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sale bête
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du 16 au 31 décembre 2002
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un carnet insensé
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Carnets que je lis souvent
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le mardi 31 décembre 2002 Bon, ça y est, c'est (en quelques heures) la fin de cette année et le début dune autre. Pour dresser le bilan des ces 365 jours écoulés, jai limpression très nette que jai un peu glandé cette année. Jai commencé par exemple un projet que jaurais espéré plus avancé quil ne lest actuellement. Tant pis. Le monde de lart me fait sourire cyniquement il y a de bonnes choses à voir et de bons artistes, mais ils sont rares et il est très difficile à les repérer parmi tant de bruit et de fureur fabriqués par les engins à publicité. Les amis comptent de plus en plus, ainsi que la poursuite de valeurs positives dans la vie. La bassesse, la lâcheté, la mesquinerie, les esprits étroits ou hypocrites, je continue à essayer à me débarrasser de tout cela, et sans remords. Je sais que la vie nest pas si longue pour accepter den gâcher même une partie dune manière insouciante en ayant affaire à des connaissances aux valeurs suspectes ou démoralisantes. Il faut savoir couper les liens, non pas pour être superficiellement méchant mais pour se protéger et pour de se permettre de sépanouir. Il y a des gens pas méchants ou particulièrement malveillants qui pourtant najoutent rien à la qualité de la vie quon mène ça peut paraître bien dur, mais il ny a rien à faire, il faut les laisser tomber pour pouvoir se concentrer sur ce qui apportera le bonheur et le plaisir, aussi philosophiques que physiques. Moi, jai connu la dépression dans ma vie, et je lai reconnue chez certains de mes amis, et on sefforce toujours de sentraider quand cest nécessaire. Mais cest tuant les gens qui font de la dépression (par exemple) le trait principal de leur être ça devient plutôt un tic, une manière de se faire plus intéressant, et comme la plupart des apparences, une fois la nouveauté passée, elles nous lassent vite. Lavenir ? Je suis très paresseux, et là, de toute évidence, lannée à venir ne changera pas grand chose. Peut-être réussirai-je pourtant à mieux le cacher du grand public ? Le copain nest pas tout à fait content dans sa boîte, il parle de temps en temps de chercher un autre poste, donc cela pourrait causer des changements importants dans notre vie. Il me faudra encore plus de temps pour me remettre de mes exercices haltérophiles mes muscles nont plus la souplesse de la jeunesse mais cest normal. Je me plairai toujours à lire et à relire la correspondance extraordinaire entre Voltaire et la marquise du Deffand (« Savez-vous, monsieur » écrit la marquise à Voltaire en 1759 « ce qui me prouve le plus la supériorité du vôtre [esprit] et ce qui fait que je vous trouve un grand philosophe ? cest que vous êtes devenu riche. Tous ceux qui disent quon peut être heureux et libre dans la pauvreté, sont des menteurs, des fous et des sots. »). Jespère découvrir dautres écrivains dintérêt et dintelligence. Je vais essayer de devenir plus patient et découter les autres et de réfléchir (un peu) plus avant de me prononcer sur tel ou tel sujet. Voilà, cest plus ou moins le catalogue de lannée passée. Meilleurs vux de New-York pour le Nouvel An à tous ceux qui sont passés par ce pauvre carnet, ainsi quà leurs familles et à leurs amis. le lundi 30 décembre 2002 En préparation pour notre voyage à Paris, on a visité le site de Pariscope pour voir un peu ce qui se passe dans la Ville des Lumières (de l'Île de France, car par exemple Lyon s'appelle la « Ville des Lumières » aussi ) il y a par exemple lexposition Matisse-Picasso qui narrive à New-York quen fin février au Musée dart moderne. Moi jaime beaucoup traîner dans la grande librairie Gibert Jeune du boulevard St-Michel, où jexamine attentivement tous les nouveaux titres, dautant plus quil y a un jeune employé blondinet au troisième qui possède une voix de basse qui devrait faire frémir de plaisir tous ceux qui lentendent expliquer une jeune fille où trouver tel ou tel tome quelle chercherait ça fait trois fois que je le vois là, cest-à-dire pendant une période dun an et demi au moins. Il est souriant et sérieux, attentif et aimable. Peut-être aime-t-il son travail ? On voyage avec une amie qui a envie de voir le musée de Cluny je ne sais pas pourquoi. Malheureusement elle ne parle pas français. Tout comme le copain, qui na pourtant pas de problème à dire à nimporte qui « Excusez-moi, parlez-vous anglais ? » et en général ça marche. Hier après-midi jétais crevé (manque de sommeil et plusieurs verres de vin blanc californien infect au déjeuner) tandis que le copain est allé chez sa copine à lui (elle a 85 ans) pour lui monter son ordinateur et rebrancher son accès Internet quelle avait laissé tomber par inadvertance il y a presquun an. Il est rentré vers 20 h et je lai tout de suite obligé daller au supermarché me chercher du fruit du melon, des raisins. De retour, il sest mis à