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novembre 30, 2007

De musica teutonibusque

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Autrefois je me soignais l'âme dans les endroits suspects, aujourd'hui c'est plutôt dans les librairies d'occasion – ici, on est au Strand, dans la succursale de la rue Fulton

De longues soirées passées à suer à grosses gouttes et torse nu dans de petites et vastes discothèques à travers Manhattan et ailleurs confirment un faible personnel chez moi pour la musique de danse, qu’elle soit soul, Motown, disco, house, trance, techno. (Ne vous inquiétez pas : par complaisance pour les jeunes d’aujourd’hui, et aussi par considération de leurs sensibilités extrêmement délicates, car pour eux, voir un vieillard s’agiter au rythme d’un petit air mixé de Technoboy serait une immondice à peine imaginable, je ne danse plus en public.) Mais hier, une petite recherche sur Internet m’a déposé devant cette vidéo touchante de la chute du mur de Berlin, en 1989, dont la bande sonore était une chanson allemande que je n’avais jamais entendue. Elle s’appelle « Wir sind wir » et après l’avoir googlée, j’ai trouvé le clip de la chanson même, du dJ allemand Paul van Dyk (dont j’avais déjà le disque compact Politics of Dancing de 2001), et je l'ai trouvée une sorte de « I am what I am » pour le peuple allemand en entier. Voici un extrait des paroles qui m’ont tout de suite frappé :

« Doch bleiben viele Fenster leer,
Für viele gab es keine Wiederkehr.
Und über das, was grad noch war,
Spricht man heute lieber gar nicht mehr.

Doch ich frag, ich frag mich wer wir sind. »

Et voici la courte vidéo bien douce amère de l’histoire récente de l’Allemagne, ce pays si compliqué dont le passé reste toujours si lourd. (Pas moyen, naturellement, d’acheter la chanson sur iTunes USA.)

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Autrefois station-service, maintenant chantier où s'élévera sans doute encore un immeuble sans distinction, comme celui qu'on voit sur la droite

Le brassage des cultures : Le film Le Scaphandre et le papillon de l’ex-peintre Julian Schnabel du roman français de Jean-Dominique Bauby, qui sort aujourd’hui ici à New-York et à Los-Angeles, fait l’objet ce matin d’une critique élogieuse dans le Times – contre l’opposition des producteurs, Schnabel l’a filmé en français, ce qui l’a obligé à l’apprendre, et le scénario a été écrit en français par l’acteur et écrivain de théâtre et de cinéma britannique Ronald Harwood, lui-même d’origine sud-africaine.

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Vestiaires mobiles des vedettes d'un film qu'on tourne dans la 23e rue ouest – je ne sais pas s'il s'agit en fait de la « vraie » Lucy (ou de son personnage) ou si seulement cela veut dire la vedette féminine du film

On est allé très tôt ce matin au magasin Apple de la 5e avenue pour essayer de régler un ‘tit problème de carte AirPort dans mon portable – déjà du monde à huit heures. On va me la remplacer, la carte AirPort, mercredi prochain. (Qu’ils sont beaux, les iMac 24 pouces !)

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Le chantier de l'hôtel Standard

novembre 26, 2007

Osculum

Hier soir, de retour à New-York, on avait invité les amis parisiens, de passage à New-York pour la fête de l’Action de grâce, de dîner avec nous au restaurant italien branché Morandi, tout près de chez nous. On s’est habitué au service professionnel et à l’ambiance confortable du restaurant Sant Ambrœus, où l’on connaît les serveurs et le maître d’hôtel, mais à Morandi, qui fait partie du groupe restaurateur de Keith McNally, propriétaire de Balthazar et de Pastis, on était des inconnus. On nous a fait asseoir à une table dans un endroit plutôt médiocre. J’ai choisi un vin rouge italien un peu acide, mon « fritto misto » était bon, mais la lasagne « maison » était gluante, lourde et grasse. On s’est tout de même bien amusé – l’un des deux reste à New-York pour se faire traiter une racine dentaire, tandis que l’autre rentre en France mercredi soir. Ils nous ont raconté une histoire compliqué d’un employé qui ne vient plus au boulot depuis plus d’un mois – il habite avec une nouvelle petite amie (il est beau) et donc ils n’arrivent pas à lui faire parvenir une lettre recommandée puisqu’il n’a plus de domicile fixe. Il n’est plus payé, mais ils doivent toujours, je crois, verser quelques cotisations – ce qui irrite l’Américain, pour qui un ex-employé n’a plus le droit d’être payé. Chez nous, on a vu l’épisode de Torchwood dans lequel Jack Harkness se trouve devant l’original capitaine d’aviation et ils tombent amoureux l’un de l’autre la veille de la mort de l’aviateur dans un accident. Quel beau baiser !

