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mai 31, 2008

Nuntii

Des infos qui indiqueraient qu’il y a de quoi se poser des questions sur le fairplay véritable de la justice militaire établie par les Bushistes pour les détenus « terroristes » – on vient de virer un juge militaire à Guantánamo. Sans explication. Hmmm...

Le Comité des Règlements et des Arrêtés du Parti démocrate se réunit à Washington aujourd’hui – les trente membres du comité doivent considérer les cas des délégués « choisis » par les électeurs des états de Floride et de Michigan. C’est drôle, je trouve, que ce spectacle, qui est en fin de compte d’ordre assez technique, soit télévisé, mais c’est, on ne peut pas le nier, très démocratique.

Les médias américains font semblant d’être choqués par l’accusation faite par l’ancien porte-parole de Bush Scott McClellan sur la lâcheté de la presse avant l’invasion de l’Irak mais l’histoire des événements montre très bien qu’ils mentent – et combien ! Mais il doit être difficile de dire la vérité quand vos bosses vous demandent de mentir et vous paient des millions de dollars par an pour ce faire.

mai 30, 2008

Casus

Encore une grue qui tombe par terre à Manhattan – cette fois, cela a eu lieu dans les environs de la 1ere avenue et de la 91e rue est. Il y aurait, il paraît, des blessés.

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Les nouveaux gratte-ciel dans le quartier de la Ville de l'Île Longue à Queens, en face de Manhattan

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Pas beaucoup de monde sur l'autoroute F D Roosevelt en direction du Pont des Trois Arrondissements, le bâtiment de l'ONU en face

Un week-end un rien excessif – trop de soleil, trop de vin, pas assez de sommeil. On y rentre ce week-end, mais ce sera sans doute plus calme, rien qu’une petite séance de signature demain après-midi (quand on prévoit des orages passagers) pour un petit bouquin écrit par une femme locale sur un meurtre horrifique qui s’est passé en 1874, suivie d’un dîner d’amis.

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L'entrée au Musée d'art du Bronx, dans la Grande Avenue (Grand Concourse)

Hier soir on est allé assister au deuxième gala de levée de fonds du Centre communautaire de Fierté du Bronx, qui est un client du copain.

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La table des enchères dites « silencieuses »

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Le maître de cérémonie était un drag queen talentueux

À vrai dire, je ne m’y attendais pas à grand-chose (on y est allé par métro, par le train B jusqu’à la station de la 167e rue dans le Bronx) mais je me suis amusé. Les gens du Centre font un travail important dans un milieu très défavorisé. Leurs efforts et leur esprit m'ont vraiment touché.

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Une partie de l'assistance

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Le sénateur d'état Tom Duane, séropositif, gai, et homme politique depuis des lustres

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Il y avait une belle sélection d'hommes politiques locaux dont le sénateur d'état Eric Schneiderman (il est plus beau qu'ici, où il était en train de mâcher quelque chose)

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Et le représentant à la Chambre José Serrano

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Ça m'amuse de photographier les photographes – mais ça les gêne !

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On félicite deux jeunes hommes, dont un membre du Conseil d'Administration du Centre, qui viennent de se marier en Afrique du Sud, un mariage que le gouverneur de New-York a en quelque sorte reconnu par sa directive aux bureaux de l'état

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Le Conseil d'Administration, avec quelques amis

On a pris un taxi-gitan pour rentrer à Manhattan (prix de 20 $ convenu à l'avance, le chauffeur était bangladeshi et après une longue et bruyante conversation téléphonique en bengali, il s’est plaint à nous du prix de l’essence – 4,49 $ le gallon chez les stations-service Amoco, d’après lui, ou dix cents moins que chez Mobil. En plus, il va voter pour Obama.)

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Extérieur du nouveau stade Yankee qu'on est en train de construire

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Et l'ancien stade Yankee

On est ensuite passé chez l’ami galeriste où l’on buvait du champagne sur la terrasse – des amis, des mannequins, des collègues de travail. Tout le monde attend avec impatience la fin du règne de Bush – sauf une femme pour qui la sécurité d’Israël serait le sujet le plus important dans cette (et toute) élection américaine. Pour elle, Obama est tout simplement trop pro-palestinien, un point c’est tout.

Il y a beaucoup de bruit autour des « révélations » de l’ancien porte-parole de Bush, Scott McClellan, et surtout sur la lâcheté des médias (il y a d’excellents articles ici et ici de Glenn Greenwald sur ces laquais présentateurs TV qui se disent journalistes). C’est agréable mais je crains que cela ne changera pas grand-chose – il faut surtout rompre les liens entre la presse et les intérêts militaro-industriels. (À mon avis, c’est la faute de la soi-disant dérégulation médiatique commencée par Reagan en faveur de ses amis riches.)

