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mars 31, 2008

Aeger ego

Une grippe d'origine inconnue (aucun accent espagnol, ni piaillement suspect) me prend depuis vendredi soir. Couché à 19 h 45, je me suis réveillé à 9 h 45 le lendemain et j’ai passé le reste de la journée de samedi à sommeiller dans le lit et à terminer un long bouquin en fin de compte assez remarquable, un vrai billet doux à la France et à la ville de Paris, qui s’appelle The Underground City (1958). Œuvre de jeunesse, avec les excès qu’on peut imaginer, mais aussi remplie de moments et de personnages tout à fait saisissants – une centaine de pèlerins sourds-muets en train de monter par erreur dans un avion soviétique à destination de Moscou (on est en pleine guerre froide) au lieu d’un autre avion à destination de Lourdes et de Rome. Une longue et complexe méditation par un type élégant du Quai d’Orsay au nom de Merseault sur les raisons de la défaite française en 1940, dans laquelle il se moque âprement du slogan anglo-saxon « Death before dishonor ! » : « There is no honor in extinction. » C’est long et l’auteur manie la langue d’une manière très francisée (il est parti pour Paris en 1948 et là il a fondé avec des amis The Paris Review en 1953) et je l’ai trouvé tout à fait fascinant. La fièvre s’est calmée hier pour remonter ce matin, c’est embêtant. Rien à faire – il faut seulement attendre que cela passe.

mars 27, 2008

Recalefactus

Hmmm, ça sent le Têt réchauffé.

C’est drôle, on n’en parle pas très spécifiquement, et je crois que c’est parce que les journalistes américains n’osent pas quitter les lieux (plus ou moins) sûrs de la Zone verte à Bagdad. On sait très bien qu’il se passe quelque chose d’important à Bassora et à Kout, mais on n’en a que quelques infos « officielles » et donc suspectes.

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La Colline de la Lanterne, lieu de la randonnée hebdomadaire samedi dernier

C’est une amie d’un certain âge qui m’a dit, quand je lui ai indiqué qu’on allait se promener dans l’île de la Grange samedi dernier, en dépit de l’éventuelle menace de chasseurs, qu’il valait mieux faire notre promenade sur la Colline de la lanterne, un monticule de granit et de schiste qui se trouve à une douzaine de milles au nord-ouest de Pierreville, où son second mari lui avait fait la cour. Mais elle ne se rappelait plus comment on s’y rendait. Les cartes Google n’ont pas aidé non plus. Finalement, on a trouvé une carte détaillée dans la voiture et l’on s’est mis en route vers le nord. En l'occurrence, il n’y avait aucun indicateur du début de sentier, seulement quelques voitures aux plaques « étrangères », c’est-à-dire des états de New-York, du Massachusetts, et du Vermont stationnées sur le bord d’une étroite rue de campagne. On a trouvé quelques mètres libres pour garer notre voiture et puis on est parti à l’escalade du sommet.

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Début de randonnée

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Ça monte !

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Vers le nord et le complexe de Foxwoods

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« Le Bois du loup »

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Un sentier étroit

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La forêt en hiver

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Le lac en bas de la colline

C’est curieux de voir le complexe du casino de Foxwoods, le plus grand du monde par superficie, qui surgit de la forêt comme un motel Howard-Johnson affligé d’éléphantiasis architectural. Après notre excursion dans la nature, le copain a voulu poursuivre la journée dans l’irréalité du casino, ce qu’on a fait. J’ai d’abord craint d’être mal habillé, mais j’ai vite compris qu’il n’y a aucune tenue vestimentaire obligatoire – c’est la liberté absolue !

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Le nouvel hôtel MGM Grand ouvrira bientôt

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La Colline de la lanterne au fond, vu du 5e étage du parking

Et qu’est-ce qu’ils sont gros, les visiteurs – rha la la, c’est pas possible, le nombre de personnes obèses qui y circulent, entre les salons de glace et les « taquéries » mexicaines.

