont des dealers ? Oh, on entend des bruits depuis des lustres, bien sûr, (et l’on se rappellera des liens plutôt « curieux » entre le général narcotrafiquant Noriega de Panama et notre chef de la CIA d’alors, Bush Senior, ainsi que des allégations citées contre le colonel North au Nicaragua et des opérations « anti-drogue » – oh, tu parles ! – menées en Colombie) mais dans une nouvelle plus récente il s’agirait de quatre tonnes de cocaïne transportées dans un avion qui appartient (ou a appartenu) à cette ligne aérienne bien secrète qui s’occupe du transport de prisonniers « rendus » en cachette à des prisons en Europe de l’Est ou à Guantanamo. Matière à réfléchir, je suppose, pour ceux qui sont moins cyniques que je ne suis devenu. (Mais non, mon pauvre, figurez-vous, il faut se payer les campagnes électorales d’une façon ou d’une autre, et croyez-vous que toute cette pub à la télé, elle est gratuite ?)

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Devant la grille du barbecue sur le gazon du presbytère catholique de Pierreville

J’ai assisté à un pique-nique catho cet après-midi. Très agréable, en effet. On a grillé des hambourgeois et des saucisses de Francfort (je suis bien puriste, non ?) et j’ai dit bonjour au nouveau prêtre, d’origine franco-québécoise de par son nom de famille, et bavardé avec des amis. Le copain est toujours à San-Francisco. Il m’a envoyé des photos de son dîner et de son vol d’hier. Il rentre ce soir, après avoir déjeuné avec son frère et sa belle-sœur qui habitent la banlieue et après avoir visité la célèbre foire de la rue Folsom (moi, toutes ces chaînes et tous ces vêtements en cuir ne m’intéressent pas mais j’aurais bien aimé voir Liam Sullivan en Kelly). Moi, je rentre demain après-midi, afin d’essayer d’éviter les heures de pointe sur l’autoroute (qui semblent ces jours être 24 sur 24).

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On a complètement (ou presque) refait la façade de la maison en face de chez nous pour le tournage qui est prévu pour ce soir – rue bloquée, du bruit, c'est dur, la célébrité, euh, « situationnelle »

septembre 29, 2007

De mendaciis

Je me trouve ce soir à la campagne, le copain est à San-Francisco, où il assiste en ce moment au Lovefest, tout à fait par hasard. Je dîne ce soir chez une amie, le copain dînera en compagnie des anciens de sa promotion au lycée. Ensuite il ira sans doute « tester » quelques bars bien-aimés tandis que moi, je me coucherai sans doute bien sagement.

Beaucoup de gens parlent de l’adjectif « phony » (bidon) appliqué aux soldats américains qui ne supportent pas la guerre du régime Bush en Irak. Voici un billet émouvant à ce sujet, rédigé par un GI « bidon » qui vient de rentrer de l’Irak. Notez dans les commentaires les efforts pathétiques de plusieurs commentateurs de droite de « corriger » trompeusement ce qu’a vraiment dit O’Reilly. Notez aussi que M. O’Reilly a eu son exemption du service militaire à cause d’une sorte de gros bouton tout à fait dégueulasse (il s’agissait techniquement d’un kyste pilonidal – un véritable nid de poils en dessous de la peau, beurk !) . Verra-t-on une résolution de dénonciation de M. O’Reilly de la part de nos chers représentants ou de nos chers sénateurs ? Ah, mais vous plaisantez, Monsieur Bête. On ne dénonce que des démocrates traîtres, partisans quasi avoués de Bin Laden, et non jamais nos patriotes républicains, comme Blackwater, qui a pourtant des ennuis, dont ce dernier.

septembre 28, 2007

Occulte

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Quelques jours à peine après l'installation du nouveau lampadaire « ancien » on le remplace par cette monstruosité exigée par le tournage d'un film sur l'escalier de Carrie – ils doivent gagner pas mal d'argent, les propriétaires de cette maison, pour les frais de prises d'extérieur qu'on leur donne

Pour éviter de trop faire le garçon qui crie au loup, je tiens à signaler que cette fois c’est Olivier de Montréal qui nous signale cet article de Radio-Canada, intitulé « Téhéran sera-t-il attaqué ? » où l’on trouvera que le Canard enchaîné a révélé que le président russe Vladimir Poutine aurait chuchoté à l’Iran qu’on allait bientôt le bombarder. Le commentateur politique Glenn Greenwald offre un aspect de la situation lui-même assez troublant : les chefs de l’armée américaine seraient-ils effectivement en opposition « passive » à une opération militaire contre l’Iran ?

