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décembre 31, 2007

Felix annus novus

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La place du Temps, où je ne serai pas ce soir

Bon, il faut être sérieux, du moins au début de billet, mais on ne doit pas manquer à lire l’éditorial du Times de ce matin. De cyniques empoisonnés (dont votre très humble et obéissant serviteur) diront que c’est gentil, mais un peu en retard, quand même (je vous recommande les commentaires – malheureusement, à 17 heures, il y en a 417 –, où le mot « impeachment », notion clé dans toutes ces affaires illégales, qui fait si peur aux propriétaires du grand journal, est maintes fois soulevé, de façons aussi précises qu’insolentes, par de nombreux commentateurs, dans des commentaires recommandés par le public lecteur et non pas par les « éditeurs ».

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L'avenue du Parc, très vide le jour de Noël

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C'est ici où l'on a mangé notre déjeuner de Noël

Aujourd’hui j’ai eu le grand plaisir de rencontrer dans la vraie vie l’un des carnetiers parisiens qui m’impressionnent le plus depuis assez longtemps. Il était de passage à New-York pour voir des spectacles – je ne suis pas sûr s’il dort quand il vient, tellement il passe son temps dans les foyers et les salles de théâtre. Il est grand, il est beau, il est infiniment modeste, il a (presque) tout vu à Londres, Paris et New-York, et souvent plusieurs fois.

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On a eu nos apéritifs dans ce grand salon au premier

Ah, vous l’avez sans doute deviné – il s’agit bien sûr de Laurent du carnet Paris-Broadway. Cela me fait honte d’énumérer tout ce qu’il s’est efforcé à faire en seulement quelques jours – opéras, comédies musicales, concerts, pièces de théâtre, films – ce monsieur est super autodiscipliné, cela se voit, mais c’est sa passion pour le théâtre et la musique et pour l’humanité des spectacles, où tout peut mal tourner, qui est le trait le plus frappant.

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L'esprit de Noël véhiculaire dans le Village

Moi, comme d’habitude, j’ai trop blablaté en mangeant tous les deux des œufs brouillés, je le regrette maintenant puisqu’on n’avait qu’un temps assez limité pour se parler – il allait à une séance du film Sweeney Todd que je ne peux pas voir – trop de lames de rasoir, trop de sang, non, non, ce n’est pas possible – avant de rentrer à Paris.

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Une maison décorée de lumières dans le village – je trouve que je préfère à présent des lumières multicolores qu'aux blanches, que beaucoup de gens croient plus chic ; )

Ce soir je prépare des choux de Bruxelles au beurre (le blanc de volaille n’a rien de spécial) le copain et moi, nous les aimons – plusieurs serveurs ont éclaté cet après-midi et il a donc eu une journée très remplie – on reste chez nous pour passer un réveillon bien sage.

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La tour de l'immeuble Hearst contruite par l'architecte britannique Sir Norman Foster

Je souhaite à tout le monde une très Bonne Année 2008 !

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Une autre vue, un peu plus au sud, de la tour Hearst

décembre 27, 2007

De morte atque comœdia

Je ne sais pas quoi penser de l’assassinat de Mme Bhutto – on dit qu’elle a été tuée parce qu’elle était trop proche de Bush. M. Bush avait l’air assez inquiet quand il a fait sa brève déclaration sur la situation. Elle a dû savoir qu’elle était toujours en danger au Pakistan, c’est quand même assez grotesque quand cela arrive finalement.

Le copain m’a donné, en cadeau de bas de Noël, des dvds de la série comique « Little Britain » qu’on a regardée en déballant nos cadeaux du Père Noël (un client a demandé au copain s’il croyait à la naissance de Jésus et le copain lui a répondu en toute sincérité qu’il n’en savait rien de la naissance de Jésus mais il croyait avec ferveur au Père Noël, réponse franche et honnête qui a fait rire le client) – j’adore les personnages de Vicky Pollard et de Daffyd, « le seul homosexuel » du village de Llanddewi Brefi, qui se trouve dans le pays de Galles. Il y a aussi des villages qui s’appellent « Phlegm », « Grope », « Pox », « Dirty Boy » et « Darkly Noon ». On demande aussi où se trouve, au ballet, la « chambre de pipi » (en français dans l’original). On apprend plein de mots nouveaux, par exemple « bitty » et « spacker », qui veulent dire respectivement « lait de sein » et « personne idiote, débile, arriérée ». Il est toujours utile d’étendre son vocabulaire.

décembre 26, 2007

De comitiis

[J’ai envoyé ce billet à une connaissance qui m’avait demandé d’écrire quelque chose de personnel sur la campagne présidentielle américaine. Je ne sais pas si cela va lui intéresser, ou à qui que ce soit, finalement, mais je le publie ici pour me marrer.]

La course à la Maison blanche vue par un Américain libéral, blanc, new-yorkais, homo, boomer, bobo, et tout le reste.

C’est qui, cet Amércain qu’on dit « libéral » ou, nettement moins souvent, « progressiste » puisque cet adjectif-là sonne à nos oreilles un peu, disons, communisant, cet individu qui va bientôt exprimer sa volonté politique dans de divers scrutins présidentiels et autres à travers ce pays ? Selon l’article dans le Wikipédia, nous les libéraux, nous sommes pour la plupart des blancs, nous serions les plus éduqués et les moins religieux, nous habitons les villes et on est, parmi les démocrates, les plus riches.

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La jolie carte nuancée de bleu au rouge de l’élection de 2004 ne s’explique pas simplement en termes de libéral contre conservateur, puisque les noirs dans le sud (cette ligne croissant en violet dans le Sud-Est) comme les Hispaniques du Nouveau-Mexique à l’ouest votent à haute majorité démocrate, mais leurs valeurs sociales n’ont peu de commun avec les valeurs de beaucoup de démocrates libéraux de la Nouvelle-Angleterre et de la Côte Ouest (districts en Californie, Oregon et Washington le long de l’océan Pacifique). Mais en bloc, les libéraux se trouvent au Nord-Est, au Nord-Centre et sur la Côte Ouest du pays, comme on le voit dans la carte de l’élection présidentielle de 2004 par état.