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L'entrée au casino Faiseur de pluie du parking du même nom

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Des milliers de machines à sous – fumeur et non-fumeur, puisqu'on peut toujours fumer au Casino – mais probablement pas pour longtemps, l'état gueule contre

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Des effets « naturels » abondent

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Un Indien en verre, derrière des visiteurs asiatiques

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On y a créé un faux village mignon

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Ainsi qu'un faux « district des théâtres »

Il y a trois « centres de jeux » à Foxwoods – celui qui s’appelle Rainmaker ou « Faiseur de pluie » est le plus prolétaire, à mon avis, le Grand Cèdre est plus « comme il faut » et le Grand Pequot est le plus « classe » – mais tout cela, c’est très subjectif, puisque l’ensemble ressemble le plus à un centre commercial des plus banals, aux tons insipides de violet et de vert – c’est du « middle American » au plus haut degré de raffinement. Rien ne doit offusquer le client éventuel en étant trop « exclusif » ou trop « snob ». C’est tout à fait l'opposé du Casino de Paris à Monte-Carlo, en effet, et c’est clair que cela marche très bien, d’un point de vue financier.

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Encore des bancs de machines à sous étincelantes

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La tour centrale de l'hôtel vue d'une des salles de jeux

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Dans l'un des corridors commerciaux

Le copain et moi, nous avons dîné dans un restaurant qui s’appelle California Pizzas et on a très bien mangé pour pas beaucoup d’argent – une pizza au poulet comme entrée, une pâte pour lui, une grande salade pour moi en plats – du thé glacé pour moi, puisque je conduisais, une bière pour lui. C’était plein de monde.

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Une salle de jeux aussi gigantesque qu'étonnante

Le copain a joué la somme énorme de 10 $ sur les machines à sous de 2 cents (si, si, il y en a, et même d’un cent seulement, mais là, j’ai refusé net, ça faisait beaucoup trop bas de gamme je trouvais !)

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Pour la « fête des œufs » l'amie a fait une garniture de table d'œufs fermiers

On n’avait rien de prévu pour le repas de Pâques – une amie nous avait invités chez elle pour des sandwiches (elle ne fête pas non plus la journée du Jésus Zombie) et puis d’autres brebis égarées de croyances diverses se sont ajoutés au « repas » qu’on a dû suppléer çà et là un peu magiquement, à la manière des http://site.voila.fr/reconfort/page5.html pains et des poissons.

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Elle s'appelle Liquorice, elle a deux ans et elle vient d'être adoptée par la fille de notre amie – elle est adorable et me fait manquer Betty

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Un peu de performance dans la place de l'Union hier soir, quand j'allais rejoindre le copain et sa sœur, son beau-frère et ses nièces, tous venus de Los-Angeles, au restaurant espagnol Pipa

mars 22, 2008

Mors dei

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L'air du temps – une affiche « défigurée » à Chelsea

N’ayant que peu d’affaire avec les fées célestes qu’on fête ce week-end, ni même avec les lapins magiques porteurs d’œufs en chocolat, on est allé à la campagne en toute simplicité – le vendredi qu’on appelle ici « good » l’était en particulier à cause de l’absence marquée de circulation vers sept heures du soir. On a quitté donc Babylone sans trop d’ennuis, à part quelques taxis diaboliques conduits par des djinns maléfiques sans doute sans papiers, pour nous retrouver sur la route du Connecticut (c’est là où habite M. Attias, le mari nouveau de Cécilia, qu’il épouse aujourd’hui à Manhattan).

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On a joué au cache-cache routier avec cet énorme VTT Escalade super-gangsta jusqu'au pont des Trois Arrondissements

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Dans la 25e rue ouest, entre les 10e et 11e avenues

Jeudi soir on est allé à un vernissage à la galerie de l’ami galeriste pour une peintre réussie, mais pas spécialement branchée. Ce qui veut dire qu'il n'y avait que très peu de collectionneurs et beaucoup d'amis et de membres de la famille, c'est-à-dire des nuls pour tout galeriste.

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Au vernissage

Les parents du copain nous ont rejoints et ensuite on est allé dîner au restaurant Bette qui se trouve au rez-de-chaussée de la tour sud-ouest de la Terrasse de Londres, immense immeuble résidentiel qui prend à lui seul tout un bloc, entre les 9e et 10e avenues et les 23e et 24e rues.