télécharger des tas de logiciels pour lordinateur de sa copine et moi je me suis installé sur le lit pour manger mon melon et regarder pour la première fois American Dreams avec le beau Tom Verica, quon aimait bien aussi dans Central Park West. Il était drôle aussi de constater que le rôle de lentraîneur de léquipe de football de lécole catholique, Coach Ambros, qui est aussi prêtre, est joué par lacteur ouvertement gay Dan Butler, qui a joué le super-macho Bulldog Brisco dans la comédie Frasier et que jai vu il y a plusieurs années dans un one-man-show à New-York au sujet de lhomosexualité dans sa carrière dacteur. M. Butler ressemble aussi à mon premier grand amour, un ingénieur de la banlieue de Boston que jai rencontré en Afrique.) Après American Dreams jai regardé Boomtown cest le drame policier « déconstruit » on voit lhistoire de plusieurs perspectives, par exemple, celle du criminel dabord, celle de la victime ensuite, puis celles des policiers et ainsi de suite. Au début cest un peu déconcertant (et en plus jétais fatigué) et puis on se sert de cette façon « cinéma vérité » de tournage qui peut parfois donner mal au cur au téléspectateur , mais cétait assez divertissant à la longue. Aujourdhui jai écrit pas mal de petites lettres pour dire merci aux gens qui nous ont invités chez eux pendant les Fêtes. Jai aussi réussi à imprimer des photos que javais promises aux gens. Une corvée de moins. Maintenant il faut aller à la poste. le dimanche 29 décembre 2002 Il est absolument certain que boire plusieurs bouteilles de Côtes-du-Rhône Villages nanimera pas trop les neurones le lendemain. Le vin à gogo accompagnait un ragoût dagneau délicieux, qu'on nous a servi hier soir. Convives très agréables, en plus. On est resté chez des amis à causer et à boire bien trop longtemps. Il m'a fallu un peu d'effort pour me tirer du lit ce matin. On avait accepté une invitation de nos voisins dà-côté pour nous rendre chez eux pour un petit brunch de fin dannée jus dorange au lieu de champagne pour moi lui est écrivain et elle journaliste retraitée du Times il y avait des gens gentils, dont un rédacteur de la maison déditions Alfred Knopf et un producteur pour lémission Dateline. Après un morceau de bagel et une tranche de saumon fumé, on est allé chez une autre amie qui nous a fait manger des morceaux de blancs de poulet aux champignons et au vin Marsala, du riz et de la salade, avec une très bonne tarte aux pêches pour terminer le repas, offert pour célébrer le dernier traitement de chimiothérapie dune amie atteinte de cancer. Elle na presque plus de cheveux et elle est un peu mince, mais à part ça, elle a lair daller très bien. Elle et son mari et leurs enfants, tous à luniversité, vont aux Îles Vierges américaines à la fin de la semaine prochaine. Nous rentrerons probablement demain à New-York. Cest là où je vais pouvoir enfin me reposer un peu la vie à la campagne, cest beaucoup trop agitée. Cest curieux tout le monde ici a le sentiment quil va bientôt arriver quelque chose au Moyen-Orient. On entend parler de mouvements de troupes mais rien de spécifique. Et il y a toujours ce silence officiel. le vendredi 27 décembre 2002 De temps en temps, en particulier dans cette période de silence politique dentre les deux grandes fêtes (un silence voulu dont je me méfie), jéprouve un vague frisson dinquiétude sur ce qui pourrait nous arriver ici aux États-Unis si nous subissons encore un attentat meurtrier semblable à ceux du 11 septembre 2001. Est-ce tout simplement la paranoïa habituelle dun vieux gauchisant ? Peut-être. On parle, entre amis, un peu sotto voce, de ce qui pourrait arriver parce que cela a toujours lair un petit peu hystérique, excessif, voire franchement impensable. Est-ce déloyal de simaginer, par exemple, dans une situation où certains chefs du parti républicain mettraient lavenir de leur parti devant le bien-être du pays entier ? Impensable ? Voici un scénario dont certains dentre nous ont parlé : les républicains ont envie de consolider leur prise de pouvoir mais ils nont pas confiance dans lélectorat, qui commence, bien lentement , à se poser des questions sur la politique domestique (nouvelles restrictions de droits, par exemple) auxquelles il nest pas facile à répondre. Pour convaincre lélectorat de la nécessité du programme républicain, il leur faut un désastre redoutable et pourquoi pas un désastre du genre 11 septembre dans une métropole qui ne leur est pas favorable , comme la ville de New-York, fortement démocrate. On provoque le désastre un truc nucléaire, la variole, le charbon, ou une grande explosion dans le métro ou dans un gratte-ciel pour lequel on blâme naturellement « une cellule inconnue dal-Quaïda », et voilà, on a ce quon cherchait : une raison parfaite pour suspendre les droits constitutionnels et imposer « des mesures sécuritaires » tout proches, sinon identiques, à celles prévues par la loi martiale classique, avec lesquelles le gouvernement et les forces armées, la police, la FBI, la CIA et tout le reste peuvent faire maintenant tout ce quils voudront, avec lavantage en plus de ne pas avoir trop à discuter avec les dissidents