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février 27, 2008

Reditus

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La belle façade du théâtre Lunt-Fontanne où l'on joue The Little Mermaid, une production Disney

« Le Retour » de Harold Pinter fait partie de ses « comédies de menace ». La pièce a débuté à Londres en 1965 dans une production de la Royal Shakespeare Company au théâtre Aldwych et ensuite, à New-York en 1967, au théâtre La Boîte à musique. Stylisé, pervers, tout le contraire de la pièce « bien faite » de Rattigan ou de Coward, « Le Retour » mélange le réalisme le plus cru aux comportements qui rappellent les rituels exagérés du théâtre nō japonais. Il y avait dans l’assistance un grand nombre de gens assez âgés (c’est-à-dire, plus âgés que moi – « un vieillard, c’est quelqu’un qui a dix ans de plus que vous » une (vieille) amie m’a dit un jour !), probablement venus de la banlieue. Il y avait derrière nous un couple qui commentait incessamment ce qui se déroulait sur scène. « Oh, Manny, see, she’s trying to be seductive in that pose » et des choses aussi fascinantes. Manny le mari, en l’occurrence, s’ennuyait grave : « Thank god, it’s almost over. » Mais pour un public habitué aux drames télévisuels, c’était long, obscur, hyperbolique. En 1965 cela a dû quand même provoquer un choc considérable.

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Devant le théâtre Cort dans la 48e rue ouest

février 26, 2008

Petasi-casei (aut ratiocinationes insolitæ)

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La vitrine un peu encombrée du magasin de bougies et de parfums exotiques Aedes de venustas dans la rue Christopher

Il y a bien longtemps (vers 1981), dans une galaxie très lointaine (c’est-à-dire, dans l’East Village), les Bloolips régnaient au théâtre Orpheum, dans la Deuxième Avenue, dans une pièce brillante qui s’appelait « Lust in Space ». L’intrigue dramatique était d’une complexité sans égal, mais à un certain moment dans le drame, pour des raisons que j’ai oubliées il y a longtemps, il fallait à la compagnie de travestis aller sur la Lune. « But how do we get to the Moon ? » ils se demandaient, faute de transport approprié. On délibère, jusqu’au moment où l’un des acteurs s’écrie : « I know ! Since the Moon is made of cheese, all we need is our cheese hats ! » Et tous, soulagés par cette logique de toute apparence imbattable, se mettent des chapeaux-fromages sur la tête et s’en vont à la Lune devant nos yeux. Se servant d’une logique pareille, puisqu’il pleut et fait complètement mauvais dehors, on va ce soir au TKTS pour voir s’il y a des places pour « Le Retour » de Harold Pinter, une reprise de la pièce célèbre avec Raúl Esparza en vedette – lui qui chantait comme un dieu dans la récente production de « Company. »

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Il est quand même surprenant de voir des trous de balle dans la vitrine de cette petite galerie dans la rue Christopher – il s'agit, je crois, d'une expo de photos du conflit palestino-israélien

Ailleurs, j’ai fait un petit effort aujourd’hui d’ajouter quelques sous au déficit américain en achetant deux bougies Diptyque pour l’appartement – thé et genêt, le santal étant épuisé. Je l’ai fait à temps, il paraît, puisque le billet vert a encore chuté aujourd’hui dans les marchés mondiaux de la finance. Je pense qu’on a toujours quelques euros cachés dans un tiroir, « en cas d’urgence ».

février 25, 2008

Gradus

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Avenue du Parc, à l'angle de la 84e rue

Bon, au lieu de faire le yoga à 10 h 30 comme le dimanche précédent, ce dimanche dernier on a décidé d’essayer une séance de step mené par un jeune homme au corps d’un adonis, mais aux manières d’une petite salope qui se croyait Alicia Markova. Quel désastre !

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Immeuble de luxe dans l'avenue du Parc – c'est ici où le beau-fils du PDG de la chaîne CBS s'est suicidé en se jetant par la fenêtre de son appartement

On commence tout de suite avec une musique disco effrénée que j’aime et les steppeurs assemblés commencent à bouger comme des Rockettes au Radio City Music Hall. Notre petit chef hurle des noms de combinaisons de pas et les steppeurs deviennent des membres du corps de ballet du New York City Ballet. Pendant cette transformation fantastique, le copain et moi, nous restons là, immobiles, nos yeux dilatés de stupeur – c’était nous retrouver dans le cauchemar archétypique, où l’on est sur scène sans savoir ni que dire ni que faire – mais au moins on n’était pas nu.

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Les beaux quartiers – des hôtels particuliers de style plus ou moins londinien entre les avenues Madison et du Parc

Après une dizaine de minutes à rester comme ça, complètement perdu, le copain me chuchote qui va courir sur le tapis roulant et me laisse tout seul parmi les ballerines de tous les sexes. Moi j’essaie toujours de suivre la chorégraphie de la salope en chef – il crie les pas à venir (en seulement quelques secondes, j’ai hâte à ajouter) : Mambo cha-cha ! Tour du monde ! Je n’arrive qu’à accomplir le Coup de pied, pathétiquement simple, presque débile. Bon, je vais le déconcerter – je le fixe avec mes yeux que je veux ou suppliants ou méprisants, selon… mais il continue, malgré mon effort de torpiller cette classe en le décontenançant par la force seule de mon mécontentement, à s’agiter comme un derviche sans me prêter la moindre attention. Zut alors !

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Les beaux quartiers – des hôtels particuliers dans un style plus ou moins français

Et ça continue comme ça, même en plus frénétique avec une chanson mixée de Mary J. Blige que j’adore, je fais quelques pas de pépère atteint probablement d’Alzheimer ou pire pendant que mes voisins font des grandes jetées – il y a une toute petite Asiatique à la tête supersérieuse (elle doit être trader, quoi) qui fait tout parfaitement – c’est très énervant.

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La prétention immobilière aux environs de la Cinquième avenue

Enfin c’est fini, le chef ferme la musique et s’en va. Il y a une commotion dans le studio, une grande femme noire (qui savait tout faire aussi, la chipie, je l’avais vue) m’approche pour me dire que j’avais du courage à rester. Ah ? Eh oui, elle me répond, car c’est une classe pour experts en step. Ah ? Mais on ne nous a rien dit. Non, ça se sait, seulement. Anthony, il est très branché, tout le monde le suit où il donne des classes. Ah, je dis, mais c’est quand même pas très facile à apprendre quand on est débutant. Non, mais il faut revenir. Ne vous désespérez pas. Ça s’apprend. À la limite, d’après ce que je vois. Elle me sourit en haussant les épaules. Mais vous savez, il y a des gens ici qui font du step deux ou trois fois par semaine depuis dix ans. C’est normal qu’ils sachent quoi faire, non ? Dix ans ? je lui réponds, choqué. Je retrouve le copain qui m’attend, mécontent, à côté des machines aérobiques du premier étage et c’est probablement la fin bien prématurée de nos éventuelles carrières d’experts en step.

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L'entrée du musée Métropolitain

Le copain est retourné chez le client pour mettre quelques dernières touches au serveur réinstallé et moi, je me suis dirigé vers le musée Métropolitain pour voir deux choses : l’expo Poussin et la nature qui vient d’ouvrir et les nouvelles salles d’art grec et romain, que j’ai honte d’admettre ne pas encore avoir visitées. Il faisait plutôt doux et ensoleillé.

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Aux renseignements dans le grand hall central du musée

J’ai pris le métro jusqu’à la station de la place du Temps, où j’ai pris la correspondance pour la gare Grande Centrale, où j’ai pris le train de l’avenue Lexington (c’est bien comme ça qu’on l’appelle normalement : « the Lexington Avenue express», qu’il soit un train numéro quatre ou cinq) jusqu’à la 86e rue, où je suis descendu pour me rendre au musée.

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Le grand escalier

Malgré le temps assez doux et l’heure assez avancée, il n’y avait pas énormément de monde – j’ai payé 10 $ – oui, je sais que c’est pingre, quand le prix « recommandé » est de 20 $, mais je me suis dit que je n’allais tout de même voir tout le musée, seulement une partie effectivement assez restreinte. La guichetière, une femme japonaise d’un certain âge qui était peut-être bénévole, était de mauvaise humeur, mais elle m’a donné sans faire de remarque désagréable le petit bouton-reçu que j’ai attaché à mon pull.