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Bon, moi, en tant qu’Américain libéral « classique », je suis effectivement blanc et j’habite New-York, la ville la plus grande du pays qui a déjà donné 74,1 millions de dollars aux campagnes électorales de 2008, dont 52 millions pour les candidats démocrates. J’ai fait des études supérieures, je ne vais plus à l’église (épiscopale, en l’occurrence), j’ai la bonne chance d’avoir plus d’argent que je ne mérite par la seule sueur de mon front. Et finalement je suis homosexuel, ce qui a bien sûr influencé mon choix de résidence, puisque j’ai peu d’envie d’aller habiter où l’on ne veut pas de moi ou de ma soi-disant « mode de vie » qui n’est pas, en réalité, très différente de celle menée par des tas d’amis hétéros. Bon, en tout cas, me voilà, dessiné à très gros traits afin de fournir une petite base de départ pour les commentaires politiques qui suivront. (Ceci me rappelle la première séance d’un cours d’histoire européenne que j’ai suivi à Sciences Po il y a des années quand le professeur, un grand type très distingué, superprofessoral, en veste tweed et cravate, a annoncé devant nous, assis dans les bancs de l’amphithéâtre, qu’on allait mener ce cours d’histoire selon les règles de la bourgeoisie libérale – j’étais bien étonné, car chez nous, aux États-Unis, je n’avais jamais entendu un professeur spécifier les paramètres de mode d’enseignement d’un cours – il y avait à cette époque, il faut noter, beaucoup moins de maoïstes et de révolutionnaires marxistes-léninistes vociférateurs dans les facs chez nous, donc le problème d’interruption de cours pour des raisons de philosophie était moins actuel. Mais la méthode disons préemptive de ce professeur malin m’a toujours impressionné, et j’aime l’employer quand il est question d’offrir à des inconnus des notions après tout particulières et subjectives sur des sujets aussi pleins de malentendus que la politique.

S’il y a un exercice de piété politique qu’on essaie d’apprendre aux partisans démocrates, c’est de les faire répéter à la stupéfaction la maxime de Voltaire « Le mieux est l’ennemi du bien ». L’hystérie dite patriotique chez les hommes politiques républicains et démocrates causée par les attentats du 11 septembre 2001 a permis l’adoption hâtive de projets de loi tels la célèbre Autorisation pour l’emploi de la force militaire contre terroristes en réponse aux attaques du 11 septembre (loi publique 107-40, plus connue par l’abréviation AUMF) votée le 14 septembre 2001 dans la Chambre des représentants par 420 voix pour et une voix contre, par la représentante Barbara Lee de Californie, et dans le Sénat par 98 voix pour avec deux abstentions, et l’Patriot Act voté le 26 octobre 2001 par 98 voix en faveur et une seule voix, celle du sénateur Feingold du Wisconsin, contre. Plus d’un an plus tard, en octobre 2002, on a voté l’adoption de la loi publique 107-243 qui a donné l’autorisation pour l’emploi de la force militaire contre l’Irak, mais cette fois, un élément de doute sur les vraies intentions du président Bush et surtout de son vice-président belliqueux Cheney s’était inscrit dans le débat sur les meilleurs moyens de poursuivre les auteurs d’attentats terroristes au Moyen-Orient et le vote dans la Chambre le 10 octobre a été 296 voix pour (215 républicains et 81 démocrates, dont ) et 133 contre, et au Sénat le 11 octobre 77 voix pour (48 républicains et 29 démocrates) et 23 contre (21 démocrates, un républicain et un indépendant).

Et c’est là, précisément, dans ce vote « autorisant » ce qui est devenu, à partir de 21 h 30 (heure de New-York) le 19 mars 2003, la guerre en Irak, où l’on découvre la base du mécontentement ressenti par une partie importante de partisans démocrates contre les candidats démocrates actuels à la présidence. Regardons ces noms de ceux qui ont voté pour l’autorisation d’une action militaire contre l’Irak : Biden, Clinton, Dodd, Edwards. Edwards s’en est excusé, expliquant dans un article publié par le Washington Post le 13 novembre 2005 qu’il avait eu tort de voter pour la guerre : « I was wrong. » Les candidats Biden et Dodd ont ensuite présenté leurs excuses eux aussi. Par contre, Clinton continue toujours, un peu à la façon de son mari lors de l’enquête sur ses « peccadilles » avec de jeunes stagiaires (dans les paroles archiconnues « That depends on what the meaning of ‘is’ is »), à pirouetter autour de la vérité évidente – elle a voté pour la guerre pour ne pas paraître « faible » dans les yeux du supposé Américain moyen qui trouverait les démocrates pas assez bagarreurs dans le monde.

Les affaires en Irak s’intéressent de moins en moins les grands médias américains depuis qu’il y a moins d’attentats meurtriers et moins de morts américains (mais il y en a eu de nouveaux hier, donc tout cela pourra changer bientôt), ce qui fait le bonheur (peut-être temporaire) des républicains et de la Maison blanche. Mais l’opinion publique américaine en entier reste résolument contre la guerre, d’une marge de 68 % à 31 % dans un sondage effectué entre le 6 et le 9 décembre 2007. Cela reste donc un problème pour Mme Clinton.

Le public américain se rend de plus en plus compte du fait qu’on ne va pas sortir facilement du bourbier national (par exemple, le ministère de la Justice en pleine déroute et la crise financière) et international (torture, prisons secrètes, Guantanamo, Irak, Iran, Pakistan, Afghanistan, Russie, Chine, politique pétrolière, environnement, Israël, endettement fou et chute du dollar) dans lequel le règne de George W. Bush nous a mis. Nous redoutons une perte continue de nos droits civils et de nos droits à la vie privée. Qui parmi les candidats à la présidence pourra vraisemblablement nous remettre dans le chemin de la liberté et de la justice, de la bienveillance envers le reste de la planète, du sens commun économique, de la diplomatie traditionnelle, de la recherche scientifique, de la protection des consommateurs et de l’environnement, et tout le reste ?

