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sale bête
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janvier 2003
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un carnet insensé
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Carnets que je lis souvent
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le vendredi 31 janvier 2003
Hier soir on est allé dîner, ma mère et moi, chez une amie à elle, octogénaire (elle aura 89 ans en mars). Elle nous a préparé un repas dadieu tout à fait du sud : morceaux de poulet frit, des patates douces cuites au four et, pour le dessert, de la glace vanille avec une sauce au chocolat. Cette femme était charmante, pleine de vitalité et d'humour, et elle nest pas du tout contente que ma mère déménage.
On est rentré à lhôtel vers 21 heures (oui) où jai branché lordinateur et allumé la TV. On passe beaucoup démissions religieuses ici à la télévision câblée, c'est un peu inquiétant. Heureusement qu'il y avait aussi une émission de catch professionnel où jai découvert ce jeune Adonis au nom de Charlie Haas qui fait partie dune équipe de catcheurs « Team Angle ». Quelques recherches googlesques rapides m'ont révélé le suivant: né en Oklahoma en 1977, M. Haas avait pratiqué la lutte gréco-romaine à luniversité Seton Hall avant de devenir professionnel. Il est tout à fait le genre de types parmi lesquels jai été élevé à Atlanta (même cheveux blonds avec sourcils foncés) tous ces jeunes héros de football américain et de baseball. Cétait presque ma madeleine à moi de voir ce type quand je me trouvais tout seul dans une chambre dhôtel à Atlanta. Mes goûts en tant de choses, en tant de manières, ont été formés par les expériences que j'ai eues ici pour le bien et pour le mal, bien entendu et je sais que jaurai toujours un faible très fort pour les garçons comme M. Haas, qui me rappellent d'où je suis sorti et pouquoi j'ai choisi d'habiter ailleurs.
Cest en toute probabilité la dernière fois que je vienne à Atlanta. Je suis passé au supermarché cet après-midi pour acheter du café et cétait énorme, propre et bien organisé. Beaucoup mieux quà New-York, où les supermarchés sont petits, souvent sales et bondés. Ce soir on prend un verre dadieu chez dautres amis de ma mère, que je ne connais pas, avant daller dîner dans un restaurant tout près de lhôtel ma mère ne sait plus conduire dans cette ville nouvelle quest devenue Atlanta où il y a trop de TTVs, de BMWs, de pick-ups. On a failli se faire écraser par un TTV hier soir, à cause de ma mère qui ne le voyait pas venir. « Damned SUV » elle sest contentée de répéter au lieu dadmettre sa faute à elle. On a fermé lancienne maison à clef avant daller à limmeuble ou se trouvait le bureau des avocats au centre de Buckhead, le quartier chic dAtlanta. On est monté au 17e étage, doù jai pu prendre ces photos du centre de la ville, au sud de là où on était.
le jeudi 30 janvier 2003 Me voici de nouveau dans ma ville dorigine je ne suis pas né à Atlanta mais jai vécu ici presque toute mon enfance et une partie importante de mon adolescence. Bien sûr, ça a drôlement changé. Quand jhabitais ici, cétait une ville de province comme dautres. Aujourdhui cest une grande ville, toujours de province mais nettement plus ouverte au monde. Et énormément plus grande.
Le vol de New-York na duré que 2 heures et une voiture est venue me chercher pour me déposer chez ma mère. Presque tout le mobilier était déjà emballé et rangé dans un des deux camions de déménagement, qui est parti ce soir. Lautre partira demain, avec ce qui reste dans la maison.
Nous resterons ce soir et demain soir dans un hôtel de Buckhead. Demain matin nous allons chez les avocats pour léchange des documents de vente. Et voilà, un demi-siècle de vie dans cette ville termine pour ma mère et pour notre famille.
Il fait assez doux, avec de la bruine. Cest curieux, cette ville ne me laisse jamais indifférente. le mercredi 29 janvier 2003 Bon, il la raté malgré toutes les banalités de formule que le petit singe a sorties, il la raté. Dabord, ce nest pas un orateur né. Sa voix nest pas agréable, c'est grêle et aigüe. Son accent texan (« terrorism » et « terrorists » sortent de sa bouche comme « tourism » et « tourists », ce qui fait un drôle de contresens) et ses bévues de prononciation (il dit par exemple « nucular » pour « nuclear ») ne lui aident pas non plus. Et puis il a souvent il lavait hier soir il a ce quon appelle en anglais un « smirk », une sorte de sourire narquois qui ninspire aucune confiance en ce quil dit. Dans ce discours on voyait surtout le dispositif préparé par son équipe politique. Il a commencé par la proposition dune lutte contre le sida en Afrique. Une plaisanterie de mauvais goût dun type qui prône labstinence sexuelle au lieu de léducation et qui fait enlever des sites gouvernementaux tout renseignement sur les préservatifs. Et lui, le chef dun parti qui fait des petits clins dil aux blancs du Sud pour se maintenir au pouvoir (on a dû sacquer le sénateur Lott seulement pour son manque de subtilité à cet égard) ah, oui, il sintéresse à lAfrique, à ces pauvres Africains affligés ! Comment a-t-il osé dire cela ? La justice à laméricaine devient, sous son administration, une justice du Far West cinématique « Wanted : Dead or Alive » et on na pas besoin de gaspiller du temps en faisant un procès pour des hors-la-loi on sen débarrasse avec des missiles sans difficultés de procédure légale, comme ce qui sest passé tout récemment au Yémen. Et on se félicite ! Est-ce quil se croit John Wayne ? Cest fou et cest indécent. Il a raconté toutes sortes de bêtises mais on ne la pas cru. Le New York Times daujourdhui, toujours attentif au ton dont on se sert pour parler du grand chef, a commencé son éditorial avec du blabla à propos de majesté et de caractère moral, qui sest changé plus loin en propos très dubitatifs sur l'avenir de léconomie, la guerre contre le terrorisme et la guerre contre lIrak. Les entrées 2, 3 et 4 sur la visite récente de la carnetière de Blogmeblogmoi à New-York sont maintenant en ligne. Elles font du plaisir. Demain je pars pour Atlanta, où je reste quelques jours. le mardi 28 janvier 2003 Il y a de ces idées qui sont dures à contempler. « Trois consolations soffrent à la vieillesse : largent, le pouvoir et la célébrité. » Jai lu cette phrase avant de me coucher hier soir. Absents de cette triade sont lamour, la bienfaisance, et les valeurs spirituelles, parmi dautres. Est-ce tout à fait sentimental, voire niais, je me suis demandé,de croire que la vie peut être vécue dignement sans avoir besoin de « consolations » ? Et sil en faut à la vie, est-ce cela vaut vraiment la peine pour ceux qui ne seraient assurés ni dargent, ni de pouvoir, ni certainement de célébrité ? M. Tournier, lauteur de cette phrase lue dans son « Journal extime », a peut-être raison. Dans la pièce « dipe à Colonne » de Sophocle, dans la traduction de Leconte de Lisle, le chur chante : « Ne pas être né vaut mieux que tout. Le meilleur après cela, dès qu'on a vu la lumière, est de rentrer très-promptement dans la nuit d'où on est sorti ; car, dès que la jeunesse arrive avec les futilités insensées qu'elle amène, de quels maux lamentables n'est-on pas atteint ? Les meurtres, les séditions, les querelles, les combats et l'envie ; et, enfin, survient la vieillesse odieuse, sans forces, chagrine et sans amis, et qui contient toutes les misères. » « On vit trop longtemps maintenant » m'a dit lamie écrivain, qui, elle, a 84 ans. Je me suis tu. A-t-elle raison ? Le corps est traître. « O vraiment marâtre nature. » Je pense à ma mère, et à dautres personnes dans lesquelles je reconnais les effets dun combat quils ne gagneront pas. En effet, ça sert à quoi, la vie ? Exister quelques révolutions solaires sur une planète insignifiante, à faire quoi ? Si vous avez de la chance, vous arrivez dans une famille de bourgeois riches à Paris, dans la banlieue new-yorkaise, à South Kensington. Bonnes écoles, universités, voyages, stages, mariage, boulot plus ou moins tolérable, vacances, maisons de campagne, héritages et tout le reste. Ces chanceux-là pourront bien prétendre, quand ils seront vieux, à largent, au pouvoir et même à une certaine célébrité (annonce de décès dans le carnet du « Figaro » ou jolie nécrologie bien rédigée dans le « Times » de Londres ou de New-York). Et pour les autres, ceux qui sont nés, par exemple, dans les taudis de Johannesbourg ou dans une favela aux environs de Rio-de-Janeiro ou dans un petit village aux bords du Yang-tsé, ceux qui nont aucuns avantages économiques ou sociaux, est-ce que ça leur vaut le coup dêtre nés ? Les plaisirs quils éprouveront dans leurs vies de pauvres seront-ils suffisants pour récompenser les malheurs, aussi pénibles quanonymes, quils auront sûrement à subir ? Je nose pas faire ce calcul presqu'inhumain. Je préfère lâchement manesthésier en lisant des bouquins intellos comme celui de M. Tournier, en regardant la télé (émissions politiques ou StarTrek, peu importe), en postulant toutes sortes de belles théories desthétique, en faisant, au fond, tout ce que ma naissance privilégiée me permet de faire pour ne pas minquiéter du vide. En rentrant à New-York hier, jai écouté dans la voiture une des cassettes sur « les grands bouleversements » à lheure de la Révolution française. Je suis aux débuts de la chute de la monarchie . Quels revers de fortune incroyables ! La reine, petite princesse autrichienne gâtée, pas vraiment méchante mais follement inconsciente du monde hors de Versailles et des événements qui vont lui tomber dessus, en rentrant de Varennes après la fuite ratée, refuse de soulever le store quelle avait baissé pour manger « une cuisse de pigeon » hors de vue de la foule qui laccompagne à pied, entourant la berline. « Il faut avoir du caractère jusquau bout » dit-elle à sa belle-sur Madame Elisabeth. Une leçon triste et profonde. Sans argent, sans pouvoir, Marie-Antoinette à sa mort possédait néanmoins la célébrité. Fut-ce assez ? Qui sait ? Il y en a dautres qui insistent que, sans la mort, la vie ne vaut rien. Cest la mort qui donnerait un sens à la vie, en lui donnant une fin, une limite. Sans la mort, tout serait trop facile, même ennuyeux. Peut-être.