En allant vers la station de métro pour nous rendre au Bronx hier soir, on a croisé une toute petite Sarah Jessica Parker habillée d'une manière correcte et absolument pas grande vedette qui marchait dans la 4e rue ouest – le Times n'aime pas le film qui sort aujourd'hui, mais le Washington Post le trouve assez drôle. J'irai probablement le voir.

J'essayerai demain de répondre au questionnaire que Laurent m'a si gentiment adressé il y a quelques jours. Hélas, mes goûts culinaires sont si simples, si peu intéressants !

mai 22, 2008

Pagani

Les scientifiques gais à l’attaque contre le gène chrétien

« We have already prevented this rat from being born Christian, and hopefully humans will follow. »

(Merci à Feltham Rambles, à Terre-Neuve, où l’on ira en juin. À l'accent, il s'agit de comiques australiens.)

mai 20, 2008

Cantamus

Ah, les délices transportants, voire franchement ineffables, du concours Eurovision ! Voici la sélection azerbaïdjanaise – Elnur et Samir qui chantent Day after Day dans un anglais dûment sinistre et difficile à comprendre (mais c'est mieux comme ça, vous ne trouvez pas ?)

Tout à fait extraordinaire, non ? Et mille fois plus agréable que de réfléchir à une victoire éventuelle de McInsane aux présidentielles. On choisira le gagnant dans la soirée du 24 mai 2008 à Belgrade. (Merci à Ohlalamag.com de me l'avoir rappelé.)

mai 19, 2008

Nimis

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On est en train de « refaire » le Bâtiment de l'État-Empire, en chassant, par exemple, les petits locataires pour en faire de « grands bureaux » de première classe

J’écris ce billet au son de gouttes qui tombent, tap-tap-tap, du plafond du couloir qui relie les salles « publiques » de notre bouge aux « privées » au fond dans les deux récipients, dont un saladier en faux bois et un bol à mélanger en inox, que j’ai mis par terre pour remplacer la serviette très vite mouillée que j’y avais mise au début de la fuite d’eau ce matin. Je suis monté d’abord frapper sur la porte du ménage de losers qui habite au-dessus de nous – la dernière fois qu’il nous est arrivé d’avoir une fuite, c’était à cause de la monstrelette qui avait oublié de fermer le robinet du baignoire, mais cette fois le monsieur – je ne sais pas s’il s’agit du père, du frère de la mère, du petit ami de la mère ou d’un coloc quelconque – mais il m’a ouvert la porte torse nu, tout en hurlant au portable, me répondant avec irritation « No, it’s not here ! » à la question que je lui avais posée, à savoir s’il y aurait eu de nouveau une histoire d’inattention nuisible (ah qu’est-ce qui me prend ! J’ai l’impression de parler comme un avocat !). Mais la fuite continue. J’ai donné un coup de téléphone au bureau du proprio, dont le fils m’a promis d’envoyer leurs « gens » pour l’inspecter. Toujours personne.

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Voici l'entrée du nouveau bureau du copain

Le copain a signé son contrat de bail pour un tout petit bureau dans un immeuble en face du Bâtiment de l’État-Empire, au numéro 347 de la Cinquième Avenue, ce qui lui fera changer de code postal – son nouveau sera le 10016. On compte faire le déménagement en fin juin – c’est bête, mais le BEE demande qu’on déménage durant les heures de travail seulement et le nouvel immeuble insiste qu’on emménage ou après les mêmes heures, c’est-à-dire, après dix-sept heures ou en fin de semaine. Dites donc, les matheux, c’est un problème pas facile à résoudre, n’est-ce pas ?

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Le hall d'entrée est assez bien – il y a même un coiffeur au fond

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Le copain n'aura pas cette vue sur l'entrée du Bâtiment de l'État-Empire – on coupe l'espace en deux et ces fenêtres appartiendront à l'autre locataire – qui paie plus

nouveaubureau.jpg Une partie du nouveau bureau

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Du bureau on peut voir un morceau de la Cinquième avenue

(Ah, les « gens » du proprio sont arrivés – ce sont deux petits bonhommes hispaniques qu’on appelle communément « Frick and Frack » puisqu’ils sont toujours ensemble. « Aaaaaaaaahhh » ils ont commenté à l’unisson en voyant mes deux bols remplis d’eau rouillée. « We must go upstairs. » J’ai souri, hochant la tête bien sagement. On verra ce que ça donne.)