L’expo Poussin et la nature : les visions d’Arcadie se trouve au 1er étage et c’est vraiment très bien fait – beaucoup de beaux tableaux, beaucoup aussi de dessins très intéressants. Il n’y avait pas trop de monde dans les salles et j’ai pu rester très longtemps sans problème devant les toiles qui m’ont le plus intéressé. J’ai été surpris par toutes les représentations de douleur, de mort et de la peine que Poussin a mises si fréquemment dans ses œuvres – il y a plein d’Eurydices mordues par un serpent, il y a des cadavres, il y a même, dans le beau tableau intitulé « Le rassemblement des cendres de Phocion par sa veuve » qui appartient à un musée à Liverpool, un homme en tourment qui se trouve dans une forêt obscure, juste au coin de droite du tableau – pourquoi est-il là ? Pourquoi a-t-il une telle tête de fou ou de psychosé ? On ne sait pas. À part la veuve à genoux et sa compagne, qui semble avoir remarqué quelque chose de curieux, les autres gens continuent à vivre leurs vies sans gêne. Assez étrange, cette insistance si commune sur le malheur (le mauvais temps, la mort, etc.)

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La Vision de St-Jean par El Greco

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L'Enlèvement des Sabines

Ensuite je suis allé revoir quelques-uns de mes tableaux favoris, dont un autre Poussin, « L’Enlèvement des Sabines », différent de celui du même nom qui se trouve au Louvre, et « La Vision de Saint-Jean » de El Greco.

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Le hall des antiquités grecques et romaines

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J'aime beaucoup les vases à figures rouges du Ve siècle

Ensuite, je suis descendu au rez-de-chaussée pour voir les salles réaménagées de l’art grec et romain. Mon opinion : c’est pas mal, c’est mieux qu’avant, mais ce n’est pas aussi réussi qu’au Louvre – il faut noter aussi que le Louvre a un peu triché, ayant eu une carrière antérieure comme palais royal.

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C'est comme des extraterrestres

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Une histoire antique vieille comme le monde – le vieillard qui offre de l'argent au jeune homme

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Hermes a l'air en forme, je trouve

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Je parie qu'Hercule ne fait pas de step. Il a raison

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L'immeuble résidentiel dans la Cinquième avenue au numéro 1021, l'une des adresses les plus luxueuses de New-York

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Vue de la Cinquième avenue

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Le corridor de métro vers la navette dans la station en-dessous de la gare Grande Centrale

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Tout l'intérieur de certaines voitures de cette courte ligne (la navette ou S) est couvert de ce plastique en faux bois

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C'est curieux de voir une voiture de métro changée en une sorte de bibliothèque revêtue de boiseries (même si les planches vont dans le mauvais sens !) – C'est une pub pour un produit de nettoyage

À Los-Angeles hier soir, une victoire par les Européens aux Oscars – une Britannique, un Anglo-Irlandais, une Française et un Espagnol ont gagné les prix principaux pour acteurs. Bravo, l'Europe !

février 24, 2008

Exercitationes - pars secunda

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Un peu de francophilie gastronomique dans le Quartier financier

De là, j’ai continué mon chemin le long de la rue de l’Eau jusqu’à la rue du Mur, où la circulation est interdite – quelques touristes qui se photographiaient.

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L'hôtel de l'Inde, dans la place d'Hanovre – club et restaurant

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La brume des canyons

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La rue du Mur

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Un intérieur assez compliqué et ouvert au public dans l'immeuble au numéro 40 de la rue du Mur (je crois)

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La nouvelle boutique Tiffany dans la rue du Mur

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La Bourse de New-York

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L'église de la Trinité au bout de la rue du Mur

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La banque de réserve fédérale de New-York, un palais florentin aux stéroïdes

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La façade principale de la banque, juste au nord de la Banque Chase

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Il y a quand même des supermarchés (Gristedes) dans le quartier !

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Amusante entrée d'immeuble dans la rue de l'Or

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Devant l'entrée de la librairie Strand

Je me suis dirigé alors vers la succursale de la librairie d’occasion Strand dans la rue Fulton. Ayant passé quelques minutes à bouquiner, je suis reparti vers le nord, à travers le quartier « municipal » – bureaux de la ville, tribunaux d’état, prisons, etc. – jusqu’à la Petite Chine, qui au nord de la rue du Canal devient le Soho et plus loin le Village-Est, où je suis passé à la librairie mère de Strand, dans la 12e rue . Là j’ai trouvé un exemplaire du roman The Underground City écrit en 1958 par un type curieux qui s’appelle Harold « Doc » Humes, dont j’avais vu un documentaire sur la vie il y a quelques semaines au Film Forum.

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L'hôtel de ville

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La tour Woolworth – ce sont nos cathédrales à nous, ces édifices

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Les arches du pont de Brooklyn

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L'Union Cooper, école gratuite d'art, d'architecture et de génie civil

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La 1ère Église presbytérienne de New-York dans la Cinquième Avenue à l'angle de la 12e rue

Le copain est rentré assez tard, vers 21 heures.

Exercitationes - pars prima

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Une nouvelle petite tour qu'on vient de construire dans la rue Charles, vers le fleuve

Continuant mon programme d’exercices quotidien, je me suis fait imprimer hier le menu, comme je fais tous les matins pour voir à quelles tortures nouvelles je vais me soumettre ce jour-là, et hier, comme la semaine dernière, c’était encore une randonnée d’environ quarante-cinq minutes, de préférence à la campagne, mais en ville si nécessaire.

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Un commentaire spirituel collé sur le mur d'un immeuble abandonné dans la rue Ouest

Comme il avait neigé et comme le copain comptait passer la plupart de sa journée chez un client (histoire de serveur HP qui ne marche pas comme prévu), je me suis décidé donc à faire une longue promenade tout seul en ville. Il ne faisait pas très beau samedi – il y avait de la neige fondante un peu partout sous un ciel sans couleur aucune – mais au moins il ne pleuvait pas. J’ai mis mes vieilles bottes noires Doc Martens que je ne porte presque plus (ma période skinhead étant passée il y a bien longtemps, hélas) et enfilant mon manteau de faux loden, mon foulard anglais rayé rouge, noir et blanc, mes jeans Levis et mon bonnet A & F, rayé aussi et acheté il y a des années à la première et seule boutique A & F à Manhattan alors, qui se trouvait parmi les boutiques touristiques du port de la rue du Sud, j’ai entrepris à faire la promenade obligée, en passant de la rue Perry à l’ouest, vers la rue Ouest et les bords du fleuve Hudson.

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L'autoroute du côté Ouest – non, ce n'est pas très joli

Là, j’ai « descendu » l’autoroute du côté Ouest, passant devant les vieux repaires gais assez louches datant d’avant le réaménagement de l’autoroute et qui sont maintenant ou fermés en attendant à être changés en propriétés de luxe résidentielles (le bar Keller dans l’ancien hôtel du même nom pour matelots en transit, l’un des premiers bars gais « cuir » de Manhattan), par exemple ou transformés temporairement en boutiques pour « aides maritales ».

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Vers la Statue de la Liberté, à l'autre côté de la baie de New-York

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Le Pré du nord enneigé, dans la ville du Parc de la Batterie

Il y a aussi de nouveaux « clubs pour gentlemen » pour les hétéros à la recherche de compagnie féminine. J’ai suivi la promenade qui longe le fleuve, en passant par le Centre mondial financier et la ville du parc de la Batterie, qui ressemble à un quartier de la Défense en immeubles résidentiels, un peu à l’écart de la ville qui le borde.

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De curieuses constructions maritimes dans le fleuve

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Un nouvel immeuble qui s'érige dans la ville du Parc de la Batterie – l'immeuble nº 7 du Centre mondial du commerce est au fond

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L'Esplanade de la Batterie

Je suis passé devant le musée de l’Héritage juif, sa forme de ziggourat accentuée par la neige. Arrivé au bout de l’île de Manhattan, je me suis proposé une courte mais nécessaire escale-pipi dans la gare maritime du ferry de l’île des États – il y avait trop de jeunes flics ennuyés et un grand panneau qui indiquait le niveau d’alerte (en l’occurrence, orange, niveau 2), je n’ai donc pas pris de photo – et je suis reparti, d’abord à côté du sanctuaire de Ste Elizabeth Ann Seton, la première sainte née citoyenne américaine, au numéro 7 de la rue de l’État.

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Le musée de l'Héritage juif sur la Batterie

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La marina vide

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Le quai A, bâti en 1886 et ancien siège du Département des Quais qu'on est en train de rénover – mais pour faire quoi, aucune idée !

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La maison de Ste Elizabeth Ann Eaton

(Pour la suite de ce billet, veuillez voir sur la Seconde Partie plus haut.)

février 22, 2008

Vivat !

C'est le tour des latinos de faire des clips en faveur d'Obama.

Lubricus

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Un trottoir qu'on n'a pas encore nettoyé - la Ville t'oblige à débarrasser le trottoir devant chez toi dans les 24 heures qui suivent une chute de neige, sinon on a droit à une contravention, même ici, devant la petite maison à gauche qui appartient à Gwyneth Paltrow – mais elle est en général à Londres

La neige continue : le copain est content, il se plaignait hier soir du manque de neige cet hiver, et puis voilà. On prévoit cinq à huit pouces au moins, peut-être plus. Comme d’habitude par un temps pareil, les aéroports locaux subissent des retards importants (jusqu’à cinq heures à Newark) et la radio nous parle de multiples accidents sur toutes les autoroutes dans la région « tristatale » (ce qui veut dire les états du New-York, du Nouveau-Jersey, et du Connecticut).