(Est-ce que les anges sennuient ? Et Dieu ? Font-ils des ordres du jour auxquels ils sappliquent avec diligence et industrie ? ) Cest bien ce fait inévitablede la mort qui me fait désespérer de ma paresse, de mon indiscipline, de mon « talent » pour reporter à un lendemain indéfini les choses que jai envie de réaliser dans ma vie. Jenvie les gens qui réussissent à chasser de leurs esprits les démons de lambition. Car je ne cherche pas, malgré lavertissement raisonnable de M. Tournier cité en haut, de me couvrir de richesse ou daccumuler un pouvoir quel que soit. Mais lambition de créer quelque chose de solide, de vrai, me tracasse, cest sûr. Si seulement je pouvais accepter sans résistance le principe bouddhique bien connu qui dit que le monde nest quillusion. Lidée dillusion me plaît et me semble même très logique et sensible. Mais je suis trop enraciné dans mes préjugés occidentaux la raison, la logique, la science. Oh la la, tout cela, cest peut-être la fatigue qui parle. Ou pas. le lundi 27janvier 2003 Le copain a dû renter hier soir à New-York en train afin de pouvoir assister à une réunion au bureau ce matin. Je me suis préparé des spaghettis que jai mangés en regardant un « marathon » des premiers épisodes de lémission « réalité » « High School Reunion ». Cest bête, cest truqué et pourtant cest très marrant à regarder. Moi jaime Dave « le tyran » et Dan « lathlète » (ils sont tous les deux les mieux bâtis du groupe) comme ils sont tous installés dans une grande maison dans lîle de Maui, tout le monde se promène devant les caméras torse nu, en slip de bain ou en shorts pour les garçons et en t-shirt moulant et en shorts pour les filles. Lémission terminée, jai lu quelques pages dans une biographie de la marquise de Pompadour écrite par Evelyne Lever (Perrin, 2000). La marquise a dû surmonter beaucoup de difficultés avant darriver à son poste de « maîtresse déclarée » du roi Louis XV, y comprise la méchanceté mondaine décrite dans cette phrase que je cite : « On recevait volontiers Mme dEtiolles [la future marquise], on portait aux nues sa beauté, son esprit et ses talents, mais on aurait eu limpression de déchoir en lui faisant visite. » Jai fait ce que javais à faire dans le village ce matin jai déposé des petits cadeaux de Paris chez des amis, je suis allé à la poste, à la bibliothèque, où je leur ai remis la cassette laissée (oups, désolé, vraiment !) dans le magnétophone de la voiture, à la banque, où lon donne des biscuits à Betty. Il ne me reste qu'à ranger un peu avant de remplir le coffre et de repartir sur New-York. La bourse a peur dune guerre imminente. M. Blix, à lONU, a dit un peu ceci et un peu cela, il paraît. Lautre a dit quon navait pas trouvé de preuves que lIrak avait relancé son programme atomique. Comment le président Bush va-t-il répondre à ces rapports demain ? le dimanche 26 janvier 2003 Aujourdhui est lanniversaire de mon père, mort il y a 12 ans dans un accident davion petit porteur à quelques kilomètres de sa destination sur la côte de Géorgie. Mon père était médecin et il affirmait constamment devant toute la famille, après avoir assisté à des centaines de morts longues, pénibles et difficiles, que lui préférerait mourir vite que de sombrer dans une déchéance prolongée et odieuse en hôpital. On prévoit de la neige ce soir. Je devrais faire un petit effort pour ranger la maison mais jai une flemme (probablement) invincible. On a reçu hier les couverts en inox et en bois quon avait achetés à Paris ils ont été expédiés par Federal Express et on ne nous a pas demandé de taxes de douane. Youpi ! Cet après-midi jai lu cet article intéressant sur le livre « Bien entendu cest off » de Daniel Carton dans la Tribune de Genève. Au dîner dhier soir tout le monde était daccord pour reconnaître que l'administration Bush avait cédé au sujet du délai accordé aux nspecteurs de lONU en Irak à cause de la position des gouvernements français et allemand. Et on nen était pas mécontent, en plus. Léditorial du New York Times d'aujourd'hui se prononce contre une entrée en guerre sans lapprobation de nos alliés, en rajoutant que « Mr. Bush has never been open with the American people about the possible cost of this war. He has not even been clear about exactly why we are preparing to fight. » C'est le moins qu'on puisse dire ! Comme on laura prévu, les sentiments anti-français habituels sélèvent dans la presse américaine. Cest pour cela que jai été frappés par le courrier que jai lu dans le San Francisco Chronicle, où la majorité des correspondants applaudissent laction de la France et de lAllemagne (pourtant pas nommée, je ne sais pas pourquoi). Voici des extraits de quelques-unes de ces lettres parues aujourdhui (dimanche 26 janvier 2003) dans le journal californien.
Voici un dessin de Pavel Techelitchew qui fait partie de l'exposition actuelle à la galerie. (J'ai pris cette photo pour un collectionneur européen qui ne pouvait pas venir lui-même à New-York pour le voir.) L'amie écrivain possède aussi un dessin de cet artiste dans son salon, qu'elle m'a fait voir hier soir après l'avoir ramenée chez elle. le samedi 25 janvier 2003 Le copain samuse à monter son nouveau jouet un ordinateur HP quil a acheté hier soir au magasin J&R tout près de sa boîte. Cest pour pouvoir jouer au SimCity4 à la campagne, ma-t-il expliqué. Aussi cette machine possède-t-elle un graveur dvd. Ça doit servir à quelque chose mais moi je ny vois pas lintérêt parce que je suis nul en trucs comme ça à Noël il y a deux ans le copain mavait donné un graveur cédérom je nai toujours rien à faire de ce truc-là, je ne sais pas comment le faire marcher, je ny ai pas touché une seule fois on a pourtant fait quelques disques, des enregistrements de conférences, par exemple, quon avait filmées avec la caméra numérique (cadeau de Noël dil y a trois ans au copain, qui adore tout ce qui est gadget.) En dépit de mes inepties techniques, je suis par contre meilleur cinéaste que le copain, qui na jamais compris limportance de se mettre tout près de lobjet filmé ou photographié. Nous, êtres humains, nous aimons tous regarder les autres du même espèce (on na quà voir lintérêt quont les bébés à se regarder dans une crèche), cest pour cela, évidemment, quon ne peut pas se permettre trop de plan général (ce que fait le copain) parce que cest trop flou, trop ennuyeux. Il faut des visages (oui, je sais, de beaux jeunes corps nus, cest même plus saisissant que les « têtes parlantes », mais même la chaîne Fox ne sest pas permis, jusquà présent, des présentateurs nus mais qui sait ? On est toujours très très en retard aux USA en ce qui concerne les murs télévisuelles.) Moi, quand je filme (ben, cest numérique, il ny a pas de pellicule dans la caméra, ça peut toujours se dire comme ça ?), jinsiste sur les gros plans, où on voit lémotion dans les yeux et aux bouts des lèvres. Ce nest pas toujours joli mais je ny peux rien cest codé dans nos gènes, cest ça qui nous attire et nous intéresse on na quà contempler le succès mondial du magazine espagnol ¡Hola! (ouais, ouais, je sais que cest minable et tout et tout, mais admettons que cest joliment rentable. Et clair de conception, aussi.) le vendredi 24 janvier 2003 Tout simplement, on ne le croit pas. Il ny a vraiment plus rien à dire. On ne croit pas le président Bush, ni ses conseillers, ni ses secrétaires. On ne le croit pas en France, ni en Allemagne et ni même au Royaume-Uni. On comprend très bien pourquoi il fait ce quil fait : le pétrole, les raisons de Realpolitik particulières, le désir de distraire le public des échecs de la chasse à Oussama et de la guerre en Afghanistan. Où sont les preuves vérifiables qui justifieront, devant le monde entier, cette guerre à venir ? La bourse ne le croit pas, elle a chuté. Les marchés nont pas confiance. On sait que l'administration Bush ment pour des fins politiques et stratégiques. Cest pourquoi moi, en tant qu'Américain, je veux dire un grand merci à la France et à lAllemagne pour avoir finalement dit non au chantage invraisemblable et continu du gouvernement américain. Jai limpression que lAngleterre dira non aussi M. Blair semble avoir très mal deviné les vux des Britanniques en général et des membres de son parti en particulier. Jespère quil sen rendra bien compte très bientôt. La « vieille Europe » pourrait faire alors une jolie petite leçon au Texan qui se croit président. La critique de lexposition à la galerie est sortie dans le Times daujourdhui. Ce nétait pas léloge sans bornes mais on a dit du bien de la galerie, pour cela je suis content. On est allé dîner hier