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sale bête
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février 2003 |
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un carnet insensé
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Carnets que je lis souvent
Photos de la manifestation anti-guerre |
le vendredi 28 février 2003
New-York et Betty commencent à me manquer on repart demain après-midi. La pièce quon est allé voir hier soir, « Abigails Party », c'était un vestige des années 70. Flou, improvisé à lorigine, il sagit dune soirée tendue et arrosée chez un couple mécontent dans la banlieue lde Londres. Les accents et les niveaux de langue parlée prennent une importance typiquement anglaise dans tout ce qui se déroulait. Pous nous évidemment il y avait beaucoup dallusions quon comprenait mal ou pas du tout dans tout cela. Ce matin on est allé au Musée dhistoire naturelle plein de marmots agités avec leurs parents déjà harassés à 10 h 30 du matin. On est allé voir les dinosaures mécaniques (pas mauvais) et moi jai apprécié quelques jeunes papas avec leur progéniture ben, cétait dans les galeries dédiées à la sexualité humaine et tout, donc cest normal, quoi ! Voici un webcam sur une colonie de fourmis dans la galerie des insectes.
On avait rendez-vous avec les parents au café-restaurant au 5e étage du magasin Harvey Nichols à midi et demi on avait une serveuse française très gentille. Jai réussi à trouver dans la librairie de Harrods un exemplaire du dictionnaire des synonymes Chambers (excellent outil) et un livre sur la cuisine de la Rome antique, avec recettes et menus de repas.
Nous allons prendre un verre chez une amie à moi qui habitait New-York avant de sinstaller ici avec son mari banquier elle habite Londres depuis plus de 12 ans et a trois enfants qui, contrairement aux parents, parlent anglais à l'anglaise, dont laîné se prépare à sinscrire à luniversité lannée prochaine. (Quest-ce quon est vieux !) le jeudi 27 février 2003 Enfant gâté à 74 ans, le père du copain nest absolument pas conscient du fait quil ne serait peut-être pas le centre du monde entier tout comme un enfant, quand il voit quelque chose dattirant, il le veut tout de suite pour lui. A la différence dun enfant, il prend ce quil veut ce nest pas par hasard quon la nommé « le prince » à San-Francisco, tellement il sattend à ce que tout se mette à sa disposition. Cette mentalité égoiste me rend fou, mais je n'arrive qu'à engueuler le copain, ce qui est assez injuste, je l'avoue. Bon, assez de me plaindre, cest comme ça, les parents, au moins certains parmi cette étrange catégorie dêtres. Nous avons toutefois réussi à faire pas mal de choses le plus surprenant peut-être cétait ce qui sest passé à la Royal Opera House, où lon est allé mardi soir chercher les billets au guichet. Cest bien là quon apprend que la belle-mère avait réservé des places pour un programme de ballet pour le 3 ou 4 mars et que lon présentait ce soir lopéra de Léos Janacek « La Petite renarde rusée ». Un peu de palabre, et les places pour le ballet sont échangées pour de nouvelles pour lopéra. Jétais content, je navais jamais vu cet opéra et je ne connais pas la musique du compositeur tchèque. La mise en scène, créée en 2002, était bien faite et les chanteurs étaient bons, surtout le renard mari.
Mercredi le copain et moi nous sommes allés à Leicester Square pour acheter des places à prix réduit pour « Taboo ! », la comédie musicale écrite par Boy George. Très inégal en tant quuvre dramatique (morceaux hyperconventionnels) et musicale (idem), cela ma pourtant plu. Le jeune homme qui jouait le chanteur travesti Marilyn était un vrai Adonis (et il le savait, en plus, se promenant torse nu sur le plateau autant que possible moi, j'ai trouvé ça très, très artistique, naturellement), celui qui jouait Boy George jeune avait une belle voix, et lacteur Julian Clery, qui jouait lartiste Leigh Bowery, était formidable. On a déjeuné dans un petit restaurant excellent (Randall & Aubir) dans la rue Brewer avec de beaux serveurs pédés très gentils avant de passer chez une de mes librairies préférées au monde, Foyles, dans la Charing Cross Road. C'est comme Gibert Jeune, on y trouve de tout, un peu en désordre génial. Malheureusement on était un peu pressé et je n'ai pas pu rester aussi longtemps que je voulais. On est rentré à Soho avec les parents pour voir une autre pièce intitulée « My Brilliant Divorce » écrite et interprétée par lactrice Dawn French, partenaire comique de la brillante Jennifer Saunders de « Ab Fab ». Cétait un « one man show », bien joué mais forcément un peu limité. Dîner dans un restaurant italien et puis taxi chez nous. Le devoir professionnel ma poussé à faire un effort pour aller visiter le nouveau musée d'art contemporain le Tate Modern, qui se trouve sur la rive sud de la Tamise dans une ancienne centrale. (Tous ces grands musées avec leurs méga-expositions, c'est vraiment le « big business » multinational, ce qui me déprime un peu.) Le copain et moi, nous nous sommes rapprochés du musée de la station de métro Southwark de ce côté-là on ne saisit pas limmensité du bâtiment mais quand on voit la sculpture « Marysas » dAnish Kapoor dans le hall central ouf ! cest à vous couper le souffle ! C'est vraiment bien.
On est allé voir lexposition dEva Hesse, sculpteur femme américaine morte en 1970. Jai un ami qui travaille pour la succession dEva Hesse à New-York et jai eu de longues discussions avec lui sur les débuts (pas toujours édifiants) de cette exposition, qui est déjà passée par San-Francisco et Wiesbaden avant de terminer à Londres (le Whitney à New-York a dû annuler sa participation à cause de la crise financière queprouve cette institution à présent). On a traversé la Tamise sur le pont du Millénaire (réparé heureusement, sinon on tombe loin). Jai quitté le copain devant les bureaux londoniens de sa boîte (il allait déjeuner avec quelques collègues anglais) et jai continué vers la cathédrale St Paul, que je navais jamais vue. On est en train de nettoyer lintérieur du dôme, qui est donc couvert de nappes, ce qui effectivement diminue lélégance de la nef. Je suis descendu aussi à la crypte, où il y a le sépulcre en marbre de lAmiral Nelson, vainqueur de Trafalgar. (Mais à part ça, cela ne valait pas le coup.)
Je suis repassé par Leicester Square où jai acheté des places pour la pièce « Abigails Party » de Mike Leigh pour ce soir. Bibliophile perpertuél, je suis allé faire un tour chez les librairies Waterstone et Hatchards dans Piccadilly avant de prendre le métro à Green Park pour rentrer. Les parents vont dîner avec une amie. Je suis crevé, jai les pieds qui me font mal, je vais me coucher tout de suite après le théâtre (jespère). Le premier ministre M. Blair a eu des ennuis avec son parti hier ! Cent-vingt-et-un parlementaires travaillistes ont voté pour un « amendment » qui disait que le dossier contre Saddam Hussein nétait pas un casus belli. M. Blair affirme quil cherche toujours un second vote à lONU. Londres, le mardi 25 février 2003 Cette curieuse vie de famille parmi les parents (du copain) continue, avec les inconvénients quon peut imaginer. Hier les parents se sont levés à midi (cest la faute du décalage horaire, quon ressent bien différemment quand on a pris le vol de jour, mais aussi parce quon avait bu beaucoup de vin hier soir).
On est allé manger dans un restaurant nord-indien Haandi pas très loin de lappartement on na pas un énorme choix de restaurants le dimanche soir à Londres et cétait pas mal, on a trop mangé et trop bu. Fatigué et un peu saoul, on sest couché vers 11 heures 30 mais à 1 heure je me suis réveillé c'était 8 heures du matin jai pris la moitié dun somnifère et je me suis remis au lit pour sommeiller dans le noir avant de retrouver le sommeil une demi-heure plus tard.