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Dans le restaurant Bette dans la 23e rue ouest

C’était vraiment très agréable – du jazz comme fond sonore, une carte sophistiquée mais pas trop, une ambiance tamisée, un peu cher mais qui valait le coup. Curiosité – à côté de nous il y avait une tablée de huit personnes – de jeunes hommes et de jeunes femmes de toutes les couleurs, tous très élégants – qui se parlaient en langue des signes ! C’était, ma foi, d’une élégance spectaculaire, de voir des gens boire des cocktails, riant et souriant comme des fous, tout en faisant tournoyer les mains de la façon la plus merveilleuse. J’étais bien jaloux de leur chic.

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Décoration de porte d'entrée plus ou moins bipartisane, dans la 12e rue ouest

Aujourd’hui, pour ma randonnée hebdomadaire, on va se promener dans l’île de la Grange, une préserve naturelle à quelques minutes de voiture d’ici. Il n’y a pas, hélas, de collines (ça compte pour beaucoup dans le schéma, les élévations, mais il n’y en a pas beaucoup par ici) mais c’est de la nature.

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C'est aussi l'air du temps de ces derniers jours – une affiche voyante collée à la vitrine d'un restaurant italien – les jeunes Italiens n'ont pas voulu ou pu payer leurs impôts, et le restaurant a été saisi par l'État de New-York

Une vidéo méchante, dans laquelle John McCain subit la condamnation d’avoir aidé à Airbus dans la sélection d’un avion ravitailleur pour l’aviation américaine. C'est Boeing qui gueule, bien sûr. J'adore aussi l'accent du mec qui parle. De la francophobie à court terme.

mars 19, 2008

Cum vagitu

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J'attends avec impatience le retour de la saison bête et stupide, douce et ensoleillée

« This is the way the world ends
Not with a bang, but a whimper
» - T S Eliot

C’est le refrain final du poème The Hollow Men qui date de 1925, (poème cité d'une manière très touchante dans la pièce August: Osage County). Toujours pessimiste quand il faut réfléchir sur le sort de l’homme, je ai murmuré la phrase archiconnue (non, je ne revendique pour moi-même aucune éducation littéraire hors du commun) ce matin en lisant l’éditorial paru aujourd’hui dans le Washington Post au sujet du discours donné hier par le candidat démocrate Barack Obama sur les propos « antiaméricains » de son pasteur le révérend Jeremiah Wright en particulier et sur le racisme américain – son passé, son avenir – en général.

Parlons franchement : il me semble que cette affaire ait réussi à faire échouer la campagne de M. Obama. La menace du « Black Power » et les clips révérend Wright, comme celui-ci, en train de crier – ou de prêcher, c’est selon – « God damn America ! » et « We have supported state terrorism against the Palestinians » ont torpillé sa candidature. Les paniquards « centristes » auront peur d’un extrémisme caché, les pro-Israël craindront une politique plus « équitable » au Moyen-Orient, les vieux blancs se rappelleront les images d’émeutes à Watts ou d’après le procès d’OJ Simpson et les vielles dames en Floride et dans les banlieues blanches frissonneront de nouveau d’appréhension en voyant approcher un homme noir à pied sur l’autre trottoir. Hillary se tait, bien sûr – tout se passe à sa faveur, la menace d’un noir encourage un vote pour elle. John McCain dit des bêtises à Bagdad – on se bat contre al-Qaïda ou contre l’Irak ou contre l’Iran – ou contre tous les trois, ou seulement contre un ? Lui, il n’a vraiment aucune idée, mais l’absence de cohérence géopolitique chez un homme politique n’a jamais, de toute évidence, trop inquiété l’électorat américain, pour qui il a suffi qu’on eût envie de prendre un pot avec tel ou tel candidat pour satisfaire tout à fait l’obligation de compétence. Obama perdra donc la primaire de Pennsylvanie, les superdélégués de plus en plus anxieux réviseront leurs inclinations gentiment pro-Obama en faveur d’une candidate plus « sûre », c’est-à-dire moins déstabilisante, et Hillary sera couronnée à Denver, à l’écœurement d’une partie importante du Parti démocrate (et de beaucoup d’Américains noirs, que l’on ne l’oublie pas). Là, nous nous retrouverons devant un bien beau choix : la sénilité belliqueuse et vicelarde de McCain ou le machiavélisme égoïste et argenté de Clinton. Pssssssssss… c’est le son de l’air qui échappe du ballon d’État, c’est l’Empire qui s’essouffle sous le poids de trop de médiocrité vénale et bornée. Non, cela n’éclatera pas, il n’y aura aucun grand bruit, on pleurnichera seulement, en se demandant tout doucement « Mais, on est arrivé ici comment ? »