On s’amuse à découvrir si le sénateur républicain Trent Lott, qui vient d’annoncer sa retraite, n’a pas eu des « rapports » avec ce jeune homme ? Ah, ces hommes politiques républicains, ils sont de plus en plus drôles.

novembre 25, 2007

De familiis

On a finalement quitté New-York vers cinq heures et demie de l’après-midi – il n’y avait pas trop de circulation sur l’autoroute du Côté ouest et l’on a continué vers le nord, tout droit, sur l’autoroute du Fleuve de la Scierie (c’est joli comme nom, n’est-ce pas ?) – on l’appelle « la Scierie » tout court quand on en parle à la radio et c’est souvent inondé lors des orages – qui se transforme de nature, comme l’hostie pendant la messe, en autoroute Taconique, qu’on a prise jusqu’à la sortie pour le village du Ruisseau du Moulin, village connu pour l’équitation et les grandes fermes élégantes, qu’on a traversé en continuant vers le nord-est. Un brouillard assez épais sur ces routes de campagne noires et tournoyantes nous a fait procéder bien doucement, mais enfin on est arrivé à Sharon (ayant loupé le tournant correct la première fois – il fait très noir à la campagne !). Les parents nous ont accueillis avec des verres de champagne, qu’on a vite bus avant d’aller manger dans un restaurant « juste à côté » – c’est-à-dire à 18 km de chez eux (c’est ça, la campagne, il faut rouler, rouler, rouler !). Le restaurant était bondé – il y avait surtout des vieux et des jeunes, ces jeunes étant rentrés chez eux ou chez leurs grands-parents de leurs universités ailleurs pour l’Action de grâce. Une grande tablée de six homos, aussi, tous dans la fin de la trentaine ou dans la quarantaine et tous habillés en faux-laboureur un rien Prada-esque (« Mais j’ai trouvé cette faucille chez Smith & Hawken, elle est fantastique, tu ne trouves pas ? Et quand je m’en sers dans le jardin, mon lapin me dit que j’ai l’air romantique et petite frappe à la fois ») – il y a plein de couples homos ou lesbiens qui habitent dans la région et l’on sait bien comment ils font monter les prix des propriétés. On a donc regardé la faune excitée autour de nous en nous désaltérant avec du muscadet bien frais.

Le matin de l’Action de grâce il nous a fallu (on n’est pas prévoyant, c’est sûr) acheter quelques dernières denrées dans le petit supermarché charmant du village de Salisbury, qui était ouvert jusqu’à une heure de l’après-midi. De retour à Sharon, on a commencé à cuire la dinde énorme (de 20,42 livres !) – six heures et demie ayant été choisies pour l’heure du grand repas. On a ensuite cuit les ignames (ou patates douces – que je déteste) et préparé la farce, qu’on ne met plus dans le ventre de la bête mais qu’on cuit à part dans une casserole.

Le frère, la belle-sœur et la nièce du copain, qui a dix ans, et leur chien sont arrivés de Boston – la nièce était folle furieuse qu’il n’y avait pas d’accès Internet à haut débit (« I hate this place, it’s stupid, stupid, stupid, stupid, etc » en donnant des coups de pieds à une chaise de jardin métallique.) L’oncle du copain, le monsignor, est arrivé avec sa petite chienne diabolique qu’on a tout de suite enfermée dans une chambre au premier. Bon, on a dressé la table (il y aura des photos, j’ai oublié mon appareil à Manhattan mais le copain en a pris avec son mobile). Il y a eu « une certaine tension » dans la cuisine lors de l’arrivée du moment de servir la dinde entre le père, un long couteau à découper à la main, et la belle-mère, mais je les ai tous les deux chassés de la cuisine et, prenant le couteau, je me suis attaqué à la bête – je ne suis pas bon découpeur, c’est un art de troglodyte que je n’ai jamais appris, mais j’ai quand même évité un meurtre domestique. La nièce a fait une petite scène (elle déteste la sauce aux canneberges, n’en voulant pas même une seule gouttelette rougeâtre sur son assiette !) mais on s’est enfin calmé et on a pu manger tranquillement, jusqu’aux fromages (qu’on avait apportés avec nous de New-York – époisses, brie, comté français, et chèvre) quand les voix se sont de nouveau levées pour discuter sur des points de parentage tout à fait obscurs, jusqu’à un accès de fièvre causé, avec une malice assez drôle, par la belle-mère qui a posé la simple question : « N’était-elle pas la maîtresse de ton grand-père ? » Ah la la, les cris d’alarme, les dénis, les questions !!! C’était une bande de macaques ivrognes qui se disputaient la primauté de leurs souvenirs de famille par celui qui crierait le plus fort ! Pour moi, étant orphelin et donc plutôt hors de combat dans ce genre de combat, il ne me restait qu’à poser à haute voix, et par intervalles choisis, entre gorgées de pouilly-fuissé, « Dites-moi, c’était qui, la maîtresse ? », ce qui les poussait tous à exhausser encore leurs cris. Un dîner de famille comme il y en a partout, quoi.