Tout ceci suit l’adoption par un vote de 76 à 22 de l’amendement dit Kyl-Lieberman, dont voici deux paragraphes significatifs :

« (3) that it should be the policy of the United States to combat, contain, and roll back the violent activities and destabilizing influence inside Iraq of the Government of the Islamic Republic of Iran, its foreign facilitators such as Lebanese Hezbollah, and its indigenous Iraqi proxies;?
(4) to support the prudent and calibrated use of all instruments of United States national power in Iraq, including diplomatic, economic, intelligence, and military instruments, in support of the policy described in paragraph (3) with respect to the Government of the Islamic Republic of Iran and its proxies;
 »

La sénatrice Clinton a voté en faveur de cet amendement (et j’ai trouvé l’appellation « sénatrice » chez le carnet web « French Friends of the Republican Party » (si, si !!!) qui est vraiment trop drôle !) Obama n’a pas voté (c’est malin, non ?). Dodd du Connecticut a voté non. Les « libéraux » Feinstein et Schumer ont voté oui. Ce sont là des intrigues de cour à la Shakespeare et j’ai peur que pour nous le public spectateur tout nous soit soigneusement caché, au moins pour le moment.

Le copain part demain matin très tôt pour San-Francisco, où il va assister à un dîner d’anniversaire de sa promotion de lycée. Il revient dimanche soir, par ce qu’on appelle « l’œil rouge », le vol de nuit où l’on ne dort qu’au maximum quelques courtes heures. Moi je n’ai pas voulu encourir la colère divine en osant traverser deux fois le continent américain en tube métallique volant pour un simple dîner parmi des gens que je ne connais pas, donc je prends la voiture pour aller à Pierreville, qui est, statistiquement parlant, un trajet beaucoup plus dangereux, je sais, mais au moins c’est moi au volant (« problèmes de contrôle » ?) et moi quand je vois des « nuages », je les évite, ce qui n’est pas, d’après mon expérience personnelle, toujours le cas des pilotes pour qui, à toute apparence, l’effet « montagne russe » au-dessus des Rocheuses ne présente aucun problème particulier.

septembre 27, 2007

Miscellanea

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Notre arc de triomphe à nous !

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Il y a de nouveau de l'eau dans la fontaine du parc de la place Washington – qu'on va, en toute probabilité, faire bouger pour l'aligner sur l'axe de la Cinquième Avenue – mais on gueule !

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Moi, aussi, j'aime les vitrines new-yorkaises, Anne, mais les miennes sont évidemment moins distinguées que les vôtres sur Mes vitrines à New York

Les Bushistes se réjouissent de ce qui se passe actuellement en Birmanie (ils refusent exprès de prononcer le nom « nouveau » du pays, Myanmar, que la « dictature brutale » lui a donné en 1989) puisque les émeutes chassent des unes des journaux les photos quotidiennes d’Irakiens morts ou brutalisés.

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L'hôtel Bowery sur le Bowery, nouvel hôtel branché dans un quartier en voie de transformation intense

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Le bar du restaurant Marion's

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Le beau temps peu saisonnier continue ici – non, non, je ne me plains pas !

septembre 26, 2007

Nox

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La pleine lune monte sur Manhattan

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Des télés dans les taxis – le copain l'adore, moi, moins ...