basés à New-York, qui aura été encore une fois la cible de violents attentats « anti-américains ». Impossible ? Je l'espère bien, mais cest vrai que la logique simple et utilitaire dun tel scénario me fait peur. Les Allemands juste avant lavènement au pouvoir dHitler ny croyaient pas non plus cétait la crise économique, disaient-ils, ça passera, il ne changera pas grand chose ils nont pas voulu croire aux réalités qui se sont vite imposées dans le pays. Cest bien naturel, on ne veut pas on ne peut pas penser que son pays, civilisé, soumis à des lois, raisonnable, sera transformé en dictature immonde. Mais avec lincident de lincendie du Reichstag (plusieurs historiens affirment que les nazis ont aidé lHollandais fou à mettre le feu à lédifice et ils ont eu raison de le faire, puisque cela leur a permis daller en avant avec leur prise de pouvoir), la chambre des députés a voté pour la suspension des dernières protections constitutionnelles. On a arrêté les députés social-démocrates, qui ont voté contre la suspension, pour subversion tout de suite après. Il ny avait plus personne pour dire non à la dictature. Partout on sest tu ou on sen est allé.
Non, on nest pas dans lAllemagne des années 30. Superficiellement tout semble plus ou moins paisible on va au cinéma, on regarde les programmes bêtes à la télé, on surfe sur Internet, on va au gym et au resto. On se soûle, on flirte, on fait lamour, on écrit des carnets. Ça ne peut pas arriver ici, non. Cest pas possible. Non, mais, cest fou ce que tu écris là le jeudi 26 décembre 2002 On sest trompé de lheure de larrivée de la neige quand jai regardé par la fenêtre ce matin, il était tout blanc dehors. Le vent, qui souffle toujours jusquà 33 km/h, a fait du bruit dans les arbres toute la nuit, cest agaçant (il y a beaucoup moins de bruit chez nous à New-York la campagne, cest quand même bruyant !). La maison est dans un état des plus bordéliques, il va falloir la nettoyer à fond aujourdhui. On a des gens qui viennent à dîner et je nai pas encore pensé à ce que je vais leur offrir. Le monsieur au moins ne boit pas, histoire de maladie de cur. Je devrais aussi aller faire un peu dexercice au gymnase je ny suis pas allé depuis samedi et vu tout ce que jai consommé ces derniers jours cest à recommander, mais javoue, je nai pas tellement envie, surtout quand il fait froid et quand cest loin. Le modem câble continue à marcher correctement ça fait presque quatre jours entiers quon na pas eu de coupure de ligne ou de connexion. Jai finalement terminé de lire le roman « Quelquun dautre » de Tonino Benacquista que javais acheté à la librairie Les Mots à la Bouche en avril dernier. Je ne sais toujours pas si le livre ma plu lhistoire a des côtés satiriques, et dautres touchants aussi. Cest bien construit, et bien écrit, mais il y avait un écart entre le fond un peu froid et circonstanciel de ce roman et moi le lecteur que finalement je nai pas pu franchir. Par ailleurs, je me demande un peu pourquoi on la mis en étalage dans une librairie gay jaurais pu lacheter aussi bien dans la section Nouveautés à LÉcume des pages. Mais cest peut-être moi qui suis lent à comprendre ces choses. le mercredi 25 décembre 2002 Au lieu des centimètres de neige tout pittoresque promis par la météo il fait maintenant un sale temps de tempête, avec du vent et de la pluie froide. On sest couché un peu tard hier soir. Notre soirée a commencé par le réveillon chez une femme quon connaît un peu. Énormément riche par ses parents (qui habitaient lhôtel particulier de la 72e rue où se trouvait pendant des années le Lycée français de New-York on peut toujours voir une photo dune partie de la façade Belle-Époque sur son site web), elle est divorcée et vit seule. Elle aime beaucoup voyager et elle nreste en général au village quen escale entre la Nouvelle-Zélande, quelle adore, le Vermont, où habite un de ses enfants, Londres, où elle est en train de sacheter un appartement à Belgravia (jai appris cela hier soir), en Italie et aux Bahamas, quelle a pourtant déclaré ne pas aimer. Le copain et moi, nous lavons toujours trouvée un peu lesbienne, malgré ses enfants ( à qui elle a intenté plusieurs procès ( ! ) pour des raisons dhéritage ) et cest en fait pour cet aspect un peu insolite de son caractère quon laimait bien. Sa politique est tout ce quil y a de plus à droite, donc on ne parle pas politique, mais elle aime recevoir et elle est généreuse et hospitalière. Hier soir il y avait 24 convives à dîner, on était un mélange curieux de homos comme nous, de vieilles mondaines surmaquillées, un thérapeute femme de massage holistique, quelques couples hétéros qui essayaient de se faire intéressants. Il y avait des « crackers » anglais et tout le monde portait les couronnes en papier. Moi jai bu pour ne pas avoir à parler trop avec le type assis à ma gauche un consultant en je ne sais pas quoi qui adorait la pêche à la mouche. On a pris le café dans le salon et le grand ami de notre hôtesse, diplomate pédé retraité, nous a versé du champagne jusquà 23 heures, quand deux de nos meilleurs amis nous ont incités à les accompagner à léglise catholique du village