Vendredi le copain, son père et moi, nous sommes allé très tôt chercher un modem chez Comcast dans le village ouvrier de Canaan, on a trouvé un routeur sans-fil chez Radio Shack et voilà, une heure plus tard on a eu Internet à haut débit à la maison, au bonheur de la nièce, qui s’est mise à jouer Webkinz, son jeu Internet favori.

Dans l’après-midi on est allé faire un peu d’exercice dans un petit gymnase qui se trouve dans le village prolétaro-chic de Millerton, juste au-delà de la frontière new-yorkaise. On a dû acheter des vêtements de sport au magasin de vêtements Sapersteins – d’un chic « réel » avec des vêtements qu’on n’a plus vus depuis des décennies, comme, par exemple, ce qu’on appelle un « union suit » – costume de syndicat – une sorte de sous-vêtement ancien créé en 1868 !

Le vendredi soir on a fait une sorte de ragoût de dinde qu’on a mangé avec du pain « toscan ». Samedi le copain et moi, nous sommes partis pour Pierreville, un assez long trajet qui nous a amenés à travers le comté de Litchfield jusqu’à la ville de Middleton, où l’on a déjeuné dans un « diner » tout à fait bizarre, avant de repartir pour notre petit bout de Connecticut. Là, on a confirmé nos plans pour le dîner avec l’amie écrivain, l’ex-maire de Pierreville, et l’amie partenaire en course et son mari – une soirée agréable entre amis.

On rentre cet après-midi pour New-York, où nous allons voir nos amis parisiens de passage aux USA pour la fête. Et puis, la semaine prochaine, ce sera une semaine de jeûne !

novembre 21, 2007

Cras gratias agimus

Aujourd’hui c’est le grand exode pour la fête nationale de l’Action de grâce – le copain et moi, nous quitterons Manhattan dans l'après-midi pour prendre la belle mais angoissante autoroute Taconic, construite entre 1927 et 1963, aussi obsolète que pittoresque, où l’on roule souvent à 135k/h sur une route conçue pour une vitesse maximale de 60k/h. Sans parler des cerfs qui broutent calmement sur les bords avant de sauter sans préavis devant les voitures passantes. De la Taconic on prendra ensuite la petite route de campagne (officiellement la Nationale 44) en direction de l’encore plus petite route d’État 343, qui nous mènera à Sharon, dans le Connecticut, où les parents du copain ont leur maison.

Le copain est allé hier soir voir Beowulf avec l’ami bangladeshi avec qui on va à Londres en décembre – c’est la première fois qu’il quitte les États-Unis depuis son arrivée ici, avec sa mère, à l’âge de 7 ans, tout cela à cause d’une longue complication à propos de ses papiers (sa mère, par exemple, est Américaine depuis des décennies, son petit frère aussi, mais pas lui) qui se résout peu à peu, un peu bizarrement, j’en conviens, mais on lui permet maintenant de voyager à l’étranger (on lui a donné des documents de résident non-citoyen je-ne-sais-plus-quoi temporaires avec lesquels il a pu obtenir un visa britannique).

Qu’est-ce qu’il faut faire ou voir à Londres ? Une amie productrice de films m’a dit qu’elle avait aimé la comédie « The 39 Steps », adaptation du film célèbre d’Hitchcock. De toute façon, puisque c’est la première fois que l’ami bangladeshi vienne à Londres, on va se faire très touriste, en faisant le tour des grands musées et des sites historiques. Et après cela, qui sait ?