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L'immeuble en face avec toutes les fenêtres illuminées, c'est le nouveau siège new-yorkais de Google

septembre 24, 2007

Adventus Persicorum imperatoris

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Un voilier ancien sur le Hudson par un beau temps de fin d'été

Bon c’est l’automne depuis hier et c’est le tour du président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, de passer quelques jours chez nous – il est descendu à l’hôtel Hilton et il parlera aujourd’hui à l’université Columbia avant de donner un discours devant l’ONU demain. Les « usual suspects » (expression rendue célèbre par le film de 1942 Casablanca) protestent contre « cette perversion de la libre expression » comme une jeune fille l’a appelée hier soir à la télé, mais bon, c’est Ahmadinejad qui gagne le plus dans ce genre de disputes idiotes si appréciées de nos médias (il faut lire quelques-uns des commentaires insensés publiés chez le carnet urbain du Times sur la visite de l'homme politique iranien pour saisir la profondeur de la folie à ce sujet).

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L'embourgeoisement esthétique rétro du quartier continue avec l'installation de lampadaires « victoriens » dans la rue Perry

Hier, notre petit quartier a été encore une fois « découvert » dans les pages Immobilier du Times. Une femme à la campagne qui habite dans la rue Charles a remarqué : « Je déteste les cup-cakes. À quand le retour du crack ? » On nous donne de nouveaux lampadaires « historiquement corrects », dont celui-ci en haut qui se trouve juste devant l’escalier si célèbre de chez Carrie Bradshaw.

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C'est vrai qu'on est gravement bobo quand on enseigne le français aux nouveaux-nés, comme ici dans cette « école » pré-maternelle dans la rue Perry

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Tout le monde n'est pas content du changement, comme on le voit dans ce graffito laissé sur le mur d'une maison en chantier à deux pas de chez nous

Puisque nos représentants démocrates refusent, quoiqu’élus précisément pour cela, de faire le moindre effort pour nous guérir de « Bush rot » – la pourriture à Bush, phrase bien trouvée à mon avis – qui menace de foutre par terre toutes nos traditions démocratiques, un journaliste du magazine Harpers propose une
Grève générale
contre le régime Bush le 6 novembre prochain. (Il faut avouer qu’on n’a pas l’habitude des grèves,nous les Américains, qui sont plutôt dociles et moutonniers devant les autorités. Mais si ça change…)

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Parlera-t-on de la proposition d'une grève générale contre Bush dans le Times, dont voici le nouveau gratte-ciel dans la 8e avenue ?

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Les Chrétiens évangéliques (si, si) auxquels cet espace appartient m'ont promis des gradins et des chaises – la scène sera au fond – en principe avant le début de novembre

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La place du Temps par un beau jour d'automne

C’est drôle – la station Fox de New York, au numéro 5, n’est pas très politique et leur couverture des nouvelles locales n’est pas mauvaise, mais la chaîne Fox l’est à outrance – c’est de la propagande la plus transparente, mais il est marrant de noter qui la Fox censure et qui la Fox laisse parler, comme ici.

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J'ai passé un très bon moment ici, dans le bien-nommé French Roast dans la 6e avenue, en compagnie d'une lectrice de Sale bête de passage à New-York – belle, charmante et peintre de talent, quel plaisir pour moi

Bon, les républicains, pour moi, ce sont tout simplement les agents de Sauron, des légionnaires du mal, mais il se trouve qu’il y en ait qui ont retrouvé leur humanité. Voici un républicain qui a, pour une fois, agi plus ou moins correctement (les larmes, pour moi, c'est peut-être aller trop loin mais bon...) Une âme humaine dans le corps d’un républicain – qui l’aurait cru ?

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Un hélicoptère à la recherche de quelque chose ou de quelqu'un a survolé Pierreville pendant plusieurs minutes hier après-midi

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Quelquefois la lumière tombe d'une manière particulièrement réussie...

Pour la bonne et belle narquoiserie sur la chose américaine, je vais tous les lundis chez James Kunstler, délicieusement aigri et souvent très drôle. Ce billet-ci est un véritable panégyrique sur la religion des richesses imméritées que représentent Wall-Street et Las-Vegas (Le titre moqueur « Shocked, shocked » vient, encore une fois, du film Casablanca où l’inspecteur français Renault se dit « shocked, shocked », d'une voix des plus plates et cyniques, à découvrir l’existence de jeux de hasard chez Rick l’Américain.)