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Début d'éclipse jeudi soir

Hier soir on est allé dîner avec un ami qui avait des ennuis avec son Mac portable – c’est drôle comment les gens peuvent s’énerver pour des choses assez peu importantes. Comme ceci, par exemple : il avait sauvegardé des signets, mais il n’arrivait pas à les supprimer. Quand le copain lui a montré comment le faire (et c’est bien sûr entièrement facile), il est resté là, devant l’ordinateur, tout émerveillé. Disons tout simplement qu’il ne fait pas partie des « early adopters of new technologies », ce qui sera peut-être clair en considérant ce coin de salon – son appartement, selon lui, est un « musée de chaises » et c’est vrai il en a beaucoup dans un simple deux-pièces pas vaste, et dans une grande et quelque peu surprenante variété de styles, dont le http://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_décoratifs_victoriens victorien, l’http://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_%26_Craftsarts and crafts, et l’http://en.wikipedia.org/wiki/American_Empire_(style)Empire américain.

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On se croirait dans un appartement des années 1930 ici, sauf pour les CDs dans la chaise victorienne

Il nous a montré avec fierté une petite bibliothèque plus ou moins Mission que moi je trouvais de la dernière laideur. Ensuite on est allé manger dans un restaurant italien dans la 8e avenue – restaurant qu’on soupçonne, comme tant d’autres restaurants italiens à New-York, d’avoir des associations plus ou moins mafieuses. Mais de toute façon, la cuisine n’était pas mauvaise et l’on a apprécié une bouteille de chianti de Toscane.

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L'éclipse vient de commencer dans cette photo

On n’a donc pas suivi le débat entre M. Obama et Mme Clinton qui a eu lieu à Austin, au Texas, mais il semble qu’il n’y ait pas eu de KO de l’un côté ou de l’autre. Ce qui revient, selon les experts, à une victoire effective pour Obama. On se demande à présent à quel moment exact Mme Clinton se retirera de la campagne en faveur de son concurrent.

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Un peu de Berkeley à New-York — cette camionnette décorée, stationnée dans la rue Perry

M. Obama n’est pas, soyons clairs, le sauveur revenu sur Terre. On le sait. C’est un politique plutôt modéré ; il est ami de Joe Lieberman ; il compte un peu trop sur la bonne volonté et minimise la résistance au changement qu’on verra dans les milieux d’affaires en général et dans certaines industries visées, comme les fabricants de médicaments, ou les fournisseurs de soins de santé. Mais il est jeune, il a une gueule tout à fait différente de celles auxquelles on est habitué, et son énorme sourire éclatant semble promettre, sans qu’on sache trop bien pourquoi exactement, un moyen de nous décrotter de tout ce que Bush et Cie a fait en huit ans d’une gestion qui va de l’incohérent au criminel, avec tout ce qu’il y a d’insalubre entre ces deux bouts.

février 21, 2008

De mendacibus ignavisque

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Le sénateur John McCain, candidat républicain à la présidence des États-Unis, avec sa (deuxième) femme Cindy, qui semble sortie d'une émission de « Real Housewives of Orange County »

Moi, personnellement, je n’ai jamais compris l’attrait qu’exerce sur certaines personnes le sénateur John McCain – sa carrière dans l’aviation navale paraît séduire cette partie de la population qui révère tout ce qui est militaire et qui oublie sans façons les excès militaristes, par exemple, du IIIe Reich. Pistonné en tout par ses aïeux puissants (son père et son grand-père étaient des amiraux), il trompait sa première femme Carol née Shepp, mannequin originaire de Philadelphie défigurée (« left her 4 inches shorter and on crutches, and she had gained a good deal of weight » – plus petite et grossie, mais c'est un abomination !) dans un accident de voiture en 1969 pendant qu’il était prisonnier au Viêt Nam, depuis des années, avec plusieurs femmes, avant de la quitter en 1980 pour une héritière brasseuse (née Cindy Lou Hensley) qui est, ô absence de surprise !, plus jeune que lui par dix-sept ans et qui a pu financer sa carrière politique ultérieure (c'est deux fois commode). Plus tard, ses rapports « étroits » avec certains milieux d’affaires assez corrompus, en particulier dans le scandale des caisses d’épargne en 1989 dont les origines dérivent de la « libéralisation » des lois sur la banque promulguée (ô surprise bis) par des républicains « pro-business », quand l’American Continental Corporation, propriétaire de la Lincoln Savings et dont le débonnaire M. Charles Keating était le PDG, a fait faillite, ayant perdu les économies de plus de 21 000 épargnants, dont la plupart étaient des personnes âgées (les contribuables ont dû payer plus de 3,4 milliards de dollars pour la seule banque Lincoln Savings) – M. McCain a donc fait partie du soi-disant « Keating Five » – cinq sénateurs, dont quatre démocrates et un républicain, accusés d’avoir bénéficié illégalement de la largesse de M. Keating. M. Keating a été envoyé en prison, mais les sénateurs collaborateurs ont été « châtiés » pour « conduite douteuse ». Il n’y a que le sénateur McCain qui est resté au Sénat.

Qu’il ait eu une liaison romantique avec une lobbyiste (a l'air aussi artificiel que sa Barbie de femme, ça indique quelque chose, non ? – des photos à la preuve ici) ne me surprend aucunement – tout comme Bush junior, il se croit au-dessus de toute loi, de tout comportement « correct » pour un « fonctionnaire élu ». Je l’appelle le syndrome de Léona (Helmsley), qui avait remarqué impérieusement « Only the little people pay taxes » avant d’être condamnée, à la joie générale de ce même peuple, à seize ans de prison pour fraude fiscale (elle n’y est restée que 18 mois, hélas).

McCain a aussi montré sa lâcheté fondamentale lors de la « discussion » récente sur la torture en permettant l’usage de « mesures additionnelles » non précisées par la CIA dans les investigations de suspects.

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Image trouvée chez le Group News Blog

Tout compte fait, il est incontestable pour moi que McCain n'est rien qu'un opportuniste ignoble, infâme et tout à fait méprisable. Cela saute aux yeux de tous qui apprécient la vérité. Pour les autres, il est surtout question, comme dans le cas de Bush, d’intérêts, disons d’ordre personnel.

février 20, 2008

Luna

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On a eu une éclipse de Lune ce soir – cela a commencé vers 20 h 15 et la lune a été éclipsée tout à fait vers 22 h 26 – c’était marrant de voir comment les étoiles sont devenues plus visibles après la « disparition » (un peu rougeâtre) de la Lune.

février 19, 2008

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Hier soir chez l'épicier de luxe Citarella dans la 6e avenue au Village – l'un des types en veste blanche m'a mis en garde contre la prise de photos dans l'espace

Portrait un peu littéraire (et pas très flatteur) du candidat républicain John McCain (par The Sideshow).

Rumeurs d’une nouvelle guerre au Liban.

Mes connaissances de la politique interne pakistanaise sont si limitées que je n’ose faire aucun commentaire sur les élections récentes dans lesquelles le président Musharraf semble avoir perdu pas mal de soutien chez les électeurs pakistanais. Je n’ai pourtant pas l’impression que M. Musharraf va démissioner bientôt. Qui sait ?

Plus près de chez nous, la démission de Fidel Castro de la présidence de Cuba semblerait signaler le premier pas dans la transformation du régime de l’île. La politique américaine envers Cuba changera-t-elle — enfin ? Peu probable.

« Les autorités » vont bientôt commencer à embêter les voyageurs qui prennent Amtrak – il y aura des « contrôles au hasard » de bagages à main de passagers – ce qu’Atrios appelle correctement « du théâtre sécuritaire ». Parce que c'est toujours l'apparence qui compte le plus.

En dehors de chez nous (on habite au rez-de-chaussée), une voix de femme demande à une personne inconnue : « Do you share a bed or a room ? ». Je suis d'accord, c'est important !

Leçon de vocabulaire: « Potato queen » – un asiatique gai qui ne sort qu’avec des blancs.

J'ai fait un peu de ménage dans la liste de carnets que je lis souvent – il y en a certains qui n'ont pas publié de billet depuis des mois – s'ils se remettent en vie un jour, je les remettrai.

Quel grand plaisir de retrouver Ron l'Infirmier qui nous offre son palmarès de carnets et autres infos chez lepost.fr (site que je viens de découvrir à cause d'incidents carnétesques déchaînés rapportés chez Embruns) – je l'ai ajouté sur-le-champ, évidemment.

Je connais the Lady Bunny depuis des lustres – tout comme moi, elle vient d'Atlanta, elle est aussi vieille que moi même si elle le nie (c'est méchant, je sais), elle a le culot qu'il faut pour être la drag queen la plus célèbre de New-York, elle a un drôle de sens d'humour (« le sel manhattanais » ?) qu'on reconnaîtra dans son carnet, que j'ai ajouté parmi les New-Yorkais.