Lundi matin on était très lent à se mettre en marche on a quitté lappartement vers midi avec les parents pour aller par métro (station Green Park) à New Bond Street, où la belle-mère voulait commander du papier àlettres chez Smythsons. Après une demi-heure, on sest décidé de déjeuner dans le petit café dà côté de la Sothebys il ny avait pas de ventes donc il n'y avait pas beaucoup de monde. Le café se trouve un peu dans le couloir central de limmeuble ça a lair incommode mais en fait cétait agréable et la cuisine était bonne et jai mangé un poulet rôti excellent. Après avoir déjeuné on est allé par taxi à la Somerset House, bâtie sur le site d'un ancien palais style Renaissance en 1775. Cest dans une des ailes de cet énorme édifice qui se trouve le Courtauld Institute, dirigé pendant des années par Anthony Blunt, directeur des tableaux de la Reine et espion soviétique. La collection est impressionnante des Cézanne et des Seurat exceptionnels, des Derain, un Delauney de coureurs très beau et même des Renoir qui nétaient pas trop moches (je ne laime pas tellement). Jai reconnu un galeriste de New-York et lui ai dit bonjour : on était tous les deux un peu surpris. On a continué notre visite de Somerset House dans les salles de lHermitage, où il y avait des tableaux achetés du collectionneur anglais Robert Walpole (père de lesthète et pédé anglais Horace Walpole dont madame du Deffand, alors vieille aveugle, est tombée follement amoureuse), dont un Poussin et un Guido Remi extraordinaires. On est allé au quartier de Primrose Hill pour dîner avec des amis des parents du copain une journaliste américaine qui habite Londres depuis 40 ans et son mari, ex-officier de la Marine anglaise. On est allé manger dans un restaurant plus ou moins français du coin qui sappelle Odettes. Ce nétait pas mal, mais je ne comprends pas pourquoi il y a tant de serveuses russes dans les restaurants à Londres. Ce matin on sest réveillé vers 8 h 30 (nous, pas les parents) et je me suis connecté à Internet (vitesse médiocre) et jai fait un petit tour des sites. Le copain est allé courir à Hyde Park, mais moi je nai pas arrivé à trouver un moyen de faire de lexercice, à part la marche à pied. Cest ce quon a fait aujourdhui, quand le copain et moi, nous avons traversé Hyde Park jusquà la rue dOxford, où lon sest dirigé vers le British Museum.
On la bien transformé, ce musée ! La grande cour est extraordinaire.
On a déjeuné dans le restaurant den haut (encore des serveuses russes) avant de nous promener dans les galeries. On est allé voir les objets trouvés dans le bateau funéraire découvert à Sutton Hoo (tombe dun roi saxon du 7e siècle), puis les sculptures du Parthénon (bien sûr), les portes de Sargon, et la pierre de Rosetta (c'est quand même impossible à toute personne qui s'intéresse aux langues de ne pas être émue devant ce symbole réel de la traduction). Il y avait aussi une exposition extraordinaire d'uvres d'Albrecht Dürer, (qui a peint des aquarelles tout à fait fantastiques mais je n'ai pas osé prendre des photos.)
Ce soir, cest le Royal Ballet. On na pas de très bonnes places, mais le copain ne connaît pas le théâtre de Covent Garden, donc ça vaut le coup d'y aller. Londres, le lundi 24 février 2003
Samedi nous nous sommes réveillés, le copain et moi, vers 4 h 50 pour terminer avec nos valises le taxi est venu nous chercher à 6 heures, la pauvre Betty hurlant péniblement à la fenêtre, et on est arrivé à laéroport vers 7 heures. On a passé le contrôle de sécurité sans trop de difficultés (on ne ma pas demandé denlever mes chaussures cette fois). Il y avait des rocking-chairs blancs au milieu de la salle dattente.
On était entre deux portes doù on partait pour le Montego Bay en la Jamaïque ou pour Cancun au Mexique. Il faut avouer que les gens qui allaient à la Jamaïque et au Mexique étaient pour la plupart beaucoup plus beaux et plus jeunes que ceux qui partaient, comme nous, pour Londres. Tant pis. Notre vol était complet à 85 % (selon mon estimation damateur) et nos sièges se trouvaient dans larrière de lavion, un Airbus. Il y avait, comme toujours, un peu de tout de jeunes Anglaises, de vieux Indiens, des familles mais le plus intéressant était cétait quils étaient en majorité des Anglais qui rentraient chez eux et non pas des touristes (comme nous). Il pleuvait à Newark et il nous a fallu de longues minutes avant de pouvoir monter à une altitude suffisante à survoler les nuages quelques 11.000 mètres. On nous a donné le petit déjeuner (omelette au fromage) et puis le copain a commencé à regarder les films il y avait un truc sci-fi anglais assez sanglant, et aussi « Barbershop ». En plus, il y avait « Bowling for Columbine » et ce film récent anglais sur les surs sadiques qui tenaient des écoles pour filles « déchues » mais je ne men suis pas rendu compte quà la fin du vol et en tout cas, je naime pas regarder les films sur les petits écrans des avions, surtout les bons films. En plus, comme jai toujours une peur pas toujours latente de voyager en avion, je narrive pas à my concentrer à cent pour cent jai lil qui guette sans cesse par la fenêtre même quand il ny a rien à inquiéter. Survoler les paysages rudes et neigeux de Terre-Neuve ma donné envie dy aller un jour. Puis les nuages sont venus et on na pu voir rien avant darriver au-dessus du pays de Galles, doù étincelaient les lumières de la ville de Cardiff. A cause dun embouteillage attendu à Heathrow, on a dû faire un tour avant de pouvoir atterrir à 19 h 40, tout de même avec 20 minutes en avance de lheure prévue. Heathrow, ce nest plus de la dernière modernité comme aéroport ! Il a bien lair usé. Et puis les couloirs sont longs, durs pour les vieux ou les handicapés. A limmigration on était contrôlé par une femme en voile qui nous a demandé dabord si lon voyageait ensemble et ensuite, quand on a dit oui, quel était notre rapport (« relationship »)jai failli lui demander comment elle trouvait la loi du charia surtout à propos de lhomosexualité, mais je suis peut-être trop sensible à ce genre de choses. Mais je lavoue, le port du voile par un agent de Sa Majesté ma un peu surpris. De toute façon elle na rien dit quand le copain lui a répondu quon habitait en « partenariat domestique » et a tamponné nos passeports. De Heathrow on a pris le train à destination de la gare Paddington à £11le billet, cest le train le plus cher de lAngleterre, disait un type à sa compagne. Ça a pris15 minutes et arrivé à la gare on a vite trouvé un taxi pour les derniers miles de notre trajet transatlantique. Il était 20 heures 20. Ayant déposé nos bagages dans l'appartement, nous sommes allés à pied à la Brompton Road où nous avons trouvé un petit supermarché pas bon marché mais ouvert 24 heures (horaire bien civilisé, nest-ce pas ?). On y a acheté des samosas indiens, quelques bouteilles de vin français, des amuse-gueule (chips, bretzels, amandes salées), du Coca lite, du café italien, du jus dorange, et des croissants un peu rassis. On est rentré regarder quelques-unes des centaines de chaînes de télévision offertes par Sky on sest arrêté de zapper à une émission très « trash » sur des jeunes Anglais en vacances sur lîle dIbiza. Histoires de drague, de béguins, de sexe. En effet, ça allait pas mal avec les samosas et la côte du Rhône. Le dimanche les parent du copain, qui étaient restés quelques jours chez une amie à Pimlico, sont venus s'installer chez nous. Il faisait assez beau et on sest promené jusquà la Brasserie, où on a déjeuné (mon rôti de porc nétait que passable). Il y avait beaucoup de monde, un va-et-vient continu de clients et de serveurs. Il y avait à la table à côté de nous un jeune homme aux cheveux foncés, habillé en jeans et pull rouge foncé, auquel tout le monde rendait hommage il lisait un magazine de voitures de course Formule 1. Une célébrité inconnue (à nous).