soir avec lami péruvien dans un nouveau restaurant de la 10e rue. Le restaurant sappelle Jefferson et il propose une cuisine très « fusion » le propriétaire est sino-américain avec du poisson cru dans plusieurs plats, beaucoup de sauces aux champignons curieux. Cétait bon mais pour moi un peu trop raffiné. (C'était sûrement le hasard mais il y avait aussi beaucoup de filles vraiment moches autour de notre table. Les garçons n'étaient pas extra non plus, mais les filles... affligeantes. Pourquoi ?) On a bu deux bouteilles (trop chères) dun vin rouge argentin de Malbec, qui nétait pas mauvais du tout. Un ami ma appelé hier de retour de Buenos-Aires, où il sest beaucoup amusé malgré ce quon nous dit dans nos journaux, les Argentins sortent, se promènent, vont au cinéma. Selon lui, ce nest pas du tout morose, on mange bien, ce sont seulement les produits importés de létranger qui sont chers. Merci encore à tous ceux qui m'ont aidé à comprendre ce que voulait dire le mot « kéké ». Voici une page de significations qu'on m'a fournies. Le « Journal extime » de Michel Tournier, que je viens de commencer, est vraiment bien, plein de morceaux fascinants et d'histoires drôles. Un des passages m'a fait chercher et relire « Le Bois amical », un poème de Paul Valéry un véritable poème d'amour dédié à l'origine, dit Tournier, à André Gide. Très beau. le jeudi 23 janvier 2003 Il fait tellement froid dehors (et dans quelques pièces de cet appartement aussi) ces jours qu'on a presque envie d'hiberner jusquà ce que la température sélève de nouveau à un niveau un peu supportable. En surfant un peu hier soir, jai retrouvé dans le carnet dun New-yorkais une liste des carnets sélectionnés pour les Bloggies, ce palmarès en quelque sorte de carnets web de l'année. Vu « langlocentrisme » linguistique apparent des sélectionneurs, on ne sera pas surpris de noter qu'il ne figurait sur cette liste de carnets choisis que très peu rédigés dans une langue autre que langlais. On ne peut que regretter labsence et linvisibilité de bons carnets de langue française dans ce qui nest, en effet, on le sait bien, quun « concours de beauté ». Jétais pourtant très content, et c'est pourquoi je tiens à le signaler, de voir sur cette liste le carnet de la Grande Rousse (catégorie : meilleur carnet canadien), dont je suis un fidèle lecteur quotidien (et j'y fais souvent plusieurs visites par jour), et celui de lérudit Karl de Karl & Cow (catégorie : meilleur carnet sur l'ordinateur ou la technologie). Bravo ! Pour donner une idée du « soin » avec lequel on a sélectionné les carnets, on trouvera parmi les cinq finalistes de la catégorie latino-américaine un carnet en espagnol de Barcelone. (On n'est pas fort en géo ici, on le sait bien ! C'est où, l'Irak ?) La nouvelle de M. de Villepin sur la possibilité dun veto français à lONU à une déclaration de guerre contre lIrak a beaucoup dérangé ladministrationBush (ainsi que le gouvernement de Tony Blair) le secrétaire à la Défense américain Rumsfeld a piqué une colère tout comme un petit garçon de qui on enlève le fusil en plastique pendant quil joue au soldat. On va bien sûr vilipender la France dans la presse et à la télévision, réflexe quasi-automatique dans les médias américains. le mercredi 22 janvier 2003 Soirée arrosée, suite aux évaluations professionnelles individuelles faites cette semaine à la banque où le copain travaille. On y perd toujours beaucoup dargent (Enron, Argentine, etc) et afin de réduire les primes de fin dannée, les chefs ont inauguré un nouveau système dévaluation de personnel. Cest pourquoi le copain et un des collègues se sont décidés daller noyer leur chagrin. Je les ai rejoints vers 19 h 30, dans une taverne plutôt infecte au nom idiot de Fiddlesticks. Cest un de ces pubs plus ou moins irlandais et tout à fait artificiels. (Avant de devenir Fiddlesticks, c'était un bar pédé très connu au nom de Uncle Charlie's Downtown.) Le copain, après deux grands verres de Guinness, sest amouraché du barman, jeune gars tout grand à lallure sportive genre frère aîné sympa et gentiment hétéro et son collègue, ex-Marine, bavait en regardant les quelques femmes dans la salle. Si « plaisant à contempler » quil létait, le barman ne savait pas pourtant concocter une margarita correcte. Donc jai dû insister à ce quon aille ailleurs. On sest retrouvé finalement dans un restaurant mexicain de la 14e rue qui sappelait Tequilas les murs peints en rose, plein de décorations insolites, et en plus un trio de vieux Mexicains à la guitare qui chantaient des chansons mélancoliques en espagnol aux gens assis au bar. On a mangé des nachos et en dépit du temps glacial dehors jai bu pas mal de margaritas gelés au citron (et non pas au citron vert, comme on le prépare dhabitude). Lex-Marine nous a raconté son week-end récent de débauche en République dominicaine, où lui et trois amis ont couru tous les bordels de Saint-Domingue. Pour le copain et moi, tous les deux farouchement pudiques, cétait comme si on écoutait des histoires de la bouche dun extraterrestre obsédé. Ouaou ! Laurence, l'excellente carnetière de Blogmeblogmoi à Londres, vient de rentrer chez elle de sa première visite à New-York. Ses réactions et ses photos sont à lire et à voir ici. Et merci toujours à mennuie de m'avoir indiqué comment il faut faire pour lier les entrées datées d'autres carnets. le mardi 21 janvier 2003 Dimanche après-midi il y avait une réunion du comité électoral démocrate du village. Le copain est le chef de ce comité politique. Lui et ce comité avaient la tâche de trouver des candidats pour les élections locales à venir en mai, ce quils ont heureusement réussi à faire. Après la réunion nous sommes rentrés chez nous où jai préparé les spaghettis de blé intégral quon a mangés en regardant un film documentaire sur lécrivain américain Paul Monette, mort du SIDA en 1995. Ensuite on a regardé le film Hey, Happy quon avait enregistré, toujours de la chaîne Sundance. Complètement dingue. Ça se passait aux environs de Winnipeg (oui) au Saskatchewan. Tout le monde (et cétait un monde bien spécial) sattendait à un énorme déluge destructeur pourquoi, bon, je nai pas compris et il y avait lassistant dun marchand de porno doccasion forain (cassettes vidéo, godemiches (oui), CDs et tout le reste) qui était aussi disc-jockey techno-rave. Ce jeune homme voulait coucher avec 2000 hommes (il avait une raison un peu mystique pour ce chiffre, mais je ne lai pas comprise.) Il y avait aussi un type assez beau (à la canadienne) et bébête qui sappelait Happy, qui est devenu la cible du dj. Cependant il y avait aussi un coiffeur tout à fait folle, percé partout, un peu travesti, qui voulait aussi coucher avec ce même Happy. Voilà, cest tout ce que jai compris de ce film, qui faisait un peu Hedwig and the Angry Inch pas cher et moins bien. Lundi jai passé toute la journée, habillé en robe de chambre, à lire, sur internet et dans les bouquins. On est rentré à Manhattan vers minuit il ny avait pas trop de circulation sur lautoroute infernale quest lInterstate 95. Dans la voiture, le copain dormait, Betty couchée sur lui, sa gueule sur laccoudoir. Je viens de terminer le livre « Bien entendu cest off » de Daniel Carton. Ouais, cest bien de crier scandale et tout ça mais en même temps il a lair aussi décrire une sorte dapologie pour lui-même, pour ce quil a fait, lui aussi, en tant que journaliste politique. Oui, il a été révolté par tout ce quil voyait se passer dans le petit monde des politiques et des journalistes. Eh alors ? Les problèmes de vouvoiement et de tutoiement entre journalistes et politiques, je les ai trouvés, en anglophone ne possédant quun simple « you » insignifiant, intéressants. Il a pourtant raison de noter quil est plus difficile de dire du mal de quelquun qui vous offre un dîner au Grand Véfour « en amis ». Chez nous, je pense que le truc cest plutôt passer le week-end avec un homme politique à sa maison de campagne. Jai retrouvé dans le livre des expressions et des phrases géniales telles « la réunionnite aigüe » (voir à ce sujet la brillante entrée du 17 janvier 2003 chez monsavissurtout (« un blog qu'il est bien » et c'est vrai !) à propos des moyens de « merdification » proposée par Naufrage Consulting et son « expert-conseil international » (le très regretté) M. PaCa ) et « les catastrophes, ce sont les fêtes des pauvres », citation dun ancien ministre français des Affaires étrangères qui ma fait penser tristement mais cyniquement aux effondrements des tours du World Trade Center et, pour en terminer avec cette énumération, « Si vous parlez damitié à un politique, il ne comprend quutilité » (ahlala, ça ressemble aux artistes vis-à-vis de leurs galeristes ! Et vice versa.) M. Carton a aussi un côté un peu méchant, un côté « cabale » qui nest pas pas du tout bienvenu, mais qui lui permet décrire, à la page 196, des phrases funestes comme « Partout, les lobbies de toutes sortes font la loi, les réseaux francs-maçons et homosexuels sont devenus incontournables. » Eh bé, parlons un peu aussi de ces « réseaux hétérosexuels » qui par exemple nous poussent (si gaiement ? Excusez-moi.) à la guerre. Les militaires, ce ne sont quun seul grand réseau hétéro, nest-ce pas ? Alors, dites-nous, vous avez peur de quoi, exactement, Monsieur Carton ? Je commence à lire le « Journal extime » de Michel Tournier, écrivain que japprécie beaucoup (réseau homosexuel, évidemment) et