J’ajoute aussi le carnet politico-culturel de l’avocat new-yorkais Scott Horton. Son carnet, qui s'appelle No Comment, est l’un des carnets les plus élégants, les plus intelligents et les plus raffinés que j’aie jamais lus. Où, par exemple, peut-on voir une photo d’un tableau de van Gogh en illustration d’un poème d’Edith Wharton ? Où peut-on lire un extrait importante d’une lettre de James Madison à Thomas Jefferson qu’illustre un tableau impressionnant de l’ange biblique Uriel – les yeux de Dieu, selon le poète Milton ? Ben, c'est chez M. Horton, avocat et érudit polyglotte, qui me rappelle combien j'ai encore à apprendre sur trop de sujets. Un autre New-Yorkais à ne pas manquer.

février 18, 2008

De consiliis

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Début de randonnée – tout près de la station de métro de la 7e avenue et la 12e rue ouest

« J’ai la maison à la plage. Ça, c’est la classe ! » – Paroles entendues – en français dans l’original – prononcées par un jeune homme qui passait devant chez nous, vers 23 h 20 samedi soir. Qu’est-ce qu’on est cosmopolite, non ?

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On prend la navette dans la station de la place du Temps vers la Grande Gare Centrale

Depuis une semaine je suis un programme d’exercices tout à fait nouveau, dans l’espoir qu’il va m’encourager à plus de diligence au gymnase. Bon, après cinq jours d’exercices plus ou moins normaux, le programme m’a indiqué que pour la sixième journée il fallait faire un peu de randonnée en plein air. Ah ! J’ai donc fait comprendre ce devoir au copain, qui voulait bien m’accompagner dans une petite expédition.

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Aux guichets de la ligne de Harlem dans la Grande Gare Centrale

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La gare est pleine de flics plutôt décontractés

On s’est décidé à nous rendre au Jardin botanique de New-York dans l’arrondissement du Bronx où l’on pouvait marcher à la vitesse requise (assez élevée) pendant quarante-cinq minutes (le minimum) – on a laissé la voiture au garage et on a pris le transport en commun pour tout le trajet : d’abord le métro, qu’on a pris à la Grande Gare Centrale, en prenant la Navette entre la place du Temps et la Grande Gare Centrale. À la gare, on a mangé le petit-déjeuner dans l’aire de restauration au sous-sol et à 10 heures 26 notre train de banlieue est parti pour la gare du Jardin botanique.

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Les cireurs au sous-sol de la gare

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Liste des stations

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Vers le quai de train

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Des HLM à Harlem

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Nos cités à nous, mais en fait, j'ai l'impression que cela s'améliore en ce moment

Il est sans doute tout à fait ridicule d’aller visiter un jardin botanique en plein hiver – en fait, on n’y a vu même pas une seule feuille verte (il y avait quand même des conifères, qui font plutôt peur au copain, qui y voit une flore de gobelins, de kobold et d'elfe – un paysage Seigneur des Anneaux).

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La bibliothèque Mertz du Jardin botanique de New-York

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Des colverts dans la rivière Bronx

Il y avait très peu de monde dans le parc, que traverse la petite rivière Bronx, à part quelques ornithologues amateurs munis de jumelles et de cannes. Il faisait beau, mais frais, et l’on a exploré le parc à notre gré sur des chemins dans la forêt.

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Un chemin de forêt

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Un ancien moulin à tabac bâti en 1840 par l'industriel Lorillard de qui la Société botanique a acheté la propriété

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Des séquoias

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Dans le jardin des conifères

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Le pont Hester

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Des chutes d'eau dans la rivière Bronx

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Le dôme central du conservatoire Enid Haupt

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Le jardin est bien entretenu mais un peu ennuyeux tout de même

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Entrée au conservatoire Haupt

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La bibliothèque Mertz de près

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Tout nu dans une fontaine gelée !

Après une heure et demie de marche à pied accélérée (à part les pauses photo), on est retourné à la gare et le copain a voulu explorer un peu le quartier résidentiel qui bord le Jardin – il s’appelle Bedford Park et c’est à majorité d’origine hispanique, avec beaucoup d’autres nationalités.

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Le quartier de la gare du Jardin botanique au Bronx

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Dans le quartier du parc de Bedford

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Des appartements sont disponibles ici

On a acheté des tasses de thé chez des jeunes épiciers arabophones et l’on a continué vers la petite gare, où un petit homme élégant en cravate et en pardessus, les cheveux noirs tout cirés, pratiquait des pas de danse sur le quai avec des pigeons.

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On rentre à Manhattan en traversant la rivière Harlem

Dimanche le copain annonce qu’il a envie de prendre part à une séance de hatha yoga offerte par notre salle de sport – en principe et selon mon programme, j’ai droit à un jour de repos, mais je veux bien essayer le yoga dont on parle tant dans certains milieux. On se met donc dans la petite salle à la lumière glauque – il n’y que des femmes, à part nous, et les plus dévotes ont apporté leurs propres tapis, en vert et en rose. Une femme à côté du copain nous conseille d’enlever nos chaussures et nos chaussettes et on lui obéit. L’animatrice entre : c’est une petite femme d’une quarantaine d’années, les cheveux teints en blond, qui porte des pantalons de survêtement et un t-shirt modique mais moulant. Elle met dans la chaîne stéréo montée sur le mur un CD d’un homme qui chante des hymnes yoga et l’on commence nos « postures ». En fait, tout ce tortillage me fait suer comme un cochon – les femmes font tout très facilement, sans une goutte de transpiration. On fait le guerrier, le cobra, le triangle. Je me torche le front. On répète. Je retorche. Après une heure de ça, je suis crevé et trempé de sueur. Je remercie l’animatrice, qui s’appelle Ellen, de sa patience avec nous, les débutants.

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L'air du temps dans la 10e rue ouest

Mon programme à moi avait prévu une « flânerie » d’une période indéterminée et nous nous sommes donc décidés à effectuer une lente promenade jusqu’aux temples de l’informatique que sont les magasins Apple (à Soho) et J&R (dans le quartier financier). On a pris la rue Hudson, et on a pris le petit-déjeuner dans un petit bistrot de quartier sympa qui s’appelle Out of the Kitchen et qui se trouve au numéro 420.

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Une plaque commémorative d'une visite en 1824 du marquis de La Fayette à l'école publique Nº 3 qui se trouve toujours dans la rue Hudson

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L'entrée taguée du bistrot Out of the Kitchen dans la rue Hudson, à l'angle de la place St-Luc

Le repas terminé, on a continué notre promenade vers la rue Prince et le magasin Apple, le premier à New-York, qui se trouve dans un bureau de poste réaménagé.

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Une maison ancienne en brique dans la rue Charlton


Bourré de monde, comme toujours chaque week-end.

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Tout le monde veut toucher le nouveau portable super-mince

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Une messe Mac d'après l'évangile de St Steven Jobs – la fille présentatrice était très bien, elle disait plein de choses intéressantes

On descend la rue Greene jusqu’à la rue du Canal, où je passe au magasin de matériel d’artiste Pearl pour inspecter les stylos plume pas chers.

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Du monde dans la rue du Canal le dimanche

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Ah ! C'est bien ça, New-York – le contraste entre l'immeuble romanesque et le gratte-ciel

On continue dans Broadway, on passe le bâtiment fédéral Jacob Javits, d’une laideur pénible, et l’admirable immeuble néo-renaissance construit pour le grand magasin A T Stewart en 1846 avant de devenir le siège du journal The New York Sun en 1917 (c’est maintenant des bureaux municipaux), récemment nettoyé, ensuite le tribunal Tweed et l’hôtel de ville, pour arriver à J&R. Le copain a envie de se renseigner sur les téléviseurs et surtout sur les récepteurs haute définition, mais il n’y en a pas. On regarde ensuite plusieurs marques d’aspirateurs (les Dyson sont chers, ma foi !) et on passe aux rayons DVD – moi j’achète La Cage aux folles pour 10,99 $ seulement, le copain s’achète une collection de la série The Outer Limits. Puis on passe chez les ordinateurs, où le copain achète un clavier et une souris sans fil. On rentre chez nous par métro.

Aujourd’hui c’est la fête aux présidents – la Bourse est fermée, ainsi que la Poste, mais il y a beaucoup de gens qui travaillent normalement, comme le fait le copain, chez qui c’est un « jour de congé facultatif » – on a droit à un certain nombre de jours de congé et l’on choisit ceux qu’on veut prendre.

C’est drôle, la semaine dernière on a dîné avec ce type que l’ami galeriste avait invité à nous rejoindre au restaurant Morandi. On voit comment l’homoparentalité est vue d’un œil plutôt favorable ici – même pour un parent homo qui s'est séparé de son ancien « partenaire ».