Ensuite on est allé visiter les galeries britanniques du musée V&A, qui sont drôlement bien faites. Il y a aussi au musée des cartons énormes de Raphael prêtés par la Reine, par lesquels on sest fait faire des tapisseries à Bruxelles. Lentrée au musée en plus est gratuite, ce qui est remarquable. On na pas eu, jusquà maintenant, de succès à avoir une connexion à Internet de chez nous il ny a pas de tonalité, donc le modem ne sait pas quoi faire. Même avec une tonalité, il y a maintenant AOL qui ne nous permet pas de nous connecter il faut appeler aux USA pour savoir pourquoi. Cest quand même énervant quand on se rappelle combien cétait facile de se brancher de notre chambre dhôtel à Paris. (Et nen parlons pas des prises idiotes dans ce pays !) le samedi 22 février 2003 On passera presque toute la journée dans l'avion aujourd'hui. J'espère pouvoir afficher d'autres entrées plus tard. A bientôt. le vendredi 21 février 2003 Il ny avait pas beaucoup de monde dans le restaurant où on est allé dîner hier soir. Primo, cest parce que cest un loin de tout, en bas de Manhattan. Secundo, les affaires ne sont pas brillantes en ce moment. Et tertio, il y a moins de gens qui travaillent dans le quartier sans les deux tours (et les autres immeubles) du World Trade Center. Le copain et moi, on est arrivé les premiers et en attendant nos amis au bar jai pris un verre de côtes du Rhône qui était correct. Notre amie est arrivée ensuite (elle a commandé un « malt simple » avec un peu deau plate, sans glaçons à langlaise !) Le copain était sage et ne buvait que de leau. Le mari, qui venait de Chicago, est arrivé ensuite et on nous a conduits à la table. On sest bien amusé, tous les quatre. La cuisine « de bistro » nétait pas exceptionnelle jai pris un steak au poivre, mais la viande était un peu dure ça arrive souvent, je trouve, dans les restaurants ici. Bon, mais le vin, choisi par le mari, était très bon, un médoc. Notre dîner terminé, on est allé chercher leur voiture et comme ils rentraient chez eux à Connecticut, ils nous ont déposés dans le Village avant de continuer vers lautoroute. Il fait toujours doux aujourdhui, mais on prévoit la pluie pour ce soir et demain. Jespère que le temps ne dérangera notre départ à 8 h 20 (aïe, cest tôt il va falloir quitter lappartement vers 5 h 45 pour être à laéroport de Newark vers 7 h et ensuite il faudra subir les inspections anti-terroristes pendant on ne sait pas combien de temps.) Larrivée à Heathrow est prévue pour 8 heures du soir. Je viens de recevoir un courriel de mon meilleur ami londonien qui mavise que lui et son ami se vont en Thaïlande ce soir (depuis toujours il déteste lhiver à Londres) donc on ne se verra pas cette fois. Jai envie de me trouver un gymnase afin de poursuivre le régime renouvelé dexercices. Dans le pire des cas je me forcerai à faire du jogging dans Hyde Park (à la différence du copain, je naime pas courir, cela mennuie profondément). Ce matin il y a eu un grand incendie d'un bateau amarré à côté d'une importante raffinerie qui se trouve dans l'île des États (plus communément connue par le nom de « Staten Island ».) Ce n'était pas un attentat, mais les traces de la fumée venant du pétrole brûlant passaient au-dessus de nous à Manhattan pendant l'après-midi. Je ne sais pas ce qui va se passer à lONU si les gouvernements américain et britannique présentent aux délégués une proposition remaniée sur lIrak à approuver. Si la France la rejette, surtout par le moyen dun veto, une explosion de francophobie sensuivra sûrement aux Etats-Unis. On ny est pas encore, et joffre cet article paru tout récemment dans le journal Citypaper de Philadelphie qui sappelle « Vive la difference (sic) » dans l'espoir qu'on n'aura pas plus tard l'occasion de regretter cette période « relative » de calme. le jeudi 20 février 2003 Belle journée. Il ne fait pas trop froid. Ce matin j'ai fait un détour à la pâtisserie française (Goupil et DiCarlo) du Chelsea Market cela ma fait sourire dentendre tous les pâtissiers qui bavardaient entre eux en français à deux pas du comptoir. Jy ai acheté des madeleines et des petits gâteaux, qui étaient une sorte de Sacher torte individuel, que jai laissés à la galerie Paula Cooper pour les remercier de mavoir été si accueillant quand jy suis allé avec mes amis de Connecticut il y a deux semaines. Là on était en train de terminer l'installation d'une exposition d'uvres de Dan Walsh, qui ouvrira au public ce soir. Un de mes amis, installateur à Paula Cooper, ma demandé si je venais au vernissage mais je lui ai expliqué que je voudrais bien mais que jai un rendez-vous au restaurant Capsouto Frères, qui se trouve à Tribeca, tout près de l'entrée au tunnel d'Hollande.
Je suis, et je reste, le Grand Procrastinateur trop de choses à faire avant de partir pour Londres samedi matin et pourtant je traîne à ne rien accomplir. Le père et la belle-mère du copain nous ont précédés aujourdhui on se retrouvera dimanche matin. Il y a une pile de factures à payer que jai laissé « mûrir » déjà trop longtemps jaurai certainement à payer des amendes pour avoir été en retard, comme toujours. Il n'y a rien à faire, c'est plus fort que moi. Je me demande si je pourrai afficher des entrées nouvelles depuis Londres lannée dernière on na pas réussi à faire marcher le modem, qui ne reconnaissait pas le signal sonore du téléphone anglais. On verra. Cest aussi la première fois quon voyage avec les parents du copain. Là encore, on verra. le mercredi 19 février 2003 Hier soir on a fait, le copain et moi, une sortie en terra incognita cest-à-dire, en banlieue. Il sagissait spécifiquement de Long-Island, dont dun côté il y a Brooklyn, grand arrondissement de la ville de New-York et de lautre le phare de Montauk, au milieu dun paysage de dunes boisées fréquentées par Andy Warhol et sa bande. Dans cette île, il y a un peu de tout les aéroports de Kennedy et de LaGuardia, lancienne station balnéaire de Coney Island, les grandes maisons des barons de lindustrie où se passent les romans de F. Scott Fitzgerald comme « The Great Gatsby », la banlieue prolétaire et petite bourgeoise, les communautés dété gaies de la côte sud, telles Fire Island Pines, Water Island et la plus ancienne et moins BCBG Cherry Grove, où le poète W H Auden passait lété dans une toute petite maison avec son ami Chester Kallman, jusquaux plages branchées des Hamptons, ancien quartier général estival de laristocratie WASP actuellement attrape-tout des nouveaux riches de Hollywood, de la « nouvelle » finance et des arrivistes du monde entier.
A vrai dire, je ne sais pas exactement où lon est allé lami nous a conduit chez lui dans la nuit obscure je me souviens du tunnel de Midtown, où lon contrôle les camions à cause du code orange, et du Long Island Expressway (léponyme du film « LIE » un autre aspect bien particulier de Long-Island. Quittant lautoroute nous sommes allés à un débit de boissons alcooliques, où on a acheté une bouteille de bordeaux (on ne respecte pas, cest évident, le boycott toujours hypothétique, je souligne des produits français), une bouteille de gin, et une autre de vermouth. Quelques minutes plus tard, nous nous sommes trouvés devant sa maison.