Mercredi soir on a reçu les parents du copain qui voulaient récupérer l’exemplaire de Final Exit : The Practicalities of Self-Deliverance and Assisted Suicide for the Dying qu’ils se sont fait commander par le copain. C’est joli, non ? Ils disent que ça « les conforte » d’avoir des infos sur comment se suicider. Comme j’y pense assez souvent moi-même, on n’a pas refusé – pour ne pas trop y penser, on a ensuite bu plusieurs pichets de sangria avec nos paëllas.

Jeudi on a passé la soirée avec un ami dont la mère très âgée est en train de mourir dans un hospice à San-Diégo. Le médecin lui avait dit, en décrivant son état de santé : « Elle n’a rien de particulier. Si vous permettez, elle est une voiture qui n’a tout simplement plus d’essence. » L’ami nous a dit « Ça a fait quand même drôle d’entendre un médecin traiter ma mère de vieille bagnole en manque de carburant. »

Vendredi soir on a fêté l’anniversaire d’un ami artiste. D’origine autrichienne, il avait choisi un restaurant autrichien assez chic dans notre quartier, Wallsé. Élégant, un peu trop raffiné pour mon goût. Le dîner d’anniversaire était assez amusant, en dépit d’un ancien petit ami de l’artiste qui s’est plaint de tout – il a ostensiblement refusé de boire même un soupçon d’alcool au moment des toasts puisqu’il prenait des antibiotiques.

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Des desserts autrichiens ?

Après le dîner, on est allé chez un ami dramaturge qui habite le quartier des théâtres – la vue des fenêtres de son salon doit lui servir d’inspiration à la création !

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Les lumières de Broadway

J’étais allé chez Paul Smith pour lui trouver un cadeau d’anniversaire – j’ai finalement choisi une chemise grise assez BCBG puisqu’il ne s’habille pas très à la mode donc je n’ai pas voulu acheter quelque chose de trop fashion qu’il ne porterait jamais. J’ai aussi trouvé une nouvelle traduction et édition des Méditations de Marc-Aurèle, si prisé par Matoo – et justement, parce que tout artiste doit posséder, en plus du talent, d’énormes réserves de patience. (Moi, je me suis acheté un bouquin sur Épictète – c’est curieux, le nom de ce philosophe se prononce e-pic-TEE-tus en anglais, mais comme je ne me souviens de l’avoir jamais entendu prononcer, j’avais toujours pensé que c’était e-PIC-te-tus – c’est l’amie écrivain qui m’a, comme toujours, corrigé.) J’ai beaucoup aimé les vitrines de la boutique, où l’on a monté des affiches de mai 68 – et non, je promets que ne cherche pas à copier l’excellent Mesvitrinesnyc.com.

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Un coup de printemps de Paris 1968

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Une autre vitrine, une autre affiche

Samedi on n’avait rien de prévu, on est donc allé se promemer un peu dans le Parc Central.

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Un cheval qui refuse de monter dans le wagon fait rire la foule devant la restaurant de la Taverne sur le Parc

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Le pré aux moutons dans le Parc central par un beau samedi

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C'est la nouvelle mode des saltimbanques amublants – on saute au-dessus de gens

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Il y a plein de vélotaxis ces derniers jours, comme le note gvgvsse, de passage à New-York

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La fontaine Bethesda, avec une vraie gondole vénitienne qu'on propulse sur le lac au fond

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Le copain aime bien prendre le bus, moi, je l'aime nettement moins, mais bon, j'ai accepté de le prendre cette fois pour aller au bureau

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La façade de l'immeuble où le copain s'installera en juin

Le soir l’ami ex-marine est venu de la Nouvelle Rochelle et après quelques matches de tennis au Wii entre lui et le copain (moi je trouve le Wii tout à fait ennuyeux) on est allé à la recherche d’un endroit pour dîner, mais en dépit du mauvais temps, le Village était inondé de monde et il nous a fallu attendre une bonne demi-heure pour avoir une table dans un restaurant de tapas espagnol dans la 7e avenue qui s’appelle Ostia. Il y avait une tablée de quatorze personnes dans un espace déjà pas énorme et puis la pluie et le vent ont poussé d’autres naufragés en quête de vivres de s’entasser autour du petit bar mais enfin on nous a fait asseoir et c’était très bon.

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Dans le bar à tapas Ostia

Les serveurs, tous hispanophones sinon espagnols (il y avait une table d'Espagnols à côté de nous qui parlaient beaucoup avec plusieurs serveurs), étaient charmants, même stressés par une foule de clients, et les tapas étaient excellentes, ainsi que la sangria (je crois que je deviens un peu espagnol, moi). L’ami ex-marine communiquait en texto avec un ami ex-marine comme lui et ils parlaient d’aller se voir dans un bar dans la 20e rue est. On y est allé à pied (pas de taxi à cause de la pluie) et l’on découvre qu’il s’agit d’un bar à travestis et à transsexuels !