Pour les démocrates, voici mon opinion actuelle sur les candidats (opinion sujette, bien sûr, à des changements soudains, inattendus et substantiels) :

Hillary Clinton, ce sera une sorte de retour au passé clintonien – gouvernance par demi-mesures, sans principes de base à part gouverner plus ou moins correctement. Elle aurait dans son cercle de conseillers des gens bien, intelligents, un peu peureux de l’opinion publique. Ce serait intéressant d’élire une femme à la présidence – il est temps – mais il faut se rappeler aussi combien Mme Clinton suscite de ressentiment irrationnel, voire de la haine, chez une grande partie du pays – on s’amuse dans certains milieux à l’appeler par exemple Hitlery. C’est dire combien on la déteste. Si Mme Clinton devient président, on verra surgir tout un tas d’enragés anti-Clinton, antiféministes, qui feront n’importe quoi pour la démolir. Si l’on dit que Barack Obama n’a pas assez d’expérience pour occuper la Maison blanche, on dit aussi que Hillary en a déjà trop. On s’inquiète un peu de cette tendance à créer des dynasties, des « marques » politiques.

Barack Obama, c’est le rêve américain incarné, et c’est pour cela qu’il attire en premier lieu tant d’attention admiratrice. Les Américains sont toujours racistes, mais ils le sont beaucoup moins qu’avant et élire un noir à la présidence semble dans l’air du temps, un moyen impressionnant de reconnaître et de souligner l’intégration croissante de la population noire dans le pays – les Africains-Américains deviennent de moins en moins « à part » – les chanteurs de rap et les vedettes de cinéma et de télévision ont de grosses fortunes, ainsi qu’Oprah et l’ancien PDG de Merrill Lynch Stanley O’Neal. Au boulot, tout le monde est mélangé, on est habitué à la présence d’une personne noire (ou asiatique ou autre). Mais Obama, comme Hillary, suscitera une forte réaction d’une certaine partie de la population, celle qui reste profondément raciste. Comme on l’a déjà vu dans le cas de Kennedy, il est difficile à se protéger contre tous ceux qui auraient un grief, réel ou imaginaire, contre le président.

John Edwards est peut-être trop joli garçon. Cette histoire débile de la coiffure à 400 $ lui a coûté (ici on n’aime pas les hommes qui s’occupent trop visiblement de leur apparence – ça fait pédé – et on n’approuve pas non plus les coupes hommes à un chiffre exorbitant qui ressemble à ce que paieraient les femmes). En plus, il est avocat, boulot que le public américain n’aime pas, en principe, sauf quand un avocat les défend contre l’injustice – comme l’enfer, l’injustice c’est les autres. Mais les avocats sont des bêtes de proie qui font peur aux gens – en dépit du fait qu’il y a au moins 132 avocats admis à la barre dans la Chambre des représentants le 20 juillet 2006 et en septembre 2007 il y avait 60 avocats parmi les 100 sénateurs. De toute manière, avec son accent du sud que certains aiment et que d’autres trouvent insupportable, il continue à déplorer la différence des « deux Amériques », l’une riche et contente, protégée par les initiés à Washington, l’autre qui, tout en bossant dur, n’arrive pas à rester debout. Ceux qui n’aiment pas Edwards l’accusent de soutenir « la lutte des classes », conduite inconvenante ici, où l’on aime à soutenir qu’il n’y a qu’une seule vraie classe aux USA : la moyenne. La lutte des classes devient vite la fratricide.

On se moque de Joe Biden, qu’on appelle le « sénateur de Mastercard » (son petit état de Delaware offrant les conditions légales les moins difficiles et les moins chères pour établir des sociétés et permettant des taux « variables » d’intérêt sur les cartes de crédit), parce qu’il parle trop (« Joe Biden talks too much and too long and his words get ahead of his brain and he spends weeks apologizing for his gaffes instead of sharing his more worthy ideas. » remarque Don Rose dans le Chicago Daily Obverser.) Il n’est pas bête, mais il ennuie les gens.

Le sénateur Christopher Dodd du Connecticut, état qui a réélu Joe Lieberman au Sénat sur l’étiquette du parti très ad hoc Connecticut for Lieberman, n’est ni très connu en dehors de son petit coin ni très télégénique, facteur qu’on ne peut pas minimiser dans des campagnes qui se passent souvent uniquement par la télévision pour tant d’électeurs. Dodd est devenu depuis quelques mois le chouchou de quelques blogues libéraux influents tels DailyKos, Atrios, Firedoglake et Downwithtyranny pour sa position contre la préservation des grandes sociétés de télécommunication de poursuites légales dans le contexte de l’acte FISA, où l'on préconise qu’on n’a pas le droit d’espionner les gens sans avoir obtenu des mandats approuvés par un tribunal secret (on peut aussi demander un mandat d’autorisation après avoir espionné quelqu’un – donc, les conditions ne sont pas trop dures à remplir, en tout cas !) Je dois signaler que j’ai envoyé moi-même 25 $ à M. Dodd pour le remercier de ses efforts.

Richardson a dit des bêtises sur les homos – il n’est pas probablement trop méchant, mais je suis susceptible, je l'avoue, à ce genre de propos. Il faut surtout faire plus d’attention quand on veut être président.

Kucinich – ah, le pauvre Dennis, qui a vu les OVNIS (personnellement, je m’en fous), et qui partage beaucoup de mes points de vue personnels, sur un tas de sujets, dont l’amorçage de la procédure de destitution de Cheney, son vote contre la guerre en Irak, une sorte de sécurité sociale pour tout le monde en ce qui concerne surtout le traitement médical, des modifications au traité Nafta, le droit au mariage pour les homosexuel(le)s garanti par la Constitution et ainsi de suite. Mais il ne se comporte pas en président – c’est peut-être sa taille, on aime les grands, c’est sûr. C’est peut-être son visage d’elfe, ou sa voix. Il y a aussi les problèmes de l’époque quand il était maire de Cleveland – mes amis d’Ohio n’ont pas du tout oublié la confusion de cette période et ils sont plutôt contents que Kucinich reste à la Chambre, où il peut continuer à contrarier les pouvoirs en place.

Gravel, lui, n’est pas connu du tout – il vient d’Alaska, mais a quitté le Sénat en 1981, donc on n’a entendu parler de lui que très peu. Les organisateurs des débats l’ont en grande partie ignoré (dans le débat organisé par le journal Des Moines Register le 13 décembre 2007 on n’a vu ni Gravel ni Kucinich pour ces raisons – et le journal a ensuite publié un éditorial en faveur de Mme Clinton.)