On a ouvert une des deux bouteilles de bourgogne que le copain et moi nous leur avions offertes heureusement que cétait bon ! Le dîner a commencé très correctement avec une soupe aux champignons, suivie par une salade (séquence un peu surprenante), et ensuite, comme plat principal, des steaks grillés, un risotto aux asperges, et des épinards. Comme dessert on a mangé un gâteau avec des fraises fraîches. On a parlé de nos expériences de manifestations dans le passé (le mari avait manifesté avec ses parents en 1971 !) et de lesprit de Marcel Duchamp. On sest souvenu de lhistoire du marchand de tableaux newyorkais Pierre Matisse, fils du peintre, qui sétait débarrassé de sa femme, gentille et courtaude, pour se marier avec la très belle femme du peintre chilien Matta. Tout le monde la plaint, lex-Madame Matisse, pour sa malchance. On dit quelle aura du mal, à lâge quelle a, à se remarier, la pauvre et voilà que le beau Marcel, chic et artiste, célèbre par ses propres efforts et non pas par le nom de son père, lhomme le plus recherché de toute lélite intellectuelle de New-York, qui lui demande de le marier en 1954. Quelle revanche délicieuse ! Et, daprès ce qu'on dit, c'était un mariage excellent aussi.
A 21 h 45 on nous a conduits au village de Minéola (le plat « Mineola » joliment francisé, non ?) à la gare des chemins de fer de Long-Island, autrement dit le « LIRR ». Le train était un peu en retard, et il ny avait que peu de monde dans le wagon, illuminé lugubrement comme toujours.
Après trois arrêts nous sommes arrivés au terminus situé en dessous de la gare de Pennsylvanie on la réaménagé il y a quelques années, cest maintenant climatisé en été (par exemple). On a continué notre retour en prenant le métro jusquà la 14e rue, doù on est rentré à pied chez nous. le mardi 18 février 2003 Il est très intéressant de noter, comme j'ai fait suite à l'entrée de Monsieur Henri sur le sujet, combien Internet figure dans les discussions sur les manifestations anti-guerre qui se sont déroulées un peu partout dans le monde ce week-end passé. Jai lu dans un article dans le New York Times que le site des organisateurs de la marche à New-York, www.unitedforpeace.org, avait recueilli 1.8 millions de visites en un jour avant la manifestation de samedi. Jy suis allé moi-même plusieurs fois pour essayer de savoir où en fait on devait sassembler. Fait révélateur vu les efforts officiels du maire, des responsables de la police, et même du gouvernement Bush pour empêcher une manifestation politique qui les embarrasserait, on nen trouvait aucuns renseignements dans les médias traditionnels. Mais, comme tout le monde la remarqué, la manifestation a quand même eu lieu, et a connu un succès inattendu, malgré ce silence profond de la part des médias. Comme Monsieur Henri note dans ses Chroniques, c'est Internet qui a été essentiel à la réussite impressionnante de ces journées de protestation. Grâce à Internet, tout le monde doit faire face maintenant à la diffusion presquinstantanée dinformations que, dans beaucoup (même trop) de cas, certains préféreraient garder secrètes, telle la découverte du plagiat dans le rapport britannique sur lIrak, ce qui a sûrement contribué à léchec diplomatique de Colin Powell à lONU la semaine dernière. Je vois un problème éventuel en tout ceci: quand décideront les autorités gouvernementales à se défendre contre la trop libre circulation de nouvelles désobligeantes ? Je ne sais pas. Jai lu au moins un article qui a effleuré cette question dune façon troublante l'auteur prétendait quInternet servait aux islamistes anti-américains pour suivre les mouvements de troupes. (Ce qui n'est pas difficile à imaginer, c'est vrai. Et alors? Ils se servent de téléphones portables aussi, non?) L'auteur n'avait pas besoin de faire un grand pas pour proposer une raison « défensive » pour arrêter toute cette combine quest Internet. Et dun coup, le moyen dafficher des informations réelles partout dans le monde est bouclé. Est-ce possible ? En fait, je nen sais rien. Il se peut que le réseau international soit actuellement trop grand et trop indépendant pour se laisser dominer par un seul pays. Je lespère bien. Les descriptions de quon appelle la « blogosphère » sont très variées. Pour moi, ce monde de rapports virtuels me suggère un bar newyorkais un peu à lancienne mal éclairé avec un long comptoir en bois ciré où l'on se rend pendant le « happy hour », lheure quand les apéros sont bon marché et avant quon rentre chez soi. On y rencontre toutes sortes de gens des nerds, des profs, des conteurs, des djeuns, des solitaires, des dépressifs, des gais, des pères et des mères de famille, des accros de politique, des étrangers et ainsi de suite. Au lieu de se parler, on se lit. On explore, on trouve des gens qui amusent, impressionnent, expliquent, choquent, et ennuient. Il y a des gens auxquels on dit vite bonjour et dautres avec lesquels on reste quelques minutes. La durée de la « conversation » dépend de lhumeur quon a, de lhumeur de lautre, de la journée quon a eue, bref, dun tas de choses. On reste dans le bar une dizaine de minutes, à saluer les connaissances, avant de repartir, ou on passe toute la soirée à bavarder, discuter, raconter des histoires. Chacun et chacune quon retrouve dans cet endroit curieux propose une façon particulière de voir et de sentir le monde et cest en cela que vient le plaisir de passer un certain temps en sa compagnie. Tout ceci pour dire combien je suis content dapprendre que le célèbre PaCa est revenu après une trop longue absence (merci à Dendromatt pour l'avertissement). Son langage est si particulier quil mest, pauvre Amerloque que je suis, souvent impossible à déchiffrer, mais le peu que jarrive avec grande peine à saisirme fait toujours sourire. Un hôte en plus à savourer dans ce bar à idées et personnalités quest Internet. le lundi 17 février 2003
Aujourdhui cest le blizzard pour de vrai ! et non pas la petite tempête de neige de pas grand chose exagérée incessamment pour faire monter laudimat. Comme cest aussi un jour férié (pour les anniversaires des présidents Washington et Lincoln (attention: ce sont des liens officiels de la Maison Blanche !) quon a choisi de célébrer conjointement ce lundi de janvier), cest comme un dimanche de plus.
Samedi soir on a essayé de voir le film « Chicago » aux cinémas de lUnion Square mais cétait complet (on est bête, on a oublié combien il est difficile de voir un film nouveau à New-York les samedis soirs) et moi je navais pas envie de voir Ben Affleck, même habillé en cuir rouge moulant la critique a été sévère pour son nouveau film et ou ce gars devient de moins en moins beau ou je me lasse de voir sa gueule en couverture de tous les magazines branchés. Donc on est rentré au Village en taxi (oui, oui, il faisait vraiment froid) où on est passé chez le magasin vidéo proche de lappartement. Nous avons choisi des épisodes dOz (dur, quand même et on n'a pas le HBO chez nous), un enregistrement dun spectacle de Dame Edna Everage à Londres (on la vu à Broadway, drôle, ouais, mais je trouve que son truc nest plus de la plus fraîche originalité), un film sci-fi qui se passe au Bhoutan, qui dans ce film très banal fait partie dune « sphère dinfluence chinoise », et finalement « La Nuit de Varennes », à cause de mes lectures actuelles, que je navais jamais vue. Cétait un grand plaisir de voir Marcello Mastroianni interprétant le vieux Casanova. Cela me donne envie de lire ses « Mémoires », que lamie écrivain ma recommandées à plusieurs reprises, ainsi que le récit (très touchant, d'après elle) dArthur Schnitzler « Le Retour de Casanova » que je ne connais pas. On est allé voir « Far from Heaven » à Chelsea hier soir, juste avant larrivée de la neige. Moi, je ne lai pas tellement apprécié, il y avait bien trop daspects invraisemblables dans le scénario. Je sais que M. Haynes, le metteur en scène, est à la mode ; les décors sont jolis, sursaturés de couleurs très années 50 (oranges, avocat) ; les costumes un peu trop voyants, un peu, oserai-je le dire, travelo. Les acteurs balancent entre un style très affecté, artificiel, et un autre très réaliste, ce qui ma gêné. Mais la plupart des critiques ne sont pas daccord, tout comme le copain, (ce qui est encore pire, n'est-ce pas ?) le dimanche 16 février 2003
Pour voir quelques photos et lire un court commentaire personnel sur la marche anti-guerre à New-York, veuillez cliquer ici. Ce lien présente une chronologie curieusement détaillée de moments divers de la marche Quittant le Upper East Side après avoir fait de notre mieux pour arrêter cette guerre encore vraisemblablement inévitable (là, je reste très pessimiste), le copain et moi nous avons pris le métro jusqu'à Union Square, où nous sommes descendus pour aller à Paragon, un magasin d'articles de sports, où il a acheté un nouveau moniteur Polar pour courir. On est passé par le marché de l'Union Square, le plus grand marché de New-York, où il y avait du monde malgré le temps désagréable.