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Dans Le Cygne d'Argent, une vue (floue, je m'excuse) vers le bar

L’ambiance n’était pas désagréable du tout, il y avait un bon nombre de beaux mecs, habillés très diversement, en costume cravate et en shorts de gym par exemple, mais ils s’intéressaient tous aux « filles » et aux « femmes » et non pas à nous. L’ami ex-marine a été dragué par une fille qui se disait énormément riche et qui habitait Boston, dans le quartier aisé de la colline de la Balise, et tout et tout. Elle voulait fumer du crack et nous a montré ses seins, qui n’avaient pas l’air tout à fait naturels du tout (mais l’ami ex-marine les aimait bien, il est vrai, et lui est plus spécialiste que moi ou le copain.) Quelle histoire ! Après de longues minutes de « conversation » plutôt débraillée (« J’ai un papa américain et une mère espagnole », « Si tu étais plus grand de 15 centimètres, tu serais irrésistible aux femmes », « Tu veux coucher avec moi ? »), je me suis séparé du groupe pour aller m’asseoir dans une salle de « rencontre » – un espace ouvert où les « filles » venaient pour causer avec les hommes qui y étaient assis. Finalement le copain me prend par un bras et me chuchote « Il faut qu’on s’en aille, d’accord ? » et je dis oui et l’on s’en va. On attend un instant l’ami ex-marine mais lui il est complètement hypnotisé par une jeune Asiatique. « Je lui ai donné des clefs » le copain me dit, puisqu’il n’y a plus de trains à cette heure.

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Quelques habitués ont une discussion devant le bar

Et nous rentrons, bras dessus bras dessous, chez nous.

Une dîner de vieux et de vieilles ami(e)s hier soir mais à la fin, j’étais crevé – on a pris un taxi du Côté supérieur occidental jusqu’au Village et on a sauté dans le lit pour essayer de récupérer quelques heures de sommeil perdues dans la fête !

Voici un clip qui ne va pas plaire aux partisans de M. McCain – hé bé, tant pis pour eux !

mai 16, 2008

Nautæ

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La montée du monument Herndon

Je ne sais pas trop pourquoi les mousses chercheraient à monter un obélisque graissé de vingt et un pieds de hauteur sous les canons d’eau tenus par des promotions supérieures de l’Académie navale – cette forme athlétique de bizutage qui marque la fin de la première année s’appelle le Herndon Climb et cela se passe tous les ans à Annapolis (merci à Towleroad pour les photos). Mais la photo du jeune marin contorsionné m’a tout de suite fait penser à cette statue célèbre au Vatican.

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Le Laocoon

C'est fou ce que je suis devenu classicisant en ma sénescence !

Inter alia

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Un beau jour de printemps, on se promène aux environs du Centre mondial financier

Hier soir un petit bonhomme de sept ou de huit ans est venu frapper à la porte de l’appartement. J’ai ouvert. Le petit brun a balbutié un « bonsoir » et a continué en disant très gravement « You know there was a big earthquake in China » – il a voulu montrer la preuve de cet événement en brandissant devant moi une page imprimée du site Internet du Times avec l’article sur le tremblement de terre à Sichuan – « and my class is raising funds to help the Chinese people. » J’ai souri, lui donnant un billet de cinq dollars qu’il a mis avec la gravité propre aux enfants dans une longue enveloppe blanche. J’étais jaloux, je l’admets, de son sérieux.

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De grands palmiers dans le Jardin d'hiver

Bush donne à entendre, dans un discours prononcé devant la Knesset, qu’Obama serait un « mou » (« appeaser » dans l’original) comme on a vu dans les années 30 durant la montée au pouvoir d’Adolf Hitler. Violer ainsi la loi de Godwin purement pour des raisons de politique intérieure et devant le parlement israélien – c’est ou le culot ou le grand léchage de cul – à vous de choisir. Mais le pire, c’est que le grand-père Prescott Bush, fondateur de cette dynastie funeste, a ouvertement collaboré, à son gain considérable, avec l’Allemagne nazie dans la personne de l’industriel pro-nazi Fritz Thyssen et l’Union Banking Corporation de New-York, saisie en 1942 par les autorités fédérales pour avoir violé la loi contre le commerce avec l’ennemi – toujours en vigueur en ce qui concerne le commerce avec la Corée du Nord et le Cuba.