pour la messe de minuit. Bon, on était assez soûl mais après tout pourquoi pas ? Donc, on est allé à la messe dans cette église pas belle, où je mamusais à regarder un des enfants de chur qui bâillait incessament pendant la cérémonie. Après la messe on est allé chez eux pour faire un peu la critique de la soirée, ce qui nous a fallu encore du champagne, bien sûr. Nous sommes finalement rentrés chez nous vers 2 h 30. Ce matin on s'est réveillé vers 9 heures. Jai préparé le café et on a commencé à ouvrir les cadeaux. Le premier était pour Betty, cétait un rat mécanique mais malheureusement il lui a fallu toutes sortes de piles dont on navait pas à la maison. On lui a ensuite donné une oreille de porc ça sent le bacon et elle ladore. Le copain a offert à nous deux (il aime ce genre de cadeaux) des téléphones portables avec accès Internet et toutes sortes de fonctions spéciales dont je ne serai jamais capable de me servir. Plus terre à terre peut-être, je lui ai offert des draps de lit (on en avait grand besoin), un DVD de BD porno (le premier que jai jamais vu), une séance de réflexologie dune heure dans un salon de réflexologie qui se trouve dans notre rue à New-York, un jeu doutils (il aime ça), des gants et un chapeau. Lui, il ma offert le FileMakerPro 6 mis à jour pour OSX Jaguar. Jai parlé avec ma mère et le père du copain nous a téléphoné de Los-Angeles. Il a dû parler avec tous ses neveux et toutes ses nièces, ainsi que sa sur.
Cet après-midi nous sommes allés chez lamie écrivain qui avait préparé le dîner de Noël. Son fils et sa belle-fille étaient là aussi et on a très bien mangé. Le chapon était excellent, ainsi que les choux de Bruxelles et les petits oignons à la crème. Maintenant, rentré chez nous, on est plutôt crevé et il nest que 7 heures du soir. Le copain joue au Grand Theft Auto (assez drôle en effet) et Betty samuse avec un autre jouet. En fin de compte, un Noël pas mauvais. le mardi 24 décembre 2002 Pas assez dormi et trop bu ah, ce nest pas la première fois que ça marrive. On avait invité à dîner une vieille fille qui habite près de nous. Elle doit avoir aux environs de 84 ans. Fanatique de bridge et très alerte et spirituelle, elle parle tout doucement dans un accent correct des années 30 (cela sentend, par exemple, dans la voix de lactrice Billie Burke dans le film « Dinner at Eight » et chez les femmes élégantes du film « The Women » du metteur en scène Georges Cukor) et le copain a souvent du mal à lentendre. Moi, jadore les accents (jai pourtant beaucoup de mal à comprendre les accents anglais régionaux, et cest à cause de ce problème dincompréhension que certaines séries télévisées anglaises ne passent pas à la télévision américaine) et cest un plaisir de lentendre parler cet accent démodé. Je lui offre toujours un grand verre de bourbon glacé et elle sinstalle comme une petite fée âgée contre le bras du canapé (« Jai perdu un pouce » elle nous annonce presque fièrement). On parle dun peu de tout sa famille à elle est nombreuse et éparpillée entre le Nouveau-Mexique, New-York, Boston, lAngleterre, la France et lItalie. Ses parents ont quitté le Massachussetts pour errer à travers lEurope en 1920 Ils se sont décidés daller en Europe parce que la vie là était beaucoup moins quaux Etats-Unis et les médecins avaient dit à son père, malade, quil ne lui restait que trois années àvivre. Ils avaient trois enfants, un fils aîné et deux filles. Bon, ils sont partis donc pour lEurope où le père et la famille sont restés pour 13 ans, en changeant de résidences plus de 56 fois pendant cette période. Le frère a choisi de rester en Angleterre, pour laquelle il sest battu pendant la deuxième guerre mondiale. Lautre sur, très belle et très égoïste, est rentrée avec les parents aux USA, quelle a détestés. Elle sest vite mariée avec un Anglais et a quitté Boston pour sinstaller avec lui à Londres. Notre amie est allée sinstaller à New-York, où elle a trouvé un travail de cataloguiste au Metropolitan Museum. Je ne me souviens pas de comment elle sest trouvée un jour dans ce petit village pêcheur, où elle a finalement acheté une maison. Ce qui est plus curieux, cest que la sur « anglaise » est venue acheter une maison aussi son mari était mort et elle ne se sentait pas très proches de ses enfants en Angleterre. Les surs nétaient proches lune de lautre non plus, mais la sur aînée est restée ici, soignée par sa sur notre amie, jusquà sa mort il y a une douzaine dannées. Ah, les familles, cest bien ça, les Fêtes, non ? le lundi 23 décembre 2002 Le fameux chapon de Noël a été ramené chez nous en grande cérémonie. Il ma fallu 45 minutes d'autoroute pour aller au supermarché Whole Foods de Providence au Rhode Island qui vend les chapons frais. Heureusement que c'était facile à trouver. Cet établissement est très coté par ici mais en fait ce nest quun supermarché, assez bien mais pas extra. Cest à dire que cest ni Fauchon ni Balduccis. Il y avait pourtant une sélection impressionnante de fromages français et de la charcuterie italienne (la majorité des habitants du Rhode Island sont dorigine italienne). Je nai pas trouvé de saucissons à lail. Dommage.