Comme dit (ou chante) un autre diplomate américain dans l'acte II de « Madama Butterfly », « il triste vero » est que cette guerre, aussi distrayante que « pré-emptive », aura probablement lieu. J'ai été impressionné par ce commentaire écrit par un certain Jean Daniel dans le Nouvel Observateur. Voici un court extrait qui résume, dans un français bien meilleur que le mien, la plupart des raisons pour lesquelles je ne peux pas me permettre d'approuver cette guerre, même contre un tyran évident comme M. Hussein.
le samedi 15 février 2003 Voici une sélection de photos prises pendant la manifestation anti-guerre aujourd'hui à New-York. Le « New York Times » estime entre 200.000 à 400.000 manifestants dans les rues (il y avait des embouteillages monstre !). Il y en aura plus demain (si j'ai le temps de les afficher.) (Plus tard: les autres photos de la manifestation sont affichées ici.)
le vendredi 14 février 2003 C'est bête, enfantin, et trop drôle, et je ne peux pas résister à afficher ce lien, qui donnent des images ahurissantes telles que celle-ci. (Merci à Puck de Ocean Pacific à San-Francisco.)
Ah la la, George Junior, Condoleeza, Colin et Rummy doivent être tous fous furieux cet après-midi ! Leur cher M. Blix les a vraiment laissés tomber. On a applaudi M. de Villepin ! O, le culot de lONU ! Même la Bulgarie, qui fait partie, comme tout le monde sait, de la Nouvelle Europe vigoureuse, sest déclarée en faveur du plan franco-allemand. Et le Mexique, aussi ! Quel échec pour le président qui se vante de parler lespagnol. Oserais-je croire que les jeux ne sont plus faits ? Je ne sais pas, mais cest certain quil est maintenant plus important que jamais que les gens manifestent contre une action militaire américaine en Irak. On prévoit la neige ce soir bon, on portera des bottes demain. Ce matin jai accompagné Betty chez le vétérinaire il lui a fallu se faire vacciner contre la rage et tout le reste. Le vétérinaire se trouve à Tribeca, on y est allé à pied. Il faisait froid ce matin (-8 C) et il y avait du vent. On était le premier rendez-vous. Betty se porte bien, si un tout petit peu trop grosse. Là-dessus je nai pas le droit de critiquer.
Il y avait beaucoup de policiers aux environs de lentrée au tunnel Holland. On est toujours au code orange. le jeudi 13 février 2003 Il ma fallu une journée entière de récupération (léthargie mentale, douleurs physiques (pas graves), sensation de ne pas être complètement présent) pour me remettre tout à fait des excès de mardi soir, mais ça y est. On est debout ! C'est vrai qu'on sest couché de bonne heure hier soir et jai dormi jusquà 7 h 30, quand le copain a dit à Betty daller me réveiller, ce quelle a très bien fait. Lhystérie sur l'éventualité d'une attaque terroriste monte dheure en heure, renforcée par tous les médias criards. Il est conseillé quon ait assez de bouteilles deau pour trois jours, une radio à piles, une lampe de poche, de quoi manger, et des médicaments. On nous explique en plus comment calfeutrer les fenêtres avec le ruban adhésif industriel au cas où il y aurait une attaque chimique ! Cest bien gai, non ? Oh, la « francophobie », oui, on se marre bien ici. Mais à mon avis il ne faut pas prendre toute la soi-disant « francophobie » américaine trop au sérieux. Le New York Post, sous l'emprise du mégalo médiatique Rupert Murdoch, auquel appartient aussi la chaîne Fox, ne compte pas pour grand chose, après tout (on le lit surtout pour la fameuse Page Six, recueil quotidien de commérages amusants (et souvent vrais), rédigée par Richard Johnson). Les journalistes et les commentateurs pro-Bush font de la France le bouc émissaire dabord parce que cest facile. Il est vrai que pour lAméricain moyen la France représente une élégance et une mode de vie qui leur semblent très étrangères, même opposées au « work ethic » d'origine protestante il est peut-être utile à se rappeler que la majorité de la population américaine est toujours dorigine allemande, surtout dans le Midwest, et comme les Allemands européens, ils ressentent des opinions très complexes, voire contradictoires, vis-à-vis des Français, quils trouvent hautains, snobs, xénophobes, frivoles, trop sophistiqués, amoraux. On dit que les Français ne sont pas sympas, mais on dit la même chose des New-Yorkais, censés être brusques et froids et au fond cest probablement plutôt une différence de caractère entre citadins (Parisiens ou New-Yorkais) et les gens de la banlieue ou de la province. En plus, en sen prenant aux Français, on ne court aucun risque doffenser une partie importante de la population américaine. Il n'existe pas de bloc franco-américain dans l'électorat. Les Italiens et les Irlandais par contre sont intouchables (nous aurons bientôt lénorme défilé annuel de la Saint-Patrick, toujours politique, mais ils ont refusé lautorisation de manifester contre la guerre devant lONU ce samedi pour « raisons de sécurité » on nose pas contrarier les Irlandais.) On ne peut pas insulter les Noirs ou les Hispaniques ou les Juifs, parce que ces gens-là votent. (On sen fout un peu des Anglais, appréciés un peu comme des cousins à laccent drolatique il faut remarquer que les méchants impériaux ont toujours un accent anglais, implicitement « vieux monde » et décadent, dans les films de la série « La Guerre des étoiles » et les rebelles sympas, tout comme la princesse Leia, parlent avec un accent purement américain, donc « nouveau monde » et bien excepté Obi Wan, joué par lacteur anglais Alec Guinness, mais là on ny pouvait rien). Mais les Français, on sait (en principe) qui cest (ça mange des cuisses de grenouilles et du fromage, ça boit du champagne), mais on nen voit pas, donc cela ne gêne à personne si on les accuse de nimporte quoi. Mais ce n'est pas très important. Malgré tout le bruit, toute la rhétorique grandiloquente, il ny aura pas de manifestations devant le Lycée français de New-York, il ny aura pas moins de monde à déjeuner aux restaurants Balthazar et Lespinasse, les femmes chic ne se détourneront pas des boutiques de Chanel, dUngaro ou dHermès, on continuera à faire des achats chez Fauchon (il y a maintenant trois succursales de lépicier de luxe parisien à Manhattan). Non, cette vague de « francophobie », cest là seulement pour divertir les esprits des vrais problèmes qui nont pas de solution facile, rapide et sûre. Cest fait exprès pour vendre des exemplaires de journaux, cest tout. Ça fait du bien à certains de pouvoir gueuler contre ces Français non-coopératifs dont on se sent peut-être un tout petit peu méprisé. Pour les Français, c'est pareil il doit être agréable de temps en temps de pouvoir se plaindre tout fort de la maladresse politique des États-Unis, dans un monde où la France n'a plus les moyens de s'imposer comme elle l'a fait autrefois. Cet après-midi je vais aller acheter plusieurs bouteilles dEvian pour stocker chez nous. Y a-t-il des piles françaises ? On en trouve qui ont été fabriquées au Mexique et en Malaisie, mais des françaises ? On va voir. Beaucoup de boutiques dans le Village ont collé aujourd'hui des affiches à leurs vitrines pour la manifestation contre la guerre de samedi. Même le restaurant chinois du coin a mis une affiche. le mercredi 12 février 2003 Cest sûrement lomniprésente dangerosité (jadore ce mot, pour moi nouveau, que jai remarqué pour la première fois dans un numéro récent de « Le Monde ») de lIrak qui ma forcé à me saouler hier soir. Ou la dépression nerveuse causée par ces méchants Français, Allemands et Belges, tous ingrats, avec leurs vetos,ce qui ma obligé de faire quand même un petit effort pour remonter le moral. Qui pourrait douter que ce ne soit la faute à Oussama que jai accepté linvitation de boire la première vodka martini chez le décorateur hier soir ? Nayant pas de kit pour me protéger contre tous les maux (nucléaires, biologiques, chimiques, explosifs, etc) que les Irakiens et leurs amis vont nous balancer selon notre cher président et ses conseillers, je me suis décidé à me fortifier contre nos ennemis (y compris les Français, les Allemands et les Belges) en me saoulant la gueule. Aujourdhui il me semble quen dépit dun léger mal de tête javais bien raison de le faire, avec les nouvelles de la bande sonore enregistrée par M. bin Laden lui-même (hé bien, on croit quil la fait, mais on nest pas sûr, et on nexplique pas comment la Maison Blanche a pu connaître le contenu de lenregistrement avant quil ne fût livré à la chaîne Al-Jazira).
