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juillet 31, 2008

Vivat !

L’incontournable Billmon, silencieux depuis trop, trop longtemps, est de retour !

Vive Billmon !

Tabulæ

Il est toujours agréable, car si rare, quand la presse défie le gouvernement. Dans cet exemple, c’est le journal SpokesmanReview de Spokane, dans l’état du Washington, qui a défié le Ministère de la Sécurité de la Patrie (Department of Homeland Security) en faveur du public en publiant une liste de noms d’individus, presque 10.000, qui ont acheté des diplômes (à un coût total d’environ 7,3 millions de dollars) chez un « moulin à diplômes » du coin. Le Ministère avait refusé de publier la même liste, de peur, on le suppose, de révéler des noms de cadres qui travaillent dans l’administration Bush. Et voilà : des employés chez NASA (Timothy Francis Gorman), deux employés (MM David W. Barden et Barry A. Hester) de la superpuissante Agence Nationale de la Sécurité, Eric Gregory Cole de la CIA, et ainsi de suite. Il n’est pas illégal, d’après ce que j’ai lu, d’avoir un diplôme faux, mais il serait illégal d’en utiliser un pour avoir un poste.

Il semble aussi qu’on vient de citer l’ex-conseiller de Bush, le démoniaque Karl Rove, pour outrage au Congrès pour avoir refusé de comparaître devant un panel de représentants qui font une enquête sur le renvoi de procureurs fédéraux pour des raisons politiques. Cette citation a été envoyée à la Chambre pour son accord. Que les procès commencent !

Mon épaule me fait mal, j’ai rêvé ce matin qu’on se trouvait à Terre-Neuve (ben, une sorte de Terre-Neuve un peu spéciale) où l’on avait des Zodiacs merveilleux qui volaient dans l’air à trois ou quatre mètres de la terre et c’était très commode pour pouvoir se déplacer d’endroit en endroit au-dessus d’un terrain assez rude (ils ne sont pas bêtes du tout, ces Terrreneuviens !). C’est peut-être la clime, ou le vin rouge italien qu’on a bu hier soir, qui me donne de tels rêves matinaux.

Ce soir on fête la 80e anniversaire du père du copain. La semaine prochaine il ira, avec sa femme, la belle-mère du copain, le fêter à nouveau d’abord à Los-Angeles et ensuite à San-Francisco – ça a l’air presque d’une tournée royale, où l’on prêtera serment d’allégeance familiale à chaque étape ! Mais il faut qu’ils s’en aillent, les parents, puisqu’ils ont loué leur maison du Connecticut pour le mois d’août, nonobstant la présence de chauves-souris qui ont élu domicile dans le grenier et qu’on ne va pas pouvoir chasser avant l’automne. Comme cadeau on va lui donner un nœud papillon de chez Hermès s'il y en a (gâté toute sa vie, il adore le luxe) et un livre d’art médiéval, d’où il piquera des idées pour ses sculptures (il est bon sculpteur).

juillet 30, 2008

Lictores nostri

C’est le sujet du jour – à la radio publique et au Times comme aux JT d’hier soir. Le flic qui a renversé le cycliste s’appelle Patrick Pogan – c’était une nouvelle recrue, le fils et le petit-fils de policiers, d’origine irlandaise et habitants de la banlieue pas chic de l’Île Longue (plus particulièrement à Massapequa Park). L’agent Pogan, 22 ans, a en plus posé en plus un dossier de l’affaire plein de mensonges que la vidéo, postée anonymement sur YouTube, a vite démentis. Pour certains, les cyclistes qui font partie de Critical Mass, groupe auquel le cycliste s'était associé pour le circuit mensuel qu'il organise ici et dans d'autres villes, ne sont que des sales hippies socialistes/communistes/anarchistes qui se plaisent tout simplement à se foutre de la gueule des « autorités ». Pour ceux qui aimeraient voir le soi-disant « violent underbelly » d’une certaine partie de la société américaine, je vous recommande une petite tournée ici chez Thee (sic) Rant, où les fous flicophiles s’épanchent d’une façon très colorée de leur haine des « liberals » (on décrit le cycliste victime et compagnie ainsi : « pos [piece of shit] starbucks drinking jack ass », « liberal puke », « stupid hippy fruit », « anarchist with a dangerous instrument », « hippie savage », « filthy animals » et ainsi de suite), et de tous ceux (comme la plupart des habitants de Manhattan, en l’occurrence) qui n’apprécieraient pas leur « vigilance enthousiaste » contre « malfaiteurs » (« these clowns must learn respect for the rest of us », « doing God’s work ».) Et puis on blâme celle ou celui qui aurait posté la vidéo chez YouTube pour avoir « incité » le public. Il ne faut pas oublier non plus le tueur à l'église au Tennessee – lui qui détestait aussi les « liberals », les gais et les lesbiennes. Quand va-t-on dire assez ?