Demain il faut emballer tous mes cadeaux. On dit quil y aura de la neige à Noël. le dimanche 22 décembre 2002 Le copain a insisté quon ait un arbre de Noël chez nous. On est donc allé à une ferme darbres de Noël à quelques kilomètres du village. Les arbres sont plantés en rangs et il y en a plusieurs espèces, dont une avec les feuilles courtes, serrées, rigides et bleuâtres, et une autre avec des feuilles plus longues, vertes pâles, et plus souples.
Traditionnaliste ultra en pratiques festivalières, le copain a choisi un arbre semblable à ceux quon voit sur la chaîne Disney, quon nous coupe sur place.
On le met dans la voiture et on rentre. Maintenant il faut retrouver quelque part dans le sous-sol où on a mis le machin pour tenir le tronc voilà, on met larbre dedans et on visse. Puis on le laisse comme ça, sans lumières, sans décoration, un peu au milieu du salon. Cest évidemment une uvre qui évoluera. La pause inattendue (pas moi) dans nos travaux pénibles de création-décoration nous permet d'aller voir « Le Seigneur des Anneaux : Les deux tours » au multiplex du coin. Il y a une séance à 14 h 45, on est là à 14 h 30 et il ne semble pas y avoir trop de monde nous achetons notre pop-corn et nos Icees sans trop sinquiéter et on se dirige langoureusement vers la salle, où, en ouvrant la porte, on voit tout de suite que cest presque complet, avec des parents et leurs enfants, des ados fous de Tolkien, des vieux dingues comme nous, et tout le rest. Bon, on réussit à trouver deux places, mais elles sont dans les premiers rangs, donc il va falloir se pencher en arrière un peu pour voir lécran. Tant pis pour la nuque. Les lumières séteignent et ça commence, main non, pas le film ou même les bandes-annonces, mais des pubs pour Coca-Cola et, je crois, Nike. Ça, cest une très mauvaise habitude apprise chez nos amis européens qui est de plus en plus fréquente ici les pubs ont duré au moins dix minutes, cest quand même fort, quand on a déjà payé sa place (notons que le prix dune place pour « Le Seigneur des Anneaux » nétait que $6 à la campagne, cest-à-dire $4 de moins quà Manhattan, donc, selon le copain, je navais pas le droit de me plaindre trop de la pub.) A propos du film, oui, cest beau, oui, cest majestueux, oui, cest un peu genre « Wagner lite ». Non, je nai jamais lu les livres (aveu honteux selon le copain), donc suivre lhistoire métait quelquefois un peu difficile. Mais il est parfaitement évident que ces sorciers méchants avec leurs orcs militants représentent George Bush et ses alliés, tandis que les Elfes et les Ents, qui sont, après tout, des arbres qui naiment pas quon les coupe comme dans les grandes forêts fédérales en Alaska, par exemple sont les gens qui se battent pour le Bien. Les guerriers elfes sont dailleurs de très beaux gars (à part le chef elfe, dont le visage est un peu trop rond, surtout par comparaison avec nos héros mais M. Astin a grossi et avec le double menton quil a il est nettement moins mignon quavant, et cela métonne toujours que sa mère est Patti Duke) quand ils se mettent aux remparts de la forteresse assiégée (moi je narrive pas à me rappeler tous ces noms pseudo-mythiques à base germanique). Mais le Mal nest pourtant pas vaincu il y a sans doute des choses très désagréables qui se passent dans cette montagne au sommet enflammé, quils vont certainement nous montrer dans le film à suivre. le samedi 21décembre 2002 Ça y est « Escape from New York : Fêtes 2002 », (malheureusement sans la participation de Kirk Russell, très prisé du copain) est en marche. Malgré mes appréhensions sur la circulation, cétait facile à quitter New-York en voiture (la nôtre, toute bourrée de sacs, depaquets, dordinateurs portables, de cadeaux). On na pas encore les cassettes du prochain roman de Trollope dans la série « Barchester