Heureusement que la vodka chasse les intégristes islamistes venus don ne sait pas très bien où ainsi que les fondamentalistes chrétiens locaux cest comme lail qui éloigne les vampires. (Le côté pédé ne leur plaît pas non plus mais hier soir on était avec beaucoup de femmes, toutes, hélas, sans voile, excepté quelques foulards de chez Hermès). Lappartement du décorateur, un petit studio très élégant, se trouve dans un grand immeuble au 16e étage dans la 60e rue. Le balcon donne sur le sud et sur louest, et les vues sont impressionnantes, surtout pour des ploucs comme le copain et moi qui habitons dans le Village, si mignon avec ses petites maisons pépères de 5 étages maximum. Je me suis comporté en touriste et jai pris des photos (pas super il y aurait peut-être de la poussière sur la lentille mais pour donner une idée des vues).
Ayant décliné uneinvitation à dîner (trop de monde), le copain, une amie et moi, nous sommes descendus la 1ere avenue vers lhôtel Beekman Tower, tout près de lONU, où il y a un bar tout en haut. Le copain connaissait lendroit, moi pas. En effet, les vues sur la rivière Est, lîle de Roosevelt, et le Queens (on était assis à une table sur le côté est de la salle) sont extraordinaires, comme celles de lautre côté sont tout ce quil y a de plus new-yorkais classique. On regardait atterrir les avions à laéroport de La Guardia tout cela me rappelait le restaurant en haut du World Trade Center, Windows on the World , doù on voyait les avions décoller et atterrir à laéroport de Newark comme des abeilles autour de la ruche.
On a continué à se fortifier en buvant de la vodka (la serveuse, agréable, aux cheveux blonds très mal teints et surmaquillée, avait un accent russe si fort, on aurait pu se croire dans une boîte un peu démodée à Moscou). On a finalement commandé de quoi manger (le bar est aussi un restaurant) on ne sattendait pas à grand chose mais le thon au poivre que jai pris était bon. Le repas terminé, on a quitté le Upper East Side dans un taxi avec télé (qui ne marchait pas,à la vive déception du copain, qui adore tous les gadgets, surtout les plus inutiles je me demande si regarder la télévision dans le siège arrière dun taxi ne me rendrait pas malade, comme la lecture) pour nous retrouver dans notre bled, où lamie nous a persuadés de prendre un dernier verre (il nétait pas tard et on nétait pas difficile à convaincre) avant de rentrer. Bon, on est donc entré dans une petite boîte gay de la rue Grove au nom de Maries Crisis que lamie aime bien. Cela fait des années que je ne suis plus entré dans ce bar dans les années 80 jy allais assez souvent avec un ami anglais, avocat de profession mais « showgirl » de cur. Il connaissait toutes les chansons de toutes les comédies musicales et comme il avait un accent anglais très prononcé et une belle voix résonnante (avec pourtant trop de vibrato, ça faisait « music-hall » anglais des années folles), on lappréciait surtout pour ses interprétations cockney de chansons de « Oliver » ou de « My Fair Lady ». On restait là pour des heures, à chanter (moi, je chante très mal, cest pénible, moi-même je ne peux pas supporter le son de ma voix), à boire (à excès, bien sûr) et à draguer et être dragués nous-mêmes (on était jeune, alors). Il y avait souvent des professionnels qui venaient chanter, ou des acteurs âgés qui avaient joué dans des comédies musicales des années 50 et 60 des experts, quoi ! Il y avait aussi un serveur très gros, aux longs cheveux noirs et bouclés, qui, vers une heure du matin, quand le bar était plein à craquer, se dresserait devant le piano et chanterait un aria dopéra dans une voix de fausset exquise ! Tout le monde resterait stupéfait par la beauté insolite de ce quon entendait. Sa chanson terminée, il reprendrait son plateau comme si de rien nétait, et l'assemblée éclaterait de cris de bravo et d'applaudissements.
Hier soir, comme il était relativement tôt, il ny avait que très peu de monde un homme aux cheveux gris qui attendait patiemment larrivée du pianiste pour pouvoir chanter (il chantait très bien, style Broadway, protestait qu'il n'était pas un pro). Il y avait ensuite un homme dune trentaine dannées qui a interprété une chanson de Jacques Brel (en anglais) et finalement un jeune homme, très beau, avec un ami latino, qui a chanté comme un ange une chanson que je ne connaissais pas. C'était vraiment formidable d'écouter tous ces gens. Le pianiste ma donné un CD quand on s'est levé des tabourets pour partir cest toujours dans la poche de mon manteau.
le mardi 11 février 2003 On est en train de semer la terreur psychologique chez nous en nous expliquant, dans les journaux, à la radio et à la télévision, ce quil faudrait faire au cas où il y aurait une attaque biologique ou chimique à New-York. Il ny a pas, bien évidemment, grand chose à faire. Mais ce nest pas très gai ou rassurant découter les voix monotones des médecins qui recommandent quon devrait avoir chez soi, dans larmoire de toilette, des pansements, des crèmes antibiotiques, et des rince-yeux contre les gaz nocifs ! Chez nous il ny a que quelques sachets dAlka Seltzer périmés, des petites bouteilles deaux de cologne gratuites quon na jamais essayées, et de vieux sparadraps. Faudrait que jaille à la pharmacie tout de suite trouver un « disaster kit » pour un « WMD event » (prononcé sans aucune ironie, comme s'il ne s'agissait que d'une incommodité à peine remarquable ). Et je vous laisse deviner ce que signifient ces lettres. Ouf.
Lamie écrivain en est dégoûtée. Elle pense que les États-Unis subissent une crise de nerfs collective, et daprès ce quon voit, elle a peut-être raison. Toutes les nuances politiques ou idéologiques sont devenues anti-américaines il faut avant tout faire quelque chose, même si cette chose est mal comprise, égoïste ou idiote. Agir au lieu de réfléchir, voilà le nouvel « American Way ». C'est bien fatigant. Comme dautres bien plus intelligent que moi lont déjà remarqué (le journaliste H L Mencken, par exemple, qui a écrit le très connu « There's no underestimating the intelligence of the American public »), lignorance agressive de la population américaine nest pas à sous-estimer.
Je viens de rentrer de Chelsea, où jai traîné quatre personnes dans de galeries diverses, telle Paula Cooper, Gagosian et PaceWildenstein. Pas mauvais. On a déjeuné assez bien aussi notre serveur était bien mignon et charmant, on y voyait quelques amis et connaissances, la cuisine était bonne.