dont jai acheté le livre à Paris. Cela fait très « carnet web », révélateur sans être trop personnel. Le froid ne nous quitte pas il fait froid dans lappartement et en fin de matinée on a coupé leau pour faire des réparations quelque part dans limmeuble. Heureusement que le copain et moi, nous avions déjà pris nos douches longues et chaudes et délicieuses. Finalement, je tiens à remercier tous ceux qui mont envoyé des courriels pour m'aider à poursuivre mes études « kékéennes », qui ne sont évidemment quà leurs débuts, en m'offrant leurs définitions, directes et indirectes, de ce quest un kéké. Les savants de chez Bougres mont très gentiment donné, dans une entrée datée le lundi 20 janvier de leur carnet, une explication étymologique du terme. Jespère, si mes interlocteurs me donnent lautorisation, pouvoir poster bientôt d'autres définitions du terme dans une page à part. le lundi 20 janvier 2003 Aujourdhui cest la fête du révérend Martin Luther King, assassiné à Memphis en 1968. Moi je suis originaire du sud des États-Unis (genre un peu Julian Green manqué, n'est-ce pas? Non, vraiment, je plaisante.) Je me souviens d'unaprès-midi, il y a (trop) longtemps, quand, tout petit, jaccompagnais mon père à lInstitut Tuskegee (maintenant luniversité Tuskegee), où il allait donner un cours de médecine interne. Linstitut se trouvait en Alabama et sur les bords de la route que nous avons prise il y avait de grands panneaux publicitaires qui montraient une énorme photo en noir et blanc du révérend King dans une salle de classe avec dautres noirs. La légende était directe: « Martin Luther King in communist training school ». Mon père en a ri, sans faire plus de commentaire. Une fois arrivé à linstitut, je me suis rendu compte que Tuskegee cétait une école pour noirs, où les week-ends mon père donnait bénévolement un cours à des infirmières. Je me rappelle aussi les fontaines séparées, lune pour les blancs et lautre pour les noirs, dans le hall dentrée de limmeuble où mon père avait sa clinique. Un soir, lorsque la famille était à table pour le dîner, mon père nous a déclaré que sil avait été noir, il se serait probablement joint aux Panthères noires. Jai un ami qui sortait avec un type noir pendant quelques mois il y a une quinzaine d'années. Je connaissais le type aussi un peu, cétait un avocat sorti de la Harvard Law School qui travaillait pour HBO. Cest-à-dire quil était en toute probabilité plus intelligent et assurément beaucoup plus riche que mon ami et moi et que la plupart de notre cercle. En plus il était charmant (un tout petit peu snob, mais ce n'était pas grave) et beau. Mais un soir mon ami ma décrit lhumiliation presque quotidienne que son ami à lui subissait lorsquil voulait chercher un taxi pour rentrer chez lui de son bureau dans la 6e avenue il fallait que mon ami aille lui héler un taxi, qui ne sarrêterait pas pour un noir, même en costume foncé avec une serviette en cuir et tout et tout. Ce nétait pas grand chose, mais ça faisait de la peine, à eux deux. Il y a eu des quelques progrès depuis. (Du moins je lespère nétant pas noir, je ne me permettrai pas le droit de me dilater trop sur les progrès éventuels dans ce processus.) Mais toujours pas assez. Sur un sujet beaucoup moins conséquent, je suis allé chez les amis carnetiers de Bougres où je suis tombé sur un mot que je nai pas tout à fait compris on trouve des mentions multiples chez Google, mais aucune explication véritable de ce quon veut dire par ce mot. Je lai cherché dans le Petit Robert et dans le Larousse français-anglais. Rien. Le Larousse de largot nen dit rien non plus. Bon, assez de suspense : le mot, cest « kéké ». Je crois que jai une idée plus ou moins bonne de ce quon veut dire en employant ce mot, ou plutôt du genre de personne quon veut décrire par ce mot, mais comment être sûr ? Vous les francophones, ayez pitié de nous, lecteurs étrangers ignorants de la toute dernière mode terminologique française, et aidez-nous à comprendre sans doute aucun ce que vous écrivez. Merci d'avance. le dimanche 19 janvier 2003 Ciel couvert, froid. On est rentré assez tôt de notre dîner hier soir, et pas saoul du tout, malgré mes efforts concentrés de vider mon verre en deux gorgées maximum afin de le faire remplir de nouveau. Il faisait trop froid pour aller au bar du village donc on sest mis sous la couette pour regarder la télé il y avait un film curieux qu'on passait à la chaîne Sundance « Relax its only sex » qui date de 1998. Le scénario nest pas mal fait mais lhistoire est complètement confuse et finalement cest décevant. Les acteurs sont bien, surtout Jennifer Tilly, et il y a des scènes très touchantes et authentiques, mais il y en a bien trop qui reste décousu et invraisemblable. Des pancakes de blé intégral mouillés au sirop dérable, du bacon, des « English muffins » bien beurrés un petit déjeuner hyper-américain ce matin. Puis lire les journaux. A 13 heures je fais une sorte de tour guidé de la maison dun poète local décédé dont je suis (pour le moment) le responsable bénévole. Mais ici comme ailleurs on ne sintéresse pas vraiment aux poètes, aux arts. (En France, si, du moins, un peu, quelquefois.) Ici, apprécier les arts, ça a toujours un côté suspecte, voire antipatriotique. Il nest pas difficile à comprendre pourquoi un beauf comme M. Bush est si populaire. La bêtise agressive rassure. Il neige maintenant, gros flocons blancs. PS - Grace à l'intervention bienvenue de Manu il y a eu quelques corrections effectuées dans l'entrée précédente. Je lui en remercie. le samedi 18 janvier 2003 Je lis en ce moment « Écrire » de Marguerite Duras (Livre de poche, 1993) que jai acheté à Paris un peu au hasard. Cest en effet une collection de trois [NDLR : il y en cinq] essais, dont le premier sintitule « Écrire » et dans lequel lécrivain essaie dexpliquer pourquoi et comment elle écrit. Tout cela ma rappelé des entrées de plusieurs carnetiers sur le même sujet. Voici quelques passages qui mont frappé :
Sur le contenu :
Et sur lambiance requise pour écrire :
On a terminé l'écoute de « A Room with a View » de E M Forster dans la voiture hier soir. Vers midi je suis allé à la bibliothèque chercher les cassettes de « Framley Parsonage » dAnthony Trollope, le prochain roman de la série « Barchester Chronicles. » On mavait dit que cétait arrivé mais en fait la bibliothèque n'a reçu qu'un enregistrement abrégé de deux romans de Trollope fait par la BBC pour une émission radiophonique. On a donc commandé de nouveau le roman complet (9 cassettes à lui seul) et jai choisi à la place un roman dYvan Tourgéniev intitulé « Pères et fils » quon commencera lundi soir à notre retour en ville. De temps en temps jaime bien être à la campagne, où il fait un froid de canard [NDLR : le très docte et gentil Manu me signale qu'en français il y un « temps de chien » et un « froid de canard », et je pense bien que c'est ce dernier dont je voulais me servir pour indiquer la température] (8º actuellement), avant tout quand on na vraiment rien à faire. On na pas besoin de sortir (ô joie, il y avait du lait buvable dans le frigo pour mon café ce matin). Jai parlé au téléphone avec ma mère (on sarrange pour la visite éclair chez elle en Géorgie à la fin du mois), on nous a invités à un cocktail de la Saint-Valentin, où il faut porter ou un peu de rouge ou un peu de rose, et jai parlé avec deux copines, qui restent chez elles à cause du froid. Il fait bon chez nous (le copain laime bien chaud et même dans la maison il porte le bonnet que je lui avais offert comme cadeau de Noël). On mange des saletés aussi grossissantes que malsaines (petits gâteaux, chips de tortilla, tout ce quon trouve dans le placard). Le modem câble fonctionne. Je surfe, je lis, je regarde la télé. Le copain joue au Royaume des Curs (la musique pourtant rend dingue). On sort ce soir je crois que je vais boire (seulement pour me réchauffer, bien sûr.) le vendredi 17 janvier 2003 Plus tard... Les vendredis à la galeries sont toujours très peu fréquentés les galeristes l'expliquent en donnant des raisons plus ou moins crédibles pour cette absence de monde mais en réalité on ne sait pas pourquoi les gens ne passent pas par les galeries le vendredi. Mais comme il n'y a presque personne, le vendredi après-midi on prépare les comptes pour le comptable, on range les tableaux dans les étagères et les diapos dans les dossiers, on pense (un peu seulement) à ce quon va écrire dans le communiqué de presse pour lexposition suivante. Du couloir extérieur jentends le bruit dun aspirateur que lon passe dans une galerie dà côté. En effet, tout cela est assez reposant et avec la chaleur dans la pièce où je suis, et la blancheur des murs, et le son de laspirateur invisible et de la radio des ouvriers de létage en dessous (où la transformation en galeries dart et bureaux continue), jai limpression un peu de planer dans une atmosphère lourde et pâteuse et palpable, comme si javais de la fièvre. Quelques photos prises lorsque jallais au travail ce matin.
Cette horrible poupée publicitaire placée devant un magasin de jouets dans la rue Hudson ma toujours inspiré un frisson de dégoût quand je l'ai remarquée. Notez svp le cadenas qui l'attache à la vitrine. C'est de l'abus infantile, non? Ça me rappelle un peu les sculptures disons particulières des artistes jumeaux anglais Dinos et Jake Chapman, avec leurs poupées nues, déformées et obscènes.