Chronicles » et nous avons donc choisi un roman de E M Forster, « A Room with a View » que jai lu il y a longtemps et dont on a fait un film en 1986 avec l'excellente Helena Bonham Carter, le génial Daniel Day Lewis et Julian Sands, qui était très beau à cette époque-là. On a vite fait le parcours et on est arrivé vers 22 h il y avait une fête à laquelle on était invité mais le copain était crevé et moi je navais plus tellement envie dy aller et on est finalement resté chez nous, à regarder un film idiot à la télé enregistré par Tivo « Happy, Texas » plein de blagues pédés débiles et de malentendus crétins je nai pu le supporter quune demi-heure avant dinsister au copain de mettre lécouteur sans fil, ce qui me permet de lire. Aujourdhui il fait beau mais il y a beaucoup de vent les stores vénitiens dans notre chambre ont claqué contre les châssis de fenêtre toute la nuit, et jai dû enfin me lever du lit pour fermer les fenêtres vers 4 h. Malgré cette brève interruption, jai réussi à dormir presque 9 heures, ce qui me fait du bien. Il me reste à trouver quelques petits cadeaux et on ira peut-être voir Le Seigneur des Anneaux cet après-midi. La connexion câble ne marche toujours pas, je suis obligé de me servir de la connexion téléphonique à 28k. Ah, que c'est lent, la vie à la campagne. le vendredi 20 décembre 2002 Avec tout ce qui ne va pas dans le monde actuel (un imposteur à la Maison Blanche ; une guerre pétrolière qui va probablement éclater en Irak pendant les Fêtes lorsque les occidentaux seront trop distraits par leurs cadeaux de Noël et les films qui viennent de sortir pour réagir dune façon cohérente et après tout on sen fout de ce quen penseront les autres ; leuro qui monte embêtant pour nous qui allons voyager en Europe ; la bourse qui baisse on va se payer ce voyage comment ? et tout le reste quil me serait bien trop long pour énumérer) après tout ça, il est par contre très agréable de se faire couper les cheveux par mon jeune coiffeur polonais, qui sappelle Bartolomeuz (jai lu ça sur son « permis » de coiffeur), ou tout simplement « Bart », ce qui est bien plus facile à prononcer pour ceux qui ne sont pas doués en langues slaves. Bart le coiffeur est à la fois costaud et fin il a un corps de boxeur que ces chemises de travail à manches courtes et ses pantalons ne cachent pas, avec un visage aux traits réguliers, de longues pattes pointues bien entretenues qui accentuent ses pommettes prononcées, un nez droit, des lèvres minces. Il va faire de la planche à neige au Michigan pendant les fêtes de fin d'année avec son ami(e), dont la mère a une Corvette jaune quil a grande envie de conduire tout en écoutant de la musique très fort. « Je suis encore jeune, » il ma dit en souriant, « jadore faire ça. » Il a raison.
Pour le reste, il pleut, ce qui va certainement compliquer lexode de Noël qui commence cet après-midi. Je suis allé à la librairie Barnes & Noble de la 6e avenue pour acheter une histoire de la course (« Why We Run: A Natural History » par Bernd Heinrich) que je vais offrir à lamie qui fait des marathons avec le copain. Il paraît quun homme peut réussir à attraper une antilope seulement en courant ça prend du temps, bien sûr, mais à cause de la transpiration surtout (un trait plutôt humain, et beaucoup danimaux ne transpirent presque pas), un homme en courant peut arriver à épuiser une antilope, qui nest pas faite pour courir de longues distances sous le soleil africain. Je me demande si cette donnée intéressante va la convaincre de faire un autre marathon cet été. Ensuite je suis allé deux blocs plus loin au magasin de Bed, Bath & Beyond, oui, je sais, ce nest pas très chic mais javais besoin de draps de lits nom de nom, quest-ce quils sont chers, ce « drap plat, grand lit » et ces « taies doreiller standard » !