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On est rentré du garage en prenant la 8e avenue où des couples homos se promenaient les mains dans les mains (non, je refuse !) et l'on s'est arrêté chez Balducci's pour nous acheter de quoi manger à la maison

septembre 19, 2007

Miscellanea

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Hier on a fait de la pub aérienne pour l'admission de Taïwan à l'ONU au-dessus de Manhattan

Il est difficile pour tout le monde d’être une maman « parfaite » - ce billet assez drôle, d’une Américaine bien francophile, décrit la différence entre les mamans qui sont ou « slummy » ou « yummy » ou tout simplement « dummy » (la phrase drôlement familière « yummy mummy » est d’origine anglaise – et de Londres sans doute, et veut dire une belle jeune mère à la fois soignée et sexy.) C’est un phénomène qu’on reconnaîtra à Manhattan et à Paris, aussi bien qu’à South Kensington.

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Il n'y avait pas que la fumée publicitaire, il y avait aussi ce panneau tiré par un petit avion

L’expulsion imminente de l’Irak des hommes de sécurité (aussi connus sous le terme de « mercenaires ») de la société Blackwater n’est pas à me déplaire, mais je pense qu’on va en toute probabilité s’arranger pour leur permettre de rester dans le pays, à tuer n’importe qui à n’importe quel moment sans peine aucune. Ah, c’est bien ça, l’impérialisme, n’est-ce pas ? On n’a pas à s’excuser de rien.

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La porte d'entrée de l'université Rockefeller dans l'avenue York

L’amie marchande de tableaux va de mieux en mieux – elle va probablement rentrer chez elle demain ou après-demain. Je suis allé la voir à l’hôpital hier après-midi – c’est un drôle de quartier, cet arrondissement un peu particulier entre le fleuve de l’Est et la 1ere avenue, la 59e rue au sud et la 70e rue au nord, où l’on trouve les immeubles silencieux de l’université Rockefeller (institut voué exclusivement à la recherche médicale, en collaboration avec la faculté de médecine de l’université Cornell) et l’hôpital de New-York qui est devenu l’hôpital New York Presbyterian, l’immense hôpital enseignant, à deux grands campus, des universités Columbia et Cornell. L’amie marchande de tableaux se trouve au 5e étage dans la section Nord. Je suis resté dans sa chambre quelques minutes seulement, à bavarder devant ses parents, qui sont gentils mais péniblement ennuyeux et qui sont certainement deux des raisons les plus importantes pour lesquelles elle s’était réfugiée à New-York il y a des années.

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La piste de danse à Dixon Place

Rentré chez moi, j’ai regardé la TV avec le copain, qui n’a pas voulu nous accompagner, l’ami galeriste et moi, à une soirée de danse à l’espace d’avant-garde Dixon Place qui se trouve au 1er étage d’un marchand de matériel de cuisine dans le Bowery.

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Les spectateurs à Dixon Place

On nous a présenté quatre pièces de quatre chorégraphes dont le premier, un Coréen qui habite et travaille à New-York, a dansé un solo le long de cette bande d’étoffe blanche décorée de pierres arrondies et de chaussures. Il y avait une femme qui a découpé en hurlant un petit mannequin fait de morceaux de baguette, après quoi elle nous a distribué les morceaux en disant « the bread of life » – c’était pas mauvais, le pain ! mais j’étais le seul à le manger – cela m’a bien sûr rappelé les mystères éleusiniens de ma jeunesse, ainsi que la messe catholique, mais bon… Après le spectacle, on est allé manger dans le restaurant très branché Gemma, dans l’hôtel Bowery. Pas moyen d’avoir une table avant une heure, on a trouvé des tabourets au bar et finalement on a mangé là. C’était bon. Le barman, qui s'appelait Case et dont l'avant-bras droit était tout tatoué, était agréable.