Mis à jour: En France cPolitic en parle ici, faisant la comparaison des méthodes policières américaines et françaises.

Americanus bonus

Un « good American » – dans la langue de l’ex-Principal Deputy Director of Public Affairs for the United States Department of Justice Monica Goodling, ça voulait dire « Republican ». Diplômée du collège du Messie en Pennsylvanie et licenciée en droit de l’université Regent, université « chrétienne » fondé par l’intégriste médiatique Pat Robertson en 1978. (On compte au moins 150 diplômés sortis de notre madrassa à nous, l’université Regent, parmi les cadres de l’actuel administration Bush – c’était avant la démission de Mlle Goodling, bien sûr.)

Je continue à m’habituer à l’iPhone. Le service ATT a pourtant des « trous » (voici une carte intéressante montrant la couverture), même ici dans la région la plus densément peuplée des États-Unis, ce qui est quand même énervant. Notre appartement, par exemple, se trouve dans un de ces trous – il faut que le copain se mette debout dans le salon à côté de la fenêtre la plus à l’est pour pouvoir parler sur son portable. N’en parlons pas du changement « automatique » entre les deux réseaux offerts par l’ATT, le E (débit moyen) et le 3G (haut débit) qu’on remarquera en flânant dans les ruelles du Village – à la rue Bleecker on est connecté par le réseau E tandis qu’à quelques mètres plus à l’est, à l’entrecroisement de la 4e rue ouest et de la rue Perry, c’est le réseau 3G qui apparaît. Ces réseaux seraient-ils plutôt des bouffées d’air ou de vent, tellement ils sont instables et changeants ?

Je trouve que les photos iPhone sont plus « claires » que les photos prises avec mon appareil photo numérique. Mais je publie mes photos non pas pour leurs qualités photographiques mais pour leurs capacités d’illustration.

On a réussi à voir Le Chevalier noir hier soir, aux cinémas Loews dans la 34e rue ouest – une grande salle aux places en gradin, projection et son numérique, nos deux places tout à fait au centre, à mi-hauteur, devant l’écran énorme. Ma critique sans spoilers : une violence un peu trop « réelle » à mon avis, trop Silence des agneaux (je ne tolère la violence que quand c'est foncièrement et clairement BD), bien filmé, une sorte de « V for Vendetta » sinistre et misanthrope.

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L'acteur Heath Ledger habillé en infirmière dans le film Le Chevalier noir

Heath en infirmière rousse est inoubliable. Ça valait le 12 $ le billet.

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La table dressée samedi soir chez l'amie écrivain – il faisait en réalité beaucoup plus sombre dans la salle à manger

On a dîné samedi dernier chez l’amie écrivain – du saumon sauvage à la gelée, puisqu’il ne faut plus manger du saumon d’élevage, accompagné de petites pommes de terres du potager qu’elle avait fait entrer clandestinement de France il y a des années. Je ne me souviens plus du dessert. Ensuite on a accompagné le sénateur à un bar local où l’on dansait (mal) à une musique « live » typique – du rock modéré qui ressemble à tout et à rien.