Voici des astronautes faisant de la publicité pour la chaîne de câble National Geographic. Ces costumes-là, aussi idiots quils soient, doivent au moins leur tenir au chaud.
Le bazaar marocain au rez-de-chausée du Chelsea Market, où j'ai acheté une lampe suspendue pour la salle-à-manger à la campagne. L'intérieur du nouveau Buddha Bar dans l'immeuble du Chelsea Market - ce n'est pas encore ouvert. Il a neigé hier soir, vers minuit, paraît-il. On est allé avec notre ami galeriste branché dans un restaurant assez nouveau dans la 14e rue au nom de Crispo (cest le nom du chef, et non pas, comme certains lont cru, un rappel au goût quelque peu discutable du marchand de tableaux Andrew Crispo qui était au centre dun scandale meurtrier dans lequel figuraient le beau monde, des quantités de cocaïne, et un jeune mannequin finlandais fils de diplomate à lONU trouvé mort, brûlé et torturé, dans une propriété au nord de New-York). Bien évidemment la plupart des gens qui se pressaient au bar hier soir étaient bien trop jeunes pour avoir jamais entendu parler de cet esclandre qui avait hypnotisé les New-Yorkais au milieu des années 80. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de filles habillées et coiffées comme dans Sex and the City, des homos bien bâtis dentre 25 à 35 ans, très BCBG en pull ou costume, qui buvaient des martinis et des « cosmopolitans », une femme dune quarantaine dannées qui draguait le barman (elle avait raison, il était tout beau), non, en effet, cest bien sympa et divertissant et en plus, on a bien mangé, avec deux bouteilles dun rouge italien dont joublie le nom. Aujourd'hui il faut que je prépare des enveloppes avec les étrennes de fin dannée (oui, on est tout à fait en retard) pour les gens qui travaillent au garage où on met la voiture. Jai aussi des courses à faire lamie écrivain raffole des saucissons à lail quon ne trouve pas à la campagne. Je passerai au Jefferson Market dans la 6e avenue pour lui en chercher. On est en train de réparer notre salle de bain, qui sécroulait peu à peu autour du baignoire en pièces de plâtre mouillé. Le propriétaire nous a envoyé un homme à tout faire que je connais. Cest un Turc et il arrive chez nous avec une équipe de deux hommes, des Indiens, qui vont ensemble réparer les murs, les repeindre et refaire par endroit le plancher de tuile céramique. le jeudi 16 janvier 2003 Entrées plus ou moins incohérentes aujourdhui. Un peu comme ma vie.
Hier jai vu une « police action » on bloquait les rues et les policiers se sont réunis à la hâte avant de procéder dans une des HLM qui se trouvent entre la 9e avenue et la 10e. (Pour voir les photos en plus grandes, cliquez sur la photo. Merci à gvgvsse et à mennuie de me l'avoir suggéré. Mais franchement je ne suis pas sûr que ça vaudra le coup pour chaque photo dans le carnet.) Jai pris cette photo dune galerie au 7e étage. La statue de la Liberté est tout au fond, à gauche de la grande tour au centre, qui se trouve au New-Jersey. Le copain vient dacheter le jeu SimCity 4, quil jouait tout en participant à une réunion téléphonique avec les bureaux en Asie. Moi jai regardé un vieil épisode de Enterprise. Sa vie à lui me paraît luxueusement simple : exercice et informatique. Et en Floride, que je n'aime pas mais où au moins il fait chaud. De lexcellent site politique Media Whores Online jai vu cette historiette délicieusement cynique expliquant ce quil faut faire actuellement pour réussir à avoir une bonne carrière de journaliste (aux Etats-Unis, mais l'équivalent sappliquerait, je crois bien, aussi en France sans avoir encore lu le livre de M. Carton que jai acheté à Paris et dans lequel il sagit un peu du même problème.) Le « film » est en forme de questionnaire lobjectif (en principe) est de voir son article à la une du journal de dimanche. Le morceau avec le président Bush dans une conférence de presse est supérieur. Daprès ce que je lis sur internet, toute oui, daccord, jexagère un peu voilà, une bonne partie de la blogosphère souffre en ce moment des ennuis damour. De Toronto à Paris je suis en toute sympathie les douleurs plus ou moins aiguës de carnetiers qui sont en rupture (plus ou moins achevée) avec un être aimé. Cest peut-être le stress des Fêtes qui en a été la cause. Mon premier grand amour m'a téléphoné de chez lui en Floride. Ça fait plus d'un an qu'on n'a pas échangé un mot. Je me souviens de combien tout cela m'a fait de la peine, mais je ne le ressens plus. C'est un souvenir comme les autres, ou presque. Le critique principal culturel du New York Times vient de quitter la galerie. Il est resté ici pour plus de 30 minutes, à bavarder de lexposition, de la politique dachat du Musée dart moderne (par exemple, le musée a dabord résisté à la vague de lexpressionnisme abstrait promu par le critique Clement Greenberg et représentée par les tableaux de Pollock ils avaient acheté un grand tableau du peintre surréaliste (et mondain) Pavel Tchelitchew au nom de « Cache Cache » (en anglais, « Hide and Seek ») qui est devenu, à une certaine époque, le tableau le plus connu du musée, jusquà laccrochage du Guernica de Picasso, maintenant reparti en Espagne démocratique), de la (grande) part de la mode dans les carrières dartistes. Il était charmant, en effet. Il sest assis un petit moment pour feuilleter un numéro dArt in America. « Je nai jamais le temps de le voir » il me dit avec un petit sourire denfant malin. Je me demande sil va écrire quelque chose sur notre exposition. Jai envie de me soûler ce soir. Jeudi, cest quand les New-Yorkais sortent. Jai entendu à la radio ce matin que Paris vient de devancer New-York pour lhonneur dêtre au 10e rang des villes les plus chères du monde. Londres, cest plus cher que Paris, qui est la ville la plus chère de la zone euro cest laffermissement continu de la nouvelle devise qui a « gagné » lhonneur pour Paris.
le mercredi 15 janvier 2003 Hier jai testé le nouveau fureteur Apple Safari que le copain avait téléchargé il y a quelque jours. Ma critique ? Dabord, je naime pas avoir des liens ou des signets préinstallés dans la barre den haut, surtout des signets commerciaux tels Amazon ou eBay. Mais pour laspect, il ne me semble pas trop laid. Autre chose remarquée : Safari na pas réussi à lire correctement les polices que jemploie dans ce carnet il les a changées toutes en ariel, ce qui nest pas mauvais (très moderne et minimaliste) mais ce nest pas ce que javais fait en GoLive. Et en plus, je nai pas limpression que Safari aille plus vite quInternet Explorer, du moins avec mon ordinateur. Hier après-midi j'étais frappé dun coup de nostalgie pour Paris, enfin, pour notre récente vie de visiteur à Paris et je me suis décidé de sortir à New-York un peu comme on faisait à Paris, où en fait on ne savait pas très bien ce quon faisait. Le copain est rentré du bureau vers 18 h 30 et nous sommes sortis vers 19 h 15 pour aller dabord prendre un verre dans un bar à vin/resto de la 7e avenue, Merchants NY. Ambiance pas extra, le copain a commandé un apéritif infecte fait de gin Bombay, de limonade et de Triple Sec, moi, jai pris un vin rouge français, le seul figurant sur la carte des vins, ce qui est quand même bizarre pour un soi-disant bar à vin. A ma surprise, ce nétait pas du tout mauvais, cétait, daprès la carte, un « Saint-Antoine (Rhône) » mais je ne me fierais pas à cette appellation probablement pas « contrôlée ». Et malgré les règles récentes interdisant aux gens de fumer en public, il y en avait beaucoup qui fumaient tout contents au bar. Il y a peut-être des exceptions ? On est allé ensuite au restaurant Gascogne, dans le Chelsea. Tout petit, il nétait pourtant pas complet et on nous a invités à nous asseoir à une petite table dans la partie arrière de la salle étroite. Comme le restaurant se trouve dans plein Tataland, il y avait plusieurs couples unisexes autour de nous. De l'autre côté de l'allée centrale il y avait deux types qui semblaient avoir travaillé ensemble à une époque antérieure. Lun, un type vraiment grotesquement obèse, était en visite à New-York de Californie. Lautre était dici, un noir à laccent des îles des Indes occidentales. Selon le copain, qui pouvait voir tout ce qui se déroulait devant lui, le gros avait lair de draguer son compagnon (sans y réussir, à toute évidence). Moi jai pris un cassoulet traditionnel (plat expressément anti-froid) et le copain a choisi un filet mignon, et on a partagé une bouteille dun vin gascon au nom de Château Peyros quon ne connaissait absolument pas (comme toujours). Moi je laimais bien (on la payé trop cher, mais cest comme ça dans les restos) mais le copain a déclaré que ça goûtait les cendres. Ah, comment il est difficile à plaire à tout le monde ! le mardi 14 janvier 2003 Quand il fait trop froid à New-York, cest traditionnel de sen prendre au Canada, doù descendent selon la météo ces « masses dair arctique » qui nous gèlent depuis plusieurs jours.
Bien que la cuisine anglaise nait pas une renommée comme la française. il y a, il paraît, des gens qui aiment beaucoup les curiosités culinaires typiquement anglaises comme les haricots blancs à la sauce tomate sucrée en boîte et des flocons d'avoine écossaise. Myers of Keswick, que je passe tous les jours en allant à la galerie, est une épicerie spécialisée en alimentation britannique pendant les Fêtes on peut y acheter des crackers de Noël et des poudings aux prunes tout arrosés de liqueurs. On navait absolument rien à bouffer dans lappartement. Je suis donc allé au marché le plus intéressant du quartier, qui sappelle Gourmet Garage, pour chercher du lait, des fruits (les clémentines dEspagne arrivent maintenant), mes jus de fruits dAfrique du sud, et ainsi de suite.