Je suis les nouvelles de Kosovar avec un peu d’appréhension – la naissance d’un nouvel État-nation me paraît un peu « vieux jeu », à moins qu’il ne s’agisse seulement d’une étape nécessaire avant que le pays ne s’inscrive dans l’unité plus grande de l’Europe. Mais, en dépit de toutes ces bannières étoilées qu’on a brandies à Pristina, c’est pas mon affaire !

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Personne n'a plus de culpabilité pour rien ici, comme l'indique cette pub dans le métro

Il y a des nounours pour tout. Voici des nounours de la sécurité. Notre gouvernement, il est bien gentil gentil, vous savez, et il pense à tout pour nous.

février 15, 2008

Heres

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Encore de tristes histoires d'aventuriers new-yorkais –
et à deux pas de chez nous !

Les parents du copain ayant décommandé à la dernière minute, je me suis rendu au Garage des Gourmets pour acheter de quoi faire un petit dîner intime chez nous : de radis frais au sel et des petites carottes servies au houmous épicé pour commencer, des choux de Bruxelles qu’on prépare à la française, c’est-à-dire au beurre et selon la recette du Larousse de la Cuisine, d’épinards sautés à l’ail (aïe, beaucoup d’ail) – plat plutôt italien, une tranche de saumon poché toute petite, et comme dessert, de fraises fraîches importées on ne sait trop d’où coupées en deux et arrosées de quelques cuillerées de rhum antillais. On a tout mangé ! La table desservie et les ordinateurs fermés, on s’est allongé sur le canapé du salon afin de pouvoir regarder en tout confort, toutes les lumières éteintes, le film Netflix qu’on a depuis quelques semaines : L’héritière, film de 1949 en noir et blanc de William Wyler avec, en vedette, la belle Olivia de Havilland, Parisienne depuis les années 1950. Le scénario du film est basé sur la nouvelle Washington Square d’Henry James, où l’on trouve, parmi les joyaux de sa langue, des phrases qui m’ont frappé, à une certaine époque bien particulière dans ma vie, comme un coup de fouet, dont celle-ci : Love demands certain things as a right; but Catherine had no sense of her rights; she had only a consciousness of immense and unexpected favours. » Il était agréable aussi de regarder le jeune Montgomery Clift au maximum de sa subtilité galante – et quelle fine taille !

Ma lecture quotidienne continue à alterner entre les livres d’actualité et de politique en anglais, la fiction anglophone et la littérature française. Je viens de terminer a Takeover : le retour de la présidence impériale de Charlie Savage, journaliste au journal The Boston Globe. Le style n’est pas très élevé, mais son contenu – qui n’est en effet qu’une longue et triste liste des déprédations politiques et « légales » commises par Bush & Cie (et surtout par la petite cabale à Cheney) depuis 2001 – est profondément important, et pénible à lire (pour cela, je recommande les commentaires chez Amazon.com, comme celui-ci qui commence: « As a doctor, I should not allow you to read this book in one sitting lest your cynicism and despair find nothing left to weep about. »). Maintenant je me suis tourné vers un roman à suspense du romancier anglais Neil Bartlett, qui s’appelle Skin Lane – La ruelle de la Peau, rien que ce titre me donne déjà la chair de poule ! Et c’est écrit dans un style assez théâtral – M. Bartlett est aussi auteur de pièces de théâtre et cela se sent dans l’écriture – on a presque envie de le lire à haute voix.

Le service Internet est, comme vous le voyez, de retour – mystérieusement, sans raison ni explication, mais bon, « à cheval donné on ne regarde pas la bouche » et de toute façon on n’a pas annulé le rendez-vous fixé pour demain après-midi avec le technicien de la grosse Time-Warner (d’où on a coupé l’infâme et défaillante AOL de la raison sociale – hi hi !)

Je n’ai rien à dire sur la tuerie qu’on a eue en Illinois – c’est comme des écrasements d’avions, des atterrissements de comètes – cela arrive, on en est désolé mais on ne trouve pas un moyen logique de les éviter tout à fait. Voyager seulement en train ? Changer de galaxie ? Suivre des cours entourés d’agents de police ou de militaires armés ? Est-ce qu’on peut éviter toutes les malheurs ? Faut-il quand même essayer ? Et dans tous les cas ? Je ne sais pas.

février 14, 2008

Naufragi

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La maison de Carrie devant chez nous sous une légère couche de neige – photo pour Olivier de Montréal, qui a un nouveau carnet tout beau, tout élégant ! Félicitations !

C’est exaspérant, on n’a plus de connexion Internet par câble depuis avant-hier. Notre fournisseur Internet est la gigantesque société Time-Warner et eux, ils ont mis un message sur leur répondeur disant qu’il y avait une panne de service dans un secteur qui allait de la rue Charles au sud jusqu’à la 11e rue ouest au nord, de la rue Bleecker à l’ouest jusqu’à la 4e rue ouest à l’est – c’est-à-dire que nous, on se trouvait exactement au milieu de la zone perturbée ! Donc, pas de courriel, pas de carnets, pas de nouvelles. On serait bien comme des naufragés sur une île déserte, coupés du monde extérieur (ou bien presque).

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L'angle de la 4e rue ouest et de la rue Perry

Ce qui nous a obligé mercredi matin à feuilleter de nos propres mains le journal papier comme un couple de vieux schnocks – ben, moi je lisais tranquillement, sirotant mon café au lait, pendant que le copain marchandait au téléphone avec un représentant d’une de ses cartes de crédit qui lui avait fait monter le taux d’intérêt à 30 pour cent parce qu’il avait été en retard de cinq jours pour un paiement – il a réussi à le faire baisser à un taux de « 5 % au dessus du LIBOR – le taux d’intérêt interbancaire offert à Londres – ce qui reviendrait à un taux d’environ 15 %, donc la moitié.

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En descendant la 4e rue ouest vers la place Sheridan
Obama a donc gagné ce tour. Les sénateurs démocrates se sont montrés lâches comme tout et comme toujours.

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Les lumières de la place du Temps par un temps de tempête de neige

Comme il faisait un temps de chien mardi, on en a profité pour nous rendre au guichet TKTS (quand il fait mauvais, il y a moins de touristes) – mais arrivé au guichet à 19 h 10, on découvre à nouveau que les producteurs de Broadway sont toujours en train de remanier les horaires des spectacles afin d’encourager les banlieusards de bien vouloir venir en ville et depuis un certain temps on commence certains spectacles (et pas tous !) à 19 heures les mardis et l’on avait évidemment manqué la pièce qu’on voulait, mais on a pris des billets pour une autre pièce que Paris-Broadway m’avait recommandée et que j’avais envie de voir, August : Osage County, qui, étant assez long (en trois actes, ce qui est très, très rare de nos jours), a commencé à 19 h 30 – une drôle de pièce, il s’agit d’un drame familial assez compliqué où le comique est mêlé au catastrophique. C’est loin d’être parfait, mais j’ai plutôt aimé.

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Vers le numéro 1, place du Temps, quand il neige

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Devant le théâtre Imperial, où les sièges sont tout petits, tout étroits !

Le lendemain, donc hier soir, comme il faisait toujours aussi désagréable, on est retourné aux guichets TKTS où une lesbienne de ma connaissance m’a donné d’excellentes places pour The Farnsworth Invention, pièce réaménagée d’un scénario de cinéma par l’écrivain de télévision et scénariste célèbre Aaron Sorkin sur l’invention de la télévision. Intéressant mais avec pas mal de problèmes d’ordre technique – trop de monologues explicatifs, pas assez de drame de caractère, par exemple, mais je me suis toutefois amusé de le voir sur scène. On a dîné après au Film Center Café dans la 9e avenue – il est agréable de voir des gens en train de boire d’énormes martinis à 23h30 la veille d’un jour de travail (ce qu’on appelle ici tout familièrement un « school night ») !

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Devant le théâtre La Boîte à musique dans la 45e rue ouest, où les sièges sont plutôt petits là aussi !

Après plusieurs appels, les techniciens de Time-Warner Cable nous ont dit qu’il allait finalement être nécessaire d’envoyer un technicien chez nous – ce samedi après-midi, entre 14 et 18 heures ! Donc, plus d’Internet chez nous avant samedi soir. Et c’est pour cela que je me trouve actuellement au bureau du copain, en plein Bâtiment de l’État Empire, avec son accès Internet sans fil.