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C'est la « danse aux singes » pratiquée par des adultes bourrés — non, non, c'est vrai, c'est pas joli !

juillet 25, 2008

Festa ex tempore

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Un arrière-fond dramatique pour le Bâtiment de l'État-Empire

Hier soir, à l’invitation impromptue de l’ami galeriste, on a mangé sur sa terrasse des qu’on avait cuits au gril, aussi sur la terrasse, et des épis de maïs « à la cubaine », c’est-à-dire enduits de sauce mayonnaise (le beurre en principe est suffisant, mais…) et de jus de citron vert et ensuite saupoudrés de fromage « hispanique » – queso fresco ou queso cotijo – et puis grillés.

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Les cerises présentées à la capriote, avec une bouteille de côtes de Provence L'Aire du Rossignol au fond – photo prise avec l'iPhone quand il faisait nuit !

Comme dessert j’avais apporté des cerises noires et des bigarreaux qu’on a mis dans un grand bol avec des glaçons (« c’est comme ça qu’on les sert à Capri » nous explique l’ami galeriste, très italianophile.) A son insistance pressante, on est tous passé par le bar G mais le copain et moi, nous nous sommes vite sauvés pour rentrer chez nous.

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Malgré les diverses températures, le vent, la pluie, le soleil tapant, la pollution, cet hibiscus rose se montre bien tenace sur la terrasse de l'ami galeriste

Les pontifes médiatiques débattent ici de l’importance de la tournée européenne d’Obama – j’ai l’impression que l’estimation de plus de 200.000 personnes rassemblées à Berlin hier a quand même frappé les médias locaux – il y a une photo énorme de la foule berlinoise sur la une du Times de ce matin. Mais l’approbation de l’Europe ne se traduit pas automatiquement par une montée en popularité chez nous. Plutôt le contraire (souvenez-vous de la canular que Kerry était en quelque sorte « too French »). Il ne faut pas non plus oublier le racisme primaire et violent qui reste un élément fondamental (et souvent à peine caché) du paysage politique américain (voir le billet chez dKos intitulé « I Hope He Gets Killed in the First 24 Hours »).

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L'agence de pub qui a conçu cette campagne est évidemment trop maligne pour moi

Généralement je me méfie de campagnes de publicité qui m’insultent – et je ne me suis jamais senti tenté à acheter le produit dont ils font la promotion. Mais je suis vieux et sans doute très « old-fashioned », je sais.

Bon week-end !

juillet 24, 2008

Peregrinatio urbana

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Le Jardin d'Hiver dans le Centre financier mondial – photo prise avec l'iPhone

On avait voulu voir le Chevalier noir hier soir et l’on avait choisi d’aller aux cinémas Regal dans la cité du parc de la Batterie où il y a, on trouve, souvent moins de monde pour les films tendance du moment. Le copain ayant acheté nos billets par Internet (il est super moderne, non ?), on s’était convenu de nous rencontrer devant les guichets.

Moi, j’ai donc pris la ligne numéro 1 pour aller jusqu’au Quartier financier, où je suis descendu à la station de la rue Chambers pour faire le reste du trajet à pied. Comme toujours, le copain était un peu en retard (la sonnerie de mon iPhone est trop faible, je n’arrive pas à l’entendre, et puis comme j’avais éteint la fonction vibrer, je n’ai pas remarqué les deux coups de fil que le copain m’avait passés). Il y avait des foules de jeunes banquiers en costume complet, hommes et femmes, et pour la plupart dans leur vingtaine, qui sortaient des gratte-ciel de l’American Express et de Merrill Lynch, qui affluaient dans le vestibule des cinémas (il y en a onze).

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Je trouve que je prends des photos accidentelles beaucoup plus souvent avec l'iPhone, comme celle-ci !

Le copain enfin arrivé, on se dirige vers les lecteurs de billets Internet qui cependant ne sont pas allumés. On se joint donc à la queue devant les deux guichets qui sont ouverts (c’est bête, et surtout avec les foules) et à deux minutes de notre tour, on remarque des petits morceaux de papier collés sur les vitres des guichets : c’est pour aviser les chers clients que la clime ne marche pas dans la grande salle où l’on passe la séance de 18h45 du Chevalier noir. Mais c’est pas possible, on se dit ! On ne va pas payer 11,50 $ le billet pour pouvoir passer deux heures et demie dans une salle péniblement humide et chaude ! Après quelques minutes de confusion, on nous rend des bons pour des séances ultérieures et nous quittons le cinéma.