Ils y ont un étalage plein de bières belges.
Et pas mal de fromages (un des quatre rayons de fromages). Heureusement que ce nest pas loin de chez nous. Et avec le gym au-dessus, cest commode.
le lundi 13 janvier 2003 Toujours aussi froid ce matin, -3º avec du vent, et le copain sest installé devant son ordinateur avec casque à écouteur à la Madonna à 9 h précises pour parler au téléphone avec le QG à Manhattan. Ils font des réunions téléphoniques interminables (ça doit plaire à la AT&T Long Distance), en se servant dun charabia informatique qui pour moi ne signifie rien : par exemple, « atlas tree » ? Je présume quil ne sagit pas là dune plante réelle, nourrie par une substance inconnue au nom de « citrix ». Mes études de vieillesse savancent jai parlé une heure avec une amie, qui a 85 ans, de son mari, qui en a 87, de retour chez eux dune maison de repos, où il est resté plusieurs semaines pour des traitements des reins, qui ne marchent plus. Son mari doit maintenant subir la dialyse rénale pour le reste de sa vie, et pour ça il lui faut trois heures entières, sans compter laller à lhôpital et le retour à la maison en ambulance, trois fois par semaine. Cest quand même dur, ce nouveau régime « sans fin », et tout cela me rappelle que je ne devrais pas trop me plaindre des petits renversements de ma vie quotidienne, car il y en a de beaucoup pire. Mon amie m'a expliqué que son mair ne peut pas boire trop de liquide (et il adore le thé et la glace, qui, fondue, compte pour un liquide), et il y a aussi toutes sortes de nourriture quil ne lui est pas permis de manger, parce quelles contiennent trop de potassium ou dautres éléments chimiques interdits. Elle a bien la tête qui tourne avec tout ce qu'elle doit apprendre sur le traitement à domicile de son mari (et lui il ne veut pas d'infirmière de passage ! ) Je pense que je vais sauter le gym aujourdhui je nai pas vraiment assez de temps pour y faire tout ce que je devrais, et comme tout à la campagne, cest loin et ça prend donc un temps considérable (quarante-cinq minutes aller-retour, dans ce cas-ci) pour y aller, et si je fais 30 à 45 minutes daérobiques en plus de ma routine muscu, le copain gueule que je suis un obsédé du gym. Jai aussi invité lamie écrivain à déjeuner. Nous irons au restaurant (le choix nest pas grand) et je lui raconterai le voyage à Paris, avec emphase sur les menus. En se parlant au téléphone hier de la vie en couple, elle ma dit « Si jétais restée en Hongrie, jaurais sûrement eu des amants. » (Études de vieillesse : suite) Lamie écrivain a 84 ans et cest la personne, de nimporte quel âge, la plus moderne et réaliste que je connaisse. le dimanche 12 janvier 2003 Nous sommes partis pour la campagne très tôt samedi matin il ny avait pas beaucoup de circulation sur la route à cette heure, quand juste avant le lever du soleil le ciel prend une couleur vert jaunâtre reflétée dans la surface ondulante du East River à notre droite et dans les revêtements de verre et dacier des gratte-ciel se dressant à notre gauche. On ne voit pas de verdure, même les petits arbres qui longent la promenade du fleuve ne portent plus une seule feuille brunie tout est gris : gris clair, comme le ciel, la chaussée, les murs de support, leau, ou gris foncé, comme les branches nues des arbres, la toile métallique complexe du pont Triborough, lhorizon. Moi je nai pas fait grand chose pendant la journée vers quatre heures de l'après-midi je suis passé chez une amie qui ma offert un bon café fait avec sa nouvelle cafetière italienne et avec qui jai parlé parents (sa mère est devenue folle, la mienne semble commencer à perdre la mémoire) et maris. Mon amie sest divorcée il y a longtemps de son premier, qui habite en Floride avec une autre femme. Il na plus un sou et ses enfants (que je connais un peu) sinquiètent de leurs responsabilités financières éventuelles envers lui, surtout si sa femme le quitte. Cest quand même dur pour les enfants, les parents qui manquent de maturité. Le copain en possède un, lui aussi c'est un enfant gâté denviron 75 ans, du genre qui na jamais su garder un travail pour plus dun an (par exemple) et qui sest mis à la retraite quand il navait que 52 ans mais qui avait pourtant lhabitude de demander, chaque fois quon le voyait à New-York ou chez lui en Californie, pourquoi son fils ne gagnait plus dargent, pourquoi il navait pas un poste plus important à la banque, comme cétait son fils le raté, et pas lui. On se connaît mieux et je me permets maintenant de lui dire de la fermer tout net, et sa nouvelle femme, que nous aimons bien tous les deux, lui fait pareil. On ne va pas le changer, cest certain, et le copain pourtant sen est tiré beaucoup mieux que ses frères aînés et sa sur, surtout le frère aîné qui habite quelque part dans la banlieue de San-Francisco avec sa deuxième femme il ne vit que pour lapprobation de ce père injuste et défectueux (mais qui est aussi tout à fait charmeur quand il veut). Hier soir nous sommes allés à un dîner en lhonneur dune invitée venue de Barcelone. Au début nous avons tous parlé opéra, météo, chiens, la vie en Espagne, à Madrid et à Barcelone enfin, des sujets assez inoffensifs, quoi. À table, pourtant, lorsquon a commencé à manger le plat principal (blanc de volaille à la sauce brunâtre je-ne-sais-pas-quoi, purée dépinards, et pommes de terre), quelquun a abordé le sujet du film et du livre « Blackhawk Down ». Ah, nous voilà bien lancés ! Tout le monde se demandait comment on pouvait faire la guerre contre lIrak sans la moindre preuve publique et vérifiable de soi-disantes « armes de destruction massive ». La femme assise à ma gauche, dorigine néerlandaise, ma dit que pour la première fois elle avait eu honte dêtre américaine chez ses parents aux Pays-Bas en octobre. Moi, javais remarqué que la chaîne de télévision NBC traitait les déploiements récents de troupes dans le Golfe persique comme sil sagissait en effet dun « pre-game show ». Cest peut-être cela qui me dégoûte et menrage le plus ce côté « divertissement télévisé » promu par la plupart des médias américaines. La semaine prochaine il va avoir lieu des manifestations contre une intervention militaire en Irak à Washington et à San-Francisco, je me demande quelle influence réelle ça pourrait avoir sur la politique de ladministration Bush (qui est comme tout rassemblement politique au pouvoir au moins sensible à lhumeur du public.) Alors, on verra. Sur une note peut-être plus frivole, jétais rassuré dapprendre, dans un article du Monde du 10 janvier que « l'heure est donc à la polysensorialité ». Comme si lon sen doutait. Et finalement, jai découvert ce site marrant qui sest composé de carnets supposés des personnages trouvés dans les deux films tirés du livre Le Seigneur des anneaux. Cest en anglais, cest malin, un peu mesquin, et ça ma fait sourire et oublier un peu ce que les voyous à Washington sont en train de fabriquer. le vendredi 10 janvier 2003 Un peu plus tard... Correction: les prix de la Fnac (Paris) pour les produits informatiques ne sont pas en fait plus élevés que ceux de J&R (New-York). Le copain en a fait une comparaison en déduisant la TVA (18 %) des prix de vente publique pour la Fnac et en ajoutant les taxes à la vente de létat et de la ville de New-York (8,25%) pour J&R. Résultat ? Ça revient au même, sans compter les taux de change variables entre leuro et le dollar. Je mexcuse de ma désinformation préalable. Grâce au décalage horaire, je me suis réveillé à 5 heures (cest déjà mieux quhier, quand cétait à 4 h 30) on se donne limpression (erronée) dêtre follement énergique, mais ça passera en deux jours, on se remettra à lheure locale et on se lèvera bientôt fatigué et grincheux à 7 h 30. Cest peut-être un peu ça, la mélancolie du retour, quand on se rend compte que, malgré tous les événements épatants survenus pendant le voyage, rien au fait na changé. La vie quotidienne et banale reprend ses droits. Au moins il fait plus doux à New-York quà Paris il faisait 9º hier après-midi, cétait presque tropique. On a fait le vernissage de lexposition de janvier hier soir à la galerie. Comme lartiste quon expose, mort en septembre dernier à lâge de 94, faisait un peu partie de la bande Warhol, il y avait tout un monde de gens qui voulaient se présenter comme intimes de lancienne Factory. Cétait à la fois drôle, bête et désespérant à 17 h 45, cest-à-dire un quart dheure avant le début officiel du vernissage, il y a un jeune homme qui arrive, tout grand, blond et souriant, assez beau, style un peu garçon de ferme du Middlewest avec des jeans et de grandes bottes de construction. Il se dirige sur-le-champ vers un vieux peintre pédé auquel il fait une sorte de cour, en le louant profusément pour ses tableaux (quil ne connaissait point, cest sûr). Évidemment le vieux est aux anges (et qui pourrait bien lui en vouloir ?). Lentrevue coquette dure quelques minutes, jusquà larrivée dautres « grands personnages » auxquels le jeune bourreau des curs homos se lance pour poursuivre sonascension sociale et sans doute professionnelle aussi (plus tard je lentends dire à quelquun quil est artiste et puis japprends quil vit avec un vieil écrivain connu, autrefois grand ami de Tennessee Williams). Il sest même approché de moi, la main tendue, en disant « Je crois quon se connaît, non ? » Lactrice (sûrement centenaire) Sylvia Miles était là, à la voix rauque et grossière. Il y avait aussi un type à un accent russe très fort qui hurlait tout un commentaire fatigué sur lépoque prétendue quand les artistes passaient de leurs galeries aux boîtes de nuit, comme Warhol, Haring et Basquiat (dont il ne savait même pas prononcer le nom correctement, bien quil se dît grand ami du peintre). Il y avait un grand type au gros ventre en pull moulant rose Schiaparelli. Il buvait furtivement beaucoup de vin (blanc, pas cher, de Bordeaux et pas froid !) et tout dun coup il a annoncé à une artiste assise à côté de moi « Ah, je te connais mais tu tappelles comment ? » Elle le regarde dun il louche. « Tu te sens bien ? » lui dit-elle. « Quoi ? Jai pas lair bien ? » « Tas lair dun Américain paumé. » Il la regarde, puis après un petit instant de réflexion ( ? ) lui répond : « Bon, je vais déconstruire cette phrase » avant de s'en aller en sarrachant un autre verre de vin. Lartiste se retourne vers moi avec un haussement dépaules. « Je le connais. Cest un mauvais écrivain, et un con. » Ahlala, le demi-monde new-yorkais dans toute son inutilité ! Ce matin jai déclaré au copain, assis en boxer devant lécran de son ordinateur, que javais lintention moi aussi de me retirer, comme les Nord-coréens, du Traité de non-prolifération nucléaire et il me répond, lair perplexe, « Quoi ? Tu nécris plus ton blog ? » Ah, les jeunes. Javoue que ça me fait sourire, toutes ces déclarations nord-coréennes, contre lesquelles l'administration Bush ne sait vraiment pas comment réagir, puisquil ne sagit pas de guerre de bande dessinée comme en Irak. le jeudi 9 janvier 2003
Comme il nous arrive souvent, nous avons dû compléter tous nos achats à la dernière minute avant de partir pour Charles de Gaulle hier après-midi. Bon, cest peut-être plus efficace comme ça puisquon na pas assez de temps pour vraiment réfléchir à ce quon remet à la gentille caissière. On avait en principe un rendez-vous dans une boutique de la Rive Droite tenue par des amis mais jai insisté quon aille, encore une fois, essayer de voir les poulets à 150 euro au Coq Saint-Honoré cette fois le magasin était ouvert, on y est entré et jai pris une photo dune partie du rayon volaille (en cachette et sans flash je me suis senti un peu espion industriel).