Bonne action de grâce à toutes et à tous (une fois on a préparé une dinde et tout le repas dans un appartement extraordinaire dans l'Île Saint-Louis – difficile à trouver des canneberges pour en faire une bonne sauce, mais finalement, chez l'ancien Fauchon ... )

novembre 19, 2007

Tarditas

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La fausse pluie cinématique – en vérité, c'était pas mal !

L’Internet ici est très lent aujourd’hui, ce qui serait la faute, d’après le copain qui s’y connaît, de notre « fournisseur », la société Time-Warner, par sa succursale Roadrunner. Je sais quand on va au ralenti parce que, au Connecticut, où notre fournisseur d’accès Internet est la société Comcast, elle aussi de taille énorme (la Time-Warner vaut presque 98 milliards de dollars, et la Comcast vaut 89,22 milliards), c’est par contre toujours très rapide, très « peppy » comme on dit – « vif » et « plein d’entrain ». Il faut surtout pouvoir expliquer le problème d'une façon claire – notre segment est trop plein, par exemple.

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Une heure plus tard, c'était Noël (notez les sapins de Noël dans les fenêtres

Puisqu’on tournait vendredi le film Sex and the City : The Movie dans la rue Perry jusqu’au soir, il nous a fallu porter les sacs et le linge sale (des chemises qui en principe ne se repassent pas que le copain voulait laver à la campagne) comme des SDF pathétiques (on nous regardait quitter notre position privilégiée devant le tournage comme si nous étions des arriérés) jusqu’à la rue Hudson, où l’on a pris un taxi pour nous rendre au garage avec tous nos impedimenta.

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On s'assemble au yacht-club pour l'anniversaire

Samedi midi on est allé chercher l’amie du copain avec qui on allait fêter son 90e anniversaire à un déjeuner au yacht-club. Là on a rejoint huit autres convives, dont un Hollandais assez rasoir et une vieille princesse napolitaine mariée depuis des décennies à un Néo-Anglais dont la famille est venue au Massachusetts de l’Angleterre en 1629 avant de s’installer au Connecticut en 1649. Elle était assise à ma droite et je l’ai taquinée sur Berlusconi, qu’elle aime bien, lui disant qu’il sera bientôt « nella prigione » – elle a répondu avec un petit geste de main et un sourire – et puis on a parlé de l’éducation des enfants – elle a deux petits-fils « naturels » qui habitent son fils et sa copine à Beverly-Hills, et c’est moins la bâtardise qui l’exaspère que la manière dans laquelle on les élève – « Mais, ce n’est pas possible, on leur demande ce qu’ils voudraient manger pour le petit déjeuner – chez nous on mettait une assiette devant chaque enfant et c’était ça qu’on avait à manger ! »

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La « birthday girl »

Le soir on est allé dîner avec des amis dont le mari s’amuse beaucoup à spéculer en bourse, ce à quoi il réussit très bien, en plus.

Le dimanche, j’ai d’abord bavardé avec l’amie écrivain, rentrée chez elle de l’hôpital où elle est allée passer quelques jours à cause d’une irrégularité cardiaque. « Je mange trop de sel » elle m’explique, et je ris car c’est vrai. Mais à part cela, elle va plutôt bien. Vers midi on a la visite de l’ancienne aide-soignante de ma mère, morte il y a deux ans – elle est charmante. Elle nous raconte son dernier divorce, le retour chez elle de sa fille avec son fils,ce qu’elle compte faire pour gagner plus d’argent, puisqu’il faut s’occuper toute seule du prêt hypothécaire de sa maison.

On est rentré à Manhattan l’après-midi – tout est gris et terne. On a ramené avec nous deux caisses de vin, dont l’une de bordeaux et l’autre de pouilly-fuissé, qu’on va offrir aux parents du copain qui nous ont invités pour le repas de l’Action de grâce, chez eux au Connecticut, à Sharon, village tout pittoresque dans lequel habite le peintre Jasper Johns. Le frère du copain, sa femme et leur fille arrivent de Boston pour y passer tout le week-end, ce qui embête la belle-mère du copain, qui apprécie peu les séjours prolongés. Nous, nous irons à Pierreville samedi matin.

novembre 18, 2007

Video

Merci à l'excellent Down with Tyranny.

novembre 16, 2007

Nullius momenti

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Un peu de couleur d'automne dans la 11e rue ouest, dans le Village

Le bruit d’une grande grue de tournage chasse le calme matinal de la petite rue Perry – on est encore en train de tourner un film « projet pas encore nommé » chez nous. Les propriétaires de la maison juste en face doivent toucher des sommes fantastiques pour la location de leur demeure – pour nous, pas contre, qui habitons la même rue qu’eux, on n’a que l’inconvénient de passage bloqué, de bruits d’hommes et de machines incessants – j’avais fait un petit triage de livres que j’allais déposer dans l’entrepôt à la campagne, mais on ne va pas pouvoir passer devant l’appartement ce soir pour les mettre dans le coffre. (On est en train de répéter une scène de pluie, ce qui a fait partir beaucoup des spectateurs.)