Bon, voilà une vue d’ensemble de comment je vois à présent les candidats démocrates à la présidence américaine. Les candidats républicains sont moins conventionnels – et beaucoup plus bizarres. À plus tard.

décembre 24, 2007

Spiritus Natalis

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The true spirit of Christmas retrouvé dans un centre commercial du Connecticut ?

Un long déjeuner à Pierreville samedi avec l’amie du copain – elle est de plus en plus gaga, mais toujours adorable, infiniment polie, rit de tout, se marre bien. Elle adore sortir, elle chancelle en marchant, mais on la tient entre nous. Samedi soir on est allé avec une autre amie voir Charlie Wilson’s War. Je ne l’ai pas tellement aimé – c’est habile, assez Hollywood, insuffisant – les personnages sont bien joués mais mènent à nulle part. Cette critique chez Portifex m’a paru très juste, dont cette phrase surtout : Charlie Wilson's War feels from beginning to end like an introduction to something bigger.

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De grosses bagnoles et de la neige sale dans le parking du centre commercial de Westfield à Milford

Dimanche vers onze heures on est passé chez l’amie écrivain, qui était là avec son fils et sa femme arrivés la veille de Washington. On nous a préparé un café et l’on a bavardé sur tout et sur rien pendant une bonne heure. L’appartement rangé, on est rentré à New-York et, pour changer un peu la routine, on a fait une halte imprévue au centre commercial de Westfield (groupe australien), près de Bridgeport (je crois), qu’on a gagné à partir l’autoroute Merritt. Bondé de monde ! Difficile à trouver une place dans le parking. Ce n’était pas, on l’a découvert, un centre commercial très chic, en dépit du magasin Lord & Taylor’s en magasin « ancre » ou phare, l’autre, à l’autre bout du centre, étant le nettement plus populaire Macy’s, qui est pourtant propriétaire, je crois, de Lord & Taylor’s. Entre les deux il y avait une sélection de magasins profondément banale : Gap, Baby Gap, A&F, American Eagle, Foot Locker, Radio Shack, Starbucks, Sunglass Hut, Zales, et ainsi de suite.

Il y avait bien sûr un Père Noël à l’un des bouts du centre, un petit bonhomme tout mince, décharné, à l’air un peu perdu (c’est sans doute un boulot temporaire), dans une chaise rouge gigantesque sortie d’une bande dessinée. Il y avait une queue assez longue, de jeunes mères et de leurs petits enfants – mais, comme l’on aurait pu prévoir, tout le monde n’avait pas envie d’être mis sur les genoux d’un vieillard barbu inconnu habillé en costume rouge.

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Le Père Noël miniature

Après avoir garé la voiture, on est descendu la 8ième avenue vers chez nous, nous arrêtant chez Balducci afin d’acheter de quoi manger hier soir (du poulet tikka préparé, du riz, de la soupe aux légumes et de gros raisins rougeâtres à pépins). Une fois chez nous, par un temps de mousson venteuse (des parapluies cassés et abandonnés roulaient comme des tumbleweeds de western dans l’avenue), on a regardé le film australien Proof, avec Russell Crowe et Hugo Weaving, tout jeunes tous les deux. Un très bon film, touchant, humain, un peu triste.

Je continue ma lecture du journal personnel de James Lees-Milne, acheté à la librairie Waterstones Piccadilly – un drôle d’esthète bisexuel, snob, excellent écrivain. Je lis aussi l’autobiographie de l’acteur Rupert Everett, Red Carpets and Other Banana Skins, en édition livre de poche, acheté à l’aéroport de Heathrow. J’ai terminé L’Éducation sentimentale de Flaubert dans l’avion de Newark à Londres – quelle fin drôle et triste, d’une ironie à faire froid dans le dos.

décembre 23, 2007

Imagines londinienses - pars IV

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L'Œil de Londres

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On regarde vers le haut

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Et on monte !

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La gare Charing Cross et le Quai

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Encore plus haut !

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Il y a du smog à Londres

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La capsule voisine

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La Tamise vers l'ouest

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De la sculpture « pédophile » qu'on ne verrait plus de nos jours dans une niche dans l'immeuble en face de l'Œil

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La façade de la cathédrale St-Paul

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Le dôme de la cathédrale St-Paul baigné dans la lumière dorée d'un après-midi hivernal

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Du Bachelard dans un café londinien – oui, ça m'a surpris, moi aussi ; )

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Vers le musée Tate Moderne

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Vue de la Tamise, avec le pont de la Tour au fond

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Vue de la cathédrale St-Paul et du pont Millenium de l'autre rive de la Tamise

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L'exposition actuelle au Tate Moderne par une artiste colombienne qui s'appelle Doris Salcedo

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Dans le grand hall central

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Détail

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L'expo actuelle présente une sorte de Bottin mondain du monde de l'art contemporain et moderne – intéressante mais aussi doctrinaire

Voilà, c'est fini ! Bonne fêtes à tout le monde – on rentre à Manhattan – j'ai encore le PS3 à acheter !

Imagines londinienses - pars III

J'ai demandé au Père-Noël un petit « flat » dans cet hôtel de la place Eaton – ah, ne vous inquiétez pas, je ne me fais pas trop d'illusions ! En plus, j'ai été plutôt mauvais garçon cette année, donc je ne mérite que « des cendres et des cravaches » ou un morceau de charbon comme on nous menaçait dans notre enfance.

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Une jolie demeure dans la place Eaton à Belgravia

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Le monument commémoratif néo-gothique au Prince Albert, époux de Victoria

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La célèbre Royal Albert Hall – c'est là où se trouvent les « trous » au sujet desquels les Beatles ont chanté dans la chanson hallucinatoire A Day in the Life

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Deux « reines » d'Égypte dans le groupement « Afrique » du monument au Prince Albert

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La patinoire devant le musée d'histoire naturelle dans la rue Brompton

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La place Ennismore

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La rue assez sobre dans laquelle nous sommes restés pendant notre séjour à Londres

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Les beaux quartiers – ici, c'est Knightsbridge

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Des maisons dans la place Eaton

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La gare Victoria

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La cathédrale (catholique) de Westminster

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L'abbaye de Westminster

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L'énorme Centre méthodiste juste devant l'abbaye de Westminster

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Le parlement néo-gothique

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La tour Victoria au Parlement

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La statue de Cromwell devant le Parlement

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Le clocher dans lequel se trouve le « Grand Benjamin »

Imagines londinienses - pars II

Comme on peut lire dans cet article paru dans le Washington Post, on s'amuse grave dans la capitale britannique pendant les semaines qui précèdent la fête de Noël.