Voici en bas quelques photos de la « randonnée » au parc de la Perspective à Brooklyn samedi dernier.

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Dans le métro à la station de la 14e rue, où il y avait des travaux sur la ligne 1, la raison pour laquelle on y voit tant de gens sur le quai un samedi matin

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Une belle façade « néo-vénitienne » à la sortie du côté de Brooklyn, juste devant la place de la Grande Armée

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Il y avait dans la place un petit marché fermier

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C'est l'Arc des Soldats et des Marins, une version brooklynienne de l'arc parisien avec des touches de la Porte de Brandebourg en haut

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Une colonne énorme de l'ensemble – un soupçon « fasciste », mais avant l'usurpation tendencieuse de ce mot

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Un énorme immeuble résidentiel sur le Parc qui rappelle ceux de Riverside Drive à Manhattan

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Vue du parc de la Perspective

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Un terrain de baseball – la saison commence bientôt !

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L'escalier vers le point le plus haut du parc

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La volaille

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Le lac aux cygnes (gourmands)

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Le pavillon oriental

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Le centre Audubon

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Intérieur du centre Audubon avec son joli plafond de tuiles glacées de céramique verdâtre

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À cause du copain, qui ne se sentait pas bien, on a dû couper court notre randonnée et nous nous trouvons ici sur le quai de la station de métro du parc de la Perspective

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Le copain étant rentré chez nous, j'ai continué jusqu'à Chelsea – ici, la 7e avenue à l'angle de la 23e rue

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Je suis rentré à pied de mes courses à Chelsea, en passant par cet hôtel en chantier qui enjambe une partie du parc de la « Ligne Haute »

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Le printemps nous arrive à pas de tortue, mais l'aire de jeu de la rue Bleecker se remplit de plus en plus de bourgeons humains

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Dimanche soir on est allé dîner dans le Village Est avec l'ami galeriste – on a choisi ce petit restaurant de 26 places qui s'appelle 26 Seats – restaurant français un peu décevant, à vrai dire – cuisine médiocre, prix assez élevés, service bêtement snob par deux jeunes femmes ni sophistiquées ni très aimables – le talon d'Achille de bien trop de restaurants français par ici

mars 17, 2008

Nuntii

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Le nouveau gouverneur de New-York, David Patterson

Bon, on a, depuis treize heures aujourd’hui, un nouveau gouverneur de l’état de New-York. Il s’appelle David Patterson. Il est noir, aveugle, originaire de Harlem et, selon la plupart des informations, notoirement aimable. Je lui souhaite bonne chance.

On continue à découvrir des corps parmi les dégâts de l’immeuble de quatre étages démoli dans un accident de grue de vingt-deux étages ( ! ). À présent, on compte sept morts. C’est une chose qu’on redoute toujours à Manhattan sans pourtant trop y penser (pour des raisons évidentes).

Je me demande comment ceci va se dérouler : les verdicts dans le procès de M. Nacchio, ancien PDG de Qwest Communications, ont été annulés sur appel. Pour mémoire, Qwest figurait parmi les quelques sociétés de télécommunication à refuser « l’ordre » du régime Bush pour la surveillance sans mandat (et donc illégal) – et l’on ne lui a pas permis de produire des témoignages à ce propos devant le juge. Maintenant on pourra demander des questions bien gênantes aux autorités du Ministère de la Justice qu’on sait déjà plus ou moins corrompues.

Sanctus Patricius

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Lá Fhéile Pádraig Sona !