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Vers la salle à manger centrale

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Vue du bar en fin de soirée

Vers 11 heures on est allé, l’ami galeriste, un ami à lui qui est sympa et moi, au Bowery Bar, qui se trouve à deux pas du restaurant, pour la soirée gay Beige. C’était la première fois pour moi (je suis toujours très, très en retard) de visiter ce haut lieu de la vie homo new-yorkaise, que j’ai boudé exprès pendant des années, sans raison particulière à part mon horreur pour les endroits trop à la mode. Mais il s’agit en fait d’une sorte de Biergarten bondé de homos dont la plupart ont entre 25 et 35 ans.

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Du monde à Beige à faire du S/M, c'est-à-dire, Standing et Modelling

L’ami de l’ami galeriste, ancien play-boy à présent (quasi) réformé, connaissait pas mal de monde, dont un dealer accompagné d’une grande fille blonde, sûrement mannequin, avec qui ils sont tous les trois entrés aux toilettes femmes pour partager un peu de coke (moi, j’ai été sage et j’ai refusé l’invitation, m’en tenant à mon verre de rouge à peine buvable). Il y avait aussi un type qui s’appelait Patrick qui s’est attaché à nous comme un petit chien perdu (pourtant musclé et assez beau, mais aussi agaçant) – il cherchait apparemment à se faire payer des boissons par nous. Il y avait du monde, quelques connaissances, de beaux visiteurs de Berlin et de Los-Angeles.

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En sortant je prends une photo de l'entrée

J’ai dit bonsoir à l’ami galeriste vers 1 heure et comme il faisait très doux, je suis rentré chez moi à pied.

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Les phares de taxi dans la 6e avenue

septembre 14, 2007

Salus (pars secunda)

L’amie marchande de tableaux est sortie hier des soins intensifs et a été placée dans une chambre « normale » qui se trouve dans le même étage (le cinquième) mais un peu plus au nord, et sans vue sur le fleuve de l’Est et l’île de Roosevelt. On est en période de pause convalescente où l’on ne prévoit pas d’interventions médicales. La pression sanguine remonte, mais lentement. Les leucocytes baissent. Elle n’est attachée qu’à une seule perfusion, celle de l’antibiotique, ce qui veut dire qu’elle peut quitter son lit et marcher un peu dans les couloirs de l’hôpital. Ses parents sont venus du Colorado.

Le discours hier soir de Bush n’a rien changé, comme prévu. Le public américain est contre la guerre, mais d’une façon assez molle, c’est vrai, et je pense qu’il va falloir un désastre important (ou, pour faire plus moderne, télégénique) genre Têt 1968 ou Beyrouth 1983 avant qu’il n’insiste sur une résolution définitive de cette intervention insensée. Donc, encore des morts inutiles.

La crise bancaire se manifeste en Angleterre maintenant – et j’avoue que j’adore le nom de cette banque en crise : Northern Rock.

septembre 11, 2007

Salus

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L'entrée principale à l'hôpital New-York-Presbyterian Weill Cornell dans la 68e rue

Excusez-moi mon absence récente sur ce carnet – en plus de ma paresse usuelle, il y a eu des histoires de santé avec l’amie marchande de tableaux, sa grande amie m’ayant demandé hier à cinq heures et demie de l’après-midi de passer d’abord chez l’amie marchande de tableaux (j’ai des clés) prendre quelques objets personnels et de venir ensuite aux urgences de l’hôpital New-York dans la 68e rue est après que le médecin de l’amie marchande de tableaux lui ait demandé de se rendre aux urgences à cause d’une infection due à l’endoprothèse qu’elle porte.

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Dans la salle d'attente aux urgences dites « ambulatoires »

On est resté aux urgences jusqu’à 4 heures du matin, lorsqu’on nous a transférés à une chambre dans la section soins intensifs, où elle doit rester quelques jours pour combattre l’infection qui fait baisser (on croit) sa pression sanguine.

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Entre les rideaux dans le box de l'amie marchande de tableaux aux urgences, où il y avait du monde – « on est toujours très occupé les lundis » on nous a expliqué

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De drôles de chaussures dans le box d'à côté

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Un peu de ce qu'on fout dans les bras de l'amie marchande de tableaux

Rayons X avec une machine portable, prises de sang répétées, transfusions sanguines et salines (réhydration), tomographies prévues et puis annulées, de jeunes médecins plus sympas que l’on n’aurait cru aux noms de Saint-George, de Sattler, de Hilfgott, et de Gao. Je repasse aujourd’hui.