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Le terrain vide - ou cicatrice non guérie – au cœur du Quartier financier – c'est vraiment une honte, après sept années d'absurdité politique

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Ici on ôte le revêtement récent de la rue Ouest à la suite de demandes faites par certaines familles de gens décédés dans les attentats – ces familles exigeraient qu'on refouille la terre pour des restes humains – c'est quand même d'un grotesque presque inconcevable – mais ici en Amérique, aucun sens du grotesque sentimental est banni, bien sûr

Le copain propose un dîner au restaurant Odéon dans le Broadway Ouest, et l’on y va à pied, contournant le terrain vide – une véritable cicatrice qui se guérit très, très lentement sur le corps urbain de la ville – de l’ancien Centre commercial mondial. On est content de quitter les environs de ce signe incontestable du manque de vision de la plupart de nos chefs politiques – le quartier de Tribeca est beaucoup plus agréable, en effet.

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Une nouvelle fontaine devant le nouveau numéro 7, Centre Commercial Mondial

Il fait chaud, il y a du monde dans les restaurants et dans les cafés. On demande au maître d’hôtel de l’Odéon s’il y aurait de la place pour deux – la salle est plutôt remplie mais il nous donne le choix de trois petites tables. Salade de betteraves délicieuse, et un petit bifteck à la sauce béarnaise, le tout arrosé d’un médoc 2003 acceptable.

Le dîner terminé, on reprend notre route de retour, toujours vers le nord. Une femme demande au copain où se trouve la rue Watts – il sort son portable avec GPS et on retrouve un plan de Manhattan assez difficile à comprendre. Je lui demande « Mais où voulez-vous aller ? » « Au restaurant Capsouto Frères ! » elle répond. Là, on sait où c’est – on tourne à gauche le long de la rue du Canal et on l’accompagne jusqu’à l’entrée du restaurant. Elle nous invite à prendre un verre avec sa tablée d’amis qui sont déjà là, mais on refuse, en lui remerciant, on se serre les mains et on se quitte.

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Un couple œnophile au bar du restaurant Giorgione 508

Nous continuons notre trajet, passant par le restaurant Giorgione 508, ancien resto favori de l’ami galeriste qui l’a pourtant laissé tomber ces derniers jours à cause d’un serveur qui s’était montré trop, euh, familier envers lui un soir (oui, oui, il est très difficile !) Il n’y avait pas trop de monde hier soir – un couple œnophile, un homme d’affaires au portable, deux Européens qui sortaient tous les cinq minutes pour fumer sur le trottoir, et le musicien David Byrne des Talking Heads, juste devant nous au bar, avec une femme blonde.

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Les couverts dressés sur le bar

On a commandé deux verres de vin rouge italien d’un barman tout à fait charmant et nos verres vides, on a payé et recommencé notre retour (c’est un peu comme les voyages d’Ulysee ou d’Énée, mais en plus concis, non ?) vers la maison sous des coups de foudre et de tonnerre lointains. Les dieux se battaient, je suppose.

juillet 23, 2008

Criticus ego

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Au « thé dansant » aux Pins de l'île du Feu le week-end du 4 juillet – une autre danse macabre bien particulière

Le film Avant que j’oublie me paraît faire partie de ce nouveau mode d’art français (je dis français, mais c’est peut-être européen) que se veut brutal, impitoyable et sans-façons (j'ai apprécié cette critique parue dans Salon par Stephanie Zachareck) — c’est la sensation principale que j’ai retenue par exemple du ballet Umwelt de Maguy Marin en juin, et de ce film français qu’on a vu lundi soir. C’est peut-être une pose comme les autres ou tout simplement une dernière version du style dit « vérité ». Si, dans Avant que j’oublie, on n’a pas la caméra qui tremble, on a par contre les longueurs de la vie réelle, ces moments indéfinis, solitaires, insouciants du mensonge de la « vraie » représentation. Une scène qui m’a frappé, c’était au début, quand le « héros » se lève dans la nuit, tout nu, et se traîne un peu partout dans l’appartement obscur – disons qu’il n’a pas un corps d’Adonis, et cette nudité si charnelle promenée devant nous n’a rien à faire réjouir personne – c’est en effet une sorte de danse macabre à laquelle nous serons presque tous appelés à prendre part.