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Ce quartier est en effet assez calme et reposant en face de la baie de New-York

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Deux nouvelles tours résidentielles à deux pas de la rue du Mur, du Centre mondial commercial (qu'on reconstruit très, très lentement) et du ferry vers l'île des États

Donc, Bush critique Obama pour être « mou » vis-à-vis des dictateurs, tandis que son grand-père a pleinement collaboré avec eux et profité de cette collaboration. Faut le faire, n’est-ce pas ?

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Un nouvel immeuble « vert » dans la cité du parc de la Batterie – le Visionaire (sic)

Mardi j’ai eu la chance de passer un moment très agréable avec une carnetière dûment célèbre et pour la qualité de ses billets et pour l’acuité souvent ironique et « auto-raillante » qu’elle y met (non, je ne trouve aucun mot en français pour exprimer « self-deprecating »). Elle était de passage à New-York de son quartier général au Chili. Drôle, pragmatique, ouverte et intrépide, elle m’a complètement charmé. On a vraiment beaucoup ri. Il a fait beau et je l’ai quittée à deux pas d’un cinéma où elle allait voir, avec son mari, « Ironman » en VO (parce qu’il paraît que tout est toujours doublé en Amérique du Sud.)

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Des azalées blanches

La décision prise hier par la Cour suprême de Californie pour renverser la loi contre le mariage homosexuel dans l’état ne m’a pas trop emballé parce que je crains qu’elle ne signifie que le début encore une fois du « débat » pérenne sur les droits civiques des homosexuel(le)s, sujet qui agite les esprits de bien trop de monde, à mon avis, dans des sens bien curieux. On est bien entendu – nous, les homos – tout simplement des citoyens de deuxième rang, qui n’avons pas les mêmes droits que d’autres citoyens parce que nous avons « choisi » d’être différents dans une façon qui « déconcerte » (ou « dégoûte ») les hétéros. Gare aux couples hétéros qui n’ont pas d’enfants ! Vous imaginez servir à quoi, alors, dans le grand dessein de l’univers ?

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Un terrain de volleyball avec le Centre mondial financier au fond

Voici Walk Score – c'est un site qui vous conseille sur comment trouver un quartier « piétonnier » aux Etats-Unis. Chez nous, dans la rue Perry, on a reçu un score de 98 sur 100. Pas mal, non ? Je me sens tout vert, tout supérieur !

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Les petits voiliers de l'école de voile dans le port

Mais le Bâtiment de l’État-Empire vaut 100/100 ! Ainsi que l’immeuble où habitent les parents du copain ! Mais, qu’est-ce qu’il nous manque chez nous ? Il paraît qu’il nous faudrait un parc un petit peu plus près pour atteindre un score de 100/100.

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Des déjeuners sur l'herbe parmi les footeux et les beigneurs de soleil dans le parc dans le bout nord de la cité du parc de la Batterie

Je vais voir l’espace pour lequel le copain vient de signer un contrat de bail. Il se trouve de l’autre côté de la Cinquième Avenue (donc changement de code postal – le Bâtiment de l’État-Empire en avait un à lui tout seul).

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C'est la grande mode, les « condominia » de verre – le penthouse s'achète à 6.999 millions de dollars US – c'est rien en euros ou en livres !

mai 12, 2008

Junior

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Allez, les jeunes, dégagez de la pelouse !

Voici un nouveau site Web tout blasphématoire comme on les aime : Things Younger Than Republican Presidential Candidate (Oh, and Did I Forget to Mention « War Hero » ?) John McCain.

Loci diversi

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Il ne faut jamais oublier de faire les abdos !

Je rêve de Venise et du bel Adonis.

(Traduction : je viens de commencer ce petit livre de Mary McCarthy sur la Sérénissime et je retourne à la salle de sports après une courte période de convalescence pour l’épaule droite.)

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Dans le temps, ce genre de panneau au néon étaient partout à New-York, mais ils deviennent de nos jours de plus en plus rares, hélas

Fiat lux.

(Traduction : Où chercher un cadeau d’invité avant de partir pour Brooklyn par le train F ? On a finalement choisi deux bouteilles de Brouilly.)

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Mardi soir on est allé chez un ami à Brooklyn – il a fallu descendre à la station de la rue Bergen

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L'appartement se trouve dans la place Boerum – voici la vue vers le centre-ville de Brooklyn

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Deux vins sud-africains qu'on apprécie, il paraît, particulièrement là-bas

In vino loquacitas nisi veritas.

(Traduction : en bavardant ivre sur de nombreux sujets il est probable qu’on dise au moins une ou deux vérités, mais ce n’est pas donné. Notre hôte avait prévu des vins sudafricains pour commémorer son récent voyage en Afrique du Sud avec son copain à lui, jeune médecin qui vient de faire un stage d’assistance à Durban.)