Le copain a dit quon devrait aller aux Galeries Lafayette (on était plus ou moins dans le quartier) et cest comme ça quon a découvert les joies des soldes dhiver parisiennes. La folie dacquérir nous a saisis aussi et on a finalement été poussé à acheter plusieurs chemises (pas chères du tout, en fait) et deux foulards. Ensuite on est allé par la passerelle au magasin principal, où jai trouvé tout à fait par hasard un carnet en papier que je cherchais depuis des mois.
On a déjeuné dans un restaurant dans la rue du 4-septembre (ufs mayonnaise et salade de tomates comme entrées, entrecôtes frites, pichet de bordeaux, bouteille de Vittel et cafés classique, non ?) avant daller chez nos amis, où on a fait tous nos achats de Noël ben oui, on est très en retard mais le plus agréable, cétait quon a pu acheter des cadeaux qui seront livrés aux Etats-Unis par FedEx pour des prix (avec détaxe et soldes) nettement inférieurs à ce quon pouvait trouver chez nous. On a dû quitter la boutique à la hâte pour retraverser la Seine, reprendre nos bagages et faire venir un taxi pour nous emmener à laéroport. La Périphérique était bondée (pas de surprise) mais on est arrivé à temps au Terminal 2C. La sécurité à Roissy nétait pas aussi pénible quà JFK et on a pu la passer sans trop de difficultés. Il y avait aussi quelque chose qui nallait pas avec lappareil, mais ce nétait pas clair et finalement on sest embarqué dans un Boeing 777. Cétait tout à fait complet , plein denfants pleurnicheurs et gâtés (et les parents égoïstes qui vont avec). Le vol a commencé assez calmement mais au milieu de locéan on a commencé à sentir des secousses, qui ont duré plus que la moitié du vol. A vrai dire, le pilote nous avait averti de turbulence causée par un jet-stream particulièrement fort.
Tout sest calmé au-dessus du Canada et on est arrivé à New-York avec seulement 45 minutes de retard. Pas de problèmes à la douane, on a vite trouvé un taxi et nous nous sommes retrouvés dans notre appartement avec Betty et lamie qui la gardée vers 22 h 45 heure locale. On a bu une bouteille de champagne découverte dans le frigo pour célébrer notre retour (et aussi pour maider à dormir) et on sest couché vers minuit. le mardi 7 janvier 2003 Il fait toujours très froid à Paris et c'est peut-être la température extrême qui a aidé à « tomber » et l'amie qui dînait avec nous hier soir et le copain qui s'est réveillé à deux heures du matin pour s'enfermer dans le wc où il a rendu tous les délices que lon avait dégustés quelques heures auparavant il lui a fallu de visites répétées avant de pouvoir rester un peu de temps calmement au lit, mais ce nétait pas du tout reposant, ni pour lui ni pour moi, qui, inquiet de la santé de notre amie qui a dû quitter le restaurant et rentrer à son hôtel avant le fromage (donc bien avant le dessert) avais pris la moitié dun somnifère vers 1 heure. Ayant pris le somnifère javais beau trouver le sommeil profond avec le va-et-vient du copain malade. Cest pour cela quaujourdhui je me sens complètement crevé. Ce matin pourtant je me suis senti plutôt bien et donc je suis allé faire une promenade à pied jusqu'à la librairie Les Mots à la bouche où en effet je nai pas trouvé grand chose de nouveau jai acheté le « Journal extime » de Michel Tournier, auteur que japprécie (et en plus cela maidera peut-être décrire plus correctement dans ce carnet, puisquil sagit dans ce livre, daprès son auteur, dun essai « dans linstantané »), ainsi que deux autres livres un peu techniques, « Bien entendu cest off » de Daniel Carton et « Une politique de la langue » de Michel de Certeau, Dominque Julia et Jacques Revel. Jai aussi acheté un petit livre de Marguerite Dumas intitulé « Ecrire » dans lequel elle décrit (bien évidemment) sa façon décrire. Il n'y avait pas de romans français nouveaux, ce qui m'a déçu. Je suis passé ensuite à la librairie doccasion Mona Lisait tout proche du restaurant Benoît, où jai eu le plaisir de dîner il y a deux ans, mais je ny ai rien trouvé dindispensable. Je me suis amusé à traîner un peu au premier étage du BHV dans les rayons papeterie (jadore la papeterie, bien que je ne me serve presque plus dun « support papier » pour ce que jécris). Finalement je suis retourné à la rive gauche où jai acheté, chez le Gibert Joseph spécialisé en dictionnaires à côté de la place Saint-Michel, un dictionnaire Larousse du français argotique pour que je puisse essayer au moins de comprendre un peu de ce quon écrit dans les carnets français, belges et québécois que je lis. Rentré à lhôtel, j'ai trouvé que le copain était sorti il mavait dit quil irait peut-être au cinéma cet après-midi sil allait mieux et je nétais franchement pas mécontent de rester tout seul dans notre petite chambre le copain et moi, nous sommes des êtres très différents et il est difficile de vivre avec quelquun dautre (même un partenaire conjugal) dans un espace réduit 24 heures sur 24 quand, comme nous, on nen a pas lhabitude. Moi japprécie ma solitude, toujours passagère, et les moments où jai envie de lire ou de réfléchir seul. Jai regardé de plus près les livres que javais achetés et jai feuilleté « Le Monde » pour voir sil y avait dindications quelconques sur la guerre à venir (je suppose). Puis je me suis endormi, bon à rien. Cest sûrement inutile de noter, mais il y avaient des Américains qui dînaient au restaurant hier soir qui parlaient tout haut (et assez fort) de la nécessité dune guerre dite « protectrice » contre lIrak. Des Italiens (deux femmes et deux hommes) assis à côté deux se sont déclarés tout à fait daccord sur la nécessité dune intervention militaire américaine, qui « nous sauvera » (on a bien sûr prononcé cette bêtise en anglais). Le copain a failli traverser le petit couloir qui nous séparait pour leur dire de se taire mais je lui ai prié de ne pas faire une scène et les Américains (doù exactement en Amérique ils venaient on ne pouvait pas déterminer) sont finalement partis. Ah, le petit séjour parisien se termine bientôt. Nous rentrons à New-York demain après-midi. C'est vrai, jai envie de revoir Betty endormie sur son coussin dans le salon, jai envie de me remettre dans mon propre lit (bien que le lit de lhôtel soit très convenable), jai aussi envie de pouvoir boire autant de café quil me plaira le matin et sans devoir mhabiller. Ah, de vieilles habitudes difficiles à renoncer, même pour une petite semaine. Pourtant, il faut avouer que Paris vaut pas seulement une messe, mais des nuits sans repos, des températures glaciales, des taxis introuvables, et tout un tas dennuis de ce genre trivial. La Comédie-Française, la bonne cuisine, le Louvre, les librairies, les femmes chics, les hommes beaux, pour ne nommer que quelques-unes des caractéristiques de cette ville exceptionnelle, Paris possède un charme des plus séduisants parmi toutes les villes du monde et comme toujours nous nous y sommes beaucoup plus.