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Le salon chez l'ami galeriste à la plage

Dans Avant que j’oublie il s’agit d’un monde assez particulier, celui d’anciens gigolos entretenus par des hommes riches plus âgés qu’eux. Pierre, joué par Jacques Nolot, se trouve à 58 ans sans personne – son ancien jules Toutoune vient de mourir et la famille ou la police a fait disparaître le testament par lequel il avait tout légué à son petit ami. Mais il n’a pas tout de même trop de soucis financiers – il est propriétaire de son appartement, il a de quoi se payer les visites de jeunes livreurs arabes et d’une petite frappe sexy (Bastien d’Asnières) au nom de Marc (100€ la visite pour Marc, qui se fait payer 150€ par un ami de Pierre – « il exagère ! »). Un monde sans famille et presque sans amis. L’homme est séropositif – il a vécu avec sa maladie pendant 24 ans – et l’on lui propose de changer de traitement. Sa vanité lui fait hésiter à prendre des médicaments qui pourraient lui faire perdre ses cheveux, par exemple, ou enfler ses joues.

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Le temps, c'est comme les vagues de l'océan

Nous – c’est-à-dire, l’ami galeriste et moi – nous l’avons trouvé très français (l’ami galeriste a passé pas mal de temps à Paris et il connaît tout un monde parisien assez similaire en l’occurrence à celui représenté dans le film, mais du côté des riches souteneurs) – ici un héritier qui se croyait dépossédé intenterait sur le champ un procès contre la famille du défunt, et depuis un procès célèbre décidé en 1994 la loi maintenant interdit aux immeubles « co-op » de chasser le ou la partenaire d’un ou d’une propriétaire d’appartement après sa mort. Les risques financiers, légaux et mondains d’être publiquement gai ayant baissés considérablement ces dernières années, on trouve de moins en moins de ces mariages de convenance qu’on voit drôlement dans le film et qui fait pour nous très années 60.

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Restent la boisson et de quoi manger !

On a aussi vu, le copain et moi, la comédie musicale Gypsy, avec la LuPone. Je ne l’ai pas tellement aimée, la pièce, et non pas seulement à cause des excès de la diva, que j’ai aimée de toute façon dans d’autres rôles. C’est une pièce mal agencée – on suit le progrès de Baby June pendant le premier acte et puis on nous oblige à reconcentrer nos efforts de spectateurs attentifs sur le succès éventuel de Louise pendant le second – il n’y a presque aucune intrigue – on suit seulement la frénésie de Rose, mère déchaînée et femme en furie contre tout ce qui lui est arrivé dans sa vie de perdant. C’est une folie qui ne m’a jamais attiré (j’ai vu Gypsy dans diverses actualisations) et puis celle que nous montre la LuPone est plus m’as-tu-vu que vraiment profonde et déroutante.

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Et le chemin nous mène vers quel avenir, finalement ?

juillet 21, 2008

Parvula

Je m’amuse à me familiariser avec l’iPhone – je ne suis pas fort en haute technologie – je viens de refaire la liste des contacts (il m’a fallu effacer le nom du dentiste du copain, par exemple).

Je ne suis pas économiste (loin de là !) mais il me semble fort probable que les dernières hausses des bourses ne soient que des tours de « legerdemain » financier – par contre, c’est joli, le mot « legerdemain » (qui se prononce /lejrdmayn/ en anglais) ou tromperie habile, qui nous vient du français médiéval.

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Comme moi, il aime les chiens ! Formidable, non !

Samedi après-midi, pendant que le copain sommeillait chez nous à la campagne, où il n’a pas pu dormir la veille à cause de la chaleur et de l’humidité (on n’a pas la clime à la campagne), j’ai flirté avec ce jeune policier de la brigade canine. En réponse à mes attentions, il m’a montré la photo de sa fiancée (très jolie et très jeune, c’est embêtant).