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D'anciens hôtels particuliers de la place Washington nord par une lumière dorée d'après-midi

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On est au cœur de l'université dans la petite rue de la place Washington à l'est du parc

Beatius est magis dare quam accipere.

(Traduction: On a pris rendez-vous mercredi soir avec une amie à la Galerie Grey, ouverte tard les mercredis, de l'université de New-York pour voir l'expo New York Cool, où l'on peut voir une sélection d'œuvres d’art des années 60 qui ont été données à l’université de New-York. Ce n'est pas mal, et l'entrée « suggérée » n'est que 2,50 $ !!)

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Après la visite de l'expo, on est allé dîner au Café Loup, dans la 13e rue ouest, une excellente brasserie pas chère et pas innondée non plus de gens qui se croient, à tort, hypes et branchés – c'est agréable

De alienis

(Traduction: jeudi soir on est allé voir Les excentricités d’un rossignol de Tennessee Williams au théâtre Clurman – une pièce triste et poétique. Production adéquate. C'est drôle, j'ai eu la chance de rencontrer M. Clurman un après-midi de printemps. Quel charmeur ! Il avait la langue bien pendue et il nous a raconté de longues histoires hilarantes sur sa vie personnelle et sur sa vie au théâtre. Je suis heureux qu'on ait nommé l'un des six théâtres du Theatre Row le Clurman en sa mémoire.)

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L'un des immeubles résidentiels de la place Manhattan, ensemble urbain dans la 42e rue ouest construit en partie pour loger les acteurs – les artistes ne paient pour le loyer qu'un quart de leur revenu mensuel – pourcentage aujourd'hui bien bas pour les nouveaux arrivés à Manhattan

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La place Manhattan est faite de deux grandes tours avec une grande et belle salle de sport au milieu qui les relie

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La façade de Theatre Row, qui consiste en cinq salles de théâtre de tailles différentes, dans la 42e rue ouest, un projet de rénovation urbaine effectuée par la ville il y a plusieurs années

« And now what shall become of us without any barbarians?
Those people were some kind of solution.
»

Constantin Cavafy, Waiting for the Barbarians, 1904

(Traduction : vendredi soir on est sorti avec l’oncle du copain – oui, le monsignor catho qui aime s'habiller en prêtre-ouvrier plutôt néo-jersiais – qui était accompagné d’un couple californien à la fois abstinent et républicain ! Quelle barbarie ! Et c’était l’horreur d’être à table avec de tels monstres qui nous a fait boire deux bouteilles d’un délicieux sangiovese. Il n’y avait rien d’autre à faire.)

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Les tours jumelles du Centre Time-Warner devant le Rond-Point Colomb

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C'est l'ancienne tour Gulf + Western devenue ensuite après redorage d'extérieur la Trump International

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L'ancien musée Huntingdon Hartford qui est en train d'être réaménagé en Musée des arts décoratifs et du design, qui ouvrira ses portes en septembre 2008

Pallida mors aequo pulsat pede pauperum tabernas regumque turres et je me suis vu enseveli dans un cercueil d’albâtre, lisse et reluisant, où l’on n’entendait que du Philip Glass.

(Traduction : samedi matin je suis allé me faire IRMisé dans une clinique tout près du Rond-Point Colomb. On m’a fait porter des bouchons antibruit mais on entend d’abord le basso continuo de la machine et ensuite les rythmes changeants des aimants qui tournent autour.)

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Samedi il y avait une foire à la brocante dans la rue Perry – on essayait de vendre de vieilles ordures qu'on avait sorties du fond du placard

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On a fermé les deux bouts de la rue, de la rue Bleecker à la 4e rue ouest, pour ce petit marché aux puces

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Le copain étant allé chez un client, j'ai traîné dans les librairies du coin – voici une séance de yoga publique dans la place de l'Union

Tributum capitis

(Traduction : samedi soir on a dîné avec un ami galeriste et sa femme – lui est en train de découvrir les multiples problèmes associés à la réussite financière qui lui avait échappé jusqu’à maintenant, à savoir les impôts, les déclarations, les dossiers financiers mis à jour et vérifiés.)