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L'action de grâce ne vendant plus, il faut aller directement au Noël pour les thèmes de vitrine – voici celle, plutôt agréable à mon avis, de la boutique Marc Jacobs dans la rue Bleecker

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La scène au théâtre – la lecture m'a un peu déçu

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Il était quand même agréable d'écouter des extraits du CD « Best of Brigitte Bardot » (dont les super tubes « Je me donne à qui me plaît » et « Tu veux ou tu veux pas » ) – voici le technicien son bénévole

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Le dimanche soir ce club hétéro devient gai et l'ami galeriste et le copain ont tous les deux goûté aux plaisirs des danses contact homos - c'est vrai qu'il était bien mignon, Ivan ; )

On est allé à Chelsea hier soir pour deux vernissages d’expositions d’artistes amis. Ensuite, chez nous, on a regardé le débat démocrate présidentiel – Obama nous a déçus, Hilary était toujours très posée dans ses réponses souvent évasives, Edwards avait l’air énervé, Dodd et Biden ont répondu avec intelligence (mais ils n’ont aucun charisme TV), et l’elfe Kucinich a fait des pauses bizarres avant de répondre avec pertinence aux questions posées. Le public américain aimant toujours ce qu’on lui présente de plus fade, de plus benoît, de plus familier tout en faisant semblant d’être en quelque sorte différent (femme, noir), le candidat démocrate sera sans doute Hillary ou Obama.

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À l'un des vernissages d'hier soir à Chelsea

novembre 10, 2007

Parva indicia Galliæ Nove Eboraci

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Pas de fumée dans la 43e rue ouest – et plus de spectacles, non plus, depuis qu'on est en grève à partir de midi aujourd'hui

C’était marrant, j'ai découvert hier sur la une du Monde qu’il y avait eu un incendie assez important à West New York (endroit connu de personne ici) et que « des nuages de fumée noire et des flammes étaient visibles de New York, sur la rive opposée du fleuve Hudson » tandis qu’ici on n’en parlait même pas, ni au site du Times ni sur NYI. Ah, la mondialisation des infos !

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Des musiciens euro-américains à Birdland dans la 44e rue ouest

Agréable de lire dans le Monde cet article sur les carnets politiques en France depuis l’élection de M. Sarkozy, avec une jolie photo de Nicolas Vanbremeersch (Versac) qu’on a ensuite retirée du site (ou que je ne trouve plus, en tout cas).

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Le guitariste mignon de Philadelphie

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On applaudit à la fin du spectacle

Ce billet chez Embruns m’a dégoûté sans pourtant trop me surprendre – ici aux États-Unis on vit depuis des années dans une ambiance d’incertitude à propos de nos « droits » vis-à-vis des « responsables de la sécurité » qui, depuis 2001, pullulent dans les lieux publics. C’est dans l’air du temps, comme on voit dans le cas du projet de loi proposé par Bush et Cie pour protéger les sociétés de télécommunications qui ont illégalement donné des infos personnelles aux agences fédérales sans autorisation légale – parce que Bush leur avait demandé de les lui donner, et quand le « président » le demande, c’est automatiquement légal – ce qui n’est, évidemment, pas vrai du tout, mais qu’importe ! puisque « 9/11 » a tout changé, y compris nos droits en tant que citoyens de ne pas être embêté par n’importe quel sous-fifre qui chercherait à se faire voir en « protégeant la patrie ». C’est le même phénomène qui nous interdit de critiquer nos « héros » militaires, sapeurs-pompiers, flics et tout le reste (en dépit de ce qui s’est passé à Haditha en Irak, ou au World Trade Center après les attaques, quand « on » a pillé les boutiques de luxe du passage souterrain). Il y a des vérités qui ne se disent pas.