Pas de plans pour ce soir de St-Valentin – on va peut-être sortir avec les parents du copain, ou les inviter à venir dîner chez nous. Très romantique, n’est-ce pas ?

février 12, 2008

Miscellanea

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Au Village, par un temps d'hiver typique

On a dîné samedi soir à la campagne avec l’amie écrivain et les « parents parfaits » (leur « perfection » vient du fait qu’ils ont réussi à élever des enfants parfaits dont l’aîné, modeste et charmant, passe de Harvard à Oxford en automne pour poursuivre ses études en langues classiques et la cadette, belle et adorable, rentre de l’Afrique où elle a passé son « gap year », une sorte d’année sabbatique avant d’aller à l’université, à travailler dans une entreprise à renforcer les talents entrepreneurs des femmes – avant d’entrer, elle aussi, à Harvard en automne.) L’amie écrivain a révélé qu’elle avait voté au Connecticut pour M. Obama. Comme le père parfait. Moi aussi j’ai marqué Obama, mais la mère parfaite a voté pour Mme Clinton.

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Fin de soirée au restaurant Pò dans la rue Smith à Brooklyn

Je viens d’entendre des extraits de remarques tout à fait dégoûtantes énoncées devant la BBC par le juge de la Cour suprême Antonin Scalia. Un petit fasciste satisfait à la façon de Giuliani (et de son antécédent autoritaire Mussolini). Comment va-t-on nettoyer toute la machinerie de l’État de ces esprits minables ?

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Dimanche dernier on a vu d'étranges et belles éclaircies par un temps assez pourri, comme celle-ci dans la 8e avenue à Chelsea

La romancière et lauréate du prix Nobel Doris Lessing croit qu’on assassinera un président Obama – et elle n’est pas seule à y croire.

On vote aujourd’hui dans des primaires au Maryland (Terre-Marie ? – c'est plus joli, non ?), en Virginie et dans le District de Columbie (c’est bien lâche, je trouve, d’écrire « Columbia ») – c’est les primaires « Potomac », pour le nom du fleuve qui traverse ce pays.

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Vers le sud de l'île de Manhattan, à partir de l'appartement de l'ami galeriste dans la 23e rue ouest

Avec une guerre contre la drogue et une guerre contre le terrorisme, aura-t-on bientôt une guerre économique contre le Venezuela du président taquin Hugo Chávez ? M. Chávez menace de couper la vente de pétrole aux États-Unis en réponse à la décision de « geler » 12 milliards de dollars chez des pays ayant des « biens » vénézuéliens, dont la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, les Antilles néerlandaises et les États unis à la demande de la société pétrolière Exxon dont le régime Chávez a nationalisé les opérations au pays.

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C'est comme cela qu'on procède à une mise à jour de logiciels pour le Mac maison chez l'ami galeriste

Il fait froid – enfin, diraient certains – mais je ne l’aime point, surtout quand il manque de chauffage dans le taudis. Cet après-midi il va neiger – je vais peut-être faire un effort et me forcer d’aller acheter ce soir des billets pour une pièce de théâtre aux guichets TKTS – j’ai envie de voir et The Farnsworth Invention (qui ferme le 2 mars) et August : Osage County.

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Il n'y a vraiment plus de restaurants « gais » à New-York, mais le charmant bistrot 44 1/2 sert de substitut passable, avec de serveurs jeunes et jolis qui aiment bien flirter et tout et tout... ; )

J’essaie de mettre à jour ma musique chez iTunes et je remarque que, malgré mes vaines prétentions aux idéals de l’ordre, de la modération et de la correction (l’ apollinisme de Nietzsche, notons), je vois que j'ai des tendances profondément dionysiaques (toujours selon la définition nietzschéenne du terme) – comment expliquer toute cette musique trance et danse et ces opéras de Wagner ! (Eh oui, la Naissance de la tragédie reste une œuvre clef de mon Aufklärung personnelle.)

février 10, 2008

Almæ


Face aux crimes que commettent en nos noms si allégrement les Cheney, les Bush, leurs laquais, leurs lèche-bottes, tous ceux qui haïssent profondément l’humanité partout dans le monde, quelques numéros de danse purifieront l’âme salie. (Paris-Broadway, vous avec reconnu combien de ces clips ?) Un grand merci aux artistes qui cherchent en dépit de tout à créer un peu de joie, de beauté et de bonheur (y compris des monteurs de clips comme celui-ci !)

février 09, 2008

Purgamus

Comment faire cesser la guerre en Irak en quelques jours seulement : rétablir la conscription universelle sans aucun sursis pour les études et il y aura une grande marche sur Washington pour demander le retrait des militaires en moins d’une semaine – de la part des parents neo-cons dont la progéniture est à Harvard, Princeton, Yale, etc.

Atonement : de la mièvrerie banale pseudo-anglaise – une Angleterre basée moins sur la réalité de l’entre-guerres que sur les émissions et les films récents sur cette époque. (Par analogie, c’est croire qu’on est vraiment preppy et de grande famille en portant les chemises Polo dix fois plus chères que celles des anciennes chemises Brooks Brothers qui ont été la source de la copie. Désolé, mais Ersatz ist immer Ersatz.) Et puis, à la fin, s’est-elle vraiment expiée pour avoir menti et pour avoir ainsi détruit deux vies (au moins) en n’ayant écrit qu’une vingtaine de romans à succès et ayant vécu une longue vie visiblement confortable malgré la maladie inguérissable qu’elle (jouée par l’excellente Vanessa Redgrave) annonce sur l’émission ? Moi, je n’étais pas convaincu. (Aparté assez drôle – en achetant mon billet pour le film au multiplexe dix-écrans de Pierreville, le guichetier – un ado genre loser bourru – m’annonce sans sourire qu’il n’y a pas de chauffage dans la salle 7. C’est bien pour cela qu’on n’a eu qu’une dizaine de spectateurs robustes (et enveloppés de manteaux et de bonnets) à la séance de 19h20, où l’on nous a fait vraiment ressentir les privations de l’Europe en 1940 !).

Saviez-vous que John McCain est né au Panama ? Sur la base navale Coco Solo lors de l’occupation américaine de la Zone du canal.

février 07, 2008

Annus novus



過年好

Bye-bye, Mittens. Snif. (Bof, en vérité on s’en moque tout à fait !)

Dans l’état de New-York Mme Clinton a reçu les suffrages de trois-quarts des hispaniques. M. Obama n’a pas pu convaincre les Juifs âgés (on estime le vote juif dans l'état de New-York à 16 pour cent dans cette élection), mais les Juifs jeunes éprouvent moins, de toute apparence, cette hésitation envers l’idée d’un président noir à un nom arabe. (C’était pareil pour les Juifs du Nouveau-Jersey, mais par contre, les Juifs au Massachusetts et au Connecticut ont préféré Obama ! Oy vey !)

À New-York, comme en Californie, on voit sur la carte (voir ci-dessous) la Petite Chine tout en violet foncé, ce qui montre que les électeurs asiatiques ont choisi Mme Clinton à un fort pourcentage. Ce sont les noirs et les blancs jeunes, aisés et éduqués – les bobos, quoi ! – qui se sont prononcés le plus en faveur d’Obama – on n’a qu’à regarder le vert du Village et de Harlem !

J’adore les cartes et en voici quelques-unes qui donnent beaucoup d’informations intéressantes sur les votes dans la ville de New-York et au Massachusetts.

Et aux États-Unis.

Hier soir on est allé à Brooklyn dîner avec l’ami bengali et son copain médecin oncologue qui part pour trois en Afrique du Sud où il s’occupera d’une clinique à Durban où l’on traite des cancers dus au sida. Le médecin avait réservé une table dans un restaurant italien dans la rue Smith au nom de – il s’agit de la succursale brooklynienne d’un célèbre restaurant du même nom au Village – décor simple et agréable, accueil cordial, cuisine excellente, et prix pas trop élevés ! On y retournera avec plaisir.

Plus de confidentialité pour les disques durs qui passent la frontière. Est-ce qu’il va falloir s’acheter un « portable de voyage » dans lequel on n’y mettra pas de jolies photos pornographiques ? On a de moins en moins de droits, nous.

février 05, 2008

De amicis familiaque

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La façade de l'hôtel Surrey dans la 76e rue est

J’ai rejoint donc ma sœur et mon beau-frère de Philadelphie à l’hôtel Surrey dans la 76e rue est vers 18 heures – logement pas luxueux mais très comme il faut, genre WASP correct, pas trop cher surtout vu l’adresse – on est en février, la période la moins chère de toute l’année pour les chambres d’hôtel à Manhattan.

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Dans le hall de l'hôtel Surrey

On avait dit à l’amie architecte qu’on serait à l’ambassade vers 18 h 30, le copain a donc proposé qu’on prenne un apéritif au célèbre bar Bemelman’s dans l’élégant hôtel Carlyle – je n’ai pas osé prendre de photo. Ma sœur a commandé un manhattan, pour des raisons évidentes, le copain a choisi un « Gin-Gin Mule » qui mélange du gin, du jus de citron vert, de la bière à gingembre brassée maison et de la menthe, le beau-frère un « Vieux Cubain » dans lequel on trouve du rhum et de l’amer avec un peu de champagne, et moi, qui ai pris un verre de champagne. À côté de moi deux hommes distingués, aux cheveux gris bien coupés et en costumes élégants, buvaient des martinis avec une belle femme blonde et racée qui leur expliquait pourquoi elle allait voter pour Barack Obama. C’était tout de même un peu drôle d’entendre une pareille conversation dans un tel décor de luxe et de privilège. Les deux hommes semblaient d’accord avec elle – une autre femme élégante est venue s’asseoir à la petite table, on s’embrassait et puis on a recommencé à parler politique.