On dit que Saint Patrick a chassé les serpents de l’Irlande. Quand trouverons-nous notre « Saint Patrick » pour nous débarrasser des vipères républicaines de nos rives ?

Bellum alimentorum


Une histoire alimentaire des guerres américaines (merci à Joe.My.God)

mars 16, 2008

Culturalia

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Le théâtre Booth, où l'on joue The Seafarer

Mercredi dernier, c’était l’anniversaire de ma sœur qui est venue de Philadelphie pour voir deux pièces de théâtre qui l’avaient tentée : August : Osage County et The Seafarer. (Son mari professeur ne pouvait pas l’accompagner puisqu’il lui fallait des cours très tôt jeudi matin.) Elle est arrivée chez nous vers midi, par le train rapide, et l’on est allé acheter nos billets aux guichets TKTS. Nos places étaient excellentes, au troisième rang un peu à droite, dans le théâtre Imperial. Une très bonne représentation de matinée (la pièce dure plus de trois heures) devant un public composé pour la plupart de vieilles banlieusardes qui ont applaudi avec enthousiasme.

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De la politique mercantile chez Marc Jacobs dans la rue Bleecker

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Devant le théâtre Imperial – c'est cette pièce qu'on a vue en matinée, l'autre plus tard le soir

Après une pause pipi et une tasse de thé chez nous, on est retourné à la place du Temps pour acheter nos billets pour la pièce importée de Londres The Seafarer. Ma sœur est un peu amie avec l’acteur David Morse qui joue le rôle important de Sharky, c’est pour cela surtout qu’elle a voulu voir la pièce. Il s’agit d’une de ces pièces irlandaises, lourdes et symboliques, dans lesquelles tout le monde parle dans un fort accent irlandais souvent difficile à suivre – dans celle-ci, le Diable arrive en costume (oui, c’est à ce moment-là où j’ai commencé à bâiller intérieurement) pour réclamer l’âme d’un des habitants de la petite maison de la banlieue de Dublin. Les acteurs étaient tous bons, mais la pièce m’a laissé froid. Pour fêter l’anniversaire de ma sœur, on est allé dîner au restaurant Sardi’s. Il n’y avait que quelques touristes comme nous, mais la cuisine était bonne, la salle rouge très agréable et l’on a eu un bon Saint-Émilion, un Château Moulin de Lagnet 2003 et l’on s’est bien amusé.

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De la décoration « irlandisante » pour la St-Patrick lundi

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Un vieux parcmètre dans l'avenue Madison – il n'est pas nécessaire de payer après 19 heures – l'ami galeriste s'y connaît !

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Une nouvelle tour résidentielle dans l'avenue Madison

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Dans la Cinquième Avenue devant le musée Métropolitain

Vendredi soir, puisqu’on avait décidé de rester en ville ce week-end, l’ami galeriste nous a invités d’accompagner lui et une amie à lui qui enseigne l’histoire de l’art aux fins fonds de la Floride au musée Métropolitain, où nous avons vu (trop rapidement, à mon avis, mais bon, j’y retournerai) l’exposition Gustave Courbet, organisée par le musée Métropolitain, le musée d’Orsay et le musée Fabre à Montpellier.

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La galerie de sculpture européenne vue d'un corridor au 2e étage

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Entrée à l'exposition Courbet – avec un membre du public

Une très belle et intéressante expo – je ne savais pas que Courbet avait été arrêté pour sa participation aux événements de la Commune.

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Quelques Rodin

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L'Orage de Pierre-Auguste Cot – du style pompier le plus délicieux

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Dans les galeries d'art européen

renseignementsmet.jpgLe bureau de renseignements au musée, vu d'en haut

Après plusieurs échecs à trouver une table dans un restaurant « marrant » (c’est le critère principal de l’ami galeriste), on est finalement allé dans le Village-Est à un restaurant sicilien, Cacio et Vino dans la 2e avenue, tenu par trois jeunes Italiens où la moitié de la clientèle parlait italien aux serveurs. Excellent vin italien pas cher, une bonne pâte aux sardines pour moi, des pizzas pour les autres.