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Cette femme asiatique ramasse des fruits de ginkgo dans le parc Sheridan, à côté de la rue Christopher

On s’est bien amusé à Birdland jeudi soir – c’est toujours un plaisir d’écouter et de voir en direct de bons musiciens – et le festival Django Reinhardt a fait salle comble. On a commencé le spectacle en français, un petit mot de bienvenue de la part d’un des guitaristes, suivi d’un petit discours plus détaillé en anglais à l’accent français par l’accordéoniste, qui habite Paris. On a accueilli un jeune guitariste de Philadelphie, ainsi que le petit-fils de M. Reinhardt lui-même. De l’amitié franco-américaine partout.

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La façade un rien « repoussant » d'une maison particulière dans le Village, tout près du Quartier des bouchers en gros

Vendredi j’ai finalement réussi à m’asseoir devant l’ordinateur afin de resserrer le texte de la pièce qu’on va réciter – j’ai converti le tout en PDF et l’ai envoyé à la metteuse en scène, qui m’a dit qu’elle était très contente des révisions.

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Les pavés du début de la 9e avenue

Ce matin, le copain a voulu mettre à niveau mon ordinateur – on a donc procédé à l’installation de Leopard, qui s’est bien passé (on avait pourtant déposé toutes mes données et mes applications sur un disque dur extérieur, au cas où…). On a ensuite fait une petite promenade vers Chelsea, où j’avais à ramasser un dessin que j’avais acheté – un crayon sur papier – une scène de New-York frappé de verglas, avec de grosses taches de crayon grises mêlées aux bâtiments finement dessinés.

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Le grand trou de la 19e rue ouest dans lequel on prépare la fondation du nouvel immeuble résidentiel créé par Jean Nouvel

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Le panneau pour l'immeuble bloque la vue d'une peinture murale de Knox Martin, ce qui irrite un peu quelques artistes

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La « peau » de l'immeuble de Gehry dans la 19e rue ouest, juste en face du nouveau bâtiment de Nouvel

Ce soir on va à la Nouvelle-Rochelle, où l’on va dîner avec l’ami péruvien et l’ami ex-Marine, qui habitent là tous les deux, mais qui ne se connaissent qu’à peine. On va prendre le train de banlieue.

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Sic transit gloria mundi – voici l'emplacement de l'ancien bar pédé « cuir » The Spike, transformé pour un certain temps en galerie du même nom, et maintenant devenue une nouvelle galerie pas du tout classe

Côté lecture – je viens de terminer les excellentes Lettres choisies d’Oscar Wilde et j’ai commencé, à partir d’hier soir, les Mémoires de Casanova, qui aurait été, à l’époque actuelle, carnetier de histoiredemavie.blogspot.com, je crois.

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Une façade un peu amusante dans la 23e rue ouest

Ce soir c'est la grève sur Broadway (sauf pour quelques spectacles qui ont signé des contrats particuliers) — et je note avec un certain plaisir que Young Frankenstein n'a pas reçu une critiques des plus lounageuses de la part des médias new-yorkais, sauf dans le Post.

novembre 08, 2007

Agenda

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L'Osborne, célèbre immeuble résidentiel dans la 57e rue ouest

Lundi matin je suis allé chercher un petit cadeau d’anniversaire chez Tiffany, inondé de marathoniens et de leurs familles qui cherchaient des souvenirs de New-York pour rapporter chez eux – de minces jeunes hommes en jogging et en chaussures de course accompagnés de leurs femmes qui sortaient des masses de billets de cent dollars de leurs sacs bananes pour payer leurs bracelets en argent massif.

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Dans la 57e rue ouest, vers l'est

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La Tour Métropolitaine, gratte-ciel résidentiel dans la 57e rue ouest

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L'entrée principale chez Tiffany dans la 5ième avenue

On entendait des accents anglais qu’on n’entend pas souvent à la télé (sauf dans http://www.footballerswives.tv/ Les femmes de footballeurs), de l’italien, de l’espagnol. Les vendeurs étaient submergés ! Ah, les bienfaits du dollar faible sur l’économie new-yorkaise.

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Au 3e étage (bijouterie en argent) chez Tiffany

Ma mission achevée et habillé comme j’étais en clodo ado – c’est-à-dire baskets, pantalons Levi’s velours rayé marron très années 70, t-shirt noir, sweat à capuchon noir H&M, bonnet rayé A&F d’il y a dix ans – je me suis amusé à passer dans la grande et terrorisante, par son austérité et aussi par l’énorme bonhomme noir en costume noir qui ouvre la porte, boutique Bottega Veneta dans la 5ème avenue – c’est vraiment comme ça que je m’habillerais si j’étais nonne aristocrate taille zéro qui ne pense qu’à des choses super profondes, comme le néant de l’existence – à côté, Giorgio Armani, ce n’est que la fête superficielle, et http://www.ungaro.com/Ungaro devient impensable.