Nous, nous sommes allés à pied vers le bel hôtel particulier dans lequel se trouvent les services culturels de l’ambassade de France, dans la Cinquième avenue, au numéro 972. Il a fallu d’abord trouver nos noms sur une liste et puis passer au vestiaire déposer les manteaux avant de monter le grand escalier pour accéder aux salons du premier étage, où l’on nous a mis des flûtes de champagne aux mains. Un vrai cocktail de personnes – des jeunes, des vieux, des survêtus, des trop relaxes, des branchés, des égarés, des beaux et des monstres de tous les sexes.

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M. Viguier remercie l'ambassade pour l'exposition et ses clients pour l'avoir choisi

Toutes les présentations étaient en anglais. M. Jean-Paul Viguier, ancien élève de Harvard, parle un anglais impeccable, avec un léger accent français très agréable.

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Une sélection des invités à l'ambassade

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Un drapeau tricolore illuminé flotte devant l'ambassade dans la Cinquième avenue

On a quitté l’ambassade vers 20 heures pour nous rendre au restaurant mexicain Arriba Arriba dans la 3e avenue – ma sœur, qui portait des talons hauts peu confortables, m’a engueulé de l’avoir fait marcher ! Une margarita bien frappée l’a pourtant calmée (Dieu merci) et on a passé une bonne soirée avec des amis new-yorkais de l’architecte parisienne.

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Dans le restaurant mexicain – peu de monde un lundi soir

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La tour de l'hôtel Carlyle par un soir de brouillard

Aujourd’hui on a fixé rendez-vous devant l’entrée de la Collection Frick dans la 70e rue est – j’étais allé voter au Centre gai et lesbien dans la 13e rue ouest, où il y avait du monde – où il est toujours agréable de traîner parmi des Fragonard, des Vermeer, des Rembrandt, des Hals et un Parmigiano éblouissant en exposition particulière.

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Le centre gai, lesbien et transsexuel où j'ai voté dans la primaire démocrate ce matin

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La Collection Frick, côté jardin

Ensuite on a fait du lèche-vitrine dans l’avenue Madison, en descendant le trottoir jusqu’au magasin Barney’s où l’on est entré pour essayer quelques parfums (j’ai dû me réapprovisionner en Chergui de Serge Lutens) et pour voir des chaussures – ma sœur est pédilonomane (fana de chaussures) grave ! On a continué notre promenade en passant d’abord chez Apple, bourré de monde, et ensuite chez Bergdorf, où le rayon Chaussures Couture était bondé (en dépit de la chute de la bourse !).

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L'église St-James dans l'avenue Madison – l'église la plus mondaine de New-York

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L'intérieur de l'église St-James

Chez Tiffany, par contre, il n’y avait personne, les vendeurs bavardaient entre eux (les clients de Tiffany suivent-ils le cours de la Bourse, tandis que les femmes qui s’achètent des chaussures super chères chez Bergdorf l’ignorent ou s’en foutent ?) On est allé manger des sandwichs club dans un petit restaurant dans la 57e rue est avant de nous séparer devant l’entrée de métro de l’avenue Lexington et de la 64e rue est, où j’ai pris le F pour rentrer au Village.

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L'avenue du Parc vers le nord

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Et la 57e rue est

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Le quai solitaire de la station de métro de l'avenue Lexington et la 64e rue

Et maintenant on commence l’attente télévisuelle avec le journal de la BBC, suivi de celui de l'ABC et ensuite le JT du PBS.

février 04, 2008

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Chez des pédés comme il faut, on a le droit d'attendre des bougies – beaucoup de bougies !

On est rentré a New-York hier après-midi, après notre soirée réussie – mais qu'est-ce qu’il est pénible de conduire quand il y a un soleil d’hiver très bas qui brille directement dans les yeux tout le long de l’autoroute.

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Tom Brady dans une pub

On a, malgré le peu d’intérêt qu’on porte au football, regardé le Bol Super pour quelques minutes – le quart-arrière des Patriotes (équipe anciennement de Boston, et maintenant de toute la Nouvelle-Angleterre) Tom Brady est beau gars (on le voit assez souvent à New-York accompagné de sa petite amie brésilienne et new-yorkaise le mannequin Gisele Bündchen), mais l’amie partenaire en course à pied nous rappelle qu’on aime bien aussi le quart-arrière des Jets (officiellement de New-York mais ils jouent au stade du Meadowlands dans le Nouveau-Jersey) Eli Manning – bon, à chacun et à chacune son goût !

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Le quart-arrière des Jets Eli Manning

Pour le reste, on a regardé la daube de spectacle de mi-temps du groupe Tom Petty and the Heartbreakers, tous aussi antédiluviens que moi donc ne je vois pas l'intérêt, quel piètre choix (on ne voulait pas risquer une nouvelle « dysfonctionnement de garde-robe » ou quelque chose de trop sexy). Il n’y avait qu’une seule pub qui m’a fait sourire : celle-ci. La remarque sur le clown est géniale. Vers onze heures hier soir on a entendu des cris de joie des passants dans la rue pour la victoire de l’équipe de New-York. Il y aura un défilé de célébration mardi dans le quartier financier.

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Rentré du dîner saoul et content, on a eu un dernier verre de champagne – pour aider à dormir ! – après avoir réallumé toutes les bougies et replacés les candélabres sur la table basse au salon, toujours indifférent au danger d'incendie !

On a vu quelques flocons de neige ce matin mais l’on s’attend à ce qu’il redevienne de la pluie dans l’après-midi. Ma sœur et mon beau-frère arrivent de Philadelphie et l’on va tous aller, avec le copain, à un vernissage pour une expo aux Services culturels français dans la 5e avenue sur l’architecte Jean-Paul Viguier qui s’appelle « Maquettes froides » – une amie d'université et aussi une des demoiselles d’honneur de ma sœur à son mariage travaille chez M. Viguier et c’était donc un bon moment pour se réunir un soir, puisque l’amie doit partir pour le Texas à cinq heures demain matin. Je lui ai demandé où elle voudrait dîner ce soir – « Oh, anywhere’s fine, just not French ! » m’a-t-elle répondu, donc on ira manger mexicain dans la 2e avenue. Elle habite Paris depuis des années avec son mari et ses deux fils ados et elle n’a jamais perdu son doux accent de Virginie (en anglais).

Et puis, mardi, c’est le Super Mardi des primaires – j’ai l’impression qu’Obama gagne de plus en plus parmi les « non décidés ». Nos amis à Pierreville qui ne sont pas républicains purs et durs (eh oui, il y en a toujours !) penchent pour la plupart vers Obama, si seulement pour marquer leur désir réel de changement. C’est pareil pour ma sœur, qui votera pour Obama en Pennsylvanie. Tout le drame qui entoure continuellement les Clinton fatigue – on a envie de voir un visage moins connu sur l’écran de télévision, d’entendre une voix autre que celle de Mme Clinton aux accents plats et nasaux du Moyen Ouest. C’est drôle aussi que la femme du gouverneur Schwarzenegger, Maria Shriver, s’est prononcée pour Obama

Cette vidéo devient virale ! Pas besoin de me dire combien je suis faible et sentimental et pipolisé et maniable et tout et tout, je le sais trop bien. J’ai apprécié aussi qu’on l’ait faite sans la permission ni même la connaissance de la campagne officielle.

février 02, 2008

Cena gallica

Le copain et moi, nous donnons un dîner ce soir à la campagne et j'ai composé le menu avec le chef, un type enthousiaste et énergique, qui a bien voulu faire quelque chose « de français » ce soir. Voilà le menu qu'il m'a montré – en français. (Ça lui a fait grand plaisir d'essayer de créer quelque chose d'exotique, et je lui ai remercié des efforts qu'il a déployés pour me faire un dîner correct – et il faut se rappeler qu'on apprend le français ici de moins en moins. Et en plus, on est à la campagne, où les notions sur la cuisine française s'approchent de celles qu'on aurait sur la cuisine martienne.)

Saturday Evening with a French Flair

Les Fromages

Brillat Savarin
Petite Basque Pur Brebis
Le Epoisses

Les Huitres

Royal Miaggi, British Columbia


Appetizer

Crabe avec Aioli Frais


Entrée

Noix de Veau aux sauce Chausser, Pommes Rosti, Haricot Vert


Mousse aux Saumon et Coquille, Pommes de Terre, Haricot Vert, Sauce Béarnaise


Assiette a Dessert

Surprendre Fantastic!!!