Demain avant de prendre lavion on va essayer de profiter des soldes qui commencent le 8 janvier par ordre du préfet (je ne savais pas que les dates des soldes sont fixées par le préfet) heureusement quon expédie facilement aux Etats-Unis. Le jeudi soir il faudra que je sois plus ou moins en forme pour le vernissage de lexposition duvres (photographies, collages, sérigraphies) de Charles Henri Ford à la galerie. Cétait un type extraordinaire, qui est mort il y a quelques mois dans sa chambre de bonne au Dakota, cet immeuble dans lequel ont vécu, ou vivent encore, lactrice Lauren Bacall, le chef dorchestre Leonard Bernstein, le danseur Rudolf Nouréev, le chanteur John Lennon (tué devant l'entrée) et sa femme Yoko Ono, et dautres. Il avait 94 ans. Je ne le connaissais que de nom, mais il était un de ces êtres, fous dambition et dégoîsme dartiste, intrépides contre tout obstacle et convaincus de leur talent, qui animent les villes comme Paris et New-York. le lundi 6 janvier 2003 Où commencer ? On continue à faire tant de choses que jai bien du mal à me les rappeler toutes. Le dimanche on sest réveillé assez tard et jai téléphoné à un ami qui a insisté quon aille chez lui pour déjeuner, ce qui a été très agréable. Ensuite il nous a conduits tous au Marché de Puces où notre ami a voulu acheter un truc en malachite quil avait vu auparavant dans un stand du Marché Serpette (je me trompe peut-être de nom). Malheureusement pour lui, le truc avait été déjà vendu. L'ami nous a menés ensuite chez dautres marchands quil aime dans un des stands tenus par une marchande très marrante que je connais un peu maintenant jai acheté une jolie paire de bougeoirs Charles X pas trop chère et dans un autre stand notre ami a trouvé un petit rafraîchissoir argenté un tout petit peu abîmé (il les collectionne) et un cadre en argent. On est rentré en ville et moi jai eu le plaisir de passer une petite heure très agréable avec deux collègues carnetiers parisiens dans un café à Saint-Germain-des-Prés. On parlait de nos problèmes de carnets, de mes problèmes (absence) de commentaires (je ne sais pas comment faire), de ce quon peut écrire dans un carnet et tout ce quon ne dit pas ou ne veut pas dire. Pour moi cétait très intéressant de les rencontrer et jétais avant tout énormément flatté quils avaient envie de me rencontrer. Dimanche soir on est allé au Café Ruc pour manger quelque chose avant daller à la Comédie-Française où nous avons assisté à une représentation de la pièce « Le Dindon » de Feydeau nous avions des places tout en haut de la salle et ça ma au début donné un peu le vertige mais je my suis habitué. La pièce était très bien jouée cest bien sûr de la farce et cela a forcément un côté imbécile (et cest bien exprès) mais jétais surtout impressionné par la qualité supérieure de tous les acteurs, qui étaient vraiment formidables.
Ce matin nous avons traversé encore la Seine pour un rendez-vous au magasin où lon vend les meilleurs poulets de Paris (on dit) le Coq St Honoré. Malheureusement cétait fermé (les horaires des magasins à Paris sont un peu compliquées pour nous à New-York, la plupart des magasins sont ouverts du lundi au samedi de 9 ou 10 heures jusquà 17 ou 18 heures) on sest dirigé vers le Marais, où on a déjeuné très bien dans un restaurant de la place des Vosges. Ça fait quand même du bien de se permettre de boire un bon vin rouge au déjeuner (ce qui ne marrive jamais chez moi !). Vivent les vacances !
Malgré le froid, on s'amuse bien à Paris voilà la patinoire récemment installée devant l'Hôtel de Ville par M. Delanoë pas mal de monde, mais aucuns patineurs très doués (ce n'est pas le Québec !)
On a passé laprès-midi au Louvre (avec une petite escale à la Samaritaine), dans les salles de peinture italienne du Pavillon Denon. De retour à lhôtel, on a passé quelques coups de fil à New-York, surtout pour savoir si Betty allait bien avec lamie qui la garde elle est en excellente forme, l'amie nous assure.
le samedi 4 janvier 2003 Il faut lavouer, cest crevant de voyager. On a commencé par un tour à la FNAC de la rue de Rennes. Ce magasin ressemble beaucoup à J & R à New-York et cest amusant de comparer gadgets électroniques et prix (qui sont en général nettement plus bas chez nous), Jai acheté des cassettes de livres parlés une histoire de la France révolutionnaire par un historien que je ne connais pas et « Un Amour de Swann » de Proust (javais acheté les quatre cassettes de « Combray » en avril lannée dernière et je les ai écoutées dans la voiture).
Hier, à la suite dun déjeuner excellent avec des amis américains dans leur hôtel de la rue de Berri, on a fait une promenade dans le parc Monceau, doù jai vu la fenêtre de la chambre où jai dormi pendant une année il y a très longtemps quand j'étais étudiant. On est allé au musée Nissim de Camondo tout proche, où il y avait pas mal de monde, à ma surprise. Ensuite on a pris un taxi pour repasser avec les amis à la FNAC parce quils ne la connaissaient pas. Nous sommes allés un peu plus tard chez des amis dans le 1er avant daller tous les six au restaurant Paul dans la place Dauphine. C'est la bonne cuisine sans prétention où on mange très convenablement. Un de nos amis parisiens nous a décrit en grand détail les délices respectifs des macarons de chez Pierre Hermé, Ladurée et une autre pâtisserie à côté du Marché St Germain que je connais de vue mais dont je ne me souviens pas maintenant du nom. On lui a promis daller à au moins un des ces artistes pâtissiers pour goûter un vrai macaron qui na, il nous a assurés, rien à voir avec ces grosses boules de pâte pleines de noix de coco, lourdes et sucrées, quon appelle des « macaroons » chez nous. Rentré à lhôtel, jai regardé la fin du film « West Side Story » à la télé cest drôle de voir le jeune Dennis Hopper comme un des « Jets ».
On dormait encore, le copain et moi, quand le téléphone a sonné pour fixer notre rendez-vous culturel du matin au Musée de Cluny. Après avoir avalé plusieurs tasses de caféau lait et pris des douches rapides (ce qui nest pas facile pour le copain), on sest mis en marche accélérée (on était un peu en retard) vers le Boulevard St Michel, quand il a commencé à neiger.
Quittant le musée vers 12 h 45, on sest décidé daller déjeuner au Café Marly, dans le Louvre. Après nos doubles expressos coutumiers de fin de repas, on a fait un tour dans le quartier du Marché St-Honoré que je ne connaissais pas avant de se séparer le copain et une amie sont allés au Musée du Louvre, lautre ami est allé chercher des billets pour un concert ce soir à la Madeleine et moi je suis rentré à la rive gauche pour faire ma première tournée des librairies. Je commence toujours par la librairie Gibert Joseph, où je vais méthodiquement de haut en bas. Après avoir erré dans la plupart des rayons pendent plus dune heure et demie, jai quitté la librairie (avec quelques livres, bien sûr) pour aller à la nouvelle (pour moi) FNAC Digitale dans le boulevard St-Germain. Ce magasin a une sélection de trucs informatiques vraiment beaucoup plus intéressante que celle qu'elle offre dans le magasin de la rue de Rennes. Jy ai trouvé un logiciel correcteur de français (dont jai énormément besoin, tout évidemment) pour Mac. Ensuite je suis passé par La Hune, où il y avait trop de monde pour pouvoir regarder les livres tranquillement jy retournerai le matin, quand il ny aura personne.
On a rendez-vous avec des amis à un bar à vin à 20 h 15 ce soir avant dassister à un concert. On dînera après le concert cest quand même dur, ce train de vie parisien.
le jeudi 2 janvier 2003 Le vol de New-York à Paris sest passé sans trop de difficulté on a inspecté ma valise à la main, le type ma remercié davoir une valise sans fermeture à glissière. Ensuite on a dû enlever les chaussures, la montre-bracelet et la ceinture avant de passer à travers la porte électronique. Une bonne femme a ensuite passé une sorte de petit torchon autour de mon ordinateur portable pour chercher des traces de détonant. En plus, on nous a donné des places dans l'avion de 19 h, donc on avait à peine le temps dacheter quelques magazines avant dembarquer. Cétait plein, du moins en classe économie, et à cause du mauvais temps à New-York on a eu un retard assez long avant de pouvoir décoller pour saider à sendormir, le copain a tout de suite avalé un petit somnifère moi jattendais à ce quon me donne une petite bouteille de vin pour l'accompagner, mais à cause de la turbulence, personne na bougé dans la cabine et finalement jai dû avaler le mien sans liquide à part la salive. Lavion a continué à être secoué assez violemment par les vents heureusement que je me suis endormi finalement grâce aux médicaments. La tempête nous a suivis jusquà Paris, où on a eu du mal à satterrir à Charles de Gaulle à cause du vent trois personnes dans notre cabine ont vomi, cétait impressionnant ! On est finalement arrivé à lhôtel, doù nous sommes vite sortis pour aller déjeuner dans une brasserie du quartier. On est ensuite passé visiter la nouvelle boutique damis parisiens puis on est allé au guichet de la Comédie Française pour acheter des billets pour « Le Dindon » de Feydeau, que je nai jamais vu. (En réalité, je nai vu de Feydeau ni en France ni en français.) Bon, il est temps de me coucher le décalage horaire commence à me peser. Je regarde la télé française mais en effet je ny comprends absolument rien. Pouquoi est-ce qu'on trouve ça marrant ? Demain, le Musée dOrsay. le mercredi 1er janvier 2003
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