« Give me the splendid silent Sun, with all his beams full-dazzling »
Walt Whitman, Drum-Taps, 1865

(Traduction : dimanche on est allé prendre un peu de soleil sur l’embarcadère aménagé en parc aux bords du Hudson à la hauteur de la 11e rue, mais il a fallu quand même supporter un vent assez fort (et froid). Plus tard on s’est rendu chez l’ami galeriste qui avait préparé, en dépit du temps assez frigide, un guacamole maison délicieux et des margaritas frozen, qui étaient bons mais qui nous ont fait frissonner de froid aussi. Après des hambourgois de dinde cuits au gril sur la terrasse, on est allé voir une pièce de Tony Kushner, qui est intitulée « Terminating, or Laß mein Schmerzen nicht verloren sein, or Ambivalence » basée sur le sonnet numéro 75 de Shakespeare. La mise en scène était d’un jeune ami de l’ami galeriste qui fait ses études de théâtre à l’université de New-York et elle était excellente – tout a eu lieu dans un tout petit espace au cinquième dans un immeuble à l’ouest de la 10e avenue, dans la 37e rue ouest. Distribution réussie. Le sujet de la pièce est tout ce qu’il y a de plus névrotiquement new-yorkais – l’impossibilité de l’amour quand on ne peut pas s’aimer.

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Il y aurait dû avoir une sorte de rafle de la police, euh, hygiénique de la ville de New-York car on trouve sur les portes bien fermées de de nombreux restaurants de quartier ces avis de fermeture pour questions d'hygiène et de propreté des lieux !

Le copain s’est rendu ce matin au tribunal supérieur de New-York où on l’a convoqué pour faire son devoir de juré – je parie qu’on ne le choisira pas pour un procès, mais on ne sait jamais. Il y a le wifi dans la salle d’attente, donc il peut continuer à travailler « à distance ».

mai 09, 2008

Casus Hillariæ

La chute d'Hillary

C’est méchant, c’est politiquement incorrect à d’infinis points de vue (sexiste, homophobe, etc), mais c’est drôle (et fait gueuler pas mal de monde sur de nombreux carnets politiques américains.) Le texte présenté en sous-titres est tout simplement brillant – par exemple, « the voters have stolen my nomination » au 3,43. Mais c'est bien comme ça qu'elles se passent, nos nouvelles campagnes virales. Et ce clip-ci n'en sera sûrement pas le plus hardi.

mai 06, 2008

Vulgivagus

Il fait toujours gris et froid et installé devant mon bureau (une petite table de bridge) à la campagne, je regarde avec une paresse stupéfiée, en dépit de trois grandes tasses de café au lait assez fort, les vaguelettes grisâtres qui crispent la surface de la Petite Baie de Narragansett (son nom propre, qui la distingue de la Grande Baie, où l’on trouve la ville de Newport, par exemple) et je télécharge d’iTunes les concertos pour piano de Liszt joués par l’un de mes pianistes favoris, Sviatoslav Richter.
Hier soir j’ai passé deux heures avec l’amie écrivain à parler de tout et de rien. Un ancien amant qui habite pas très loin l’a accusée d’être entourée de pédés. « Tant mieux » elle lui aurait répondu. « Cela l’a fait taire » elle me dit avec un petit sourire.

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Au vernissage – on chantait, je ne sais pas trop pourquoi !

Jeudi soir on est allé à un vernissage chez Mitchell Algus pour l’exposition d’Anita Steckel – un tas de vieilles demi-célébrités charmantes et drôles, d’anciens hippies et féministes aux cheveux gris.

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Une toile d'un grand tableau politique

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Le peintre Robert Schatz et le galeriste Mitchell Algus

L’ancienne petite amie de Marlon Brando quand celui-là jouait dans Un tramway nommé désir à Broadway en 1947/8, Mlle Steckel a fait sa propre carrière d’artiste féministe d’avant-garde. Elle a toujours du panache.

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Anita Steckel est aussi coquette que jamais

Ensuite on est allé au Kitchen pour voir l’expo des nouveaux diplômés de mastère en beaux-arts de l’école Parsons, qui fait partie depuis quelques années de l'École Nouvelle, où l’on a accueilli à « l’université en exil » tant d’érudits européens fuyant les Nazis.

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Devant le Kitchen dans la 19e rue ouest

Cette expo a été organisée par un ami, lui-même ancien galeriste devenu professeur d’art. Il y avait beaucoup de monde, comme toujours dans ce genre d’expo, et il faisait une chaleur épouvantable dans la galerie du 1er étage. Mais cela me fait du plaisir de voir tous ces jeunes artistes à la fois nerveux et contents d’être exposés.