Oui, on a corrigé çà et là, et j'ai pas compris les huîtres avec les fromages (on a changé l'ordre de service un peu aussi), mais je le trouve vraiment très bien qu'il a voulu faire un effort – et en français !

Bon week-end à tous. Et toutes mes félicitations aux nouveaux mariés !

février 01, 2008

E Persia nihil

Est-il normal que l’Iran soit coupé d’Internet ? Deux câbles sous-marins ont été coupés avant hier dans la mer Méditerranée, l’un tout près d’Alexandrie, en Égypte, et l’autre ou tout près d’Alexandrie aussi ou, d’après le New York Times, au large près de Marseille. Cette troisième coupure, dont on ignore toujours la cause, a eu lieu vendredi matin dans le golfe Persique. Espérons qu’on n’est pas en train de faire encore des bêtises dans la région.

Veneris dies

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Le temps qu'il fait

Le vent hurle comme une âme vengeresse – c’est le mauvais temps qu’il annonce, un temps de pluie, de crachin à venir. N’importe. J’aime bien regarder les vagues grises et nerveuses, un vaste tapis qui bouge. Je suis arrivé hier soir, un peu en retard à cause d’un accident de route dans lequel un énorme poids lourd s’était renversé au-delà de la barrière, la cabine tout à fait écrasée, des policiers et des pompiers partout.

Avant d’aller à l’appartement, je suis passé m’approvisionner en vivres au supermarché – à cette heure-là on nous fait acheter ce qu’il faut dans une obscurité assez sinistre, ils expliquent ça en disant que c’est pour faire vert et économiser de l’électricité, on a tout de même un peu l’impression de se trouver dans un film fin du monde où tout le monde a disparu et où les services automatiques commencent à faillir.

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Mais c'est comme une mise en scène sortie d'un film de Stephen King – l'assassin à la hache sanglante apparaîtra tout à l'heure

Le caissier unique est, depuis quelques semaines, un jeune type d’origine, il me semble, indo-arabe, très aimable, très souriant et infiniment plus intelligent que les caissiers qu’on y avait avant dont la plupart semblaient sortie d’un asile d’aliénés bienveillants, mais cinglés, aux perruques éclatantes et mal fixées. Mais le pauvre, sa caisse ne marchait pas et il y avait une longue queue de paumés comme moi qui n’achetaient qu’une seule chose – une barre de chocolaté, par exemple, ou un sandwich à emporter – mais la machine ne voulait pas lire le code ni afficher l’article sur l’écran – le jeune homme prend le micro, baisse la musique d’ascenseur qu’on y joue, et demande, dans un accent assez fort : « Assistance, number 12. Assistance, number 12. » Il raccroche et attend, tout comme ceux qui font la queue. On regarde un peu autour, personne n’arrive de nulle part. Le caissier s’excuse en haussant ses épaules. Enfin un gnome en jeans et casquette à l’allure hispanique approche et lui donne une petite clé qu’on tourne dans la machine et voilà, on repart. Deux jeunes losers se font payer en espèce l’argent en monnaie qu’ils ont versé dans la machine à compter les pièces de monnaie. Moi je paie ce que j’ai dans le chariot, le jeune caissier s’excuse toujours. Je prends mes sacs et retourne au parking presque vide.

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Ce que j'avais dans mon chariot: des clementines espagnoles, du jus d'orange, des yaourts, des chips (c'est malsain, je sais), des roses, du lait écrémé, etc

Les plaques du Vermont me font peur – le propriétaire et sa femme habitent le Vermont et depuis que la vieille dame qui était ma voisine est partie pour une maison de retraite au Massachusetts – qu’elle a appelée son « garage » où elle allait faire réparer les pièces cassées de son corps – le couple, le mari et sa femme, s’est installé dans l’appartement. En théorie, ils l’ont aménagé pour le fils, un jeune homme qui n’est venu qu’une seule fois derrière le volant d’une Mercedes décapotable aux plaques du Connecticut. Mais les parents aiment être ici plus que le fils, il me semble.

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Je suis allé voir le film documentaire « Doc » au Film Forum avec une amie

De toute manière on n’est pas à Tahiti ici, ni même à Miami – tous ceux qui peuvent se sont échappés vers des climats plus doux, plus accueillants et les petites rues de Pierreville sont désertes – on entend, au-dessus du sifflement du vent constant et le claquement frénétique des petits panneaux métalliques des noms de rue, le passage d’une voiture toutes les quinze minutes, c’est dire combien Pierreville se trouve en hivernage profond. Tout est gris, solitaire, renfermé.

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Chez Florent, dont on ne sait toujours pas l'avenir – Florent était là, avec son copain l'écrivain Peter Cameron, mais je n'ai pas voulu lui demander devant tout le monde

J’ai renoncé à téléphoner à l’amie écrivain – elle me demanderait à venir chez elle pour lire cet après-midi, mais j’ai envie de rester seul. J’irai à la salle de sport – c’est la seule discipline que j’arrive à maintenir, je ne sais pas trop pourquoi, puisque je sais très bien que je me trouve sur la pente descendante de mon physique – les muscles s’affaiblissent, les articulations me font mal, la vue se brouille. On fait semblant de ne pas l’apercevoir, mais c’est ça, le stratagème. On évite les photos prises il y a des années où la chose qu’on remarque le plus n’est pas le sourire qu’on a, ni les amis qui vous entourent, mais la couleur foncée des cheveux – ah ! j’ai changé tant que ça ! Merde. Qu’y-t-il à faire que de replonger dans l’ignorantisme le plus complaisant, et d’aller à la salle de sport, même par un temps de tempête (oh, il doit neiger beaucoup au Québec – et au Vermont, c’est pourquoi peut-être le couple vermontois d’à côté vient de monter dans leur petit break Subaru (saviez-vous que c’est la voiture préférée des lesbiennes aux États-Unis ?) pour rentrer peut-être chez eux, dans les montagnes Vertes, avant qu’il ne tombe trop de neige.

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Toujours chez Florent, au comptoir – on y voit aussi la belle Darinka, maîtresse d'hôtel exceptionnelle

Ensuite il faudra faire le ménage – on a invité des gens chez nous demain soir, des vieux. Le copain arrivera ce soir par le train – s’il n’a pas d’urgence chez un de ses grands clients, une firme de recherche marketing dont l’un des serveurs a éclaté hier.

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Moi, quand je fais folle, je le fais à donf, et je vais chez le fleuriste dans la 10e rue ouest acheter des bouquets que j'apporte avec moi, sur la banquette arrière de la voiture, pour mettre sur les tables demain soir, puisque, franchement, y a pas de fleuriste correct à la campagne ; )

Bon, il fait tellement froid dans l’appart que je viens de succomber à la luxure d’allumer le radiateur électrique (oui, je suis radin pour certaines choses, dont faire monter la facture de l’électricité). Il y a maintenant des bouffées d’air chaud qui me caressent les jambes, c’est chouette – je suis en short athlétique, puisque je compte me rendre à la salle de sport bientôt.

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Voilà, par demande populaire, ma photo en short – si, si, je vous assure, c'est bien moi ; ) – par une lumière flatteuse

Le copain m’appelle, il me menace de ne pas pouvoir me joindre à la campagne ce soir – histoire du serveur – et je lui dis « Bon, j’accepte cela, mais il faut tu sois ici demain après-midi » – c’est-à-dire, au moins deux heures avant l’arrivée prévue de nos invités. Grand silence révélateur. Finalement, il dit « Tu ne comprends pas. » « Je comprends qu’on a fixé cette date depuis un mois déjà et je comprends que la boîte préfère que tu travailles chez eux quand ils sont fermés, mais je ne comprends pas pourquoi tu ne peux pas leur dire que ce samedi soir, ce n’est pas possible, et qu’on ne peut pas tout faire toujours hors des heures de service, surtout quand ça peut prendre plus de douze heures. » Silence. (C’est pour des choses pareilles – inutiles et idiotes – qu’on divorce, les amis !)

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Une bannière étoilée — et ensanglantée ! Il s'agit du dernier tableau d'une artiste dont on m'a demandé d'écrire un mot pour le catalogue – elle a honte de Bush et de ce qu'on a fait depuis les dernières années au nom des États-Unis, mais elle suppose cyniquement qu'un vieux ricard chauvin va l'acheter sans en soupçonner rien

Et dans le grand monde, hors de Pierreville, que se passe-t-il ? Microsoft veut acheter Yahoo. (Gros bâillement.) On recommence les attentats à Bagdad. (Soupir). M. McCain, qu’on appelle ici le « doddering and clearly senile and delusional crackpot » (non, je ne traduis pas), semble être sorti victorieux du débat républicain mercredi soir avec M. Romney, tandis que chez les démocrates, Mme Clinton et M. Obama se sont comportés comme des écoliers intelligents et très bien élevés. Tant mieux pour eux. Allez, je m’en vais faire bomber les biceps et la poitrine. Ça fait jeune.