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L'amie marchande s'amusait hier soir à construire des « assemblages » avec les débris médicaux sur son lit taché de sang et de bile – ah, il faut s'amuser comme on peut

septembre 06, 2007

Reditus

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Vue touristique de la tour One Penn Plaza

Bon, c’est la rentrée officielle depuis mardi mais le copain et moi, nous avons écourté notre dernier ouiquende de l’été pour des raisons de travail. Tout s’est passé agréablement à Pierreville, à part une brouille idiote en y allant (causée par le copain) au sujet de ma façon de conduire qu’il a qualifiée d’agressive sur l’autoroute, comme toujours bondée de touristes – j’ai tendance, il est vrai, à gueuler très fort à propos de conducteurs qui conduisent trop lentement ou trop bêtement (« Oh la, j’ai peur, on roule trop vite, il y a trop de poids lourds, c’est pourquoi je dois bloquer la voie de gauche pendant des milles, tout en bavardant au portable ») et le copain m’accuse de souffrir de la rage au volant naissante quand je clignote mes feux derrière un traînard dans la voie dite rapide – mais bon il fait du bien quelquefois de ne pas se parler pendant une journée entière, on accumule des choses à se dire plus tard.

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Vue du bâtiment de l'État-Empire à partir de la 33e rue ouest et la 8e avenue

On est allé d’abord samedi soir à un cocktail des plus wasps, c’est-à-dire un peu négligent, sans barman ni serveur, avec en amuse-gueule des chips et des coquilles St-Jacques cuites au four et enveloppées dans des tranches de bacon (oui, c’est tout à fait sorti des années 50), et des alcools exclusivement bas de gamme – tout cet Ancien Régime de « bonnes familles » discrètes et de mœurs surannées qui a précédé l’actuelle Oligarchie de l’Argent, où il faut surtout faire voir sa richesse en s’offrant une maison de campagne gigantesque sur une plage des Hamptons (ou, en l’occurrence, de L’île à l’abri, juste au nord des Hamptons), des soirées à 10 millions de dollars, et une consommation constante des derniers jouets à la mode (des Maybach, par exemple, ou un Gulfstream G550 qui ne coûte qu’environ 59,9 $ millions.)

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La ligne des toits à Pierreville, depuis une terrasse

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On est plutôt pauve à Pierreville – cet appartement est en vente pour seulement $ 1,5 million

Ensuite on est allé dîner chez l’amie écrivain en compagnie de son fils, sa belle-fille, et un couple de diplomates retraités – le mari a choqué la tablée en excusant l’argument de « guerre préemptive » offert si souvent par les Bushistes et qui justifierait une attaque éventuelle contre l’Iran, éventualité dont on parle, encore une fois, de plus en plus ces derniers jours (ici, ici et ici, pour ne citer que ces exemples particulièrement bien écrits et bien raisonnés).

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Étranges couleurs illuminent la tour du Bâtiment de l'État-Empire

On a beaucoup parlé de l’anti-américanisme européen (la belle-fille charmante avait vu l’émission « The Anti-Americans » à la télé la semaine précédente, dont j’avais moi-même regardé une bonne partie) – moi, j’avais trouvé que les réalisateurs avaient leurs partis pris (et très simplistes) à propos des « résultats » de cette « investigation », et j’ai remarqué qu’ayant passé tout récemment plusieurs semaines en Italie et en France cet été, je n’avais pas ressenti un soupçon d’anti-américanisme primaire – on nous savait Américains, bien sûr, dans les restaurants et dans les magasins (on ne parlait pas italien et le copain et nos hôtes américains ne parlaient qu’un français basique à Vence), mais on s’est toujours comporté comme des visiteurs corrects, pas hurlants, pas difficiles, pas impossibles, et les Français et les Italiens nous ont traités de même, tout poliment et souvent avec beaucoup d’humour. Les Européens comprennent très bien que tout le pays n’est pas fier de Bush, on n’a pas tous voté pour lui et l’on n’aime pas du tout ce qu’il fait ou fait faire dans le monde.