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Des Pères-Noël à la fête foraine de la place Leicester

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Les auto-tamponneuses de la place Leicester

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J'ai l'impression, je l'avoue, qu'on reste bien longtemps au stade « garçons contre filles » en Angleterre – chez nous, on serait en couple garçon-fille – garçon-garçon, ça fait trop gai (oui, chez nous, on est bien complexé)

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Une sorte de manège pour adultes – machine à faire dégueuler, à mon avis

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Londres historique – cloître dans l'abbaye de Westminster

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L'usage du mot « theatrical » dans la raison sociale de cette blanchisserie m'a fait sourire - à Londres comme à New-York, le mot « theatrical » est un synonyme voilé de « homosexuel »

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Des bustes d'artistes dans le musée Tate Grande-Bretagne

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L'entrée classique du Tate Grande-Bretagne, photo prise en sortant – on a déjeuné au restaurant qui est très beau (on y trouve un énorme mural de Rex Whistler, une sorte de Cocteau anglais, si l'on veut) et où l'on mange très correctement

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Le passage de Burlington

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On rentre chez soi après une soirée très arrosée

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On est surpris par une voiture de police new-yorkaise dans cette rue de Kensington-Sud

Imagines londinienses - pars I

J'ai trop de photos de Londres que je veux publier et pas assez de temps pour rédiger un texte où je pourrais les mettre – je vais donc les publier un peu n'importe comment, avec des commentaires il en faut.

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Devant le Musée britannique

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Dans la cour couverte du musée

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Montrer la pierre de Rosette à nos amis fut une des raisons principales pour notre voyage à Londres

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Les portes de Nimrud qui m'ont émerveillé depuis mon enfance

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Le monument des Néréides

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Quelques-uns des marbres d'Elgin

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Un dîner en déshabille, comme je les aime

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Jeune garçon, j'ai été fasciné par la belle musculature du dos de ce jeune cavalier bas-relief que j'avais vu dans mes livres sur l'antiquité grecque et romaine

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L'ami bangladeshi a voulu manger des « fish and chips » authentiques et l'on en a trouvé ici, dans ce restaurant à deux pas de la gare St-Pancras – du poisson tout frais, excellente friture légère, trop de chips

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La gare St-Pancras, aménagé pour recevoir l'Eurostar

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Dans la rue Bond-la-Vieille

décembre 22, 2007

Pacem expectamus

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La 42e rue brille, mais en général New-York attend sobrement la fin du régime Bush

C’est à pas de loup et goutte à goutte qu’avance cette transformation néfaste des États-Unis en – ben, on ne sait trop en quoi, en fait. On regarde tout ce qui se passe comme s’il s’agissait d’un accident filmé au ralenti qu’on passe à la télé. Ça attire l’attention, mais au fond cela ne nous concerne vraiment pas, c’est « ailleurs », tout cela se passe dans un irréel bien vague composé de ouï-dire, d’anecdotes d’apparence douteuse, d’alarmes qu’on passe sous le silence le plus entier dans les journaux papier ainsi qu’aux journaux télévisés. Sans confirmation médiatique, il n’y pas de vérité – et l’on peut alors se demander si l’on a bien compris les faits. Est-ce que l’agent a vraiment fait ceci, ou est-ce le voyageur a exagéré son traitement ?

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Du café au lait et des croissants au café French Roast dans la 6e avenue dimanche dernier avant de commencer notre shopping

On n’arrive pas à déterminer et donc on quitte la maison pour faire un peu de shopping de dernière heure en n’y plus pensant de trop près, puisque c’est inutile. Et en plus, ce n’est pas aux États-Unis où ces choses-là se passent, et les desaparecidos à Guantanamo, ben, ce sont sûrement des hommes méchants même s’ils ne sont pas définitivement des terroristes et il n’y a pas d’Américains parmi eux. Personne ne proteste.

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La promenade dans le Centre Rockefeller

On se plaint bien doucement de Bush dans des dîners mondains new-yorkais mais ici il y a toujours quelqu’un qui dira qu’on ne doit pas critiquer Bush car il est contre les « islamofascistes », ce qui est le terme injurieux créé par les néo-cons pour signifier tout Arabe qui n’accepterait automatiquement pas la tutelle économique, militaire et culturelle de l’Occident et de son avant-poste en Palestine. J’ai entendu un exemple de cette pensée ce matin à la radio publique : une femme se plaignait de notre « préoccupation » excessive pour les droits de ces « terroristes » (« innocent until proven guilty » ? Pas dans ces cas-ci, où l’on n’a pas besoin de procès, puisque « tout le monde » reconnaît déjà leur culpabilité a priori) qui de toute façon voulaient « évidemment égorger nos enfants » dans un quartier de Queens (où elle habitait).

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Les patineurs au Centre Rockefeller

C’est démoralisant et franchement je ne sais pas où et quand l’on va en finir avec ce genre d’hystérie raciste qui promeut effectivement tout ce qu’elle craint – cette tant discutée « lutte des cultures » qui, je l’espère avec tout mon cœur, disparaîtra une fois pour toutes quand il y aura des magasins Apple un peu partout et au lieu de penser futilement à l’aménagement éventuel de tel ou tel Paradis, on se plaira tous à nous communiquer avec nos iPhones Internet sur des sujets aussi inutiles mais délicieux que les derniers concurrents chez Pop Idol, Star Ac’, American Idol et cetera.

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Moi je veux un iLife – le nouveau magasin Apple dans la 14e rue ouest

Cela ne plaira pas aux intellos, ni aux ultras, ni aux jusqu'au-boutistes, je sais, mais je trouve que ce sera énormément plus sain pour toute la planète.