Ce soir on va voir Avant que j’oublie qu’on passe au cinéma IFC dans la 6e avenue. Il paraît qu’on connaît l’un des acteurs (et il faut toujours soutenir les amis artistes !)

juillet 20, 2008

Exspectatio

On se sent un peu écrasé ces derniers jours par l’avalanche de mauvaises nouvelles économiques, de lâchetés politiques, de menaces de guerre nucléaire préemptive au Moyen-Orient, et aussi par la chaleur (à 20 h 21 il fait toujours 30º à Manhattan).

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Sur notre balcon à la campagne (photo prise avec l'iPhone 3G que le copain m'a donné)

On est sorti dîner avec l’amie écrivain, l’amie éditrice retraitée, et notre sénateur local, qui a fait un pari d’une bouteille de Veuve Cliquot avec l’amie écrivain sur la victoire de Barack Obama à la présidence (lui la croit possible, l’amie écrivain pas). Aujourd’hui je me suis occupé à me bronzer au soleil. On est rentré à New-York avec un perroquet gris d’Afrique qui a sifflé des bruits très jolis pendant tout le trajet.

juillet 13, 2008

Dies festus gallicus

Françaises, Français, amis de la France partout dans le monde, dans ma plus belle voix gaullienne, je vous souhaite tous une excellente et divertissante Fête nationale pour demain (qu’on appelle ici, avec un peu plus de flair historique sanglant, quand même) « le jour de la (prise de la) Bastille ».

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Ici on fête la prise de la Bastille

Ce tricolore solitaire dans la 14e rue ouest m’a fait sourire. On en avait posé un aussi à Pierreville.

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Ce drapeau rend un peu plus joli cette façade en fin de compte assez sévère

Et je n’ai pas pu résister à prendre cette photo de deux personnes assises sur leurs balcons respectifs dans la rue Washington.

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On le croirait presque un dessin de Sempé, non ?

Bonne Fête nationale de New-York !

juillet 12, 2008

Machinæ

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On a distribué des parasols

Bon, le copain, qui s’intéresse beaucoup à ce genre de choses, a fait la queue à partir de 8 heures hier afin de pouvoir m’offrir un portable iPhone G3 qu’on vendait au magasin Apple de la 14e rue ouest. Oh la, il y avait du monde, et puis la connexion ATT n’a pas très bien marché, ce qui a fait accroître les retards dans les magasins. Mais le copain était déterminé et il a eu mon, euh, son portable (il s’en sert temporairement pour pouvoir le montrer aux clients qui penseraient en acheter – en principe ce sera à moi dans une semaine). Voici quelques photos qu’il a prises avec son portable à lui dans la queue.

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Dans le magasin

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Vue du rez-de-chaussée

juillet 11, 2008

Vexatus

Que penser finalement de la volte-face du sénateur Obama sur son vote en faveur de la loi sur la surveillance ? (Dans l’intervalle je donne de l’argent à l’ ACLU et à la EFF. Je vais aussi participer à une « bombe à argent » le 8 août.)

Que faire de la jeune conne qui est assise sur les marches de l’entrée de l’immeuble, à deux pieds de ma fenêtre ouverte, pour jacasser très fort sur son portable avec ses amis à Los-Angeles, des conversations très jolies – ou genre « Fuck you, dude, I said to him, I know you got three fucking phones, why don’t you pick one up !! » ou genre « I want you to understand that I care about the environment of course but you know the most important factor for me is the money » (je suppose qu’elle cherche du travail) et cetera. Ah, la nouvelle génération.

Que penser de la débâcle financière orchestrée par les républicains (avec pas mal d’alliés chez les démocrates, tels les sénateurs du New-York, M. Schumer et Mme Clinton, tous les deux grands amis d’investisseurs de fonds spéculatifs ou de couverture) ? Sans parler de tous les autres désastres concoctés par Bush et Cie ?

Que penser de la nouvelle qu’il y aurait des avions israéliens aux bases américaines en Irak ? Ben, ça ne va pas faire baisser le prix du pétrole, mes chers amis neo-cons.

Tout cela peut-il expliquer pourquoi on serait plutôt de mauvaise humeur ? Bon week-end à tous (quand même) !