Ça fait bien longtemps que je nen ai pas acheté et jai failli sursauter devant la caissière ennuyée quand jai vu le montant. Détournant les yeux, je lui ai vite tendu la carte de crédit pour ne pas prolonger l'horreur. Ah, lesprit joyeux de Noël. le jeudi 19 décembre 2002 Je narrive pas à comprendre comment les dirigeants des États-Unis et de la Grande-Bretagne sarrangent pour déclarer que le rapport sur les armes prohibées fourni par les autorités irakiennes est « incomplet ». Incomplet comment ? Selon qui ? Et sur quels points ? Et si ces messieurs sont tellement sûrs de leurs renseignements, pourquoi procède-t-on à ce genre de jeu de société aux conséquences incertaines ? Moi, jai limpression que les conseillers de Bush expliqueront bientôt que la déclaration est incomplète mais qu'il serait nuisible à la sécurité de dire plus précisément comment. Et donc, avec ce « raisonnement », qui nen est pas un, lintervention militaire en Irak sera engagée. Mais jai aussi limpression quils se rendent compte, du moins un peu, du scepticisme éprouvé par un pourcentage assez élevé des Américains (et même plus élevé chez les Britanniques, je crois) pour une guerre intentionnée à redorer le blason dune présidence suspecte et pour cela férocement partisane. Cest pourquoi ils hésitent. Ils essayent de deviner quelles seront les réactions politiques et sociales dune intervention unilatérale en Irak de lautre côté, le peuple américain attend, lui aussi, avant de réagir pour ou contre sil ny a pas de vote à lONU pour approuver une intervention, le gouvernement de M. Bush aura bien des difficultés à clamer que tout le monde soutient sa position. Donc, malgré tous les bruits de sabre que le gouvernement américain a fait sur cette déclaration éventuelle des Irakiens, il y a maintenant cette curieuse absence daction.
Les nouveaux schémas proposés pour le réaménagement du terrain où se trouvait le World Trade Center ont été dévoilés hier (on peut les voir ici) et cest certain quils sont nettement plus intéressants que les premiers, dont le public new-yorkais sest moqué au point où ils ont été retirés dans un chahut de mépris. Il y a pourtant pas mal de gens qui disent aujourdhui à la radio que reconstruire des bâtiments de telles dimensions seraient surtout tenter le destin et recréer une cible pour le terrorisme international. le mercredi 18 décembre 2002 Comme je l'ai déjà fait savoir ailleurs dans ce carnet, nous navons pas la télé par câble à New-York. Donc je ne vois les clips sur MTV ou sur VH-1 quau gymnase, où je peux les regarder en faisant mon cardio. Je ne suis absolument pas au courant de ce quils choisissent de montrer, mais ce matin je suis tombé sur un vidéoclip de Christina Aguilera pour sa nouvelle chanson « Beautiful », de son nouveau disque « Dirrty ». Je ne la connais presque pas, Mlle Aguilera, à part quelques chansons delle quon jouait incessamment à la radio (que jécoute beaucoup dans la voiture) et des affiches vues en passant avec des photos delle presque déshabillée sur la couverture dun magazine, mais jai tout de même reconnu sa chevelure abondante dune couleur blonde pas trouvée dans la nature et sa voix, pas mauvaise. Mais cest la vidéo de « Beautiful » qui ma frappé je ne sais pas qui la tournée cest en effet une collection de gens qui ne sont pas « normaux », des gens dont on rit parce quils sont trop minces, trop gros, trop « punks », trop pédés. Oui, je sais, ce nest pas de la dernière originalité comme thème mais je suis toujours assez hippie sentimental pour trouver ça bien, de faire rappeler aux gens que les différences possèdent une beauté particulière, du genre quon ne trouve toujours pas à la télé, ou dans la pub, ou à lécole, ou au boulot, où une certaine façon dagir, de shabiller ou de se tenir fait la règle. (Notons bien que moi personnellement je mène un style de vie des plus fades mais j'ai moi-même ressenti langoisse profonde de tous ceux qui se trouvent différents des autres, de cette majorité brillante, heureuse, fortunée il faut une confiance en soi et une compréhension des hommes qui sont de toute évidence énormément rares chez une fille ou un garçon de 14 ans pour ne pas se demander pourquoi on est si différent des autres et den tirer la conclusion que cest sa faute à elle ou à lui et non pas aux normes dictées et maintenues par la majorité.) Vu le public pour le vidéo « Beautiful », cest quelque chose que de voir, par exemple, deux gars qui sembrassent et un mec qui shabille en femme. Les paroles de la chanson ne sont pas exceptionnelles, la musique non plus, mais linvitation à la tolérance et à lacceptation de qui on est, ben, ça me plaît pas mal. Pour changer un peu le ton sérieux de cette entrée, je suis très très content davoir trouvé un débit de volailles bio à Providence, métropole de létat minuscule du Rhode Island. Jai commandé un chapon de 3,5 kilos que jirai chercher lundi après-midi. Cest lamie écrivain qui va préparer le repas de Noël, pour nous, pour son fils et sa belle-fille qui arrivent de Washington, et peut-être aussi pour un autre couple. le mardi 17 décembre 2002 Un ami vient de m'envoyer ce lien qui indiquerait définitivement que tous les Américains ne n'apprécient pas tout ce qui se passe ici. (Ça marche mieux avec ADSL ou câble.) Hier soir on est allé, le copain et moi, à une petite fête de Noël donnée par une conservatrice dart chez elle. Son appartement était tout petit et il y avait du monde. On a beaucoup rigolé du nouveau catalogue de Noël dAbercrombie & Fitch photographié par Bruce Weber. On dit que cest à lui que lon doit la sexualisation explicite du corps masculin dans la publicité, qui a débuté (du moins ici à New-York) avec des grands panneaux dadonis en slip Calvin Klein installés au Times Square au début des années 80, je crois, sinon plus tôt (jai la mémoire qui sévapore). Au point où cest presque tous les jeunes, sportifs ou non, hétéros ou non, qui shabillent à cette façon savamment négligée à lexception, bien sûr, des « nerds » et des « geeks » et des goths qui rejettent cette conformité agréée pour une autre qui leur va mieux. (Heureusement que je travaille dans le monde de lart où, tempérament esthète oblige, il serait plutôt mal vu de porter autre chose que du Prada noir ou, si vraiment on lose, du gris foncé ah, je frémis de cette audace originale !)