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Les jeunes soldats wii au magasin Nintendo dans le Centre Rockefeller – c'est bien ça qui me fait réfléchir sur l'utilité de ces jeux vidéo violents – on apprend à tuer sans avoir pourtant aucune idée de la vraie laideur de la mort violente

Des articles comme celui-ci font de la peine à moi et à mes amis américains, qui avons honte de ce genre de bienvenue. Je ne sais pas quoi dire – le copain et moi, on n’a pas eu de difficultés, ni à l’immigration anglaise ni à l’américaine à notre retour (l’aéroport de Newark avait l’air plus calme que l’aéroport JFK, moins de monde, je suppose) mais l’ami bangladeshi a dû expliquer son « document de voyage » émis par Washington à l’agent américain, qui n’en avait jamais vu, pendant trente minutes dans une chambre à part. L’expérience de cette Islandaise n’a pas été justifiée – c’est probablement la faute d’un agent con qui voulait se faire voir, mais en tout cas, cela ne va pas encourager le tourisme local, malgré les efforts de notre maire (et candidat présidentiel possible) M. Bloomberg (qui, lui, n’est pas bête, qui voyage beaucoup et qui est cosmopolite dans le bon sens du terme).

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Une veste curieuse chez J. Press dans l'avenue Madison

Bon, pour retourner aux sujets plus agréables, je suis arrivé presque au bout de mes achats pour Noël (fête chrétienne que j’accepte à cause du milieu culturel dans lequel je vis à présent – comme je fêterais aussi bien Eid ou Songkran si j’habitais en Égypte ou en Thaïlande).

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L'intérieur démodé mais charmant du rez-de-chaussée du grand magasin Lord & Taylors, un peu délaissé depuis quelques années

Il me reste à trouver un machin PlayStation 3 (ou tout simplement PS3 pour les initiés) pour le copain qui veut pouvoir jouer avec le Blu-ray (pour moi, tout cela, c’est du chinois). Je lui ai déjà acheté (avec lui) un beau manteau d’hiver superchic (à mon avis) style Chesterfield. Pour les autres, j’ai acheté un joli nœud papillon vert rayé pour le père du copain et hier soir on est allé au nouveau magasin Apple dans la 14e rue ouest pour trouver un sac pour ordinateur pour le Mac de sa belle-mère.

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Lundi après-midi j'ai accompagné l'ami galeriste, qui passe les fêtes au Brésil, au Concours des Tziganes de Broadway en faveur de l'action contre le sida – spectacle tout à fait adorable, spirituel, jeune et émouvant à la fois

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Un moment merveilleux – la distribution originale de la comédie musicale West Side Story se joint aux jeunes comédiens dans le même numéro – il y avait en plus Rita Moreno et Carol Lawrence, toutes les deux mythiques – une ovation folle a suivi

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L'avenue du Parc par un temps grisâtre – j'allais au musée Whitney voir l'expo Kara Walker – fascinante

Aujourd’hui je suis allé chez le chocolatier Teuscher dans la 61e rue est pour acheter plusieurs paquets de truffes champagne qu’on va offrir demain à l’amie écrivain et à l’amie du copain. Un bouquin d’un goût quelque peu « douteux » acheté au musée Tate moderne pour l’amie partenaire en course – le titre est « Ants have sex in your beer » – afin de lui proposer une autre idée de l’Angleterre de celle qui se limite au Ritz et à l’Académie royale de peinture (je suis méchant !) – et un stylo à encre nouveau pour son mari, fanatique comme moi des stylos. On va déjeuner avec eux tous à Noël.

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Le Musée Nouveau – en effet, tout nouveau – dans le Bowery

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Une installation un peu spéciale de l'artiste Urs Fischer chez Gavin Brown Enterprises

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Chez Michelle Maccarone, on fait des Santas au chocolat avec un butt-plug à la main – l'idée de l'artiste provocateur Paul McCarthy

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La moule à Santas obscènes – ça tourne et tourne

Et sur cette petite note vulgaire, je souhaite de New-York d'excellentes fêtes à toutes et à tous, et une très bonne année 2008 !

décembre 19, 2007

Verbosus ego

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Ceci n'est pas un bordel ! – Panneau marrant photographié dans le Soho à Londres

Je sais que j’ai bien un côté pessimiste assez prononcé dû, je crois, à un cynisme qui s’accentue pendant que je vieillis. Ou ose-t-on l’appeler du « réalisme » ? N’importe, je reconnais que j’ai une nette tendance à relever tout ce qui ne va pas ou, plus précisément, n’a pas l’air de marcher dans ce pays que de me remonter le moral en constatant tout ce qui marche plus ou moins correctement ici. Mais je pense ne pas exagérer en faisant état d’un malaise spirituel, vague mais profond, qui afflige à présent, et de plus en plus lourdement, une importante partie des citoyens des États-Unis.

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Quand je dors, je ne pense plus à Bush – une scène d'attente, de bonne heure, à l'aéroport de Newark

À propos des écoutes illégales effectuées par Bush & Cie et les efforts de protéger les sociétés de télécommunication qui les ont aidés à contrevenir à un tas de lois toujours en vigueur contre des procès, dans un article intitulé « Another Milestone on the Road to Serfdom », Scott Horton écrit : « This is not the America we used to live in. It is not a nation that stood as a bulwark for civil liberties. It is a nation with an executive who is drunk on power. An executive who refuses to respect the legal constraints established by the Constitution, and even the criminal law. »

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Notez bien l'auréole qui entoure l'ombre de l'avion – est-ce un voyage béni ?

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Tout d'un coup je remarque un autre avion Virgin qui surgit au-dessous de nous

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Passant de l'ouest à l'est, on va vers la nuit

On torture tout en le niant. Tout le monde sait très bien que les vidéos de séances d’interrogation ont été détruites par la CIA dans un effort de se protéger contre d’éventuelles mises en accusation pour crimes contre l’humanité. (Et il paraîtrait aussi que la Maison blanche y aurait participé – naturellement.) La petite victoire tout à fait temporaire de ce lundi dernier au Sénat, où le sénateur Dodd a forcé son chef le sénateur Reid de « reporter » le vote sur le projet de loi jusqu’en janvier, est encourageant, mais malgré les avis de M. Greenwald contre le « défaitisme », je trouve qu’il est bien difficile à rester confiant dans les vrais motifs de la majorité de nos législateurs.