Ce soir on va prendre un verre chez un décorateur qui vient dacheter un appartement à New-York. Il habite le Upper East Side, donc pour nous, cest comme faire un voyage à létranger. le lundi 10 février 2003 Il neige encore. Est-ce pour cela que je narrive pas à me concentrer sur quoique ce soit ? Nimporte, jai gaspillé la journée. Cest quand même drôle dimaginer les réactions de Bush et Cie aux déclarations de M. Poutine à Paris ça doit les embêter beaucoup. Sans parler du veto à lOTAN. Le juge, une femme, (est-il permis d'écrire « une » juge) à New-York a refusé aux organisateurs de la manifestation contre la guerre en Irak prévue pour ce samedi la permission de passer devant lONU pour raisons de « sécurité ». Donc, si les autorités fédérales annoncent une « alerte de sécurité élevée », ils peuvent aussi enlever aux citoyens le droit de se réunir. Comme cest commode, nest-ce pas ? Du moins on a commencé à parler de la manifestation à la radio le Times nen dit pas mot. Le maire, est-ce quil leur aurait demandé de ne pas en parler ? Possible. Jai limpression quune lutte interne divise les journalistes du quotidien on sent la schizophrénie des reportages et des éditoriaux sur le sujet de la guerre. (Tout comme « The Economist », dailleurs, et le « Wall Street Journal ».) Il est intéressant aussi de noter combien de temps il leur faut avant de publier un article sur une révélation découverte ailleurs (le plagiat du rapport sur lIrak des services secrets britanniques, par exemple, dont on ne parle pas beaucoup ici dans les journaux. Qu'est-ce qu'ils sont timides. On va manger « minceur » ce soir une salade mixte avec un peu de poulet, peut-être du pain, rien de plus. Faut que jaille lacheter. le dimanche 9 février 2003 Malgré la torpeur extrême de ce week-end, je suis content de noter que jai réussi à aller au gym hier et encore ce matin. Cette discipline renouvelée est la suite dune assez/très mauvaise découverte faite à laide du pèse-personne la semaine dernière. Bon, ça y est, on ne blague plus, il faut que je me remette à faire au moins un minimum dexercice chaque jour. Sinon, il y aura très bientôt des conséquences graves. Ce matin jai dû sourire quand jai appris, en écoutant la station de radio locale qu'on met dans la salle de musculation (en général, du côté musique, c'est très démodé genre tubes metal des années 70 et 80, mais le week-end il y a une émission qui vient de Los-Angeles avec un palmarès des chansons de la semaine passée), que la chanson « Beautiful » de Chrisitna Aguilera était le numéro un de la semaine (ça fait maintenant un mois !). Oui, je sais, ce nest pas très original comme chanson, cest même très mièvre, mais je laime bien malgré tout. On rentre à New-York ce soir. le samedi 8 février 2003
Du point de vue politique, cela va de mal en pire. Il paraît quon a divulgué un projet de « raffermissement » du soi-disant « Patriot Act » promulgué sans discussion juste après les attaques sur le WTC. Hier soir on la discuté à la télévision publique (on était dans la voiture à cette heure-là) mais la transcription est étonnante. Selon certains commentateurs cela rappelle les premières années de la dictature hitlérienne. Voici un lien qui sappelle « They Thought They Were Free » sur la disparition, lente et graduelle, des libertés politiques et personnelles au Troisième Reich. Effrayant, cest tout dire. Il y a un journaliste à San-Francisco qui sappelle Mark Morford. Il écrit des articles pour le « San Francisco Chronicle » et je suis tout à fait daccord avec ce quil écrit sur notre guerre à venir (et il lexprime une éloquence véhémente que jadmire.) Voici un extrait qui montre combien on nest pas unanime aux Etats-Unis sur la justice de cette opération militaire.
Pour lire l'article en entier, cliquez ici. C'est vraiment très bien. Les autorités new-yorkaises essayent toujours dinterdire la manifestation contre la guerre prévue pour le samedi prochain. Les organisateurs leur ont intenté un procès ladorable M. Ashcroft a envoyé des représentants du Département de la Justice à laudition judiciaire. On verra.
Aujourdhui on est allé faire des recherches sur les frigos le copain veut en acheter un nouveau pour la maison. Quelques photos de la tempête de neige d'hier à New-York. (Non, elles ne sont pas aussi jolies que ces photos de Tahiti, c'est tristement vrai.)
Betty, qui ne sintéresse pas beaucoup à la politique, malheureusement.
le vendredi 7 février 2003 On est maintenant au « code orange » sur l'échelle de danger d'une attaque terroriste. Mais j'ai appris que New-York se trouve « à l'orange » depuis toujours. Une (fausse) raison de plus pour une guerre « préemptive ». Cette guerre unilatérale paraît maintenant inévitable, fixée davance par les mêmes forces politiques qui ont fait gagner lélection présidentielle à leur marionnette complaisante. Voici un extrait révélateur dun article paru dans le Independant (Londres) d'aujourdhui :
Lacceptation béate par la majorité du public américain des mensonges sur les raisons justifiant cette guerre prônés par ladministration Bush démontre une grande faiblesse de la démocratie contre linfluence prééminente des médias subornés. (Notons en passant lexcellente interview télévisée qua faite le journaliste Jeremy Paxman avec le premier ministre britannique Tony Blair à la BBC jeudi soir. Il est impossible à imaginer, pour nous, Américains, un interrogatoire pareil de notre président par notre presse lâchement asservie.) Ne sachant plus réfléchir pour soi, terrorisé par la possibilité dune nouvelle attaque sur le territoire américain, ne voulant pas croire à lhypocrisie sans bornes de son gouvernement, le peuple américain suit plus ou moins aveuglément les directives quon lui donne, dans lespoir quon ne le trompe pas. Quelques possibilités désagréables que je n'aime pas trop contempler : les troupes américaines et britanniques réussissent linvasion de lIrak. Quel pays deviendra la cible suivante ? La Coree du nord ? Jusqu'où sarrêteront-ils, ces nouveaux flics mondiaux ? Les hommes tels Rumsfeld décideront lavenir de la planète. Ah, c'est du joli ! Autre possibilité : linvasion tourne mal (résistance irakienne, déstabilisation dun autre pays au Moyen-Orient, intervention israélienne, bombe nucléaire hélas, oui). Ladministration sexcusera de toute responsabilité (bien sûr) tout en instaurant une répression de tous côtés (censure, arrestations « militaires » secrètes) de ses adversaires politiques aux USA pour raison dÉtat. Voilà la dictature. Jespère que jai tort davoir ces inquiétudes sur lavenir. Jespère que jexagère les aspects négatifs éventuels dune intervention en Irak. Tout nest pourtant pas désespéré. Dabord, il neige et cest beau, la neige (pourvu que ça ne dure pas trop longtemps). Et voici un site fait par quelques travestis et « club kids » new-yorkais contre la guerre en Irak. Après tout, il ne faut pas sarrêter de rire. le jeudi 6 février 2003 Hier quand j'ai essayé de lire quelques carnets, jai eu du mal à me connecter à plusieurs sites. Ce matin jai lu, dans un carnet américain, que le site de Haloscan, qui soccupe de commentaires, avait été en panne, ce qui expliquerait mes difficultés.
Ce matin il y avait dans le New York Times un article intéressant intitulé « Vive lHistoire » sur lalliance franco-américaine.
Léditorial dans Le Monde exprime les doutes considérables que je ressens, comme beaucoup d'autres Américains, vis-à-vis le discours prononcé hier à l'ONU par le secrétaire d'état Colin Powell. Pas de preuves, seulement des « soupçons ». A New-York on est en train dorganiser une manifestation importante contre la guerre pour le samedi 15 février. Les organisateurs nont pas encore reçu lautorisation du maire ou de la police pour manifester mais sur leur site ils disent que cette manifestation en tout cas va avoir lieu. Il y aura dautres manifestations partout dans le monde. Une des plus grandes sera probablement celle de Londres, où lon prévoit 500.000 personnes à Hyde-Park.