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On descend la 5ième avenue

J’étais quand même un peu étonné par la queue qu’on faisait devant l’entrée du magasin A&F, où la clientèle est accueillie par de beaux jeunes gens torse nu, payés 12 $ l’heure, selon l’ami galeriste, qui est toujours au courant de ce genre d'infos.

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La queue devant l'entrée au magasin A & F

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Le train V me fait peur – je ne sais pas vraiment où il va

Lundi après-midi on est allé en voiture au comté de Fairfield, à la ville de Stamford, pour assister à la première lecture publique de ma petite pièce – des amis nous avaient invités à dîner avant le « spectacle » au Roger Sherman Inn, une auberge élégante à la Nouvelle-Canaan, village chic à deux pas de Stamford.

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L'auberge Roger Sherman

Moi, j’étais trop nerveux pour rester assis à manger et à bavarder tout calmement, j’ai donc quitté les amis pour me rendre tôt au théâtre où j’ai offert mon petit cadeau d’anniversaire et de remerciement à la metteuse en scène.

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Le protagoniste

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Les acteurs répètent leur révérence

La représentation était acceptable – l’acteur principal a du mal à habiter son rôle d’une manière tout à fait convaincante – les autres acteurs sont très bien. La pièce est un petit peu lourde – il faut que je la coupe un peu, de quelques monologues qui font arrêter le mouvement en avant. C’est ce que je ferai, avant la représentation à New-York ce lundi.

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Dans le sous-sol chez Jane, dans la rue Houston Ouest

Mardi on est allé rencontrer des anciens élèves habitant la région new-yorkaise du lycée jésuite du copain à San-Francisco – cette réunion a eu lieu dans un restaurant dans la rue Houston Ouest, Jane, pas très loin de chez nous – là le copain m’a présenté comme son « partenaire » aux autres anciens élèves dont la plupart, de vieux cathos de la banlieue aisée (Greenwich, Rye, etc) touchaient au moins la soixantaine. On n’y est pas resté pour le dîner, mais on a mangé italien dans un petit restaurant agréable mais presque vide dans la rue Macdougal, le Café del Mar, où j’ai pris un plat de rigatoni à la bolognaise pas mauvais du tout pour pas cher.

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Dans la trattoria italienne Café del Mar

Hier j’ai eu le plaisir de déjeuner avec un autre carnetier new-yorkais – celui de Daily Blague – qui m’avait invité au Café d’Alsace dans le Côté oriental supérieur.

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Devant le Café d'Alsace dans la 2e avenue

On a bavardé sur un tas de sujets divers, dont les multiples erreurs que je fais en français, où je crains avoir de temps en temps froissé certains lecteurs sans le vouloir. J’avertis encore une fois tout mon lectorat qui parlerait le français comme langue maternelle : il m’arrive, surtout après une soirée arrosée, de me croire plus spirituel et adroit en français que je ne le suis en fait et je publie, avec un enthousiasme de toute évidence mal placé, des commentaires et des réponses à commentaires qui ne reflètent pas ce je voulais dire – donc, si je parais dans une réponse ou commentaire mal élevé ou tout simplement con, je vous prie de comprendre que je me suis probablement trompé d’usage, car je ne suis pas encore arrivé à ce niveau de francité sur lequel on se félicite d’échanges à caractère personnel gaîment méchants. (Un de ces jours… peut-être.)

Hier on est allé dire bonjour aux parents de l’amie marchande de tableaux, qui s’occupent ici de la disposition des effets personnels de leur fille, y compris tous les tableaux et les dessins qu’elle avait dans l’appartement et dans les deux espaces d’entreposage qu’elle louait. Ce soir, c’est du jazz européen (festival Django Reinhardt) au club Birdland.

novembre 04, 2007

Miscellanea

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L'avenue du Parc Sud, vers le nord

Une fin de semaine assez mouvementée – jeudi soir on est allé à une conférence organisée par un comité bienfaisant dont l’amie partenaire en course et son mari font partie – le conférencier a fait un discours assez ennuyeux sur un livre qu’il vient d’écrire sur l’importance de la nature sur le développement mental des enfants. Après la conférence il a signé des exemplaires de son livre.