En ce qui concerne les sursauts récents dans les marchés financiers, on a bien l’impression que les efforts gouvernementaux pour minimiser au possible les effets des prêts « sous-prime » visent surtout à secourir les banquiers et les managers de hedge-funds (je n’arrive toujours pas à trouver une traduction française adéquate pour ce genre de fonds spéculatif si populaire) qui ont eu tort (c’est le marché qui le dit) mais qui n’auront en toute probabilité à subir rien de très désagréable (il s’agit ici de ce célèbre marché « libre » si cher aux républicains).

Ici à New-York, on ne trouve plus d’appartement à un loyer abordable (les prix du logement à Manhattan n’ont pas cessé d’augmenter) et les jeunes s’en vont inévitablement. Les artistes parlent de s’installer à Berlin.

On nous assaille sans cesse d’articles et de reportages TV sur les multiples candidats présidentiels (une bonne quinzaine, il me semble) – tous plus ou moins débiles mais tout de même instructifs, sur des sujets comme la couleur d’une maison. Pour le superchrétien Huckabee, on se pose des questions sur les actions de son fils, alors scout, avec un pauvre chien – le meurtre et la torture, pour les républicains, c’est toujours pour les autres. (Voir Blackwater, dont les employés aiment aussi tuer les chiens).

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Dans la rue du Régent

Bon, assez de ces noirceurs politiques. On vient de rentrer d’un court séjour dans la capitale britannique, où l’on n’a pas manqué de noter le contraste entre les états d’âme des deux grandes villes anglophones. New-York hésite, retient son haleine, tandis que Londres, c’est la fête, on se soûle, on s’achète des bijoux chez les joailliers de l’Old Bond Street. Voici un article que je n’avais pas pu publier depuis l’appartement à Knightsbridge.

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Il y avait bien sûr un monde fou dans les « Halles » de Harrods

Bon, on est à Londres où il fait froid et tout est cher (au moins pour nous, pauvres coloniaux). Les amis qui voyagent avec nous ne se lèvent qu’à onze heures – ah, que les habitudes sont personnelles ! (Moi, par exemple, je ne supporte pas la télévision le matin.) Pour certains, pour pouvoir sortir, il leur faut des heures de toilette – si, si, des heures ! On bouge donc à vitesse d’escargot (handicapé).

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Devant le restaurant Le Caprice

Dimanche on a déjeuné au http://www.le-caprice.co.uk/ Caprice, dans la rue Arlington – trop chic pour en faire une habitude quotidienne mais assez marrant pour passer quelques heures agréables en compagnie d’amis. Du sancerre, des œufs brouillés et du saumon fumé. On s’est promené un peu dans le http://en.wikipedia.org/wiki/St._James's quartier de St-James et on a terminé la soirée dans le Soho, un verre au vidéobar http://www.allinlondon.co.uk/clubs_bars/venue-2541.php G.A.Y-Bar dans la très-gaie http://www.igougo.com/entertainment-reviews-b102203-London-Old_Compton_Street.html rue Old Compton suivi d’un bon dîner libano-marocain dans la rue Firth.

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Une fête foraine occupe la place Leicester

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Une très belle photo de la princesse Diana par Mario Testino au centre d'une petite expo à la Galerie nationale de portraits

Lundi on a fêté mon anniversaire au restaurant Les Trois Garçons, dans le quartier de Shoreditch. On était passé prendre un apéritif chez un ami avocat qui a déménagé de Chelsea à un penthouse situé plus ou moins dans le quartier de Holborn, quartier d’affaires et d’espaces industriels réaménagés en lofts que je connais en effet très peu.

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Notre table aux Trois Garçons

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Les flambeaux devant l'entrée de Loungelover

Après un excellent dîner on est allé prendre un verre dans le bar-lounge d’à côté, Loungelover, où un type bourré est venu déclarer devant tout le monde qu'il me trouvait très beau (je lui ai remercié pour le compliment inattendu) et la belle serveuse blonde m’a ensuite expliqué qu’il s’était soûlé d’absinthe ! « Ah ! » elle m’a dit avec un soupir « il est impossible, il a bu deux verres. » (Deux verres seulement pour me trouver beau ! Ça doit être bien fort comme alcool ! J’en veux !)

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Il y a plein de Français dans les environs de la station de métro Kensington-Sud

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Entrée principale au musée Victoria et Albert dans la rue Brompton

On a visité le musée Victoria et Albert (ben, une partie – décoration anglaise, art islamique, argenterie, cartons de Raphaël et design moderne) et j’ai essayé de me trouver un agenda Quo Vadis 2008 en français dans la librairie française La Page de Kensington Sud (pas de chance, tous vendus). On avait un rendez-vous mardi soir avec une jeune Anglaise amie de notre compagnon de route bangladeshi près de chez elle à Soho – elle est charmante et espère rentrer avec son fiancé canadien à New-York, qui lui manque (elle y a travaillé pendant trois ans).

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En route vers notre rendez-vous, on a passé la rue Carnaby tout décorée

On a mangé portugais au restaurant Canela West End et le dîner terminé, on l’a raccompagné à sa porte, où le copain et moi nous les avons quittés pour les laisser tous bavarder en toute intimité chez elle.

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De belles maisons à la Colline de la Primevère, par où on est passé pour se rendre au zoo

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De grands oiseaux africains

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Ah ! C'est comme chez nous ! Les cafards font la fête dans l'évier de la Maison des Insectes

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« Que tu es beau ! » (Et il n'a même pas bu deux verres d'absinthe !)

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Des péniches sur le canal de Camden (je crois)

Mercredi on s'est promené un peu dans le quartier de Belgravia (dont les places Eaton et Cadogan) et l’abbaye de Westminster. On a fait aussi l’Œil de Londres, la cathédrale de St-Paul, le pont Millenium, et le Tate moderne, avant de rentrer à la place Leicester pour acheter des billets pour la pièce Shadowlands.

décembre 14, 2007

Londinium

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Désolé pour l'absence de billets – c'est la faute à une connection Internet un peu difficile. Retour à New-York demain après-midi.

décembre 06, 2007

Dies mala

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Traces d'hiver dans la rue Perry

Je découvre, en faisant les valises pour Londres, que des mites ont mangé tous mes pulls en cachemire noirs (cachemire, je signale, assez bas de gamme, ces pulls ayant été achetés aux Frères Brooks) – c’est quand même embêtant, et la livre est trop chère pour me permettre de m’en payer de nouveau chez Hackett, par exemple. Ensuite le propriétaire de l’appartement à Pierreville m’a enfin, après plusieurs demandes écrites, envoyé un nouveau contrat de location – dans lequel plusieurs paragraphes sont ou tout à fait nouveaux ou fort modifiés (il faudrait par exemple payer les fenêtres cassées ??).