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Une pizza végétarienne

Samedi, le copain a eu un peu de mal à se lever (trop de vino rosso, je suppose) mais on a finalement réussi à prendre le train nº 2 pour la station de la place de la Grande Armée à Brooklyn, d’où je cherchais faire la randonnée hebdomadaire en explorant le célèbre parc de la Perspective (des photos à suivre !)

mars 14, 2008

Videamus

C’est quand même frappant si l'on réfléchit un peu sur les différences actuelles des états d’âme respectifs de nos deux pays.

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Mme Sarkozy

En France on se demande si la dernière Mme Sarkozy serait enceinte à cause d’une toute petite bosse au ventre (elle a, il faut l’avouer, une forme superbe, la première dame de France, et j’aime aussi la robe, qui lui va à merveille à mon humble avis.)

Par ici, on a bien sûr les plaisirs bien artificiels de l’American Idol, mais il y a aussi ces deux clips d’infopub créés par la MTV et trouvés chez No Comment sur un sujet bien moins « hilarant » par ces temps de torture, de prisons secrètes, d’espionnage illimité de citoyens innocents.

Les paroles homophobes insensées de cette folle du Kansas – une politicienne républicaine, naturellement – ont fait le tour du carnetosphère politique américain, mais cette version les rend encore plus, euh, poignantes. Ça s’appelle « La Ballade de Sally Kern ».

Mais malgré tout il y a de quoi espérer mieux...

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Le jeune Barack Obama et sa mère

Il y a, par exemple, cet article sur la mère de Barack Obama m’a fait grand plaisir – ah ! Qu’est-ce que j’ai connu de filles comme elle, ces filles têtues qui n’ont pas accepté le cynisme matérialiste à la mode, qui ont refusé le glamour people en tant que valeur existentielle ! On les trouvait bornées, difficiles, bêtement hippies. La mère de M. Obama se voulait cosmopolite, ouverte au monde, indépendante. Elle n’était pas du tout chic, mais elle s’est levée à quatre heures du matin pour assister aux cours d’anglais par correspondance de son enfant. Et elle lui a fait écouter des enregistrements des discours du Dr Martin Luther King. Elle est morte d’un cancer à l’âge de cinquante-trois. Une vraie « real American ».

mars 11, 2008

Varia

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Dans le parc de la pointe du Cap où j'ai fait la randonnée requise samedi dernier

Notre gouverneur Spitzer nous déçoit, mais sa chute réjouit les traders.

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Une brève pause dans la pluie – c'était le même orage qui a plus tard battu l'Angleterre et l'ouest de la France

Notre soi-disant président nous déçoit toujours, mais ne nous surprend plus. Malheureusement.

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On s'est égaré tout bêtement dans ces marais d'estuaire (pour éviter les bruyères épineuses qui m'avaient déjà déchiré la figure – j'ai dû étancher le sang qui coulait avec mon sweatshirt !)

On suit les cours de la Bourse et du dollar, tous les deux en baisse considérable ces derniers jours (ce matin, pourtant, c’est la foire aux bonnes affaires dans la rue du Mur), comme si l’on regardait un accident de voiture au ralenti. Nos candidats présidentiels n’en parlent mot, et l’on comprend bien pourquoi – eux, ils n’ont aucune solution « amicale à l’électorat » à cette crise économique structurale exacerbée énormément, sinon causée directement par Bush et Cie. Aujourd’hui c’est la primaire au Mississippi – on présume qu’Obama la gagnera.

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La plage déserte

Moi, je me félicite des bons résultats qu’a reçus la liste de M. Delanoë dimanche dernier. Je sais bien qui si j’habitais Paris j’aurais peut-être une opinion différente du maire (mes amis du XVIe et du Ier ne l’aiment point, surtout à cause des voies d’autobus qui ont, selon eux, foutu la pagaille dans la circulation parisienne) mais vu d’ici, depuis la Septième Avenue, il est celui qui a créé Paris Plage, les vélibs, les nuits blanches, un Paris moderne, innovateur, qui va de l’avant.

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Un banc solitaire dans la pluie au parc de la Pointe du Cap à Groton, au Connecticut

Le passage à l’heure d’été dimanche dernier nous a porté un coup – c’est bizarre que le placement d’une petite heure soit si important.