Un des invités ma raconté une histoire invraisemblable sur sa famille qui ma rappelé pourquoi je nai pas grand chose à me plaindre de la mienne. Son père et sa mère se sont mariés lorsque le père terminait ses études à un séminaire luthérien quelque part. Une fois pasteur, le père et la mère ont été envoyés par léglise comme missionnaires à lîle de Ste Croix, dans les Îles Vierges américaines. Cest là où est né mon narrateur, enfant maladif, ma-t-il dit. Le père, en bon missionnaire, semployait à sauver des âmes, et un jour il en a rencontré une qui sappelait Henri, beau garçon de 17 ans, métis de sang français, danois et africain. Henri est devenu le protégé « privilégié » du père pasteur et quand la santé de la mère, maladive elle aussi, les obligeait tous de rentrer en métropole, à savoir quelque part au Michigan, le père pasteur a invité, en bon chrétien, le jeune homme de les accompagner, afin de pouvoir poursuivre ses études. A un certain moment plus tard, le père pasteur a révélé à la famille quHenri nétait pas quune brebis égarée pour lui mais en réalité son amant. (Ici on nous a servi encore du champagne.) La mère sest décidée à ne rien faire avant que son deuxième fils nait quitté la maison pour aller à luniversité. Quand cela sest passé, le couple sest séparé et le père pasteur est allé refaire sa vie, toujours avec Henri, en Nouvelle-Zélande, où ils vivent toujours tous les deux, en rupture totale avec les autres membres de la famille. Mon narrateur na pas vu son père depuis des années. Moi, jai pris encore du champagne avant de rentrer à notre coin.
le lundi 16 décembre 2002 La grève à Troie naura pas lieu, au moins pas aujourdhui, puisque les syndicalistes continuent à discuter salaires etc avec les patrons du métro new-yorkais. La météo avait aussi indiqué de la neige ce matin, mais il ny en a toujours pas, même pas une goutte de pluie. Cest décevant, les désastres, on ne peut pas compter dessus. Cest le vrai compte à rebours pour le 25 décembre qui commence aujourdhui. Pour moi cest comme un poids sur le dos dont je narrive jamais à me débarrasser à temps. Jai horreur dêtre obligé à acheter des tas de cadeaux à la dernière minute (oui, je sais bien, cest ma faute à moi de ne pas les avoir achetés avant maintenant). Cétait quand même étonnant (et agréable) de voir sur la une du New York Times de dimanche les photographies de Henry Kissinger et du Cardinal Law qui ont tous les deux démissionnés de leurs postes Kissinger, parce quil ne voulait pas révéler ses clients (qui pourraient être impliqués dans léchec de plusieurs branches gouvernementales de la sûreté contre les attentats du 11 septembre il y a toujours ce va-et-vient glissant de patrons entre les couloirs du gouvernement républicain et lindustrie dite privée) et le Cardinal Law (ainsi que son chef le Pape Jean Paul II), qui a finalement été obligé par la pression publique à Boston de démissionner de son poste darchevêque. Et il y avait, aussi à la une mais sans photo, larticle sur les excuses du sénateur Lott de Mississippi pour ses remarques pas très brillantes énoncées récemment à la fête danniversaire du sénateur centenaire Strom Thurmond. Cest gênant pour le parti républicain, dont M. Lott est pour le moment le leader au Sénat, davoir un raciste plus ou moins avoué dans ce rôle. Mais il paraît que M. Lott menace les Républicains de quitter le Sénat tout à fait sils le rejettent comme leader et cest le gouverneur démocrate de létat de Mississippi qui choisirait alors son remplaçant sûrement un démocrate qui ferait basculer le nombre de Républicains et de Démocrates au Sénat à la parité, 50 chacun. Les embarras actuels du parti républicain, de la hiérarchie ecclésiastique et du professeur Kissinger, je lavoue, ne me déplaisent pas. Pour les entrées du début du mois de décembre, veuillez passer aux Archives (Go Live ne me permet pas d'aggrandir la page, je ne sais pas pourquoi.) |
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