Dimanche soir on a dîné chez un inventeur réussi et sa femme, avec un avocat homo (son partenaire se trouvait à Tucson, dans l’Arizona), un autre avocat et sa femme psychothérapeute qui habitent New-York et qui venaient à Pierreville de Berlin où ils avaient passés quelques semaines. Un rassemblement de personnes intéressantes qui m’a beaucoup plu – on parlait politique, politique de musée (la femme avait fait partie pendant des années du conseil d’administration pour un grand musée de Hartford), politique de marché, la crise financière chez les prêteurs d’hypothèques à risque, etc.

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La gare de Stamford

Lundi matin on s’est levé assez tôt pour nous mettre en route – moi j’allais être déposé à la gare de Stamford pour prendre le train de banlieue à destination de New-York, tandis que le copain allait continuer sa route vers le Nouveau-Jersey, où des clients-amis ont décidé de resituer, dans un petit village de banlieue, leur commerce d’importation et de distribution de meubles fabriqués en Chine. Le Nouveau-Jersey, vous vous en douterez déjà, c’est « cheap » (loyers moins chers, moins d'impôts), c’est la grande raison pour laquelle on s’y installe. Le copain a dû reconfigurer tout le système informatique dans le nouveau local (mises à jour de logiciels, serveur, imprimantes, scanneurs, etc).

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Dans le hall de la Gare Grande Centrale

Mardi après-midi je suis passé chez l’amie marchande de tableaux pour qui on a établi une sorte de système de visites d’amis depuis le départ de son frère et de ses parents. Elle avait eu des histoires désagréables (et pénibles) avec l’orifice d’évacuation de bile et elle avait donc pris un rendez-vous avec son médecin pour le lendemain à 7 heures du matin – j’ai insisté à l’accompagner, elle a protesté, mais tant pis. Ce soir-là on est allé voir Death at a Funeral (l’actrice Jacqueline Bisset était assise à côté de nous !) du réalisateur Frank Oz, Anglais très drôle à mon avis. C'est une plaisanterie cinématique très anglaise et assez marrant, en fin de compte.

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La pelouse bien verte mais tout à fait artificielle du quai réaménagé de la rue Charles

Mercredi matin j’ai rejoint l’amie marchande de tableaux pour aller à l’hôpital, qui se trouve à la 168e rue ouest, donc presque tout à fait « en haut » de l’île de Manhattan.

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La rue Christopher à 6 h 20 – peu de circulation

Ça a pris des heures, il fait super froid dans cette section puisqu’il faut garder toutes les machines à une basse température, il y avait avec moi des gens qui parlaient une langue indienne et un dialecte chinois – et qui parlaient sans arrêt, entre eux, dans leurs portables, à eux-mêmes. Agaçant à la longue, surtout quand on ne comprend rien.

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Un dirigeable flotte au-dessus de Manhattan – il y a, c'est bien vrai, plein d'aéronefs divers qui traversent à tout moment le ciel new-yorkais et ils font pas mal de bruit

Toute droguée, l’amie marchande de tableaux a été transférée à la salle de repos où elle a dû rester pendant plusieurs heures (moi, je pouvais y entrer et partir quand je voulais mais je voulais la laisser tranquille.) On est enfin rentré chez elle où elle s’est écroulée sur son lit pour se reposer après cette intervention après tout assez grande. Vers sept heures du soir, le copain et moi, nous sommes allés la voir chez elle, où l’on a commandé du thaï qu’on a mangé ensemble. De retour chez nous, on a regardé le film de Lindsay Anderson If… et je me suis souvenu de mon coup de cœur pour l’acteur Richard Warwick, qui a joué le rôle du beau Wallace (il est à gauche dans le groupe des trois élèves « indisciplinés » dans ce clip). Et la scène d’amour entre le jeune et blond Phillips et Wallace le beau gymnaste est toujours aussi émouvant.