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Luxe, calme et volupté dans une bibliothèque parfaitement rangée – c'est déprimant, non ?

Et la cerise sur le gâteau était la demande par la femme de ménage d’être payée pour son jour (trois heures, en réalité) même quand je lui avais demandé en avance de reporter sa visite à la semaine prochaine – avec nos valises et nos affaires un peu partout sur la moquette, il allait être presque impossible à aspirer, par exemple, je lui ai alors dit « Venez donc, madame, et faites tout ce que vous pouvez pour mettre un peu d’ordre dans ce bordel » – en l’occurrence, pas grand chose – et je lui ai expliqué comment elle m’avait fait lever à six heures ce matin afin d’avoir le temps nécessaire pour essayer de ranger un peu les choses pour qu’elle eût pu faire semblant de faire le ménage, que la faute était à moi, certainement, d’habiter un taudis trop bourré de choses inutiles ou tout simplement encombrantes qui l’empêchaient de faire le travail qu’elle aurait voulu, et comme j’avais marre d’être toujours obligé à ranger avant son arrivée (le copain ne lève guère le doigt, ou à peine, naturellement), je préférais dès aujourd’hui passer à l’étape de la réorganisation entière de l’appartement (peinture à neuf, moquette nouvelle, bibliothèques nouvelles, vidage absolu de tout ce qui serait de trop, etc.), et que cela ne valait donc, de toute évidence, le coup qu’elle passe ici avant que je ne lui demande de repasser. Et je lui ai vite filé un chèque pour une somme assez élevée (prime de fin d’année) en lui souhaitant une excellente fête. Voilà.

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La manif anti-avarice dans l'avenue du Parc

J’avais aussi une course à faire dans l’avenue du Parc, où j’ai croisé par hasard une petite http://warongreed.org/ manifestation assez bon enfant organisée par War on Greed contre l’avarice exemplifiée selon les manifestants par le financier Henry Kravis, qui habite avec sa deuxième femme, la belle Québécoise super-intelligente Marie-Josée, originaire de Montréal, au numéro 635 (les deux étages en haut de l'immeuble) de cette avenue célèbre.

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Qu’on n’oublie jamais le fléau de « backfat » – la graisse dorsale – qui nous est heureusement signalé par ce tag bien espacé sur un escalier dans la 11e rue ouest

décembre 01, 2007

Ecstasis in Villa Lapidosa

Ma phase trance continue – je viens de télécharger l’album Universal Religion 2008, enregistrement en concert du DJ néerlandais Armin van Buuren à Ibiza, où il a produit un petit chef-d'œuvre de musique euro-techno-trance – passe-moi les cristaux, stp ; ) – mais je reste hautement et profondément sage, hélas, comme d’habitude, étant même passé ce matin à la salle de sport. Le copain, un rien grippé, est resté dans l’appartement à jouer au Monde de l’art de la guerre, qui l’intéresse de nouveau je ne sais pas trop pourquoi après une assez longue période d’abandon. Nous nous trouvons ce week-end à la campagne, on va ce soir chez un couple sympa qui n’a probablement jamais écouté un morceau trance – les autres invités seront des avocats et des banquiers bien élevés, toujours corrects, sympas aussi. J’ai envie de danser toute la nuit. Pour montrer combien je me sens à part de cette société comme il faut et satisfaite, je ne vais pas porter de cravate, même pas la belle bleue de chez Charvet – je peut être dur quand il faut !

Pour la première fois cette saison il a neigé – quelques flocons seulement ce matin, assez rapidement disparu. En plus, le copain insistait qu’il y avait quelqu’un sur le toit (on avait bien entendu quelques bruits un peu étranges, mais il y avait beaucoup de vent) et en sortant sur le balcon pour voir s’il y avait par hasard une échelle quelque part pour permettre à monter au toit (nous sommes au premier), une énorme mouette s’envole, laissant tomber une palourde sur le toit. Voilà le faiseur de bruit.

On a regardé le « débat » républicain mercredi soir dernier – quelle bande de malades mentaux ! On a Giuliani, notre propre caricature de Mussolini, et on a le bel et superficiel Mitt qui dit n’importe quoi (et qui oublie de toute apparence avoir dit tout à fait le contraire lorsqu’il était gouverneur du Massachusetts – c’est dommage pour lui qu’il y ait eu des caméras à cette époque). Ron Paul dit pas mal de vérités (d’où sa popularité) mais il veut aussi supprimer l’éducation nationale et reste trop près de quelques groupuscules néo-nazïoides, Huckabee, au nom qui semble ou celui d’un personnage de bande dessinée à la télé ou celui d’un établissement de restauration rapide dans un centre commercial, est trop « évangélique », Tancredo veut chasser les « illégaux » – ce qui veut dire tout ce « peuple petit au teint basané » qui fait tellement peur à une certaine classe de républicains particulièrement débiles. Hunter adore les fusils et McCain serait contre la torture, déclaration qu’on a huée !!! Coléreux, mesquins, apeurés, égoïstes, irrationnels, les militants de base du parti républicain actuel remplissent d’horreur et de stupéfaction la majorité du pays. Même les républicains en sont conscients.

Heureux d’apprendre qu’Ingrid Betancourt vit encore et j’espère qu’elle sera bientôt libérée.

J’ai un petit problème avec le nom en abrégé qu’a choisi M. Bayrou pour son mouvement politique : Modem. Désolé, quand je le vois (sur la une du Monde en ligne, par exemple), je pense d’abord toujours à l’appareil et je me demande « Mais qu’y a-t-il à dire de plus sur des modems ? »

Je suppose qu’ils vont gagner tous les deux, MM Chávez et Poutine, demain. À vrai dire, cela ne me gênera pas trop – on ne peut pas nier qu’ils sont populaires chez eux, et Chávez embête les magnats du pétrole tandis que Poutine le Dur est prévu rassembler quelque quatre-vingts pour cent des suffrages – et ceux qui fréquentent les boîtes moscovites comme Diagelev l’aiment bien, on dirait.