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La réception a eu lieu avant la conférence au rez-de-chaussée de la maison de la Scandinavie

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Une réception d'« âmes charitables » new-yorkaises typique

On est allé dîner dans un restaurant marocain Babouche dans la 36e rue est – cuisine très bonne (il y avait plusieurs tables de Français autour de nous), ambiance chaleureuse mais trop, trop de bruit – il nous était très difficile de bavarder. Moi, j’ai pris un tagine d’agneau et l’on a bu du vin rouge libanais de la vallée de la Bekaa. (Château Massaya, je crois.)

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Pas moyen de trouver un taxi dans la 5e avenue (je ne sais pas pourquoi la tour du Bâtiment de l'État-Empire est illuminée en bleu)...

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...on a donc pris un bus, jusqu'à la 8e rue

Samedi matin je suis allé au Connecticut pour assister à la « générale » de la lecture mise en scène de ma pièce. C’est toujours assez curieux d’écouter les paroles qu’on a écrites prononcées par des tiers – curieux et aussi séduisant.

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Juste avant la répétition

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C'est « l'héroïne » de la pièce

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Mes « enfants »

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La famille « dysfonctionnelle »

Samedi soir on avait rendez-vous pour dîner avec l’ami galeriste et deux amis clients à lui au restaurant Il Cantinori – je n’aime pas trop ce restaurant italien trop cher et souvent trop plein de banlieusards bruyants. Chaque table autour de nous a fêté un anniversaire ! On se sentait presque dans un restaurant de chaîne de centre commercial tel Chuck E Cheese ! Cuisine en fin de compte très médiocre.

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Rentrant du diner vers chez nous, on croise ce concert impromptu de chanteurs renaissance à l'angle de la rue Christopher et la rue Bleecker

Aujourd’hui on a regardé sur la télé le début du marathon de New-York – et la victoire de l’Anglaise pour les femmes. J’ai préparé le programme de la lecture (il me manque encore une biographie) – le copain et moi, nous sommes allés manger des sandwiches club dans un « diner » du coin. Le changement d’heure hier matin nous a brisés, on est complètement crevé. Au lit très, très tôt ce soir. On regarde Un Crime dans la tête sur dvd – c’est fou ce qu’elle est méchante, la Lansbury. Extrait de son discours ébahissant à son fils meurtrier vers la fin:

« I shall force someone to take the body away from him and Johnny will really hit those microphones and those cameras with blood all over him, fighting off anyone who tries to help him, defending America even if it means his own death, rallying a nation of television viewers to hysteria, to sweep us up into the White House with powers that will make martial law seem like anarchy. »

novembre 01, 2007

Turpis

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On a quelquefois la sensation curieuse d’être au milieu d’un accident de voiture qui se déroule en toute lenteur, au ralenti – on regarde autour de soi et l’on se rend compte, avec un peu de concentration et d’étonnement, que le véhicule est en train de se renverser et l’on se demande si la ceinture de sécurité va tenir et comment ça va en finir. Les outrages continuent, goutte par goutte, on y est presque insensible, c’est l’érosion des principes, de l’honneur, de la justice, de la liberté. La décence minimale ne semble plus avoir cours chez nous. On n’ose même plus dire qu’on n’approuve pas la torture – et neuf sénateurs républicains vont sans doute détourner leurs regards de cette abomination publique, de cette dénaturation grotesque de tout ce que le pays qu’ils représentent a essayé d’être. L’abaissement continue. Ni Hillary ni Obama n’osent rien dire contre cette décadence, de peur d’irriter, on dirait, quelques électeurs arriérés et moralement déformés d’Iowa ou de Caroline du sud. Giuliani et Rommey en font leurs mots d’ordre.

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Voici une phrase sournoise qui m’a attiré l’attention hier, et qui me semble à propos : « Some people are just on a charter flight to Hell. » Et il n’y a pas que moi qui sois agité. Dans le magazine New York de cette semaine, on trouve cet article intitulé La vue catastrophiste, avec, en sous-titre provocateur, ceci: What would it take to send the U.S. economy—and New York’s—into free fall? A doomsday primer. [NDLR - la bourse de New-York a été en baisse d'au moins 200 points ce matin.]

Je signale avec beaucoup de plaisir le retour d’Eldrakan à la carnétosphère mais je suis tout à fait désolé que ce soit à cause d'une agression homophobe contre lui qu’il a décidé à recommencer à nous faire partager sa vie.

Et félicitations à Laurent pour son ascension récente au rang de Star de la blogosphère française dans le dernier numéro de la revue Match, que j’irai chercher chez mon marchand de journaux indien dans la rue Hudson quand elle apparaîtra sur nos rives. Même si la photo est un peu... heu, intense ; )