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La foule dans les galeries au 1er étage du Kitchen

Vendredi après-midi je suis allé à Pierreville, où je comptais profiter du mauvais temps prévu par la météo pour accomplir quelques tâches plutôt ennuyeuses qu’il me restait à faire sur l’ordinateur, mais je me suis couché de bonne heure et je suis resté très confortablement sous la couette à faire la grasse matinée samedi. Donc au lieu de travailler, je suis allé me renseigner sur tout qui s’est passé au village en deux semaines, c’est-à-dire des heures de bavardages amusants et futiles, avant de rentrer chez moi pour me rendre sortable pour une soirée d’indiscrétion amicale avec un ami politicien du coin – j’avais des tas de questions tout à fait personnelles à lui poser sur ses amours (qui changent), son avenir (qui est beau), son présent (un peu flou). C’est un homme qui a, selon l’expression familière, « changé d’équipe » il y a une dizaine d’années en faisant son coming-out avec un type charmant mais qui ne voulait pas devenir un simple « époux politique » réduit aux béats sourires silencieux sous les spots. L’homme politique est ensuite tombé amoureux d’un menuisier de bâtiment hétéro, adorable lui aussi mais qui posait un problème évident. Maintenant un élu de la région, il est en train de rencontrer beaucoup de gens nouveaux dans la capitale de l’état. Il est passionné de politique (un vrai « http://en.wikipedia.org/wiki/Policy_wonk policy wonk »), fana d’Obama, et plein d’espoir pour améliorer l’état. En bon politicien, il connaît tout le monde, et il y a toujours des gens qui viennent lui dire bonjour ou se plaindre d’un impôt quelconque. Après avoir dîné, on est allé à une sorte de boum comme je ne savais pas qu’il en existait encore de nos jours, tellement c’était vieux jeu et curieux (oui, c’est vrai, la vie à la campagne est souvent beaucoup plus bizarre que celle qu’on mène en ville).

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Il y avait des looks plutôt bizarres – une perruque sur la gauche, un collier de fourrure sur la droite

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On se moquait un peu des distinctions habituelles

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Celle-ci a traversé la Manche en nageant neuf heures – et elle est en train de divorcer son mari qu'elle a découvert en train de coucher avec des travestis ! C'est le scandale partout à la campagne !

Ah ! Des parents qui dansent aux tubes anciens des B52s, par exemple…J’en aurais rougi si je n’avais pas le visage déjà tout rosi de vin.

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Non, ce n'était pas sérieux du tout !

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Curieux économiseur d'écran chez nos hôtes

On est rentré chez moi, toute une bande de personnes que je connaissais à peine, à part l’ami politique, vers trois heures pour un dernier verre. On a vu l’aurore.

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Rentrant à l'appartement à New-York, j'ai croisé cette procession de Mexicains à l'angle de la 14e rue ouest et de la 8e avenue

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Une autre vue de la même procession

Après un coup de torchon dans l'appartement, je suis reparti sur New-York. Le copain était au bureau. On est allé à pied au Village-Est – tout le monde était dans la rue – pour manger indien dans la 6e rue est.

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Un agréable après-midi dans le parc de la place Washington au Village

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De jolies tulipes rouges près de l'entrée au parc

Lundi j’ai commencé à chercher un nouveau bureau pour le copain, qu’on chasse du Bâtiment de l’État-Empire vers la fin juin (histoire d’éliminer les locations de petits bureaux en faveur de locations d’un étage en entier). C’est l’ami galeriste qui nous avait signalé ce panneau à louer dans la fenêtre du 1er étage de cet immeuble dans la 6e avenue.

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C'est l'ami galeriste qui a surtout aimé les grandes fenêtres qui donnent sur la 6e avenue

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C'était un magasin de fil de tricot et d'accessoires de tricotage, sans ascenseur

J’y ai rencontré l’agent qui me l’a montré. On veut le louer pour 6 000 $ par mois, mais le propriétaire accepterait 5 200 $. Hmmm, c’est trop. En sortant, je passe un groupe d’Indiens, deux femmes et deux hommes enturbannés. C’est peut-être mieux pour eux.

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L'intérieur n'était pas très attrayant – je ne comprends pas pourquoi les amateurs de tricotage aimeraient de faux murs en ruine au milieu de la boutique

C’est aujourd’hui les primaires d’Indiana et de Caroline du Nord. Comme tout le monde, je crois, je suis un peu fatigué de cette campagne démocrate et j’ai hâte qu’on se concentre sur les déclarations plus ou moins insensées de McInsane.

Ce soir c’est un dîner de pédés à Brooklyn. Cela me fatigue aussi, un peu.

mai 02, 2008

Virus

Encore un clip qui s'envole dans la carnetosphère politique américaine (comment traduire en français « goes viral », expression spécifique à Internet ?)

Il n'est pas malin d'appeler les électeurs d'Indiana des « worthless white niggers », surtout quand on est filmé ! Mickey Kantor est un conseiller pour la campagne présidentielle de la sénatrice Clinton. La primaire en Indiana aura lieu mardi prochain, le 6 mai.

PS M. Kantor nie avoir dit la phrase et d'autres pensent que la vidéo a été truquée, mais on ne sait pas par qui. Mais dans les commentaires, on ne le croit plutôt pas.