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Ces murs de pierre en pleine forêt montre qu'il s'agissait autrefois de pâturage – le terrain de cette partie du Connecticut est trop pierreux, c'est pourquoi les premiers colons ont continué vers l'ouest et vers les plaines fertiles et beaucoup plus faciles à épierrer de l'Ohio et de l'Indiana

On me signale que le club de stripteaseurs masculins 20/20 (qui n’est ouvert que le dimanche soir) devient un lieu de rencontre privilégié pour les galeristes new-yorkais. Ce qui me rappelle l’époque où Karl Lagerfeld « rhabillait » sa muse en assistant aux shows présentés autrefois au théâtre Gaiety dans la place du Temps.

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Un coin de salon d'un couple ami à la campagne – les meubles sont couverts d'un tissu français – c'est un ancien imprimé Braquenié, je crois

mars 06, 2008

Hibernus

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Paysage d'hiver aux alentours de Pierreville

On mène une vie très tranquille en ce moment – du travail, un peu d’écriture (pour laquelle on remet quelques sous, youpi !), on passe à la salle de sport. On ne voit pas beaucoup de monde, sauf les week-ends. Samedi dernier nous sommes allés, le copain et moi, à une soirée « hétéro » où il y avait plusieurs couples d’environ notre âge, tous mariés, presque tous avec des enfants. Des journalistes, des graphistes, même un prof de maths marathonien. On s’est quitté très tôt dans la soirée puisqu’il fallait que tout le monde s’occupe de ses enfants.

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Le repos du poète – la pierre tombale de James Merrill et de son copain au cimetière de « Pierreville », par où je suis passé en faisant la randonnée hebdomadaire

La course à la Maison Blanche commence à me taper sur les nerfs – il est maintenant beaucoup moins question de politiques différentes que de coups bas réussis. C’est assez démoralisant.

Vu la Bourse et l’état plutôt déplorable des finances américaines (merci encore à Bush et Cie d’avoir dépensé trois trillions de dollars empruntés pour la plupart de la Chine populaire pour payer leur folie), l’économiste quasi amateur Andy Tobias nous conseille de « vivre en dessous de nos moyens » – ce serait le moment de ne pas trop dépenser. Ce qui fait peur bien sûr aux grands magasins, et ainsi de suite...

On attend, donc, à savoir qui des trois derniers candidats sera finalement choisi à diriger cet empire boiteux et troublé. Si c’est McCain, on peut craindre la folie militaire et dépensière à toute allure (l’économie s’effondra, nos libertés disparaîtront encore plus vite, on punira « les coupables » et tous ceux qui ne seront pas assez « patriotiques ») ; si c’est Clinton, ce sera plutôt comme maintenant (elle aime le style dictateur autant que Bush) mais avec beaucoup plus de vocifération de la droite et l’on sortira sans doute toutes sortes d’histoires désagréables sur Mme Clinton, dont certaines seront sûrement vraies et donc nuisibles à sa présidence ; si c’est Obama, cela offrira au moins un soupçon de différence, où l’on pourra revoir la position des États-Unis dans le monde. Si Obama gagne, je parie ce sera la fête à New-York – tous nos amis européens reviendront en masse (et pour eux c’est si peu cher !) pour observer et pour se joindre aux festivités dédiées au premier président américain d’origine afro-américaine. Les problèmes fondamentaux ne changeront pas, hélas, et n’importe quel président américain va avoir plein d’ennuis. Je me demande comment une nation américaine anxieuse et mécontente va réagir devant ces nouvelles réalités problématiques.

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Après l'orage

J’ai regardé à la télé ce soir un représentant de l’état de Washington qui bêlait tout bêtement sur le choix d’EADS par l’armée de l’air pour construire de nouveaux aéronefs spécialisés. Il ressemblait tout à fait aux ouvriers mécontents à South Park qui hurlaient « They took our jobs ! » quand les ouvriers de l’avenir « retournent » pour trouver du travail à des salaires infimes. C’est déprimant aussi les attentats à Bagdad et à Jérusalem. Quel monde...