La galerie est fermée aujourdhui. On accroche les tableaux de la prochaine exposition. Je suis tout de même allé à Chelsea d'abord parce quil faisait assez beau et ensuite parce qu'il me fallait faire quelques préparations pour un soi-disant « tour guidé dinitié » de galeries dart de Chelsea, un truc que jai offert pour une vente aux enchères au bénéfice dun petit musée de Connecticut. Donc, le mardi prochain,je dois introduire quatre personnes dans les « coulisses » de quelques galeries chic.
Jai évidemment choisi des galeries dans lesquelles jai des amis on ira donc chez lexcellente Paula Cooper, dans la 21e rue ; chez Larry Gagosian, énormément branché mais queje ne connais pas ; chez lami galeriste ; chez Pace Wildenstein (où je connais la directrice) et finalement chez moi, où on a une exposition tout à fait dingue qui va les ahurir !
On ira déjeuner dans un restaurant italien du coin (un petit peu prétentieux, hé oui, mais il faut bien éblouir les visiteurs de la campagne, non ?) et voilà, jaurai rempli mon devoir. En effet, on ne trouve pas beaucoup de restaurants vers l'ouest de Chelsea. The Park, en bas, en est un autre, mais l'été passé on m'a fait un margarita infect tiède, sucré et trop cher ! Je n'y suis jamais retourné.
le mercredi 5 février 2003 Ce ne sest pas mal passé hier soir on a pris rendez-vous avec nos amis parisiens dans un bar gay de Chelsea. En principe cest un endroit plutôt calme, avec une clientèle un tout petit peu plus âgée que dhabitude, souvent en costumes et cravates, puisquon y arrive directement du bureau. Bon, mais, hier soir, à 19 heures, le dj jouait très fort la musique (pop, des années 80 il y avait du Blondie dedans !) et on avait du mal à sentendre. Les amis avaient déjà deux « cosmos » sur la petite table, le copain et moi nous les avons suivis précipitamment sur ce chemin du mal. On a dîné dans un restaurant à deux pas du bar dans la 7e avenue cuisine médiocre, encore des cosmos. Soirée somme toute très sage, puisquon est rentré chez nous vers 20 h 30. Ah, la vie en couple (plus ou moins) marié. Jécris « plus ou moins » parce que le copain et moi nous nous sommes faits « enregistrer comme partenaires domestiques » (cest beau, hein ?) il y a des années à lhôtel de ville de New-York, avec tout un tas dautres couples, homos et hétéros, le premier jour quon a proposé cette « reconnaissance ». Ce statut, qui nest valable que pour les autorités municipales, nous permet de nous rendre visite dans un hôpital ou une prison municipale. Ça réconforte, non ? On commence à préparer notre prochain voyage à Londres en compagnie des parents du copain (on est de très bons enfants). Betty ira chez sa grande amie Katherine, qui habite tout près. Autrefois on avait mis Betty dans un chenil dans le comté de Westchester, très bien, très propre, mais où elle nétait pas du tout gâtée côté nourriture et biscuits. Rentrée chez nous, elle avait, tout naturellement, une faim de loup. On a vite nommé le chenil « Le Spa ». Mais chez Katherine, le régime est disons différent. Là, Betty est très bien nourrie, et puis elle participe aussi au dîner que Katherine se prépare. Sans parler des biscuits ! Ah la la, cest bien le paradis canin, cest sûr. Chez Katherine, cest surtout le Club « Fed » par excellence. On attend incessamment le discours du secrétaire Powell à lONU. Je lécouterai à la radio. le mardi 4 février 2003 Fatigué dune nuit sans repos je me suis pourtant couché vers 22 h 30 et jai éteint la télévision à 23 heures, à la fin dune émission « quasi-officielle » britannique sur le prince de Galles. Jai pris un comprimé fondant de mélatonine et en général ça marche assez bien, surtout quand je suis fatigué comme je létais hier soir. Mais non, au lieu de dormir comme un loir jai eu un sommeil tout à fait agité, qui a duré jusquau petit matin. Le réveil a sonné à 6 h 20. Jai sorti les poubelles avant larrivée des éboueurs aux environs de 7 h 30 et jai lavé à la main les verres à vin en cristal, aux pieds ultra-fins et donc ultra-cassables quon avait ramenés (avec difficulté) des Puces il y quelques années et dont on sest servi samedi soir (oui, il me faut du temps pour faire la vaisselle). Jai monté les nouvelles plaques dimmatriculation sur le devant et le derrière de la voiture (pas tout à fait facile, en fait, à cause de boulons rouillés).Un peu plus de ménage et jétais prêt à partir pour New-York. Il a commencé à pleuvoir, il y avait plein de camions, et moi javais les yeux qui fermaient pendant que je bâillais. Malgré tout, on est arrivé sain et sauf. Sortie ce soir avec des amis de Paris qui rentrent en France demain soir. Ils ont envie de faire quelque chose à Chelsea. On se demande ce que Colin Powell va faire demain à lONU. On parie sur la date de lintervention américaine en Irak : la Saint-Valentin obtient la majorité des paris à lheure actuelle. le lundi 3 février 2003 Très content dêtre de retour chez moi, je suis toujours sous le coup de la visite curieuse à Atlanta, doù je suis rentré samedi après-midi. Le copain était à laéroport, ainsi que ma sur cadette, (avec qui je me suis brouillé il y plusieurs années quand elle nous avait tout d'un coup décommandé un week-end de ski au Vermont parce que ses enfants, comme elle nous l'avait expliqué au téléphone, ne se sentaient pas à laise avec lidée de deux homos dans la même chambre à coucher dans leur châlet. Je signale ici que lautre sur cadette en a été tout à fait choquée et jai reçu, il est vrai, une sorte de lettre dexcuse quelques jours après lincident, mais jai préféré agir selon mes instincts et donc éliminer de ma vie tout ce qui aurait rapport à elle ou à sa famille. Le plus intéressant, à mon avis, c'est qu'elle ne me manque pas. Et cest toujours ce manque dintérêt que marque la fin de lamour, dans les familles comme dans les couples.) Bon, on se dit bonjour comme ça, tout poliment, et le copain bavarde avec elle (pour lui, cette histoire lui laisse indifférente, en effet il pardonne beaucoup plus facilement que moi.et sa famille à lui sait faire des bêtises aussi expertes que celles réalisées par la mienne. ) Ma sur va chercher le chien, qui a fait le voyage en cage en plastique, et nous attendons les bagages. On se rend tous les quatre chez ma mère, à 45 minutes dautoroute de laéroport, où le copain ouvre une bouteille de champagne pour « fêter » le déménagement réussi. En réalité personne, surtout ma mère, nest tout à fait certain quelle ait fait le bon choix en quittant son ancienne maison à Atlanta, mais on trinque sans pourtant se regarder dans les yeux, comme il aurait fallu. Tout le monde un peu gêné, ça faisait « comédie de manières » mélancolique à la « The Ice Storm » . Le copain et moi, nous sommes rentrés chez nous sans parler. Heureusement quil y avait des amis qui venaient dîner le mari du couple avait enterré le père à lui il y a une semaine le père et le fils, notre ami, ne se sont jamais bien entendus. On a commencé à boire du vin rouge et finalement on en a vidé pas mal de bouteilles pendant la soirée, qui sest terminée vers 2 heures du matin. On parlait familles, bien sûr. On se demandait où lon irait si, par hasard, on entamait une chasse domestique aux « ennemis de lAmérique » cest-à-dire, toutes ces gens qui se sont prononcées contre la politique actuelle de M. Bush. Le mari croyait pouvoir se réfugier quelque part en Amérique du sud. Le copain et moi, nous avons choisi la France, où on a du moins quelques amis. Hier il faisait froid et comme je navais pas lintention de quitter la petite maison, je ne me suis même pas habillé. Je lisais et je regardais la télévision toute la journée. Le copain sest amusé à graver des disqu | ||||